
Drôle d'hommage, comme gêné aux entournures, dans
Libération du jour. Dans son edito, le vieux Serge adopte une position christique -
je quitte Libération pour que Libération vive - mais après tout le journal a 33 ans.
Un papier de Sorj Chalandon, l'une des dernières figures historiques encore en poste, empreint d'une émotion qui se voudrait maitrisée mais qui se révèle emphatique - après tout Libé en fait souvent trop.
Des invités à témoigner au profil socio-politique suspect et dont la carrière se conjugue à l'imparfait : Nicole Notat, Daniel Cohn-Bendit, Harlem Désir - mais après tout Libé est le porte-parole de la gauche eighties et convertie aux valeurs du marché.
Alors que le quotidien revisite sa pureté originelle, sa philosophie éditoriale révolutionnaire, le pétillant cahier
Tentations invite le directeur artistique de Balanciaga. Plus drôle : c'est le jour que choisit Villepin pour y publier une tribune.
Le plus parlant reste cette
image de Une ( qui n'est pas l'illustration ci-contre). Celle d'un type tout seul - comme sur quasiment toutes les photos parues récemment. On jurerait qu'il est au fond de son confortable loft , juste à côté de sa machine à laver ( en réalité la salle du hublot où ont lieu les conférences de rédaction). Un capitaine d'industrie qui va avoir droit à son portrait en dernière page de Libération.
Décidément, ils sont forts en photos à Libé.
Sur le forum : Que va faire Serge July ?