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L'info en continu de l'actualité littéraire. Chiffres, nouvelles des auteurs et éditeurs, exclus... Voir aussi l'actu Livres du Mag.
La petite annonce oubliée de Rimbaud Exalté à quinze ans, désabusé à vingt, Arthur rimbaud a abandonné très tôt la littérature. Comme le rappelle ce petit billet publié dans le numéro de Books du mois de juin : « Dans ses éditions du 7 et du 9 novembre 1874, le Times de Londres publia cette petite annonce, en anglais : "Parisien (20 ans), de haute distinction littéraire et linguistique, excellente conversation, serait heureux d'accompagner un gentleman (de préférence un artiste), ou une famille désirant voyager dans les pays du Sud ou en Orient. Bonnes références - A.R., No. 165, King's Road, Reading." Rimbaud faisait ainsi ses adieux à sa vie de poète. Ce texte ne figure pas dans la nouvelle édition des œuvres complètes du poète, publiée dans La Pléiade par André Guyaux. Minuscule lacune relevée par l'impitoyable Graham Robb dans le Times Literary Supplement, à propos d'un travail qu'il considère par ailleurs comme tout à fait exceptionnel. »
Retrouvez toute l'actualité par les livres du monde dans le nouveau numéro de Books et sur le site Booksmag. Saramago perd son éditeur pour avoir critiqué Berlusconi
La maison d'édition Einaudi, qui fait partie de l'empire Mondadori de Berlusconi, édite les versions italiennes des ouvrages de Saramago depuis près de 20 ans. Mais avec El Cuaderno (Le Cahier), un recueil de chroniques initialement publiées sur le blog de l'écrivain, elle décide de rompre ce pacte fidèle. Selon elle, le texte comporte des propos qui lui vaudraient aussitôt condamnation devant un tribunal. Et de quel propos s'agit-il ? « Au pays de la mafia et de Camorra, quelle importance que le premier ministre se révèle être un délinquant ? » a notamment écrit Saramago. Et comment se fait-il qu'un tel homme n'ait pas encore suscité un mouvement de révolte des Italiens ? a-t-il également demandé au cours d'une interview parue dans El Pais.
Après le refus d'Einaudi, l'écrivain portugais a déclaré se « sentir soulagé de ne plus contribuer à l'enrichissement de Berlusconi ». Installé en Espagne en 1991, après avoir été confronté à la censure portugaise, José Saramago, qui s'en prend également dans El Cuaderno à d'autres entités - George Bush, Tony Blair, Le Pape, Israël, Wall Street - n'a eu aucun mal à trouver un autre éditeur italien. L'ouvrage est déjà disponible en portugais et en espagnol. Lire aussi : Visitez l'Italie avec Henri Calet, façon Gonzo
Amateurs de tours-opérateurs s'abstenir : ce roman n'a du guide touristique que l'apparence. Prétextant un voyage de presse, l'écrivain revisite l'Italie à sa manière, en dilettante : Calet voyage en troisième classe, quand ce n'est pas dans le wagon à bestiaux ! Henri Calet n'a rien d'un mondain. Son expression est simple et généreuse. Son roman traite des hommes (et si possible des petites gens) plutôt que des apparats culturels de la botte italienne. "Et maintenant, je dois m'accuser de n'avoir pas vu la chapelle Sixtine ni le château Saint-Ange, ni aucun musée ni le Forum... Je n'ai fait qu'entrevoir l'eau du Tibre en passant sur un pont, en filobus". Loin des clichés servis aux touristes, ce journaliste-écrivain peu connu du grand public nous emmène en balade, pour le meilleur et pour le rire. Lire la suite de la chronique sur Fluctuat Voir aussi : Le Festival des Etonnants voyageurs : les séries US à l'honneur Le nouveau Greg Egan, c'est pour novembre ! On en parle déjà beaucoup sur le forum du Bélial (maison d'édition, entre autres, de la revue Bifrost) : l'éditeur à l'origine de la publication de "l'intégrale raisonnée" des nouvelles de l'immense auteur australien de science-fiction, Greg Egan, annonce en effet la parution du tome 3 de ses nouvelles, sous le titre Océanique, pour novembre 2009 !
L'évènement est de taille puisque ce copieux recueil faisant suite à Axiomatique et Radieux, comprendra "treize récits dont sept inédits". Rappelons que la réunion, traduction et publication de toutes les nouvelles de cet écrivain précieux est une initiative que l'on doit aux Quarante-Deux, indispensable database et communauté d'auteurs, d'éditeurs, de traducteurs et de passionnés (une des premières sur le net en France) gravitant autour du fameux site du même nom, spécialisé dans la littérature fantastique et la science fiction. Quarante-Deux est également une "base de données exliibris recensant actuellement plus de quatorze mille textes", parmi lesquels des notices courtes, des commentaires d'ouvrages, des essais sur le genre, la liste des prix littéraires et des fanzines.
La parution de ce nouveau volume consacré à Greg Egan sera une nouvelle fois l'occasion pour les amateurs de faire la nique aux détracteurs des littératures de l'imaginaire, en présentant un auteur dont les sujets dépassent largement le cadre d'une SF souvent galvaudée, et encore trop souvent moquée et ignorée par ceux qui n'y connaissent rien (ou ne se basent que sur les couvertures souvent trop colorées, qui valent bien des déboires au genre). En l'occurrence, ce recueil d'Egan ne péchera pas dans le sens d'un gribouillage pseudo-futuriste, puisque sa très belle couverture en partie dévoilée par l'éditeur sur son site, s'inspire du Nazaréen (création de Nicolas Fructus). Une façon d'insister sur "l'importance de la question religieuse et la question morale face aux changements culturels et scientifiques, dans l'œuvre d'Egan... ", selon Olivier Girard, responsable du Bélial. Une autre bonne nouvelle pour finir : Océanique ne sera pas le dernier volume de l'intégral puisque l'auteur s'est enfin remis à écrire après une pause de plusieurs années... A suivre donc.
Lire aussi : Peter Watts explore nos espaces intérieurs Festival des Étonnants voyageurs : les séries US à l'honneur ! La XXe édition du Festival des Étonnants voyageurs, qui s'ouvre demain à Saint Malo (jusqu'au 1er juin), entend, comme chaque année, proposer une programmation en marge des modes littéraires et rendre hommage à une "littérature-monde".
Créé en 1990 par le corsaire des lettres Michel Le Bris, cet événement littéraire souhaite aussi rester en phase avec son temps, et s'articulera cette année autour du thème : « Monde en crise, besoin de fictions ». C'est dans le cadre de cette réflexion que le festival s'ouvre cette année aux séries télé américaines : une soirée spéciale sera notamment consacrée à la série stupéfiante The Wire du scénariste écrivain américain David Simon, avec projection des meilleurs épisodes, en présence de l'acteur Dominic West (alias l'inspecteur McNulty)... Parmi les quelques 200 auteurs invités, on pourra croiser entre autres : - Jean-Marie Blas de Roblès, prix Médicis pour Là ou les tigres sont chez eux - Emmanuel Carrère, qui a récemment publié D'autres vies que la mienne (bouleversant) - Alain Mabanckou, auteur du truculent Black bazar (voir l'entretien vidéo sur Fluctuat)
- En Italie, avec le dernier livre d'Henri Calet, L’Italie à la paresseuse ou comment visiter Rome, Venise, Florence, loin des circuits touristiques habituels. - En Inde, avec Suite indienne de Paul Théroux, ou comment découvrir l'Inde sous un autre jour. - En Egypte, avec J'aurais voulu être égyptien, le recueil d'Alaa El Aswany qui entend dénoncer une certaine hypocrisie de la part du gouvernement de son pays (lire l'interview sur Fluctuat)
Et sinon, le programme complet du festival, c'est par ici.
Voir aussi : Le diaporama de Carnets d'artistes : des photos inspirées d'oeuvres littéraires Kindle 3 : la publicité non autorisée !Un Kindle 2 plus performant, un Sony Reader plus léger, un lecteur pliable du futur selon Ars Electronica, une application iPhone pour lire romans et journaux... Le livre numérique accomplit tranquillement sa révolution à coup d'évolutions techniques.
"T'as un écran plus grand que le mien ? J'ai deux gigas de plus que toi. Ton lecteur est tactile ? Mais t'as même pas de couleurs..." Il n'est pas certain cependant que les lecteurs suivent le rythme. Même pas eu le temps de tester la dernière version du Kindle, qu'Amazon a déjà dévoilé un nouveau modèle, le Kindle "DX", présenté, de nouveau, comme LE super-lecteur-de-la-mort. Sur le site Collegehumor, on trouve une vidéo s'amusant des performances et des annonces quasi-prophétiques faites autour du lecteur d'Amazon. Le Kindle 3 : "tellement perfectionné que même ceux qui ne savent lire pourront l'utiliser !" Lire aussi : e-book, le dossier La biz-lit, de Zola à Bret Easton Ellis C'est sans doute la faute à cette crise qu'on a pu manger à toutes les sauces, mais beaucoup de lecteurs se sont récemment découvert un certain intérêt pour le monde des affaires. Du coup, les parutions autour de ce sujet ont proliféré ces derniers mois, rappelant à l'occasion que de nombreux livres de golden boys ont déjà fait date.Sophie Vouteau, des éditions Max Milo (qui ont récemment publié Le Loup de Wall Street de l'ex-trader Jordan Belfort), rappelle ainsi que « depuis toujours, l’argent, le sexe, la drogue fascinent les lecteurs ». En l’occurrence, ce sont là trois ingrédients que l’on retrouve généralement dans la biz-lit. Et qui attirent davantage, semble-t-il, la gente masculine : « la réussite, l’excentricité, les excès : il y a là quelque chose qui relève de la testostérone ». Mais pas seulement : plus accessibles qu’un cours d’éco, certains titres de biz-lit peuvent également être abordés comme des ouvrages de vulgarisation financière. Un tel nous raconte les ficelles de la bourse, un autre les coulisses de la pub, cet autre encore celles de la banque : et nous voilà prêt à investir ou à déjouer les pièges de méchants requins… Arnaqueurs géniaux, traders psychopathes ou repentis : voici un petit rappel des figures qui ont fondé une "biz-lit", de Zola à Bret Easton Ellis... Lire aussi : Nicolas Sarkozy aime Houellebecq et les Roujon-Macquart![]() Depuis le terrible accident-Princesse de Clèves, dont beaucoup ne se sont pas encore remis, Nicolas Sarkozy a essayé à plusieurs reprises de se rattraper. Selon Le Parisien, il aurait d'ailleurs longuement parlé littérature pendant le vol qui le menait aux Emirats Arabes Unis, évoquant notamment sa lecture des Particules élémentaires...
Subissant peut-être l'influence de sa femme, comme certaines analyses tendent à le montrer, le président aurait affirmé avoir beaucoup apprécié le roman de Michel Houellebecq (au point de nommer l'écrivain premier ministre ?). Moderne donc, Sarkozy aime aussi : les oeuvres de Sartre et Céline, et Zola bien sûr, pour sa formidable saga des... "Roujon-Macquart". Tiens, une nouvelle gaffe littéraire venue ternir la nouvelle virginité culturelle de celui qui raconte ses lectures sur son profil Facebook ? Selon Le Parisien, personne n'aurait en tout cas osé le reprendre. Pourtant, c'est bien comme ça qu'on apprend, non ? Paul Theroux démonte le mythe de l'Inde éternelle
On se souvient que la dernière création de Pina Bausch, consacrée à l'Inde comme le roman de Paul Theroux, nous avait déçu : trop lisse, l'image de l'Inde éternelle et sacrée que reflétait Bamboo Blues avait des allures de brochures touristiques pour riches occidentaux assoiffés de spiritualité. Avec Suite indienne, Paul Theroux nous livre l'exact opposé du travail de la chorégraphe : le pays qu'il y décrit est sale, cupide et dangereux, et aura vite fait d'engloutir ses personnages comme Lilith avale ses amants... Une serial-killer iranienne inspirée par l'œuvre d'Agatha Christie Les livres d'Agatha Christie inspireraient-ils les psychopathes ? Une iranienne de 32 ans, Mahin, responsable de plusieurs meurtres, dit en tout cas avoir trouvé dans les romans noirs de la maîtresse du polar la marche à suivre pour assassiner sans se faire prendre.Arsenic et vielles dentelles Mahin est probablement, comme le souligne la police, l'une des premières femmes serial-killer de l'Iran. Pus étonnant encore, la meurtrière, qui s'en prenait essentiellement à des personnes âgées, cite Agatha Christie comme son grand mentor. La métafiction contenue dans les romans de celle-ci aurait permis à la jeune femme de commettre des crimes sans laisser de traces. Et si d'autres noms de la littérature policière de déduction au féminin, parmi celles que l’on surnomme "les reines du crime" - Patricia Highsmith, Ruth Rendell ou P.D. James - nous viennent alors à l'esprit, la psychose de Mahin - obnubilée par sa mère - et son désir de commettre un crime presque parfait évoque également Alfred Hitchcock, l'autre grand maître du suspense... A ceux que la question des rapports entre littérature policière et crimes réels intéresse, on pourra notamment conseiller L'Homme aux lèvres de saphir, un livre d'Hervé Le Corre dans lequel les délires sanglants d'un fan d'Isidore Ducasse (Lautréamont) servent de prétexte à des meurtres en série. Les Carnets d'artistes à Quimper : la littérature devant l'objectif Dans le cadre de la 29ème édition du festival "Mai-photographies" de Quimper, l’Association Atkinos propose deux expositions :- celle, en trois parties, de larges extraits de la collection du Mai-Photographies dans plusieurs lieux de la ville. - celle de 40 "Carnets d’artistes" à la Médiathèque des Ursulines à Quimper : chaque carnet est l'oeuvre d'un photographe, à qui l'on a demandé de créer un livre d'art inspiré de l'oeuvre littéraire de leur choix. L'expérience entend bousculer les frontières de l'art, et provoquer une rencontre inédite entre le livre, la photo et la sculpture. Animés par la puissance de l'écriture, 40 photographes ont ainsi revisité, à l'aide de leur objectif, les univers de grands auteurs, de Baudelaire à Kawabata, en passant par William Faulkner, Adolfo Bioy Casares, Nina Bouraoui... Parrains de la manifestation, les éditions Filigranes concrétiseront ce projet par une publication spéciale rassemblant les différents ouvrages. Une vidéo-projection et des lectures ajouteront leur grain de sel à cette édition de Mai-Photographie. Plus d'infos sur le site. CHAPITRE 29 / CARNETS D'ARTISTES Vernissage le samedi 30 mai 2009 à 17h à la Médiathèque des Ursulines, Quimper
Photo : Béatrice Roux, Les Quatre filles... inspiré des Quatre Filles du docteur March de Louisa May Alcott et des Trois Petits Cochons.
Voir aussi : Freud, psycho-détective ? Imaginiez-vous Freud, grand prêtre de la psychanalyse, en héros d'un polar new-yorkais ? C'est en tout cas ce que Jed Rubenfeld vous invite à faire, dans son roman L'Interprétation des meurtres : paru en 2006 en Grande-Bretagne où il fut un best-seller, traduit en français en 2007 chez (feu) Panama, celui-ci vient d'être réédité aux éditions Pocket. L'occasion de le redécouvrir.Professeur de droit à Yale, Jed Rubenfeld évoque sous la forme d'un roman policier érudit et désuet (psycho-thriller dirait-on aujourd'hui), les premiers pas de la psychanalyse aux Etats-Unis et, puisqu'il s'agit de ça, des premiers pas de son inventeur sur le continent qui le consacrera plus tard comme un maître à penser et à dormir debout (ou allongé). Lorsque Freud débarque à New York, en 1909, à l'entame du roman, il a les yeux grands ouverts sur la ville et de faux airs de vieux chef de meute. Flanqué de Ferenczi, l'un de ses disciples, et de Jung, son héritier désigné, et cornaqué par le jeune narrateur indigène Younger, Freud effectue son seul et unique séjour aux Etats-Unis pour donner une série de conférences et présenter ses travaux... Fans de Cormac McCarthy, rendez-vous au Texas... Alors que l'adaptation au cinéma de La Route est prévu pour le mois d'octobre aux Etats-Unis, l'Université de San Marco au Texas propose actuellement une exposition dédiée à l'écrivain Cormac McCarthy qui, en dépit du succès de ses œuvres, vit à l'abri en de toutes les lumières médiatiques. Les nombreuses archives réunies par l'exposition retracent la carrière exceptionnelle de McCarthy, depuis son premier roman, The Orchard Keeper (Le Gardien du verger, 1965), jusqu'à son œuvre inachevée - The Passenger, dont rien ne sera cependant dévoilé avant sa publication. Parmi les documents présentés, figurent notamment : le manuscrit de The Stonemason, une pièce écrite en 1994, qui évoque une famille afro-américaine vivant dans le Kentucky ; quatre scénarios, dont celui de No Country for Old Men, qui fut écrit en 1984 avant que l'écrivain n'en fasse un roman 20 ans plus tard. Ou encore : des cartes de Saltillo et de Zacatecas, qui ont sans doute servi à la rédaction de All the pretty horses (De si jolis chevaux, 1992) ; une correspondance avec un docteur qui fut intégrée par la suite à The Crossing (Le Grand Passage, 1994). Dans l'une de ses rares interviews (accordée ici au New York Times), McCarthy avait expliqué avoir choisi l'éditeur Random House pour son premier roman, uniquement parce que celui-ci était "le seul qu'(il) connaissait". Des lettres rédigées à l'époque témoignent d'ailleurs de la joie qu'il éprouva à voir son premier livre accepté... Dix romans plus tard, McCarthy est salué comme l'un des meilleurs écrivains de son temps, très justement comparé à William Faulkner - un autre "Southwestern Writers" - et lauréat du prix Pulitzer pour La Route (2007). La rumeur raconte qu'il serait actuellement en train de travailler à trois nouveaux romans. Le premier roman de David Foster Wallace enfin traduit ! Joie ! Allégresse ! C'est désormais officiel : la prose ampoulée mise au service d'une imagination délirante de David Foster Wallace, malheureusement décédé il y a un an, va faire son "second coming" dans nos contrées sous peu ! Les éditions du Diable Vauvert annonce la parution, en août prochain, de La Fonction du balai, premier roman de celui que l'on considérait déjà comme le Thomas Pynchon du XXI° siècle.Écrit en 1986, La Fonction du balai raconte l'histoire de Lenore Beadsman, une héroïne vivant en 1990 dans une version légèrement altérée de Cleveland, à la frontière d'une immense friche suburbaine, le Grand Désert d'Ohio. Standardiste dans une maison d'édition, la jeune femme doit faire face à la disparition de son arrière-grand-mère (ancienne disciple de Wittgenstein), ainsi qu'à la jalousie pathologique de son petit ami et patron, l'éditeur Rick Vigorous. Pour couronner le tout, sa perruche, portant le doux nom de " Vlad l'Empaleur ", devient une star de la télévision lorsqu'elle se met à déblatérer un mélange de jargon psychologique, de poésie britannique et d'extraits de la bible du roi Jacques sur une chaîne tenue par des chrétiens fondamentalistes... On le voit, avec ce livre au pitch surréaliste, prétexte à explorer les paradoxes du langage, de la narration et de la réalité, l'auteur savait déjà lier histoire décalée, critique de l'absurdité de son pays et humour aussi débridé qu'intelligent. A noter que La fonction du balai sera suivi de "David Foster Wallace pour mémoire", un recueil d'hommages signé par les plus grands écrivains américains contemporains, parmi lesquels Colin Harrison (Havana Room, Manhattan nocturne), Don De Lillo, auteur de quatorze romans, dont Outremonde et Bruit de fond, Zadie Smith, auteur de trois romans, dont Sourires de loup (Gallimard), George Saunders (Grandeur et décadence d'un parc d'attraction et Pastoralia) et Jonathan Franzen (Les Corrections, La Zone d'inconfort). Vivement le mois d'août ! Bientôt une suite à L'Attrape-coeurs de Salinger ?
Reprenant le texte là où celui de Salinger s'arrête (dans un établissement qui ressemble à un hôpital psychiatrique), le roman de California s'ouvre sur ces mots : « J'ouvre les yeux et, comme ça, j'suis réveillé. J'imagine qu'il doit être fichtrement tôt, mais on doit être au beau milieu de la nuit. Il fait tellement sombre que je peux à peine voir ma fichue main devant ma figure. » Il reprend ensuite le schéma de la fugue du héros, non plus d'un établissement scolaire mais d'une maison de retraite, jusqu'à l'errance dans les rues de New-York. L'aplomb de la jeunesse en moins... La légende veut que California ait trouvé le roman de Salinger dans une cabane au Cambodge, et que celui-ci l'ait aidé à guérir de tous ses maux. C'est ainsi qu'il aurait eu l'idée d'en écrire la suite. « Ça ressemble pas mal au roman originel », prévient California. En revanche, son livre fait aussi intervenir Salinger lui-même, dans le rôle d'un auteur embarrassé ne sachant plus vraiment quoi faire de son héros... La suite de L'Attrape-Coeurs, dédicacé « au pire menteur pathologique que vous ayez jamais vu dans votre vie », est prévu pour le 25 juin en Grande-Bretagne (Nicotext). Pas sûr que Salinger (qui a toujours refusé de donner son autorisation pour une adaptation de son roman et vit reclus depuis 1965) apprécie vraiment. Les fans du roman non plus d'ailleurs. Un appel a même été lancé pour boycotter les suites du livre... Apollinaire poursuivi par la justice turque
Le motif de cette mise au pilori ? Toujours la même rengaine : propagation d'écrits obscènes et atteintes aux mœurs. En principe, un article du code pénal turc établit que les œuvres littéraires - bénéficiant d'un traitement de faveur - échappent à cette censure. Cependant, aux yeux de la justice, ni le livre d'Apollinaire, ni deux autres textes de l'écrivain turc Ben Mila (Le Pendule magique et Correspondance d'une bourgeoisie avertie) ne peuvent rentrer dans cette catégorie, : "Les poursuites ont été décidées après l'avis de soi-disant experts, consultés par le procureur, selon lesquels ces trois livres ne sont pas des œuvres littéraires", rapporte l'éditeur. Ce nouveau procès, dont la date n'a pas encore été fixée, fera encourir à l'éditeur, selon la loi, six mois à dix ans de prison. L'écrivain turc naturalisé français Nedim Gürsel, lui, est actuellement entendu par la justice et risque actuellement 6 à 12 mois de prison pour avoir osé faire de Mahomet un personnage de fiction dans son dernier roman Les Filles d'Allah, faisant ainsi offense "aux forces de sécurité nationale" et "à la morale publique". Que n'a-t-on pas fait au nom de la sécurité et de la morale ? Les 100 écrivains les plus cités de la blogosphère![]() Qui sont les écrivains les plus populaires de la blogosphère ? Sur son blog Technologies du langage, Jean Véronis a conçu un nuage regroupant les noms des 100 auteurs les plus cités dans les blogs du top littérature Wikio.
Paul Auster et Jane Austen arrive largement en tête de cette étude qui s'étale sur deux mois. Ce n'est pas encore ultra-précis, mais cela donne bien une idée des écrivains qui ont "buzzé" ces derniers temps. Jane Austen par exemple : en plus du "challenge Jane Austen" lancé sur Happy Few, il y a eu la sortie - et le succès - du roman Orgueil et préjugés en version zombie... Du coup, malgré ses deux et quelques siècles, Jane Austen est passé devant les plus actuels écrivains-blogueurs François Bon, Eric Chevillard, Pierre Assouline...
Lire aussi : La bibliothèque 2.0 de l'UNESCO a ouvert ses portes Quand le blog devient papier : Chevillard, Assouline et les autres Ouverture du Festival du premier roman à Chambéry La 22ème édition du Festival du premier roman de Chambéry ouvre ses portes aujourd'hui jusqu'à dimanche prochain. L'occasion de rencontrer de nombreux écrivains, d'assister à des conférences autour du premier roman et de participer à des échanges privilégiés entre les acteurs de la vie littéraire et le public !
Parmi les différentes animations : Vendredi 15 mai : - Le tête-à-tête inédit entre Patrick Declerck et Jean-Baptiste Del Amo, à 11h au Manège. L'occasion d'approcher et de discuter en toute intimité avec ces deux auteurs dont les premiers romans nous ont marqué (lire l'entretien avec Patrick Declerck, et la chronique d'Une éducation libertine sur Fluctuat). - Le pas-de-deux entre Yasmine Char et Patrick Declerck, à 18h au Manège. L'occasion pour ces deux auteurs d'échanger leurs points de vue sur leurs expériences d'écrivains, leurs visions de la littérature et leurs œuvres respectives.
Samedi 16 mai : - Une lecture croisée entre Skander Kali (lire l'entretien avec Skander Kali) et Karine Henry (lire l'entretien avec Karine Henry), à 9h30 à la Maison des écritures. Cette manifestation sera animée par Gérard Meudal (journaliste au Monde), Bernard Magnier (directeur de la collection Lettres africaines chez Actes Sud) et Yann Nicol (journaliste littéraire). - Le Son de premiers romans, à 21h à La Soute. Cette performance musicale fait revivre les univers de Yasmine Char, Gilbert Gatore, Skander Kali, Marc Lepape et Samuel Zaoui à partir d'extraits choisis de leurs œuvres. - Les Mignardises littéraires, à 21h au Manège. Un moment de détente pour échanger autour d'un verre et discuter avec les auteurs et les autres festivaliers. C'est le moment de partager vos coups de cœur littéraires...
Le programme complet sur le site du Festival du premier roman Les Essais de Montaigne traduits du japonais Que faire pour remettre Les Essais de Montaigne au goût du jour ? A cette question, André Lanly et Pascal Hervieu ont trouvé une réponse : le premier propose une version en français moderne, le second une traduction... du japonais. Absurde ?
Ce n'est pas en tout cas l'avis de Michel Onfray, qui signe la préface de la traduction du japonais d'Hervieu (Vivre à propos, éditions Flammarion), et justifie une telle initiative : la langue de Montaigne est « presque morte », et puis « la forme compte moins que le fond ». Fabrice Pliskin, en revanche, exprime l'indignation que lui inspirent de tels arguments dans un article du Nouvel Obs : « Dans ces conditions, plus rien ne s'oppose à la traduction en prose des Fleurs du mal : régularisons ces rimes qui ne riment à rien, ces alexandrins qui ne s'adressent pas toujours au "plus grand nombre", comme dit Onfray. » Il a de son côté l'éminent Jean Starobinsky, critique spécialiste de Montaigne, qui voit dans le projet « une entreprise expérimentale, assez considérable dans l'énormité, et dont le succès semble douteux ». Le texte de Montaigne est défiguré, dénaturé, estime Pliskin. Là où Montaigne abusait de la métaphore, et ne livrait sa pensée qu'au terme de « longues et plaisantes galleries », ses adaptateurs vont droit au but, forgent une unique obsession pour le sens - jetant la forme aux oubliettes - et par là même finissent par le liquider.
Pour se faire une idée des changements qu'impliquent ces nouvelles traductions, on pourra lire sur Bibliobs trois versions du mariage selon Montaigne : la version d'origine, celle d'Hervieu (traduite du japonais), celle d'André Lanly traduite en français moderne.
Lire aussi : Peter Watts explore nos espaces intérieurs Quimby the Mouse de Chris Ware en dessin-animé
Peter Watts explore nos espaces intérieurs Ecrivain canadien encore inconnu en France, Peter Watts débarque en librairie avec Vision aveugle, un livre de science-fiction d'une ambition rare qui concentre, sur un peu moins de 400 pages, propos scientifiques pointus, réflexions philosophiques et ambiance macabre au service d'un imaginaire débridé. Un parfait exemple de divertissement intelligent. On en redemande !Sous ses dehors de space opera classique (une mission envoyée à la rencontre d'un artefact extra-terrestre), Vision aveugle abonde en questions cruciales sur le devenir de l'humanité et surtout sur le but de son évolution. Parmi celles-ci, certaines reviennent de manière récurrente : à partir de quand une société cesse t-elle d'évoluer ? Quel est le point de rupture entre évolution et destruction ? Existe t-il vraiment une nature humaine ? En bonne auteur de science-fiction, Peter Watts fournit bien évidemment de nombreuses réponses. Les auteurs de science-fiction se prononcent contre la loi Hadopi
Intitulé « Qui contrôlera le futur ? » et publié sur le blog Génération Science-fiction, cet appel souligne le danger de la loi, qui, sous couvert de défendre les droits des artistes, « apparaît surtout comme un cheval de Troie employé pour tenter d'établir un contrôle d'Internet, constituant par là même une menace pour la liberté d'expression dans notre pays. » Ont déjà signé, entre autres : Pierre Bordage, Martin Winckler, Thomas Day, Pierre Pelot...
Interviewé par Ecrans, Wagner reconnaît que « les écrivains de science-fiction ne sont pas très portés sur l'action collective ». Ce qui l'a poussé, à la veille de la seconde lecture à l'Assemblée nationale, à enfin réagir contre Hadopi, c'est la découverte d'un certain "Paul Atréides" - nom du héros du roman Dune - dans la pétition de la Sacem en faveur de la loi. « J'ai alors ressenti une violente impression de récupération et d'instrumentalisation d'un personnage d'un roman de science-fiction au profit d'une "cause" très similaire à ce que nombre d'auteurs de SF ont fort souvent dénoncé. » D'ailleurs, la loi Hadopi pourrait constituer, selon l'écrivain, un excellent point de départ pour un scénario de science-fiction : "on pourrait écrire d’excellentes dystopies en extrapolant à peine ses conséquences sur notre société, comme par exemple la disparition de la notion la vie privée, ou du simple droit de prêter une œuvre pour la faire découvrir." Et ce n'est bien évidemment pas parce que l'on dénonce l'absurdité du dispositif Hadopi que l'on est pas attaché au droit d'auteur, rappelle aussi le texte des auteurs de SF. Roland Wagner, par exemple, promeut la mise en place d'une licence globale, permettant de diffuser librement la culture, sur le modèle des Creative Commons. MAJ : La loi Hadopi a été adoptée cette après-midi par l'Assemblée à 296 voix contre 233.
Suivez toute l'actu de la loi Hadopi sur le blog société de Fluctuat.
Photo : Roland C. Wagner, DR
Peter Weir n'adaptera pas le roman de William Gibson Participez au Prix Bartleby, le prix du roman inachevé
Si vous nourrissez vous-même quelques velléités d'écriture, si vous avez déjà commencé un ou plusieurs romans sans jamais avoir atteint le point final, si vous n'arrivez pas à aller au-delà de la première page - voire de la première phrase ! - et si vous pensez vous aussi qu'il est des œuvres qui feraient mieux de ne jamais voir le jour, le Prix Bartleby est donc fait pour vous !
Lancé par Frédéric Royer, à qui l'on doit déjà les irrévérencieuses cérémonies des Gérard du cinéma (diffusion le 12 mai sur Paris Première) et de la télévision, le Prix Bartleby est aujourd'hui le premier et l'unique prix littéraire qui interdit aux romans achevés de concourir (et on ne triche pas en tronquant des œuvres achevées, dit le règlement, sous peine d'être éliminé...). Un roman inachevé peut correspondre à 700 pages, 20 pages, un feuillet, voire de l'incipit.
Fluctuat est partenaire du Prix Bartleby, qui sera remis en novembre prochain. Pour participez, il suffit d'envoyer vos manuscrits inachevés par email avant le 30 septembre 2009 (prixbartleby@gmail.com). Pour en savoir plus sur le Prix Bartleby : lire l'entretien avec Frédéric Royer sur Fluctuat, et rendez-vous sur le site du Prix Bartleby.
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Peter Weir n'adaptera pas le roman de William Gibson
Alors que le net vibrionne depuis plus de deux ans autour de la nouvelle, aucun site littéraire ou cinématographique n'a été capable de remettre ses pendules à l'heure concernant le fameux "scoop" selon lequel le réalisateur Peter Weir (Master And Commander, The Truman show) travaillerait sur l'adaptation du roman Identification des schémas de l'écrivain William Gibson.
En effet, l'auteur lui-même affirme sur son blog, dans un papier savoureusement intitulé "J'ai plus de souvenirs de projets d'adaptation avortés de Neuromancien que vous n'en n'avez jamais entendu parler" : "Parmi toutes mes déceptions concernant les supposées adaptations de mes livres par Hollywood, je crois que je peux ajouter le fait qu'il est fort probable encore une fois que Peter Weir ne soit plus dans la course pour l'adaptation de Pattern Recognition. Un projet qui rejoint tous ceux qui ont fini à la corbeille, hélas", déclare t-il en substance. Quant au projet d'adapation de Neuromancien, roman culte de l'écrivain américain, il serait question d'un script réalisé par Joseph Kahn, réalisateur de clips pour Britney Spears : une idée qui semble également faire bien rire Gibson dans le même article... Obama a aimé le roman Netherland, il faut lire Netherland Lecteur de Melville, ou encore de Toni Morrison, Barack Obama avait déjà contribué, simplement en les évoquant, à faire augmenter les ventes de certains ouvrages. Dans une interview accordée au New York Times, il a de nouveau mentionné un auteur, Joseph O'Neill, ce qui n'a pas manqué de susciter l'intérêt du public pour celui-ci.Comparé à Gatsby le magnifique, Netherland de Joseph O'Neill était déjà devenu un véritable best-seller au moment de sa sortie en 2008. Obama n'a pas manqué de faire l'éloge de ce livre qui propose l'analyse des événements du 11 septembre du point de vue d'un immigré hollandais. Aussitôt, le roman d'O'Neill gagne des places dans les ventes d'Amazon. L'éditeur, Vintage/Anchor, prévoit de tirer 70 000 exemplaires pour la réédition dont elle a également avancé la date. Unanimement salué par la critique anglo-saxonne, le Netherland d'O'Neill - "le roman le plus intelligent et le plus juste sur la vie à New York et Londres après le 11 septembre" selon le NY Times - avait déjà, avant l'intervention du président - toutes les raisons d'attirer notre attention. Il paraîtra aux éditions de L'Olivier en août prochain : l'occasion de vérifier si vos goûts littéraires s'accordent avec ceux d'Obama. Christian Lacroix et Paul Smith créent un objet pour leur écrivain favori Allier la poésie à la performance, le design et la littérature : tel est le projet d'Esther Henwook, qui publie Design & littérature : une liaison inspirée, aux éditions Norma. Partant de l'idée que le paysage intérieur de l'écrivain permet d'apprivoiser son œuvre, la journaliste en design et architecture a posé la question : "Que feriez-vous pour l'écrivain qui a le plus influencé votre vie ?" à cinquante des meilleurs créateurs du moment (designers, architectes, couturiers).En guise de réponse, on obtient une série d'objets - des sièges, des lampes, des bibliothèques ou des bouteilles - transfigurés par l'imaginaire arty de ces artisans des temps modernes. L'univers des écrivains inspirent parfois des œuvres surprenantes, à l'image de l'architecte et designer Claudio Colucci, qui a d'abord songé à créer une voiture amphibie en hommage à Ian Fleming, l'auteur des James Bond. Mais comme celle-ci existait déjà, il a finalement opté pour un canapé de salon en fibre carbone - idéal pour boire du champagne... Le couturier Christian Lacroix a quant à lui réalisé une chaise en fer forgée pour Patrick Modiano. "J'aime ce modèle de mélancolie ; je suis un nostalgique, à son image", affirme-t-il. Paul Smith a travaillé à partir de l'image de son homonyme poète et icône de rock Patti Smith. Le résultat ? Une chaise très dix-neuvième, customisée avec de vieux matériaux. Parmi les 40 designers ayant participé au projet, on signalera notamment : India Mahdavi inspiré par Murakami, Laurent Massaloux par Mark Danielewski et Adolfo Bioy Casares, Christophe Pillet par Bret Easton Ellis, Manuela Zervudachi par Lewis Carroll... Une série d'expositions parisiennes consacrées à ces œuvres à la croisée des chemins permettra d'admirer le résultat. A vous de deviner quelle figure littéraire se cache derrière l'objet. Du 19 au 26 mai 2009, Galerie Avant-scène (Paris 6e) : exposition du siège de Pucci de Rossi conçu en hommage à Cioran, des dessins d’Hubert Le Gall (Jacques Prévert), Franck Evennou (Saint-John Perse), Elizabeth Garouste (Modiano), Jacques Jarrige (Francis Ponge). Du 15 à la fin-septembre 2009, Perimeter (Paris 6e) : exposition du projet de Guillaume Bardet en hommage à Jim Harrison. Du 17 à la fin-septembre 2009, Librairie du Bon Marché (Paris 7e) : exposition de tous les projets. Lire aussi : Les plus étonnantes librairies du monde, en images Geraint Anderson et les autres traders devenus écrivains |
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