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L'actualité des éditions Naïve.

Chuck Klosterman autopsie la culture pop

Posté par Maxence le 12.11.07 à 12:34 | tags : naïve editions, société

Dans l'ensemble j'avais apprécié Je, la mort et le rock'n'roll : Une histoire vraie à 85% de Chuck Klosterman, un recueil d'articles écrits sur la route et évoquant la mort du point de vue des personnalités et des célébrités.
Klosterman ciblait principalement les rock-stars et c'était plutôt plaisant. D'autant qu'il s'agissait surtout d'un prétexte pour explorer les obsessions de l'auteur qui posait la question du poids d'une vie au regard des mythes vivants (et donc morts, vous suivez toujours ?) engendrés par la culture musicale populaire. Klosterman usait du style gonzo inventé par Hunter S. Thompson (Las Vegas Parano, La Grande Chasse aux Requins), pour un road movie existentiel sur fond de rock'n'roll. Voilà en gros ce qu'était Je, la mort et le rock'n'roll et ce n'était pas si mal. Naïvement, je prévoyais que le prochain serait encore mieux...

Autant dire que la déconvenue fut à la hauteur des espoirs que j'avais placés dans ce critique américain. Hélas, trois fois hélas, dès le titre racoleur, Sexe, drogues et pop-corn annonce la couleur. Télé réalité (The Real World), univers vidéoludique (dit simplement : "jeux vidéos". Où Klosterman fixe en particulier sur le phénomène des Sims), apologie de l'horreur rock FM Billy Joel (si si, vous lisez bien !), analyse de la vidéo porno de Pamela Anderson, re-apologie de Guns N' Roses cette fois (comme si avec Billy Joel, la coupe n'était pas déjà assez pleine...), base-ball, football, voilà les sujets abordés par les chroniqueurs américains dans ce qui n'est finalement qu'une compilation d'articles. Même si certains papiers valent le coup (le chapitre sur les Sims est tout bonnement hilarant), la plupart des tirades de l'auteur agacent au plus haut point. On sent bien à quel point Chuck Klosterman adorerait vraiment être méchant, mais qu'il est bien trop américain pour cela.

Finalement, hormis une prétention sans borne et un ton qui laisse penser que beaucoup de gens dans le monde "devrait" s'intéresser d'avantage à ce que Chuck Klosterman pense des enfants, des animaux, des groupes que les autres aiment et pas lui, du football français, et en fait, de tout ce qui ne touche pas son petit univers de music geek prostré dans le posture classique du déni anal et régressif, "moi, ma petite collec' de disque, ma TV, mon PC", le principal défaut de l'Américain est sa manière de jouer les esthètes et les critiques indulgents envers l'inculture des autres. Une pose difficile à assumer quand sa culture se borne à Star Wars, Sauvés par le gong, Happy Days, les céréals Cocoa Puffs, et côté musique (puisque tel est son métier après tout)  Nirvana, Radiohead, les Monkeys, Elvis Costello, pour les plus pointu, quand ce n'est pas Axl Rose, Kiss, Eagles, Duran Duran, Eurythmics, Molly Hatchett (argh !) ou U2.

 

Au final, Klosterman possède un sens de l'humour tellement surévalué, et surtout des goûts tellement douteux, qu'on croirait lire une version sérieuse des encadrés musicaux ironiques de Bret Easton Ellis dans American Psycho. Comme le dit la citation de la quatrième de couv' : "Lire Sexe, drogues et pop corn c'est comme regarder la TV avec la télécommande d'un autre". Or, il n'y a rien de plus énervant au monde !
A lire si vous aimez la culture populaire, et uniquement populaire, servie réchauffée par un binoclard prétentieux, sûr de vous être supérieur juste parce que sa discothèque compte plus de 50 CD, et qui déclare sans sourire que Appetite for Destruction de Guns N' Roses est "peut-être le 1er album le plus fort de l'histoire du rock" !

Sexe, drogues et pop-corn,
Chuck Klosterman
Editions Naïves




Je, la Mort et le Rock'n'Roll

Posté par Flyer le 29.06.07 à 10:29 | tags : livre, naïve editions, copinage
Chuck Klosterman - Je, la Mort et le Rock'n'RollChuck Klosterman est critique rock à Spin magazine, dans la réalité mais dans son autofiction aussi. Je, la Mort et le Rock'n'Roll ("une histoire vraie à 85%" écrit Klosterman) aurait pu être d'un ennui profond, tellement ses thèmes sentent le revival de la littérature rock des dernières années : narcissisme, usage de stupéfiants divers, cynisme chic, et du rock, du rock, la grande putain du rock, muse prêtant son corps au tout et n'importe quoi littéraire.
Alors, qu'est ce qui fait que le roman de Klosterman fonctionne ? Les blagues, un peu. La mort, beaucoup. Klosterman livre dans son oeuvre tout ce qu'il intériorise dans sa véritable existence. Sorte de faux timide rongé par une conscience aiguë de ses défauts et une espèce de culpabilité aussi éternelle qu'irraisonnée, il écrit quelque part à la croisée du détachement clinique, des confessions psychopathologiques, et du surréalisme d'un metteur en scène attaqué par sa propre imagination.
Saupoudrez le tout d'humour de cimetière, de classements sociologiques basés sur les drogues, les alcools et les régions d'où vous venez, et de références quasi-névrotiques à KISS où aux mastodontes préhistoriques, et vous obtiendrez un livre attachant, pas foncièrement génial mais suffisament original et (drôlement) morbide pour n'être jamais ennuyeux, et contenant la chronique de Kid A (Radiohead) la plus intéressante (et bizarre) que j'aie jamais lue. Vous obtiendrez aussi une véritable petite encyclopédie sur les morts violentes de rockeurs (ou inspirées par des rockeurs, ou causées par des rockeurs...) depuis 1950. Ça vous fera rire...






Je m'appelle Chloe, je suis Indochinoise depuis 23 ans

Posté par Myosotis le 15.06.07 à 13:18 | tags : delaume, naïve editions, roman

"Bonsoir. Je m'appelle Chloé et je suis indochinoise depuis 23 ans. J'avais dix ans quand j'ai commencé, c'était dans un camping, l'été de la mort de ma mère. J'ai d'abord écouté en cachette, sur des transistors qui traînaient, pendant des fêtes. Au retour des vacances, je crois que c'était déjà trop tard. Le 45-tours, l'album, les suivants, les maxis, les pirates. Ca a duré comme ça toute mon adolescence. Le réveil sonnait à peine qu'il me fallait ma première chanson. Quelque chose de fort, si possible. Avec beaucoup de synthés dedans.

Ca m'apaisait autant que ça me rendait forte. Comme du ciment qui m'engrossait, affermissant les fondations. Je n'étais qu'un drame iodé, soudain l'épique m'envahissait, pulsations, neurotransmetteurs. C'était devenu vital, plus que les Lexomil."

Le style Delaume fonctionne assez bien dans ce dispositif allégé. Ses séquences nominales sont efficaces, intelligibles. Evidemment, il faut se farcir Indochine (mais bon...) et aussi quelques inserts qui font la marque de fabrique et l'identité littéraire de l'auteur (les drames familiaux ne sont jamais loin et suggèrent la détresse de la narratrice, posés là comme pour faire peur, avec une grande discrétion, et sans explication inutile, pour une fois, serait-on tenté de souligner). Certains diront de la Dernière Fille Avant la Guerre que c'est un attrape-nigauds, un livre arty comme les autres, écrit avec beaucoup de désinvolture et en roue libre. On peut y voir aussi un petit travail juste et précis, plein d'émotion et de tendresse. Disons que La Dernière Fille avant la guerre est un Chloé Delaume pour les Nuls, ceux qui n'ont pas aimé les autres livres et n'aimeront peut-être pas les autres mais reconnaissent que cette fille fait de la littérature en conscience, une littérature programmatique et intelligente, et qui, même si on la tient pour un anti-modèle, doit être abordée avec respect et considération.

Lire la critique de l'ouvrage 




Un bon Delaume : La dernière fille avant la guerre

Posté par Myosotis le 12.06.07 à 12:47 | tags : naïve editions, roman

Commençons par la conclusion, puisque c'est ce qui importe : j'ai pris du plaisir à lire le dernier livre de Chloé Delaume, sorti il y a quelques semaines maintenant dans la collection Naïve, et ce n'est pas si fréquent. Disons même que c'est la première fois.
Respectant le cahier des charges qui veut qu'un écrivain expose en libre variation (essai, roman, évocation - forme ouverte donc) son lien à un artiste ou à une oeuvre musicale, Chloé Delaume consacre en une centaine de pages un bel hommage angoissé à sa passion de jeunesse (et d'aujourd'hui) pour le groupe français Indochine. On peut penser ce qu'on veut d'Indochine (du mal, rien que du mal, en ce qui me concerne), Delaume s'amuse de son intoxication de jeunesse sur un ton plein de nostalgie, de culpabilité (revendiquée - Indochine, les Cure français) et de tendresse pour le groupe des frères Sirkis. La dernière fille avant la guerre est un livre drôle, écrit avec des moyens simples mais suffisamment original pour ne pas tomber dans la simple évocation de souvenirs d'ado.
Fidèle à ses dispositifs narratifs, Delaume s'invente un dialogue avec son "double de l'intérieur" ou "ancien moi du dedans", une jeune Anne qui, pour faire simple, parasite Delaume clivée et constitue sa part (d'ombre) fan du groupe. Pour une fois, le mécanisme fonctionne complètement et permet un jeu délicat et intelligent sur la personnalité et ses composantes.
Le livre est l'occasion pour elle de reparcourir plutôt habilement l'histoire du groupe, son look, l'influence de ses codes et de son imagerie gothique sur les adolescents. On retrouve sur la fin une Delaume en cours de désintoxication indochinoise à deux doigts de rechuter lorsque le leader du combo la contacte pour qu'elle compose quelques textes pour un futur album. Ce que l'écrivain réussit ici très bien, c'est à suggérer la part invisible de nos attachements rock, de nos tocades personnelles, l'itinéraire individuel (mais partagé par beaucoup) qui passe par une affirmation de son gôut propre, la revendication de son originalité mais aussi l'agrégation inévitable à une tribu, à une clique ou à une église capable d'accueillir l'aspiration à l'existence autonome.

Si les vingt dernières pages du texte sont quelque peu en deça d'un démarrage émouvant et drolatique, La dernière fille avant la guerre est un livre à découvrir et à consommer sans modération (1h de lecture tout au plus), avec légèreté, un petit exercice de style qui témoigne de la science narrative et de la finesse d'une écrivain qui, de mon point de vue (biaisé et inobjectif), est plus efficace dans les formes courtes et affranchies d'enjeu que lorsqu'elle pose à de plus grandes ambitions ou à rénover le langage.

La dernière fille avant la guerre
Chloe Delaume
Naïve

 

 




Une légère morsure

Posté par Myosotis le 02.02.07 à 11:06 | tags : naïve editions, rentrée littéraire, roman

Le premier roman de Dan Nisand aurait pu être une chouette entrée en matière si l'auteur n'avait, au fil de la centaine de pages de ce court roman, quelque peu perdu le fil de son idée. Au départ de l'ouvrage, une intuition sympathique donc : l'histoire d'un homme qui devient obsédé par l'idée de mordre. L'introduction est soignée (l'individu en question se propose de nous raconter ce qui lui est arrivé et qui s'annonce bien : il a redécouvert sa nature animale, et, croit-on, est passé pas loin de la folie). Le prof nous raconte son affaire où on s'attend donc à ce qu'un crescendo l'amène à un peu plus de sauvagerie et de bestialité chaque fois. On l'imagine déjà en train de mordre une nana, un flic, un élève : perspective plutôt réjouissante si Dan Nisand n'avait choisi finalement d'écrire sur tout autre chose.
Le héros nous raconte bien comment il se met à mordre tout ce qui tombe sous ses machoîres dans sa propre chambre et à déchiqueter avec avidité le contenu de son réfrigérateur (pas de scène de dévoration de viande rouge) mais délaisse assez vite cette veine amusante pour raconter la fascination du héros pour un jeune prolo qui habite son immeuble et se balade avec un énorme chien d'attaque. Le Mâtin de Jimmy (ce genre de gros chien méchant) devient alors le support d'une symbolique et lourdaude admiration pour la spontanéité et la brutalité putative des êtres sans éducation. Nos scènes espérées de renversement de l'ordre social par la morsure se terminent en journées passées dans l'herbe à partager façon homoérotique le culte du gros chien et de sa puissance. Si Nisand réussit à nous surprendre par une fin effrayante et astucieuse (je ne la raconte pas), ce Morsure restera, pour nous, l'illustration qu'il faut en littérature, comme ailleurs, S'EN TENIR A SON SUJET. Cette sorte de roman-nouvelle ne peut s'accommoder de digressions ou de détours en dehors du programme annoncé, sous peine de ne pouvoir récupérer suffisamment de percussion littéraire pour nous convaincre qu'elles ont rempli leurs engagements. S'agissant d'un premier roman, Nisand est partiellement excusable. Morsure témoigne d'une belle imagination, même si le style (je n'en ai pas parlé) est parfois un peu affecté (mais il s'agit du récit d'un prof après tout). On suivra néanmoins ses prochaines publications avec attention.

Morsure
Dan Nisand
Naïve editions




J'ai appris à ne pas rire du démon de Arno Bertina

Posté par Myosotis le 26.09.06 à 09:08 | tags : naïve editions, rentrée littéraire

Il y a dans les "milieux autorisés" un petit buzz autour d'Arno Bertina, jeune auteur de 31 ans, qui sort coup sur coup cette année J'ai appris à ne pas rire du démon, livre hommage à Johnny Cash dans la collection branchée Naïve Sessions, et un roman Anima Motrix, chez les non moins pointues éditions Verticales.

Bertina est un jeune homme actif, membre de la revue Inculte, et auteur de plusieurs travaux seul ou en collaboration pour la radio, dont la réputation, peut-être flatteuse, repose avant tout sur la qualité d'écriture. Dans un registre que l'on peut qualifier de "réaliste savant", Bertina est en effet très fort et très brillant, mêlant avec habileté (et sans que cela saute aux yeux) des allégories élaborées (le mythe d'Actéon sur Anima Motrix, les histoires de fantôme sur J'ai appris à rire) et une forme de réalisme descriptif qui n'exclut pas de s'intéresser à son époque (Anima Motrix toujours aborde la notion de "fugitif"). Ses travaux sont donc à la fois incarnés, très terrestres et en même temps élevés vers un autre-là qui plane quelques dizaines de mètres au dessus de la réalité mortelle. L'impression qu'on peut en retirer est d'être confronté à des livres brillants mais qui, bizarremment, le sont toujours un peu trop pour nous.

Dans J'ai appris à ne pas rire du démon, Bertina établit le portrait en creux de Johnny Cash à partir de 3 séquences de vie, racontées par un tiers : dans le 1er récit, Cash est encore représentant de commerce et installe sa "singularité" face à un vendeur de bibles admiratif. Dans le deuxième, Cash s'est fait coffrer et discute, en manque, addiction et drogue avec un flic fan de rock. Dans le 3ème, un producteur harangue le chanteur pour lui redonner de sa superbe après sa rencontre-faillite de 20 ans avec le prêcheur Billy Graham. Les 3 angles choisis par Bertina sont parfaits, à la fois originaux, bien établis dans la biographie réelle de Cash, et traités avec aisance. Le point commun entre les narrateurs est qu'ils se coltinent, face à un Cash en situation de faiblesse, une image d'eux-mêmes "en admiration". Le frottement à l'individu de génie est ce qui les rassemble et dans un sens les constitue l'espace du récit. Cash, finalement, et c'est le reproche qu'on peut faire au livre, même s'il est inhérent à sa construction, ne fait que passer.
Le chanteur est fantômatique, à chaque fois absent ou en fâcheuse posture, laissant la place à ses personnages secondaires qui deviennent principaux et occupent l'espace. Cash s'enferme dans sa propre légende noire, et Bertina ne nous dit finalement pas grand chose de lui. Il y a bien ce rapport à la drogue et ce parallèle des héros dressé avec Elvis qui livre quelques clés mais on reste globalement sur sa faim de Cash. Cette réserve émise, j'ai appris à ne pas du rire du démon, est un livre excellent qui, en 150 pages, en veut des dizaines d'autres sortis ces derniers jours. Bertina est lui à suivre de très près.
J'ai appris à ne pas rire du démon
Arno Bertina


Naïve editions


 




Sylvain Coher : Fideicommis

Posté par Easywriter le 08.05.06 à 14:34 | tags : extrait, naïve editions, roman
"Quoi qu'elle fasse, quoi qu'on lui dise, Agat ne capitulera pas. Jamais. Il lui faudrait une contrainte tangible, une certitude intérieure, ce qui est loin d'être le cas. Il avait rendez-vous, a-t-elle affirmé dans un bureau sans fenêtre, avec une petite moue butée, rebelle, qui n'arrangeait rien à son affaire. On lui a demandé avec qui et là, bien sûr, elle ne savait pas quoi répondre. S'est passé les deux mains dans les cheveux. Un femme, certainement. Elle était même au cimetière cette salope, vous auriez du la voir, l'arrêter, je ne sais pas moi."

Nous non plus, on ne sait pas. Sylvain Coher narre la transformation d'un paisible prof d'histoire en tenancier de tripot cynique et violent. Pourquoi ? Parce qu'il a hérité d'un hôtel de passe, ce qui est un excellent point de départ pour un roman.

Fideicommis, Sylvain Coher. Naïve Editions.



Tideland de Mitch Cullin

Posté par Easywriter le 28.04.06 à 14:34 | tags : extrait, naïve editions, roman

"En soulevant les cailloux les uns après les autres j'ai fredonné la chanson. La femme-fantôme allait trouver mon signe universel de l'amitié et ça la ferait sans doute rire, ou au moins sourire. Elle se mettrait à siffler sa jolie mélodie, pleinement consciente que quelqu'un  se souciait  d'elle. Je prévoyais de revenir le lendemain, voir ce qu'elle aurait fait avec les cailloux cette fois. Mais ça ne s'est pas passé comme ça."

Jeliza Rose quitte LA pour une ferme texane décrépie où elle retrouve son père, un ancien rocker héroïnomane. Abandonnée à sa solitude, Jeliza se laisse aller à des envolées oniriques peuplées de requins, de femmes fantômes et d'écureuils qui se prennent pour Spiderman. Une parabole de l'Amérique désenchantée, entre le conte de fées et le film d'épouvante.
Mais qui serait capable d'adapter un tel délire au cinéma ? Celui qui trouve gagne ma dose hebdomadaire de LSD. Les autres peuvent toujours lire la réponse dans le blog ciné.
Tideland, de Mitch Cullin (Naïve éditions).
MAJ : lire les chroniques de Tideland, le livre, Tideland et voyage au Tideland en textes et images; . Lire aussi l'entretien avec Mitch Cullin.



Ronald Wright : La fin du progrès

Posté par Easywriter le 17.04.06 à 14:34 | tags : extrait, naïve editions, société
"Depuis le début des années 90, la population mondiale s'est multipliée par quatre, et son économie (mesure brute du fardeau que l'homme impose à la nature) par plus de quarante. Nous avons atteint un stade où il nous faut soumettre l'expérience à un contrôle rationnel et nous prémunir contre les dangers actuels et potentiels. Il n'en tient qu'à nous. Si nous échouons - si la biosphère ne peut plus assumer notre subsistance parce que nous l'avons dégradée ou pulvérisée - la nature haussera simplement les épaules en concluant que laisser des singes diriger un laboratoire était amusant pour un moment, mais que, en fin de compte, c'était une mauvaise idée ".


Partant du principe que la plupart des civilisations ont bati leur propre perte, le Canadien Ronald Wright met à jour une logique du progrès qui part du développement d'une société hiérarchisée et va au pilage intensif des ressources naturelles après avoir mis en oeuvre une minorité qui surconsomme au détriment de tous les autres. Erudit et simplement écrit, la fin du progrès est un nouvel exemple de ce que les penseurs nord-américains sont capables de faire. On en reparle dans le mag dès qu'on a trouvé un truc intelligent à ajouter.

La fin du progrès
, Ronald Wright. Naïve Editions.






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