|
L'actualité d'un auteur injustement ignoré... Voir aussi la biographie et les citations de Marc Levy.
Marc Lévy en 2h et 56 minutes : qui dit mieux ?![]() Je ne sais pas si c'est l'annonce de la retraite de Michael Schumacher ou la difficulté à repartir sur autre chose après la lecture du Grande Jonction de Maurice Dantec, mais j'ai eu la mauvaise idée de voir combien je mettrais de temps à lire les 400 et quelques pages de Mes Amis, Mes Amours, de Marc Levy, en allant le plus vite possible. Montre en main donc (et en lisant chaque mot), cela m'a pris 2H56 minutes. Bizarremment, alors qu'on le fait pour les jeux vidéos (un bon jeu est un jeu qui a une durée de vie suffisante) ou les disques (un disque qui s'écoute longtemps et se réécoute vaut mieux qu'un disque dont on se lasse), on lie assez rarement la qualité du livre et la vitesse d'ingestion du lecteur. Celle-ci peut, en effet, lorsqu'elle augmente dangereusement, mesurer à la fois un intérêt redoublé (suspense, envie de savoir la suite), et l'incapacité du livre à nous arrêter, à nous retenir. Un bon livre repose alors sur un enchaînement rythmique spécifique qui doit contenir des zones d'immobilisation du lecteur (de stupeur) et des zones de déchaînement (ces instants magiques où on a l'impression de ne plus pouvoir s'arrêter). C'est mathématiquement le rapport des temps cumulés de STUPEUR (ne pas oublier de compter les instants où, après sa lecture, on repense au livre) et des temps de FRENESIE (exprimés en heures) corrigé par le nombre total de pages (une sorte de multiplicateur d'effet si le ratio frénésie/stupeur est stable) qui peut alors donner l'idée de la qualité globale du livre pour soi et peut-être même bien pour la littérature. Je donnerai un autre jour des exemples concrets et chiffrés pour illustrer cette théorie. En ce qui concerne le Lévy, donc, les 2H56minutes confirment que le roman se lit vite, s'ingère avec une facilité déconcertante mais ne présente pas suffisamment d'aspérités pour retenir l'attention ET qu'il n'est pas même capable de multiplier, par l'intérêt de l'intrigue, votre vitesse naturelle de lecture. Le thème est passe-partout (en marketing, un Bridget Jones/ Auberge Espagnole trentenaire pour bobos dans le quartier français de Londres), le traitement sans surprise (Lévy nous avait au moins habitué à 1 ou 2 gimmicks marrants dans ses autres livres) et la chute merdique. Ce qui m'aura ralenti finalement, c'est que j'ai eu, au démarrage, une volonté d'aller trop vite qui m'a ensuite handicapé dans la distinction des différents personnages : qui est qui, qui fait quoi ? Si c'était à refaire, j'investirais un peu plus dans les 20 premières pages (d'autant plus que Lévy, l'habile artisan, alterne les narrateurs pour tromper l'ennemi) pour espérer gagner 5 ou 6 minutes sur la fin. Il faut mettre au crédit de Marc Lévy que sa peinture de milieu est bien exécutée (même si elle ne m'intéresse pas) et qu'à 2H56 pour 22 euros, soit 7,33 euros de l'heure de divertissement, il n'est pas plus cher qu'une bluette de 1H30 vue au cinéma pour 11 euros.... L'un dans l'autre, avec Marc Lévy, on s'offre pour un prix similaire, 2 fois plus de plaisir. Pour mon étude, je veux bien recueillir les temps de lecture de Nothomb, de Dantec, de Zeller et Vollmann, par exemple, voire même pour ceux qui sont allés jusqu'au bout des Bienveillantes de Littell. Marc Levy, mais c'est pas vrai!![]() Voilà qui fout les boules à la corporation journalistique : même en plein été, sans un seul papier dans la presse, Marc Levy vend des livres comme d'autres les glaces. Son dernier opus, mes amis mes amours , était sur la table de salon de ma frangine avant même que je ne sache qu'il était sorti. (son éditeur ne vous prévient pas, il N'a pas besoin de vous!) Donc Marc Levy vient de passer en tête des ventes, détrônant...Marc Levy avec la réédition poche de vous revoir. On dit que les étés sont réservés aux poches, parfois aux romans d'amour, fadaises! Les étés sont réservés à Marc Levy. Marc Lévy : le remix Live![]() Le jeudi, c’était Tonio qui se tapait l’approvisionnement pour tout le monde. Mathias avait son tour le vendredi. Pourtant, au G20, c’était la merde pour lui car les vendeuses Arabes ne captaient pas un mot de ce qu’il essayait de leur dire dans sa langue barbare. Evidemment, je ne vois pas pourquoi il aurait eu besoin de parler aux vendeuses dans un G20 mais comme sans doute, il avait l’habitude de se fournir au Bon Marché, cet enfoiré d’allemand prenait son temps et interrogeait forcément le staff sur les soupes déshydratées et l’origine contrôlée des laitages. Au bout de dix minutes et alors que le vigile commençait à le regarder avec son œil du tigre, il appela à la rescousse une autre vendeuse, « qui se révéla être espagnole « (ça on ne peut pas y toucher, c’est trop beau la nana qui « se révèle être Espagnole »A-t-elle eu besoin de montrer son passeport ? Mathias eut-il un flash ? Portait-elle un maillot de l’Equipe d’Espagne ? Parlait-elle la langue de Cervantes ?). Une cliente suédoise ou alors danoise, ces blondasses se ressemblent toutes avec leurs loches qui respirent la santé et leur peau de bébé, vint à sa rescousse mais il ne sut pas en profiter. (c’est vrai qu’on a besoin de toute sa concentration pour faire les courses, c’est connu). Mathias était au bout du rouleau et de l’allée des surgelés, il prit son PhoneBlackberry, appela, pour ne pas passer pour un cave, chacun des colocs sur un rayon pour leur faire préciser la commande : Tiffany aux laitages, Steffi sur les viandes, Bill-Sébastien sur les boissons et finalement André-Stéphane pour obtenir la liste des primeurs. A la fin, pour ne pas exploser son forfait Golden League, Mathias piqua des articles au hasard jusqu’à remplir son panier. Les « côtelettes » de Tonio, à la calligraphie illisible sur le billet, se changèrent ainsi en un gros jambon et en un pot de moutarde. La mission était remplie au-delà des espérances. (vous ne savez pas qui est Marc Levy ?) Marc Levy, ses amis, ses amours, mes emmerdes "Le jeudi, Antoine était en charge des courses, Mathias s'en occupa le vendredi. Au supermarché, les vendeurs ne comprirent pas un mot de ce qu'il s'évertuait à leur demander, il alla chercher de l'aide auprès d'une caissière qui se révéla être espagnole, une cliente voulut lui apporter assistance, elle devait être suédoise ou danoise, Mathias ne le sut jamais, et cela ne changeait rien à son problème. Au bout du rouleau et de l'allée des surgelés, il prit son portable, appela Sophie devant les rayons pairs et Yvonne devant les impairs. Finalement, il décida que le mot "côtelettes" griffonné sur sa liste pouvait très bien se lire "poulet", après tout Antoine n'avait qu'à mieux écrire. "Voilà, voilà... ah ce "au bout du rouleau et de l'allée des surgelés", quand même. ( celui qui reconnaît la double figure littéraire, gagne un bescherelle). On imagine mal la solitude du chef de rubrique, alors que ses pigistes affamés préparent leurs trois jours de vacances annuels et qu'il faut en attraper un pour lui dire " Eh ! Prends le dernier Levy, fais une chronique marrante, allez c'est l'été ". Voir la lueur de dégoût dans son regard, avant qu'il tourne les talons sans rien ajouter. "Et Myoso, les recettes d'un succès ? Marc Levy vu par un romancier, non ? Myoso...tu m'entends ?". A la fin du bouquin, Mathias retrouve Audrey et ne sait toujours pas qui est Popinot. Voilà vous savez tout. |
Discussions en cours sur le forum livres :
|