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Tout sur l'auteur du carton Les Bienveillantes. Lire aussi la biographie de Jonathan Littell.
A quoi sert l'Extermination ?Selon certains artistes, cette question est la seule qui vaille d'être posée depuis 60 ans : A quoi sert ou a pu servir l'Holocauste, l'élimination systématique dans des chambres à gaz, des camions, des camps de millions de personnes par la Barbarie nazie ? L'art de la seconde moitié du XXème siècle a évidemment et, à raison, posé la question sous toutes ses formes : pouvait-il exister du beau après ça ? la Shoah devait-elle tout déterminer ? d'où venait la source du Mal ? l'extermination était-elle (a)normale ? Il ne serait pas raisonnable de dresser une typologie des propositions issues de ce questionnement en 3 lignes. Selon que les réponses provenaient des écrivains, des peintres, des cinéastes, des historiens ou des spécialistes des religions, la représentation des faits variait et le niveau de réponse apporté également.
Dans l'actualité de cette dernière année, le roman de Jonathan Littell, Les Bienveillantes, et la BD de David Brin et Scott Hampton, D Day, le Jour du désastre, proposent deux réponses ARTISTIQUES presque contradictoires. Dans le premier (qui, personne n'en a parlé, n'était pas si éloigné dans le ton de la Flèche du Temps de Martin Amis - bien meilleur et plus brillant), l'extermination des Juifs est vécue, selon la perspective historique dominante, comme la conjonction d'un système issu de multiples facteurs socio-culturels et économiques et de barbares individuels (dont le héros du livre). La normalité des tortionnaires et du cycle criminel rencontre la folie de l'homme. La thèse est juste et sans doute plus proche de la vérité que la seconde. Mais il n'est pas certain qu'elle soit artistiquement plus juteuse.Dans D Day, le jour du désastre, David Brin imagine que les camps de la mort sont un instrument ésotérique (l'idée est discrètement présente dans le 1er Indiana Jones) destiné à convoquer les puissances occultes. L'extermination des Juifs Jonathan Littell, prix Goncourt
Sur le mag : Les Prix Goncourt depuis toujours Ohhh mais qui va avoir le Goncourt ?!!!![]() Mais les vieux briscards préfèreront-ils saluer le François Vallejo de Ouest et assurer la publicité de Viviane Hamy ? Ah oui mais alors Flammarion, qui distribue cette dernière, nique sa race à Gallimard... L'équipe de Flu, munie de magnéto extra-plats scotchés à même la poitrine, a soudoyé les serveurs, installé des micros partout et envoyé son reporter Jeeve habilement déguisé en bouteille de Möet. Photos volées depuis le toit d'en face à l'appui, il nous racontera les dessous des tractations, l'envers du décor, la guerre des nerfs et la haine larvée qui agitent le milieu des squales. Les Bienveillantes, prix de l'Académie française Jonathan Littell vient -il d'entamer sa course aux prix ? Ou à l'inverse le grand prix de l'Académie française qui vient de lui être attribué pour Les Bienveillantes signifie que le Goncourt vient de lui échapper ? Auquel cas qui l'aura ? Et le Femina alors, c'est du poulet ?Quel suspense je vous jure je vais m'évanouir. Les Bienveillantes de Jonathan Littell : coup marketing et alors ?
MAJ : Lire aussi le forum les Bienveillantes. Les bienveillantes de Jonathan LittellPosté par Easywriter le 18.09.06 à 16:26 | tags : extrait, gallimard, rentrée littéraire, les bienveillantes
J'aurai passé ma vie à me manufacturer des souvenirs, même si l'on me paye plutôt, maintenant, pour manufacturer de la dentelle. En fait, j'aurais tout aussi bien pu ne pas écrire. Après tout, ce n'est pas une obligation. Depuis la guerre, je suis resté un homme discret ; grâce à Dieu, je n'ai jamais eu besoin, comme certains de mes anciens collègues, d'écrire mes Mémoires à fin de justification, car je n'ai rien à justifier, ni dans un but lucratif, car je gagne assez bien ma vie comme ça. Une fois, j'étais en Allemagne, en voyage d'affaires, je discutais avec le directeur d'une grande maison de sous-vêtements, à qui je voulais vendre de la dentelle. Je lui avais été recommandé par d'anciens amis ; ainsi, sans poser de questions, nous savions tous les deux à quoi nous en tenir, l'un envers l'autre. Après notre entretien, qui s'était d'ailleurs déroulé de manière fort positive, il se leva pour tirer un volume de sa bibliothèque et me l'offrit. Il s'agissait des mémoires posthumes de Hans Frank, le General-Gouverneur de Pologne ; cela s'intitulait Face à l'échafaud. « J'ai reçu une lettre de sa veuve, m'expliqua mon interlocuteur.Les Bienveillantes Jonathan Littell Gallimard On vous a déjà dit ce qu'on en pensait ici Le meilleur roman français de la rentrée est-il américain ?Posté par Easywriter le 04.09.06 à 13:30 | tags : roman, gallimard, rentrée littéraire, les bienveillantes
On se je me plains ici à longueur de colonnes - et abusivement - du manque d'ambition et de générosité du roman français. Voilà un reproche qu'on fera difficilement à Jonathan Littell, écrivain anglo-saxon et francophone qui balance un pavé de 900 pages à la face des journalistes en pleine rentrée surchargée. L'histoire d'un officier SS dont on suit la vie entre 1941 et 1945, sa lente descente dans la folie, ponctuée par de vaines tentavives de rationalisation de l'horreur qu'il planifie. Les bienveillantes, titre de cette somme , est une épopée construite de manière très classique sur le plan formel, en gros un roman familial et une chronologie précise des événements historiques. Jonathan Littell, auteur de 39 ans, a du se documenter un moment pour réunir autant d'informations et parvenir (partiellement) à ce que celles-ci ne handicapent pas trop la lecture du roman ( que je suis très loin d'avoir fini). Avec ces références hautement culturelles, (Eschyle, la "grande" musique...), ses grandes problématiques - (qu'est-ce qui motive le désir historique de tuer ? Qu'est-ce qui subsiste de l'homme quand la mécanique de l'horreur se met en branle... )- Les Bienveillantes peut convenir aux lecteurs férus de classiques. Mais son rythme et son goût de la provocation séduiront aussi les amateurs de littérature contemporaine. Toute proportion gardée, Littell emprunte la voie d'un certain pavé demesuré tracée par Dostoievsky. Les Bienveillantes de Jonathan Littell, Gallimard 2006. + Discutez des Bienveillantes sur les forums Livres de Flu. |
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