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Livres de foire Ce blog est le blog « livres » de Fluctuat mais, avouons le, il ne couvre qu'une infime partie du sujet : en dehors de l'occasionnelle élucubration de Myosotis, nous nous limitons généralement aux romans, essais et bédés. Les livres de cuisine gay des sixties, éditions illustrées de Don Quichotte du XVIIIème siècle et revue du travestissement américain vintage, vous trouverez plutôt ça sur le blog Room 26 Cabinet Of Curiosity de la bibliothèque Beinecke de l'Université de Yale. Spécialisée dans les livres rares et les manuscrits, cette bibliothèque vient d'ouvrir un blog pour faire partager au monde entier les curiosités de son immense fond. On hésite encore à vendre les livres comme de la lessive, du moins les romans, mais les montrer comme des bêtes de foire n'a jamais posé de problème à personne. Le recueil de contes de J.K. Rowling vendu près de 2,7 millions d'Euros
![]() Acquisition record : 1,95 millions de livres (2,7 millions d'Euros) pour l'unique exemplaire des Contes de Beedle le Barde mis aux enchères lors d'une vente qui s'est tenue chez Sotheby's à Londres. L'acquéreur n'est autre que le groupe américain Amazon.com. Le livre de contes a été réalisé de la main de J.K. Rowling, auteur de la saga Harry Potter. Il existe sept exemplaires des Contes de Beedle le Barde, tous en reliure cuir avec des ornementations en pierres semi-précieuses ou en argent. Les six autres ouvrages seraient destinés à "ceux qui ont été le plus impliqués" dans l'édition des sept volets de Harry Potter, selon l'interview précédemment accordée par J.K Rowling à la BBC.1,95 million de livres, c'est environ 40 fois plus que l'estimation la plus haute envisagée pour ce manuscrit. Et le fruit de cette vente sera entièrement reversé à la fondation The Children's Voice, co-fondée par l'écrivaine britannique, et qui oeuvre, entre autre, auprès des orphelins d'Europe de l'Est. Amazon a créé sur son site une page spéciale entièrement consacrée au recueil. Toutefois, aucune précision ne filtre quant à une éventuelle publication grand public...
Anticyclopédie Universelle
On trouve dans l'anticyclopédie un portrait de l'homme préhistorique via un questionnaire de Proust, des révélations sur l'implication du KGB dans Pif Gadget, des conseils pour réussir un bon autodafé et une double page de pub de Kim Jong-Il (un peu comme le Figaro, donc). Malgré quelques légères tendances satiriques, l'Anticyclopédie donne avant tout dans un humour absurde plutôt poli et bien élevé. C'est d'ailleurs là que le bouquin est le meilleur, quand il cesse d'être une parodie d'encyclopédie traditionnelle pour ressembler davantage à l'encyclopédie d'un monde parallèle fantaisiste ou à l'oeuvre d'un idiot savant qui ne comprendrait rien au monde qui l'entoure. Emmanuel Vincenot et Emmanuel Prelle Mille Et Une Nuits Lire aussi : Knol : comment Google veut croquer Wikipedia sur le blog Aeiou Le Journal modeste d'Hervé Di Rosa : entre la ligne et le mot
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Les cahiers sont, sous une forme que je m'oblige à garder, comme des traces que ma main a dessinées - un instant où mon esprit fonctionne pour faire ça et pas autre chose. Il y a beaucoup de fantaisie, des citations et des plans de ce que j'ai entrepris ou dont je rêve. Le monde des images est si vaste que j'essaie de le répertorier, de le capturer à ma manière. Heureusement, il est sans fin, sinon j'en aurais fini. Ces cahiers peuvent faire découvrir des fragments du monde. J'en prélève des signes qui sont aussi des constats sociologiques et politiques. Ils ne sont pas évidents au premier coup d'oeil. Je magnifie les armes à feu, les armes de destruction, les missiles par exemple. (...) Le réel habite mes dessins même si ce ne sont pas des dessins de la réalité... Je ne suis toujours pas un grand fan des "Beaux-Livres", mais il m'arrive (comme beaucoup) d'avoir dans ce domaine des coups de coeur dont ce Journal modeste fait partie. Constitué d'un long entretien entre le peintre et dessinateur sétois Hervé Di Rosa et un journaliste spécialisé (aux questions plus que pertinentes), ce Journal Modeste reprend un certain nombre de dessins tirés des cahiers de Di Rosa, évoluant entre différents styles et différentes intentions.
A côté de son oeuvre qu'on peut considérer comme principale, bien que cela ne veuille pas dire grand chose, le peintre, ancien membre du mouvement Figuration Libre dans les années 1980 (Combas, Lamarche-Vadel) et créateur du Musée International des Arts Modestes, a gardé à portée de main de grands cahiers qu'il a assujettis, en journal intime, carnets de voyage, ou de croquis, bloc-notes, polaroïd picturo-littéraire à sa "créativité domestique". Les dessins qui figurent dans ce livre sont tout bonnement suprenants et splendides, influencés par les séjours américains (l'auteur vit à Miami sur la période) ou mexicains, par le "bas" des cultures populaires (les pulps mexicains, les comics US), les croquis de Di Rosa ont parfois des allures de cartoons majestueux, de pense-bête ou de visions figées pour d'autres illustrations. Leur beauté repose parfois sur leur style, leurs couleurs ou leur caractère inachevé. Dans tous les cas, comme sous l'effet de petits poèmes en prose-torpille, on est fasciné par cette auto-organisation de la mémoire qui se met en place devant nous. Retrouvez l'intégralité de la chronique de Journal modeste. Journal Modeste Hervé di Rosa (entretiens avec Patrick Amine) Buchet Chastel, les cahiers dessinés Les éditeurs en fête à la Halle Saint-Pierre
- Quel est le but de cette manifestation ? Salon du Livre de Montreuil 2007 : J-1
Kindle : le lecteur de livres numériques d'Amazon Aujourd'hui, l'un des leaders des ventes sur Internet doit présenter à New-York son lecteur portable de livres numériques.Attendu depuis plusieurs mois, Kindle se présenterait sous un format livre, pourvu d'une connexion wi-fi permettant la prise de note grâce à son clavier, ainsi que le téléchargement de livres et de journaux via Amazon. Les livres audio pourraient également être écoutés sur celui-ci. Son prix d'achat avoisinerait les 400, voire 500 dollars. Ce lecteur deviendrait un sérieux concurrent de celui lancé en 2004 par le géant japonais Sony. De plus, Amazon a racheté en 2005 Mobipocket, afin de recourir à son propre format de livre à la place d'un format open qu'utilisent les autres éditeurs. En choisissant cette option, les livres électroniques téléchargés depuis Amazon pourraient ne pas être lus sur les autres lecteurs comme l'e-book de Sony. Par ailleurs, il semblerait que le livre numérique soit en vogue. En effet, Google s'est engagé dans une grande opération en vue de constituer une bibliothèque électronique mondiale, projetant même de mettre en place un service payant pour le téléchargement de certaines oeuvres. Service dont les revenus seraient partagés avec les éditeurs. Toutefois, les "classiques" libres de droits (Shakespeare, Mauspassant) récupérés gratuitement sur Google pourraient ne pas être sous un format compatible avec le lecteur d'Amazon. Quant au projet de bibliothèque numérique européenne, il avance. Mais "piano, piano". Affaire à suivre. Des livres, des légumes et du capitalisme
![]() La saison est étrange. Dans le même mouvement, certains livres et leurs auteurs sont portés au sommet des ventes, des louanges, du panthéon humain (il n'y a rien de plus haut qu'un écrivain star et imaginatif, si ce n'est peut-être un joueur de football ou un rockeur adolescent), tandis que d'autres, livres et auteurs, sont promis à une disparition brutale et à une élimination de masse qui ne se fait plus comme autrefois (au Moyen-Age, en 1933), parce qu'ils ont trop de couleurs (d'idées, de sang juif ou satanique, de sang pédé ou de sang rouge), mais parce que la formidable machine médiatique ne leur en trouve pas suffisamment pour remarquer jusqu'à leur existence. Abécédaire de l'esclavage des Noirs![]()
Vélib vs Livre : Le Boycott ?![]()
Réveillez le scientifique qui est en vous !
Harry Potter : mais que va devenir J.K Rowling ?
Cool les gars , tenez nous au courant et bon anniversaire Joanne. Et toujours : Harry Potter : les livres
Livres d'été : Comment bronzer sans avoir l'air trop con Littérature blanche ou noire, polars, BD, la sélection de Flu vous est un savant cocktail de bouquins cérébrés (mais pas trop), addictifs et troublants. Bien sûr, vous pouvez vous aussi compléter cette liste somme toute modeste en proposant vos choix de lectures d'été via le formulaire idoine. Les meilleures notules (sauf celles qui sont carrément meilleurs que les nôtres évidemment) seront publiées durant tout l'été. (Illus : depuis qu'elle suit les conseils de lecture de Flu, Océane a perdu dix kilos, obtenu un doctorat de philo et bronze désormais en moins de dix minutes. Via Bigolly molly ) Y a quoi dans ta bibliothèque idéale ?
Les dix livres qui d'une manière ou d'une autre, pour les raisons que vous choisirez de partager ou de taire, vous ont bouleversé. A partir de là - et de surtout nos arbitraires arbitrages l'ouverture est une escroquerie politique vous le saviez non ? - nous batîrons la bibliothèque idéale de la communauté Flu. Nous pourrons ensuite faire de même avec la cuisine, la cave et les chambres afin de vivre tous ensemble et nous aimer d'amour. Pourquoi nous avons faimLe premier ouvrage de Dave Eggers s'appelait Une oeuvre déchirante d'un génie renversant et ce titre contenait ce qui fait le talent et les limites de cet auteur américain : ego surdimensionné, écriture effectivement brillante et bouleversante, abus pénible d'ironie post-moderne.
Ca ne tient pas à grand-chose, mais il faut savoir écrire en quatre feuillets l'étrange mélange de plaisir et d'angoisse d'une mère attendant le retour de son fils adolescent; ou réussir, en racontant l'histoire de deux vieux amis qui font l'amour pour la première fois, des phrases aussi bêtasses que celles-ci : "Sommes nous contraints – peut-être la réponse est-elle oui – d'accepter tout choix qui ne blessera personne ? On utilise le terme blessé en parlant de ce genre de choses, parce que, lorsque ça se passe mal, on a l'impression d'être frappé au sternum par un énorme animal qui a parcouru des kilomètres uniquement dans ce but". Si les trois lignes précédentes vous laissent de marbre, oubliez cette notule et passez à autre chose. "Pourquoi nous avons faim Toutes mes lectures en ligne comme Art Garfunkel
Il n'est peut-être pas trop tard pour s'y mettre (encore que...) : chaque lecteur, petit, moyen ou gros, a rêvé un jour de se retourner sur son parcours de lecteur et de pouvoir contempler d'un oeil fier (cette culture balayée, assimilée, oubliée), honteux (ce temps perdu, ces rendez-vous manqués, cette désolation), ou étoilé (ces découvertes, ces émotions), la liste exhaustive de ses lectures. La somme de nos lectures résumerait-elle ce que nous sommes ? Les livres font-ils l'homme ou est-ce que c'est l'homme-lecteur qui fait les livres et leur enchaînement ? Une A.I bien intentionnée pourrait-elle, dans un futur proche, à partir de ces précieuses informations nous dire enfin qui nous sommes ? Qui sera là pour me rappeler qu'un automne 2006, je lisais un livre de Marc Levy ?
Copinage : Marché noir à la Générale![]() C'est bientôt noël et les éditions è®e seront ce week end avec quelques autres joyeux éditeurs pirates et pop (dont Fremok) au squatt arty le plus hype de Paname, à savoir La Générale (www). Seul hic, ce n'est qu'à Paris... Et Paul Fournel, alors ? On a reçu ça : "Je remarque avec horreur que votre blog ne comporte aucune entrée sur Paul Fournel, Président de l'OuLiPo, cycliste, et plus sérieusement, écrivain d'une rare finesse. On signalera au passage "Un homme regarde une femme", ou "Les athlètes dans leur tête" qui a récemment été adapté au théâtre par André Dussolier. Certes, il faut aimer les auteurs discrets, patients, à la Maupassant, qui pratiquent des effets rares et subtils, mais son souvenir d'enfance, publié chez "Après la lune", dans la collection "la maîtresse en maillot de bain", vaut bien qu'on s'y arrête un instant. C'est un texte très court, conçu pour être lu dans les transports en commmun, où l'auteur évoque deux vocations manquées : cycliste, et coiffeur pour dames".
(NB: les propositions de lecteur sont publiées de manière aléatoire (voire mais rarement pas publiées du tout) selon une logique oulipesque impossible à expliquer. Soyez patients...) Emmanuel Bove a eu un bon PressentimentPosté par Easywriter le 03.10.06 à 16:00 | tags : livre
Ce n'est pas le plus connu des romans d'Emmanuel Bove qu'adapte cette semaine Jean-Pierre Darroussin avec le Pressentiment mais l'un des plus représentatifs de l'oeuvre du romancier. En racontant l'histoire d'un avocat, Charles Bénesteau qui largue travail et famille pour tenter ce qu'on appèlerait aujourd'hui la vraie vie, Bove dessine en creux l'absurdité de la comédie humaine, toute entière tournée vers le paraître et le désir vain et désespéré d'être quelqu'un. Charles Bénesteau va donc s'installer au milieu des classes populaires et se mettre hors-jeu, parce qu'il faut bien congédier les expédients de la vie moderne si on ne tient pas à vivre enseveli. Il n'y a pas d'autre solution que d'oublier le tumulte vain du monde, pas d'autre option que le renoncement.Renoncement qui ne fut pas pour Bove une simple pose esthétique mais un choix de vie puisqu'il refusa à peu près toutes les interventions littéraro-mondaines et les lauriers de sa aussi brève que relative notoriété (ce fut Colette qui lança sa carrière d'écrivain). Que peut-on perdre quand on a rien à perdre ? Ce questionnement qui traverse l'ouvrage- et peut paraître convenu -prend tout son sens si on le regarde d'un peu plus près. Et c'est exactement ce que fait Bove dans ce livre comme dans tous ses livres, regarder de près, avec un sens du détail extrêmement émouvant et dans une langue de laquelle on ne dira rien par peur de mettre à côté. Un pressentiment est une belle leçon sur la vie que l'on devrait mener pour soi et avec les autres, simplement. Ce que Bove lui-même aura partiellement réussi de son propre aveu. "J'écris, dit-il, pour me communiquer, ayant trouvé que c'est impossible à travers les malentendus de la vie quotidienne". Son Pressentiment date de 1935 mais l'idée qu'il revient à chacun de nous de sortir de son propre cachot vaut toujours aujourd'hui. Tous les livres d'Emmanuel Bove sont disponibles au Castor Astral. Lire la chronique de Le Pressentiment dans la rubrique Cinéma. Et discutez en sur les forums de Flu
Hugo Chavez en vrp de ChomskyPosté par Easywriter le 25.09.06 à 16:04 | tags : livre
La news m'avait échappé : le président vénézuélien a brandi un livre de Noam Chomsky lors de son discours à la dernière assemblée générale de l'ONU mercredi dernier. " Les Américains devraient lire ce livre plutôt que de regarder Superman" s'est exclamé Hugo Chavez après avoir traité Bush de diable. Dans Hegemony and survival: America's quest for global dominance, Noam Chomsky critique la politique sécuritaire des USA . Il s'inquiète également des risques de conflit nucléaire liés à l' hégémonie et l'arrogance du Pentagone sur la scène internationale. Du coup, l'ouvrage s'arrache dans les librairies et s'est placé en tête des ventes sur Amazon. Décidément les tenants du Bush bashing sont de sacrés commerciaux : Ben Laden avait assuré une promo inespérée à William Blum et son Rogue State: A Guide to the World's Superpower (L'Etat voyou: un guide de la superpuissance mondiale). Le livre Dominer le monde ou sauver la planète: L'Amérique en quête d'hégémonie mondiale de Noam Chomsky a été publié en France chez Fayard. (source Le Monde et La République des lettres) Je, la Mort et le Rock'n'Roll Chuck Klosterman est critique rock à Spin magazine, dans la réalité mais dans son autofiction aussi. Je, la Mort et le Rock'n'Roll ("une histoire vraie à 85%" écrit Klosterman) aurait pu être d'un ennui profond, tellement ses thèmes sentent le revival de la littérature rock des dernières années : narcissisme, usage de stupéfiants divers, cynisme chic, et du rock, du rock, la grande putain du rock, muse prêtant son corps au tout et n'importe quoi littéraire.Alors, qu'est ce qui fait que le roman de Klosterman fonctionne ? Les blagues, un peu. La mort, beaucoup. Klosterman livre dans son oeuvre tout ce qu'il intériorise dans sa véritable existence. Sorte de faux timide rongé par une conscience aiguë de ses défauts et une espèce de culpabilité aussi éternelle qu'irraisonnée, il écrit quelque part à la croisée du détachement clinique, des confessions psychopathologiques, et du surréalisme d'un metteur en scène attaqué par sa propre imagination. Saupoudrez le tout d'humour de cimetière, de classements sociologiques basés sur les drogues, les alcools et les régions d'où vous venez, et de références quasi-névrotiques à KISS où aux mastodontes préhistoriques, et vous obtiendrez un livre attachant, pas foncièrement génial mais suffisament original et (drôlement) morbide pour n'être jamais ennuyeux, et contenant la chronique de Kid A (Radiohead) la plus intéressante (et bizarre) que j'aie jamais lue. Vous obtiendrez aussi une véritable petite encyclopédie sur les morts violentes de rockeurs (ou inspirées par des rockeurs, ou causées par des rockeurs...) depuis 1950. Ça vous fera rire... Erik Rémès ou la position de l'homo deboutPosté par Myosotis le 26.06.06 à 10:07 | tags : web, livre, autofiction, sexe et littérature, autobiographie
"J’ai commencé par les animaux. Éventrer – étriper – dépecer : je me masturbe toujours en pensant à cet continuité de mouvements, toujours forts excitants. Lorsque arrive la puberté, vers l’âge de douze ans, pervers, un nouvel élément vient s’insinuer dans mon fantasme et l’idée de manger finit par s’ajouter tout naturellement à mon rituel. Pendant des années, j’ai rêvé de consommer de la chair humaine, sans jamais me laisser aller à le faire, sans même oser penser que cela puisse vraiment se produire un jour. C’est très difficile de devenir un homme libre, de se débarrasser de ses peurs et de ses préjugés. Et peut-être même n’est-ce pas totalement souhaitable. Si ce n’est que moi, je l’ai fait". Journal d'un cannibale. Erik Rémès. A suivre sur le site de l'auteur.
Serial fucker. Editions Blanche Pasolini, le livre et les couches Je reviens à Pasolini et à la Divine Mimesis car mon édition est agrémentée d'autres notes et textes n'ayant rien à voir dont une note sur le roman de demain. On sait que le dernier livre de Pasolini s'appelait Pétrole et qu'il a été publié inachevé chez Gallimard, il y a cinq ans peut-être. Mais ce n'est pas ce qui importe. Ce qui m'intéresse dans l'extrait ci-dessous, c'est que Pasolini tient le même discours que Walter Benjamin et que Maurice Dantec dans une certaine mesure, définissant ce qui sera le vrai grand roman moderne des années 2000-2010, peut-être 2020, héritier des techniques de composition classiques, de l'âge intertextuel et des évolutions du monde de l'écrit (la couche contre l'aplat). Pas la peine que je vous dise, que le genre ne compte aucun exemple, si ce n'est peut-être, un ancêtre déjà avec la Maison des Feuilles de Mark Danielewski.
"Le livre doit être écrit par couches, toute nouvelle rédaction doit être sous forme de note, datée, de façon que le livre se présente presque comme un journal. Par exemple, tout le matériel déjà écrit doit être daté : il ne doit pas être éliminé de la nouvelle rédaction, qui doit consister en une nouvelle couche additionnelle ou en une longue note. Et de même pour les rédactions successives. A la fin, le livre doit se présenter comme une stratification chronologique, un vivant processus formel : où une nouvelle idée n'effacerait pas la précédente mais la corrigerait ou plutôt la laisserait absolument inaltérée, la conservant formellement comme un document du passage de la pensée. Et comme le livre sera un mélange de choses faites et de choses à faire - de pages achevées et de pages ébauchéesn ou seulement projetées - sa topographie temporelle sera complète : il aura à la fois la forme magmatique, la forme progressive de la réalité (qui n'efface rien, qui fait coexister le passé avec le présent."
Cette note date du 1er novembre 1964. John Updike dans la peau d'un terroriste
Rentrée littéraire : bonnes nouvelles... de l'étranger![]() Les éditeurs commencent donc à laisser filtrer les premières infos et même bonnes feuilles des romans de la rentrée. Et celle-ci s'annonce plutôt bonne. Passons en revue les parutions sur le mode bien connu de la gradation. Et donc commençons par la France. Yann Moix commet un livre qui s'appelle Panthéon en toute sobriété. Voilà c'était la dernière fois que vous entendiez parler de ce livre dans Flu (à moins qu'il n'inspire à Myosotis quelque élucubration). Pour ceux - nombreux - que ça intéresse, Amélie Nothomb publiera son opus annuel, intitulé cette fois Journal d'hirondelle. Christine Angot nous propose chez Flammarion un rendez-vous auquel on n'est pas sur de se rendre. Florian Zeller devrait faire parler de lui et -qui sait ? - peut-être même dans ces colonnes, mais il y a peu de chances. Maurice G Dantec sortira chez Albin Michel, "Grande Jonction" , moins "touchy" apparemment qu' American black box. Prix Mille feuilles du titre pour le bambi frankenstein de Jean-Hubert Gaillot. Les bonnes nouvelles nous viennent plutôt de l'étranger et surtout d'outre-Atlantique il faut bien l'admettre. Outre le summer crossing de Truman Capote qu'on a déjà évoqué ici, on suivra d'Extrêmement fort et incroyablement près le roman homonyme de Jonathan Safran Foer qui narre l'errance d'un jeune garçon dans le New-York du 11 septembre. Ca se passera chez L'Olivier qui publie aussi le script (illus. du livre en VO) de Rick Moody. On aime bien les éditions du désordre/Laurence Viallet qui nous le rendent bien en publiant un troisième roman post-mortem de Kathy Acker dont avait dit tout le bien qu'on pensait lors de la parution de la vie de la tarentule noire. Finissons cette notule comme il se doit par les deux monstres sacrés : William T Vollman et Chuck Palahniuk qui publient respectivement Les fusils et A l'estomac (haunted en VO). Applaudissements. Rideau. |
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