Marre des tops, des diaporamas, des sujets été à la noix qui vous passent l'envie de lire des romans vraiment déprimants, pluvieux et sans SEXE du tout.... Plus que quelques semaines à tenir avant que ne débarquent les remorques de romans, essais, romans, romans, romans de la rentrée littéraire. Juste un petit classement pour la route, un dernier petit classement ensoleillé, une petite liste anodine, sympa, qui donne la pêche et le teint halé. Lire à la plage. Ne pas lire à la plage. Lire des livres qui sentent la plage ou qui parlent de la montagne. Des livres trash, drôles, tristes, des polars. On les a tous fait, les tops, les classements ? Il n'en reste aucun. - Mais comment faire l'année prochaine. Misère du journalisme. Les livres qui vous aideront à haïr la plage ? - On l'a pas celui-là. C'est parti alors.
5. Corps de femmes, regards d'hommes de Jean-Claude Kaufmann : Ahhh Kaufmann, ses délires sur les tâches ménagères et son best seller en poche culte "Corps de femmes, regards d'hommes" ou la sociologie des seins nus. Huit ans après, on a jamais trouvé mieux pour décrire précisément ce qui se passait autour de notre serviette de bains. La couverture du Poche est excitante comme un film porno avec son petit sein doré qui prend la lumière. A suivre dans nos magazines de l'été cette année : pourquoi les jeunes générations ne se mettent plus seins nus ? Souci éthique ? Pudeur ? Peur de perdre les tétons brûlés ? Cancer de la peau. Relisons Kaufmann : le sein nu (et la chatte à l'air non épilée...), c'est la liberté ! Olé.
4. Web de John Wyndham. Dernier roman de Wyndham avant sa mort, Web raconte l'histoire assez moderne d'une colonie d'idéalistes venus s'implanter sur une île du Pacifique rachetée par un milliardaire pour démontrer que, malgré les guerres, le crime, la jalousie, l'homme peut refonder une civilisation sur des valeurs sympas. Wyndham fait son trip hippie pendant quelques dizaines de pages avant que l'île ne révèle sa vraie nature : elle est pleine d'araignées.... Beurk.
3. La Tempête de William Shakespeare. Là encore, la plage n'est pas aussi sympa qu'on croit. Prospéro s'emmerde sur son île et l'île est hostile : des fées, des esprits, un gros monstre gentil en Caliban, des tempêtes mais aussi l'amour. Et l'amour à la plage... évidemment. Mais il faut dire à la décharge de Shakespeare que la pièce a été jouée pour la première fois en 1611, date à laquelle le tourisme balnéaire n'existait pas sous la forme actuelle. La pièce reste une merveilleuse création onirique, un chef d'oeuvre de drame, de fantaisie et de réflexion sur ce qu'est l'art.
2. Robinson Crusoé de Daniel Defoe. D'après un récent sondage, un certain nombre de personnes confondent aujourd'hui en Angleterre Daniel Defoe et Willem Dafoe, l'Antichrist aux fesses fermes de Lars Von Trier et le méchant Bouffon Vert de Spiderman. C'est tout de même un comble mais c'est vrai que Robinson Crusoé a tout juste 290 ans et que les jeunes générations trouvent un peu lointaine cette histoire d'île déserte depuis que Tom Hanks lui a fait un sort moderne au cinéma. Lire Robinson Crusoé, cela reste magique. Mais lire Robinson Crusoé au Cap Ferret ou à Valras, c'est un peu naze.
1. La Plage d' Alex Garland : Quoi qu'on en pense (surtout si on a vu le film), la lecture de La Plage d'Alex Garland reste après des siècles un souvenir de lecture magnifique. Avec Fight Club de Palahniuk en version trash, le livre reste l'épopée néohippie la plus cruelle de ces vingt dernières années. Même s'il faut maintenant dépasser le traumatisme de Leonardo DiCaprio embrassant Virginie Ledoyen sur du New Order de mauvaise facture pour le lire, La Plage est un grand livre, à lire quand on est revenu et qu'on commence à avoir la nostalgie des cocotiers, des seins nus et du surf.
BONUS : Pourquoi toujours des bonus dans les classements de 5 ? Parce qu'on a essayé de faire un classement de 10 et qu'on n'a pas réussi. Du coup, il en reste un autre mais qu'on s'est tout de même pas embêté à trouver pour rien !
Martine ou Caroline et ses amis à la plage/ Oui-Oui à la plage : Indissociable souvenir des vacances en famille. Martine (la best seller du livre de lecture), Caroline, sa cousine par alliance et puis Oui-Oui. Ils ont bien vécu. Placés en institution aujourd'hui mais cela n'empêche pas leurs aventures d'être rééditées. Tous ces emmerdeurs allaient à la plage dans le temps. Ils jouaient à la balle, sautaient dans les vagues, faisaient des châteaux de sable. Ils avaient un chien et même des amis. Ils portaient souvent des maillots de bains rouges pour être plus visibles et parfois... se perdaient avant d'être retrouvés par leurs parents. Martine à la plage, c'était la revanche de Martine à l'Ecole, Martine fait du vélo ou Martine apprend la potée au chou. Maintenant, Martine est loin, si loin. Nous sommes seuls à la plage et il n'y a guère plus que Marc Levy qui s'en souvient encore.
Intrigues bien ficelées, personnages sexys, descriptions flippantes : le polar a la cote en ce moment. Pour vous aider à vous y retrouver dans la masse des ouvrages parus sous ce label, Flu a sélectionné pour vous 10 titres qui ont tous l'avantage d'être en format poche : bien moins embarrassants donc qu'un cadavre...
La bonne nouvelle, c'est qu'avec le polar, la qualité est au rendez-vous. Que l’on parle de notre chouchou Darling Jim ou d’à peu près tout ce qu’on a lu dans les deux collections Pocket et 10/18 (les deux principaux éditeurs de polars en poche du marché français), le niveau moyen du polar est très nettement supérieur à celui de la littérature dite générale. Il y a assez peu de style ici (on n’a pas choisi les meilleurs ?) mais beaucoup de savoir-faire, une technicité indéniable qui permet aux ouvrages d’atteindre leurs objectifs : faire peur (un peu), tenir en haleine (toujours) et nous mettre dans les pas d’un enquêteur (re-toujours) duquel on se sentira un temps proche dans la (dé)veine.
Retrouvez la sélection des 10 polars de poche de Flu.
Et plus de tops dans notre dossier Lectures d'été.

Suite et fin de notre "pour ou contre" régressif et estival. Qu'on s'entende : je n'aime pas la plage, pas l'eau salée, pas le soleil et globalement pas la mer. Mais le débat n'est pas là. Bien sûr il vaudra toujours mieux lire en eau douce qu'en eau salée (le sel attaque les pages, fait des doigts plus petits, et laisse un mauvais goût sur les lèvres), au lac qu'à l'océan (il y a des arbres et pas des parasols) mais il s'avère que beaucoup de français pensent autrement et décident coûte que coûte chaque année de se précipiter vers ces côtes que nous avons si belles paraît-il et de s'y abîmer le cuir. Si les bonnes raisons de ne pas lire à la plage ne vous ont pas convaincu d'arrêter, d'abandonner votre Marc Lévy ou votre Fred Vargas, votre Guillaume Musso ou Irvine Welsh, c'est sûrement pour l'une de ses 5 bonnes raisons de lire à la plage.
1. On peut zieuter les filles/mecs sans passer pour un mateur : le coup du coup d'oeil par dessus le livre est une technique que tout bon lecteur apprend dès l'âge de 6 ou 7 ans. Cette technique atteint son maximum d'efficacité lorsqu'elle est pratiquée à la mer. Là, vous pouvez zieuter à peu près ce que vous voulez et ce que vous aimez : le cul balourd d'une vieille nana, les petits seins qui pointent d'une gamine de 12 ans (sic), les tablettes de chocolat d'un Thierry Henry du Cap d'Agde au short tendu sous le slip, le colloque des jeunes filles en fleur qui débattent de leurs affaires du soir à l'ombre du parasol. Le livre, de bon format, vous autorise toutes les audaces, toutes les indiscrétions. Le tenir bien droit près du corps : zieuter à droite en fin de chaque ligne en passant le nez par la lisière des pages, ou plus classiquement, en l'éloignant de vous, par dessus, à votre convenance. Lire à la plage c'est érotique.
2. On s'emmerde un peu moins qu'en restant sur le sable comme une crêpe. Chose étrange mais remarquable si on n'aime pas tant que ça la mer : lire à la plage permet de s'évader de ses propres vacances.... L'objectif est étrange si l'on considère que les vacances sont elles-mêmes un moyen de s'évader de sa propre vie, s'évader de l'évasion n'en reste pas moins quelque chose de salutaire. Il ne faut pas oublier que le chef en moins, les vacances sont parfois aussi chiantes que l'année régulière. Pour beaucoup, avec la femme et les enfants, elles ressemblent même à des play-offs de fin de saison, le moment où on va devoir se farcir toute la bêtise de ses proches, tout l'ennui et la pesanteur d'une année accumulés. Lire à la plage permet d'une part de résister à la plage elle-même et, d'autre part, de résister à ceux avec qui on s'y trouve.
3. C'est plus facile de lire à la plage qu'à la montagne : la bonne raison ne l'est pas vraiment mais à tout craindre, mieux vaut lire sur le sable, même chaud, sur une serviette, sur un matelas gonflé et bleu de 4 centimètres, qu'à la montagne. Les rochers font mal au dos. Il faut se trimballer le pavé sur les dénivelés insensés que nous suggère d'affronter notre conjoint(e) fan de randonnée. Lorsqu'on lit en montagne, recroquevillé sur un rocher qui tente de s'inventer des aspérités pour nous transpercer l'anus, on se tortille, on plie les jambes et on se rapproche dangereusement de nos propres chaussures de randonnée, ensaucées par les kilomètres, et qui dégage une odeur de fox-terrier mort. Avec les doigts en éventail, tout ceci ne peut arriver. Avez-vous déjà essayé de monter le Rouge et le Noir en haut du Ventoux ? Lire à la plage, c'est naze mais ce n'est pas ce qu'il y a de pire.
4. C'est ça ou le jokari : l'argument se suffit à lui-même. La plage, ça craint et la lecture peut vous sauver la mise, vous donner l'impression que vous n'aurez pas tout perdu en essayant de vous choper un cancer de la peau. Notez d'ailleurs que si vous lisez un livre (et contrairement à toutes les vieilles peaux qui hantent les plages de Nice et de la Côte d'Azur) vous avez de bonnes chances d'éviter l'effet "peau parcheminée" qui va avec l'exposition au soleil. Le livre, c'est mieux qu'une crème indice 7. Donc la lecture, oui, c'est mieux que le jokari, mieux que le volley avec des nanas qui ne veulent pas coucher avec vous et qui ne savent PAS jouer, c'est mieux que la baignade dans une eau gorgée d'huiles et de méduses, mieux que de faire des patés de sable idiots avec votre fils d'un an, mieux que de porter la glacière ou que d'acheter des chouchous, mieux que de mater les culs, mieux que de fumer des cigarettes et les enfouir sous le sable, mieux qu'à peu près tout ce qui peut se pratiquer à la plage.
5. On peut penser à des trucs horribles/érotiques/supernégatifs EN SLIP sans que personne en sache rien : L'un des privilèges premiers et traditionnels de la lecture s'apprécie encore plus quand on est à la plage, c'est-à-dire en slip ou en maillot de bain deux pièces. C'est l'idée de penser du mal/bien des autres dans le plus simple appareil, dans un environnement naturel et ouvert alors qu'ILS ne se doutent de rien. L'opération rejoint parfois notre raison 1 mais peut surtout être stimulée par le livre que vous choisirez. Un petit Bret Easton Ellis, Glamorama au hasard, vous donnera des envies de baiser à tout va, un début d'érection (?) et des envies de meurtre qui vous permettront de vivre secrètement une petite aventure morbide tandis que la plage s'égaye dans votre dos. L'un de nos livres tristes fera de vous un être unique et absolument seul alors qu'il n'y a pas cinq centimètres pour étendre votre serviette. Vous pourrez aimer, tuer, baiser, cracher, péter en secret. La lecture est seule à vous offrir cette occasion d'être reconnu à votre juste valeur, dans votre individualité la plus stricte et la plus infâme. Lire à la plage fait de vous un être irremplaçable, si vous lisez ce qu'il faut bien sûr.
Travaux pratiques en ce qui me concerne, du 1er au 15 août près de Loctudy en Bretagne. (Musique des Dents de la mer....)
Voir aussi :

Les vacances : période idéale pour s'attaquer à tous ces livres qui sommeillent sur l'étagère depuis des mois. Pourtant, se coller à un bouquin sur la plage, ça devient vite très compliqué.
Problème n°1 : le soleil. Aujourd'hui, c'est un jour pair. Et les jours pairs, on bronze sur le dos. Avec ou sans lunettes, on n'y voit pas grand-chose. On positionne savamment le bouquin dans l'axe précis soleil / yeux, mais résultat, on attrape vite mal au bras. Et au bout de deux pages et demi, on regrette d'avoir laissé son mp3 à la maison.
Problème n°2 : les grains. Aujourd'hui, c'est un jour impair. Et les jours impairs, on bronze sur le ventre. Un coup de vent, un enfant qui passe en courant, et ça y est, quelques sales grains de sable se sont coincés entre les pages - avec un peu de chance, elles seront même froissées. Le livre crisse, c'est agaçant.
Problème n°3 : les gouttes. Dix minutes plus tard, le même enfant revient de la baignade, et glisse au passage sur le coin de notre serviette. Et ploc, en plein sur la page 24. Le livre est gondolé, c'est moche.
Problème n°4 : le bruit. Après s'être ainsi dépensé, l'adorable a faim, bien sûr, et il le fait comprendre à haute voix. Depuis cinq minutes, on fronce les sourcils sur le même paragraphe. Déjà que Maupassant, il faut prendre son élan pour le traverser, mais avec ces hurlements... Donnez-lui un B.N, un croûton de pain, quelque chose !
Problème n°5 : la tentation du sommeil. L'affamé a plié bagage, on est enfin passé au chapitre 3 du Horla, lorsque le regard divague, les paupières s'alourdissent... Non, il faut tenir au moins jusqu'à la fin de la page... Un instant plus tard, il est 19 heures.
Pour ceux que les lectures de l'extrême ont écoeurés pour de bon, il existe peut être une solution: le livre qui s'écoute. Car désormais, les best-sellers et les classiques s'achètent aussi en format mp3 (Les Audiolib par exemple). Sinon, pour les puristes et les téméraires, il y a la sélection de l'été de Flu : voir notre le top des livres drôles et celui des livres tristes. A vous de voir.
Lire aussi les cinq raisons de lire à la plage
Photo: Romain Duris et Aïssa Maïga dans le film L'Age d'homme.
Parce qu'il est essentiel d'accorder nos lectures à nos humeurs, la rédaction Livres de Flu a concocté deux petites sélections pour vous faciliter la tâche.
Ceux qui veulent se marrer (ou qui au contraire ont besoin de retrouver le moral) pourront consultez notre top des livres drôles. De Pétrone à Michel Faber, d'excellents écrivains ont pris le parti de l'humour : absurde, jeux de mots, comique de situation, blagues potaches... les mots jaillissent et les rires fusent.
Ceux qui préfèrent la pure émotion (ou qui ont besoin de savoir qu'ils ne sont pas si mal lotis) trouveront leur bonheur (!) dans notre Top des livres tristes. C'est plus efficace qu'un téléfilm sur mère courage, plus utile surtout. Steinbeck, Emmanuel Carrère, Albert Cohen et les autres vous font sortir vos mouchoirs.
Voir aussi :
Le diaporama des livres pour voyager sans bouger
Le diaporama des meilleurs livres écolos
10 livres subversifs à planquer en cas de perquisition
Il faut mettre au crédit de Marc Levy l'envie d'avoir voulu ouvrir les vannes du récit et de l'imagination. Après huit romans sentimentaux qui bougeaient assez peu de leur canapé littéraire, Le Premier Jour sonne comme la première tentative de l'écrivain star d'aller voir ailleurs. De quoi faire changer de bord notre célèbre détracteur de Marc Levy ? Verdict.
Cette année, Flu vous propose une dizaine de titres qui ont en commun de vous faire découvrir un pays loin des clichés et de toutes les idées reçues. Pour faire le tour du monde en quelques livres, consultez notre galerie de romans pour voyager sans bouger.
A venir également : une galerie des meilleurs livres de poches pour l'été, sélectionnés par les lecteurs. Proposez dès maintenant vos lectures de poche pour l'été, en passant par ici !
(Précisez le titre et l'auteur de l'ouvrage qui pourra être présenté en une ou deux lignes).
Voir aussi :
1. Méthode de musculation d'Olivier Lefay, 110 exercices sans matériel : c'est un best-seller inattendu, publié en 2004 chez Amphora, et qui, comme souvent l'été, fait sa réapparition dans les classements. "L'originalité de cet ouvrage est d'associer un concept de musculation inédit et efficace à des illustrations très séduisantes et de grande qualité. Le lecteur sera convaincu autant par la pertinence des exercices et de la méthode proposés que par l'aspect graphique de l'ouvrage, présenté en grand..." En 26ème position des ventes FNAC cette semaine, l'ouvrage montre que les hommes lisent (les pauvres) et pas n'importe quoi. Les femmes ont les magazines minceur, les hommes des livres de muscu enseignant des exercices qu'ils ne feront jamais...
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