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Quand les livres parlent des medias ou que les medias parlent de livre.

Mai 68 : les pavés sont ramollis

Posté par Céline le 01.05.08 à 11:30 | tags : web, média

Quarante plus tard, que signifie Mai 68 ? L'initiative du collectif Le Pavé en mousse (diffusée à plusieurs reprises par Marianne2) laisse sceptique. Même si elles partent d'un bon sentiment, les diverses opérations organisées restent isolées et tristouillettes.

 

 

Ils font ça pour rire. Et au fond, cette histoire d'anniversaire doit-elle vraiment être prise plus au sérieux ?

Comme le dit Hervé Hamon dans son entretien avec Fluctuat, "il ne s'agit pas de se moquer de mai 68". Ces "événements" ont marqué l'histoire, bouleversé les mentalités, marqué un tournant, etc... Seulement, la façon dont les écrivains, penseurs, politiques, médias, un peu tout le monde, choisissent de commémorer ce moment n'a-t-elle pas un côté cérémonieux qui entre en totale contradiction avec l'esprit mai 68 ?

Nous autres jeunes qui ne l'avons pas vécu, à notre tour d'être out, parce qu'on ne peut pas bien en parler, et pas autrement que comme d'un mythe révolu et digéré. En général, ceux qui l'ont fait, ils nous laissent plutôt imaginer que mai 68, c'était trop cool.

N'empêche qu'on est pas encore tout à fait au clair, là dessus. D'un côté il y a le président de la république qui annonce vouloir "liquider mai 68" (il veut liquider plein de trucs), et de l'autre, une avalanche d'ouvrages et de dossiers qui redonne à ce printemps un petit goût de révolution.

Flu prend le parti de participer à l'éboulement, et souffle quand même les bougies avec un dossier mai 68.


Guillaume Musso, agent du futur ? C'est celui qui le dit qui y est (4)

Posté par Myosotis le 21.04.08 à 10:44 | tags : média, elucubration, roman
 
"Acceptez enfin de vendre le livre comme une savonnette, un parfum ou de la lingerie fine et le marché s'éclairera comme une aube nouvelle." Ces paroles prophétiques prononcées par un éditeur imaginaire dans une nouvelle de Jack London dont j'ai oublié le titre (ça fait sérieux !) étaient prémonitoires des débats qui agitent (assez peu finalement) le monde de l'édition. Le livre est-il un produit comme un autre ? Faut-il le vendre au supermarché ? Bah oui, d'ailleurs on ne s'en prive pas. Peut-on imaginer d'en faire la publicité ou de lui consacrer, comme ici, une sorte de bande-annonce, de lancement ou de teaser ? Cette petite séquence proposée par Guillaume Musso (qui remplacera pour l'occasion Marc Levy, excusé..), est l'une des choses les plus intelligentes qu'il m'ait été donné de voir en provenance d'une maison d'édition française. Il faut bien avouer qu'en la matière, nous accusons encore une fois une bonne quinzaine d'années de retard sur les éditeurs anglo-saxons qui n'ont jamais eu ce questionnement de savoir si oui ou non pour vendre un ouvrage il fallait lui appliquer les techniques de... vente.
 
Cela fait un bail que ce genre de mini-films existent. Il suffit de se promener sur Youtube pour découvrir, un peu partout, des séquences parfois supervisées par l'auteur lui-même qui ne font honte à personne. Tapez Coupland, tapez Gibson, tapez Bret Easton Ellis et vous verrez ce dont il est question. La Vieille France moisie n'a pas adopté le dixième des techniques de stimulation mercatico-intellectuelle : sites dédiés, pseudo univers qui crédibilise le livre, conférence de lancement sur Second Life, confettis-extrait qui sont des découpes du livre disposées dans une assiette et permettent de le... goûter comme on goûterait un saucisson...
 
Heureusement pour nous, à défaut de nous faire basculer dans le futur de la littérature, Guillaume Musso, avec son physique de Sylvain Marconnet endimanché, ses faux airs de VRP de province, est là pour faire avancer l'histoire. Son dernier roman, Je reviens te chercher, porte bien son nom : sa main généreuse nous est tendue depuis une modernité dont nous devons pas avoir peur : site internet de niveau professionnel, lecture (ardue) du prologue de ce chef d'oeuvre en forme de livre virtuel (essayez donc de tourner les pages, p***), clip de lancement... Guillaume Musso est notre phare, notre lanterne. Son éditeur XO a tout compris et sait désormais que le marché du livre est un monde ultraconcurrentiel (je ne vous rappelle pas le nombre de livres qui sortent chaque mois - les petits imbéciles qui se plaignent des embouteillages le mercredi sur les écrans de cinéma n'ont jamais sorti un bouquin en septembre), où il n'y a de salut que dans la mise en place de franchises ou figures immédiatement identifiables par le consommateur (Nothomb, Houellebecq,...) ou par une logique poussée de différenciation produit.
 
Il faut évidemment prendre exemple sur lui et faire tout pareil. L'avenir du roman français et plus généralement de son rayonnement à l'international reposent dans cette capacité à sortir de l'obscurantisme éditorial pour embrasser la modernité. Comme l'écrit Musso dans son dernier et sinistre opus (on peut être un vendeur moderne et vendre de la m***, ne l'oubliez jamais, si d'aventure les éditeurs français se décidaient à jouer le jeu), "Dépêchez-vous de vivre, dépêchez-vous d'aimer. Nous croyons toujours avoir le temps, mais ce n'est pas vrai. Un jour nous prenons conscience que nous avons franchi le point de non-retour, ce moment où l'on ne peut plus revenir en arrière. Ce moment où l'on se rend compte qu'on a laissé passer sa chance.." Ceux qui aiment Musso aiment-ils Marc Lévy, de la même façon ? Peut-on aimer un écrivain pour son physique comme on aimerait M Pokora ?
 
Il faut lire Guillaume Musso parce qu'il fait partie des écrivains qui réussissent à remplir une page avec le plus petit nombre de mots au monde. Ses phrases sont si brèves qu'elles ressemblent à des éternuements, ses dialogues sont si courts qu'ils ressemblent à des tirades absurdes de Beckett. Ses situations sont si simples qu'elles ressemblent aux images mentales qui vous montaient au cerveau, lorsque vous étiez en Terminale, et essayez de vous représenter la différence entre le concept et la chose.... Quel rapport avec ce qu'on vient de dire ? Aucun évidemment et c'est ce qui est bien."C'est la rencontre improbable..."
 
http://www.guillaumemusso.com/ (site qui vaut le détour)

Si tu lis ça, je couche pas

Posté par Céline le 04.04.08 à 16:18 | tags : elucubration, média, sociologie
Le Libé daté d'hier a soulevé une question amusante, et qui peut aussi, si on est vraiment sensible, s'avérer assez épineuse. Peut-on coucher avec quelqu'un dont les goûts littéraires laissent à désirer ?
C'est la Sunday Book Review du New York Times qui a d'abord consacré une page entière au sujet, dans un article titré «It's not you, it's your books», et signé Rachel Donadio. Le truc aurait pu tout aussi bien venir de l'agaçante Carrie Bradshaw de Sex and the City.

Un peu de vocabulaire : le literary dealbreaker est donc une "rupture pour cause littéraire". Si ce motif peut paraître complètement futile, il n'est pas si aberrant que ça. Au contraire, il renvoie plus généralement au problème de savoir si deux personnes aux goûts culturels complètement opposés peuvent être amoureusement compatibles. Agnès Jaoui en avait fait le moteur de son film Le Goût des autres, avec Bacri en chef d'entreprise pas très branché culture.

L'auteur de l'article de Libé, Edouard Launet, a surtout relevé les réactions des lecteurs du NY Times.

D'un côté, il y a ceux qui n'ont pas compris que la question vaut seulement pour un happy few, vivant principalement dans "le sud de Manhattan ou quelques arrondissements centraux de Paris", et qu'elle peut bien évidemment être considérée comme une grosse blague. Ceux-là s'insurgent contre l'intolérance d'un partenaire qui vous préférerait plutôt en passionné(e) de Proust que de Danielle Steel (oui, là on fait dans l'extrême).

Ensuite, il y a ceux qui classent assez catégoriquement certains ouvrages comme potentielles causes littéraires de rupture. Trio vainqueur : le Da Vinci Code de Dan Brown, L'alchimiste de Paulo Coelho et Les Cerfs-volants de Kaboul de Khaled Hosseini.

Enfin, une autre école, à laquelle Edouard Launet n'adhère pas du tout, qui voudrait, en gros, que "les filles qui aiment James Joyce ne sont pas nécessairement super au lit". C'est vrai qu'il faut, d'abord, en trouver assez pour pouvoir comparer.

Jean-Luc Delarue dirait : "si vous avez déjà rompu avec un partenaire en raison de ses goûts littéraires, ou si vous choisissez vos partenaires en fonction de ses goûts littéraires, venez témoigner."
(pardon, ceci est un dérapage).

 

Lire l'article d'Edouard Launet : "Rupture littéraire, on achève bien d'imprimer" dans Libération

Lire l'article de Rachel Donadio : "It's Not You, It's Your Books" dans le New York Times.


Cartographie des goûts littéraires : du nul au sublime

Posté par Myosotis le 03.04.08 à 10:00 | tags : média, elucubration

Possible qu'on ait déjà mentionné ce site par le passé, mais sans doute pas pour dire la même chose, alors, comme deux fois valent mieux qu'une seule, on ne saurait trop conseiller d'aller y refaire un tour. L'interface n'est pas des plus élaborées mais le site literature-map permet en tapant le nom d'un auteur de voir instantanément la liste des auteurs proximes ou proches par l'ambiance, le style, les thèmes, l'époque, l'esprit, et qu'il est possible de lire à leur tour.

 

Les lecteurs, dont je suis, qui travaillent par cercles concentriques autour d'obsessions individuelles (découverte d'un livre sur un thème donné, une accroche = découverte d'un auteur = épuisement de tous les livres de cet auteur puis retour et passage à un autre auteur) apprécieront le procédé qui permet, à peu de frais (bien que d'une façon assez robotique) de sauter d'un auteur à l'autre et donc d'alimenter la machine compulsive. La typologie des parcours de lecture est presque aussi variée que les lecteurs eux-mêmes mais ne doit pas dissimuler que nous avons tous un profil opératoire bien défini qui n'est que rarement le fruit du hasard.

 

Presque autant que ce qu'on lit, la manière dont on vient aux livres est révélatrice de ce qu'on y cherche. Il y a les lecteurs qui musardent et picorent du livre au hasard des découvertes, ceux qui travaillent sur les quatrièmes de couvertures, selon la couleur de la jaquette, qui aiment telle ou telle maison d'édition, les lecteurs qui suivent les magazines ou qui relèvent d'un groupe ou d'une école de lecture (les blogs de filles, fluctuat, le cercle des vierges disparues, le club des lecteurs nerd, les gothiques...), ceux qui ont une démarche scientifique, une orientation exclusive, une approche par genre, ceux qui ont des tendances pantagruéliques (tout lire, tout connaître) mais aucun qui fait n'importe quoi.

 

De là à dire qu'on lit comme on vit, et qu'on pourrait tirer quelque chose de votre spectographie de lecteur (quels livres ?, combien ?) et inventer une science concurrente ou complémentaire de la psychanalyse, il n'y a qu'un pas qu'on ne franchira pas aujourd'hui. Les études sociologiques dont on peut lire de temps en temps les conclusions (que lisent les français ?) restent jusqu'ici à la surface des choses et sont commandées pour la plupart à des fins économiques (le rapport livre/journal, le rapport essais/romans/documents).

Quelqu'un qui voudrait s'amuser pourrait dresser une étude clinique des liens entre la personnalité et les choix de lecture qui, sans nul doute, nous apprendrait des choses. On pourrait ainsi "profiler" les lecteurs comme on "profile" des serial killers, et pourquoi pas détecter les seconds d'après les premiers, dès le plus jeune âge (ça ne vous rappelle rien?). Ambitieux ou idiot ? A vous de voir... Les étudiants en lettres pourraient en faire un beau thème de recherche à mi-chemin entre les neurosciences et la littérature.

 

En attendant, la carte du tendre livre fonctionne pour le meilleur (tapez Burroughs par exemple, Bukowski ou Zola) et pour le pire (tapez Marc Levy, tapez Beigbeder et vous constaterez qu'ils sont presque les pires auteurs des orbites dont ils composent le centre). Vous constaterez ainsi, ce qu'on savait depuis longtemps, que souvent le nul cotoye le sublime, que, dans un périmètre de proximité, et autour de lignes communes, un bon écrivain peut virer au nul et un tocard au génie.

http://www.literature-map.com/


William Gibson présente Spook Country

Posté par Maxence le 09.08.07 à 10:52 | tags : vo, média, science-fiction, web
Il en est aujourd'hui des livres comme des films. Ils ont leurs trailers, leurs bandes annonces, leur making off, bientôt leurs illustrations qui seront vendues à part dans les librairie avec la mention sur la couverture : "cet ouvrage comporte des photos, en vente séparément, renseignez vous auprès de notre personnel pour les acquérir".
Une idée que William Gibson a déjà fait sienne avec son dernier roman Spook Contry (ainsi que mes amis du Cafard Cosmique l'ont rapidement noté) puisque des rues, des places, bref, des lieux du livre sont bien évidemment disponible sur internet par le biais de google map, streetwiew and so on. On apprend beaucoup de chose dans cet interview et sa présentation, pour ce que j'en sais, est véritablement révolutionnaire puisqu'on a droit ici à un véritable petit film. Ceci étant, il ne s'agit bien sûr que du sommet de l'iceberg médiatique qui se met en place autour de Spook Contry. La preuve, quelques jours plus tard, il était en conférence lecture sur Second Life. Et preuve que nous sommes bien dans le domaine de la science-fiction, quand il répond, Gibson n'ouvre pas la bouche...

Naturellement, je ne saurais trop vous conseiller de suivre le lien du Cafard, vous aurez droit à la liste non-exhaustive des interviews/reviews de l'auteur et de son oeuvre sur le net (et oui, les cafards sont bien utiles parfois... ce post leurs est tout naturellement dédié)

Transfuge, dernière transfusion

Posté par Maxence le 14.11.06 à 17:26 | tags : revue, média, news

Décidément, il est dit que nous ne tarirons pas d’éloges sur nos confrères du magazine Transfuge (Le magazine de la littérature étrangère) qui nous livre encore une fois avec ce numéro 13, un parfait exemple de ce que pourrait être depuis longtemps la presse littéraire en France. Jugez plutôt, au sommaire de ce dernier numéro : Un dossier Philip K Dick très complet (de la science-fiction dans un mag littéraire, incroyable !) dont deux textes inédits : un de Jonathan Lethem (joie!) et un de Maurice Dantec, une interview fleuve de Ian McEwan ("Tous ces gens sûrs d'eux même face à la complexité du monde me dérangent."), une autre belle interview de Nick Cohn, le généalogiste de la culture pop, pas loin, une longue chronique de Can't Stop, Won't Stop, l'excellent livre somme sur l'histoire de la génération hip hop de Jeff Chang, sans oublier un beau papier sur le polar américain des origines (1920 - 1960) et les évocations de Ken Bruen (un géant de la littérature irlandaise encore trop peu connu, et sur lequel on reviendra…), John Irving, Rick Moody, Joyce Carol Oates, j'en oubli… Que dire, sinon : "Ruez vous dessus !"

 

 


Les fantômes traquent les gratuits

Posté par Myosotis le 29.09.06 à 10:49 | tags : média, elucubration
La scène se joue maintenant un matin sur deux, lorsque le livreur du gratuit "20 minutes" accuse quelques minutes de retard (8H05 au lieu de 8H00) dans le déballage et la mise en exposition des nouvelles du jour. Dans le hall de la gare Montparnasse, où je débarque, cent à cent cinquante personnes se tiennent à l'arrêt pendant 5 ou 10 minutes, figées et suspendues devant l'entrée de la porte Océane, se pressent les uns contre les autres, attendent sans parler, les bras le long du corps, le regard fixé, hypnotique, anxieux et avide sur la camionnette et le déchargement des pallettes.
Lorsque les journaux arrivent enfin, une pagaille sinistre s'en suit où des gens, comme vous et moi, normaux et sans histoire, se jettent sur les piles de gratuits, en arrachant deux ou dix avant de les redéposer plus loin, sur une poubelle, un muret ou une rampe d'escalier. Il y a dans ces scènes nouvelles (on les connaissait sur le parvis d'une façon plus dynamique lorsque des hôtesses distribuaient des échantillons de yaourts ou de pizzas), un côté glaçant et inquiétant.
Ce n'est pas tant l'objet de convoitise qui dérange (les journaux traditionnels sont morts maintenant, c'est une certitude, et Libération peut bien nous tartiner 2 pages chaque jour sur sa survie, les dés sont jetés) que ce paysage de fous dans lequel nous vivons. Les corps des hommes contemporains sans âme sont suspendus à ces offrandes comme casques et vêtements à leurs crochets dans la Salle des Pendus. Le fait que notre devenir-fantôme s'exprime pour la possession d'un objet d'ouverture et d'information est encore plus inquiétant.Dans cette immobilisation physique et verbale de la foule, c'est le monde qui s'arrête de vivre, dans l'attente de recevoir des nouvelles de lui-même. En cela, il se donne pour ce qu'il est : un Spectre-Monde fasciné par son reflet.    

 


Telerama dans l'air du temps

Posté par Easywriter le 25.09.06 à 14:59 | tags : média, news

Mercredi sort en kiosque, la nouvelle formule du plus cultivé des magazines télé. Soucieux de renforcer l'aspect communautaire, les dirigeants du journal ont eu l'idée de reprendre des phrases du courrier des lecteurs pour leur campagne. Et d'être un peu plus virulent dans l'accroche : "nous sommes durs, vous êtes pires", assure le magazine à ses lecteurs. L'affiche ci-dessus est la plus controversée, la régie Metrobus (groupe Publicis) ayant refusé de l'afficher.
A part ça ? Et bien le nouveau -et très classe- blog télé de Flu est en ligne. "Nous sommes généreux, vous n'êtes pas mal non plus".

La fin d'une époque

Posté par Easywriter le 14.09.06 à 16:17 | tags : média

 "Je vous ai oublié, je suis tombé dans un coma journalistique atroce qui, en multipliant mes points de vue, m'a fait oublié le seul, le vrai, le mien. Ce tunnel me voit dévorer tout ce que je vois, ce que je peux lire. Je suis devenu glouton. J'ai gagné cette capacité à accumuler, mais je ne ressens plus le gout de ce que j'ingurgite. Je lis, je vois, je pense, j'examine, je partage, je regarde mais jamais plus je ne réagis, je n'explose, je ne m'engage. (...)J'ai cru me voir évoluer, sans réaliser que je m'enterrais six pieds sous terre. J'ai cru me cultiver, sans voir que je ne faisais qu'entretenir cette illusion qui me conforte. J'ai cru m'informer, sans m'apercevoir que je ne m'accrochais finalement qu'à un modèle que je croyais combattre. Aujourd'hui j'ai retrouvé la mémoire, mais il est trop tard, je n'ai rien fait, je n'ai rien vu. A force d'y croire, j'ai fini par donner vie à mes peurs : les autres ont gagné"
Réflexion d'une lectrice sur le site de Libération qui propose une discussion autour de sa survie...

Jim Harrison cause dans le poste

Posté par Easywriter le 01.07.06 à 10:00 | tags : média, news

Voilà un rendez-vous qui nous met l'eau à la bouche :   Jim Harrison, jouisseur patenté et amateur de bonnes chères s'il en est, s'invite sur France Culture, toute la semaine prochaine dans A voix nue. La rencontre avec le poète des grand espaces étant réalisée par l'impeccable Clémence Boulouque, cette série est à écouter et conserver précieusement.
Jim Harrison commença d'ailleurs par écrire de la poésie expérimentale, ce qui prouve que Carver n'avait pas tort quand il disait que la plupart des romanciers américains étaient des poètes ratés.
L'auteur de Dalva reviendra également sur son enfance dans le Michigan, sa courte carrière de scénariste hollywoodien, son oeuvre, les femmes, le pinard et tout ce qui lui passera par la tête. Entretien définitif ?

17:02 - 17:27 A Voix nue.  Du lundi 03 au vendredi 06 sur France Culture.



Serge July : Citizen Fake

Posté par Easywriter le 30.06.06 à 13:10 | tags : média, news, religion, mauvais goût
Drôle d'hommage, comme gêné aux entournures, dans Libération du jour. Dans son edito, le vieux Serge adopte une position christique - je quitte Libération pour que Libération vive -  mais après tout le journal a 33 ans.

Un papier de Sorj Chalandon, l'une des dernières figures historiques encore en poste, empreint d'une émotion qui se voudrait maitrisée mais qui se révèle emphatique - après tout Libé en fait souvent trop.

Des invités à témoigner au profil socio-politique suspect  et dont la carrière se conjugue à l'imparfait : Nicole Notat, Daniel Cohn-Bendit, Harlem Désir - mais après tout Libé est le porte-parole de la gauche eighties et convertie aux valeurs du marché.
Alors que le quotidien revisite sa pureté originelle, sa philosophie éditoriale révolutionnaire, le pétillant cahier Tentations invite le directeur artistique de Balanciaga. Plus drôle : c'est le jour que choisit Villepin pour y publier une tribune.
Le plus parlant reste cette image de Une ( qui n'est pas l'illustration ci-contre). Celle d'un type tout seul - comme sur quasiment toutes les photos parues récemment. On jurerait qu'il est au fond de son confortable loft , juste à côté de sa machine à laver  ( en réalité la salle du hublot où ont lieu les conférences de rédaction).  Un capitaine d'industrie qui va avoir droit à son portrait en dernière page de Libération. 
Décidément, ils sont forts en photos à Libé.
Sur le forum :  Que va faire Serge July ?

Salut l'artiste

Posté par Easywriter le 30.06.06 à 11:11 | tags : média, news

C'est un type dont aura du mal à faire l'éloge. Un homme de presse aujourd'hui certes isolé,  et à peine soutenu à demi-mots par une rédaction dont la timidité égale le déboussolement. Bien sûr le journal qu'il dirige ne vivait plus que sur sa réputation, une histoire symbolique chargée mais qui appartient aujourd'hui au folklore.
Finalement , l'actionnaire majoritaire  du titre aura eu sa peau, pour des motifs économiques assurent les uns, des désaccords plus politiques estiment les autres. Surement les deux, est -on tenté de penser.
L'indignation n'est pas de mise, encore une fois nous ne regretterons pas vraiment ce type. Mais bon, la solidarité contrafernelle ça existe.
Alors,  bon vent,  Alain Génestar.

Bien jouer au foot, mode d'emploi

Posté par Easywriter le 29.06.06 à 11:40 | tags : foot et littérature, news, média

On avait dit tout le bien qu'on pensait du livre de François Bégaudeau, jouer juste. La pièce qu'en avait tiré Isabelle Duprez (illus.) nous avait un peu moins emballé malgré quelques moments héroïques. Le théâtre n'avait malheureusement pas grand-chose à apporter à un texte qui se donne surtout dans sa musicalité et son propos mais autorise peu de jeu de scène.
France Culture propose samedi une meilleure option : une simple lecture du texte par Régis Bourgade, l'acteur de l'adaptation sus-mentionnée. Les yeux fermés, on en apprendra beaucoup sur les techniques du bon football et celles d'une relation sentimentale réussie. D'ailleurs, ne sont-ce pas les mêmes ?
- Jouer justede François Bégaudeau. Lu par Régis Bourgade. 22:10 - 23:00 sur France Culture samedi 1er juillet
- A noter : une pièce radiophonique, l'invention du jeu, toujours de François Bégaudeau et toujours sur France Culture le mercredi 5 juillet, entre 10 h 30 et 11 h.


Sur Flu : entretien avec François Bégaudeau à l'occasion de la parution de jouer juste.


Faut-il vraiment sauver la presse ?

Posté par Easywriter le 28.06.06 à 12:21 | tags : média
On a beau dire ce qu'on veut, essayer d'expliquer que l'arrivée d'un nouveau média n'a jamais tué les autres (mais aucun jusqu'à internet n'utilisait les méthodes de ces prédecesseurs), en réalité tout le monde sait que la presse écrite pourrait disparaître. En 2005, même la presse magazine, dont la France est grande consommatrice, a vu sa diffusion chuter. 
Sur un plan citoyen, seule la disparition des journaux d'information, financés au moins  en partie par leur lectorat , est un problème.  La secrétaire nationale à la culture et aux medias du PS , Anne Hidalgo, signe à ce propos une tribune dans Les Inrockuptibles .
Outre les vieilles rengaines sur l'éducation aux medias à l'école ou les mesures anti-concentration  (détention de parts de marché, monopole sur un territoire donné...) Hidalgo propose  "de faire entrer des représentants des partenaires sociaux et des citoyens dans les conseils d'administration des medias". Elle affirme également la nécessité d'un certain interventionisme des pouvoirs publics  et prone par exemple de nouvelles aides à la presse indépendante.
Le problème reste que l'indépendance capitalistique d'un journal ne garantit en rien la liberté éditoriale si ses ressources ne viennent que de la publicité. (Libération n'est pas plus indépendant de ses annonceurs que n'importe quel titre piloté par un marchand de missiles).
Comment équilibrer le financemement des journaux ? Anne Hidalgo imagine de nouvelles ressources comme des dispositifs fiscaux pour les lecteurs qui voudraient investir dans un titre ou la taxation des fournisseurs d'accès internet.
Voilà qui pose d'autres questions : Faut-il maintenir sous perfusion des titres que personne ne lit ? Finalement, maintenir malgré tout des journaux au nom de la diversité sans que cela ne fasse echo dans les pratiques citoyennes rejoint la définition du folklore. Et qu'Hidalgo prenne pour modèle la gestion de la culture  pour justifier l' interventionnisme des pouvoirs publics n'est effectivement pas un hasard.
Sur fond de crise à Libération, la prochaine présidentielle sera peut-être l'occasion de débattre du modèle économique de la presse. Mais il y a derrière tout cela un constat qu'aucun élu ou journaliste ne veut regarder de trop près : les medias ne garantissent plus en rien la vitalité du débat public et  n'influencent plus grand-monde comme on l'a vu lors des derniers rendez-vous politiques comme le referendum.  Tout cela n'est peut-être que de la pose :Si Libé avait le quart des lecteurs qui affirment aujourd'hui la nécessité de sa survie, le journal n'aurait pas de problèmes.  Non ?

Comic Box 6 : la pub

Posté par Myosotis le 26.06.06 à 12:47 | tags : bd, média

Je n'aime pas me servir du blog comme instrument de publicité mais je signale aux amateurs de Comics qui l'aurait raté (les comics, genre débilitant !, sont toujours relégués en bas de rayon ou rendus invisibles, dans les étals de presse) que le n°6 de la revue Comic Box est sorti la semaine dernière. Seule vraie revue française consacrée aux comics, Comic Box continue de faire un boulot passionnant en s'adressant tant à ceux qui n'y connaissent rien mais aimeraient bien en savoir plus qu'aux fans hardcore. Et ça marche très très bien puisque les numéros s'enchaînent à un niveau de qualité rarement atteint sur ce type de publications. Cette fois-ci, en plus du dossier Superman, et sa couverture splendide signée Alex Ross, on trouve une belle interview de Brian Michael Bendis, dont on parlait l'autre jour, une histoire originale de WitchBlade ainsi qu'une autre interview du nouveau prodige anglais du dessin comics : Adi Granov. Le run de ce dernier sur Iron Man est excellent et lui donner un peu la parole sur son boulot est la meilleure surprise de ce numéro.

Le site de Comic Box

 


Clearsteam : Villepin poursuit des journalistes

Posté par Easywriter le 20.06.06 à 19:39 | tags : média, news, denis robert
Le Premier Ministre va poursuivre Denis Robert, Jean-Marie Pontaut et Gilles Gaetner pour diffamation. Ces deux derniers, journalistes à l'Express, l'accusent d'avoir menti cinq fois sur son véritable rôle dans l'affaire Clearstream.
Dans Clearstream l'enquête, dont la publication a été repoussée sur décision judiciaire, Denis Robert parle lui d'une note signée "DDV" retrouvée dans la mémoire de l'ordinateur de Jean-Louis Gergorin et qui explique les mécanismes financiers de la chambre de compensation financière.
"Je ne fais qu'énoncer des faits et tout ce que j'avance sera facilement démontrable devant un tribunal", a expliqué l'auteur, qui n'a pas l'air de craindre un procès.
De fait, il est assez étonnant de voir le premier ministre se lancer dans une bataille juridique alors qu'un procès en correctionnel pourrait lui faire beaucoup de tort, si les révélations faites par des quotidiens comme Le Monde s'avèrent fondées.
Clearstream, l'enquêteDenis Robert. Editions les Arènes.
Réglement de comptes pour l'Elysée, Jean-Marie Pontaut et Gilles Gaetner. oh Editions.

Nous sommes tous des Serge July

Posté par Easywriter le 13.06.06 à 14:12 | tags : média

Serge July quitterait donc le navire Libération, « contraint et forcé ». Telle quelle, la nouvelle ne nous fera pas pleurer : entre 1973 et aujourd'hui, le copain de Christhine Ockrent aura été le fossoyeur de l'aventure Libé : celle d'un journal franc-tireur qui éviterait la recension moribonde de la vie des élites et des processus décisionnels pour aller traquer le réel dans la France d'en bas (et oui un des slogans de l'époque...) ,voire celle de l'underground : Libé se voulait le quotidien des ouvriers (ce qu'il ne sera jamais) mais aussi celui des artistes infréquentables, des toxicomanes et des putes. Pas d'infos économiques sans regard social, pas de respect figé pour l'institution judiciaire, pas de culture institutionnelle, pas d'actionnaire, pas de publicité.
En 1981, quand Mitterrand est élu, Libé titre : « enfin l'aventure ». July commence la sienne en prenant les rênes du journal. Pendant quinze ans, la gauche va éprouver de plein fouet la déconfiture de ses idéaux et sa conversion fataliste au libéralisme économique. Libé reflètera parfaitement la transformation en cours : le quotidien conserve le masque de la subversion – « Unes » acerbes, goût pour la contre- culture et discours décomplexé sur le sexe- mais sa plume ne porte plus : on y parle de la bourse, on y critique les manifestations ouvrières lors de l'apparition des licenciements de masse etc...
Le quotidien se banalise et vit la même rupture avec le peuple que celle du PS dont il est le parfait équivalent journalistique. Après l'échec du referendum européen, July se fendra même d'un edito méprisant ouvertement une bonne partie de son lectorat. Depuis le temps qu'il ne voit plus la politique que par le petit trou des intrigues de pouvoir, le journal est aussi largué que les élites qu'ils ne taquinent plus que comme un enfant gâté - parfois pénible mais globalement inoffensif.
 En 2000, à l'Institut d'Etudes Politiques de Toulouse, July est venu rencontrer les étudiants : ce jour-là Libé avait troqué le rouge de son losange contre le vert d'un vendeur de pulls qui avait acheté plein de pub. On s'est foutu de sa gueule. A un moment, July a dit : "j'ai changé, Libé a changé, vous n'êtes pas non plus les étudiants d'il y a vingt ans". Il avait  raison : la moitié de l'assistance voulait être journaliste à Libé. On a  les journaux qu'on mérite.


François De Closets : poujadisme, démagogie et plus encore

Posté par Myosotis le 12.06.06 à 10:44 | tags : média, société

Ce sont De Closets et Fayard qui remportent haut la main le prix du livre le plus creux et le plus engagé du moment. Avec Plus Encore, François de C met le doigt sur ce qui fâche dans notre beau pays (faisandé) : des patrons qui sont trop payés (les enculés de leur mère), roulent dans des grosses voitures et vivent dans de grandes maisons, alors que leur productivité n'est pas extraordinaire; aux fonctionnaires qui se planquent dans leurs bureaux moisis en attendant  de rentrer chez eux en plein après-midi pour se branler la nouille pendant leurs RTT, De Closets est un mec qui a le nez fin et qui connaît la France.
Dans la série raffarinesque des livres (de gauche et de droite) qui nous disent qu'il faut nous remettre au travail pour conserver notre standing, De Closets fait quelque chose de plus toc et nauséabond. Son livre ressemble à un mélange de Sans Aucun Doute pour la recherche du spectaculaire (ah, ses exemples subtilement choisis) et de Combien Ca Coûte pour le côté vaguement populolibéral. Au final, il faut lire ce livre pour sentir la seule chose qui est présente ici : on y sent le vent dans le cerveau qui pense. On y sent le vent qui souffle et essaie désespérément de rabattre une idée neuve. Le vent qui souffle dans le cerveau et donne l'ordre à la main de penser. Le vent qui souffle et ne suffit pas à rafraîchir la puanteur expulsée par les neurones embourgeoisés du journaliste qui n'a pas mis le nez sur le terrain depuis des années. Misère du journalisme, encore.


Qu'est-ce qui va pas avec Shanghaï express?

Posté par le 09.06.06 à 14:58 | tags : revue, média, polar, arts visuels
C'est l'histoire d'un magazine de polar qui décide de se lancer dans l'aventure des kiosques.
Avec Shanghai Express, les polardeux ont enfin à leur  disposition une revue maniable et colorée qui mixe avec une grande intelligence critique, interviews, nouvelles et feuilletons. Les auteurs reconnus (Yasmina Khadra, Jean-Bernard Pouy) côtoient les valeurs montantes du polar  (c'est pas pour nous la ramener mais on aime bien Sébastien D. Gendron, par exemple). Notons que le pari plutôt courageux de Shanghaï, n'est pas évident à tenir.
Vous voulez soutenir cette initiative de qualité prenant racine autour d'un genre populaire ? Trouvez le numéro 4 en kiosque, ou déplacez vous sur leur site  afin de commander les numéros précédents.


Les journalistes anglais boycottent Yahoo

Posté par Easywriter le 07.06.06 à 13:17 | tags : web, média
Le syndicat anglais des journalistes (NUJ) appelle ses 40 000 membres à boycotter Yahoo.  Dans une  lettre adressé au siège européen du moteur de recherche, le NUJ estime insupportable la collaboration de Yahoo avec les autorités chinoises. Yahoo avait permis à Pékin d'identifier des journalistes qui parlaient de démocratie sur des forums. La campagne est activement soutenu par le vénérable Guardian et plusieurs célébrités.
But de Yahoo : ne pas se faire évincer d'un marché qui promet de beaux horizons de croissance exponentielle. Mais la firme n'est pas la seule à ne pas considérer la liberté d'expression comm un outil marketing performant : son concurrent Google avait expurgé son site chinois des images de la répression des manifestations étudiantes de Tien-An-Men.

La misère du journalisme vue par les chiens

Posté par Myosotis le 06.06.06 à 10:53 | tags : média, news

Deux gamins ont été mordus sévèrement, à quelques jours d'intervalle, par des chiens. Je me demande pourquoi ces faits divers sont relayés la plupart du temps par les journaux nationaux, étant entendu qu'ils n'ont aucune espèce d'intérêt : on se doute bien qu'avec 7 ou 8 millions d'animaux dans le pays, il doit arriver (statistiquement) assez souvent qu'un chien pète un cable et se jette sur un mulot.  Ce qui gêne sur cette double information, c'est son traitement. J'ai l'habitude de regarder le journal de France 2, et j'ai été séché par 2 choses : lors de la première affaire, au journal de 13H, il a été dit que le chien ayant attaqué le gamin était un chien de "type pit-bull" alors que ce n'était pas le cas. J'ai mis l'erreur sur une méprise technique. La photo du clebs faisait plutôt penser à un boxer. Lors du second événément (dimanche), la journaliste a franchi, me semble-t-il, une ligne qui révèle ses intentions.
Béatrice Schönberg a ouvert le journal par ce titre "un autre gamin agressé par un chien". Ce qui tue ici, c'est évidemment le terme AGRESSION. Si on regarde de plus près, le terme se définit en gros ainsi : " comportement intentionnel portant atteinte à l'intégrité physique et/ou psychique d'autrui." Ce qui cloche dans l'ouverture de Schönberg, c'est qu'en employant ce terme plutôt que "le chien a mordu" ou "accident", elle prête au clébard (pit-bull....) une intention dans le geste. Je veux bien que le chien ait préparé son coup mais je crois plutôt à une volonté malsaine de nous faire peur et de faire poindre derrière ces chiens soudainement déchaînés les intentions de leurs maîtres : les bicots et autres jeunes de banlieue qui, c'est bien connu, dressent depuis des décennies des chiens lions pour servir l'Islam et nous piquer nos baladeurs MP3.
Il ne s'agit pas de jouer à Arrêt Sur Images, mais il y a dans ce mot "agression" toute une série de représentations qui transitent du chien au maître et ne sont pas reluisantes pour le journalisme. La profession est en miettes. Elle explose sur les sujets politiques et implose sur les faits de société. Par cet exemple anodin, on peut se rendre compte que les journalistes vedettes sont aussi à l'Ouest que les politiques et probablement tout aussi coupables de l'écroulement de la démocratie française.   
Une galerie photos de chiens qui menacent la République.  



150 romans étrangers vus par Transfuge

Posté par Easywriter le 02.06.06 à 13:17 | tags : revue, média, news
Il faudra qu'on pense à faire payer les encarts publicitaires que la revue Transfuge occupe dans ces colonnes. Car, as usual, son numéro hors-série "150 romans étrangers vus par" est une belle réussite. Les Vingt-huit écrivains ou critiques qui s'adonnent à l'exercice, le font souvent de manière très subjective et sensible. Et donc on adore -même si  Julliard casse un peu l'ambiance avec son texte  ampoulé et psychorigide sur Philip Roth.
On préfère donc largement la chronique de l'excellente Nina Bouraoui sur le non moins excellent Scott Heim, Richard Morgiève à propos de Cormac Mac Carthy  et -au risque de se faire descendre par une bonne partie de notre lectorat - celui de Frederic Beigbeder sur Herman Hesse.
Transfuge hors-série n°1, en kiosque, 5,5 € .

L'histoire secrète d'Endemol

Posté par Easywriter le 29.05.06 à 14:39 | tags : média, extrait, flammarion
"Quand l'avion commence à prendre de la vitesse sur la piste, tous les participants du dîner sentent que les choses ne vont pas en rester là. Qu'ils goûtent en somme un forme d'entracte. Et de fait, très vite, cette matinée, qui restera historique dans la légende de l'audiovisuel français, va prendre l'allure étrange d'un jeu de billard à six bandes. Qui fera - forcément - des victimes."
Mais qui, mais quoi mais qu'est-ce?!!  Benoît Delmas et Véronique Richebois narrent l'histoire secrète de la plus grosse boîte à fabriquer du temps de cerveau disponible en Europe : Endemol. Désormais assise sur deux milliards d'euros de capitalisation boursière, la société d'Arthur et Stéphane Courbit a réussi sa résistible ascension grâce à un cocktail de connexions politiques, de mainmise sur les entreprises clefs, de culte du résultat et  bien sûr d' imagination perverse. Brrrr...

L'histoire secrète d'Endemol par Benoît Delmas et Véronique Richebois. Flammarion

L'édition en Lignes de mire

Posté par Easywriter le 26.05.06 à 11:10 | tags : média, news
La revue Lignes, dont la qualité de propos est inversement proportionnelle à celle de sa maquette , se penche sur l'édition. Evidemment ça va mal, l'édition va mal, la librairie va mal... Mais la revue ouvre une focale généralement peu utilisée sur les livres de création, ceux qui constitueront le fonds de demain. Une vision combative donc et bienvenue dans la sinistrose ambiante.
Parmi moult contributions, notons celle de Valérie Martin qui explique dans "la librairie est un sport de combat" que les libraires doivent récupérer l'exercice de leur métier (liberté d'achat, choix éditoriaux) face aux éditeurs et  celle de Yves pagès qui compte sur la génération "Intellos précaires" (c'est nous les amis) pour prendre la relève des diplômés d'Ecole de commerce recrutés par les grands éditeurs.
Pour connaître la suite, achetez  Lignes, 17 €.

Les medias et l'Empire

Posté par Easywriter le 23.05.06 à 14:34 | tags : média, news, extrait, les arènes
" C'est pourquoi il est franchement ridicule d'affirmer que le patriotisme consiste à suivre aveuglément l'administration et non à dire la vérité. Les membres de l'administration Bush mentent comme des arracheurs de dents.
Il y a eu beaucoup de reportages là-dessus. Chaque fois que Cheney ouvrait la bouche pour parler de la fausse réunion de Prague, des journaux publiaient des articles démentant qu'elle ait eu lieu, en citant des sources au sein de la CIA ou du FBI. Mais croyez-vous sincèrement  que l'Américain moyen ira déchiffrer le quatrième paragraphe d'un article du Washington Post ?
Des grands reporters du New-York Times ou de Harper's magazine témoignent des relations entre les medias et l'Administration Bush. Sans complaisance, les journalistes interviewés par Kristina Borjesson, déjà auteur de Black List, dressent un état des lieux des pratiques et n'oublient pas leurs responsabilités.
On en reparle avec eux, dès qu'on a un peu de temps entre deux enquêtes sur Google.
Mediacontrol, de Kristina Borjesson. Editions les Arènes.
Et pendant ce temps en France : lire le dossier Liberté d'informer



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