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L'actualité de la littérature qui parle aux jeunes. Et parfois aux autres. Voir aussi notre sélection jeunesse.
Le Petit Nicolas sur M6 : destiné aux enfants idiots ?Avant d'arriver au cinéma, Le Le Petit Nicolas de René Goscinny et Sempé passe d'abord par la télé. Sur M6, tous les dimanche matin, ) 9h30 - une heure à laquelle on est bien content que les enfants soient devant la télé, les enfants peuvent découvrir Le Petit Nicolas dans une version 3D, avec un générique chanté par Julien Doré et des scénarios remaniés pour la télévision, le tout semblant destiné à attirer les enfants de bobos, mais pas trop. M6 vend son émission aux enfants sur le thème "découvre l'école de tes parents", ce qui semble limiter l'émission aux enfants dont les parents ont plus de cinquante ans. Le résultat est franchement mauvais, en tout cas si on le compare à l'indémodable fraicheur de l'oeuvre qui est censée l'avoir inspiré. Ce qui veut sans doute dire qu'il est destiné aux enfants idiots. Ca tombe bien, beaucoup d'enfants le sont. Une situation à laquelle M6 n'a jamais cherché à trouver un remède. Tintin, Astérix, Babar... A qui appartiennent les héros de notre enfance ?Si vous aviez l'intention de vous lancer dans un commerce non déclaré de mugs à l'effigie de Tintin, méfiez-vous : Nick Rodwell, grand protecteur des droits de l'oeuvre d'Hergé, risque de vous sauter à la gorge. Récemment, il s'en est pris sur son blog à des journalistes qui critiquaient sa gestion rigide de l'héritage du dessinateur. Et le mois dernier, les éditions Arconsil ont été condamnées à verser 40 000 euros à la société Moulinsart, suite à la publication de la série parodique Les aventures de Saint-Tin.
Le site Internet Tintin.com précise d'ailleurs les choses: "La société anonyme Moulinsart est titulaire exclusive, pour le monde entier, de l'ensemble des droits d'exploitation de l'œuvre d'Hergé, en particulier Les Aventures de Tintin. Le droit d'auteur protège non seulement les albums de bande dessinée et les dessins, scénarii, textes(...). Les adaptations de l'œuvre d'Hergé sont également protégées (les films, dessins animés, pièces de théâtre...) de même que ses dérivés (sculptures, figurines, livres...)". Marques déposées, droits d'auteur... Chaque personnage de fiction célèbre, même patrimonial, suppose des interdits et des libertés d'exploitation. En voici cinq exemples.
Lire aussi : Les Schtroumpfs sont-ils communistes? Tintin a 80 ans et fait toujours polémique. Babar, frenchy préféré du New-Yorker. En images : Des trésors de la bd se mêlent à l'art contemporain La fiction 2.0, vrai-faux concept d'HarperCollins![]() Stephen King qui aurait joué à World of Warcraft : voilà plus ou moins le menu de la toute nouvelle collection "Angry Robot", qui édite des romans fantastiques et SF destinés à la génération qui a grandi sur Internet : celle qui blogue et qui fréquente les forums de fans de Watchmen. Sur le papier, plutôt tentant.
La stratégie marketing élaborée par l'éditeur HarperCollins autour d'Angry Robot est centrée principalement sur le web. Alimenté comme un blog, le site propose aux lecteurs de participer à la « Robot Army » : si un internaute parle de la collection sur son blog, Angry Robot lui offre un exemplaire d'un de ses livres (c'est écrit en gros sur la page d'accueil du site). Curieux procédé, plus promotionnel qu'autre chose, dans lequel on pousse la communauté à se créer en même temps que les livres paraissent, sans laisser à ceux-ci le temps de construire eux-mêmes leur cercle de fans. Quant aux ouvrages, ils sont disponibles en format papier, numérique grâce à l'ebook, et bientôt audio. Angry Robot propose même du PoD: Print On Demand, l'équivalent de la VOD. Jusqu'en novembre, deux ou trois nouveaux titres par mois paraîtront au Royaume Uni et en Australie, puis aux Etats-Unis et au Canada. Basée en Angleterre, la collection s'assure une diffusion mondiale. Etiquetés « fiction 2.0 », les deux récits déjà publié par Angry Robot tiennent à la fois de la SF et du roman d'horreur. Dans Slights, l'australienne Kaaron Warren se glisse dans la peau de Stephanie, une adolescente tueuse en série, confrontée en rêve à ses pires ennemis. Quant à Lauren Beukes, elle invente dans Moxyland un monde où le virtuel a pris le pas sur le réel. Ce que signifie dans le texte le joli concept de « fiction 2.0 », pour l'instant, on ne voit pas trop... Avec Angry Robot et la « fiction 2.0 », HarperCollins, l'une des plus grosses maisons d'éditions anglaises, expérimente des outils de communication nouveaux, sous couvert d'inventer... un nouveau genre littéraire ? Si l'avenir du livre se dessine par ici, la France a intérêt à s'y mettre très vite, en espérant que les éditeurs ne s'en tiennent pas eux aussi à une belle opération marketing. Tender Morsels : jusqu’où peut aller la littérature jeunesse ?
Tender Morsels est sorti ce mois-ci aux éditions Random House, et des parents se sont aussitôt indignés qu'un tel récit soit publié dans une collection qui s'adresse à la jeunesse, sans que la couverture n'informe sur la violence du contenu. Les éditeurs ont en effet opté pour un avertissement à l'intérieur de l'ouvrage. Tender Morsels est en outre publié dans deux collections : la première, destinée aux adolescents, la seconde, pour les adultes. Un même texte pour deux publics ; seule l'image de couverture change. Selon l'écrivain Philip Pullman, auteur de la trilogie A la croisée des mondes, nul besoin de prévenir le lecteur, la première page d'un livre suffit à donner une idée de son contenu. Il va même plus loin et explique que pour lui, « il ne devrait pas y avoir de thématiques interdites à la littérature jeunesse. Les enfants font face à des réalités bien plus fortes : le divorce, le trafic de drogue, la sexualité. » Quel adolescent en mal de sensations n'a pas d'ailleurs pioché, un jour, parmi les oeuvres les plus transgressives de la littérature ? (celles, notamment, qui sont présentées dans notre diaporama des livres les plus trash.) Pourquoi Michael Jackson est un Peter Pan manqué
Le Roi de la pop ne s'est pas contenté de nommer sa propriété d'après l'île créée par James Matthew Barrie. Certains traits de sa troublante personnalité le rapprochent aussi de son héros. Alors que M.J. est au goût du jour, tâchons de rappeler qui est vraiment Peter Pan, à l'aune de la figure du chanteur. Avant de s'ajouter à la longue liste des héros Disney, Peter Pan est né de l'imagination de J.M. Barrie, écrivain écossais de la fin du 19e siècle. Pour amuser ses jeunes amis, cet homme un peu marginal, pas très à l'aise dans son costume d'adulte, invente Peter, petit garçon qui s'est envolé loin de Londres pour ne plus grandir. Il a rejoint l'île de Neverland, pays rêvé des enfants où le cauchemar n'est jamais loin. La suite, on la connaît : il y a Wendy, mi-maman, mi-amoureuse de Peter, les Garçons Perdus, bande de joyeux orphelins, et bien sûr le Capitaine Crochet, l'ennemi juré de Peter Pan.
Deux enfances (en)volées. Peter a quitté le monde réel pour « ne jamais devenir un homme, et toujours s'amuser ». Même quand Wendy tente de lui vendre un foyer accueillant et aimant, il refuse de rejoindre la grisaille londonienne. Il veut bien jouer au mari, tant que ça reste pour du faux. Michael Jackson a construit un paradis pour les enfants, alors que lui fut privé d'enfance : répétitions acharnées avec les Jackson Five dès ses six ans, un père violent, etc. Deux hérauts du transgenre ? D'un côté on trouve Peter, être asexué (sans scrupules, il brise les élans passionnés de Wendy), lancé dans une lutte jusqu'à la mort contre le Capitaine Crochet, symbole d'une virilité toute-puissante et fascinante (Wendy ne sait parfois plus où donner de la tête). De l'autre, Michael Jackson, déshumanisé par ses transformations physiques successives : rhinoplasties, dépigmentation de la peau... Son visage aux traits figés rappelle une sorte de Barbie sans les UV. Le temps passe, mais pas pour eux. Les rides, c'est bon pour les autres... Peter n'a aucune notion du temps qui passe. Lorsqu'il débarque chez Wendy après un an d'absence, c'est comme s'ils s'étaient vus la veille, alors que la pauvre s'est languie des nuits durant. En apparence, le corps de Michael Jackson non plus n'est pas éprouvé par la vieillesse. Il aurait eu 50 ans cet été. On lui en aurait donné 20 de moins. Ou de plus.
Neverland, très loin de la Californie. La pop star aura réussi à ressembler, autant que possible, à son héros. Pourtant, le gigantesque ranch qu'il a fait construire n'a pas grand-chose à voir avec l'île imaginée par J.M. Barrie. Alors que Michael Jackson a voulu concevoir un petit paradis pour les enfants, le Neverland du livre donne la part belle à la violence et à la mort. Peter et les Garçons Perdus y massacrent des pirates en toute insouciance, tandis que ceux-ci ont la bonne idée de cuisiner un gâteau empoisonné pour la joyeuse marmaille. Wendy et ses frères sont mi-exaltés, mi-effrayés par cet endroit où la loi de la jungle l'emporte.
L'histoire est sans fin. « La mort doit être une aventure extraordinaire ! » s'écrit Peter le crâneur, à deux doigts de périr noyé. Il peut se le permettre, lui qui ne passera jamais de l'autre côté. Gageons que Michael Jackson aura su, à sa manière, atteindre une forme d'immortalité.
Michael Jackson, De l'autre côté du miroir, d'Yves Gautier, chez Publibook. Une biographie de la star par le regard d'un sociologue, passionné par l'analyse de l'image.
Voir aussi : Le portrait de Michael JacksonLe diaporama Michael Jackson and friends Le diaporama vidéo des meilleurs clips de Michael Jackson Le diaporama de Neverland. Toutes les vidéos de Michael Jackson Le dossier Michael Jackson, roi déchu de la Pop Le livre à caresser de Dave EggersPosté par Céline le 18.06.09 à 15:23 | tags : news, illustration, vo, jeunesse, le livre ou le film ?
Adapté du livre pour enfant Where the Wild Things Are de Maurice Sendak, ainsi que du scénario que Dave Eggers a co-écrit avec le réalisateur Spike Jonze, The Wild Things affiche une couverture des plus originales. Que chacun jugera, en fonction de ses névroses et de ses souvenirs d'enfance, affectueuse ou effrayante. The Wild Things raconte l'histoire de Max, un petit garçon à la vie compliquée, qui développe peu à peu un comportement de plus en plus animal. Après avoir pris la fuite, il se retrouve sur une île, « The Island of Wild Things », dont il devient bientôt le roi... L'histoire de ce garçon-loup revu par Dave Eggers, qui paraîtra le 1er octobre aux éditions McSweeney's, sortira donc également sur les écrans (Max et les maximonstres : voir la bande-annonce). C'est également à la rentrée que l'on découvrira la version française du roman What is the what (Le Grand Quoi, Gallimard). Voir aussi sur Fluctuat : La femme d'Art Spiegelman lance les bd Toon Books![]() Quand Françoise Mouly, directrice artistique du New-Yorker et épouse du célèbre auteur de bande dessinée Art Spiegelman se lance dans la bd junior, ça donne... les Toon Books, un univers comic strip enfantin et acidulé, que l'on découvrira bientôt chez Casterman. Convaincue de l'importance du dessin et de la notion de plaisir dans l'apprentissage de la lecture, l'éditrice française la plus en vue de New-York (notamment pour sa contribution éditoriale à Raw, la revue emblématique de la bande-dessinée avant-gardiste) a donc monté sa propre collection de bd bilingue français-anglais. Destinée aux enfants à partir de quatre ans, les planches seront disponibles en librairie le 6 mai prochain chez Casterman jeunesse, au prix de 13 euros. Parmi les titres, on trouvera par exemple les histoires de Jack et la boîte réalisé par Art Spiegelman en personne, celle d'Otto et la journée orange de Frank Cammuso et Jay Lynch ou encore Benny et Penny de Geoffrey Hayes. De la bd de qualité pour les touts petits A l'inverse des livres d'apprentissage classiques de lecture, jugés souvent "ennuyeux" par Mouly, les Toon Books donnent la priorité aux illustrations. Le texte vient seulement se "glisser" entre les images. De cette façon, "si vous ne saisissez pas le sens des mots, vous comprendrez tout de même l'idée car elle est illustrée par les images", explique l'éditrice. Très pro, Françoise Mouly a d'ailleurs travaillé avec des spécialistes de la lecture pour s'assurer que le vocabulaire proposé dans ses bd était adapté aux jeunes lecteurs et aux différents stades de leur initiation. Une référence indiquant les différents niveaux en terme de difficulté de lecture est même disponible en ligne sur le site de Toon Books. C'est donc une petite révolution graphique qui s'apprête à envahir les cours de récré : pour changer un peu de Martine à la ferme... Lire aussi : La BD Pullapoika, un conte de fée socialiste La bande dessinée finlandaise reste un vivier de talents peu connus. Ce petit pays nous a fourni, avec Marko Turunen et Matti Hagelberg, deux des auteurs essentiels de la bédé indépendante des années 2000, ainsi qu'une tripotée d'autres auteurs surprenants. Aapo Rapi fait clairement plus partie de la "tripotée" que des "essentiels" mais ça n'empêche pas son Pullapoika de surprendre agréablement.L'histoire semble avoir deux siècles de retard : un petit garçon découvre le communisme dans les livres et se rend compte que son père est un méchant et cruel patron. il se fait vite jeter à la rue par ce dernier et il découvre que les ouvriers n'ont pas grand chose à faire de ses beaux discours. il trouvera la salvation dans l'art à travers un numéro de cirque socialement réaliste.C'est plutôt simple et efficace bien que daté, mais le trait rond et chaleureux de Rapi fait toute la différence : sous titré en français "l'aventure révolutionnaire d'un garçon bonne pâte", Pullapoika n'a visuellement rien de réaliste mais tiens au contraire plus du conte de fée.
Aapo Rapi, Pullapoika, Rackam, coll. Le signe noir.
Lire aussi : Le Festival Angoulême 2009 : petite sélection Blaise, la BD qui nous fait rire... de nous-mêmes
John Boyne : des rayures qui font mouche Il était une fois un Garçon au pyjama rayé. Un livre jeunesse qui explosa les records de vente en divers endroits du monde, en Espagne surtout (ou le titre devient El niño con el pijamas de rayas...). Son histoire n'avait rien à voir avec la sorcellerie, rien de drôle ni de magique. Son histoire, c'est celle de l'extermination des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.L'auteur de ce best-seller, John Boyne, est irlandais. Sans doute ne s'attendait-il pas à un tel succès. Son éditeur espagnol (Salamendra) avait par exemple acquis son titre avec prudence, un tirage à 5000 exemplaires pour commencer, un lancement discret. C'est une interview de l'écrivain dans le quotidien El Pais qui va donner une véritable impulsion médiatique à l'ouvrage. Tout le monde se met à lire El Niño... L'éditrice Sigrid Kraus remarque que "c'est un livre que toute la famille lit, un pont entre les générations.Mark Herman, et prévue pour le 12 septembre prochain.
Sur le site de John Boyne, on peut voir les couvertures du livre dans toutes les langues où il a été traduit. Moomin, le Snoopy finlandais
Le Lézard noir
Les Eternels de Jack Kirby![]() On se sent un peu stupide en écrivant sur Jack Kirby. Le scénario des Eternels, son dernier travail important pour Marvel dans les années 1970, évoque au mieux celui des Mystérieuses Cités d'Or mais, avouons-le, on dit ça par pure flatterie : cette histoire de races mystérieuses créées par des dieux extra-terrestres serait ridicule même au sein d'une Gloubi-boulga night. Les personnages sont de risibles clichés, dont on n'aurait pas voulu dans un film d'aventure muet à Hollywood en 1920 et malgré toute la sympathie que nous inspirent ses créations antérieures tout aussi simples (mais attachantes comme la Chose des Quatre Fantastiques, Hulk, les New Gods, etc...), on ne peut considérer les Eternels que comme l'oeuvre d'un génie cramé, usé par des années de service au comic book et qui balance une nouvelle idée toute les trois pages, non pas parce qu'il est inspiré comme par le passé mais probablement parce que comme nous il s'est déjà lassé de la précédente.Peu importe la médiocrité du scénario : Kirby était alors au sommet de son art en tant que dessinateur. Il avait depuis longtemps parfait son style unique de composition et de mise en scène conçu pour que chaque élément du dessin semble vous sauter dessus comme si vous aviez mis des lunettes 3D. Ses héros avaient des costumes couverts de symboles géométriques complexes qui n'étaient encore rien comparés aux constructions folles à la limite de l'architecture escherienne qu'étaient les machines de Kirby, des vaisseaux spatiaux incas aux outils mystérieux de dieux, ces constructions ont dû donner des maux de têtes et des érections à Moebius, Giger, Mignola et un million d'autres. Cerise sur le gateau, le dessin de Kirby bénéficiait pour une fois d'un encrage plutôt bon de Mike Royer et de couleurs propres et nettes (c'est déjà beaucoup à l'échelle de ce qu'a subit Kirby) de Glinys Wein passées par un travail de restauration impeccable des studios Marvel pour une réédition "Deluxe" intégrale.Dernière bonne nouvelle : on peut parfaitement suivre le scénario inepte des Eternels en se contentant de lire les bulles en diagonale (et en zappant complétement les redondants pavés narratifs) pour s'attarder à loisir sur le dessin spectaculaire. C'est en tout cas ce que j'ai fait après avoir scrupuleusement et péniblement lu "sérieusement" les premiers épisodes de l'intégrale. Les Eternels restent un des travaux les plus mineurs de Kirby et ne doivent leur réédition qu'à la récente résurrection des personnages par Neil Gaiman, mais on peut espérer, pourquoi pas, qu'un succès en librairie ouvrirait la voie à une réédition des New Gods. Les Eternels : L'intégrale Jack Kirby Marvel France Etrange Emily, un produit dérivant
Les Quatres Fantastiques ! Le plus grand comic book du monde !
Harry Potter est autiste (les raisons d'un succès)
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Il y a sans doute peu d'intérêt à discuter de la qualité ou de la nature d'Harry Potter and The Deathly Hallows. Tout le monde a déjà son avis sur Harry Potter, sur le fait qu'il soit digne ou pas pour un adulte de le lire en public (moi ? je parle de BD sur un blog, je suis déjà grillé), sur le fait que son succès soit mérité ou pas et sur tout un tas d'autres aspects encore et ce n'est pas ce dernier tome qui va y changer quoi que ce soit. Ce qui est sans doute plus intéressant, à défaut d'être original, c'est de se pencher sur les raisons du succès de l'oeuvre de J.K. Rowling. Cette femme a trouvé la façon la plus satisfaisante de devenir milliardaire qui soit sans faire descendre un seul enfant dans une mine et nous sommes nombreux à l'envier. Un coup d'oeil à la liste des livres les plus vendus du monde selon wikipedia nous confirme que comme la Bible, le Coran, le Petit Livre Rouge, le Seigneur des Anneaux et (pas vendu certes mais très très lu à ce qu'il paraît) le catalogue Ikéa, la série Harry Potter offre une vision complète et fermée d'un monde. Les sorciers ont leur culture, leur histoire et leur vocabulaire sans relation aux nôtres. Pour beaucoup d'enfants, Harry Potter n'est pas UN livre mais LE livre. Une oeuvre qui se suffit à elle même et qui ne connaît aucun pair. Harry Potter ne pousse d'ailleurs sans doute pas plus d'enfants à la lecture d'autres livres que les films qui en sont tirés ne transforment les gamins qui vont les voir en cinéphiles. Cette autosuffisance est sans doute pour beaucoup aussi dans le succès des livres de la série auprès des adultes. Ceux ci lisent en masse Harry Potter en partie parce qu'ils savent que rien ne leur est demandé à l'entrée de ce monde. Aucune connaissance, aucune compréhension de mécanismes littéraires complexes ne sont nécessaires : vous pouvez comprendre et apprécier Harry Potter sans être plus cultivé que Steevy Boulay. Et vous n'avez pas à vous en émouvoir parce qu'il s'agit d'un livre pour enfant et tout le monde sait bien que vous ne lisez ça que comme un divertissement sans aucun sérieux. Ce qui est vraiment frappant à ce titre, c'est que le petit sorcier est comme son lecteur. J.K. Rowling a consacré des milliers de pages à la description dans tous ses détails du monde des sorciers sans jamais s'attarder sur leur culture. Jamais Harry n'a lu un livre en dehors de ses manuels scolaires, jamais il n'a vu un film ou écouté de musique. C'est tout juste si un groupe de rock sorcier est mentionné en passant. Les sorciers vivent dans un monde trop intéressant pour avoir besoin d'art. Tout comme il est présenté comme un héros qui n'est peut-être pas le plus intelligent ni le plus talentueux mais certainement le plus courageux et le plus généreux, Harry Potter n'a pas de place dans sa vie pour les distractions (même le sport des sorciers, le Quidditch, il le joue plutôt que d'en être spectateur). Le bon père de famille en moi s'interroge : quelle est la leçon pour nos enfants là dedans ? L'aspirant milliardaire prend note d'éviter d'associer son bouquin à l'idée qu'il en existe d'autres. Lire aussi : Harry Potter les livres , les sept tomes résumés et critiqués sur Flu. Naruto : bon pour les hormones
Une fois que je me suis apperçu de ce que les gamins lisaient dans mon dos, j'ai décidé comme tout adulte responsable de me pencher dessus. L'âge m'a rendu arrogant bien sûr et c'est pourquoi j'ai été fort surpris de trouver un manga de grande qualité : pas d'un grande valeur artistique ni d'une grande subtilité et certainement pas fait pour quelqu'un de mon âge mais proche de la perfection pour l'ado que je me rappelle avoir été. J'y aurais investi mon argent de poche sans hésiter. L'histoire est très classique : Naruto est un orphelin qui rêve d'entrer à l'académie des ninjas pour gagner le respect que son village lui refuse. Il est désobéissant et pas très travailleurs mais capable quand il s'y met d'accomplir de petits exploits. Evidemment, tout ça ne serait rien sans de spectaculaires affontements de ninjas aux techniques abracadabrantes. On se rappelle à cette occasion que le manga a d'abord impressionné les occidentaux par sa capacité à représenter l'action de manière beaucoup plus dynamique et efficace que tout ce qu'on avait jamais vu par chez nous. A ce titre Naruto s'en sort très bien et les techniques ninjas permettent de nombreux rebondissements imprévisibles (au début tout du moins, je n'ai pas lus les vingt-huit volumes).
En conclusion, même s'il n'a sans doute pas attendu votre permission, si votre fils commence à avoir des poils un peu partout mais pas encore au menton, vous pouvez tout à fait le laisser lire Naruto. Pour ce qui est de canaliser un afflux incontrôlable d'hormones, ça reste beaucoup plus sain que 300. Dans le sac d'Olga...Retour de Montreuil (3) : collection vérité
Troisième et dernier épilogue consacré au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil achevé dimanche soir dernier. Sur le mode de la surprise, parce que rien à voir avec la forme désormais classique de l'édition jeunesse qui fait mouche auprès des grands, à base de textes courts et d'illustrations tendance et drôles. Là, c'est à la fois plus simple, plus franchement pédago mais aussi plus inattendu. Juste un texte bref, réduit à sa forme la plus épurée d'un récit à la première personne, sous forme d'interview. Un livret cartonné d'une dizaine de pages à déplier, et quelques mots du texte en plus fort, en plus gras. Et une série de photos de différents formats, le tout rendant compte d'une expérience personnelle et faisant replonger dans un lieu, dans une époque, mieux que tout autre objet. Plusieurs petits livres remarquables dans cette collection "la vérité" des éditions Fremok : celui sur les "castors" (ouvriers construisant leurs propres maisons dans les années cinquante), celui sur Léon Zyguel, survivant de la Shoah, et surtout le magnifique ouvrage de Kamel Khélif (illus.) sur les bidonvilles de Marseille : Cité Bassens, traverse de mazout (1997). Très ancré à gauche, très rouge dans sa culture, mais très subtil dans son écriture et surtout très beau.Retour de Montreuil (2) : Peter Pan (J.M. Barrie / Susanne Janssen)
Un des plus beaux ouvrages vus sur les étals à Montreuil la semaine dernière : Peter Pan, le texte original de J.M. Barrie illustré par Susanne Janssen, paru l'hiver dernier aux éditions Etre. C'est toujours une gageure pour un illustrateur de s'attaquer à un conte déjà largement passé dans l'imaginaire collectif contemporain du fait des productions ciné des studios Disney. Susanne Janssen s'en tire pourtant à merveilles. Là où l'iconographie Disney s'ancre dans un certain réalisme, elle prend au contraire le parti d'un dessin délibérément onirique, où les corps des personnages et des animaux convoqués par le récit se découpent, se mêlent et se juxtaposent les uns aux autres sur fond de grands à-plats sombres, sans respect des échelles. L'édition elle-même est somptueuse, réservant aux planches ocre-bordeaux-vert de Susanne Janssen des doubles pages pleines qui s'intègrent fort opportunément au récit de Barrie. L'ensemble forme sans nul doute un des très beaux livres à acquérir du moment. Retour de Montreuil (1) : flblbLe Salon du livre et de la presse jeunesse s'est achevé hier à Montreuil. Pour y avoir passé l'après-midi de dimanche, j'y ai fait quelques découvertes. La première d'entre elles, c'est la maison d'édition poitevine flblb. Drôles, richement illustrés, un brin sarcastiques (voire réducteurs, pas grave, c'est leur côté Attac), ses ouvrages se situent souvent à mi-chemin entre le pamphlet, le conte, la bédé et l'éducation politique. Outre ses désopilants flip-books, on pourra consulter en ligne de belles séries de planches, dont celle consacrée à un nouveauté assez poilante, la Petite histoire du grand Texas de Grégory Jarry et Otto T (illus.). Salon du livre et de la presse jeunesse : J-1(Spécial copinage !) Claire Degans sera probablement l'une des illustratrices les plus attendues au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil, qui commence demain. |
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