Livres : actu romans, essais et bd, extraits... blog Mille feuilles.
Fil d'actu : jeunesseFil Rss jeunesse
L'actualité de la littérature qui parle aux jeunes. Et parfois aux autres. Voir aussi notre sélection jeunesse.

Le Petit Nicolas sur M6 : destiné aux enfants idiots ?

Posté par 2goldfish le 17.09.09 à 15:15 | tags : bd, littérature en vidéo, jeunesse
 
Avant d'arriver au cinéma, Le Le Petit Nicolas de René Goscinny et Sempé passe d'abord par la télé. Sur M6, tous les dimanche matin, ) 9h30 - une heure à laquelle on est bien content que les enfants soient devant la télé, les enfants peuvent découvrir Le Petit Nicolas dans une version 3D, avec un générique chanté par Julien Doré et des scénarios remaniés pour la télévision, le tout semblant destiné à attirer les enfants de bobos, mais pas trop.
M6 vend son émission aux enfants sur le thème "découvre l'école de tes parents", ce qui semble limiter l'émission aux enfants dont les parents ont plus de cinquante ans. Le résultat est franchement mauvais, en tout cas si on le compare à l'indémodable fraicheur de l'oeuvre qui est censée l'avoir inspiré. Ce qui veut sans doute dire qu'il est destiné aux enfants idiots. Ca tombe bien, beaucoup d'enfants le sont. Une situation à laquelle M6 n'a jamais cherché à trouver un remède.



Tintin, Astérix, Babar... A qui appartiennent les héros de notre enfance ?

Posté par Madeleine le 18.08.09 à 10:34 | tags : news, bd, jeunesse
Si vous aviez l'intention de vous lancer dans un commerce non déclaré de mugs à l'effigie de Tintin, méfiez-vous : Nick Rodwell, grand protecteur des droits de l'oeuvre d'Hergé, risque de vous sauter à la gorge. Récemment, il s'en est pris sur son blog à des journalistes qui critiquaient sa gestion rigide de l'héritage du dessinateur. Et le mois dernier, les éditions Arconsil ont été condamnées à verser 40 000 euros à la société Moulinsart, suite à la publication de la série parodique Les aventures de Saint-Tin.

 

Le site Internet Tintin.com précise d'ailleurs les choses: "La société anonyme Moulinsart est titulaire exclusive, pour le monde entier, de l'ensemble des droits d'exploitation de l'œuvre d'Hergé, en particulier Les Aventures de Tintin. Le droit d'auteur protège non seulement les albums de bande dessinée et les dessins, scénarii, textes(...). Les adaptations de l'œuvre d'Hergé sont également protégées (les films, dessins animés, pièces de théâtre...) de même que ses dérivés (sculptures, figurines, livres...)".

Marques déposées, droits d'auteur... Chaque personnage de fiction célèbre, même patrimonial, suppose des interdits et des libertés d'exploitation. En voici cinq exemples.

 

Popeye, la force tranquille : Le marin est tombé dans le domaine public en janvier 2009, soit 70 ans après la mort de son créateur, Elzie Crisler Segar. Mais en Europe seulement, car aux Etats-Unis, il vous faudra attendre 25 ans de plus avant d'utiliser l'image de Popeye librement, puisqu'outre Atlantique, les personnages sont protégés pendant les 95 ans qui suivent leur création.

 

Les Schtroumpfs à toutes les sauces : Ils ont fêté leurs cinquante ans en 2008, et tiennent une forme olympique : dessin animé, bonbons, timbres... La veuve et les enfants de Peyo, le père des bonshommes bleus, contrôle l'utilisation des personnages par le biais de la société IMPS. Entre les figurines Kinder, les bonbons Haribo et le film en 3D en préparation, la famille Culliford tire largement parti de la popularité des Schtroumpfs. Si vous tentez les mugs clandestins, ce sera à vos risques et périls.

Mickey Mouse, chasse gardée : La souris à la voix de castrat est née en 1928, donc en principe, devrait appartenir à tout le monde depuis 1998. Sauf que Mickey Mouse est aussi une marque déposée par Disney, et à ce titre, elle est protégée tant qu'elle est utilisée à but commercial par son propriétaire. En gros, pour vendre vos tongs Mickey, il faudra attendre que Disney ait cessé de vendre ses T-shirts, dessins animés, billets d'entrée à Disneyland...

 

Astérix, une affaire de famille : En janvier dernier, la famille Uderzo a lavé son linge sale en public, suite à la cession par Albert Uderzo de ses parts des éditions Albert-René (40%) au groupe Hachette. Surtout, le cocréateur d'Astérix (avec Goscinny, décédé en 1977) a autorisé Hachette à poursuivre les aventures de son héros après sa mort, alors qu'il avait jusque là assuré le contraire. Une décision contre laquelle s'est insurgée Sylvie Uderzo, fille d'Albert et propriétaire de 40 % des parts d'Albert-René, estimant que son père avait été "manipulé".

 

Babar cool : Pas de remous du côté de l'éléphant. Les textes de Jean de Brunhoff, le créateur de Babar, sont entrés dans le domaine public en 2008, plus de 70 ans après la parution de l'Histoire de Babar. Tout est permis!

 

Lire aussi :

Les Schtroumpfs sont-ils communistes?

Tintin a 80 ans et fait toujours polémique.

Babar, frenchy préféré du New-Yorker.

En images : Des trésors de la bd se mêlent à l'art contemporain







La fiction 2.0, vrai-faux concept d'HarperCollins

Posté par Madeleine le 29.07.09 à 16:50 | tags : numérique, science-fiction, web, jeunesse
 
Stephen King qui aurait joué à World of Warcraft : voilà plus ou moins le menu de la toute nouvelle collection "Angry Robot", qui édite des romans fantastiques et SF destinés à la génération qui a grandi sur Internet : celle qui blogue et qui fréquente les forums de fans de Watchmen. Sur le papier, plutôt tentant.

 

La stratégie marketing élaborée par l'éditeur HarperCollins autour d'Angry Robot est centrée principalement sur le web. Alimenté comme un blog, le site propose aux lecteurs de participer à la « Robot Army » : si un internaute parle de la collection sur son blog, Angry Robot lui offre un exemplaire d'un de ses livres (c'est écrit en gros sur la page d'accueil du site). Curieux procédé, plus promotionnel qu'autre chose, dans lequel on pousse la communauté à se créer en même temps que les livres paraissent, sans laisser à ceux-ci le temps de construire eux-mêmes leur cercle de fans.
Quant aux ouvrages, ils sont disponibles en format papier, numérique grâce à l'ebook, et bientôt audio. Angry Robot propose même du PoD: Print On Demand, l'équivalent de la VOD. Jusqu'en novembre, deux ou trois nouveaux titres par mois paraîtront au Royaume Uni et en Australie, puis aux Etats-Unis et au Canada. Basée en Angleterre, la collection s'assure une diffusion mondiale.

Etiquetés « fiction 2.0 », les deux récits déjà publié par Angry Robot tiennent à la fois de la SF et du roman d'horreur. Dans Slights, l'australienne Kaaron Warren se glisse dans la peau de Stephanie, une adolescente tueuse en série, confrontée en rêve à ses pires ennemis. Quant à Lauren Beukes, elle invente dans Moxyland un monde où le virtuel a pris le pas sur le réel. Ce que signifie dans le texte le joli concept de « fiction 2.0 », pour l'instant, on ne voit pas trop...

Avec Angry Robot et la « fiction 2.0 », HarperCollins, l'une des plus grosses maisons d'éditions anglaises, expérimente des outils de communication nouveaux, sous couvert d'inventer... un nouveau genre littéraire ? Si l'avenir du livre se dessine par ici, la France a intérêt à s'y mettre très vite, en espérant que les éditeurs ne s'en tiennent pas eux aussi à une belle opération marketing.




Tender Morsels : jusqu’où peut aller la littérature jeunesse ?

Posté par Madeleine le 06.07.09 à 15:53 | tags : société, jeunesse, sexe et littérature, news

« Pour cela, beaucoup de gens la traiteraient de salope », voilà comment démarre le roman Tender Morsels ("Tendres morsures"), de l'australienne Margo Lanagan. Rien de choquant, à première vue. Sauf qu'il s'agit d'un récit destiné aux jeunes adultes (à partir de 13-15 ans), et qu'il raconte, entre autres réjouissances, un viol collectif...

 

Tender Morsels est sorti ce mois-ci aux éditions Random House, et des parents se sont aussitôt indignés qu'un tel récit soit publié dans une collection qui s'adresse à la jeunesse, sans que la couverture n'informe sur la violence du contenu. Les éditeurs ont en effet opté pour un avertissement à l'intérieur de l'ouvrage. Tender Morsels est en outre publié dans deux collections : la première, destinée aux adolescents, la seconde, pour les adultes. Un même texte pour deux publics ; seule l'image de couverture change.

Selon l'écrivain Philip Pullman, auteur de la trilogie A la croisée des mondes, nul besoin de prévenir le lecteur, la première page d'un livre suffit à donner une idée de son contenu. Il va même plus loin et explique que pour lui, « il ne devrait pas y avoir de thématiques interdites à la littérature jeunesse. Les enfants font face à des réalités bien plus fortes : le divorce, le trafic de drogue, la sexualité. »

Quel adolescent en mal de sensations n'a pas d'ailleurs pioché, un jour, parmi les oeuvres les plus transgressives de la littérature ? (celles, notamment, qui sont présentées dans notre diaporama des livres les plus trash.)




Pourquoi Michael Jackson est un Peter Pan manqué

Posté par Madeleine le 30.06.09 à 17:36 | tags : news, jeunesse

"Peter Pan de la pop" : une périphrase parmi tant d'autres que l'on entend et lit ces jours-ci à propos de Michael Jackson. Pas sûr, pourtant, que ce dernier se serait plu dans la version originale de Neverland, qui n'a rien du parc d'attraction éponyme, propriété du chanteur.

 

 

Le Roi de la pop ne s'est pas contenté de nommer sa propriété d'après l'île créée par James Matthew Barrie. Certains traits de sa troublante personnalité le rapprochent aussi de son héros. Alors que M.J. est au goût du jour, tâchons de rappeler qui est vraiment Peter Pan, à l'aune de la figure du chanteur.


Avant de s'ajouter à la longue liste des héros Disney, Peter Pan est né de l'imagination de J.M. Barrie, écrivain écossais de la fin du 19e siècle. Pour amuser ses jeunes amis, cet homme un peu marginal, pas très à l'aise dans son costume d'adulte, invente Peter, petit garçon qui s'est envolé loin de Londres pour ne plus grandir. Il a rejoint l'île de Neverland, pays rêvé des enfants où le cauchemar n'est jamais loin. La suite, on la connaît : il y a Wendy, mi-maman, mi-amoureuse de Peter, les Garçons Perdus, bande de joyeux orphelins, et bien sûr le Capitaine Crochet, l'ennemi juré de Peter Pan.

 

Deux enfances (en)volées. Peter a quitté le monde réel pour « ne jamais devenir un homme, et toujours s'amuser ». Même quand Wendy tente de lui vendre un foyer accueillant et aimant, il refuse de rejoindre la grisaille londonienne. Il veut bien jouer au mari, tant que ça reste pour du faux. Michael Jackson a construit un paradis pour les enfants, alors que lui fut privé d'enfance : répétitions acharnées avec les Jackson Five dès ses six ans, un père violent, etc.
 
Deux hérauts du transgenre ? D'un côté on trouve Peter, être asexué (sans scrupules, il brise les élans passionnés de Wendy), lancé dans une lutte jusqu'à la mort contre le Capitaine Crochet, symbole d'une virilité toute-puissante et fascinante (Wendy ne sait parfois plus où donner de la tête). De l'autre, Michael Jackson, déshumanisé par ses transformations physiques successives : rhinoplasties, dépigmentation de la peau... Son visage aux traits figés rappelle une sorte de Barbie sans les UV.
 
Le temps passe, mais pas pour eux. Les rides, c'est bon pour les autres... Peter n'a aucune notion du temps qui passe. Lorsqu'il débarque chez Wendy après un an d'absence, c'est comme s'ils s'étaient vus la veille, alors que la pauvre s'est languie des nuits durant. En apparence, le corps de Michael Jackson non plus n'est pas éprouvé par la vieillesse. Il aurait eu 50 ans cet été. On lui en aurait donné 20 de moins. Ou de plus.

 

Neverland, très loin de la Californie. La pop star aura réussi à ressembler, autant que possible, à son héros. Pourtant, le gigantesque ranch qu'il a fait construire n'a pas grand-chose à voir avec l'île imaginée par J.M. Barrie. Alors que Michael Jackson a voulu concevoir un petit paradis pour les enfants, le Neverland du livre donne la part belle à la violence et à la mort. Peter et les Garçons Perdus y massacrent des pirates en toute insouciance, tandis que ceux-ci ont la bonne idée de cuisiner un gâteau empoisonné pour la joyeuse marmaille. Wendy et ses frères sont mi-exaltés, mi-effrayés par cet endroit où la loi de la jungle l'emporte.

 

L'histoire est sans fin. « La mort doit être une aventure extraordinaire ! » s'écrit Peter le crâneur, à deux doigts de périr noyé. Il peut se le permettre, lui qui ne passera jamais de l'autre côté. Gageons que Michael Jackson aura su, à sa manière, atteindre une forme d'immortalité.


A lire : Peter Pan, de J.M. Barrie, éditions Librio.

Les Jardins de Kensington, de Rodrigo Fresán, au Seuil. L'écrivain argentin mêle Angleterre victorienne et sixties, par la voix d'un narrateur qui raconte le Londres de J.M. Barrie et celui des Beatles.

Michael Jackson, De l'autre côté du miroir, d'Yves Gautier, chez Publibook. Une biographie de la star par le regard d'un sociologue, passionné par l'analyse de l'image.

 

Voir aussi :

Le portrait de Michael Jackson
Le diaporama Michael Jackson and friends
Le diaporama vidéo des meilleurs clips de Michael Jackson
Le diaporama de Neverland.
Toutes les vidéos de Michael Jackson
Le dossier Michael Jackson, roi déchu de la Pop



Le livre à caresser de Dave Eggers

Posté par Céline le 18.06.09 à 15:23 | tags : news, illustration, vo, jeunesse, le livre ou le film ?

Les livres de l'Américain Dave Eggers sont très attendus. Et pas seulement, comme on peut le voir avec The Wild Things - le prochain à paraître - pour leur contenu.

 

Adapté du livre pour enfant Where the Wild Things Are de Maurice Sendak, ainsi que du scénario que Dave Eggers a co-écrit avec le réalisateur Spike Jonze, The Wild Things affiche une couverture des plus originales. Que chacun jugera, en fonction de ses névroses et de ses souvenirs d'enfance, affectueuse ou effrayante.
The Wild Things raconte l'histoire de Max, un petit garçon à la vie compliquée, qui développe peu à peu un comportement de plus en plus animal. Après avoir pris la fuite, il se retrouve sur une île, « The Island of Wild Things », dont il devient bientôt le roi...

L'histoire de ce garçon-loup revu par Dave Eggers, qui paraîtra le 1er octobre aux éditions McSweeney's, sortira donc également sur les écrans (Max et les maximonstres : voir la bande-annonce). C'est également à la rentrée que l'on découvrira la version française du roman What is the what (Le Grand Quoi, Gallimard).
 
Voir aussi sur Fluctuat :



La femme d'Art Spiegelman lance les bd Toon Books

Posté par Gwenola le 23.04.09 à 10:42 | tags : news, édition, bd, jeunesse

Quand Françoise Mouly, directrice artistique du New-Yorker et épouse du célèbre auteur de bande dessinée Art Spiegelman se lance dans la bd junior, ça donne... les Toon Books, un univers comic strip enfantin et acidulé, que l'on découvrira bientôt chez Casterman.
 
Convaincue de l'importance du dessin et de la notion de plaisir dans l'apprentissage de la lecture, l'éditrice française la plus en vue de New-York (notamment pour sa contribution éditoriale à Raw, la revue emblématique de la bande-dessinée avant-gardiste) a donc monté sa propre collection de bd bilingue français-anglais. Destinée aux enfants à partir de quatre ans, les planches seront disponibles en librairie le 6 mai prochain chez Casterman jeunesse, au prix de 13 euros. Parmi les titres, on trouvera par exemple les histoires de Jack et la boîte réalisé par Art Spiegelman en personne, celle d'Otto et la journée orange de Frank Cammuso et Jay Lynch ou encore Benny et Penny de Geoffrey Hayes.
 
De la bd de qualité pour les touts petits
A l'inverse des livres d'apprentissage classiques de lecture, jugés souvent "ennuyeux" par Mouly, les Toon Books donnent la priorité aux illustrations. Le texte vient seulement se "glisser" entre les images. De cette façon, "si vous ne saisissez pas le sens des mots, vous comprendrez tout de même l'idée car elle est illustrée par les images", explique l'éditrice. Très pro, Françoise Mouly a d'ailleurs travaillé avec des spécialistes de la lecture pour s'assurer que le vocabulaire proposé dans ses bd était adapté aux jeunes lecteurs et aux différents stades de leur initiation. Une référence indiquant les différents niveaux en terme de difficulté de lecture est même disponible en ligne sur le site de Toon Books. C'est donc une petite révolution graphique qui s'apprête à envahir les cours de récré : pour changer un peu de Martine à la ferme...
 
Lire aussi :



La BD Pullapoika, un conte de fée socialiste

Posté par 2goldfish le 29.01.09 à 14:20 | tags : jeunesse, bd, édition
La bande dessinée finlandaise reste un vivier de talents peu connus. Ce petit pays nous a fourni, avec Marko Turunen et Matti Hagelberg, deux des auteurs essentiels de la bédé indépendante des années 2000, ainsi qu'une tripotée d'autres auteurs surprenants. Aapo Rapi fait clairement plus partie de la "tripotée" que des "essentiels" mais ça n'empêche pas son Pullapoika de surprendre agréablement.
 

L'histoire semble avoir deux siècles de retard : un petit garçon découvre le communisme dans les livres et se rend compte que son père est un méchant et cruel patron. il se fait vite jeter à la rue par ce dernier et il découvre que les ouvriers n'ont pas grand chose à faire de ses beaux discours. il trouvera la salvation dans l'art à travers un numéro de cirque socialement réaliste.C'est plutôt simple et efficace bien que daté, mais le trait rond et chaleureux de Rapi fait toute la différence : sous titré en français "l'aventure révolutionnaire d'un garçon bonne pâte", Pullapoika n'a visuellement rien de réaliste mais tiens au contraire plus du conte de fée.

 

En Finlande, on n'a jamais beaucoup cru au communisme : le voisin russe faisait beaucoup trop peur. On n'a jamais non plus embrassé totalement le modèle américain parce que... le vosin russe faisait trop peur. Mais il était aussi séduisant car pour qui voulait le pouvoir, il valait mieux ne pas trop mal s'entendre avec l'ambassade soviétique. Le communisme, donc, c'est en Finlande une histoire bien plus compliquée encore qu'en France. Cette bédé d'apparence simple est en fait teintée d'amertume : le capitalisme produit des enfants mous, de goinfres cruels, le comunisme produit des artistes, des fantaisies, mais au final la réalité produit toujours du malheur.

 

Aapo Rapi, Pullapoika, Rackam, coll. Le signe noir.

 

Lire aussi : 
Le Festival Angoulême 2009 : petite sélection
Blaise, la BD qui nous fait rire... de nous-mêmes

 

 



John Boyne : des rayures qui font mouche

Posté par Céline le 30.04.08 à 12:30 | tags : best-seller, édition, jeunesse
Il était une fois un Garçon au pyjama rayé. Un livre jeunesse qui explosa les records de vente en divers endroits du monde, en Espagne surtout (ou le titre devient El niño con el pijamas de rayas...). Son histoire n'avait rien à voir avec la sorcellerie, rien de drôle ni de magique. Son histoire, c'est celle de l'extermination des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.
 
 
L'auteur de ce best-seller, John Boyne, est irlandais. Sans doute ne s'attendait-il pas à un tel succès. Son éditeur espagnol (Salamendra) avait par exemple acquis son titre avec prudence, un tirage à 5000 exemplaires pour commencer, un lancement discret. C'est une interview de l'écrivain dans le quotidien El Pais qui va donner une véritable impulsion médiatique à l'ouvrage. Tout le monde se met à lire El Niño... L'éditrice Sigrid Kraus remarque que "c'est un livre que toute la famille lit, un pont entre les générations.Mark Herman, et prévue pour le 12 septembre prochain.

Sur le site de John Boyne, on peut voir les couvertures du livre dans toutes les langues où il a été traduit.




Moomin, le Snoopy finlandais

Posté par 2goldfish le 06.03.08 à 16:49 | tags : bd, jeunesse

Oubliez Peanuts : Moomin est le vieux strip d'apparence enfantine qui cache des merveilles existentialistes avec la plus grande des simplicités. Ce n'est pas tellement que les dites merveilles soient si merveilleuses que ça, c'est surtout que là ou Peanuts peine à faire illusion (la dépression de Charlie Brown est beaucoup trop saisissante pour que je sois à l'aise avec l'idée de prêter mes Peanuts à un enfant) Moomin ressemble vraiment même de près à un inconséquent et fantasque enfantillage. Le personnage est d'ailleurs une sorte de Mickey scandinave, figure tutélaire du parc Moomin World en Finlande...

 

Lire la suite

Moomin et les brigands

Tove Jansson

Le Lézard noir

 


 




Les Eternels de Jack Kirby

Posté par 2goldfish le 07.12.07 à 10:16 | tags : comics, jeunesse

On se sent un peu stupide en écrivant sur Jack Kirby. Le scénario des Eternels, son dernier travail important pour Marvel dans les années 1970, évoque au mieux celui des Mystérieuses Cités d'Or mais, avouons-le, on dit ça par pure flatterie : cette histoire de races mystérieuses créées par des dieux extra-terrestres serait ridicule même au sein d'une Gloubi-boulga night. Les personnages sont de risibles clichés, dont on n'aurait pas voulu dans un film d'aventure muet à Hollywood en 1920 et malgré toute la sympathie que nous inspirent ses créations antérieures tout aussi simples (mais attachantes comme la Chose des Quatre Fantastiques, Hulk, les New Gods, etc...), on ne peut considérer les Eternels que comme l'oeuvre d'un génie cramé, usé par des années de service au comic book et qui balance une nouvelle idée toute les trois pages, non pas parce qu'il est inspiré comme par le passé mais probablement parce que comme nous il s'est déjà lassé de la précédente.

Peu importe la médiocrité du scénario : Kirby était alors au sommet de son art en tant que dessinateur. Il avait depuis longtemps parfait son style unique de composition et de mise en scène conçu pour que chaque élément du dessin semble vous sauter dessus comme si vous aviez mis des lunettes 3D. Ses héros avaient des costumes couverts de symboles géométriques complexes qui n'étaient encore rien comparés aux constructions folles à la limite de l'architecture escherienne qu'étaient les machines de Kirby, des vaisseaux spatiaux incas aux outils mystérieux de dieux, ces constructions ont dû donner des maux de têtes et des érections à Moebius, Giger, Mignola et un million d'autres.

Cerise sur le gateau, le dessin de Kirby bénéficiait pour une fois d'un encrage plutôt bon de Mike Royer et de couleurs propres et nettes (c'est déjà beaucoup à l'échelle de ce qu'a subit Kirby) de Glinys Wein passées par un travail de restauration impeccable des studios Marvel pour une réédition "Deluxe" intégrale.

Dernière bonne nouvelle : on peut parfaitement suivre le scénario inepte des Eternels en se contentant de lire les bulles en diagonale (et en zappant complétement les redondants pavés narratifs) pour s'attarder à loisir sur le dessin spectaculaire. C'est en tout cas ce que j'ai fait après avoir scrupuleusement et péniblement lu "sérieusement" les premiers épisodes de l'intégrale. Les Eternels restent un des travaux les plus mineurs de Kirby et ne doivent leur réédition qu'à la récente résurrection des personnages par Neil Gaiman, mais on peut espérer, pourquoi pas, qu'un succès en librairie ouvrirait la voie à une réédition des New Gods.


Les Eternels : L'intégrale
Jack Kirby
Marvel France 



Etrange Emily, un produit dérivant

Posté par 2goldfish le 31.08.07 à 09:10 | tags : bd, jeunesse

Le personnage d'Etrange Emily, ou plutôt Emily The Strange, je l'ai vu des tas de fois depuis quelques années dans des "mauvaises boutiques" de BD (je ne dis pas "librairie" à propos des lieux où l'on vend autant de figurines en PVC et de porte-clés que de BD). Je l'ai vue sur des tee-shirts, des mugs, des chaussettes et des tapis de souris. Mais je ne l'avais jamais vue sur un livre (si on ne compte pas les journaux intimes encore vierges).
C'est donc avec une certaine curiosité que j'ai ouvert l'autre jour Voir et Décevoir dans un Mégastore. Voyez-vous je m'étais imaginé, naïvement, que tous ces produits dérivaient d'une oeuvre originale. Probablement un mix de Johnny The Homicidal Maniac et de Daria. Je m'attendais à ce que ce soit mauvais, parce que je m'attends toujours à ce que les choses soient mauvaises. Toutefois, je ne m'attendais pas à ce que les livres ne soient en fait qu'un produit dérivé de plus.
Un rapide tour sur Wikipedia m'apprend qu'Emily est née comme autocollant publicitaire pour une marque de vêtements de skateboarder, et a rapidement gagné en popularité pour devenir sa propre glorieuse machine à fric. Ce n'est pas vraiment l'histoire qu'aimerait entendre les clientes d'Emily. Mais ce sont toutes des ados goths de quatorze ans et elles passent leur temps à se suicider et on s'en fout. Ce qui est fascinant, vraiment, dans le petit bouquin Voir et décevoir, c'est la normalité et la banalité qui se cachent derrière cette pâle copie de Mercredi Addams. Si on avait demandé à feu Jacques Faizant de dessiner ce personnage pour ce public, c'est probablement ce qu'il aurait pondu. C'est d'ailleurs sans doute à peu près ce qui s'est passé puisque le bouquin est signé "Cosmic Debris", du nom de la marque de fringues à l'origine de tout ça.
Concrètement, ce petit bouquin, très cher, est une série d'illustrations au graphisme bateau, d'aphorismes neuneus sensés nous faire comprendre combien Emily est cool, différente et bizarre tout en étant curieusement totalement asexuée et vide de la moindre "étrangeté" réelle (dès fois que ça fasse fuir le chaland). Oh, et puis ne me demandez pas ce que je fais à lire des livres pour petite fille pour venir cracher dessus sur le blog après. Je fais ce que je veux.


Etrange Emily
Cosmic Debris
Chronicle




Les Quatres Fantastiques ! Le plus grand comic book du monde !

Posté par 2goldfish le 29.08.07 à 14:36 | tags : comics, jeunesse

La sortie du film Les quatres fantastiques et le surfeur d'argent (un titre formidable quand on y pense) a été l'occasion pour Panini de reprendre, le temps d'un tome, sa publication intermittente de l'intégrale des Quatres Fantastiques de Stan Lee et Jack Kirby avec l'année 1966, qui voit justement apparaître le surfeur, et son maître Galactus le dévoreur de planètes. Ce n'est pas juste que j'aime taper ces mots, cette publication est vraiment " importante ", puisqu'il s'agit de pages fondatrices du super héros moderne, au même titre que les débuts de Superman, et, qu'on les aime ou non, les super héros occupent toujours une place très importante dans l'histoire de la BD mondiale.


Le fait est pourtant, et les fanboys, qui crient au scandale devant toute infidélité des adaptations cinématographiques, feraient mieux de s'en souvenir, le fait est donc que ces pages sont absolument illisibles. On n'a pas à s'offusquer de la naïveté d'une BD pour enfants pleine de pseudo science farfelue, de personnages au caractère grossier qui se mettent sur la gueule pour un oui ou pour un non, avant de s'unir contre un ennemi commun qui sera vaincu grâce à un rebondissement stupide. Il est par contre vraiment pénible de lire toutes les bulles qui expliquent inutilement ce que l'image nous montre déjà, tous ces pavés de texte pleins de points d'exclamation et de blagues pas drôles. Le lecteur qui s'intéresse un peu à l'histoire de la BD saura passer outre tout ça, mais les autres doivent être prévenus : ce n'est pas du divertissement. Pas du divertissement facile en tout cas, et plus aucun enfant d'aujourd'hui n'aura la patience de lire tout ça.

Si on supporte le numéro de camelot ringard de Stan Lee, le travail de Jack Kirby lui mérite tout un tas de superlatifs que son compère lui servait à la louche. Les deux hommes travaillaient d'une façon très particulière qui laissait à Kirby une grande latitude tout en maintenant l'illusion importante pour la mythologie Marvel d'un scénariste unique et ultra-prolifique en la personne de Stan Lee. Le " scénariste " et le dessinateur se réunissaient pour décider d'une intrigue pour les prochains numéros (genre " et si les Fantastiques étaient piégés dans la zone négative par le Docteur Fatalis, alors qu'un avocat véreux essaie de les faire expulser de New York ? "). Kirby dessinait ensuite le tout et Lee repassait plus tard pour rajouter des dialogues et des pavés de texte. Pas vraiment la meilleure méthode pour écrire un chef-d'oeuvre, mais commercialement ça a très longtemps marché du feu de dieu.
Jack Kirby, bien sûr, était un génie et déployait dans ces pages des merveilles de créativité, d'énergie incroyable, dont on sent encore l'influence. Il a inventé une sorte de pop art psychédélique survolté, plein de perspectives exagérées, de machineries baroques et de personnages déments qui surjouent à fond la moindre émotion. On en veut d'autant plus à Stan Lee pour ses couches de texte inutiles. Mais peu importe. Quarante ans après, lire les Fantastic Four c'est comme s'injecter de la caféine dans l'oeil et se prendre un pain dans la gueule.




Harry Potter est autiste (les raisons d'un succès)

Posté par 2goldfish le 30.07.07 à 10:47 | tags : elucubration, jeunesse, lectures de plage

 

 

Il y a sans doute peu d'intérêt à discuter de la qualité ou de la nature d'Harry Potter and The Deathly Hallows. Tout le monde a déjà son avis sur Harry Potter, sur le fait qu'il soit digne ou pas pour un adulte de le lire en public (moi ? je parle de BD sur un blog, je suis déjà grillé), sur le fait que son succès soit mérité ou pas et sur tout un tas d'autres aspects encore et ce n'est pas ce dernier tome qui va y changer quoi que ce soit. Ce qui est sans doute plus intéressant, à défaut d'être original, c'est de se pencher sur les raisons du succès de l'oeuvre de J.K. Rowling. Cette femme a trouvé la façon la plus satisfaisante de devenir milliardaire qui soit sans faire descendre un seul enfant dans une mine et nous sommes nombreux à l'envier.

Un coup d'oeil à la liste des livres les plus vendus du monde selon wikipedia nous confirme que comme la Bible, le Coran, le Petit Livre Rouge, le Seigneur des Anneaux et (pas vendu certes mais très très lu à ce qu'il paraît) le catalogue Ikéa, la série Harry Potter offre une vision complète et fermée d'un monde. Les sorciers ont leur culture, leur histoire et leur vocabulaire sans relation aux nôtres. Pour beaucoup d'enfants, Harry Potter n'est pas UN livre mais LE livre. Une oeuvre qui se suffit à elle même et qui ne connaît aucun pair. Harry Potter ne pousse d'ailleurs sans doute pas plus d'enfants à la lecture d'autres livres que les films qui en sont tirés ne transforment les gamins qui vont les voir en cinéphiles.

Cette autosuffisance est sans doute pour beaucoup aussi dans le succès des livres de la série auprès des adultes. Ceux ci lisent en masse Harry Potter en partie parce qu'ils savent que rien ne leur est demandé à l'entrée de ce monde. Aucune connaissance, aucune compréhension de mécanismes littéraires complexes ne sont nécessaires : vous pouvez comprendre et apprécier Harry Potter sans être plus cultivé que Steevy Boulay. Et vous n'avez pas à vous en émouvoir parce qu'il s'agit d'un livre pour enfant et tout le monde sait bien que vous ne lisez ça que comme un divertissement sans aucun sérieux.

Ce qui est vraiment frappant à ce titre, c'est que le petit sorcier est comme son lecteur. J.K. Rowling a consacré des milliers de pages à la description dans tous ses détails du monde des sorciers sans jamais s'attarder sur leur culture. Jamais Harry n'a lu un livre en dehors de ses manuels scolaires, jamais il n'a vu un film ou écouté de musique. C'est tout juste si un groupe de rock sorcier est mentionné en passant. Les sorciers vivent dans un monde trop intéressant pour avoir besoin d'art. Tout comme il est présenté comme un héros qui n'est peut-être pas le plus intelligent ni le plus talentueux mais certainement le plus courageux et le plus généreux, Harry Potter n'a pas de place dans sa vie pour les distractions (même le sport des sorciers, le Quidditch, il le joue plutôt que d'en être spectateur). Le bon père de famille en moi s'interroge : quelle est la leçon pour nos enfants là dedans ? L'aspirant milliardaire prend note d'éviter d'associer son bouquin à l'idée qu'il en existe d'autres.

Lire aussi : Harry Potter les livres , les sept tomes résumés et critiqués sur Flu.




Naruto : bon pour les hormones

Posté par 2goldfish le 24.07.07 à 13:14 | tags : bd, jeunesse, manga

Alors que même ma mère a entendu parler de Titeuf, la BD qui plait aux enfants depuis plusieurs années, et qu'en général les autres grands succès hexagonaux ont leur petite notoriété, il se vend des mangas Naruto à la pelle sans que nous autres adultes ne soyons mis au courant. Cela tient sans doute au chauvinisme des médias et à la ghettoïsation du manga qu'on doit en bonne part, rappelons-le, à Ségolène Royal. Naruto, c'est pratiquement un manga sur dix vendu en France, et pas loin d'être la BD la plus vendue aux Etats-Unis et au Japon. Le grand nombre de volumes que compte la série (trente-six à ce jour au Japon, 28 chez nous) et leur parution trimestrielle aide évidemment beaucoup. Les lecteurs de Masashi Kishimoto sont beaucoup moins nombreux que ceux de J.K. Rowling mais il en tire le maximum.

Une fois que je me suis apperçu de ce que les gamins lisaient dans mon dos, j'ai décidé comme tout adulte responsable de me pencher dessus. L'âge m'a rendu arrogant bien sûr et c'est pourquoi j'ai été fort surpris de trouver un manga de grande qualité : pas d'un grande valeur artistique ni d'une grande subtilité et certainement pas fait pour quelqu'un de mon âge mais proche de la perfection pour l'ado que je me rappelle avoir été. J'y aurais investi mon argent de poche sans hésiter.

L'histoire est très classique : Naruto est un orphelin qui rêve d'entrer à l'académie des ninjas pour gagner le respect que son village lui refuse. Il est désobéissant et pas très travailleurs mais capable quand il s'y met d'accomplir de petits exploits.
Il découvre dans le premier volume qu'alors qu'il était encore un nourisson on a utilisé son corps pour enfermer un démon (un "renard à neuf queues") ce qui explique à la fois l'attitude des villageois à son égard et sa prédisposition au combat et à la rebellion. Il rentre dans l'académie ou il apprend les vertus de l'obéissance, du travail en équipe et toutes ces choses qu'on apprend aux enfants pour qu'ils nous obéissent.

Evidemment, tout ça ne serait rien sans de spectaculaires affontements de ninjas aux techniques abracadabrantes. On se rappelle à cette occasion que le manga a d'abord impressionné les occidentaux par sa capacité à représenter l'action de manière beaucoup plus dynamique et efficace que tout ce qu'on avait jamais vu par chez nous. A ce titre Naruto s'en sort très bien et les techniques ninjas permettent de nombreux rebondissements imprévisibles (au début tout du moins, je n'ai pas lus les vingt-huit volumes).

Bien sûr Naruto est un peu violent, mais sans jamais être gore, et qui se souvient avoir été un garçon de treize ans saura reconnaitre l'intérêt indéniable de shurikens géants et autres armes mortelles exotiques. Naruto ne tombe de plus jamais dans la facilité du coup de vent qui soulève les jupes des filles, grand classique du manga pour ado : le seul personnage féminin est une camarade de Naruto et plus ou moins son égale dans les combats, et elle porte un pantalon.
Ce personnage féminin est d'ailleurs ce qui permet au manga de s'élever au dessus de ceux que j'ai connu à mon époque. là où ils étaient tous dans l'exaltation du travail, de la souffrance et du sacrifice et où les personnages féminins se limitaient à la damoiselle en détresse assexuée et à la méchante perverse, Naruto ajoute un triangle amoureux très mignon, traité avec plus d'humour que d'émotion mais qui marche très bien auprès d'un public de garçons qui joue encore les dégoutés devant les scènes d'amour au cinéma, juste au cas où les copains regarderaient.

En conclusion, même s'il n'a sans doute pas attendu votre permission, si votre fils commence à avoir des poils un peu partout mais pas encore au menton, vous pouvez tout à fait le laisser lire Naruto. Pour ce qui est de canaliser un afflux incontrôlable d'hormones, ça reste beaucoup plus sain que 300.




Dans le sac d'Olga...

Posté par Sandor le 10.01.06 à 10:39 | tags : blogosphère livres, illustration, jeunesse, web


... il y a son chat Miguel, et surtout des livres pour enfants, plein de livres pour enfants.



Retour de Montreuil (3) : collection vérité

Posté par Sandor le 07.12.05 à 08:51 | tags : édition, exposition, jeunesse, photo
Cité Bassens : autre époque, autre non-lieu Troisième et dernier épilogue consacré au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil achevé dimanche soir dernier. Sur le mode de la surprise, parce que rien à voir avec la forme désormais classique de l'édition jeunesse qui fait mouche auprès des grands, à base de textes courts et d'illustrations tendance et drôles. Là, c'est à la fois plus simple, plus franchement pédago mais aussi plus inattendu. Juste un texte bref, réduit à sa forme la plus épurée d'un récit à la première personne, sous forme d'interview. Un livret cartonné d'une dizaine de pages à déplier, et quelques mots du texte en plus fort, en plus gras. Et une série de photos de différents formats, le tout rendant compte d'une expérience personnelle et faisant replonger dans un lieu, dans une époque, mieux que tout autre objet. Plusieurs petits livres remarquables dans cette collection "la vérité" des éditions Fremok : celui sur les "castors" (ouvriers construisant leurs propres maisons dans les années cinquante), celui sur Léon Zyguel, survivant de la Shoah, et surtout le magnifique ouvrage de Kamel Khélif (illus.) sur les bidonvilles de Marseille : Cité Bassens, traverse de mazout (1997). Très ancré à gauche, très rouge dans sa culture, mais très subtil dans son écriture et surtout très beau.



Retour de Montreuil (2) : Peter Pan (J.M. Barrie / Susanne Janssen)

Posté par Sandor le 06.12.05 à 08:15 | tags : exposition, illustration, jeunesse, roman
Rien que pour les illustrations de Susanne Janssen... Un des plus beaux ouvrages vus sur les étals à Montreuil la semaine dernière : Peter Pan, le texte original de J.M. Barrie illustré par Susanne Janssen, paru l'hiver dernier aux éditions Etre. C'est toujours une gageure pour un illustrateur de s'attaquer à un conte déjà largement passé dans l'imaginaire collectif contemporain du fait des productions ciné des studios Disney. Susanne Janssen s'en tire pourtant à merveilles. Là où l'iconographie Disney s'ancre dans un certain réalisme, elle prend au contraire le parti d'un dessin délibérément onirique, où les corps des personnages et des animaux convoqués par le récit se découpent, se mêlent et se juxtaposent les uns aux autres sur fond de grands à-plats sombres, sans respect des échelles. L'édition elle-même est somptueuse, réservant aux planches ocre-bordeaux-vert de Susanne Janssen des doubles pages pleines qui s'intègrent fort opportunément au récit de Barrie. L'ensemble forme sans nul doute un des très beaux livres à acquérir du moment.



Retour de Montreuil (1) : flblb

Posté par Sandor le 05.12.05 à 13:14 | tags : bd, édition, exposition, illustration, jeunesse
Petit Etat, grande histoire (à moins que ce ne soit l'inverse...)

Le Salon du livre et de la presse jeunesse s'est achevé hier à Montreuil. Pour y avoir passé l'après-midi de dimanche, j'y ai fait quelques découvertes. La première d'entre elles, c'est la maison d'édition poitevine flblb. Drôles, richement illustrés, un brin sarcastiques (voire réducteurs, pas grave, c'est leur côté Attac), ses ouvrages se situent souvent à mi-chemin entre le pamphlet, le conte, la bédé et l'éducation politique. Outre ses désopilants flip-books, on pourra consulter en ligne de belles séries de planches, dont celle consacrée à un nouveauté assez poilante, la Petite histoire du grand Texas de Grégory Jarry et Otto T (illus.).



Salon du livre et de la presse jeunesse : J-1

Posté par Sandor le 29.11.05 à 02:15 | tags : exposition, illustration, jeunesse


(Spécial copinage !) Claire Degans sera probablement l'une des illustratrices les plus attendues au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil, qui commence demain.





  Discussions en cours sur le forum livres :
Rechercher
Dans la boite
Ajouter à Netvibes Ajouter à Mon Yahoo! Ajouter à mon Google Ajouter ce blog à mes favoris Technorati! Abonnement Bloglines
Sources et amis
- La feuille (FR)
- Le Typographe (FR)
- Tourgueniev (FR)
- M. T. Louverture (FR)
- Tiers livre (FR)
- E®enews (FR)
- Blogs BD (FR)
- Lessig blog (EN)
- Buzz littéraire (FR)
- Culture Café (FR)
- Alalettre (FR)
- Zazieweb (FR)