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Tout sur l'auteur du carton Les Bienveillantes. Lire aussi la biographie de Jonathan Littell.

Jonathan Littell vs Hans Fallada : David contre Goliath

Posté par Madeleine le 30.07.09 à 14:55 | tags : les bienveillantes, best-seller, édition

On se souvient du mauvais accueil que la presse anglo-saxonne avait réservé aux Bienveillantes, lors de sa sortie outre Atlantique il y a cinq mois. "Répugnant" pour The New Yorker, "monologue pachydermique" pour le Sunday Times... En dépit de ses 150 000 tirages, The Kindly Ones ne partait pas d'un bon pied aux Etats-Unis.

 

Et en effet : depuis sa sortie le 1er mars, le roman s'est vendu à 17 000 exemplaires sur le territoire américain. Ce qui laisse un goût amer à son éditeur, HarperCollins, qui avait acquis l'ouvrage pour un million de dollars.

 

Et pendant ce temps...

Tandis que la presse recevait The Kindly Ones à grand bruit, la petite maison d'édition Melville House sortait Every Man Dies Alone, d'Hans Fallada (en français, Seul dans Berlin, chez Gallimard), le même jour que le Littell. Aujourd'hui, la maison prépare son quatrième tirage, et les ventes dépassent les 11 000 exemplaires. Sans parler de best-seller, cette réussite est une surprise pour Melville House, qui craignait que le monstre Littell n'écrase son poulain, que seul le New Yorker avait salué dans un article. Car les deux romans traitent du même thème : deux récits historiques, ayant pour cadre la Seconde guerre mondiale. Réédition d'un ouvrage publié en 1947 par l'écrivain allemand Hans Fallada, Every Man Dies Alone est de facture plus classique que les longues et éprouvantes Bienveillantes : il raconte la vie quotidienne d'un quartier populaire de Berlin, sous l'Allemagne nazie.

Difficile d'en conclure que Fallada fait de l'ombre à Littell; mais le succès inattendu de l'un, et l'échec douloureux de l'autre, rappellent juste que rien ne vaut un bon bouche-à-oreille pour vendre un livre. Décidément, Les Bienveillantes restent une exception européenne.

 

Lire aussi :

Jonathan Littell, trop long et trop cher pour les anglo-saxons ?

Tristan Ranx, le nouveau Jonathan Littell ?

Entretien avec Robert Littell

En images : écrivains de père en fils

 

Source: Blog de Pierre Assouline




Les Bienveillantes de Littell : trop long et trop cher pour les Anglo-saxons ?

Posté par Gwenola le 10.03.09 à 17:41 | tags : news, édition, média, les bienveillantes
The Kindly OnesGrotesque. Pervers. Répugnant. Le verdict d'une majorité de critiques anglo-saxons sur Les Bienveillantes de Jonathan Littell, paru ce mois-ci aux Etats-Unis, est sans appel. Le roman, récompensé en 2006 par le prix de l'Académie française et le Goncourt, ne suscite pas beaucoup d'enthousiasme outre-Atlantique. Mais que reproche-t-on donc à The Kindly Ones, version US des Bienveillantes ?

 

On trouve, dans différents titres de la presse anglo-saxonne, plusieurs types d'arguments anti-Littell, pas vraiment bienveillants... Tour d'horizon.

 

Trop cher... Le prix de The Kindly Ones - 29,99 $ ! - publié par l'éditeur HarperCollins, en indigne quelques-uns. Dans une tribune du Wall Street Journal, la critique Sara Neslon pointe du doigt le but commercial du livre - un pavé de 1000 pages - et déclare ouvertement qu'elle n'en finira pas la lecture.

 

Trop racoleur... Plus fort, la même journaliste va jusqu'à comparer Littell à Britney Spears, affirmant que les deux personnalité partagent la même "tendance à la lubricité" recherchée par les éditeurs... Michiko Kakutani, chroniqueuse star du New York Times, considère, elle, que sous le titre The Kindly Ones se cache un roman « volontairement sensationnaliste et délibérément répugnant ».

 

Trop ambitieux... Il n'en fallait pas plus pour que Donald Morrison, l'auteur de l'article controversé sur « La mort de la culture française » s'empare de l'affaire. Il assène le coup de grâce dans un article du Financial Times : d'après lui, Les Bienveillantes « tente de poser les grandes questions. Et échoue magnifiquement »!

 

Trop cliché... Pour Peter Kemp du Sunday Times, le récit s'apparente carrément à une diarrhée verbale, à un « monologue pachydermique » agrémenté de références douteuses sur le nazisme. Malsain, lourd, cliché. Sur le net aussi, les critiques acides des internautes pleuvent.


Ou pas trop... Y a t-il alors un critique pour sauver l'honneur de Littell ? Peut-être. Jason Burke, journaliste de The Observer a salué un « roman remarquable (...) d'une puissance extraordinaire ». Son confrère du Times, Anthony Beevor, y voit lui aussi « une formidable œuvre de fiction ». On n'ira donc pas jusqu'à soupçonner un complot anti-Littell d'envergure internationale.

 

Source : ActuaLitté, Le Monde







A quoi sert l'Extermination ?

Posté par Myosotis le 22.11.06 à 15:14 | tags : elucubration, histoire, les bienveillantes
Selon certains artistes, cette question est la seule qui vaille d'être posée depuis 60 ans : A quoi sert ou a pu servir l'Holocauste, l'élimination systématique dans des chambres à gaz, des camions, des camps de millions de personnes par la Barbarie nazie ? L'art de la seconde moitié du XXème siècle a évidemment et, à raison, posé la question sous toutes ses formes : pouvait-il exister du beau après ça ? la Shoah devait-elle tout déterminer ? d'où venait la source du Mal ? l'extermination était-elle (a)normale ? Il ne serait pas raisonnable de dresser une typologie des propositions issues de ce questionnement en 3 lignes. Selon que les réponses provenaient des écrivains, des peintres, des cinéastes, des historiens ou des spécialistes des religions, la représentation des faits variait et le niveau de réponse apporté également.Dans l'actualité de cette dernière année, le roman de Jonathan Littell, Les Bienveillantes, et la BD de David Brin et Scott Hampton, D Day, le Jour du désastre, proposent deux réponses ARTISTIQUES presque contradictoires. Dans le premier (qui, personne n'en a parlé, n'était pas si éloigné dans le ton de la Flèche du Temps de Martin Amis - bien meilleur et plus brillant), l'extermination des Juifs est vécue, selon la perspective historique dominante, comme la conjonction d'un système issu de multiples facteurs socio-culturels et économiques et de barbares individuels (dont le héros du livre). La normalité des tortionnaires et du cycle criminel rencontre la folie de l'homme. La thèse est juste et sans doute plus proche de la vérité que la seconde. Mais il n'est pas certain qu'elle soit artistiquement plus juteuse.

Dans D Day, le jour du désastre, David Brin imagine que les camps de la mort sont un instrument ésotérique (l'idée est discrètement présente dans le 1er Indiana Jones) destiné à convoquer les puissances occultes. L'extermination des Juifs par la consumation des âmes entretiendrait une chaudière magique qui attirerait des Chevaliers assurant la domination du Reich. Le principe implique une alimentation en continue du bûcher. Ici, Auschwitz permet à Hitler d'obtenir l'appui uchronique des Dieux Vikings (Thor, Odin, Loki,...).
La BD n'est pas une chef d'oeuvre (le dessin est inégal et le scénario s'égare sur la seconde moitié de l'album) mais le ressort scénaristique est épatant et donne une explication impossible... plausible de la Barbarie. La question n'est évidemment pas de dire qui de Littell ou de Brin dit la vérité mais lequel des 2 ouvrages permet au lecteur d'approcher la compréhension de l'incompréhensible. Bizarremment, à ce petit jeu là, l'hypothèse de SF est bien plus pertinente, et finalement mieux à même de cerner la démesure de l'entreprise de mort, que l'hypothèse strictement réaliste. Comme si seule une idée folle pouvait suggérer la folie des idées.




Jonathan Littell, prix Goncourt

Posté par Easywriter le 06.11.06 à 14:09 | tags : les bienveillantes, prix goncourt

Telex : Finalement, les jurés de l'auguste prix n'auront pas reculé devant la notoriété des Bienveillantes, roman à fort succès auquel la maison Goncourt n'apporte pas grand-chose. Alors que l'an dernier, Michel Houellebecq avait les frais de sa trop grande médiatisation, Jonathan Littell parvient à concilier, bonnes critiques, engouement populaire et faveur des jurys. Ce type est décidément un phénomène.
A suivre sur Flu : le Goncourt en photos, de loin et flou.

MAJ : Voir aussi le forum les Bienveillantes.

 Sur le mag : Les Prix Goncourt depuis toujours 




Ohhh mais qui va avoir le Goncourt ?!!!

Posté par Easywriter le 06.11.06 à 12:12 | tags : les bienveillantes, prix goncourt

Jonathan Littell va t-il obtenir la récompense suprême, lui qui a déjà enregistré près de 300 000 ventes des Bienveillantes ? Du coup, les jurés ne vont-ils pas être tentés de le snober ? C'est bien connu, le favori se rétame toujours dans la moquette de chez Drouant, victime d'un ultime  croche-pieds à quelques mètres de l'Eternité.
Mais les vieux briscards préfèreront-ils saluer le François Vallejo de Ouest et assurer la publicité de Viviane Hamy ? Ah oui mais alors Flammarion, qui distribue cette dernière, nique sa race à Gallimard...
L'équipe de Flu, munie de magnéto extra-plats scotchés à même la poitrine, a soudoyé les serveurs, installé des micros partout et envoyé son reporter Jeeve habilement déguisé en bouteille de Möet. Photos volées depuis le toit d'en face à l'appui, il nous racontera les dessous des tractations, l'envers du décor, la guerre des nerfs et la haine larvée qui agitent le milieu des squales.



Les Bienveillantes, prix de l'Académie française

Posté par Easywriter le 27.10.06 à 15:17 | tags : gallimard, les bienveillantes, prix
Jonathan Littell vient -il d'entamer sa course aux prix ? Ou à l'inverse le grand prix de l'Académie française qui vient de lui être attribué pour Les Bienveillantes signifie que le Goncourt vient de lui échapper ? Auquel cas qui l'aura ? Et le Femina alors, c'est du poulet ?
Quel suspense je vous jure je vais m'évanouir.



Les Bienveillantes de Jonathan Littell : coup marketing et alors ?

Posté par Easywriter le 05.10.06 à 12:37 | tags : gallimard, les bienveillantes

Gallimard dépassé par les ventes d'un livre qui n'aurait été tiré au départ qu'à 8000 exemplaires, la nécessité d'utiliser le papier prévu pour Harry Potter (subliminal : bienveillantes=Potter=vous devez l'avoir lu) pour réimprimer les Bienveillantes (de Jonathan Littell) carton absolu déjà vendu à plus de 100 000 exemplaires.....l'éditeur lance à l'occasion des infos anecdotiques mais savoureuses, manière de marteler le discours du succès auquel vous ne pouvez échapper. Et alors ?
En face les adversaires du marketing littéraire poussent des cris d'orfraie, sur le mode c'est un pur  coup monté, Gallimard prépare son affaire depuis un an. Et alors ? L'auteur a  d'ailleurs bénéficié du plus gros a-valoir pour un premier roman. Il y a quelques années, l'auteur anglais Zadie Smith avait aussi obtenu un a-valoir invraisemblable et les droits de  traduction de son premier roman s'était arraché à la foire du livre de Francfort alors qu'une centaine  de pages seulement circulait. Enorme buzz bien avant la sortie d'un livre que personne n'avait lu.
Et alors ? Sourire de loup est un putain de bon roman ! Des éditeurs ont orchestré un gros buzz media autour d'un livre incroyablement intelligent et généreux, qui donne à réfléchir et à s'émouvoir -faut-il les en blâmer ?  Le bouquin est bon ou pas ?
Les Bienveillantes est un livre porté par une ambition qui lui confère déjà quelque intérêt : décrire l'horreur du point de vue des bourreaux, mêler érudition historique et capacité à fictionner autour de ce qu'on considère comme un territoire presque interdit à la fiction et donc affronter l'histoire ave un grand "H" , ce qui n'est pas si fréquent dans la littérature d'ici.
Qu'aujourd'hui des pisse-froids viennent expliquer que le texte de Littell a nécessité quatre mois de relecture alors que c'est le cas de la majorité des manuscrits, même chez les auteurs en vue, dont certains sont dyslexiques et font des fautes d'enfants de CP ( tout le monde le sait dans la petite  République des Lettres) est la dernière des escroqueries intellectuelles.
Ca peut paraître bizarre de défendre un livre contre ses détracteurs alors que c'est un best-seller, soutenu par une partie de la critique et qu'il se démmerde très bien tout seul : mais justement les Bienveillantes caracolent en tête des ventes et, pour une fois, on peut saluer l'engouement du public pour un livre plutôt âpre – et même chiant parfois, ce qui est aussi le cas de certains passages de Dostoievski.
Ce n'est pas le marketing qui fait vendre Jonathan Littell, sinon la sauce aurait pris pour Angot dont la surface médiatique est aussi large pour un résultat moins grand. On a parlé beaucoup de Littel après que le succès a démarré. Ce ne sont pas trois chroniques dans la presse intello qui ont lancé le marché mais plus vraisemblablement un bon bouche à oreille entretenu par les libraires. Le marketing comme souvent, servira surtout à conserver cette position acquise.


MAJ : Lire aussi le forum les Bienveillantes.



Les bienveillantes de Jonathan Littell

Posté par Easywriter le 18.09.06 à 16:26 | tags : extrait, gallimard, les bienveillantes, rentrée littéraire
J'aurai passé ma vie à me manufacturer des souvenirs, même si l'on me paye plutôt, maintenant, pour manufacturer de la dentelle. En fait, j'aurais tout aussi bien pu ne pas écrire. Après tout, ce n'est pas une obligation. Depuis la guerre, je suis resté un homme discret ; grâce à Dieu, je n'ai jamais eu besoin, comme certains de mes anciens collègues, d'écrire mes Mémoires à fin de justification, car je n'ai rien à justifier, ni dans un but lucratif, car je gagne assez bien ma vie comme ça. Une fois, j'étais en Allemagne, en voyage d'affaires, je discutais avec le directeur d'une grande maison de sous-vêtements, à qui je voulais vendre de la dentelle. Je lui avais été recommandé par d'anciens amis ; ainsi, sans poser de questions, nous savions tous les deux à quoi nous en tenir, l'un envers l'autre. Après notre entretien, qui s'était d'ailleurs déroulé de manière fort positive, il se leva pour tirer un volume de sa bibliothèque et me l'offrit. Il s'agissait des mémoires posthumes de Hans Frank, le General-Gouverneur de Pologne ; cela s'intitulait Face à l'échafaud. « J'ai reçu une lettre de sa veuve, m'expliqua mon interlocuteur.

Les Bienveillantes
Jonathan Littell
Gallimard
On vous a déjà dit ce qu'on en pensait ici



Le meilleur roman français de la rentrée est-il américain ?

Posté par Easywriter le 04.09.06 à 13:30 | tags : gallimard, les bienveillantes, rentrée littéraire, roman
On se je me plains ici à longueur de colonnes - et abusivement - du manque d'ambition et de générosité du roman français. Voilà un reproche qu'on fera difficilement à Jonathan Littell, écrivain anglo-saxon et francophone qui balance un pavé de 900 pages à la face des journalistes en pleine rentrée surchargée. L'histoire d'un officier SS dont on suit la vie entre 1941 et 1945, sa lente descente dans la folie, ponctuée par de vaines  tentavives de rationalisation de l'horreur qu'il planifie.
Les bienveillantes, titre de cette somme , est une épopée construite de manière très classique sur le plan formel, en gros un roman familial et une chronologie précise des événements historiques. Jonathan Littell, auteur de 39 ans, a du se documenter un moment pour réunir autant d'informations et parvenir (partiellement) à ce que celles-ci ne handicapent  pas trop la lecture du roman ( que je suis très loin d'avoir fini).
Avec ces références hautement culturelles, (Eschyle, la "grande" musique...), ses grandes problématiques - (qu'est-ce qui motive le désir historique de tuer ? Qu'est-ce qui subsiste de l'homme quand la mécanique de l'horreur se met en branle... )- Les Bienveillantes peut convenir aux lecteurs férus de classiques. Mais son rythme et son goût de la provocation séduiront aussi les amateurs de littérature contemporaine. Toute proportion gardée, Littell emprunte la voie d'un certain pavé demesuré tracée par Dostoievsky.

Les Bienveillantes de Jonathan Littell, Gallimard 2006.
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