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Entretien : Jean-Yves Cendrey raconte deux facettes de Berlin

Posté par Céline le 04.11.09 à 14:45 | tags : société, news

Au début des années 90, Jean-Yves Cendrey s'installe à Berlin : il n'en découvre alors qu'une atmosphère brutale et les habitants résignés. Aujourd'hui, bien que la capitale allemande soit redevenue "aimable" à ses yeux, l'écrivain s'avoue tout de même "inquiet" des commémorations qui se préparent pour les 20 ans de la chute du mur. Entretien.

 

On le sait depuis… Principes du cochon, son premier livre. Jean-Yves Cendrey hait les concessions. Le dérèglement des hommes, les dérives du système, la médiocrité contagieuse des petit bourgeois. Tout ça le met hors de lui. Alors, il l'écrit. On pense souvent à deux de ses livres qui ont frappé très fort – là où ça fait mal : Les Jouets Vivants et Corps enseignant. Mais il y a aussi, en 1994, Oublier Berlin, témoignage d’une Allemagne brutale et résignée, où « les vieux démons se sont fait des têtes de skinhead ».(...)

Voir aussi :
Le diaporama Berlin, l'effacement des traces
En images : 20 ans après la chute du mur, Berlin Est la rebelle
En images : Le tour du monde des murs de séparation




Le prix Médicis 2009 pour Dany Laferrière et Dave Eggers

Posté par Céline le 04.11.09 à 14:02 | tags : prix, news

C'est à Dany Laferrière que le jury du Medicis a décerné son prix aujourd'hui.

 

Le roman de l'écrivain haïtien, L'Enigme du retour (Grasset), l'a emporté à quatre voix contre une pour Justine Lévy et Alain Blottière

Le prix Médicis du roman étranger a quant à lui été remis à Dave Eggers pour Le Grand Quoi (lire l'entretien avec Dave Eggers), et le Medicis de l'essai à Alain Ferry pour Mémoire d'un fou d'Emma.







Le prix Décembre 2009 pour Jean-Philippe Toussaint

Posté par Céline le 04.11.09 à 10:05 | tags : prix, news

Décerné mardi 3 novembre à Jean-Philippe Toussaint pour son roman La Vérité sur Marie, le prix Décembre aura peut-être consolé l'écrivain passé lundi à côté du Goncourt.

 

Le jury du prix Décembre, notamment composé de Philippe Sollers, Frédéric Beigbeder, Arnaud Viviant, Patricia Martin, Dominique Noguez ou encore Laure Adler, a choisi le roman de Jean-Philippe Toussaint, auteur phare des éditions de Minuit, à 7 voix contre 3 pour Patrick Besson et 2 pour Simon Liberati.


Voir aussi :

Tous les prix littéraires

La chronique de Fuir 




Claude Lévi-Strauss est mort

Posté par Céline le 03.11.09 à 17:23 | tags : histoire, news

Membre de l'Académie française, professeur honoraire au Collège de france, conservateur d'honneur au Musée du Quai Branly, il était surtout le maître absolu de l'anthropologie et l'un des plus grands penseurs du 20e siècle : Claude Lévi-Strauss est mort dans la nuit du samedi 31 octobre, alors qu'il était âgé de 100 ans.

 

Ce sont les éditions Plon, la direction de l’EHESS et l’Académie Française qui ont annoncé la nouvelle cet après-midi. L'année dernière, le centenaire de l'ethnologue (né le 28 novembre 1908), auteur de Tristes Tropiques, avait été l'occasion de nombreux hommages à son oeuvre. Ultime consécration, la Pléiade avait publié un volume rassemblant une partie de ses oeuvres.

Plus nombreux encore seront les témoignages et honneurs rendus à son travail et sa pensée dans les jours à venir, car plus qu'un chercheur, plus qu'un professeur, plus qu'un voyageur, Claude-Lévi Strauss fut aussi à sa façon un révolutionnaire, dont le mouvement dépassa largement le domaine de l'ethnologie et les cercles de l'université. Au sujet de Tristes Tropiques, Georges Bataille avait ainsi écrit : "La nouveauté du livre s'oppose à un ressassement, elle répond au besoin de valeurs plus larges, plus poétiques, telles que l'horreur et la tendresse à l'échelle de l'histoire et de l'univers, nous arrache à la pauvreté de nos rues et de nos immeubles."




Le Manuel pratique du terroriste d'Al-Qaida publié chez André Versaille

Posté par Céline le 03.11.09 à 12:28 | tags : édition, histoire, news

Dans la série des livres subversifs à planquer en cas de perquisition, je demande... Le manuel pratique du terroriste d'Al-Qaida. Disponible en librairie à partir du 5 novembre, aux éditions André Versaille.

 

Et contrairement à ce que pourrait laissait supposer un titre aussi... explicite, il ne s'agit pas là d'un ouvrage humoristique, comme on en a vu paraître sur Ben Laden. L'éditeur André Versaille, dont la maison est notamment spécialisée en histoire et en politique internationale, prendra d'ailleurs le soin de justifier la publication "sérieuse" de ce document dans une note intitulé "Pourquoi avons-nous décidé de publier ce brûlot ?"
Le texte en question, retrouvé en 2000 par des enquêteurs britanniques au domicile d’un membre présumé d’Al-Qaida, n'est pas « un texte de plus sur Al-Quaida, ni un discours d'Al-Qaida à des fins de propagande » : « j'avais sous les yeux Al-Qaida elle-même dans sa parole la plus secrète », explique André Versaille. Ce sont finalement les avis de plusieurs experts d'Al-Qaida qui l'auraient convaincu de « le mettre à disposition du public ».
 
Cependant, l'éditeur a beau insister sur l'utilité publique de cette publication et la mise en place de nombreuses précautions - comme celle de « supprimer les passages qui expliquent dans le détail comment frapper mortellement un individu, produire des poisons ou fabriquer des explosifs », ou celle d'intégrer une préface de 30 pages d'Arnaud Blin, spécialiste du terrorisme - comment ne pas douter de la dimension pédagogique d'un ouvrage qui décrit « méthodiquement, de manière presque clinique, en dix-huit leçons, comment se fondre dans le paysage d'un pays occidental, échapper aux poursuites, recruter, recueillir de l'information, fabriquer de faux papiers, détruire, commettre des attentats, fabriquer des poisons, assassiner, résister aux interrogatoires, s'évader, libérer des frères capturés, le tout au nom du jihad » ?
 

L'argument d'André Versailles : « on ne se défend efficacement contre un péril que si l'on en comprend la nature ». Par ailleurs, un autre ouvrage d'analyse complémentaire paraît en même temps que le Manuel chez le même éditeur : Le terrorisme au nom du Jihad de Philippe Migaux, autre spécialiste de la question terroriste : « Les deux se complètent : celui-ci analyse la mouvance jihadiste internationale, celui-là en présente les pratiques.» Dans ce cas, pourquoi ne pas avoir fait fusionner les deux, ou alors les proposer ensemble dans un pack Ai-Qaida ? Car même si l'appareil critique est bel et bien présent dans le Manuel - "plus d'un quart de l'ouvrage" - la couverture noire et le titre du livre ne le présentent pas comme autre chose que ce qu'il est à l'origine : un manuel. Pour satisfaire votre curiosité, les premières pages de cette version démoniaque de la Bible des Castors juniors sont disponibles sur le site de l'éditeur.




Entretien avec Barry Gifford, l'auteur de Sailor et Lula

Posté par Céline le 30.10.09 à 11:33 | tags : news

Poète, scénariste génial pour David Lynch (Sailor et Lula, Lost Highway), et narrateur de l'Amérique des parias depuis plus de trente ans, l'écrivain Barry Gifford nous délivre quelques uns de ses secrets, à l'occasion de la sortie de son recueil de nouvelles American Falls (éditions 13e note) : ses passions pour Kerouac et le film noir, son attrait pour le clair-obscur et le dialogue à tiroirs, sa mystérieuse boîte à idées... Entretien.

 

Fluctuat : Un journaliste américain (Patrick Beach) a dit de votre littérature, que c'était "comme si John Updike avait eu un jumeau diabolique qui aurait grandit du mauvais côté de la route et écrit bizarrement"... Qu'en pensez vous ?
Barry Gifford : En réalité, John Updike a lui-même été élevé du "mauvais côté de la route" ("wrong side of the tracks"). Sa mère était enseignante et il a grandi assez pauvrement dans une ferme de Pennsylvanie. Certains de mes personnages peuvent être mauvais mais je ne pense pas que je le suis moi-même, et il y a l'humour dans mes romans, bien sûr. Je ne peux pas être responsable de ce que les gens disent de moi : les livres disent ce qu'il y a à dire.

Lire la suite de l'entretien avec Barry Gifford

Photo : Portrait réalisé en septembre 2009 par Jean-Luc Bertini à l'hôtel Lutetia




Pierre Michon reçoit le Grand Prix de l'Académie française

Posté par Céline le 29.10.09 à 17:21 | tags : prix, news

C'est à Pierre Michon, auteur des Vies minuscules, que le jury de l'Académie française a aujourd'hui décerné son grand prix pour son roman Les Onze.

 

Ce ne sera donc ni Renaud Camus (six voix), ni Bruno de Cessole (une voix), mais Pierre Michon, véritable incarnation de la grâce littéraire, sans aucun doute l'un des plus grands écrivains français contemporains. L'écrivain né aux Cards, âgé de 64 ans, marche sur les pas de ses illustres prédécesseurs : les Rimbaud, les Faulkner, les Proust et les Flaubert (auxquels il a sublimement rendu hommage dans Corps du Roi).

Publiée en grande partie aux éditions Verdier (endeuillées par la mort de leur fondateur Gérard Bobillier) son oeuvre peut également entrer en résonnance avec des auteurs comme Macé, Quignard et Bergougnioux.

Oeuvre majuscule de l'auteur, Vies minuscules, publié chez Gallimard en 1984, a révélé Pierre Michon comme l'une des plumes capables de dire, dans un même souffle littéraire, l'attachement à la nature (avec une puissance digne de Giono), la contradiction des hommes et la douleur d'écrire après d'autres. Dans les Onze, son dernier livre, il fait revivre, en se basant sur un célèbre tableau, les onze membres du Comité de Salut public qui, en 1794, instaurèrent la politique de Terreur.




Trois écrivains interpellent Frédéric Mitterrand sur leur statut précaire

Posté par Céline le 28.10.09 à 17:14 | tags : news, édition

Afin d'interpeller le Ministère de la culture sur l'injustice et la précarité de leur statut, trois écrivains - Xavier Houssin, Renaud Meyer et Laurence Tardieu - ont signé une lettre ouverte à Frédéric Mitterrand, intégralement publiée sur Livres Hebdo, sous le titre : "De livres et d'eau fraîche ?"

 

Car les livres, comme l'amour, ne peuvent vous nourrir que jusque un certain point. Ce n'est un secret pour personne : la plupart des écrivains crèvent la dalle. « Les moins bien mal lotis perçoivent une avance sur leurs droits d'auteur qui, la plupart du temps, se situe aux alentours de 1500 euros et touchent de 5 à 15% des ventes une fois cet à-valoir remboursé à l'éditeur », rappellent les signataires de la lettre. Avant de demander : « Considérez-vous, Monsieur le Ministre, qu'écrivain est un métier et qu'il faut que les gens qui l'exercent puissent en vivre ? » (Une question dont la réponse est bien moins évidente qu'il n'y paraît. Pourra-t-on jamais faire la différence entre un écrivain qui travaille à son grand oeuvre et un wannabe en attente perpétuelle d'inspiration ?)

« La plupart des acteurs du monde artistique sont représentés par des instances corporatives et bénéficient d'un statut social protecteur (...) un acteur de cinéma touche un salaire, peut percevoir des indemnités de chômage », mais les écrivains, eux, se retrouvent contraints à multiplier les « petits boulots de l'écrit (...) qui diluent l'œuvre dans la grande marmite des occupations économiquement nécessaire ».

Autre injustice soulignée par la lettre : le fait que parmi tous les acteurs de la chaîne du livre (diffuseurs, éditeurs, libraires), l'écrivain, pourtant indispensable, reste l'un des seuls à ne pas bénéficier « d'un statut social » et « d'une réelle pérennité financière ». Pour y remédier, les trois écrivains, « convaincus que leurs propositions peuvent contribuer à construire l'avenir », appellent au débat et à la réflexion.

Lire la lettre ouverte à Frédéric Mitterrand dans son intégralité.




Philip Roth prédit la fin du roman dans une vidéo

Posté par Céline le 28.10.09 à 10:36 | tags : news, vo
A l'occasion de la sortie aux Etats-Unis de The Humbling, son dernier roman, Philip Roth a accordé une interview à Tina Brown (The Daily Beast), dans laquelle il prophétise notamment... la disparition très prochaine du roman.

Même s'il était « encore optimiste ces 25 dernières années », l'écrivain ne semble plus croire en effet en l'avenir du roman, dont la lecture demande trop de concentration. Et l'époque n'est pas à la concentration. « Le livre ne peut rivaliser ni avec un écran de télé, ni avec un écran d'ordinateur ».

Outre ses prédictions pessimistes au sujet du roman, Philip Roth évoque également, face à Tina Brown, la genèse de The Humbling, l'importance du sexe dans son écriture, des années 60, du livre d'Obama... A voir sur The Daily Beast.

 
Lire aussi :



Prix Virilo, seconde édition : littérature et testostérone

Posté par Céline le 27.10.09 à 10:17 | tags : news, prix

En contrepoint du prix Femina, qui "a prouvé au monde qu'il fallait mettre un genre au talent, donner un sexe au génie", le prix Virilo, dont nous avions déjà signalé la première édition, entend couronner une littérature qui a des c******* - ou une moustache, pour la version plus polie. Autre vertu : il contribue à désacraliser l'image pompeuse dans laquelle s'enlisent souvent les prix littéraires.

 

En marge du "Prix Virilo", qui récompense un coup de coeur littéraire de façon finalement assez classique (remis l'année dernière à Robert Alexis pour La Robe), est également remis le prix Trop Virilo, à un "livre ou essai qui doit sentir l'homme, l'aigre vestiaire de fin de match" (lauréat 2008 : Pierre Bisiou pour Enculée).

Le prix Virilo sera remis le 9 novembre au Café de l'Ambassade (une heure avant le Femina). Il est accompagné d'une dotation de 11 euros, soit un euro de plus que le Goncourt.

 

Sélection pour le prix Virilo (dans laquelle on retrouve, tout de même, quelques habitués des listes de cette automne : Haenel, Ndiaye, Mauvignier...) :

Loin des bras, Metin ARDITI (Actes Sud)

Nous autres, Stéphane AUDEGUY (Gallimard)

Assortiment pour une vie meilleure, Thomas GUNZIG (Au Diable Vauvert)

Jan Karski, Yannick HAENEL (Gallimard) (voir notre entretien avec Yannick Haenel)

Dans les ombres sylvestres, Jérôme LAFARGUE (Quidam)

Des Hommes, Laurent MAUVIGNIER (Minuit)

Trois Femmes Puissantes, Marie NDIAYE (Gallimard)

La Vérité sur Marie, Jean-Philippe TOUSSAINT (Minuit)

Yanvalou pour Charlie, Lyonel TROUILLOT (Actes Sud)

Les insomniaques, Camille de VILLENEUVE (Philippe Rey)


Sélection pour le prix Trop Virilio :

Parquet flottant, Samuel CORTO (Denoël)

L'Hyper-Justine, Simon LIBERATI (Flammarion)

La princesse et le président, Valery GISCARD d'ESTAING (Ed. de Fallois/ X.O)

La Confession négative, Richard MILLET (Gallimard)

Cadence, Stéphane VELUT (Christian Bourgois)

Kata Sutra, la vérité crue sur la sexualité des filles, Nadia DAAM, Emma DEFAUD, Titiou LECOQ, Johana SABROUX, Elisabeth PHILIPPE (Jacob Duvernet)




Choses lues, choses vues : une expo d'Alain Fleischer à la Bnf

Posté par Céline le 26.10.09 à 14:36 | tags : news, exposition, bnf
« Finalement, je crois que ce qu'il y a de plus extraordinaire à filmer, ce sont des gens qui lisent », écrivait Godard. Et Alain Fleischer partage sans aucun doute cet avis : Choses lues, choses vues, l'exposition qu'il présente actuellement dans la prestigieuse salle Labrouste du site Richelieu de la BNF, ne parle que de cela. Des livres, de la lecture, de l'expérience unique qu'il faut en tirer.
 

90 vidéos, installés dans les allées de la bibliothèque, montrent des lecteurs d'horizons différents - écrivains, étudiants, comédiens, fonctionnaires, enfants, savants... - en train d'énoncer à haute voix le passage d'un livre. Diffusées en même temps, toutes ces lectures en viennent à former une harmonieuse, douce et réconfortante cacophonie. Il faudra s'approcher de l'un ou l'autre écran pour entendre quelles histoires se murmurent, dans le métro, dans un parc, sur une plage ou dans le lit conjugal : Stendhal, Joan Didion, Blaise Cendrars, Jack Kerouac, Rainer Maria Rilke, et tant d'autres. Autant d'auteurs dont les textes sont réincarnés devant la caméra d'Alain Fleischer.

 

Tous les éléments de l'exposition tendent évidemment à rendre hommage aux œuvres littéraires et à leurs bienfaits, comme les nombreuses citations d'écrivains qui ponctuent le parcours des vidéos : « La bibliothèque d'un homme est une sorte de harem » (Ralph Waldo Emerson) ; « En Afrique, quand un vieillard meurt, c'est une bibliothèque qui brûle » (Amadou Hampâté Bâ). Ou comme les précieux manuscrits (Borges, Céline) qui trônent sur certaines allées.

Hommage à la lecture, également, les moments où les vidéos s'interrompent et qu'un grand écran, déployé au fond de la salle, projettent alors des morceaux de films autour du thème de la lecture : Fahrenheit 451 de Truffaut, Sollers au paradis de Jean-Paul Gardier, un extrait d'une lecture-performance de William Burroughs, ou un petit documentaire qui retracent l'histoire de la lecture dans les œuvres picturales (à ce sujet, voir notre diaporama des portraits de lecteurs).

Alain Fleischer, dont les réalisations sont souvent traversés par la notion d'art total, rend ainsi aux livres tout ce qu'on lui doit. C'est-à-dire des mots, du son, des images, mais bien davantage encore, comme en atteste cette autre citation, de Georges Duhamel : « Dans la lecture solitaire, l'homme qui se cherche lui-même a quelque chances de se rencontrer ». A voir donc sur le site Richelieu de la BNF, jusqu'au 31 janvier 2010.

Choses lues, choses vues. Richelieu, salle Labrouste, du 23 octobre 2009 au 31 janvier 2010. Exposition conçue et réalisée par Alain Fleischer.

 

Yannick Haenel lit Héliogabale ou L'anarchiste couronné d'Antonin Artaud :

 

Voir aussi :

Le diaporama des portraits de lecteurs

Entretien : Alain Fleischer parle de Godard





Interview de David Heatley : raciste, obsédé... et génial

Posté par Céline le 26.10.09 à 10:31 | tags : bd, news

Protégé de Chris Ware et de Daniel Clowes, David Heatley est l'un des talents les plus prometteurs de la bd américaine d'aujourd'hui.

 

Son premier ouvrage, J'ai le cerveau sens dessus dessous, est autobiographique. Il y parle de sexe, de racisme, de hip hop, d'amour, et de la complexité des liens familiaux... De quoi vous retourner le cerveau, dans le meilleur sens du terme. Dans un entretien avec Fluctuat, David Heatley revient sur ses inspirations, sa démarche esthétique, et sur sa condition de "blanc aux Etats-Unis"...

Lire l'entretien avec David Heatley

Lire la chronique de J'ai le cerveau sens dessus dessous




On a retrouvé le vrai Harry Potter

Posté par Céline le 22.10.09 à 11:06 | tags : best-seller, news

Lematin.ch a retrouvé le vrai Harry Potter. Un jeune homme né il y a vingt ans à Porthsmouth (GB) et dont le quotidien est devenu un enfer depuis l'apparition du célèbre héros de J.K. Rowling.

 

Si le vrai Harry Potter était sorcier, peut-être se vengerait-il des moqueries et des canulars qu'il endure chaque jour. Sans parler de son manque de crédibilité : "Personne ne me croit quand je leur dit comment je m'appelle. La première fois, j'ai même du montrer ma carte d'identité, mon passeport et mon permis de conduire à ma copine !". Ou encore de ses problèmes administratifs : il ne peut pas ouvrir un compte sur Facebook, à cause des "droits d'auteurs".

Et pourtant, il était là avant... Lui, Harry Potter en chair et en os, et dont le front est marqué d'une cicatrice, exactement comme le magicien le plus rentable de l'histoire.

 

Photo : Harry Potter, DR




Guillaume Musso et Marc Levy bannis du Petit Robert

Posté par Céline le 21.10.09 à 10:55 | tags : news

E-book, geek, collaboratif, widget ou wiki. Voici des nouveaux mots qui font leur entrée dans l'édition 2010 du Petit Robert. Et côté noms propres ? Interrogée par Bibliobs, Laurence Laporte, directrice éditoriale du Petit Robert des noms propres, cite quelques-uns des auteurs qui vont rejoindre les illustres colonnes du dictionnaire, comme Roald Dahl, Raymond Carver, Cormac McCarthy, Roberto Saviano ou Henning Mankell.

 

Un écrivain comme Jonathan Littell, en revanche, n'y trouve pas encore sa place. Explications : "C'est l'auteur d'une seule œuvre. Vous me direz que Proust aussi... On a hésité, mais on ne l'a pas intégré." Pas de Stieg Larsson non plus, ni d'Anna Gavalda, qui est cependant "citée dans Petit Robert", et qui "figure dans les postulantes". Quand aux deux autres monstres de succès que sont Marc Levy et Guillaume Musso, qu'ils n'essaient même pas, eux, de postuler : "Moi vivante, ils n'y seront jamais !" affirme Laurence Laporte, dont on peut alors être sûr que les critères de sélection n'ont rien à voir avec les chiffres de vente. Mais il lui faut quand même se préparer à tout, et même au pire : "si Marc Levy est élu à l'Académie française, son nom figurera dans le dictionnaire à la rubrique Académie, sans pour autant y avoir un article. S'il a le Nobel, là oui, il faudra en faire un..."

 

Retrouvez aussi : Marc Levy en vietnamien, Gavalda en russe... dans le diaporama des couvertures de best-sellers français à l'étranger.




Entretien : Will Self parle de Conrad, de cigarette et de tourisme...

Posté par Céline le 20.10.09 à 14:53 | tags : news, roman
Photo © John Foley / Opale
 
En visite à Paris pour la promotion de No Smoking, Will Self nous a accordé un peu plus d'une heure, avant de retraverser la Manche et de retourner à son nouveau roman. On imagine qu'il a laissé son brûleur créatif sur feu doux avant de claquer la porte de son appartement, et qu'il a peur en permanence que le fond attache ou que le soufflé retombe. On a connu des immeubles qui s'enflammaient pour moins que ça. Malgré tout, il est là et cela se voit.

 

Ses yeux sont aussi grands que sur les photos, mais son visage beaucoup plus doux et apaisé que sur celles qui lui donnent une tête de bagnard ou de fou dangereux. On s'aperçoit assez vite que Will Self réfléchit vite, très vite, que notre anglais est un peu court pour se hisser à sa hauteur lorsqu'il parle sciences sociales par exemple. La pièce est électrisée et comme saturée d'intelligence, malheureusement inéquitablement répartie de chaque côté de la table. Il faut se rendre à l'évidence : on est à la leçon, mais une leçon qu'on reçoit volontiers de la part d'un tel professeur...

 

Lire l'entretien avec Will Self

Lire la chronique de No Smoking




Le prix Bartleby du roman inachevé sera remis le 9 novembre

Posté par Céline le 20.10.09 à 10:20 | tags : prix, news

Même s'il n'est pas facile de le faire pour un roman inachevé, le jury du prix Bartleby devra bien finir par trancher. Ce sera le lundi 9 novembre, en partenariat avec Fluctuat. Lequel, des douze manuscrits inachevés retenus par le jury (sur près de trois cents reçus au total), sera-t-il élu comme "la meilleure oeuvre non menée à sa fin" ?

 

Le choix sera d'autant plus difficile que parmi les oeuvres retenues figurent notamment "un roman de Graham Greene retrouvé aux Etats-Unis par un universitaire français, un fond de tiroir de Philippe Jaenada, quelques lignes solitaires de Jacques Expert".

Pour rappel : le prix est "un encouragement à ne pas poursuivre : le lauréat gagnera le droit de ne pas achever son écrit. Son œuvre inaboutie sera publiée en l'état par un éditeur audacieux. Ou pas."

Organisateur du prix, Fred Royer annonce également qu'un "Prix spécial du roman ni écrit ni à écrire sera décerné à Florian Zeller".

Lire l'entretien avec Fred Royer

Plus d'infos sur le prix Bartleby

Tous les prix littéraires sur Fluctuat




Deleuze piraté, le Kindle en France, Google devient libraire : un nouveau point sur le livre numérique

Posté par Céline le 19.10.09 à 11:36 | tags : news, web, numérique, e-book

Quels sont les auteurs les plus téléchargés sur Internet ? Présentée aujourd'hui par le MOTif (observatoire du livre et de l'écrit du conseil régional d'Ile-de-France) - alors qu'Amazon lance justement son Kindle en France - une étude Ebookz fait le point sur le piratage du livre. Les chiffres qu'elle révèle sont d'autant plus intéressants qu'ils doivent être interprétés dans le cadre de la très vaste et actuelle problématique liée au livre numérique.

 

Combien de titre disponibles illégalement ? Chargé de l'étude, Mathias Daval a analysé quatre mois durant des milliers de fichiers disponibles sur Internet, et a dénombré, au total, 6000 titres proposés en téléchargement illégal (dont 3500 à 4000 sont des bd). Un chiffre qui devrait grossir dans les années à venir en fonction de l'évolution du livre numérique. Car si les lecteurs ebook se vendent de mieux en mieux, y compris en Europe, ils ne semblent pas encore avoir accompli une révolution technologique de la même ampleur que celle qui a frappé le domaine de la musique. Le Kindle d'Amazon, commercialisé à partir d'aujourd'hui en France, reste encore un peu cher : 190 euros en moyenne (compter 7 euros pour un livre, 5 euros s'il est déjà sorti en poche).
 
Pratique ? Une certaine réserve donc vis-à-vis du livre numérique qui se ressent également dans les méthodes de piratage : « environ la moitié des fichiers sont scannés, et il faut compter environ six heures pour mettre un fichier en ligne », révèle l'étude Ebookz. Et encombrant, au final, puisque la taille moyenne d'un fichier fait 29,7 Mo.


Au catalogue. Sans surprise, les auteurs de best-sellers (Werber, Nothomb, Beigbeder...) représentent la moitié des ouvrages disponibles en téléchargement illégal. Les philosophes sont également présents dans le top 20 des livres sur Internet, ce qui s'explique en partie par « le fort relais universitaire sur le web ». Gilles Deleuze est, notamment, l'auteur dont on trouve le plus grand nombre d'ouvrages en ligne.


Top 3. Les trois titres les plus piratés sont Le Sexe pour les nuls, Harry Potter, Le grand livre de la cuisine d'Alain Ducasse. Noter qu'un assez fort pourcentage des livres proposés correspond à des titres qui ne sont plus disponibles en librairie. La preuve que le téléchargement répond à une vraie demande et n'a pas seulement à voir avec la gratuité. Interrogé par 20 minutes, Vincent Monadé, directoire du MOTif, estime que les éditeurs « doivent anticiper la révolution numérique pour développer une offre légale, payante » et « plus attrayante ».


Google devient libraire numérique. Et le faire, sans doute, avant que Google ne réduise encore davantage leur marge de manoeuvre. Le géant vient justement de confirmer au cours de la Foire de Francfort qu'il lancera en juin 2010 en Europe son service Google Editions. En partenariat avec 30000 éditeurs dans le monde, le moteur de recherche proposera 500 000 ouvrages en téléchargement payant, et combinera ainsi, avec son activité de bibliothécaire (Google Books), celle de marchand de livres sous droits. Peu d'éditeurs français ont signé avec Google Editions, les plus importants d'entre eux ayant entrepris de lancer leur propre plateforme de ventes numériques (Editis, Hachette, Eden-Livres qui rassemble Gallimard, Flammarion et La Martinière).




Spider Woman, le premier comic animé de Marvel

Posté par 2goldfish le 16.10.09 à 09:58 | tags : news, web, bd, comics

C'est sans doute l'aboutissement d'une dizaine d'année d'efforts pour que leurs comics ressemblent toujours plus à des films. Pour relancer le titre Spider Woman, Marvel comics a décidé de lancer un nouveau format, le "Motion Comic" qui cherche à combiner le meilleur des mondes du comic book et de l'animation.

 

Au vu du premier épisode de Spider Woman, pour l'instant offert gratuitement en streaming (pour la suite, il faut aller sur iTunes et payer), le meilleur de l'animation pour Marvel c'est le son et les acteurs, aussi peu convaincants soient-ils. Et le meilleur du comic book, c'est qu'il est beaucoup moins cher à produire qu'un vrai dessin animé. Le résultat n'est pas aussi cheap qu'on pourrait cependant le craindre, grâce aux dessins réalistes d'Alex Maalev, suffisament vivant pour que l'absence de mouvement nous manque trop.

Côté histoire, Marvel et le scénariste Brian Bendis ont fait le curieux choix, au niveau marketing, d'intégrer ce comic book à sa "continuité", l'incroyable histoire sans fin qui lie tous ses personnages. Si donc en tant que nouveau lecteur (ou plutôt devrait-on dire spectateur) vous avez un peu de mal à suivre au début, c'est parce que vous ne savez pas que l'univers Marvel vient de se réveiller et de découvrir que des milliers d'aliens protéiformes ont pris secrètement la place d'humain et de super héros depuis des années. Spider Woman était de ceux qui se sont fait voler leur vie et qui aujourd'hui la retrouvent sans la reconnaître. On va lui offrir l'occasion de prendre sa revanche...

 



La suite, donc, c'est sur iTunes, mais vous pouvez aussi aller sur Youtube écouter la chanson de Spider Woman et attendre un peu pour le lancement du second motion comic de Marvel : Astonishing X-Men par Joss Whedon et John Cassaday, dont voici la bande annonce :

 




Entretien vidéo : Jay McInerney a la belle vie...

Posté par Céline le 14.10.09 à 09:45 | tags : news, actu de la rentrée
 
A l'occasion de la sortie de son recueil de nouvelles, Moi tout craché, nous avons rencontré Jay McInerney, écrivain associé au brat pack et à la ville de New York. L'écrivain revient avec nous sur sa carrière, son rapport houleux avec la critique américaine, sa fraternité littéraire avec l'ami Bret Easton Ellis...
 
Sans pudeur, il raconte aussi ce qui a changé à New York depuis le 11 Septembre, son troisième divorce causé par la présence d'un cochon, et annonce la présence de Bernard Madoff dans son prochain roman...
 



Trois titres oubliés de Françoise Sagan réédités chez Stock

Posté par Céline le 13.10.09 à 15:32 | tags : édition, news

Françoise Sagan est une image d'épinal. Sagan belle et stylée, la mèche de côté bien avant les petits histrions du 6e arrondissement. Sagan à la plage, en noir et blanc, fausse vole-au-vent et vraie torturée. Remise au goût au jour l'année dernière avec la sortie du (mauvais) film de Diane Kurys (Sagan), l'œuvre de la romancière est également à l'honneur en cette rentrée chez Stock, qui réédite trois de ses titres plus ou moins tombés dans l'oubli (parution le 14 octobre).

 

Les lecteurs pourront notamment découvrir Toxique, le journal que tint l'écrivain pendant une cure de désintoxication suivie en 1957. Cette année-là, Sagan avait subi un accident de voiture, et dû absorber de la morphine pour calmer les douleurs de ses blessures. Initialement publié chez Julliard en 1964 et dans une certaine confidentialité, ce bref récit de cent pages, accompagné des illustrations de Bernard Buffet, est tiré à 37 000 exemplaires chez Stock.

Stock réédite également deux ouvrages parus chez Flammarion au début des années 1970 : Des bleus à l'âme et Des yeux de soie, tirés eux à 5000 exemplaires chacun.

 

Voir aussi :

Le diaporama des écrivains précoces




Herta Müller reçoit le prix Nobel de littérature 2009

Posté par Céline le 08.10.09 à 14:30 | tags : prix, news

C'est à Herta Müller, écrivain allemande d'origine roumaine âgée de 56 ans, que l'Académie suédoise a choisi de remettre aujourd'hui le prix Nobel de littérature.

 

Une femme, donc, pour succéder à Jean-Marie Le Clézio. La douzième, après Doris Lessing (2007), Elfriede Jelinek (2004), Toni Morrison (1993), Pearl S. Buck, entre autres. Herta Müller, qui, selon l'Académie, "dépeint les paysages de l'abandon" avec "la concentration de la poésie et l'objectivité de la prose", se verra ainsi remettre le 10 décembre prochain son prix et une enveloppe de 10 millions de couronnes (plus de 973000 euros).

 

Née le 17 août 1953 à Nitzkydorf, village de la région roumaine de Banat, Herta Müller s'est opposée sans relâche au régime de Ceauscescu, refusant de collaborer avec la police roumaine. Son premier ouvrage, le recueil de nouvelles Niederunger, sera censuré aussitôt après sa publication en 1982. Au total, elle a publié 19 romans et recueils, dont seuls trois ont été traduits en français : L'homme est un grand faisan sur terre (Maren Sell, 1988, réédité par Gallimard en 1990), Le renard était déjà le chasseur (Seuil, 1997) et La Convocation (Métailié, 2001).

Une nouvelle fois, les pronostics sur le lauréat du prestigieux prix n'auront pas été pertinents. Toujours pas de poètes ni de grands auteurs comme Philip Roth, Haruki Murakami ou Joyce Carol Oates, pourtant cités depuis des années commes grands favoris.




Mort de Gérard Bobillier, fondateur des éditions Verdier

Posté par Céline le 07.10.09 à 11:02 | tags : news, édition
Pierre Michon le surnommait Bob. Nous, on saurait surtout reconnaître les fameux ouvrages à couverture jaune, qui ont juste donné à la littérature contemporaine ses noms essentiels. Gérard Bobillier, directeur et fondateur des éditions Verdier, est mort le lundi 5 octobre à Carcassonne, emporté par un cancer à l'âge de 64 ans.

 

Sur le Tiers Livre, François Bon, qui a rejoint les éditions Verdier avec L'enterrement (1992), rend hommage à l'éditeur qui, après Jérôme Lindon, avait su créé un « partage de sang » entre les écrivains qu'il publiait : Olivier Rolin, Pierre Bergounioux, Pierre Michon, Didier Daeninckx...

Né en 1945 à Besançon, Gérard Bobillier s'était engagé à l'époque de 68 dans la cause révolutionnaire, notamment auprès de la Gauche Prolétarienne. En 1979 , c'est dans le pays des Corbières qu'il fonde, en 1979, avec Benny Lévy et quelques amis, les éditions Verdier, comme un prolongement sur le plan de la pensée des combats qu'il a menés.

 

Trente ans plus tard, le catalogue des éditions Verdier témoigne de l'exigence et de l'humanité d'un parcours : des ouvrages fondateurs, comme les Traités du Talmud ou le Zohar, des grands textes de philosophie (Premiers principes de Damascius) des textes de sciences humaines comme ceux d'Henri Meschonnic, mais aussi des auteurs exceptionnels, comme Michon et Bergounioux bien sûr, mais aussi Volodine, parce que Gérard Bobillier était convaincu que « la littérature est la chair de pensée ».

Gérard Bobillier était également à l'origine du « Banquet du livre », manifestation autour du livre et de la pensée, de l'échange et de l'étude, se déroulant chaque année à Lagrasse depuis 1995, et dont François Bon se remémore « l'accueil à la grande table de bois sous les arbres de Verdier, la ferme historique des Corbières. »

Photo : Gérard Bobilier © Louis Monier/Verdier




7000 dollars pour devenir un personnage de Margaret Atwood

Posté par Céline le 06.10.09 à 15:41 | tags : vo, roman, news

 

Quel prix êtes-vous prêts à payer pour goûter à l'immortalité propre à la littérature ? La journaliste et auteur canadienne Rebecca Ekler, elle, a payé 7000 dollars pour devenir un personnage du dernier roman de Margaret Atwood, The Year of the Flood.



A en juger par son témoignage, cela valait le coup : « Margaret Atwood représente la raison pour laquelle j'ai voulu écrire. J'ai lu et relu tous ses livres ». Il y a deux ans, la jeune femme a ainsi versé 7000 dollars au cours d'une vente aux enchères caritative pour figurer dans le roman de son auteur préféré. Paru le mois dernier, The Year of The Flood est désormais celui qu'elle préfère de toute la bibliographie d'Atwood.


Qu'a donc fait de son personnage l'auteur de La Servante écarlate, que beaucoup considère « comme l'un des écrivains de langue anglaise les plus brillants » ? « Tout ce qu'elle m'avait dit avant était que je ne mourais pas ». Finalement, lorsque Rebecca reçoit le livre, c'est à la page 30 qu'elle trouvera son nom - celui de son personnage, qui se trouve être assez éloigné de ce qu'elle est vraiment, et qui disparaît deux pages plus loin, apparemment happée par d'étranges sectes religieuses. Mais Rebecca Ekler n'a pas payé 7000 dollars pour une si courte apparition. Il semble que son nom revienne ensuite par intermittence tout au long des 400 pages du roman...


Rebecca n'était pas la première personne à avoir obtenu aux enchères le privilège de voir un personnage d'Atwood prendre son nom. La dénommée Amanda Payne avait elle aussi payé pour son apparition dans le roman Oryx and Crake (Le Dernier homme).
On peut trouver le procédé superficiel - ce n'est qu'un nom, après tout. Risqué - et si vos proches allaient confondre fiction et réalité ? Narcissique, bien évidemment. Mais ne vous êtes-vous jamais rêvé, un jour, en personnage de votre écrivain préféré ?

Venez témoigner sur le forum : De quel écrivain aimeriez-vous devenir le personnage ?

 

Les éditions du Boréal publie en France pour cette rentrée un essai de Margaret Atwood, Comptes et légendes. La Dette et la face cachée de la richesse.




Les nouveaux mots du Petit Robert 2010

Posté par Céline le 06.10.09 à 10:51 | tags : news
Parce qu'un mot qui était hyper tendance hier risque de vous faire passer demain pour un type à la ramasse, les dictionnaires de langue doivent être remis chaque année à jour, et coller au plus près aux évolutions de langage découlant, le plus souvent, de celles des moeurs.

 

Interrogée par Bibliobs, Marie-Hélène Drivaud, la directrice éditoriale du Petit Robert, explique ainsi les changements qui interviennent pour l'édition 2010 du célèbre dictionnaire. Quelques exemples :

La chasse aux Anglicismes. Chaque année les Recommandations officielles de la Commission de terminologie sont revues et mises à jour. Ainsi l'entrée "thermobrossage" pour "brushing" va-t-elle disparaître, faute de succès, à l'inverse d'un terme comme « remue-méninges » pour « brainstorming », qui lui a plutôt bien fonctionné.

Féminisme. "Le Petit Robert a toujours féminisé assez en avance sur son temps", dit Marie-Hélène Drivaud, "la ministre a été intégrée très vite. Tant que la langue et la grammaire le permettent, les querelles qu'il y a pu avoir autour de "la" ministre ne nous intéressent pas."

Petits nouveaux. Beaucoup d'entre eux relèvent du domaine de l'informatique : "e-book, geek, collaboratif, contributif, liseuse, tableau blanc interactif ou TBA, tatouage numérique, widget, wiki, réseau social, réseauter, agrocarburant, biodynamie (...) cadre numérique », marche blanche (...) buzz (!), Sex-toy (qui a fait débat)". D'autres viennent de la famille des "éco" : "écohabitat, écopastille, écoquartier, bilan carbone, construction énergie positive, toilettes sèches, zénithude"...

Marque déposée. Certains mots signalés comme marque déposée sont entrés sans majuscule, car pris dans une acception courante : "taser, placoplatre, brumisateur, kir, fermeture éclair..."

 

Noter que la nouvelle formule du Petit Robert propose également l'accès gratuit pour une durée d'un an au Petit Robert en ligne.

 




Garcia Marquez accusé de faire l'apologie de la prostitution infantile

Posté par Céline le 05.10.09 à 11:13 | tags : société, news
Les deux affaires se suivent, ne se ressemblent pas tout à fait, mais un peu quand même. Une semaine après le retour de l'affaire Polanski, l'écrivain nobélisé Gabriel Garcia Marquez se voit aujourd'hui accusé par une ONG de faire l'apologie de la prostitution infantile, à travers l'adaptation à l'écran en cours de son roman Mémoires de mes putes tristes.

 

Dans le roman, il est notamment question d'un vieil homme de 90 ans qui décide de s'offrir une vierge de 14 ans pour son anniversaire. En cédant les droits de cette histoire pour une adaptation mexicaine, l'écrivain se rendrait coupable « d'un délit d'apologie d'un délit ». Selon Terez Ulloa, directrice de la Coalition régionale contre le Trafic de Femmes et de Fillettes en Amérique latine et aux Caraïbes, le film « banalise le phénomène et place en situation de risque tous les enfants, filles ou garçons pauvres de notre Amérique latine et des Caraïbes », et c'est pourquoi il faut « empêcher le tournage », initialement prévu entre octobre et novembre.

Outre Garcia Marquez, la plainte concerne également les entreprises mexicaines Femsa et Televisa, qui co-produisent le film, ainsi que Mario Marin, gouverneur de l'état mexicain de Puebla, où doit se dérouler le tournage. En 2005, ce dernier avait été accusé d'avoir fait arrêter illégalement la journaliste Lydia Cacho, auteur d'un livre sur un réseau de prostitution infantile, avant d'être blanchi par une décision de la Cour Suprême mexicaine.






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