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Toute l'actualité de l'histoire qui s'écrit, au présent et au passé.

Anticyclopédie Universelle

Posté par 2goldfish le 17.12.07 à 10:04 | tags : histoire, livre

L'Anticyclopédie universelle, c'est un peu comme Wikipedia : une tentative douteuse de couvrir tout de la flore à la religion en passant par l'Histoire et la coiffure de Robin des Bois, mais vous feriez mieux de ne pas trop vous y fier. Contrairement à Wikipedia, l'Anticyclopédie est garantie cent pour cent fausse, sans aucune de ces vérités qui viennent semer le doute sur les pages de l'encyclopédie collaborative désormais concurrente de Google.

On trouve dans l'anticyclopédie un portrait de l'homme préhistorique via un questionnaire de Proust, des révélations sur l'implication du KGB dans Pif Gadget, des conseils pour réussir un bon autodafé et une double page de pub de Kim Jong-Il (un peu comme le Figaro, donc).

Malgré quelques légères tendances satiriques, l'Anticyclopédie donne avant tout dans un humour absurde plutôt poli et bien élevé. C'est d'ailleurs là que le bouquin est le meilleur, quand il cesse d'être une parodie d'encyclopédie traditionnelle pour ressembler davantage à l'encyclopédie d'un monde parallèle fantaisiste ou à l'oeuvre d'un idiot savant qui ne comprendrait rien au monde qui l'entoure.

Emmanuel Vincenot et Emmanuel Prelle
Mille Et Une Nuits

Lire aussi : Knol : comment Google veut croquer Wikipedia sur le blog Aeiou 

Abécédaire de l'esclavage des Noirs

Posté par Solaris le 25.09.07 à 17:53 | tags : news, livre, histoire


Comment transmettre l'histoire de la traite négrière, de l'esclavage et de leurs abolitions sans outil adapté ?
Gilles Gauvin a élaboré un abécédaire pour combler ce vide. Cet ouvrage évoque les différents aspects de l'histoire des anciennes colonies françaises soumises à l'esclavage (Martinique, Guadeloupe, Guyane, La Réunion et Haïti/Saint-Domingue). Ce qui permet de comprendre que cette histoire partagée fait partie intégrante de l'histoire nationale. L'iconographie abondante et diversifiée sollicite l'imaginaire et constitue un support pédagogique de première qualité. Cet Abécédaire de l'esclavage des Noirs est donc un ouvrage de sensibilisation indispensable.
Gilles Gauvin, docteur en Histoire, spécialiste de l'histoire contemporaine de La Réunion, est depuis une dizaine d'années enseignant en collège ZEP (Zone d'éducation prioritaire). Par ailleurs, il est membre du Comité pour la mémoire de l'esclavage (CPME), institué le 5 janvier 2004 en application de la loi du 21 mai 2001 qui tend à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité. L'une des missions du CPME consiste à proposer des mesures d'adaptation des programmes d'enseignement et à soumettre des actions de sensibilisation dans les établissements scolaires. Il a publié récemment Michel Debré et l'île de La Réunion : une certaine idée de la plus grande France (2006) et a collaboré à l'ouvrage Les Français au quotidien, 1939-1949 (2006). Il prépare par ailleurs une Histoire de La Réunion.

Nb Solaris : Cette news est proposé par Nathalie.

Retrouvez l'entretien accordé par l'historien Marcel Dorigny.


A quoi sert l'Extermination ?

Posté par Myosotis le 22.11.06 à 15:14 | tags : histoire, elucubration, les bienveillantes
Selon certains artistes, cette question est la seule qui vaille d'être posée depuis 60 ans : A quoi sert ou a pu servir l'Holocauste, l'élimination systématique dans des chambres à gaz, des camions, des camps de millions de personnes par la Barbarie nazie ? L'art de la seconde moitié du XXème siècle a évidemment et, à raison, posé la question sous toutes ses formes : pouvait-il exister du beau après ça ? la Shoah devait-elle tout déterminer ? d'où venait la source du Mal ? l'extermination était-elle (a)normale ? Il ne serait pas raisonnable de dresser une typologie des propositions issues de ce questionnement en 3 lignes. Selon que les réponses provenaient des écrivains, des peintres, des cinéastes, des historiens ou des spécialistes des religions, la représentation des faits variait et le niveau de réponse apporté également.Dans l'actualité de cette dernière année, le roman de Jonathan Littell, Les Bienveillantes, et la BD de David Brin et Scott Hampton, D Day, le Jour du désastre, proposent deux réponses ARTISTIQUES presque contradictoires. Dans le premier (qui, personne n'en a parlé, n'était pas si éloigné dans le ton de la Flèche du Temps de Martin Amis - bien meilleur et plus brillant), l'extermination des Juifs est vécue, selon la perspective historique dominante, comme la conjonction d'un système issu de multiples facteurs socio-culturels et économiques et de barbares individuels (dont le héros du livre). La normalité des tortionnaires et du cycle criminel rencontre la folie de l'homme. La thèse est juste et sans doute plus proche de la vérité que la seconde. Mais il n'est pas certain qu'elle soit artistiquement plus juteuse.

Dans D Day, le jour du désastre, David Brin imagine que les camps de la mort sont un instrument ésotérique (l'idée est discrètement présente dans le 1er Indiana Jones) destiné à convoquer les puissances occultes. L'extermination des Juifs par la consumation des âmes entretiendrait une chaudière magique qui attirerait des Chevaliers assurant la domination du Reich. Le principe implique une alimentation en continue du bûcher. Ici, Auschwitz permet à Hitler d'obtenir l'appui uchronique des Dieux Vikings (Thor, Odin, Loki,...).
La BD n'est pas une chef d'oeuvre (le dessin est inégal et le scénario s'égare sur la seconde moitié de l'album) mais le ressort scénaristique est épatant et donne une explication impossible... plausible de la Barbarie. La question n'est évidemment pas de dire qui de Littell ou de Brin dit la vérité mais lequel des 2 ouvrages permet au lecteur d'approcher la compréhension de l'incompréhensible. Bizarremment, à ce petit jeu là, l'hypothèse de SF est bien plus pertinente, et finalement mieux à même de cerner la démesure de l'entreprise de mort, que l'hypothèse strictement réaliste. Comme si seule une idée folle pouvait suggérer la folie des idées. 


Neal Stephenson : Au commencement était le code.

Posté par Maxence le 26.08.06 à 10:00 | tags : roman, histoire

A l'heure où le sympathique (mais pas plus que ça) Zodiac est rééditée en poche, je jugeais le moment opportun (bin oui c'est, c'était, les vacances) pour relire l'énorme Cryptonomicon de celui que News week a nommé "The hacker Hemingway", Neal Stephenson. Saga de plus de 1600 pages sur la naissance de l'informatique et la cryptographie pendant - et après - la seconde guerre mondiale, habilement mise en perspective avec la situation de l'information mondiale aujourd'hui, le Cryptonomicon est un pur chez d'oeuvre d'humour déjanté (blague de nerd, observation sociologique hilarantes sur le milieu universitaire, digression minutieuses sur l'art de manger des Capt'n Crunch, etc.) qui doit beaucoup à Thomas Pynchon, pour sa verve, sa culture, son obsession pour la paranoïa et son déballage de métaphores délirantes. Entre les péripéties vécues, entre 1941 et 1945, par le marine Bobby Shaftoe et le soldat nippon Goto Dengo, les déboires sentimentaux contemporain de Randy Watherhouse (descendant d'un autre protagoniste d'importance, briseur de code allemand et nippon et électron libre de son époque), on voit apparaître les figures historiques d'Alan Turing (mathématicien et homosexuel, il est l'un des inventeurs du concept d'informatique ainsi que du fameux test du même nom censé nous apprendre si l'on se trouve face à une machine pensante autonome ou non, il est mort dans la misère à cause de ces penchants privés dans une amérique puitaine), Douglas Mc Arthur ou l'amiral Yamamoto.
Découpé en trois volumes et réédité en poche il y a 3 ans, Cryptonomicon fut bêtement classé dans la science-fiction, (bénéficiant ainsi des couverture régressives qui sévicent malheureusement dans le genre) comme si son argument principal : "la victoire des alliés pendant la seconde guerre modiale doit plus à la guerre de l'information, la capacité de casser les codes et la cryptographie, qu'à l'effort des forces armées et leur déploiement sur le terrain", était une uchronie (sic !) cela en dit long sur le respect que l'on éprouve dans ce pays pour l'informatique et la science en général... A noter que l'on attend toujours en France la traduction de son Baroque Cycle (lui aussi en trois volume) qui narre l'histoire des ancêtres des protagonistes du Cryptonomicon.

Neal Stephenson - Cryptonomicon, vol. 1, 2 & 3 - Le livre de poche.



La conspiration Bosch

Posté par Easywriter le 24.04.06 à 14:34 | tags : roman, histoire, extrait
"Après de longues minutes où les dominicains, capuches rabattues sur le visage, se retournaient sans cesse pour vérifier qu'ils n'étaient pas suivis, Rosendal se détendit enfin sur son siège.
-Nous l'avons échappé belle !
- Oui, grâce à Dieu, répondit le peintre."

Yves Jego et Denis Lépée, la conspiration Bosch.
Le roman n'évoque pas de sourdes malversations autour de la multinationale teutonne de l'électro-ménager, mais du peintre Hyeronimus Bosch qui se retrouve au centre d'une série de meurtres terrifiants  et d'une effroyable machination narrée avec un talent qui ferait passer Dan Brown pour Joyce.
Sinon, les éditions Fluctuat recherchent une plume pour écrire  le complot Botticcelli qui raconterait l'enquête d'un plombier florentin s'apercevant par hasard en débouchant les toilettes de la Chapelle Sixtine que le peintre de la Renaissance avait découvert que Judas était une femme à barbe , info sur laquelle le Vatican s'était bien gardé de communiquer figurez-vous.
Ecrire à webmaster@fluctuat.net
Lire un chapitre entier de la conspiration Bosch sur le site de  Yves Jego





Les contes de l'Alhambra

Posté par Myosotis le 01.03.06 à 14:13 | tags : livre, histoire
J'ai profité de mes (trop courtes) vacances de février pour me replonger dans celles de l'été dernier et revenir sur les Contes de l'Alhambra (1832, rééd. Phebus 2004), livre vendu en masse aux touristes étrangers qui parcourent l'Espagne Musulmane et notamment Grenade, dont il est question ici. Ecrit par un homme de lettres, petit politique et diplomate de moyenne gamme, le recueil est aussi fascinant pour ceux qui ont visité les lieux que pour les autres. Il rassemble une vingtaine de contes ou récits plus ou moins légendaires et dignes des 1001 nuits, autour du royaume d'Al Andalous. Irving Washington, à qui l'on doit également la nouvelle Legend of Sleepy Hollow, ayant donné le film de Tim Burton, est surtout le premier écrivain américain moderne à entreprendre un tour initiatique de l'Europe. Jusqu'alors, le touriste était anglais et anglais surtout. Avec lui, c'est une tradition littéraire qui démarre dans laquelle se couleront plus tard Hemingway, Fitzgerald ou Burroughs, avec le succès créatif qu'on sait. La postérité américaine d'Irving Washington est d'ailleurs inversement proportionnelle à son aura française.
Pour la petite histoire, et la grande déprime, on notera que Washington dormait, à l'époque, à l'intérieur de l'Alhambra, lequel ressemblait vaguement à un gîte d'étape désaffecté. De quoi réfléchir aussi à nos citadelles et bunkers touristiques, plantés bâtis sur l'Histoire en à peine 100 ans. A la question, "le tourisme est-il encore possible ?", on répondra joker.

Paris, capitale arabe

Posté par Van le 22.12.05 à 16:50 | tags : essai, histoire
De l'expédition de Bonaparte en Egypte au visage de Zidane sur les Champs Elysées, entre fascination et peur, attirance et rejet, intégration et exclusion, Paris est depuis deux siècles "au coeur d'une relation paradoxale de la France avec le monde arabo-musulman. Oubliée, occultée, inaudible, cette histoire dérange et cherche sa place dans notre mémoire collective". C'est cette histoire que se propose de raconter, en mots et en images, Le Paris arabe, un très bel ouvrage collectif publié en 2003 aux éditions La Découverte.
"En l'an III de la République, la Convention ordonne de traduire et d'imprimer en arabe son Adresse au peuple français"; "Ce sont des travailleurs immigrés, venus pour la plupart de Kabylie à partir de 1894, qui percent les premières lignes du métropolitain "; "... les Maghrébins musulmans représentent une grande partie des forces françaises combattantes entre 1943 et 1945, avec un peu plus de deux cent mille hommes". Anecdotes, grands faits marquants, histoires particulières et Histoire commune sont retracés dans cet ouvrage dont le but n'est pas de dénoncer ou de glorifier, mais simplement de réinscrire des faits trop absents des manuels d'histoire. D'un grand intérêt du point de vue de l'histoire sociale, politique, culturelle de la France et de Paris, ce livre constitue aussi un trésor iconographique. Photos, affiches, tracts, cartes postales... des milliers de documents, souvent inédits, ont été exhumés. Ils témoignent de la présence des communautés dans la ville, et du regard porté sur cette présence par les Parisiens.

Le Paris arabe
Pascal Blanchard, Eric Deroo, Driss El Yazami, Pierre Fournié, Gilles Manceron
ed. La Découverte, 2003

Will Eisner, le complot pour testament

Posté par Lech le 02.12.05 à 18:22 | tags : histoire, bd
Le Complot © GrassetFigure du comics américain, père du "graphic novel" (A Contract With God, 1978), inspirateur (entre autres) du grandissime Art Spiegelman, Will Eisner s’est éteint en janvier 2005, terrassé par des ennuis cardiaques. Il avait 87 ans. Son dernier livre, Le Complot, paru en novembre dernier chez Grasset, propose de faire l’histoire du tristement célèbre Protocole des sages de Sion, un faux antisémite composé à la fin du XIXe siècle. Régulièrement démasqué, le texte n’a pourtant jamais cessé d’être diffusé ; aujourd’hui encore, il encrasse la Toile et sert de Bible à la haine antisémite… Scandalisé par le destin hallucinant de ce tissu d’âneries, Eisner tente d’en suivre, année après année, le parcours. Pour essayer, une fois pour toutes, d’enterrer l'une des plus gigantesques – et funestes – impostures de l’humanité...

Tony Judt, le trait d'union

Posté par Sandor le 24.11.05 à 19:03 | tags : essai, livre, short-list, histoire
Tony Judt (photo John R. Rifkin)Evoqué hier dans le Herald Tribune, le dernier ouvrage de Tony Judt vient de sortir aux Etats-Unis. Fondateur en 1995 du Remarque Institute qu'il dirige toujours à l'université de New York, cet historien britannique, spécialiste du XXe siècle intellectuel européen (ce qui fait déjà une assez vaste spécialité !), s'est fait fort de "réduire les zones d'incompréhension mutuelle" dans les échanges intellectuels entre l'Amérique et l'Europe. Tâche que l'administration Bush lui a donné plus d'une fois l'occasion d'exercer ces dernières années : "Pas besoin d'être un intellectuel français", expliquait-il dans une déclaration fracassante à la New York Review of Books il y a deux ans, "pour s'apercevoir qu'une Amérique surmusclée dans un environnement international hostile n'est pas plus forte mais au contraire plus faible qu'auparavant".
Postwar: A History of Europe since 1945 (Penguin Press) poursuit dans cette oeuvre de rapprochement mutuel. Si les Américains sont invités à comprendre la tradition de l'Etat Providence européen comme une donnée structurelle, fruit d'une réaction quasi pavlovienne aux désastres sociaux des années vingt et trente qui ont conduit à la seconde guerre mondiale, les Européens y sont exhortés à s'inspirer fortement du modèle américain pour intégrer aujourd'hui leurs communautés immigrées. Flu reviendra sans doute bientôt sur cet ouvrage, dans sa version originale ou dès parution de sa traduction française.
(spécial bonus : la liste des 10 bouquins à lire absolument pour comprendre le XXe siècle selon Tony Judt)



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