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l'actualité des parutions aux éditions du Seuil
Emily Dickinson : Superstar de la poésie romantique
Avec un nouveau NRF Gallimard et ce Points Poésie en édition bilingue, l'actualité Emily Dickinson a été plutôt chargée ces derniers mois, signe que la native de Amherst a de nouveau la cote. Il faut dire que la vie de la (relativement) belle Emily est triste à mourir et suffisamment crève-coeur pour convertir tous les amateurs de poésie. "Ce monde n'est pas une Conclusion./Il y a une vie au-delà/Invisible, comme la Musique/ Mais positive, comme le Son/ Elle fait signe, elle déconcerte/ La philosophie, connaît pas/ Et, à travers une Enigme, enfin/ La Sagacité finit par se faufiler / La deviner tourmente les clercs/ Pour l'avoir, les Hommes ont enduré Le mépris des Génération/ Et la Crucifixion montré du doigt/ La Foi glisse, et rit et reprend des forces/ Rougit, devant témoin / Tire sur uune brindille de Preuve / Demande à une Girouette, le chemin De grands Gestes, de la Chaire / Roulent de puissants Alléluias / Aucun Narcotique pour calmer la Dent / Qui grignote l'âme"
Poésie et hermétisme : Partie de neige de Paul CelanArchipaillettes de minerai, tout au ond de l'effervescence, patriarches. Tu t'en tires / en faisant / comme si, avec eux, parlaient / des angiospermes, leur disant / une parole
C'est exactement ce pourquoi il faut fréquenter la poésie de Paul Celan, écrivain juif allemand-austro-hongrois-russe-roumain-ukrainien (au fil des changements d'appartenance de sa province natale), né en 1920, suicidé en 1970 (probablement après s'être jeté dans la Seine) et qui est souvent considéré comme l'un des plus grands poètes en langue allemande du XXe siècle. Son hermétisme se nourrit du réel et ne constitue pas une limite à la découverte de son travail, mais une condition. Après Auschwitz, Celan (pour faire simple) va réapprivoiser les mots et tenter de leur faire dire ce qu'ils ne peuvent plus dire : le silence d'après, le silence qui suit l'extermination et entoure le présent. Il triture la matière, réduit les mots à rien, simplifie la structure poétique de façon radicale jusqu'à la désosser, à faire de ses poèmes des alignements de mots, de monosyllabes, de sons qui bizarremment convoquent une petite musique souvent élégante et énigmatique. Jelinek et la légion des morts Ici, trois fantômes reviennent hanter la mémoire des vivants. Un jeune champion de ski clamsé après une biture salée entre potes, une jeune fille en mal d'amour suicidée et noyée dans sa baignoire, et, bien sûr, une vieille femme cruche (double de Jelinek qui n'en a toujours pas fini avec sa propre mère) plombée par l'éducation perverse d'une mère cruelle. Ces trois esprits ont connu la délivrance dans trois morts idiotes et peu glorieuses et reviennent, dans un havre supposément paisible, idyllique, se payer du bon temps en compagnie des vivants. Réunis par une forme radicale (un texte sec, froid et glaçant, sans un mot de trop, mais qui prend soin de ne jamais rien raconter, de ne jamais s'épancher), les trois spectres vont s'acharner d'une manière qu'on croit au départ amusante sur les pensionnaires de la maison de vacances, des enfants, des couples, avant de sombrer dans la cruauté la plus brutale. S'ensuivent viols, tortures, meurtres, dans un délire de voix et de longs monologues entremêlés. Loin de l'horreur du Lunar Park de Brett Easton Ellis qui jouait sur le genre ou du Pays des Ténèbres, dont on parlait récemment, les Enfants des Morts est un roman monstrueux où la torture et le mal sont systématisés et accompagnés par une langue à l'avenant. On respire assez mal tant le dispositif est déroulé de façon implacable et sans répit. La revanche des fantômes peut s'entendre, comme souvent, chez Jelinek comme une revanche de l'Autriche sur elle-même, une revanche de la bourgeoisie contre la bourgeoisie (on pense au Funny Games de Michael Haneke, l'humour en moins), mais aussi de l'humanité contre elle-même. C'est donc autant le projet que le traitement qui glace. La conception de l'homme qui sous-tend le propos est atroce mais d'autant plus percutante qu'elle paraît légitime et authentique. Qui n'a jamais souhaité le pire pour son prochain ? Qui n'a jamais connu la haine ? Qui n'a jamais renoncé au Mal de peur d'être découvert ? Sans le garde-fou du jugement "de leur vivant" les trois femmes se découvrent une imagination sans limite et une haine à l'avenant, une haine ordinaire et presque innocente dans ses ressorts (ils n'ont rien à y gagner). Le final (une coulée de boue purificatrice qui emportera tout vient conclure d'une façon surprenante et rédemptrice (cela reste de la boue, on en est pas certains) cette masse de 500 pages horribles, fascinante et saturée de rancoeur. Enfants des morts est une sorte de chef d'oeuvre. Un bien ennuyeux chef d'oeuvre. Mexico City Blues : Kerouac en choeur Si vous en avez assez de la rentrée littéraire, des essais, bons et mauvais romans, jeter un oeil à ce Mexico City Blues de Kerouac, réédité dans la collection Poésie du Seuil, ne vous fera pas de mal. Publié en 1959 mais écrit, si je ne me trompe pas, au fil de l'eau entre 1950 et 1958, cet ensemble de plus de deux cents "chorus" est finalement à compter dans ce que Kerouac a fait de meilleur et du plus simple.Mexico City Blues est non seulement l'un des meilleurs titres d'ouvrages jamais rencontré mais également un recueil où la poésie prend partout le pas sur la raison. Les mots sont secs, les vers brefs et débarrassés de (presque) toute tentative de faire sens. Ce qui compte pour Kerouac, c'est de faire claquer les mots comme un fouet par la fenêtre de sa voiture, de faire claquer les décors, les images-concept et la réalité, dans des séquences qui ressemblent au final plus à des clips, à des jeux d'association stroboscopiques, qu'à des poèmes classiques. L'effet produit par la langue de Kerouac est semblable à ce que l'on ressent lorsqu'on regarde le bord du chemin depuis le TGV lancé à pleine allure : l'idée d'une énergie en marche dans un monde immobile, l'idée de traverser la réalité comme une balle de fusil, l'idée que le premier qui s'arrête est mort. Le premier refrain reproduit ici en VO illustre bien cette idée : on peut n'y rien comprendre et savoir que tout est dit. Les spécialistes considèrent ce travail comme directement inspiré par les impros jazz BeBop. Extrait :Butte Magic of Ignorance/ Butte Magic/ Is the same as no-Butte/All one light/Old Rough Roads/One High Iron/Mainway/Denver is the same/"The guy I was with his uncle was/the governor of Wyoming"/"Course he paid me back"/Ten Days/Two Weeks/Stock and Joint/"Was an old crook anyway"/The same voice on the same ship/The Supreme Vehicle/S.S. Excaligur/Maynard/Mainline/Mountain/Merudvhaga/Mersion of Missy Mexico City Blues Henning Mankell : le retour du professeur de danse
"Une fois, ils avaient traqué ensemble un meurtrier en fuite dans la forêt, au nord de Boras. C’était l’automne, comme maintenant. Stefan avait perdu Molin de vue. En le retrouvant, il l’avait pris par surprise, car il se déplaçait sans aucun bruit. Molin avait fait volte-face, avec une expression de terreur. MAJ : la chronique le retour du professeur de danse, dans le mag livres. + short-list Henning Mankell, et le polar scandinave à la loupe Le retour du professeur de danse. Editions du Seuil.Les aventures de Lucky Pierre
Très très bon extrait des Aventures de Lucky Pierre ( p151-152 - Bobine 3 Clara - Editions Seuil Fiction & Cie) Chuck Palahniuk cause dans le poste.Posté par Maxence le 12.05.06 à 10:00 | tags : conférence, média, chuck palahniuk, le seuil, littérature en vidéo
Internet, la fourrure de castor (!), les valeurs bourgeoises, l'histoire, la connaissance et l'ignorance, la fin du militantisme et des grandes utopies, tels sont les sujets abordés par Chuck Palahniuk au cours de cette lecture issue de son DVD paru en 2003 : "Postcards from the future". D'autres entretiens avec l'auteur de Fight Club, Choke, Survivant, Monstre Invisible, Berceuse, Journal intime et Le Festival de la Couille sont disponibles sur Youtube. (Merci Daylon) Unlucky Pierre
Henning mankell : l'homme qui souriaitPosté par Easywriter le 05.04.06 à 14:34 | tags : extrait, poche, henning mankell, le seuil, polar, audio
"Lorsqu'il retourna enfin se coucher, il était plus de quatre heures du matin. Dehors le vent soufflait toujours e t la température avait chuté. Il frissonna en se glissant sous les couvertures. Il lui semblait qu'il n'avait guère avancé. Et pas davantage réussi à se convaincre de prendre patience. Ce qu'il exigeait de ses collègues restait comme d'habitude hors de portée pour lui."Allez, une dernière enquête avec Kurt Wallander, fin limier (légèrement angoissé) de la police de Ystad. L'homme qui souriait est réédité chez " Points policiers", qui a déjà publié une dizaine de polars du suédois Henning Mankell dont la production inégale révèle quelques pépites( à lire : la lionne blanche et les chiens de Riga ). Le Seuil publie ces jours-ci le retour du professeur danse qui met cette fois en scène, Stefan Lindman, jeune policier cancéreux qui poursuit d'anciens criminels nazis. On y revient dans le mag, dès qu'on l'a fini. L'homme qui souriait (extrait ci-dessus), la lionne blanche, les chiens de Riga. Points policier. Le retour du professeur de danse. Seuil, sortie le 06 avril. - Lire la chronique de Le Retour du-professeur de danse - Henning Mankell, la short-list. Seuil, Bourgois : Plein les Poches! Le printemps n'est pas seulement porteur de dramatiques informations climatiques mais aussi de nouveautés plus fleuries. Ainsi de l'éclosion de deux nouvelles collections "poches" chez Christian Bourgois et au Seuil. Le premier sort une assez classe section Titres à couverture blanche qui permettra de rééditer à moindre coût les nombreuses pépites de la maison (comme Vila Matas en illus.). Du côté de la Martinière-Le Seuil c'est la collection Points qui s'offre un lifting. Née dans les années 70, la collection Points s'est imposée sur le marché dans les années 80 et 90 grâce à une ouverture très large à la fiction et en segmentant l'approche (policiers, jeunesse...). Malheureusement, le marché "poches" s'est bigarré au point de devenir illisible d'où la volonté des éditeurs de clarifier tout ça. Avec 3000 titres au compteur, Points Poches ne possède que 5% du florissant marché squatté par Le Livre de Poche, Pocket et 10/18. A venir, donc une collection point poésies, points fantasy puis grands romans, Thrillers... le but étant de faire progresser les ventes de 70%. Les prix devraient même baisser de un à deux euros par titre. |
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