Livres : actu romans, essais et bd, extraits... blog Mille feuilles.
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Livres de foire

Posté par 2goldfish le 29.04.08 à 11:00 | tags : web, livre
Ce blog est le blog « livres » de Fluctuat mais, avouons le, il ne couvre qu'une infime partie du sujet : en dehors de l'occasionnelle élucubration de Myosotis, nous nous limitons généralement aux romans, essais et bédés. Les livres de cuisine gay des sixties, éditions illustrées de Don Quichotte du XVIIIème siècle et revue du travestissement américain vintage, vous trouverez plutôt ça sur le blog Room 26 Cabinet Of Curiosity de la bibliothèque Beinecke de l'Université de Yale.

Spécialisée dans les livres rares et les manuscrits, cette bibliothèque vient d'ouvrir un blog pour faire partager au monde entier les curiosités de son immense fond. On hésite encore à vendre les livres comme de la lessive, du moins les romans, mais les montrer comme des bêtes de foire n'a jamais posé de problème à personne.


Le recueil de contes de J.K. Rowling vendu près de 2,7 millions d'Euros

Posté par Solaris le 17.12.07 à 11:54 | tags : news, livre

 



Acquisition record : 1,95 millions de livres (2,7 millions d'Euros) pour l'unique exemplaire des Contes de Beedle le Barde mis aux enchères lors d'une vente qui s'est tenue chez Sotheby's à Londres. L'acquéreur n'est autre que le groupe américain Amazon.com.
Le livre de contes a été réalisé de la main de J.K. Rowling, auteur de la saga Harry Potter. Il existe sept exemplaires des Contes de Beedle le Barde, tous en reliure cuir avec des ornementations en pierres semi-précieuses ou en argent. Les six autres ouvrages seraient destinés à "ceux qui ont été le plus impliqués" dans l'édition des sept volets de Harry Potter, selon l'interview précédemment accordée par J.K Rowling à la BBC.
1,95 million de livres, c'est environ 40 fois plus que l'estimation la plus haute envisagée pour ce manuscrit. Et le fruit de cette vente sera entièrement reversé à la fondation The Children's Voice, co-fondée par l'écrivaine britannique, et qui oeuvre, entre autre, auprès des orphelins d'Europe de l'Est.

Amazon a créé sur son site une page spéciale entièrement consacrée au recueil. Toutefois, aucune précision ne filtre quant à une éventuelle publication grand public...

 


Anticyclopédie Universelle

Posté par 2goldfish le 17.12.07 à 10:04 | tags : histoire, livre

L'Anticyclopédie universelle, c'est un peu comme Wikipedia : une tentative douteuse de couvrir tout de la flore à la religion en passant par l'Histoire et la coiffure de Robin des Bois, mais vous feriez mieux de ne pas trop vous y fier. Contrairement à Wikipedia, l'Anticyclopédie est garantie cent pour cent fausse, sans aucune de ces vérités qui viennent semer le doute sur les pages de l'encyclopédie collaborative désormais concurrente de Google.

On trouve dans l'anticyclopédie un portrait de l'homme préhistorique via un questionnaire de Proust, des révélations sur l'implication du KGB dans Pif Gadget, des conseils pour réussir un bon autodafé et une double page de pub de Kim Jong-Il (un peu comme le Figaro, donc).

Malgré quelques légères tendances satiriques, l'Anticyclopédie donne avant tout dans un humour absurde plutôt poli et bien élevé. C'est d'ailleurs là que le bouquin est le meilleur, quand il cesse d'être une parodie d'encyclopédie traditionnelle pour ressembler davantage à l'encyclopédie d'un monde parallèle fantaisiste ou à l'oeuvre d'un idiot savant qui ne comprendrait rien au monde qui l'entoure.

Emmanuel Vincenot et Emmanuel Prelle
Mille Et Une Nuits

Lire aussi : Knol : comment Google veut croquer Wikipedia sur le blog Aeiou 

Le Journal modeste d'Hervé Di Rosa : entre la ligne et le mot

Posté par Myosotis le 14.12.07 à 16:50 | tags : livre

 

 

Les cahiers sont, sous une forme que je m'oblige à garder, comme des traces que ma main a dessinées - un instant où mon esprit fonctionne pour faire ça et pas autre chose. Il y a beaucoup de fantaisie, des citations et des plans de ce que j'ai entrepris ou dont je rêve. Le monde des images est si vaste que j'essaie de le répertorier, de le capturer à ma manière. Heureusement, il est sans fin, sinon j'en aurais fini. Ces cahiers peuvent faire découvrir des fragments du monde. J'en prélève des signes qui sont aussi des constats sociologiques et politiques. Ils ne sont pas évidents au premier coup d'oeil. Je magnifie les armes à feu, les armes de destruction, les missiles par exemple. (...) Le réel habite mes dessins même si ce ne sont pas des dessins de la réalité...


Je ne suis toujours pas un grand fan des "Beaux-Livres", mais il m'arrive (comme beaucoup) d'avoir dans ce domaine des coups de coeur dont ce Journal modeste fait partie. Constitué d'un long entretien entre le peintre et dessinateur sétois Hervé Di Rosa et un journaliste spécialisé (aux questions plus que pertinentes), ce Journal Modeste reprend un certain nombre de dessins tirés des cahiers de Di Rosa, évoluant entre différents styles et différentes intentions.

 

A côté de son oeuvre qu'on peut considérer comme principale, bien que cela ne veuille pas dire grand chose, le peintre, ancien membre du mouvement Figuration Libre dans les années 1980 (Combas, Lamarche-Vadel) et créateur du Musée International des Arts Modestes, a gardé à portée de main de grands cahiers qu'il a assujettis, en journal intime, carnets de voyage, ou de croquis, bloc-notes, polaroïd picturo-littéraire à sa "créativité domestique". Les dessins qui figurent dans ce livre sont tout bonnement suprenants et splendides, influencés par les séjours américains (l'auteur vit à Miami sur la période) ou mexicains, par le "bas" des cultures populaires (les pulps mexicains, les comics US), les croquis de Di Rosa ont parfois des allures de cartoons majestueux, de pense-bête ou de visions figées pour d'autres illustrations. Leur beauté repose parfois sur leur style, leurs couleurs ou leur caractère inachevé. Dans tous les cas, comme sous l'effet de petits poèmes en prose-torpille, on est fasciné par cette auto-organisation de la mémoire qui se met en place devant nous.


Retrouvez l'intégralité de la chronique de Journal modeste.


Journal Modeste
Hervé di Rosa (entretiens avec Patrick Amine)
Buchet Chastel, les cahiers dessinés

Les éditeurs en fête à la Halle Saint-Pierre

Posté par Solaris le 11.12.07 à 15:10 | tags : news, livre

La fin de l'année se profile. Afin de clôturer en beauté 2007, les éditions Passage piétons et L’Œil d’or ont entrepris de réunir une quarantaine de maisons d’édition indépendantes au sein de la Halle Saint-Pierre.
Du 12 décembre au 8 janvier 2008, Les éditeurs font fête. Une librairie éphémère, visant à valoriser fictions, livres d’artistes, ouvrages jeunesse, essais en tous genres et OLNI (objets livresques non identifiés), sera mise en place. De plus, quatre artistes ont été conviés : Sarah d’Haeyer (Lille), Julie Maret (Marseille), Katrin Stangl (Allemagne) et Aurélie Pagès (Paris). Ceux-ci présenteront leurs oeuvres dans le cadre de l'exposition Sans gravité.


Jean-Luc d'Asciano de L'Oeil d'Or s'est prêté au jeu de l'interview.
Les éditeurs en fête en questions sur Flu.

- Quel est le but de cette manifestation ?
Mettre en avant des éditeurs privilégiant autant la forme que le fond, souvent peu présent dans les réseaux habituels de librairies.

- Actuellement, que représentent les petites maisons d'édition dans le marché ?
Pour des raisons structurelles, ce sont elles qui permettent l'émergence des nouveaux talents ou la publication de texte pointus. Les grosses maisons ne peuvent, pour des raisons de rentabilité, publier de livre n'ayant pas au moins 2.000 acheteurs potentiels. La vente moyenne d'un titre en philosophie ou poésie (pour citer des exemples, somme toute, les plus clichés) est de 500 exemplaires.

- Quelles sont vos attentes par rapport à ces rencontres que vous préparez ?
Ventes, surprises, rencontres, verres de vin, projets ultérieurs lancés à l'occasion des trois termes précédents, lecteurs heureux, éditeurs aussi.


Halle Saint-Pierre, Passage Piétons et L'Oeil d'Or présentent : Les éditeurs font fête
Du 12 décembre au 8 janvier 2008
2 rue Ronsard (Paris, 18e)
Métro 12, Station Anvers
Ouvert tous les jours de 10h à 18h
Sauf les 26 décembre et 1er janvier ; fermeture à 16h les 25 et 31 décembre.


Salon du Livre de Montreuil 2007 : J-1

Posté par Solaris le 27.11.07 à 17:19 | tags : news, livre

Consacré à la littérature jeunesse, le Salon du Livre de Montreuil est devenu le rendez-vous incontournable de l'automne.
Regroupant 290 professionnels du livre et de la presse, le programme 2007 est alléchant. Vous pourrez ainsi partir à la découverte de l'univers du jeu et des jouets, apprécier la mise en lumière de la littérature anglo-saxonne, rencontrer des auteurs, illustrateurs...

Pour plus d'informations, consultez le dossier spécial Salon de Montreuil 2007 sur ados.fr, ainsi que les coups de coeur en littérature enfantine de momes.net.


Salon du Livre et de la Presse Jeunesse
Seine-Saint-Denis



Du 28 novembre au 3 décembre

Halle Marcel Dufriche Paris-Est Montreuil
128 rue de Paris - Montreuil
Métro 9, arrêt Robespierre
Bus 102, arrêt Sorins

Gratuit pour les enfants


Kindle : le lecteur de livres numériques d'Amazon

Posté par Solaris le 19.11.07 à 18:00 | tags : e-book, livre, news
Aujourd'hui, l'un des leaders des ventes sur Internet doit présenter à New-York son lecteur portable de livres numériques.
Attendu depuis plusieurs mois, Kindle se présenterait sous un format livre, pourvu d'une connexion wi-fi permettant la prise de note grâce à son clavier, ainsi que le téléchargement de livres et de journaux via Amazon. Les livres audio pourraient également être écoutés sur celui-ci. Son prix d'achat avoisinerait les 400, voire 500 dollars.
Ce lecteur deviendrait un sérieux concurrent de celui lancé en 2004 par le géant japonais Sony. De plus, Amazon a racheté en 2005 Mobipocket, afin de recourir à son propre format de livre à la place d'un format open qu'utilisent les autres éditeurs. En choisissant cette option, les livres électroniques téléchargés depuis Amazon pourraient ne pas être lus sur les autres lecteurs comme l'e-book de Sony.

Par ailleurs, il semblerait que le livre numérique soit en vogue. En effet, Google s'est engagé dans une grande opération en vue de constituer une bibliothèque électronique mondiale, projetant même de mettre en place un service payant pour le téléchargement de certaines oeuvres. Service dont les revenus seraient partagés avec les éditeurs. Toutefois, les "classiques" libres de droits (Shakespeare, Mauspassant) récupérés gratuitement sur Google pourraient ne pas être sous un format compatible avec le lecteur d'Amazon.
Quant au projet de bibliothèque numérique européenne, il avance. Mais "piano, piano".
Affaire à suivre.

Sur Flu : dossier complet, une histoire du E-book, avec la chronologie des différentes tentatives

Des livres, des légumes et du capitalisme

Posté par Myosotis le 10.10.07 à 10:10 | tags : elucubration, livre

 

La saison est étrange. Dans le même mouvement, certains livres et leurs auteurs sont portés au sommet des ventes, des louanges, du panthéon humain (il n'y a rien de plus haut qu'un écrivain star et imaginatif, si ce n'est peut-être un joueur de football ou un rockeur adolescent), tandis que d'autres, livres et auteurs, sont promis à une disparition brutale et à une élimination de masse qui ne se fait plus comme autrefois (au Moyen-Age, en 1933), parce qu'ils ont trop de couleurs (d'idées, de sang juif ou satanique, de sang pédé ou de sang rouge), mais parce que la formidable machine médiatique ne leur en trouve pas suffisamment pour remarquer jusqu'à leur existence.

Il y a une cruauté légumière (même saisonnalité, même péremption rapide et pourriture des denrées) dans l'industrie du livre, qui tend à renforcer, sur un plan théorique, ceux qui aiment à tracer des parallèles entre les totalitarismes et la mécanique capitaliste. Ceux qui ont récemment lu Vollmann ou le Zoli de Colum McCann savent que les totalitarismes s'accommodaient et produisaient à la pelle des stars officielles, des héros culturels qui ressemblent comme deux gouttes d'eau à nos best-sellérisés d'aujourd'hui : certains bons qui tirent leur épingle du jeu des compromissions et s'étonnent de pouvoir bénéficier, dans un monde hostile, d'un tel succès pour leur art ; d'autres exécrables (je passe sur les noms, pour une fois, mais vous les connaissez) qui jouissent, par ignorance, malice ou accident, des faveurs du marché pour un temps ou l'éternité. Les dignitaires d'antan, qui faisaient les listes de ceux qu'on envoyait au bûcher et de ceux qu'on envoyait au paradis des richesses et de la célébrité, ne sont plus les mêmes et ont été dissouts en une sorte de nébuleuse faite de marchands du temple (les libraires), de prêtres borgnes, aveugles ou décérébrés (les critiques, journalistes, tv) et de terroristes gnangnan (les bloggeuses et autres lectrices de moins de 50 ans qui donnent désormais leur avis sur tout). De tout ça, sort un goût peu sûr pour le livre et ses auteurs, une rente à vie pour des usurpateurs, une rente à vie pour quelques grands talentueux, ainsi que des dizaines de milliers de fatwas publiques ou silencieuses (l'indifférence) qui conduisent justement des livres merdiques (ceux qui n'auraient jamais dû naître) au pilori, mais coupent aussi quelques bonnes têtes de leur lectorat.

La civilisation moderne évolue du stade du "tout se vaut" à celui du "rien ne va plus", qui, en matière de goût littéraire (comme en matière de marché de primeurs, de capitalisme et de totalitarisme) équivaut à un dramatique mais si vrai : CHACUN POUR SOI (et personne pour les autres). La fonction des critiques que nous essayons d'être, si peu audible dans le capharnaüm, est évidemment d'allonger leur corps (sculpté par l'effort de lecture) devant le char des rentrées (littéraires) successives et de se faire écrabouiller par un Hérisson au Galop (ou toute autre arme de destruction littéraire massive) en murmurant sur un dernier souffle le titre du livre qu'ils auront préféré... Derrière l'héroïsme de pacotille, se tient une certaine idée du livre et de son contenu.


Abécédaire de l'esclavage des Noirs

Posté par Solaris le 25.09.07 à 17:53 | tags : news, livre, histoire


Comment transmettre l'histoire de la traite négrière, de l'esclavage et de leurs abolitions sans outil adapté ?
Gilles Gauvin a élaboré un abécédaire pour combler ce vide. Cet ouvrage évoque les différents aspects de l'histoire des anciennes colonies françaises soumises à l'esclavage (Martinique, Guadeloupe, Guyane, La Réunion et Haïti/Saint-Domingue). Ce qui permet de comprendre que cette histoire partagée fait partie intégrante de l'histoire nationale. L'iconographie abondante et diversifiée sollicite l'imaginaire et constitue un support pédagogique de première qualité. Cet Abécédaire de l'esclavage des Noirs est donc un ouvrage de sensibilisation indispensable.
Gilles Gauvin, docteur en Histoire, spécialiste de l'histoire contemporaine de La Réunion, est depuis une dizaine d'années enseignant en collège ZEP (Zone d'éducation prioritaire). Par ailleurs, il est membre du Comité pour la mémoire de l'esclavage (CPME), institué le 5 janvier 2004 en application de la loi du 21 mai 2001 qui tend à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité. L'une des missions du CPME consiste à proposer des mesures d'adaptation des programmes d'enseignement et à soumettre des actions de sensibilisation dans les établissements scolaires. Il a publié récemment Michel Debré et l'île de La Réunion : une certaine idée de la plus grande France (2006) et a collaboré à l'ouvrage Les Français au quotidien, 1939-1949 (2006). Il prépare par ailleurs une Histoire de La Réunion.

Nb Solaris : Cette news est proposé par Nathalie.

Retrouvez l'entretien accordé par l'historien Marcel Dorigny.


Vélib vs Livre : Le Boycott ?

Posté par Myosotis le 03.09.07 à 13:23 | tags : livre, elucubration



Alors que tout le monde se gargarise du succès phénoménal et estival de l'opération Vélib, personne ne s'est ému des conséquences incroyables qu'aurait bientôt cette belle opération de développement durable, et dernier coup de maître de la mandature de Bertrand Delanoë (qui n'est pas en cause ici), sur l'industrie du livre. D'après les premiers éléments dont on dispose, il semble qu'à Paris (il faudrait y ajouter Lyon et les dizaines de villes françaises et européennes qui emboîteront le pas à la capitale), ce soit 40.000 heures de vélo chaque jour qui soient passées désormais à pédaler, au lieu d'emprunter les tunnels du métro ou les couloirs de bus.
Si on considère que 80% des lecteurs dans les transports publics lisent la presse quotidienne, gratuite ou payante, ainsi que des programmes télé, et seulement 20% des romans, essais ou autres documents plus consistants, ce chiffre, peu parlant, indique pourtant que ce sont chaque jour et approximativement 8.000 heures passées sur Marc Levy, L'élégance du Hérisson et d'autres oeuvres qui seront englouties dans les pédaliers.
Car, force est de constater que lire sur un Vélib est impossible. 8.000 heures par jour cela donne, si on s'en tient aux précédentes "analyses scientifiques", 2.000 livres qui ne seront pas lus CHAQUE JOUR de semaine (Cf. : on lit surtout sur le chemin du boulot) où fonctionneront les Vélib - rappelons qu'il faut compter 4 heures de lecture pour venir à bout d'un "livre de gare" moyen. 2.000 livres par jour, soit 10.000 par semaine et donc (en posant 225 jours de travail annuels et 45 semaines) un manque à gagner de 90.000 ouvrages par an non lus et, par conséquent, vraisemblablement non achetés. A 12 euros de marge en moyenne par ouvrage de littérature, l'opération Vélib coûterait ainsi aux maisons d'édition un bénéfice net de plus d'1 million d'euros annuel.
Si on est bien loin de l'impact représenté par le téléchargement sur les achats de CD et DVD, et puisque, comme on sait, les reins des maisons d'édition sont beaucoup moins solides que ceux des majors multimédia, on peut dire que Delanoé, maître ès culture, vient de porter sans le savoir un coup sévère au livre.
De là à ce que les amateurs de littérature boycottent les deux roues...


Réveillez le scientifique qui est en vous !

Posté par Solaris le 29.08.07 à 15:51 | tags : news, livre

Si les ouvrages des frères Bogdanoff vous tombent des mains et si vous vous endormez devant le documentaire retraçant la genèse de la résolution du Théorème de Fermat, pourquoi ne pas essayer de lire Georges et les secrets de l'univers de l'astrophysicien britannique Stephen Hawking ? Ce livre de vulgarisation scientifique est le premier tome d'une trilogie. Découvrez à travers les aventures du héros le fonctionnement du système solaire, des trous noirs, des satellites naturelles, des comètes. Un outil pédagogique et ludique évidemment destiné aux enfants, mais pouvant remédier à vos lacunes.
Co-écrit avec sa fille Lucy, il sera disponible dans les librairies de l'hexagone dès le 6 septembre, soit une semaine avant sa sortie en Grande-Bretagne (13 septembre). Un premier tirage en France à 50 000 exemplaires et une diffusion dans 29 pays.



Georges et les secrets de l'univers

Stephen Hawking
Pocket Jeunesse


Harry Potter : mais que va devenir J.K Rowling ?

Posté par Easywriter le 31.07.07 à 12:55 | tags : news, livre

C'est l'impérieuse question qui nous tanne depuis ce matin. Ok ok c'est surtout le succès de la précédente notule qui nous pousse à récidiver. Au passage, il est bien normal que nous profitions un peu d'un business qui pourrait nourrir un pays de taille moyenne pendant une décennie. Bref, J.K. Rowling n'a pas l'intention de poursuivre dans la voie de la littérature fantastique après l'indépassable Harry Potter et a pour l"heure deux projets littéraires dont l'un destiné aux adultes - et l'évolution de la saga a montré une certaine frustration de l'auteur par rapport à son public pas exclusivement mais tout de même largement composé d'ados. Mais USA today a voulu savoir de quoi était fait le quotidien de cet écrivain, plus riche que la reine d'Angleterre. "J.K. Rowling a construit une maison de poupées avec sa fille de 2 ans, nettoyé l’aquarium et acheté du poulet chez l’épicier", révèle sans crainte le quotidien.

Cool les gars , tenez nous au courant et bon anniversaire Joanne.

Et toujours : Harry Potter : les livres

 


Livres d'été : Comment bronzer sans avoir l'air trop con

Posté par Easywriter le 17.07.07 à 15:31 | tags : short-list, livre

Bronzer sexy et intelligent ? C'est possible si vous suivez scrupuleusement les conseils de votre serviteur (épaulé par l'impeccable 2 Goldfish) sur le mag livres.
Littérature blanche ou noire, polars, BD, la sélection de Flu vous est un savant cocktail de bouquins cérébrés (mais pas trop), addictifs et troublants.
Bien sûr, vous pouvez vous aussi compléter cette liste somme toute modeste en proposant vos choix de lectures d'été via le formulaire idoine. Les meilleures notules (sauf celles qui sont carrément meilleurs que les nôtres évidemment) seront publiées durant tout l'été.

(Illus : depuis qu'elle suit les conseils de lecture de Flu, Océane a perdu dix kilos, obtenu un doctorat de philo et bronze désormais en moins de dix minutes. Via Bigolly molly )

Lectures d'été 1 : littérature générale

Lectures d'été 2 : polar et BD


Y a quoi dans ta bibliothèque idéale ?

Posté par Easywriter le 23.05.07 à 15:38 | tags : bibliothèque, livre

Les livres que vous conseillez à tous ceux que vous croisez - mais il y a aussi ces romans qu'on hésite presque à partager parce qu'il faudrait s'abaisser à les défendre et puis qui les mérite vraiment ? Des classiques, des contemporains.
Ceux que vous emporteriez sur une île déserte - ce qui est idiot d'ailleurs, je vous conseille en cas d'exil prolongé de ne choisir que des ouvrages que vous n'avez pas encore lus. Ceux qui ne sont pas objectivement bons mais on ne choisit pas toujours les compagnons de nos intimes bouleversements. Un mauvais livre parfois fait très bien l'affaire ( vous ne sifflotez que du Roy Orbison peut-être, bon alors...).

Les dix livres qui d'une manière ou d'une autre, pour les raisons que vous choisirez de partager ou de taire, vous ont bouleversé. A partir de là - et de surtout nos arbitraires arbitrages l'ouverture est une escroquerie politique vous le saviez non ? - nous batîrons la bibliothèque idéale de la communauté Flu. Nous pourrons ensuite faire de même avec la cuisine, la cave et les chambres afin de vivre tous ensemble et nous aimer d'amour.


Pourquoi nous avons faim

Posté par Easywriter le 30.03.07 à 18:12 | tags : livre, gallimard

Le premier ouvrage de Dave Eggers s'appelait Une oeuvre déchirante d'un génie renversant et ce titre contenait ce qui fait le talent et les limites de cet auteur américain : ego surdimensionné, écriture effectivement brillante et bouleversante, abus pénible d'ironie post-moderne.
Dans ce premier opus, Eggers racontait la vie d'un jeune homme à qui incombe la charge de son petit frère à la mort de ses parents. Toute en retenue émotionnelle, Une oeuvre déchirante était un livre d'amour, et pas seulement fraternel : il s'agissait aussi de ce besoin d'amour insensé que cherche à combler toute une génération dans la production artistique tous azimut ou les castings de télé-réalité – la tentative du narrateur de participer à The real world donnait d'ailleurs quelques unes des pages les plus drôles du roman.
Les possibilités d'identification et un sens aigu de l'air du temps catapultèrent le bonhomme en tête du hit-parade des auteurs les plus choyés par la presse intello : en fondant la revue Mc Sweeney's et une maison d'édition dans la foulée de ce premier succès, Eggers devint le porte-étendard des trentenaires qui ne pratiquent plus l'ironie qu'avec mélancolie. Il y a chez cet homme quelque chose de JD Salinger et je vous jure que c'est vrai.

Avec "Pourquoi nous avons faim" , Eggers s'essaie à la nouvelle qu'il connait bien en tant qu'éditeur : (il a publié Jonathan Lettem, Rick Moody, Joyce Carol Oates ou TC Boyle.) Il y est on s'en doute, aussi agaçant qu'à l'accoutumée : une nouvelle intitulée "il y a certaines choses qu'il devrait garder pour lui" est composée de six pages vides....Il y est aussi question d'un homme qui veut monter trois murs avant que sa femme ne rentre. On y parle de la solitude et de la difficulté à éprouver des sentiments vrais. S'il échappe à tout pathos, le livre tourne parfois à la pénible démonstration de création littéraire – Eggers anime des cours de creative writing à destination d'adolescents en difficulté en même temps qu'il aide des réfugiés politiques, également par l'écriture.
Pire : avec ses histoires qui ne racontent pas grand-chose et son accumulation de détails, Eggers ne pourrait être qu'un Philippe Delerm made in San Francisco. Sauf que comme tout bon cours de creative writing, pourquoi nous avons faim trouve son intérêt dans tout ce qui n'y est pas dit, dans cette intervalle qui sépare les têtes à claques surdoués des tacherons pontifiants : le talent.

Ca ne tient pas à grand-chose, mais il faut savoir écrire en quatre feuillets l'étrange mélange de plaisir et d'angoisse d'une mère attendant le retour de son fils adolescent; ou réussir, en racontant l'histoire de deux vieux amis qui font l'amour pour la première fois, des phrases aussi bêtasses que celles-ci : "Sommes nous contraints – peut-être la réponse est-elle oui – d'accepter tout choix qui ne blessera personne ? On utilise le terme blessé en parlant de ce genre de choses, parce que, lorsque ça se passe mal, on a l'impression d'être frappé au sternum par un énorme animal qui a parcouru des kilomètres uniquement dans ce but". Si les trois lignes précédentes vous laissent de marbre, oubliez cette notule et passez à autre chose.

"Pourquoi nous avons faim
Dave Eggers
Gallimard


Toutes mes lectures en ligne comme Art Garfunkel

Posté par Myosotis le 05.02.07 à 11:50 | tags : livre, elucubration, vo

Il n'est peut-être pas trop tard pour s'y mettre (encore que...) : chaque lecteur, petit, moyen ou gros, a rêvé un jour de se retourner sur son parcours de lecteur et de pouvoir contempler d'un oeil fier (cette culture balayée, assimilée, oubliée), honteux (ce temps perdu, ces rendez-vous manqués, cette désolation), ou étoilé (ces découvertes, ces émotions), la liste exhaustive de ses lectures. La somme de nos lectures résumerait-elle ce que nous sommes ? Les livres font-ils l'homme ou est-ce que c'est l'homme-lecteur qui fait les livres et leur enchaînement ? Une A.I bien intentionnée pourrait-elle, dans un futur proche, à partir de ces précieuses informations nous dire enfin qui nous sommes ?
Le chanteur Art Garfunkel, en nous attendant, a fait cette énorme travail pour nous (pour lui), offrant depuis des années sur son site la liste de tous les livres qu'il a lus en 40 ans. Ne connaissant pas plus que n'importe qui le parcours musical de cet homme, je ne peux qu'être pris d'affection pour lui quand je découvre cette liste d'une richesse incroyable où Kant, Freud et Sénèque cotoyent Shakespeare, Gogol, Hawthorne et Dorothy Parker. Qu'on apprécie ou pas son drôle de duo folkeux avec le petit Paul Simon, ce gars-là a de saines lectures et s'impose, par cet affichage tout sauf ostentatoire, comme un homme de goût. Pour ceux que ça intéresse, Garfunkel devrait atteindre prochainement les 1000 livres (en 40 ans, ce qui fait une moyenne très honorable pour un Américain) et dévore actuellement le Loup des Steppes d'Herman Hesse. Six mois plus tôt, il se tapait La Débâcle d'Emile Zola, ça impose le respect. http://www.artgarfunkel.com/library.html

Qui sera là pour me rappeler qu'un automne 2006, je lisais un livre de Marc Levy ?

 


Copinage : Marché noir à la Générale

Posté par Puck le 15.12.06 à 23:23 | tags : livre, news

C'est bientôt noël et les éditions è®e seront ce week end avec quelques autres joyeux éditeurs pirates et pop (dont Fremok) au squatt arty le plus hype de Paname, à savoir La Générale (www). Seul hic, ce n'est qu'à Paris...

Et Paul Fournel, alors ?

Posté par DDA le 24.10.06 à 17:24 | tags : livre

On a reçu ça :
"Je remarque avec horreur que votre blog ne comporte aucune entrée sur Paul Fournel, Président de l'OuLiPo, cycliste, et plus sérieusement, écrivain d'une rare finesse. On signalera au passage "Un homme regarde une femme", ou "Les athlètes dans leur tête" qui a récemment été adapté au théâtre par André Dussolier. Certes, il faut aimer les auteurs discrets, patients, à la Maupassant, qui pratiquent des effets rares et subtils, mais son souvenir d'enfance, publié chez "Après la lune", dans la collection "la maîtresse en maillot de bain", vaut bien qu'on s'y arrête un instant. C'est un texte très court, conçu pour être lu dans les transports en commmun, où l'auteur évoque deux vocations manquées : cycliste, et coiffeur pour dames".

Ben voilà Nicolas, oubli réparé. Toi aussi assure la promo de ton tonton sur Mille-Feuilles.

(NB: les propositions de lecteur sont publiées de manière aléatoire (voire mais rarement pas publiées du tout) selon une logique oulipesque impossible à expliquer. Soyez patients...)

Emmanuel Bove a eu un bon Pressentiment

Posté par Easywriter le 03.10.06 à 16:00 | tags : livre
Ce n'est pas le plus connu des romans d'Emmanuel Bove qu'adapte cette semaine Jean-Pierre Darroussin avec le Pressentiment mais l'un des plus représentatifs de l'oeuvre du romancier. En racontant l'histoire d'un avocat, Charles Bénesteau qui largue travail et famille pour tenter ce qu'on appèlerait aujourd'hui la vraie vie, Bove dessine en creux l'absurdité de la comédie humaine, toute entière tournée vers le paraître et le désir vain et désespéré d'être quelqu'un. Charles Bénesteau va donc s'installer au milieu des classes populaires et se mettre hors-jeu, parce qu'il faut bien congédier les expédients de la vie moderne si on ne tient pas à vivre enseveli. Il n'y a pas d'autre solution que d'oublier le tumulte vain du monde, pas d'autre option que le renoncement.
Renoncement qui ne fut pas pour Bove une simple pose esthétique mais un choix de vie puisqu'il refusa à peu près toutes les interventions littéraro-mondaines et les lauriers de sa aussi brève que relative notoriété (ce fut Colette qui lança sa carrière d'écrivain). Que peut-on perdre quand on a rien à perdre ? Ce questionnement qui traverse l'ouvrage- et peut paraître convenu -prend tout son sens si on le regarde d'un peu plus près. Et c'est exactement ce que fait Bove dans ce livre comme dans tous ses livres,  regarder de près, avec  un sens du détail extrêmement émouvant et dans une langue de laquelle on ne dira rien par peur de mettre à côté. Un pressentiment est une belle leçon sur la vie que l'on devrait mener pour soi et avec les autres, simplement. Ce que Bove lui-même aura partiellement réussi de son propre aveu.
"J'écris, dit-il, pour me communiquer, ayant trouvé que c'est impossible à travers les malentendus de la vie quotidienne".
Son Pressentiment date de 1935 mais l'idée qu'il revient à chacun de nous de sortir de son propre cachot  vaut toujours aujourd'hui.


Tous les livres d'Emmanuel Bove sont disponibles au Castor Astral.
Lire la chronique de Le Pressentiment dans la rubrique Cinéma. Et discutez en sur les forums de Flu



Hugo Chavez en vrp de Chomsky

Posté par Easywriter le 25.09.06 à 16:04 | tags : livre
La news m'avait échappé : le président vénézuélien a brandi un livre de Noam Chomsky lors de son discours à la dernière assemblée générale de l'ONU mercredi dernier. " Les Américains devraient lire ce livre plutôt que de regarder Superman" s'est exclamé Hugo Chavez après avoir traité Bush de diable. Dans Hegemony and survival: America's quest for global dominance, Noam Chomsky critique la politique sécuritaire des USA . Il s'inquiète également des risques de conflit nucléaire liés à l' hégémonie et l'arrogance du Pentagone sur la scène internationale. Du coup, l'ouvrage s'arrache dans les librairies et s'est placé en tête des ventes sur Amazon. Décidément les tenants du Bush bashing sont de sacrés commerciaux : Ben Laden avait assuré une  promo inespérée à William Blum et son Rogue State: A Guide to the World's Superpower (L'Etat voyou: un guide de la superpuissance mondiale).
Le livre Dominer le monde ou sauver la planète: L'Amérique en quête d'hégémonie mondiale de Noam Chomsky a été publié en France chez Fayard. (source Le Monde et La République des lettres)

Je, la Mort et le Rock'n'Roll

Posté par Flyer le 29.06.06 à 10:29 | tags : naïve editions, livre, copinage
Chuck Klosterman - Je, la Mort et le Rock'n'RollChuck Klosterman est critique rock à Spin magazine, dans la réalité mais dans son autofiction aussi. Je, la Mort et le Rock'n'Roll ("une histoire vraie à 85%" écrit Klosterman) aurait pu être d'un ennui profond, tellement ses thèmes sentent le revival de la littérature rock des dernières années : narcissisme, usage de stupéfiants divers, cynisme chic, et du rock, du rock, la grande putain du rock, muse prêtant son corps au tout et n'importe quoi littéraire.
Alors, qu'est ce qui fait que le roman de Klosterman fonctionne ? Les blagues, un peu. La mort, beaucoup. Klosterman livre dans son oeuvre tout ce qu'il intériorise dans sa véritable existence. Sorte de faux timide rongé par une conscience aiguë de ses défauts et une espèce de culpabilité aussi éternelle qu'irraisonnée, il écrit quelque part à la croisée du détachement clinique, des confessions psychopathologiques, et du surréalisme d'un metteur en scène attaqué par sa propre imagination.
Saupoudrez le tout d'humour de cimetière, de classements sociologiques basés sur les drogues, les alcools et les régions d'où vous venez, et de références quasi-névrotiques à KISS où aux mastodontes préhistoriques, et vous obtiendrez un livre attachant, pas foncièrement génial mais suffisament original et (drôlement) morbide pour n'être jamais ennuyeux, et contenant la chronique de Kid A (Radiohead) la plus intéressante (et bizarre) que j'aie jamais lue. Vous obtiendrez aussi une véritable petite encyclopédie sur les morts violentes de rockeurs (ou inspirées par des rockeurs, ou causées par des rockeurs...) depuis 1950. Ça vous fera rire...

Erik Rémès ou la position de l'homo debout

Posté par Myosotis le 26.06.06 à 10:07 | tags : web, livre, autofiction, sexe et littérature, autobiographie

Je n'aimais pas tellement la gay pride lorsque j'habitais Paris car j'étais perturbé, comme beaucoup d'hétéros (?), par la présence dans le métro ou la rue des homos les plus visibles et les plus laids, qu'on ne voyait qu'à cette occasion, ceux qui ont du poil aux pattes et portent des shorts de cuir noir moule-organes. La présence de ces types m'a toujours fait flipper et me méfier de cette manifestation. Cela m'est resté.
Du côté des écrivains gay, après la disparition de Guillaume Dustan, je continue d'accorder pas mal de crédit à Eric Rémès, écrivain et ancien journaliste de 41 ans, qui sans être tout à fait sur la même ligne que Dustan, qui a été son premier éditeur n'en est pas si éloigné. Son écriture est précise et ses positions bien marquées. Rémès a fait parler de lui avec son roman Serial Fucker, accusé de faire l'apologie du bareback, ce qui n'était pas du tout le cas. Dernièrement, Rémès, et il  vaut mieux aller le lire que d'en causer pendant des heures (je ne veux pas dire trop de conneries sur une littérature dont je ne suis pas un spécialiste), a retravaillé son site et l'a enrichi d'extraits (les 2 premiers chapitres) de son prochain roman  Amour Kannibal (!) dont je reproduis ici le 4ème de couverture :

"J’ai commencé par les animaux. Éventrer – étriper – dépecer : je me masturbe toujours en pensant à cet continuité de mouvements, toujours forts excitants. Lorsque arrive la puberté, vers l’âge de douze ans, pervers, un nouvel élément vient s’insinuer dans mon fantasme et l’idée de manger finit par s’ajouter tout naturellement à mon rituel. Pendant des années, j’ai rêvé de consommer de la chair humaine, sans jamais me laisser aller à le faire, sans même oser penser que cela puisse vraiment se produire un jour. C’est très difficile de devenir un homme libre, de se débarrasser de ses peurs et de ses préjugés. Et peut-être même n’est-ce pas totalement souhaitable. Si ce n’est que moi, je l’ai fait".

Journal d'un cannibale.  Erik Rémès. A suivre sur le site de l'auteur.

Serial fucker. Editions Blanche


Pasolini, le livre et les couches

Posté par Myosotis le 25.06.06 à 11:38 | tags : livre, extrait
Je reviens à Pasolini et à la Divine Mimesis car mon édition est agrémentée d'autres notes et textes n'ayant rien à voir dont une note sur le roman de demain. On sait que le dernier livre de Pasolini s'appelait Pétrole et qu'il a été publié inachevé chez Gallimard, il y a cinq ans peut-être. Mais ce n'est pas ce qui importe. Ce qui m'intéresse dans l'extrait ci-dessous, c'est que Pasolini tient le même discours que Walter Benjamin et que Maurice Dantec dans une certaine mesure, définissant ce qui sera le vrai grand roman moderne des années 2000-2010, peut-être 2020, héritier des techniques de composition classiques, de l'âge intertextuel et des évolutions du monde de l'écrit (la couche contre l'aplat). Pas la peine que je vous dise, que le genre ne compte aucun exemple, si ce n'est peut-être, un ancêtre déjà avec la Maison des Feuilles de Mark Danielewski.
"Le livre doit être écrit par couches, toute nouvelle rédaction doit être sous forme de note, datée, de façon que le livre se présente presque comme un journal. Par exemple, tout le matériel déjà écrit doit être daté : il ne doit pas être éliminé de la nouvelle rédaction, qui doit consister en une nouvelle couche additionnelle ou en une longue note. Et de même pour les rédactions successives. A la fin, le livre doit se présenter comme une stratification chronologique, un vivant processus formel : où une nouvelle idée n'effacerait pas la précédente mais la corrigerait ou plutôt la laisserait absolument inaltérée, la conservant formellement comme un document du passage de la pensée. Et comme le livre sera un mélange de choses faites et de choses à faire - de pages achevées et de pages ébauchéesn ou seulement projetées - sa topographie temporelle sera complète : il aura à la fois la forme magmatique, la forme progressive de la réalité (qui n'efface rien, qui fait coexister le passé avec le présent."

Cette note date du 1er novembre 1964.


John Updike dans la peau d'un terroriste

Posté par Easywriter le 12.06.06 à 11:43 | tags : livre, news, lectures

Après Salman Rushdie qui décrivait dans Shalimar le clown  la radicalisation de l'Islam en Inde à travers la transformation d'un croyant en terroriste, c'est au tour d'une autre grand figure des lettres américaines de se coller à l'épineux sujet : dans Terrorist, John Updike entre dans le cerveau d'Ahmad Ashmawy Mulloy, un jeune américain qui tombe dans les filets d'un Imam fondamentaliste.  Ahmad finira par participer à l'explosion d'une bombe à bord d'un camion sous l'un des principaux tunnels d'accès à l'île de Manhattan. Son implication dans la djihad est la continuité d'une conversion  à l'Islam qui lui a permis de fuir une vie minable et combattre une Amérique en voie avancée de déliquescence : racisme, surconsommation, culture de la débilité et du frivole...
Outre-Atlantique, les critiques se sont émus que l'auteur de Rabbitt -unanimement célébré là-bas- puisse éprouver autant d'empathie pour un terroriste et semble éprouver le même dégout que son personnage pour l'Occident. De son côté, Updike a expliqué vouloir comprendre les motivations d'un terroriste plutôt que de les juger. A 74 ans, Updike vient probablement de faire définitivement une croix sur la possibilité d'obtenir un jour le prix Nobel.


Rentrée littéraire : bonnes nouvelles... de l'étranger

Posté par Easywriter le 06.06.06 à 15:44 | tags : roman, livre, news, rentrée littéraire


Les éditeurs commencent donc à laisser filtrer les premières infos et même bonnes feuilles des romans de la rentrée. Et celle-ci s'annonce plutôt bonne. Passons en revue les parutions sur le mode bien connu de la gradation. Et donc commençons par la France.


Yann Moix commet un livre qui s'appelle Panthéon en toute sobriété. Voilà c'était la dernière fois que vous entendiez parler de ce livre dans Flu (à moins qu'il n'inspire à Myosotis quelque élucubration).
Pour ceux - nombreux - que ça intéresse, Amélie Nothomb publiera son opus annuel, intitulé cette fois Journal d'hirondelle.
Christine Angot nous propose chez Flammarion un rendez-vous auquel on n'est pas sur de se rendre. Florian Zeller devrait faire parler de lui et -qui sait ? - peut-être même dans ces colonnes, mais il y a peu de chances.
Maurice G Dantec sortira chez Albin Michel, "Grande Jonction" , moins "touchy" apparemment qu' American black box.
Prix Mille feuilles du titre pour le bambi frankenstein de Jean-Hubert Gaillot.
Les bonnes nouvelles nous viennent plutôt de l'étranger et surtout d'outre-Atlantique il faut bien l'admettre. Outre le summer crossing de Truman Capote qu'on a déjà évoqué ici, on suivra d'Extrêmement fort et incroyablement près le roman homonyme de Jonathan Safran Foer qui narre l'errance d'un jeune garçon dans le New-York du 11 septembre. Ca se passera chez L'Olivier qui publie aussi le script (illus. du livre en VO) de Rick Moody.
On aime bien les éditions du désordre/Laurence Viallet qui nous le rendent bien en publiant un troisième roman post-mortem de Kathy Acker dont avait dit tout le bien qu'on pensait lors de la parution de la vie de la tarentule noire.

Finissons cette notule comme il se doit par les deux monstres sacrés : William T Vollman et Chuck Palahniuk qui publient respectivement Les fusils et A l'estomac (haunted en VO). Applaudissements. Rideau.



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