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Quand les livres parlent des medias ou que les medias parlent de livre.
Mai 68 : les pavés sont ramollisQuarante plus tard, que signifie Mai 68 ? L'initiative du collectif Le Pavé en mousse (diffusée à plusieurs reprises par Marianne2) laisse sceptique. Même si elles partent d'un bon sentiment, les diverses opérations organisées restent isolées et tristouillettes.
Ils font ça pour rire. Et au fond, cette histoire d'anniversaire doit-elle vraiment être prise plus au sérieux ? Comme le dit Hervé Hamon dans son entretien avec Fluctuat, "il ne s'agit pas de se moquer de mai 68". Ces "événements" ont marqué l'histoire, bouleversé les mentalités, marqué un tournant, etc... Seulement, la façon dont les écrivains, penseurs, politiques, médias, un peu tout le monde, choisissent de commémorer ce moment n'a-t-elle pas un côté cérémonieux qui entre en totale contradiction avec l'esprit mai 68 ? Nous autres jeunes qui ne l'avons pas vécu, à notre tour d'être out, parce qu'on ne peut pas bien en parler, et pas autrement que comme d'un mythe révolu et digéré. En général, ceux qui l'ont fait, ils nous laissent plutôt imaginer que mai 68, c'était trop cool. N'empêche qu'on est pas encore tout à fait au clair, là dessus. D'un côté il y a le président de la république qui annonce vouloir "liquider mai 68" (il veut liquider plein de trucs), et de l'autre, une avalanche d'ouvrages et de dossiers qui redonne à ce printemps un petit goût de révolution. Flu prend le parti de participer à l'éboulement, et souffle quand même les bougies avec un dossier mai 68. Guillaume Musso, agent du futur ? C'est celui qui le dit qui y est (4)"Acceptez enfin de vendre le livre comme une savonnette, un parfum ou de la lingerie fine et le marché s'éclairera comme une aube nouvelle." Ces paroles prophétiques prononcées par un éditeur imaginaire dans une nouvelle de Jack London dont j'ai oublié le titre (ça fait sérieux !) étaient prémonitoires des débats qui agitent (assez peu finalement) le monde de l'édition. Le livre est-il un produit comme un autre ? Faut-il le vendre au supermarché ? Bah oui, d'ailleurs on ne s'en prive pas. Peut-on imaginer d'en faire la publicité ou de lui consacrer, comme ici, une sorte de bande-annonce, de lancement ou de teaser ? Cette petite séquence proposée par Guillaume Musso (qui remplacera pour l'occasion Marc Levy, excusé..), est l'une des choses les plus intelligentes qu'il m'ait été donné de voir en provenance d'une maison d'édition française. Il faut bien avouer qu'en la matière, nous accusons encore une fois une bonne quinzaine d'années de retard sur les éditeurs anglo-saxons qui n'ont jamais eu ce questionnement de savoir si oui ou non pour vendre un ouvrage il fallait lui appliquer les techniques de... vente. Cela fait un bail que ce genre de mini-films existent. Il suffit de se promener sur Youtube pour découvrir, un peu partout, des séquences parfois supervisées par l'auteur lui-même qui ne font honte à personne. Tapez Coupland, tapez Gibson, tapez Bret Easton Ellis et vous verrez ce dont il est question. La Vieille France moisie n'a pas adopté le dixième des techniques de stimulation mercatico-intellectuelle : sites dédiés, pseudo univers qui crédibilise le livre, conférence de lancement sur Second Life, confettis-extrait qui sont des découpes du livre disposées dans une assiette et permettent de le... goûter comme on goûterait un saucisson... Heureusement pour nous, à défaut de nous faire basculer dans le futur de la littérature, Guillaume Musso, avec son physique de Sylvain Marconnet endimanché, ses faux airs de VRP de province, est là pour faire avancer l'histoire. Son dernier roman, Je reviens te chercher, porte bien son nom : sa main généreuse nous est tendue depuis une modernité dont nous devons pas avoir peur : site internet de niveau professionnel, lecture (ardue) du prologue de ce chef d'oeuvre en forme de livre virtuel (essayez donc de tourner les pages, p***), clip de lancement... Guillaume Musso est notre phare, notre lanterne. Son éditeur XO a tout compris et sait désormais que le marché du livre est un monde ultraconcurrentiel (je ne vous rappelle pas le nombre de livres qui sortent chaque mois - les petits imbéciles qui se plaignent des embouteillages le mercredi sur les écrans de cinéma n'ont jamais sorti un bouquin en septembre), où il n'y a de salut que dans la mise en place de franchises ou figures immédiatement identifiables par le consommateur (Nothomb, Houellebecq,...) ou par une logique poussée de différenciation produit. Il faut évidemment prendre exemple sur lui et faire tout pareil. L'avenir du roman français et plus généralement de son rayonnement à l'international reposent dans cette capacité à sortir de l'obscurantisme éditorial pour embrasser la modernité. Comme l'écrit Musso dans son dernier et sinistre opus (on peut être un vendeur moderne et vendre de la m***, ne l'oubliez jamais, si d'aventure les éditeurs français se décidaient à jouer le jeu), "Dépêchez-vous de vivre, dépêchez-vous d'aimer. Nous croyons toujours avoir le temps, mais ce n'est pas vrai. Un jour nous prenons conscience que nous avons franchi le point de non-retour, ce moment où l'on ne peut plus revenir en arrière. Ce moment où l'on se rend compte qu'on a laissé passer sa chance.." Ceux qui aiment Musso aiment-ils Marc Lévy, de la même façon ? Peut-on aimer un écrivain pour son physique comme on aimerait M Pokora ? Il faut lire Guillaume Musso parce qu'il fait partie des écrivains qui réussissent à remplir une page avec le plus petit nombre de mots au monde. Ses phrases sont si brèves qu'elles ressemblent à des éternuements, ses dialogues sont si courts qu'ils ressemblent à des tirades absurdes de Beckett. Ses situations sont si simples qu'elles ressemblent aux images mentales qui vous montaient au cerveau, lorsque vous étiez en Terminale, et essayez de vous représenter la différence entre le concept et la chose.... Quel rapport avec ce qu'on vient de dire ? Aucun évidemment et c'est ce qui est bien."C'est la rencontre improbable..." http://www.guillaumemusso.com/ (site qui vaut le détour) Si tu lis ça, je couche pasLe Libé daté d'hier a soulevé une question amusante, et qui peut aussi, si on est vraiment sensible, s'avérer assez épineuse. Peut-on coucher avec quelqu'un dont les goûts littéraires laissent à désirer ? C'est la Sunday Book Review du New York Times qui a d'abord consacré une page entière au sujet, dans un article titré «It's not you, it's your books», et signé Rachel Donadio. Le truc aurait pu tout aussi bien venir de l'agaçante Carrie Bradshaw de Sex and the City. Un peu de vocabulaire : le literary dealbreaker est donc une "rupture pour cause littéraire". Si ce motif peut paraître complètement futile, il n'est pas si aberrant que ça. Au contraire, il renvoie plus généralement au problème de savoir si deux personnes aux goûts culturels complètement opposés peuvent être amoureusement compatibles. Agnès Jaoui en avait fait le moteur de son film Le Goût des autres, avec Bacri en chef d'entreprise pas très branché culture.L'auteur de l'article de Libé, Edouard Launet, a surtout relevé les réactions des lecteurs du NY Times. D'un côté, il y a ceux qui n'ont pas compris que la question vaut seulement pour un happy few, vivant principalement dans "le sud de Manhattan ou quelques arrondissements centraux de Paris", et qu'elle peut bien évidemment être considérée comme une grosse blague. Ceux-là s'insurgent contre l'intolérance d'un partenaire qui vous préférerait plutôt en passionné(e) de Proust que de Danielle Steel (oui, là on fait dans l'extrême). Ensuite, il y a ceux qui classent assez catégoriquement certains ouvrages comme potentielles causes littéraires de rupture. Trio vainqueur : le Da Vinci Code de Dan Brown, L'alchimiste de Paulo Coelho et Les Cerfs-volants de Kaboul de Khaled Hosseini. Enfin, une autre école, à laquelle Edouard Launet n'adhère pas du tout, qui voudrait, en gros, que "les filles qui aiment James Joyce ne sont pas nécessairement super au lit". C'est vrai qu'il faut, d'abord, en trouver assez pour pouvoir comparer. Jean-Luc Delarue dirait : "si vous avez déjà rompu avec un partenaire en raison de ses goûts littéraires, ou si vous choisissez vos partenaires en fonction de ses goûts littéraires, venez témoigner."
Lire l'article d'Edouard Launet : "Rupture littéraire, on achève bien d'imprimer" dans Libération Cartographie des goûts littéraires : du nul au sublime
Possible qu'on ait déjà mentionné ce site par le passé, mais sans doute pas pour dire la même chose, alors, comme deux fois valent mieux qu'une seule, on ne saurait trop conseiller d'aller y refaire un tour. L'interface n'est pas des plus élaborées mais le site literature-map permet en tapant le nom d'un auteur de voir instantanément la liste des auteurs proximes ou proches par l'ambiance, le style, les thèmes, l'époque, l'esprit, et qu'il est possible de lire à leur tour.
Les lecteurs, dont je suis, qui travaillent par cercles concentriques autour d'obsessions individuelles (découverte d'un livre sur un thème donné, une accroche = découverte d'un auteur = épuisement de tous les livres de cet auteur puis retour et passage à un autre auteur) apprécieront le procédé qui permet, à peu de frais (bien que d'une façon assez robotique) de sauter d'un auteur à l'autre et donc d'alimenter la machine compulsive. La typologie des parcours de lecture est presque aussi variée que les lecteurs eux-mêmes mais ne doit pas dissimuler que nous avons tous un profil opératoire bien défini qui n'est que rarement le fruit du hasard.
Presque autant que ce qu'on lit, la manière dont on vient aux livres est révélatrice de ce qu'on y cherche. Il y a les lecteurs qui musardent et picorent du livre au hasard des découvertes, ceux qui travaillent sur les quatrièmes de couvertures, selon la couleur de la jaquette, qui aiment telle ou telle maison d'édition, les lecteurs qui suivent les magazines ou qui relèvent d'un groupe ou d'une école de lecture (les blogs de filles, fluctuat, le cercle des vierges disparues, le club des lecteurs nerd, les gothiques...), ceux qui ont une démarche scientifique, une orientation exclusive, une approche par genre, ceux qui ont des tendances pantagruéliques (tout lire, tout connaître) mais aucun qui fait n'importe quoi.
De là à dire qu'on lit comme on vit, et qu'on pourrait tirer quelque chose de votre spectographie de lecteur (quels livres ?, combien ?) et inventer une science concurrente ou complémentaire de la psychanalyse, il n'y a qu'un pas qu'on ne franchira pas aujourd'hui. Les études sociologiques dont on peut lire de temps en temps les conclusions (que lisent les français ?) restent jusqu'ici à la surface des choses et sont commandées pour la plupart à des fins économiques (le rapport livre/journal, le rapport essais/romans/documents). Quelqu'un qui voudrait s'amuser pourrait dresser une étude clinique des liens entre la personnalité et les choix de lecture qui, sans nul doute, nous apprendrait des choses. On pourrait ainsi "profiler" les lecteurs comme on "profile" des serial killers, et pourquoi pas détecter les seconds d'après les premiers, dès le plus jeune âge (ça ne vous rappelle rien?). Ambitieux ou idiot ? A vous de voir... Les étudiants en lettres pourraient en faire un beau thème de recherche à mi-chemin entre les neurosciences et la littérature.
En attendant, la carte du tendre livre fonctionne pour le meilleur (tapez Burroughs par exemple, Bukowski ou Zola) et pour le pire (tapez Marc Levy, tapez Beigbeder et vous constaterez qu'ils sont presque les pires auteurs des orbites dont ils composent le centre). Vous constaterez ainsi, ce qu'on savait depuis longtemps, que souvent le nul cotoye le sublime, que, dans un périmètre de proximité, et autour de lignes communes, un bon écrivain peut virer au nul et un tocard au génie. William Gibson présente Spook CountryIl en est aujourd'hui des livres comme des films. Ils ont leurs trailers, leurs bandes annonces, leur making off, bientôt leurs illustrations qui seront vendues à part dans les librairie avec la mention sur la couverture : "cet ouvrage comporte des photos, en vente séparément, renseignez vous auprès de notre personnel pour les acquérir". Une idée que William Gibson a déjà fait sienne avec son dernier roman Spook Contry (ainsi que mes amis du Cafard Cosmique l'ont rapidement noté) puisque des rues, des places, bref, des lieux du livre sont bien évidemment disponible sur internet par le biais de google map, streetwiew and so on. On apprend beaucoup de chose dans cet interview et sa présentation, pour ce que j'en sais, est véritablement révolutionnaire puisqu'on a droit ici à un véritable petit film. Ceci étant, il ne s'agit bien sûr que du sommet de l'iceberg médiatique qui se met en place autour de Spook Contry. La preuve, quelques jours plus tard, il était en conférence lecture sur Second Life. Et preuve que nous sommes bien dans le domaine de la science-fiction, quand il répond, Gibson n'ouvre pas la bouche... Naturellement, je ne saurais trop vous conseiller de suivre le lien du Cafard, vous aurez droit à la liste non-exhaustive des interviews/reviews de l'auteur et de son oeuvre sur le net (et oui, les cafards sont bien utiles parfois... ce post leurs est tout naturellement dédié) Transfuge, dernière transfusion
Les fantômes traquent les gratuits La scène se joue maintenant un matin sur deux, lorsque le livreur du gratuit "20 minutes" accuse quelques minutes de retard (8H05 au lieu de 8H00) dans le déballage et la mise en exposition des nouvelles du jour. Dans le hall de la gare Montparnasse, où je débarque, cent à cent cinquante personnes se tiennent à l'arrêt pendant 5 ou 10 minutes, figées et suspendues devant l'entrée de la porte Océane, se pressent les uns contre les autres, attendent sans parler, les bras le long du corps, le regard fixé, hypnotique, anxieux et avide sur la camionnette et le déchargement des pallettes. Lorsque les journaux arrivent enfin, une pagaille sinistre s'en suit où des gens, comme vous et moi, normaux et sans histoire, se jettent sur les piles de gratuits, en arrachant deux ou dix avant de les redéposer plus loin, sur une poubelle, un muret ou une rampe d'escalier. Il y a dans ces scènes nouvelles (on les connaissait sur le parvis d'une façon plus dynamique lorsque des hôtesses distribuaient des échantillons de yaourts ou de pizzas), un côté glaçant et inquiétant. Ce n'est pas tant l'objet de convoitise qui dérange (les journaux traditionnels sont morts maintenant, c'est une certitude, et Libération peut bien nous tartiner 2 pages chaque jour sur sa survie, les dés sont jetés) que ce paysage de fous dans lequel nous vivons. Les corps des hommes contemporains sans âme sont suspendus à ces offrandes comme casques et vêtements à leurs crochets dans la Salle des Pendus. Le fait que notre devenir-fantôme s'exprime pour la possession d'un objet d'ouverture et d'information est encore plus inquiétant.Dans cette immobilisation physique et verbale de la foule, c'est le monde qui s'arrête de vivre, dans l'attente de recevoir des nouvelles de lui-même. En cela, il se donne pour ce qu'il est : un Spectre-Monde fasciné par son reflet.
Telerama dans l'air du temps![]() Mercredi sort en kiosque, la nouvelle formule du plus cultivé des magazines télé. Soucieux de renforcer l'aspect communautaire, les dirigeants du journal ont eu l'idée de reprendre des phrases du courrier des lecteurs pour leur campagne. Et d'être un peu plus virulent dans l'accroche : "nous sommes durs, vous êtes pires", assure le magazine à ses lecteurs. L'affiche ci-dessus est la plus controversée, la régie Metrobus (groupe Publicis) ayant refusé de l'afficher. A part ça ? Et bien le nouveau -et très classe- blog télé de Flu est en ligne. "Nous sommes généreux, vous n'êtes pas mal non plus". La fin d'une époquePosté par Easywriter le 14.09.06 à 16:17 | tags : média
![]() "Je vous ai oublié, je suis tombé dans un coma journalistique atroce qui, en multipliant mes points de vue, m'a fait oublié le seul, le vrai, le mien. Ce tunnel me voit dévorer tout ce que je vois, ce que je peux lire. Je suis devenu glouton. J'ai gagné cette capacité à accumuler, mais je ne ressens plus le gout de ce que j'ingurgite. Je lis, je vois, je pense, j'examine, je partage, je regarde mais jamais plus je ne réagis, je n'explose, je ne m'engage. (...)J'ai cru me voir évoluer, sans réaliser que je m'enterrais six pieds sous terre. J'ai cru me cultiver, sans voir que je ne faisais qu'entretenir cette illusion qui me conforte. J'ai cru m'informer, sans m'apercevoir que je ne m'accrochais finalement qu'à un modèle que je croyais combattre. Aujourd'hui j'ai retrouvé la mémoire, mais il est trop tard, je n'ai rien fait, je n'ai rien vu. A force d'y croire, j'ai fini par donner vie à mes peurs : les autres ont gagné" Réflexion d'une lectrice sur le site de Libération qui propose une discussion autour de sa survie...
Jim Harrison cause dans le poste Voilà un rendez-vous qui nous met l'eau à la bouche : Jim Harrison, jouisseur patenté et amateur de bonnes chères s'il en est, s'invite sur France Culture, toute la semaine prochaine dans A voix nue. La rencontre avec le poète des grand espaces étant réalisée par l'impeccable Clémence Boulouque, cette série est à écouter et conserver précieusement. 17:02 - 17:27 A Voix nue. Du lundi 03 au vendredi 06 sur France Culture. Serge July : Citizen Fake Drôle d'hommage, comme gêné aux entournures, dans Libération du jour. Dans son edito, le vieux Serge adopte une position christique - je quitte Libération pour que Libération vive - mais après tout le journal a 33 ans.Un papier de Sorj Chalandon, l'une des dernières figures historiques encore en poste, empreint d'une émotion qui se voudrait maitrisée mais qui se révèle emphatique - après tout Libé en fait souvent trop. Des invités à témoigner au profil socio-politique suspect et dont la carrière se conjugue à l'imparfait : Nicole Notat, Daniel Cohn-Bendit, Harlem Désir - mais après tout Libé est le porte-parole de la gauche eighties et convertie aux valeurs du marché. Alors que le quotidien revisite sa pureté originelle, sa philosophie éditoriale révolutionnaire, le pétillant cahier Tentations invite le directeur artistique de Balanciaga. Plus drôle : c'est le jour que choisit Villepin pour y publier une tribune. Le plus parlant reste cette image de Une ( qui n'est pas l'illustration ci-contre). Celle d'un type tout seul - comme sur quasiment toutes les photos parues récemment. On jurerait qu'il est au fond de son confortable loft , juste à côté de sa machine à laver ( en réalité la salle du hublot où ont lieu les conférences de rédaction). Un capitaine d'industrie qui va avoir droit à son portrait en dernière page de Libération. Décidément, ils sont forts en photos à Libé. Sur le forum : Que va faire Serge July ? Salut l'artiste![]() C'est un type dont aura du mal à faire l'éloge. Un homme de presse aujourd'hui certes isolé, et à peine soutenu à demi-mots par une rédaction dont la timidité égale le déboussolement. Bien sûr le journal qu'il dirige ne vivait plus que sur sa réputation, une histoire symbolique chargée mais qui appartient aujourd'hui au folklore. Finalement , l'actionnaire majoritaire du titre aura eu sa peau, pour des motifs économiques assurent les uns, des désaccords plus politiques estiment les autres. Surement les deux, est -on tenté de penser. L'indignation n'est pas de mise, encore une fois nous ne regretterons pas vraiment ce type. Mais bon, la solidarité contrafernelle ça existe. Alors, bon vent, Alain Génestar. Bien jouer au foot, mode d'emploi On avait dit tout le bien qu'on pensait du livre de François Bégaudeau, jouer juste. La pièce qu'en avait tiré Isabelle Duprez (illus.) nous avait un peu moins emballé malgré quelques moments héroïques. Le théâtre n'avait malheureusement pas grand-chose à apporter à un texte qui se donne surtout dans sa musicalité et son propos mais autorise peu de jeu de scène. Sur Flu : entretien avec François Bégaudeau à l'occasion de la parution de jouer juste. Faut-il vraiment sauver la presse ?Posté par Easywriter le 28.06.06 à 12:21 | tags : média
On a beau dire ce qu'on veut, essayer d'expliquer que l'arrivée d'un nouveau média n'a jamais tué les autres (mais aucun jusqu'à internet n'utilisait les méthodes de ces prédecesseurs), en réalité tout le monde sait que la presse écrite pourrait disparaître. En 2005, même la presse magazine, dont la France est grande consommatrice, a vu sa diffusion chuter. Sur un plan citoyen, seule la disparition des journaux d'information, financés au moins en partie par leur lectorat , est un problème. La secrétaire nationale à la culture et aux medias du PS , Anne Hidalgo, signe à ce propos une tribune dans Les Inrockuptibles . Outre les vieilles rengaines sur l'éducation aux medias à l'école ou les mesures anti-concentration (détention de parts de marché, monopole sur un territoire donné...) Hidalgo propose "de faire entrer des représentants des partenaires sociaux et des citoyens dans les conseils d'administration des medias". Elle affirme également la nécessité d'un certain interventionisme des pouvoirs publics et prone par exemple de nouvelles aides à la presse indépendante. Le problème reste que l'indépendance capitalistique d'un journal ne garantit en rien la liberté éditoriale si ses ressources ne viennent que de la publicité. (Libération n'est pas plus indépendant de ses annonceurs que n'importe quel titre piloté par un marchand de missiles). Comment équilibrer le financemement des journaux ? Anne Hidalgo imagine de nouvelles ressources comme des dispositifs fiscaux pour les lecteurs qui voudraient investir dans un titre ou la taxation des fournisseurs d'accès internet. Voilà qui pose d'autres questions : Faut-il maintenir sous perfusion des titres que personne ne lit ? Finalement, maintenir malgré tout des journaux au nom de la diversité sans que cela ne fasse echo dans les pratiques citoyennes rejoint la définition du folklore. Et qu'Hidalgo prenne pour modèle la gestion de la culture pour justifier l' interventionnisme des pouvoirs publics n'est effectivement pas un hasard. Sur fond de crise à Libération, la prochaine présidentielle sera peut-être l'occasion de débattre du modèle économique de la presse. Mais il y a derrière tout cela un constat qu'aucun élu ou journaliste ne veut regarder de trop près : les medias ne garantissent plus en rien la vitalité du débat public et n'influencent plus grand-monde comme on l'a vu lors des derniers rendez-vous politiques comme le referendum. Tout cela n'est peut-être que de la pose :Si Libé avait le quart des lecteurs qui affirment aujourd'hui la nécessité de sa survie, le journal n'aurait pas de problèmes. Non ? Comic Box 6 : la pub
Clearsteam : Villepin poursuit des journalistes Le Premier Ministre va poursuivre Denis Robert, Jean-Marie Pontaut et Gilles Gaetner pour diffamation. Ces deux derniers, journalistes à l'Express, l'accusent d'avoir menti cinq fois sur son véritable rôle dans l'affaire Clearstream.Dans Clearstream l'enquête, dont la publication a été repoussée sur décision judiciaire, Denis Robert parle lui d'une note signée "DDV" retrouvée dans la mémoire de l'ordinateur de Jean-Louis Gergorin et qui explique les mécanismes financiers de la chambre de compensation financière. "Je ne fais qu'énoncer des faits et tout ce que j'avance sera facilement démontrable devant un tribunal", a expliqué l'auteur, qui n'a pas l'air de craindre un procès. De fait, il est assez étonnant de voir le premier ministre se lancer dans une bataille juridique alors qu'un procès en correctionnel pourrait lui faire beaucoup de tort, si les révélations faites par des quotidiens comme Le Monde s'avèrent fondées. Clearstream, l'enquête. Denis Robert. Editions les Arènes. Réglement de comptes pour l'Elysée, Jean-Marie Pontaut et Gilles Gaetner. oh Editions. Nous sommes tous des Serge JulyPosté par Easywriter le 13.06.06 à 14:12 | tags : média
François De Closets : poujadisme, démagogie et plus encore
Qu'est-ce qui va pas avec Shanghaï express? C'est l'histoire d'un magazine de polar qui décide de se lancer dans l'aventure des kiosques.Avec Shanghai Express, les polardeux ont enfin à leur disposition une revue maniable et colorée qui mixe avec une grande intelligence critique, interviews, nouvelles et feuilletons. Les auteurs reconnus (Yasmina Khadra, Jean-Bernard Pouy) côtoient les valeurs montantes du polar (c'est pas pour nous la ramener mais on aime bien Sébastien D. Gendron, par exemple). Notons que le pari plutôt courageux de Shanghaï, n'est pas évident à tenir. Vous voulez soutenir cette initiative de qualité prenant racine autour d'un genre populaire ? Trouvez le numéro 4 en kiosque, ou déplacez vous sur leur site afin de commander les numéros précédents. Les journalistes anglais boycottent Yahoo Le syndicat anglais des journalistes (NUJ) appelle ses 40 000 membres à boycotter Yahoo. Dans une lettre adressé au siège européen du moteur de recherche, le NUJ estime insupportable la collaboration de Yahoo avec les autorités chinoises. Yahoo avait permis à Pékin d'identifier des journalistes qui parlaient de démocratie sur des forums. La campagne est activement soutenu par le vénérable Guardian et plusieurs célébrités.But de Yahoo : ne pas se faire évincer d'un marché qui promet de beaux horizons de croissance exponentielle. Mais la firme n'est pas la seule à ne pas considérer la liberté d'expression comm un outil marketing performant : son concurrent Google avait expurgé son site chinois des images de la répression des manifestations étudiantes de Tien-An-Men. La misère du journalisme vue par les chiens Deux gamins ont été mordus sévèrement, à quelques jours d'intervalle, par des chiens. Je me demande pourquoi ces faits divers sont relayés la plupart du temps par les journaux nationaux, étant entendu qu'ils n'ont aucune espèce d'intérêt : on se doute bien qu'avec 7 ou 8 millions d'animaux dans le pays, il doit arriver (statistiquement) assez souvent qu'un chien pète un cable et se jette sur un mulot. Ce qui gêne sur cette double information, c'est son traitement. J'ai l'habitude de regarder le journal de France 2, et j'ai été séché par 2 choses : lors de la première affaire, au journal de 13H, il a été dit que le chien ayant attaqué le gamin était un chien de "type pit-bull" alors que ce n'était pas le cas. J'ai mis l'erreur sur une méprise technique. La photo du clebs faisait plutôt penser à un boxer. Lors du second événément (dimanche), la journaliste a franchi, me semble-t-il, une ligne qui révèle ses intentions. 150 romans étrangers vus par Transfuge![]() Il faudra qu'on pense à faire payer les encarts publicitaires que la revue Transfuge occupe dans ces colonnes. Car, as usual, son numéro hors-série "150 romans étrangers vus par" est une belle réussite. Les Vingt-huit écrivains ou critiques qui s'adonnent à l'exercice, le font souvent de manière très subjective et sensible. Et donc on adore -même si Julliard casse un peu l'ambiance avec son texte ampoulé et psychorigide sur Philip Roth. On préfère donc largement la chronique de l'excellente Nina Bouraoui sur le non moins excellent Scott Heim, Richard Morgiève à propos de Cormac Mac Carthy et -au risque de se faire descendre par une bonne partie de notre lectorat - celui de Frederic Beigbeder sur Herman Hesse. Transfuge hors-série n°1, en kiosque, 5,5 € . L'histoire secrète d'Endemol "Quand l'avion commence à prendre de la vitesse sur la piste, tous les participants du dîner sentent que les choses ne vont pas en rester là. Qu'ils goûtent en somme un forme d'entracte. Et de fait, très vite, cette matinée, qui restera historique dans la légende de l'audiovisuel français, va prendre l'allure étrange d'un jeu de billard à six bandes. Qui fera - forcément - des victimes." Mais qui, mais quoi mais qu'est-ce?!! Benoît Delmas et Véronique Richebois narrent l'histoire secrète de la plus grosse boîte à fabriquer du temps de cerveau disponible en Europe : Endemol. Désormais assise sur deux milliards d'euros de capitalisation boursière, la société d'Arthur et Stéphane Courbit a réussi sa résistible ascension grâce à un cocktail de connexions politiques, de mainmise sur les entreprises clefs, de culte du résultat et bien sûr d' imagination perverse. Brrrr...L'histoire secrète d'Endemol par Benoît Delmas et Véronique Richebois. Flammarion L'édition en Lignes de mire La revue Lignes, dont la qualité de propos est inversement proportionnelle à celle de sa maquette , se penche sur l'édition. Evidemment ça va mal, l'édition va mal, la librairie va mal... Mais la revue ouvre une focale généralement peu utilisée sur les livres de création, ceux qui constitueront le fonds de demain. Une vision combative donc et bienvenue dans la sinistrose ambiante. Parmi moult contributions, notons celle de Valérie Martin qui explique dans "la librairie est un sport de combat" que les libraires doivent récupérer l'exercice de leur métier (liberté d'achat, choix éditoriaux) face aux éditeurs et celle de Yves pagès qui compte sur la génération "Intellos précaires" (c'est nous les amis) pour prendre la relève des diplômés d'Ecole de commerce recrutés par les grands éditeurs. Pour connaître la suite, achetez Lignes, 17 €. Les medias et l'Empire " C'est pourquoi il est franchement ridicule d'affirmer que le patriotisme consiste à suivre aveuglément l'administration et non à dire la vérité. Les membres de l'administration Bush mentent comme des arracheurs de dents. Il y a eu beaucoup de reportages là-dessus. Chaque fois que Cheney ouvrait la bouche pour parler de la fausse réunion de Prague, des journaux publiaient des articles démentant qu'elle ait eu lieu, en citant des sources au sein de la CIA ou du FBI. Mais croyez-vous sincèrement que l'Américain moyen ira déchiffrer le quatrième paragraphe d'un article du Washington Post ? On en reparle avec eux, dès qu'on a un peu de temps entre deux enquêtes sur Google. Mediacontrol, de Kristina Borjesson. Editions les Arènes. Et pendant ce temps en France : lire le dossier Liberté d'informer |
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