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L'actualité de la littérature qui parle aux jeunes. Et parfois aux autres. Voir aussi notre sélection jeunesse.

John Boyne : des rayures qui font mouche

Posté par Céline le 30.04.08 à 12:30 | tags : jeunesse, best-seller, édition
Il était une fois un Garçon au pyjama rayé. Un livre jeunesse qui explosa les records de vente en divers endroits du monde, en Espagne surtout (ou le titre devient El niño con el pijamas de rayas...). Son histoire n'avait rien à voir avec la sorcellerie, rien de drôle ni de magique. Son histoire, c'est celle de l'extermination des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.
L'auteur de ce best-seller, John Boyne, est irlandais. Sans doute ne s'attendait-il pas à un tel succès. Son éditeur espagnol (Salamendra) avait par exemple acquis son titre avec prudence, un tirage à 5000 exemplaires pour commencer, un lancement discret. C'est une interview de l'écrivain dans le quotidien El Pais qui va donner une véritable impulsion médiatique à l'ouvrage. Tout le monde se met à lire El Niño... L'éditrice Sigrid Kraus remarque que "c'est un livre que toute la famille lit, un pont entre les générations.[...] Les libraires ont dit qu'ils n'avaient jamais vu ça : les gens l'achetaient en plusieurs exemplaires pour l'offrir." Résultat : 700 000 exemplaires vendus en Espagne.

 

La portée universelle du sujet abordé par le livre - la shoah, doit expliquer en partie son retentissement mondial. Traduit dans 35 langues différentes, il est en quelque sorte un pendant au Journal d'Anne Franck, l'incontournable que les profs recommandent de lire, parce que le texte est à la fois accessible et instructif.

En France, on a peu entendu parler du Garçon au pyjama rayé : sorti en Folio Junior à la rentrée 2006, il s'est correctement vendu à 17 500 exemplaires. En Allemagne, le titre fonctionne bien mieux, et en Irlande, il est numéro un des ventes depuis plus d'un an.
Au total, 15 millions d'exemplaires ont été vendus dans le monde. On est loin des 325 millions d'Harry Potter, mais le phénomène mérite d'être relevé. Et puis, si vous avez une petite sœur ou cousine que vous voulez initier à la lecture et à la réalité de l'Histoire...

Enfin, de la même façon que les contes de fées se concluent souvent par un mariage et une flopée de bambins, on sait que les best-sellers finissent toujours sur grand écran. L'adaptation ciné de l'ouvrage de John Boyle est effectivement en cours sous la direction de Mark Herman, et prévue pour le 12 septembre prochain.

Sur le site de John Boyne, on peut voir les couvertures du livre dans toutes les langues où il a été traduit.


Moomin, le Snoopy finlandais

Posté par 2goldfish le 06.03.08 à 16:49 | tags : bd, jeunesse

Oubliez Peanuts : Moomin est le vieux strip d'apparence enfantine qui cache des merveilles existentialistes avec la plus grande des simplicités. Ce n'est pas tellement que les dites merveilles soient si merveilleuses que ça, c'est surtout que là ou Peanuts peine à faire illusion (la dépression de Charlie Brown est beaucoup trop saisissante pour que je sois à l'aise avec l'idée de prêter mes Peanuts à un enfant) Moomin ressemble vraiment même de près à un inconséquent et fantasque enfantillage. Le personnage est d'ailleurs une sorte de Mickey scandinave, figure tutélaire du parc Moomin World en Finlande...

 

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Moomin et les brigands

Tove Jansson

Le Lézard noir

 


 


Les Eternels de Jack Kirby

Posté par 2goldfish le 07.12.07 à 10:16 | tags : comics, jeunesse

On se sent un peu stupide en écrivant sur Jack Kirby. Le scénario des Eternels, son dernier travail important pour Marvel dans les années 1970, évoque au mieux celui des Mystérieuses Cités d'Or mais, avouons-le, on dit ça par pure flatterie : cette histoire de races mystérieuses créées par des dieux extra-terrestres serait ridicule même au sein d'une Gloubi-boulga night. Les personnages sont de risibles clichés, dont on n'aurait pas voulu dans un film d'aventure muet à Hollywood en 1920 et malgré toute la sympathie que nous inspirent ses créations antérieures tout aussi simples (mais attachantes comme la Chose des Quatre Fantastiques, Hulk, les New Gods, etc...), on ne peut considérer les Eternels que comme l'oeuvre d'un génie cramé, usé par des années de service au comic book et qui balance une nouvelle idée toute les trois pages, non pas parce qu'il est inspiré comme par le passé mais probablement parce que comme nous il s'est déjà lassé de la précédente.

Peu importe la médiocrité du scénario : Kirby était alors au sommet de son art en tant que dessinateur. Il avait depuis longtemps parfait son style unique de composition et de mise en scène conçu pour que chaque élément du dessin semble vous sauter dessus comme si vous aviez mis des lunettes 3D. Ses héros avaient des costumes couverts de symboles géométriques complexes qui n'étaient encore rien comparés aux constructions folles à la limite de l'architecture escherienne qu'étaient les machines de Kirby, des vaisseaux spatiaux incas aux outils mystérieux de dieux, ces constructions ont dû donner des maux de têtes et des érections à Moebius, Giger, Mignola et un million d'autres.

Cerise sur le gateau, le dessin de Kirby bénéficiait pour une fois d'un encrage plutôt bon de Mike Royer et de couleurs propres et nettes (c'est déjà beaucoup à l'échelle de ce qu'a subit Kirby) de Glinys Wein passées par un travail de restauration impeccable des studios Marvel pour une réédition "Deluxe" intégrale.

Dernière bonne nouvelle : on peut parfaitement suivre le scénario inepte des Eternels en se contentant de lire les bulles en diagonale (et en zappant complétement les redondants pavés narratifs) pour s'attarder à loisir sur le dessin spectaculaire. C'est en tout cas ce que j'ai fait après avoir scrupuleusement et péniblement lu "sérieusement" les premiers épisodes de l'intégrale. Les Eternels restent un des travaux les plus mineurs de Kirby et ne doivent leur réédition qu'à la récente résurrection des personnages par Neil Gaiman, mais on peut espérer, pourquoi pas, qu'un succès en librairie ouvrirait la voie à une réédition des New Gods.


Les Eternels : L'intégrale
Jack Kirby
Marvel France 

Etrange Emily, un produit dérivant

Posté par 2goldfish le 31.08.07 à 09:10 | tags : jeunesse, bd

Le personnage d'Etrange Emily, ou plutôt Emily The Strange, je l'ai vu des tas de fois depuis quelques années dans des "mauvaises boutiques" de BD (je ne dis pas "librairie" à propos des lieux où l'on vend autant de figurines en PVC et de porte-clés que de BD). Je l'ai vue sur des tee-shirts, des mugs, des chaussettes et des tapis de souris. Mais je ne l'avais jamais vue sur un livre (si on ne compte pas les journaux intimes encore vierges).
C'est donc avec une certaine curiosité que j'ai ouvert l'autre jour Voir et Décevoir dans un Mégastore. Voyez-vous je m'étais imaginé, naïvement, que tous ces produits dérivaient d'une oeuvre originale. Probablement un mix de Johnny The Homicidal Maniac et de Daria. Je m'attendais à ce que ce soit mauvais, parce que je m'attends toujours à ce que les choses soient mauvaises. Toutefois, je ne m'attendais pas à ce que les livres ne soient en fait qu'un produit dérivé de plus.
Un rapide tour sur Wikipedia m'apprend qu'Emily est née comme autocollant publicitaire pour une marque de vêtements de skateboarder, et a rapidement gagné en popularité pour devenir sa propre glorieuse machine à fric. Ce n'est pas vraiment l'histoire qu'aimerait entendre les clientes d'Emily. Mais ce sont toutes des ados goths de quatorze ans et elles passent leur temps à se suicider et on s'en fout. Ce qui est fascinant, vraiment, dans le petit bouquin Voir et décevoir, c'est la normalité et la banalité qui se cachent derrière cette pâle copie de Mercredi Addams. Si on avait demandé à feu Jacques Faizant de dessiner ce personnage pour ce public, c'est probablement ce qu'il aurait pondu. C'est d'ailleurs sans doute à peu près ce qui s'est passé puisque le bouquin est signé "Cosmic Debris", du nom de la marque de fringues à l'origine de tout ça.
Concrètement, ce petit bouquin, très cher, est une série d'illustrations au graphisme bateau, d'aphorismes neuneus sensés nous faire comprendre combien Emily est cool, différente et bizarre tout en étant curieusement totalement asexuée et vide de la moindre "étrangeté" réelle (dès fois que ça fasse fuir le chaland). Oh, et puis ne me demandez pas ce que je fais à lire des livres pour petite fille pour venir cracher dessus sur le blog après. Je fais ce que je veux.


Etrange Emily
Cosmic Debris
Chronicle


Les Quatres Fantastiques ! Le plus grand comic book du monde !

Posté par 2goldfish le 29.08.07 à 14:36 | tags : comics, jeunesse

La sortie du film Les quatres fantastiques et le surfeur d'argent (un titre formidable quand on y pense) a été l'occasion pour Panini de reprendre, le temps d'un tome, sa publication intermittente de l'intégrale des Quatres Fantastiques de Stan Lee et Jack Kirby avec l'année 1966, qui voit justement apparaître le surfeur, et son maître Galactus le dévoreur de planètes. Ce n'est pas juste que j'aime taper ces mots, cette publication est vraiment " importante ", puisqu'il s'agit de pages fondatrices du super héros moderne, au même titre que les débuts de Superman, et, qu'on les aime ou non, les super héros occupent toujours une place très importante dans l'histoire de la BD mondiale.


Le fait est pourtant, et les fanboys, qui crient au scandale devant toute infidélité des adaptations cinématographiques, feraient mieux de s'en souvenir, le fait est donc que ces pages sont absolument illisibles. On n'a pas à s'offusquer de la naïveté d'une BD pour enfants pleine de pseudo science farfelue, de personnages au caractère grossier qui se mettent sur la gueule pour un oui ou pour un non, avant de s'unir contre un ennemi commun qui sera vaincu grâce à un rebondissement stupide. Il est par contre vraiment pénible de lire toutes les bulles qui expliquent inutilement ce que l'image nous montre déjà, tous ces pavés de texte pleins de points d'exclamation et de blagues pas drôles. Le lecteur qui s'intéresse un peu à l'histoire de la BD saura passer outre tout ça, mais les autres doivent être prévenus : ce n'est pas du divertissement. Pas du divertissement facile en tout cas, et plus aucun enfant d'aujourd'hui n'aura la patience de lire tout ça.

Si on supporte le numéro de camelot ringard de Stan Lee, le travail de Jack Kirby lui mérite tout un tas de superlatifs que son compère lui servait à la louche. Les deux hommes travaillaient d'une façon très particulière qui laissait à Kirby une grande latitude tout en maintenant l'illusion importante pour la mythologie Marvel d'un scénariste unique et ultra-prolifique en la personne de Stan Lee. Le " scénariste " et le dessinateur se réunissaient pour décider d'une intrigue pour les prochains numéros (genre " et si les Fantastiques étaient piégés dans la zone négative par le Docteur Fatalis, alors qu'un avocat véreux essaie de les faire expulser de New York ? "). Kirby dessinait ensuite le tout et Lee repassait plus tard pour rajouter des dialogues et des pavés de texte. Pas vraiment la meilleure méthode pour écrire un chef-d'oeuvre, mais commercialement ça a très longtemps marché du feu de dieu.
Jack Kirby, bien sûr, était un génie et déployait dans ces pages des merveilles de créativité, d'énergie incroyable, dont on sent encore l'influence. Il a inventé une sorte de pop art psychédélique survolté, plein de perspectives exagérées, de machineries baroques et de personnages déments qui surjouent à fond la moindre émotion. On en veut d'autant plus à Stan Lee pour ses couches de texte inutiles. Mais peu importe. Quarante ans après, lire les Fantastic Four c'est comme s'injecter de la caféine dans l'oeil et se prendre un pain dans la gueule.


Harry Potter est autiste (les raisons d'un succès)

Posté par 2goldfish le 30.07.07 à 10:47 | tags : lectures de plage, jeunesse, elucubration

 

 

Il y a sans doute peu d'intérêt à discuter de la qualité ou de la nature d'Harry Potter and The Deathly Hallows. Tout le monde a déjà son avis sur Harry Potter, sur le fait qu'il soit digne ou pas pour un adulte de le lire en public (moi ? je parle de BD sur un blog, je suis déjà grillé), sur le fait que son succès soit mérité ou pas et sur tout un tas d'autres aspects encore et ce n'est pas ce dernier tome qui va y changer quoi que ce soit. Ce qui est sans doute plus intéressant, à défaut d'être original, c'est de se pencher sur les raisons du succès de l'oeuvre de J.K. Rowling. Cette femme a trouvé la façon la plus satisfaisante de devenir milliardaire qui soit sans faire descendre un seul enfant dans une mine et nous sommes nombreux à l'envier.

Un coup d'oeil à la liste des livres les plus vendus du monde selon wikipedia nous confirme que comme la Bible, le Coran, le Petit Livre Rouge, le Seigneur des Anneaux et (pas vendu certes mais très très lu à ce qu'il paraît) le catalogue Ikéa, la série Harry Potter offre une vision complète et fermée d'un monde. Les sorciers ont leur culture, leur histoire et leur vocabulaire sans relation aux nôtres. Pour beaucoup d'enfants, Harry Potter n'est pas UN livre mais LE livre. Une oeuvre qui se suffit à elle même et qui ne connaît aucun pair. Harry Potter ne pousse d'ailleurs sans doute pas plus d'enfants à la lecture d'autres livres que les films qui en sont tirés ne transforment les gamins qui vont les voir en cinéphiles.

Cette autosuffisance est sans doute pour beaucoup aussi dans le succès des livres de la série auprès des adultes. Ceux ci lisent en masse Harry Potter en partie parce qu'ils savent que rien ne leur est demandé à l'entrée de ce monde. Aucune connaissance, aucune compréhension de mécanismes littéraires complexes ne sont nécessaires : vous pouvez comprendre et apprécier Harry Potter sans être plus cultivé que Steevy Boulay. Et vous n'avez pas à vous en émouvoir parce qu'il s'agit d'un livre pour enfant et tout le monde sait bien que vous ne lisez ça que comme un divertissement sans aucun sérieux.

Ce qui est vraiment frappant à ce titre, c'est que le petit sorcier est comme son lecteur. J.K. Rowling a consacré des milliers de pages à la description dans tous ses détails du monde des sorciers sans jamais s'attarder sur leur culture. Jamais Harry n'a lu un livre en dehors de ses manuels scolaires, jamais il n'a vu un film ou écouté de musique. C'est tout juste si un groupe de rock sorcier est mentionné en passant. Les sorciers vivent dans un monde trop intéressant pour avoir besoin d'art. Tout comme il est présenté comme un héros qui n'est peut-être pas le plus intelligent ni le plus talentueux mais certainement le plus courageux et le plus généreux, Harry Potter n'a pas de place dans sa vie pour les distractions (même le sport des sorciers, le Quidditch, il le joue plutôt que d'en être spectateur). Le bon père de famille en moi s'interroge : quelle est la leçon pour nos enfants là dedans ? L'aspirant milliardaire prend note d'éviter d'associer son bouquin à l'idée qu'il en existe d'autres.

Lire aussi : Harry Potter les livres , les sept tomes résumés et critiqués sur Flu.


Naruto : bon pour les hormones

Posté par 2goldfish le 24.07.07 à 13:14 | tags : manga, jeunesse, bd

Alors que même ma mère a entendu parler de Titeuf, la BD qui plait aux enfants depuis plusieurs années, et qu'en général les autres grands succès hexagonaux ont leur petite notoriété, il se vend des mangas Naruto à la pelle sans que nous autres adultes ne soyons mis au courant. Cela tient sans doute au chauvinisme des médias et à la ghettoïsation du manga qu'on doit en bonne part, rappelons-le, à Ségolène Royal. Naruto, c'est pratiquement un manga sur dix vendu en France, et pas loin d'être la BD la plus vendue aux Etats-Unis et au Japon. Le grand nombre de volumes que compte la série (trente-six à ce jour au Japon, 28 chez nous) et leur parution trimestrielle aide évidemment beaucoup. Les lecteurs de Masashi Kishimoto sont beaucoup moins nombreux que ceux de J.K. Rowling mais il en tire le maximum.

Une fois que je me suis apperçu de ce que les gamins lisaient dans mon dos, j'ai décidé comme tout adulte responsable de me pencher dessus. L'âge m'a rendu arrogant bien sûr et c'est pourquoi j'ai été fort surpris de trouver un manga de grande qualité : pas d'un grande valeur artistique ni d'une grande subtilité et certainement pas fait pour quelqu'un de mon âge mais proche de la perfection pour l'ado que je me rappelle avoir été. J'y aurais investi mon argent de poche sans hésiter.

L'histoire est très classique : Naruto est un orphelin qui rêve d'entrer à l'académie des ninjas pour gagner le respect que son village lui refuse. Il est désobéissant et pas très travailleurs mais capable quand il s'y met d'accomplir de petits exploits.
Il découvre dans le premier volume qu'alors qu'il était encore un nourisson on a utilisé son corps pour enfermer un démon (un "renard à neuf queues") ce qui explique à la fois l'attitude des villageois à son égard et sa prédisposition au combat et à la rebellion. Il rentre dans l'académie ou il apprend les vertus de l'obéissance, du travail en équipe et toutes ces choses qu'on apprend aux enfants pour qu'ils nous obéissent.

Evidemment, tout ça ne serait rien sans de spectaculaires affontements de ninjas aux techniques abracadabrantes. On se rappelle à cette occasion que le manga a d'abord impressionné les occidentaux par sa capacité à représenter l'action de manière beaucoup plus dynamique et efficace que tout ce qu'on avait jamais vu par chez nous. A ce titre Naruto s'en sort très bien et les techniques ninjas permettent de nombreux rebondissements imprévisibles (au début tout du moins, je n'ai pas lus les vingt-huit volumes).

Bien sûr Naruto est un peu violent, mais sans jamais être gore, et qui se souvient avoir été un garçon de treize ans saura reconnaitre l'intérêt indéniable de shurikens géants et autres armes mortelles exotiques. Naruto ne tombe de plus jamais dans la facilité du coup de vent qui soulève les jupes des filles, grand classique du manga pour ado : le seul personnage féminin est une camarade de Naruto et plus ou moins son égale dans les combats, et elle porte un pantalon.
Ce personnage féminin est d'ailleurs ce qui permet au manga de s'élever au dessus de ceux que j'ai connu à mon époque. là où ils étaient tous dans l'exaltation du travail, de la souffrance et du sacrifice et où les personnages féminins se limitaient à la damoiselle en détresse assexuée et à la méchante perverse, Naruto ajoute un triangle amoureux très mignon, traité avec plus d'humour que d'émotion mais qui marche très bien auprès d'un public de garçons qui joue encore les dégoutés devant les scènes d'amour au cinéma, juste au cas où les copains regarderaient.

En conclusion, même s'il n'a sans doute pas attendu votre permission, si votre fils commence à avoir des poils un peu partout mais pas encore au menton, vous pouvez tout à fait le laisser lire Naruto. Pour ce qui est de canaliser un afflux incontrôlable d'hormones, ça reste beaucoup plus sain que 300.


Dans le sac d'Olga...

Posté par Sandor le 10.01.06 à 10:39 | tags : web, illustration, jeunesse, blogosphère livres


... il y a son chat Miguel, et surtout des livres pour enfants, plein de livres pour enfants.

Retour de Montreuil (3) : collection vérité

Posté par Sandor le 07.12.05 à 08:51 | tags : jeunesse, exposition, édition, photo
Cité Bassens : autre époque, autre non-lieu Troisième et dernier épilogue consacré au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil achevé dimanche soir dernier. Sur le mode de la surprise, parce que rien à voir avec la forme désormais classique de l'édition jeunesse qui fait mouche auprès des grands, à base de textes courts et d'illustrations tendance et drôles. Là, c'est à la fois plus simple, plus franchement pédago mais aussi plus inattendu. Juste un texte bref, réduit à sa forme la plus épurée d'un récit à la première personne, sous forme d'interview. Un livret cartonné d'une dizaine de pages à déplier, et quelques mots du texte en plus fort, en plus gras. Et une série de photos de différents formats, le tout rendant compte d'une expérience personnelle et faisant replonger dans un lieu, dans une époque, mieux que tout autre objet. Plusieurs petits livres remarquables dans cette collection "la vérité" des éditions Fremok : celui sur les "castors" (ouvriers construisant leurs propres maisons dans les années cinquante), celui sur Léon Zyguel, survivant de la Shoah, et surtout le magnifique ouvrage de Kamel Khélif (illus.) sur les bidonvilles de Marseille : Cité Bassens, traverse de mazout (1997). Très ancré à gauche, très rouge dans sa culture, mais très subtil dans son écriture et surtout très beau.

Retour de Montreuil (2) : Peter Pan (J.M. Barrie / Susanne Janssen)

Posté par Sandor le 06.12.05 à 08:15 | tags : roman, illustration, jeunesse, exposition
Rien que pour les illustrations de Susanne Janssen... Un des plus beaux ouvrages vus sur les étals à Montreuil la semaine dernière : Peter Pan, le texte original de J.M. Barrie illustré par Susanne Janssen, paru l'hiver dernier aux éditions Etre. C'est toujours une gageure pour un illustrateur de s'attaquer à un conte déjà largement passé dans l'imaginaire collectif contemporain du fait des productions ciné des studios Disney. Susanne Janssen s'en tire pourtant à merveilles. Là où l'iconographie Disney s'ancre dans un certain réalisme, elle prend au contraire le parti d'un dessin délibérément onirique, où les corps des personnages et des animaux convoqués par le récit se découpent, se mêlent et se juxtaposent les uns aux autres sur fond de grands à-plats sombres, sans respect des échelles. L'édition elle-même est somptueuse, réservant aux planches ocre-bordeaux-vert de Susanne Janssen des doubles pages pleines qui s'intègrent fort opportunément au récit de Barrie. L'ensemble forme sans nul doute un des très beaux livres à acquérir du moment.

Retour de Montreuil (1) : flblb

Posté par Sandor le 05.12.05 à 13:14 | tags : illustration, jeunesse, exposition, édition, bd
Petit Etat, grande histoire (à moins que ce ne soit l'inverse...)

Le Salon du livre et de la presse jeunesse s'est achevé hier à Montreuil. Pour y avoir passé l'après-midi de dimanche, j'y ai fait quelques découvertes. La première d'entre elles, c'est la maison d'édition poitevine flblb. Drôles, richement illustrés, un brin sarcastiques (voire réducteurs, pas grave, c'est leur côté Attac), ses ouvrages se situent souvent à mi-chemin entre le pamphlet, le conte, la bédé et l'éducation politique. Outre ses désopilants flip-books, on pourra consulter en ligne de belles séries de planches, dont celle consacrée à un nouveauté assez poilante, la Petite histoire du grand Texas de Grégory Jarry et Otto T (illus.).

Salon du livre et de la presse jeunesse : J-1

Posté par Sandor le 29.11.05 à 02:15 | tags : illustration, exposition, jeunesse


(Spécial copinage !) Claire Degans sera probablement l'une des illustratrices les plus attendues au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil, qui commence demain.



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