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l'actualité des parutions chez Gallimard

Jean Lescure : les beaux silences de 1968

Posté par Myosotis le 08.05.08 à 11:15 | tags : gallimard, poésie
"Ici le chemin commence à descendre/

le petit jour une fois encore / le grès frôleur le grain frileux/

le gris/

comme les coursives assourdissantes d'un bateau vide/ l'insomnie traversée/

quels coteaux renaissent d'une épaule si blonde/est-ce la cendre ou la brume/ dans quels jardins ou quels marais/

plus bas qui m'attend/ chargée de mémoire/

j'aime/dans la lenteur/

que la maison ce matin vienne au monde/mal dessillée mal ressuyée des songes."

On triche à peine en englobant le poète oulipien Jean Lescure dans le grand bal de mai 1968. Ses Drailles dont cette "Saint Jean d'été" est tirée ont beau être sorties en recueil en novembre 1968 chez Gallimard, leur rédaction est antérieure à notre nouvelle année de ré(f)vérence. Difficile néanmoins de faire plus 1968, sa vie, son oeuvre qu'avec Jean Lescure, homme à la vie et au parcours au moins aussi (plus, disons le) admirable que sa poésie. Engagé en 1934 avec le Comité de Vigilance Antifasciste, Lescure est d'abord connu pour avoir été le secrétaire de Giono, période Cahiers du Contadour. C'est en temps que directeur de la revue Messages que le poète gagne ses lettres de noblesse et devient l'un des hommes de lettres et de poésie les plus actifs de la résistance littéraire. Messages est évidemment et assez vite interdite mais paraît depuis Bruxelles. Lescure collabore aux Lettres françaises et participe avec Gide, Camus, Sartre et Michaux à L'Insoumission collective de la littérature, manifeste rebelle paru en 1943 (si je ne me trompe pas).

A la libération, il bosse à la Radio puis se lance dans la fondation du socle administratif actuel du cinéma français sous la conduite d'André Malraux. ll occupera dans ce domaine de hautes responsabilités. Son amour de la littérature trouvera des prolongements dans son oeuvre poétique et dans sa fréquentation assidue des réunions mensuelles de l'Oulipo, la fameuse association montée par Queneau et le mathématicien François Le Lionnais pour parler livres et mathématiques.

Homme de mots, Lescure était un poète du silence incomparable. Ses Drailles (chemins de montagne, de pierres et de terres) sont le plus beau symbole de son écriture : minérales, antiromantiques, économes mais sculpturales au sens propre du mot. Lescure essayait de faire de ses poèmes des concrétions calcaires, plus ou moins épaisses et vulgaires selon leurs conditions d'élaboration, pleines d'éléments naturels (du vent, du sable, de la pierre, du blanc), et simplement posées là, droites et fières contre l'absurde. Ses vers sont souvent imperméables mais bizarremment lumineux comme si l'élément d'indistinction qui les faisait tenir debout leur conférait des propriétés de transparence paradoxale. Décédé en 2005, Lescure est l'exemple même du poète français inconnu ou presque en dehors des cercles spécialisés dont l'oeuvre mériterait un retour en grâce. On rêverait de le voir étudié à côté de ses contemporains, les Eluard et autres.


Ken Bruen : Les yeux pour pleurer

Posté par Maxence le 14.01.08 à 13:20 | tags : polar, gallimard

Les yeux pour pleurer c'est tout ce qu'il vous reste quand vous refermez ce quatrième épisode des enquêtes de Jack Taylor. Le Dramaturge nous présente un Jack Taylor (faussement) assagi, engourdi même, mais toujours en proie à ses démons intérieurs. Taylor ne fume plus, ne se drogue plus, ne boit plus et fréquente la messe. On croit rêver ! Mais tout va rapidement se décanter et basculer dans le cauchemar. Dites vous bien que cette fois, Ken Bruen n'épargnera rien, mais alors, rien du tout, à son personnage fétiche, qui va encore flirter avec l'abîme. Et "quand tu regarde dans l'abîme...", bref, vous connaissez la suite.

 

Jack Taylor est donc repenti. Son fournisseur des beaux quartiers en prison, il est obligé de faire abstinence. Libéré malgré lui de sa dépendance à la coke, il arrête l'alcool dans la foulée. Le destin semble pourtant l'avoir mauvaise puisque c'est justement son ex-dealer qui le charge d'enquêter sur la mort soit-disant accidentelle de sa soeur, trouvée au pied d'un escalier avec un livre de J. M. Synge coincé sous le corps. Bientôt, une autre étudiante est découverte, elle aussi morte, couchée sur un livre du dramaturge irlandais. Subissant pressions amicales et mauvais conscience, Jake Taylor se sent obligé de réagir et se trouve rapidement confronté à une milice paramilitaire, les pikmen. Entre gnons dans la gueule, visions de wisky et nez qui coule, le détective le plus foireux - et le moins motivé de la planète - va mener son enquête la plus pathétique à ce jour.

 

Ecrit dans un contexte international catastrophique (l'ouverture de la guerre en Irak), Le Dramaturge est le roman traduit en français le plus dur et le plus désespéré de Ken Bruen. L'auteur qui nous avait habitué à un humour noir et grinçant avec sa série R&B, s'enfonce d'un cran dans la noirceur sans espoir de retour. Par delà le récit d'une enquête des plus vaseuse et l'attachement sadomasochiste que Bruen manifeste envers son personnage, l'auteur se fait l'écho d'une société en totale perte de repères, en l'occurrence, celle d'une Irlande en pleine croissance économique mais paradoxalement toujours plus intolérante, sectaire et finalement apeurée. Sa galerie de personnage délaisse le côté grotesque et convivial des précédents épisodes pour affiner encore sa vision socio-politique pessimiste au travers des yeux chassieux de Jake Taylor et de ses amis.

 

Le Dramaturge est un roman qui secoue. Ames sensibles passez votre chemin (et pour une fois cela n'a rien à voir avec le nombre de litre d'hémoglobine versé, il n'y en a pas, ou presque, mais avec les sentiments), ce livre est une vraie tragédie et on le referme démolit.

 

Le dramaturge
Ken Bruen
(Serie Noire/Gallimard)


Classe affaires : Une héroïne comme on ne les aime pas !

Posté par Solaris le 23.12.07 à 09:22 | tags : gallimard, roman
Nb : la notule ci-dessous a été rédigée par Montsé, lectrice assidue de Mille-feuilles. Toi aussi, propose tes lectures, chroniques, élucubrations via l'espace client.
Je ne devrais pas le dire, mais ce qui m’a encouragé à lire le roman de Benjamin Berton, Classe Affaires, est avant tout l’admiration que je porte à notre très estimé critique littéraire de Fluctuat (je n'en fais pas trop Myosotis ?!)
Connaissant son style mordant, je m’attendais à tout. Et pourtant, dès les premières pages, je suis tombé sur le cul, expression tout à fait dans le ton !

Oui, j’avoue, son roman m’a cloué. Comment avouer que les yeux me sortaient des orbites au fur et à mesure que je découvrais nos petits désagréments de femme étalés en premières pages. Benjamin Berton, l’affreux, ose, avec humour et sans détours, raconter le combat incessant que nous menons entre autre contre la pilosité… Voyez plutôt :
Les hommes ne comprennent rien aux poils. Bien qu’ils en soient eux-mêmes tapissés, ils se montrent d’une intolérance brutale quand ils découvrent du crin sous une aisselle ou deux poils au nombril. Ils aiment les peaux lisses et déposer des baisers sur la ligne de friche du pubis. Mais il faut que cette ligne ait de la rigueur et ressemble à la frontière est-allemande avant la chute du mur, avec les barbelés pour délimiter les territoires… Nanou, comme un général d’armée, passe en revue les dégâts sur le champ de bataille encore chaud de la veille. Il paraît difficile de s’aventurer à l’air libre avec des poils et des idées noires. Sans cesse il faut développer des stratégies et intervenir avec des moyens nouveaux. Plus on coupe, rase, cire-ôte les poils et plus ils s’étendent[…]

Au départ, c’est l’histoire "banale" d’une jeune femme, cadre plus vraiment très dynamique, désespérément célibataire qui s’offre – enfin - un long week-end entre amis, dans l’espoir de se payer une bonne partie de jambes en l’air. Elle espère surtout renouer avec son ancien amant, mais cet abruti lui annonce dès son arrivée qu’il est fiancé. Et bien entendu, il n’a pas choisi une vulgaire morue : La jeune élue est belle à couper le souffle et aussi gentille que peut l’être une parfaite imbécile, juste ce qu’il faut pour la détester ! Tandis que Nanou, elle, a pleeeeein de défauts – elle a de gros seins, beurk, beurk ! - Bref, les personnages s’installent dans une apparente monotonie faite d’emplettes, de jeux tel que le Trivial Poursuit, de matchs de volley qui remplissent aussi bien le week-end que les pages. (C’est pour mieux rebondir mes enfants !) Le séjour s’achève de manière surréaliste entre les us et coutumes d’une sortie en boîte et la nuit étrange que passera Nanou avec un parfait inconnu. Oui, on entend un crépitement d’étincelles, le feu d’artifices et tout et tout. Mais, n’allez pas trop vite en besogne, ça ne se passera pas tout à fait comme vous l’imaginez !

Quant au style, hum…, que dire ? C’est un peu comme si l’auteur avait volontairement plongé dans la boue – il adopte le langage ordurier qui se pratique assez couramment de nos jours - mais que celle-ci avait du mal à tenir sur son corps trop longtemps poli. Cela donne une écriture à la fois crue et châtiée, une écriture contrastée qui ne m’a pas entièrement convaincue. C’est peu de chose au regard des instants captivants, troublants, drôles, complètement fous et un brin poétiques qui fourmillent dans le roman.

Pour finir, je vous propose un extrait qui n’est pas le pire en son genre. J’entends par "pire extrait" le plus déjanté. A vous de trouver le vôtre.
La DJ lesbienne passa un mix des Chemical Brothers avec des vieux morceaux funk et puis un titre soul du label Grand Central avec la chanteuse Veba. Il y eut ensuite le remix de Shaft par Issac Hayes. Les jeunes abdiquaient leur individualité pour faire partie d’un grand corps ondulant en posture masturbatoire qui organisait le mélange de sécrétions corporelles, sueur, sperme, salive, merde, crachats et liquides vaginaux, en une substance unique poisseuse et survitaminée. La boîte agissait comme une centrifugeuse géante. Chaque morceau d’être humain était broyé avec méthode et digéré par le côlon. Le premier bac, récoltait un jus d’hommes épais et goulayant. Le second un coulis de valeurs et de frilosités, de frustrations et de peurs, qui, cuites, feraient une bonne vaseline et c’est tout.

Classe Affaires de Benjamin Berton, parce que je le vaux bien.




Classe Affaires
Benjamin Berton
Gallimard




Vita Nova : Avant la divine comédie

Posté par Myosotis le 19.11.07 à 10:14 | tags : roman, gallimard, poésie

Dire de Béatrice ce qui ne fut jamais dit d'aucune autre

Après ce sonnet m'apparut une vision admirable, dans laquelle je vis des choses qui me firent prendre la résolution de ne plus rien dire de cette bienheureuse tant que je ne pourrais pas traiter d'elle plus dignement.

Et pour atteindre à ce but, j'étudie vraiment autant que je peux, comme elle le sait. Si bien qu'autant qu'il plaira à Celui qui fait vivre toute chose, si ma vie dure encore quelques années, j'espère pouvoir dire d'elle un jour ce qui jamais ne fut dit d'aucune autre.

Et après, plût à Celui qui est sire de la courtoisie que mon âme s'en puisse aller voir la gloire de sa dame, c'est-à-dire de cette Béatrice bienheureuse, laquelle glorieusement contemple la face de Celui "qui est per omnia secula benedictus".

A quelques jours ou années de La Divine Comédie, on voit qu'on n'y est pas encore. Vita Nova qui est ressorti, il y a quelques mois, dans une nouvelle traduction par notre MBK national, n'est pas un brouillon de la Divine Comédie, mais l'oeuvre d'un poète déjà sublime à qui il manque l'étincelle. Dante n'a peut-être pas, à cette époque, encore eu l'idée-déclic, mais travaille d'arrache-pied et accumule du matériel pour nourrir sa vision. On ne sait évidemment pas quand, ni dans quelles conditions le projet jaillit "d'entre les ténèbres de son esprit", mais le moins que l'on puisse dire c'est que la lumière fut, comme sur cette illustration de Gustave Doré et qu'elle fut pour longtemps et probablement toujours.


Des FOLIO de FOLIE !

Posté par Solaris le 08.11.07 à 12:52 | tags : gallimard, roman, news
 

Les éditions Gallimard lancent dans leur collection Folio une nouvelle série. Dix incontournables de la littérature mondiale ont été retenus pour être publiés en format de poche, présentés dans de petits coffrets accompagnés d'un livret illustré sur l'auteur. Le graphisme des coffrets est un rappel singulier du récit de chaque oeuvre : noir bitume pour Sur la route de Jack Kerouac ou rayures de zèbre pour La ferme africaine de Karen Blixen.
"Les folies de Folio" seront lancées à partir du 15 novembre prochain, avec pour premières publications :
Lolita de Vladimir Nabokov 
L'Etranger d'Albert Camus
Le Vieil Homme et la Mer d'Ernest Hemingway
La Vie devant soi de Romain Gary

Vendus en série limitée, ces classiques en coffret vaudront de 7,20 à 9,70€.


Pennac, l'Instit et l'école de la République

Posté par Myosotis le 06.11.07 à 13:00 | tags : gallimard, élucubration, roman

Après Les Choristes, le Pensionnat de Je-ne-sais-plus-où et l'épisode Guy Môquet "sort-de-ce-corps", c'est Daniel Pennac qui vient, ce mois-ci, relever les compteurs (financiers et littéraires) des écoles de la République avec un Chagrin d'école qui mêle évocations de souvenirs d'enfance, culottes courtes bien propres et blanches ainsi que réflexions, un rien plombantes, sur les techniques d'enseignement qui fonctionnent (et celles qui ne fonctionnent pas).
Après Picouly, passé maître dans l'évocation des terres de contraste scolaires, Pennac vient en mastodonte de l'édition sur un terrain que les poids lourds de la littérature française aiment à disputer à la littérature régionale et aux auteurs autoédités. L'école reste un bon réservoir d'anecdotes, d'images clichés (le professeur très cool qui donne envie d'apprendre, le tableau, la triche,...) et de couleurs ultralocales. On y rit, on y pleure, on y croise des amis et des ennemis, on s'y construit, s'y abêtit, s'y cultive ou s'y humilie. L'école est le creuset de l'individu moderne, l'endroit où il naît la plupart du temps, mais aussi où il fait l'expérience de ses limites (personnelles et sociales).

Le livre de Pennac, qui s'inscrit dans la lignée de son précédent travail Comme un roman (en un peu moins pontifiant), présente un portrait de l'auteur en cancre qui n'est pas exempt de clichés (Pennac décortique l'image du cancre, sa postérité), mais qui fait bien rire dans l'ensemble. Victime de sa curiosité, le jeune garçon n'arrive pas à apprendre et est peu à peu éjecté du groupe de ceux qui auront une belle carrière scolaire. Cela nous vaut évidemment un sublime et bien rétro : "Vous, Pennacchioni, le BEPC ? Vous ne l'aurez jamais !", prononcé par une directrice d'école à la fin des années 50. Pennac part pour la pension et découvre les lectures clandestines et solitaires comme Merlin l'Enchanteur, devient professeur et l'écrivain qu'on connaît.
Le livre vise à revenir sur son parcours et à mettre en évidence la possiblité qui réside en chaque destin, en chaque enfant de s'en sortir un jour. Au passage (et avec un sens certain de l'optimisme), Pennac égratigne quelques idées reçues sur la télévision (pas si méchante la télé), sur la soi-disante bêtise des nouvelles générations (qui, au contraire, sont avides de savoir, mon neveu), et double son discours d'un retour aux fondamentaux qui est tout à fait dans l'air du temps : retour à la grammaire, à la dictée etc.

Ce qui frappe ici, plus que les qualités ou défauts du livre (plutôt bon pour ce genre inintéressant au possible), c'est la permanence du discours français sur la capacité de l'institution scolaire (avec ou sans Super-Instit) à rattraper tous les travers de la société extérieure. Atteinte du syndrome Harry Potter, Tome 1 : Harry Potter à l'école des sorciers, la vision nationale pare l'école de vertus magiques qui sont, pour une bonne partie, illusoires ou statistiquement marginales, et ne doivent pas masquer un autre discours, plus pessimiste celui-là, qui veut que :
1) l'école ne rattrape rien du tout au contraire des inégalités sociales, familiales...
2) les miracles dont parle Pennac (je suis cancre et je deviens écrivain international) se comptent sur les doigts d'une main depuis l'origine des temps
3) les gamins de 13 à 17 ans (un tour sur les skyblogs en donne une assez bonne idée) n'ont plus rien à voir intello-structurellement avec ce qui est exposé dans ce genre de livres
4) l'on ne peut pas demander à tous les professeurs d'être extraordinaires
5) la mythologie héritée elle-même de la IIIe République et des Hussards Noirs de la République ne veut plus dire grand chose aujourd'hui, en dehors des cercles spécialisés.

Ceci étant dit, s'abreuver à la nostalgie positiviste d'un Pennac, progressiste invétéré et aux analyses plus fines que 2/3 des théoriciens pédagogues actuels, reste un bon moyen de réfléchir à ses questions et de passer un bon moment à revivre ses propres souvenirs d'écolier. Le problème de l'Instit et de Pennac en général, c'est qu'il suffit d'en avoir vu un épisode, pour s'en souvenir toute sa vie. C'est tellement bien foutu et facile à aimer (bons sentiments, bon ton, bonne déconne) qu'on y revient les yeux fermés, sans se rendre compte que le réalisme qu'on y pratique n'est pas celui dans lequel se déroule notre vie.


Chagrin d'école
Daniel PennacGallimard


Le 150e anniversaire des Fleurs du Mal fêté en musique par Gallimard

Posté par Solaris le 31.10.07 à 11:21 | tags : gallimard, concours de poèmes, poésie, jeux littéraires

En 1857, paraît l'ouvrage de Charles Baudelaire Les Fleurs du mal. Cette publication engendre alors un tollé, conduisant le poète et son éditeur devant la justice. Condamné à des amendes et à la suppression de six poèmes, Baudelaire doit attendre 1861 pour qu'une seconde parution de son oeuvre majeure se produise. Quant à la condamnation, elle ne sera levée qu'en 1949.
A l'occasion du 150e anniversaire de cette première édition du recueil et de son procès, Gallimard sort une édition complète des Fleurs du mal, sous coffret spécial avec un CD 12 titres réalisé par Jean-Louis Murat, sur des mélodies inédites de Leo Ferré.

Sur Flu, le concours de mauvaise poésie s'achève bientôt. Un concours sans lauréat, quelle misère ! C'est pourquoi, la sortie de ce coffret a inspiré les membres de la rédaction, qui se sont dit : "Voilà la récompense appropriée !"
Vous avez donc jusqu'au 5 novembre, minuit, pour proposer votre composition. Et l'heureux gagnant sera désigné le 15 novembre.
A vos archives pour dénicher la perle rare !


Voir la liste de tous les concours
Participez au concours de poésie


Nietzsche et ses poèmes en prose : à mettre en toutes les mains

Posté par Myosotis le 04.10.07 à 15:55 | tags : gallimard, poésie, philosophie

Officiellement, on ne doit à Friedrich Nietzsche qu'un unique recueil de poèmes : Dithyrambes pour Dionysos, recueil sorti à titre posthume quelques années après sa mort en 1900. Ses biographes relèvent tous néanmoins que le philosophe Allemand a toujours maintenu, à presque tous les stades de sa vie, une forte activité d'écriture en vers, en prose ou prose poétique, détachée de son oeuvre de penseur, et au travers de laquelle il condensait sa philosophie en formules ou en fulgurances. La lecture de ces textes, telle qu'elle est présentée dans le volume de la NRF qui lui est consacrée, n'est pas simple pour celui qui n'est pas familier des travaux "principaux" de l'auteur. Mais celle-ci présente un charme troublant en même temps qu'elle provoque par sa puissance et sa simplicité formelle de délicieux moments de stupeur. Tantôt d'inspiration romantique (poésies de jeunesse) ou crépusculaire (aux accents d'Hölderlin), la poésie de Nietzsche est accessoirement un bon moyen pour ceux qui n'en auraient pas le courage, l'occasion ou l'envie de se confronter à la pensée nietzschéenne. On croise ici Zarathoustra sur quelques séquences. Mais, on peut surtout et assez facilement, derrière les vers, entendre les éclats de rire, le cynisme et les outrances provocatrices d'un penseur qui se sent faire table rase du passé. Derrière chaque poème, c'est plus que sa pensée en vers, la voix si particulière de Nietzsche qui transparaît, sa manière de retourner les idées reçues et de les contaminer par sa propre pensée. Un exemple peut en être donné sur cette Résolution en forme de porte d'entrée à sa pensée sur Dieu.

Je serai sage, car cela me plaît,
Et suivant mon propre commandement.
Je loue Dieu d'avoir créé le monde
Aussi bête que possible.
Et si moi, je vais mon chemin
Aussi tordu qu'il est possible,
C'est que le plus sage a commencé là
Et que là le fou _ s'est arrêté.
Toutes les sources sont éternelles
Jaillissent éternellement.
Dieu même - a-t-il seulement commencé ?
Dieu même - ne commence-t-il pas sans cesse ?


Dithyrambes pour Dionysos
Friedrich Nietzsche
NRF Gallimard


L'élégance du hérisson au cinéma

Posté par Solaris le 29.09.07 à 10:30 | tags : best-seller, roman, news, gallimard

Une adaptation du roman de Muriel Barbery, L'élégance du hérisson, est en cours depuis janvier 2007. Et c'est Mona Achache, jeune scénariste et réalisatrice de 26 ans qui s'y colle. Ayant obtenu les droits avant le succès phénoménal du livre, le projet lui paraît "formidable et impressionnant à la fois". La productrice, Anne-Dominique Toussaint, confie que "Ce texte n'est pas facile, pas linéaire. Il y a un gros travail d'adaptation à faire dessus".
Et le casting alors ? Il semble bien tôt pour l'évoquer. L'élaboration de l'adaptation d'un tel best-seller exige de la réflexion ainsi que du temps pour éviter les déceptions.


L'élégance du hérisson
Muriel Barbery
Gallimard


Le Littel nouveau arrive en novembre

Posté par Solaris le 27.09.07 à 18:25 | tags : gallimard, roman, news

L'automne s'annonce prometteur avec la sortie du prochain Jonathan Littell. Publié dans la collection de "L'Arbalète", Le sec et l'humide est un essai sur Léon Degrelle, leader de l'extrême-droite belge. Cet ouvrage d'une centaine de pages a été élaboré à partir des notes prises par Littell pendant la période de recherches historiques consacrées aux Bienveillantes. Léon Degrelle, qui aurait inspiré le personnage de l'officier nazi Maximilien Aue, y est d'ailleurs plusieurs fois nommé. Qui est-il ? Adhérant aux préceptes de Charles Maurras, il bascule dans le fascisme avant de se joindre à la légion "Wallonie" qui officie sur le front russe conjointement aux Waffen SS.
Bien que le tirage demeure inconnu, il semblerait que les éditions Gallimard préfère limiter le nombre d'exemplaires lors de son lancement.

Le sec et l'humide
Jonathan Littell
Gallimard


Mathieu Terence : Eros contre les récifs de la technique

Posté par Maxence le 15.09.07 à 12:10 | tags : news, gallimard, extrait, roman

L'émergence de l'informatique en tant que puissance a permis à la technique d'unifier tous ses systèmes et d'atteindre une espèce d'homéostasie à la faveur de laquelle ces derniers se renforcent et se conditionnent les uns les autres. Ainsi, j'ai envisagé la société sous forme de réseau, de modèle électronique - avant la prochaine étape qui devrait m'amener à me pencher sur les métazoaires. L'idée n'est pas nouvelle. Il suffit de regarder les images du début du siècle de Los Angeles vue du ciel, pour comprendre que la force d'harmonisation générale inhérente au déploiement de la Technique a depuis longtemps tendance à confondre les communauté humaines et circuits intégrés. C'est la raison pour laquelle j'emploie le néologisme connectivité pour parler de ce que l'on appelle encore la collectivité.

Imagination contre incarcération, musculation contre immobilisme, urbanisme contre littérature, amour contre anomie. C'est "le choc d'Eros contre la machine". Ou, comment dans un futur proche terriblement semblable à notre "aujourd'hui", seules les puissances subversives de l'art et de l'amour nous permettent de se réapproprier une humanité qu'étouffe un peu plus chaque jour le carcan mortifère de la technique. C'est le thème ambitieux exploré par Technosmose, le brillant dernier roman de Mathieu Terence. Un auteur à suivre dans notre rentrée littéraire.

Technosmose
Mathieu Terence
éditions Gallimard

Retrouvez dès aujourd'hui la chronique et l'interview de Mathieu Terence sur le mag.

Consultez le dossier Rentrée Littéraire.


L'échappée : beau roman à la mode de chez nous

Posté par Myosotis le 13.09.07 à 16:24 | tags : roman, gallimard

"Madeleine grelotte. Elle souffle sur ses doigts. Une main après l'autre. Un froid mouillé s'engouffre sous sa jupe. Elle plaque sa jupe contre ses cuisses. Les arbres nus succèdent aux arbres nus, découpés sur le ciel gris-mauve. Elle fixe le ruban d'asphalte. Elle serre le châle sur sa poitrine."

Le style de Valentine Goby n'est pas ma tasse de thé : j'ai horreur de ces phrases sèches à dominante descriptive qui s'embarrassent d'images plus ou moins réussies pour suggérer une scène cliché.
Aussi le début de cette échappée me faisait-il craindre le pire. L'histoire ne me disait pas plus : le quatrième de couverture est un ratage complet qui n'indique ni le sujet, ni vraiment ce dont on va parler. Je pensais faire le travail néanmoins et dérouler le livre comme il faut, vite et sérieusement, avant... d'en dire du mal.
Mais cette échappée vaut beaucoup mieux que cette première approche.

Lire la chronique complète


L'échappée
Valentine Goby
Gallimard

Retrouvez le dossier Rentrée littéraire.


La Physique des catastrophes par Calamity Pessl

Posté par Solaris le 06.09.07 à 17:01 | tags : gallimard, roman, news

Voilà plusieurs jours que ce billet blog est ouvert sur une page blanche. Non pas que l'inspiration manque pour évoquer la jeune Marisha Pessl. Ni même les informations. Née à Asheville en Caroline du Nord, diplômée de l'Université de Columbia, cette jeune demoiselle de 27 ans est une révélation outre-Atlantique. La physique des catastrophes a été classée parmi les cinq meilleurs romans de l'année 2006 par le respectable New York Times Book Review et récompensée par de nombreux prix littéraires. Premiers pas dans la littérature salués par la critique, qui lui valent également des comparaisons flatteuses avec d'illustres aînés tels Donna Tartt (Le maître des illusions) ou John Irving (L'[inspensable] monde selon Garp).
Un premier roman ambitieux, avec pour narratrice une adolescente attachante, Bleue Van Meer qui mène une vie peu ordinaire. Orpheline de mère, elle parcourt les Etats-Unis en compagnie de son père un intellectuel excentrique et expansif. Leur relation est fusionnelle, leurs échanges sur la littérature et la physique quantique enrichissants. Toutefois, cette vie de bohème est tout à coup bouleversée par la mort de son professeur préféré, dont elle découvre le cadavre pendu. Bleue se lance alors dans une enquête pour reconstituer l'histoire et élucider cette mort.
Subtilement, brillamment, Marisha Pessl établit à travers ce récit un portrait de la société consumériste américaine sans concession.
La physique des catastrophes : un titre accrocheur. Un pavé qui, malheureusement, a juste fait une courte halte à la rédaction avant de partir en vacances... (De forts soupçons d'expatriation définitive après un passage de la frontière transalpine planent encore sur ce livre). Quoiqu'il en soit, la lecture de quelques passages avait suffi pour donner envie de poursuivre. La librairie la plus proche étant à quelques rues d'ici, Flu ne manquera pas d'y récupérer un exemplaire afin de vous en reparler. Néanmoins, rien ne vous empêche d'y jeter vous aussi un oeil, et pourquoi pas de vous fier à cette bonne impression (même si cela peut sembler un peu juste).


La physique des catastrophes
Marisha Pessl
Editions Gallimard

Consultez également le dossier Rentrée littéraire.


Fottorino : Le cinéma à l'honneur

Posté par Solaris le 06.09.07 à 10:35 | tags : gallimard, roman, news



Baisers de cinéma est assurément le meilleur roman que j’ai lu en cette rentrée littéraire. Et peut-être le meilleur que j’aie lu cette année. Je l’ai savouré lentement, assis sur un banc, à l’ombre des grands arbres, au bout du quai Bourbon.
Baisers de cinéma est une promenade dans Paris, sur l’île St Louis, le long de la rue Cassette…, avec arrêts dans les cinémas d’art et essai du Quartier Latin. Le narrateur y scrute, presque compulsivement, les films de la Nouvelle Vague. Et Baisers de cinéma devient alors non seulement une promenade dans Paris, mais aussi un roman du cinéma dans lequel Eric Fottorino nous offre de magnifiques éclairages sur la lumière. Et puis Baisers de cinéma, c’est aussi un roman sur la quête de mémoire, la piété filiale, celle que le héros voue à son père (photographe de la lumière, photographe du cinéma) dont l’ombre est omniprésente dans le livre. Baisers de cinéma, c’est encore un roman sur l’absence, celle de la mère, dont le héros espère l’apparition un jour au détour d’une projection dans l’une des salles obscures qu’il fréquente. C’est que son père lui a laissé des dizaines et des dizaines de bouts d’essais ainsi que de photos d’actrices dont l’une, mais Gilles Hector ne sait laquelle, a été sa mère. Et puis un jour que la projection s’achève, aux 3 Luxembourg, sa voisine de fauteuil semble tout droit sortie d’un film d’Eric Rohmer (à moins que ce ne soit de Truffaut ?). Le livre devient alors un roman de la passion, de la déraison amoureuse qui monte comme la vague et submerge tout. (Tout sauf le mari trompé, dont le portrait est à peine, en arrière-plan, mais avec quel talent, esquissé par Fottorino, et dont on devine tout l’héroïsme, tout le malheur muet, tout l’amour qu’il porte à son garçon et, malgré tout, à sa femme infidèle.). Mais la mer toujours se retire, de la femme parfaite apparaissent bientôt les défauts, la vague reflue, l’envoûtement d’abord croissant de l’amoureux devient désamour. Tout cela est magnifiquement construit, parfaitement amené et écrit avec tellement de subtilité, de légèreté, de délicatesse… Un grand, grand bonheur de lecture.


Baisers de cinéma
Eric Fottorino
éditions Gallimard

Nb Solaris : Cette chronique est proposée par Charles Kermarec, directeur de la Librairie Dialogues à Brest.
Retrouvez les dossiers Rentrée littéraire et Rentrée des Libraires.


Saint-Exupéry : Le manuscrit retrouvé

Posté par Solaris le 24.08.07 à 12:21 | tags : news, gallimard, roman


La rentrée littéraire n'aura pas lieu sans Antoine de Saint-Exupéry. Héros de Tango pour une rose de Laura Pariani (à paraître), voilà que les éditions Gallimard ont annoncé hier la publication de Manon, danseuse, à l'automne prochain. L'existence du manuscrit était attesté, toutefois, sa diffusion est inédite.
D'une quarantaine de pages, cette nouvelle a été rédigée au milieu des années 1920. L'écrivain, qui se consacre alors exclusivement à la poésie, amorce un tournant dans sa carrière en s'essayant à la prose. Dans sa correspondance, il l'évoque longuement. Et, régulièrement, il sollicite l'avis de ses amis en leur soumettant certains passages. Proposé à Gaston Gallimard, le projet suscite l'intérêt de l'éditeur, mais demeure sans suite.
Manon, danseuse : La rencontre d'une jeune prostituée et d'un quadra, qui s'embarquent dans une histoire d'amour. Mais quel avenir pour un homme sans but transformé en pygmalion et cette femme à la vie dissolue ?
La réponse en novembre.

Manon, danseuse
Antoine de Saint-Exupéry
Gallimard


Lire Harry Potter en VF c'était possible

Posté par Easywriter le 09.08.07 à 16:04 | tags : gallimard, news

Un adolescent de 16 ans a été entendu pendant 24 heures par la police d'Aix-en-Provence pour avoir traduit et diffusé sur le web illégalement la version originale du septième tome de Harry Potter. D'après le Procureur de la République, le gamin ne le faisait pas pour le fric mais par passion.

La version circulait depuis une dizaine de jours sur le net, ce qui veut dire qu'elle a été mise en ligne moins d'une semaine après la parution mondiale de l'ouvrage, le 21 juillet dernier. Soit le môme est un génie, soit, et c'est plus probable, plusieurs personnes ont collaboré via le réseau pour traduire les 600 pages en un temps record, et livrer une version " de bonne qualité " estiment les autorités.

Et que risquent nos sympathiques fraudeurs ? Un an de prison et 500 000 euros que J.K.Rowling pourrait casquer sans s'en rendre compte. Mais le plus attentif et déterminé dans l'affaire est sans conteste l'éditeur français Gallimard qui n'entend pas se priver d'une partie de la manne, qu'il attend de sa propre traduction fin octobre, par une bande de geeks potaches.


Ken Bruen : La Série Noire continue

Posté par Maxence le 09.07.07 à 15:26 | tags : gallimard, news, polar, lectures de plage

Il aura fallut un peu moins de deux ans pour que l'édition française s'aperçoive des qualités proprement déchirantes (dans le sens "Putaiiiin, ça déchire !") de l'irlandais Ken Bruen. Ce revirement on le doit principalement à Aurélien Masson, le tout jeune directeur de la Série Noire chez Gallimard, découvreur français de Bruen. De fait, il est difficile de passer à côté de Ken Bruen dans les rayons des librairies ces temps-ci puisque outre la Série Noire qui publie l'intégralité de sa série "Jack Taylor" et de celle de R&B (pour "Robert and Brant"), Fayard Noir se lance également dans la course avec En effeuillant Baudelaire et Hackman Blues, publiés coup sur coup en mai dernier.

Mais arrêtons nous un instant sur le dernier volume en date de R&B, Blitz. Pour ceux qui n'avaient pas suivi les épisodes précédents signalons que Bruen, grand fan d'Ed Mc Bain devant l'éternel à voulu rendre hommage à son 87ième District dans cette suite de courts romans coups de poing, situés dans les quartiers Est de Londres. Après Les Mac Cabés (quel titre ! Pendez le traducteur !) dans lequel l'inspecteur Robert perdait tragiquement son frère, que Brant se remettait lentement d'une précédente affaire et que l'agent Falls (une des seules noires de la police de Brixton) s'enfonçait lentement mais sûrement dans l'addiction, les deux flics les plus borderline de Londres doivent faire face dans Blitz à un tueur en série visant spécialement la police. Avec l'inébranlable Brant dans le collimateur, le tueur ne se doute pas qu'il est lui-même la cible d'une sorte de violence bien plus frappadingue que la sienne. Autre fait notable, l'arrivée de Porter Nash (un des meilleurs personnages de Bruen), flic homosexuel et provocateur, qui donne un nouveau et truculent relief à la petite équipe.

Présenté comme ça, on pourrait penser que Bruen est à l'origine d'une mythologie un brin modernisée de celle de Dirty Harry, or, pas du tout. Robert & Brant ne sont ni ripoux (pas vraiment, hormis dans les bars où Brant ne paie jamais un verre), ni particulièrement violents. Ils font juste parti de ces personnes, de plus en plus rares, qui décident de mener leurs existences à l'instinct pour le bonheur de ceux qu'ils aiment et le malheur des autres. Justicier ambiguë, R&B traite leurs problèmes de manière souvent radical mais on se surprend le plus souvent à approuver silencieusement. Avec Bruen, on s'aperçoit paradoxalement qu'être un anarchiste est plus facile quand on est flic. Quand au style ? Hé bien c'est du minimalisme plein d'éloquence, des personnages attachants, des dialogue incisifs hilarants dans le plus pur style "ping-pong", des références musicales en continue et des intrigues pleine de raccourcis, ou au contraire, de détours surprenants. Comme dans la série des Jack Taylor, les "enquêtes" de Bruen ne nous emmènent jamais là où l'on s'attend. Je sais, ça semble parfaitement bateau dit comme ça, mais chez Bruen c'est quelque chose. Bruen est clairement un des plus grands auteurs de polar de notre temps et il le prouve à chaque nouvelle parution.

Justement, quand est-il de ses romans chez Fayard ? D'un tout autre tonneau, ils ne s'inscrivent dans aucune "série" et peuvent se lire indépendamment, ce qui est nouveau pour les lecteurs français de l'irlandais. Mais ma chronique est déjà trop longue alors, promis, vous en saurez plus demain ou dans la semaine... Stay Tuned !

Ken Bruen - Blitz (La Série Noire)


La Vita Nova de Dante à la moulinette MBK

Posté par Myosotis le 25.06.07 à 11:35 | tags : roman, poésie, gallimard

L'écrivain philosophe jadis connu sous le nom de MBK (Mehdi Belhaj Kacem pour ceux qui n'ont pas suivi les aventures de l'ancien M. Delaume) nous fait le beau cadeau d'une nouvelle traduction de la Vita Nova (ou Nuova, selon les époques et les traductions) du seigneur Dante Alighieri. Ecrit à la fin du XIIIème siècle, publié après sa mort et surtout sa Divine Comédie, la Vita Nova est un petit bouquin étrange et totalement aberrant du sens commun. Le jeune Dante y présente, sous une forme, qui tient de l'autobiographie amoureuse (on se croirait chez Leopardi cinq cents ans plus tard), de l'essai ou du livre saint, mystique, morbide, ou alors de l'explication de texte, la version officielle et sentimentale de sa rencontre avec la sublime Béatrice, héroïne de toute sa littérature et sens (unique) de sa vie - rappelons toutefois que Dante est marié, père d'une multitude d'enfants etc.

Ce qui fait le charme de la Vita Nova, c'est justement son caractère anachronique et maladroit bien que totalement maîtrisé. Les jeunes d'aujourd'hui se marreront rien qu'à entendre le projet et son origine : Dante rencontre une fille lorsqu'il a neuf ans, flashe dessus, et ne la revoit ensuite qu'à 18 ans. Petit bourge de l'époque, il nous raconte donc sur une centaine de pages comment il va être amené, de temps à autre, à croiser Béatrice dans sa belle ville de Florence, à la saluer d'un signe de tête ou à récupérer de quelques mots échangés avec et sur elle et qui le plongent dans des délires passionnels (enthousiastes ou dépressifs) qu'on peut trouver totalement disproportionnés par rapport à la simple réalité des faits. Pour ne rien arranger, Béatrice meurt dans la foulée.

L'art de Dante (son seul horizon) sera de rendre compte de sa folie amoureuse (et fictive) en composant à chaque fois un sonnet de quelques vers qu'il donne à lire à ses proches et à le disséquer en direct. Le livre-poème est à cet égard surprenant, totalement sincère, naïf et en même temps témoignant d'une maturité dans les explications de texte qui porte sur elle la démesure du projet qui suivra. La Vita Nova n'est pas grand chose de plus que ça : le délire poétique d'un (jeune) homme qui fantasme un amour de jeunesse et fait porter sur son objet une ambition incommensurable. Béatrice devient en plus d'une jeune fille sexy, une porte ouverte sur le sacré, la béatitude et le divin. Le mélange des genres et des registres est rendu assez précisément par la traduction de Belhaj Kacem. Celui-ci s'attache notamment à rendre la richesse d'une langue qui évolue entre l'autocomplaisance précieuse, la description affligée d'une maladie amoureuse, l'illumination foldingue, la simplicité régressive et la pure beauté conceptuelle. Il faut s'accrocher souvent pour ne pas se moquer de Dante (pris à la lettre, depuis 2007, tout est ici risible), mais aussi pour ne pas verser une larme lorsque Béatrice est emportée par la mort et laisse Dante seul avec son écriture du fantasme et sa peine.

La fin de la Vita Nova est un grand moment de littérature. Dante promet de se taire sur cette affaire jusqu'à ce qu'il ait trouvé une forme susceptible d'exprimer tout ce qu'il a à dire. Puisque la forme n'existe pas encore, il va l'inventer. La Divine Comédie est en marche. La Vita Nova en est une sorte de brouillon, un double mineur mais annonciateur sur le mode quasi-pathologique de ce qui deviendra le plus grand chef d'oeuvre absurde de la littérature mondiale. La Vita Nova démontre de façon probante qu'un projet (un sentiment) imbécile et sans originalité (dire l'Amour qui n'existe pas, transcender une relation sans réalité) peut tout à fait amener à une oeuvre exceptionnelle. Comme disait à peu près Sade, l'écriture consiste à identifier l'unique source de sa folie et à la cultiver (ou à s'y consacrer, je ne me souviens plus). Dante Alighieri a Béatrice, rien que ça. Il s'y accroche comme un mort-de-faim. C'est le plus allumé de tous les écrivains et sûrement pour cette raison qu'il est l'un des meilleurs. La Vita Nova est le premier ouvrage égotiste moderne, un hymne à l'intoxication du Moi par lui-même, et en même temps le premier livre à en faire exploser le cadre par delà les frontières de l'individu.


Foudres de guerre, enfin sur Terre !

Posté par Easywriter le 29.05.07 à 17:27 | tags : gallimard, roman

Cinq amis trentenaires, égarés dans leur jobs inutiles et les années 2010.Le plus charismatique d'entre eux, Carl Bara, décide de les faire changer de vie " Je ne m'étais pas suffisamment impliqué dans ma propre vie pour qu'elle me fasse réagir à ce point. Je pouvais respirer si peu que traverser les années sans remonter la surface ne me tirait pas un regret", pense le narrateur. Si on suivait la chronologie de l'histoire (ce n'est pas celle du livre) de Foudres de guerre il y aurait de quoi flipper : encore un bouquin basé sur les problèmes de cul des trentenaires neurasthéniques dont on va nous décrire la molle agonie.

N'ayez crainte, nos peurs sont factices, Foudres de guerre est un bon bouquin, la preuve en trois feuillets.


Pourquoi nous avons faim

Posté par Easywriter le 30.03.07 à 18:12 | tags : livre, gallimard

Le premier ouvrage de Dave Eggers s'appelait Une oeuvre déchirante d'un génie renversant et ce titre contenait ce qui fait le talent et les limites de cet auteur américain : ego surdimensionné, écriture effectivement brillante et bouleversante, abus pénible d'ironie post-moderne.
Dans ce premier opus, Eggers racontait la vie d'un jeune homme à qui incombe la charge de son petit frère à la mort de ses parents. Toute en retenue émotionnelle, Une oeuvre déchirante était un livre d'amour, et pas seulement fraternel : il s'agissait aussi de ce besoin d'amour insensé que cherche à combler toute une génération dans la production artistique tous azimut ou les castings de télé-réalité – la tentative du narrateur de participer à The real world donnait d'ailleurs quelques unes des pages les plus drôles du roman.
Les possibilités d'identification et un sens aigu de l'air du temps catapultèrent le bonhomme en tête du hit-parade des auteurs les plus choyés par la presse intello : en fondant la revue Mc Sweeney's et une maison d'édition dans la foulée de ce premier succès, Eggers devint le porte-étendard des trentenaires qui ne pratiquent plus l'ironie qu'avec mélancolie. Il y a chez cet homme quelque chose de JD Salinger et je vous jure que c'est vrai.

Avec "Pourquoi nous avons faim" , Eggers s'essaie à la nouvelle qu'il connait bien en tant qu'éditeur : (il a publié Jonathan Lettem, Rick Moody, Joyce Carol Oates ou TC Boyle.) Il y est on s'en doute, aussi agaçant qu'à l'accoutumée : une nouvelle intitulée "il y a certaines choses qu'il devrait garder pour lui" est composée de six pages vides....Il y est aussi question d'un homme qui veut monter trois murs avant que sa femme ne rentre. On y parle de la solitude et de la difficulté à éprouver des sentiments vrais. S'il échappe à tout pathos, le livre tourne parfois à la pénible démonstration de création littéraire – Eggers anime des cours de creative writing à destination d'adolescents en difficulté en même temps qu'il aide des réfugiés politiques, également par l'écriture.
Pire : avec ses histoires qui ne racontent pas grand-chose et son accumulation de détails, Eggers ne pourrait être qu'un Philippe Delerm made in San Francisco. Sauf que comme tout bon cours de creative writing, pourquoi nous avons faim trouve son intérêt dans tout ce qui n'y est pas dit, dans cette intervalle qui sépare les têtes à claques surdoués des tacherons pontifiants : le talent.

Ca ne tient pas à grand-chose, mais il faut savoir écrire en quatre feuillets l'étrange mélange de plaisir et d'angoisse d'une mère attendant le retour de son fils adolescent; ou réussir, en racontant l'histoire de deux vieux amis qui font l'amour pour la première fois, des phrases aussi bêtasses que celles-ci : "Sommes nous contraints – peut-être la réponse est-elle oui – d'accepter tout choix qui ne blessera personne ? On utilise le terme blessé en parlant de ce genre de choses, parce que, lorsque ça se passe mal, on a l'impression d'être frappé au sternum par un énorme animal qui a parcouru des kilomètres uniquement dans ce but". Si les trois lignes précédentes vous laissent de marbre, oubliez cette notule et passez à autre chose.

"Pourquoi nous avons faim
Dave Eggers
Gallimard


L'effet Corydon : et Gide inventa le coming-out

Posté par Myosotis le 29.03.07 à 16:18 | tags : essai, gallimard

Comme certains événéments ont un retentissement supérieur a leur importance, certains textes portent plus loin que leur simple valeur littéraire. Le Corydon d'André Gide, publié en 1924, est de ceux-là. Discours à la façon de Socrate, finalement peu inspiré et moins intéressant sur le fond que d'autres textes clandestins de l'époque, Corydon est néanmoins un texte d'engagement que l'on peut situer au-delà du courage. Gide y annonce tout de go qu'il est "de la jaquette", "une tapette", "une tarlouze", "un sodomite", chose qui n'a jamais été dite aussi librement sur la scène médiatique auparavant. Il récidivera dans la foulée avec l'allusif (et sublime) Les Faux Monnayeurs -vrai roman d'un homme libre et sans masque, son plus beau sûrement - et plus nettement encore dans son autobiographique Si le grain ne meurt mais Corydon, quelques décennies avant que le mot ne soit à la mode, reste le premier et exemplaire coming out spontané d'une célébrité.

L'essai très précis et élégant de Monique Nemer revient sur le contexte historique et personnel (la séparation définitive d'avec sa et les femmes) qui amène André Gide, écrivain, plus de 25 ans après les Nourritures Terrestres, et vingt après l'Immoraliste, à tout déballer. L'André Gide de l'époque a 55 ans et se pose peu ou prou les mêmes questions que se sont posées Marcel Proust, Oscar Wilde, Jean Lorrain et quelques autres peu avant. Eux ont choisi de ne rien dire et de tout cacher. Gide arbitre dans l'autre sens. Monique Nemer est habile à décortiquer ce moment négligeable mais historique où Gide bascule et franchit le pas qu'il considérera après coup comme le plus utile et humaniste de toute sa carrière d'écrivain et d'humain. Il n'est pas certain que l'histoire officielle du mouvement des droits sexuels ait perçu l'importance du geste gidien, mais Nemer nous démontre qu'il était tout sauf facile à faire, même si inévitable. D'une certaine façon, Gide s'offre avec ce texte l'engagement politique que son éducation lui aura interdit jusqu'à sa mort.

 


Jauffret Macro-Micro Raplapla

Posté par Myosotis le 15.02.07 à 09:42 | tags : roman, gallimard, rentrée littéraire

Les Microfictions de Régis Jauffret sont l'un des événements littéraires de cette rentrée 2007. Sur 1000 pages, l'auteur d'Histoire d'Amour et d'Univers, Univers, nous donne à lire 500 récits courts de 2 ou 3 pages maxi, agencés par ordre alphabétique et qui composent en réunion une proposition fictionnelle monumentale. Les récits ne se croisent pas, ne se recoupent pas, posés comme autant de nouvelles, ou d'embryons de nouvelles, poétiques, quasi journalistiques, parfois cliniques, dessinant une réalité alternative et déjantée faites d'anomalies sociales, de perversions, de compositions décalées, ou d'éclairages surprenants.
Le style de Jauffret fait merveille sur la longueur, tant sa langue est précise, singulière et maîtrisée. Jamais mieux qu'ici Jauffret n'a réussi à peindre aussi habilement et rapidement des "situations" fulgurantes. Petit plus par rapport à ses précédents écrits : la forme courte lui permet de contourner l'ennui et de maintenir le lecteur en éveil.
Si l'on va un peu plus loin que la démonstration de force, on peut néanmoins opposer au projet de Jauffret une vraie critique : ces Microfictions sont une négation totale de la composition romanesque, une tentative qui, si l'on exagère un peu (s'agissant d'un aussi bon écrivain), le range dans la catégorie misérable des Delerm et consorts. L'art du romancier n'est pas de filer TOUS les possibles, ce qu'il s'évertue à faire depuis Univers, de déplacer sa focale toutes les 2 pages, de glisser comme un fantôme narrateur sur un monde explosé, d'exprimer l'impossibilité de construire, mais justement de choisir une ligne narrative, de sélectionner les personnages, de les exciper de la glaise mondaine, pour les faire exister à nos yeux autour d'une temporalité littéraire (un livre - qu'il soit bâti autour d'une intrigue ou non). Ainsi, on peut considérer, selon qu'on retienne telle ou telle conception de la littérature, que Jauffret est un écrivain qui fait subir au roman un traitement aussi radical, voire plus, que ce que Joyce avait voulu avec Finnegans Wake, ou retenir qu'il est devenu avec les années un écrivain impuissant, incapable de fixer son talent et en passe de devenir un monstre de foire : un crapaud gonflé de sève, de mondes, de têtes, d'histoires, et qui ne peut plus les dégurgiter que dans ce désordre Grand Style et brillant, qui lui vaut l'admiration des critiques, mais n'est qu'une forme élaborée de défaite.
Dans son fameux texte sur l'assassinat de JFK, Pasolini l'écrivain cinéaste avait posé l'essentiel en disant que la somme exhaustive des points de vue ne donnerait pas la vérité du drame. Le travail de l'artiste, qu'il fut romancier, réalisateur ou peintre, est d'en sélectionner UN, DEUX, ou TROIS, mais guère plus, qui composeraient la vision. C'est ce que Jauffret se refuse à faire ou ne sait plus faire depuis un bail, et pourquoi il est désormais beaucoup plus petit que son écriture.

PS : cette réflexion s'appuie, je dois le reconnaître, sur la lecture des seules 420 premières pages de Microfictions.

 


Les Falsificateurs

Posté par Easywriter le 30.01.07 à 11:30 | tags : roman, gallimard

On a reçu ça : "Je viens de finir le dernier livre d'Antoine Bello, les Falsificateurs. Bello avait publié il y a plusieurs années un roman remarqué, Eloge de la pièce manquante, qui présentait la particularité de se dérouler dans le monde du puzzle de compétition. Les Falsificateurs offrent une réflexion fascinante sur le monde qui nous entoure. Le personnage principal, un jeune Islandais du nom de Sliv, rejoint une organisation secrète internationale, le CFR, qui falsifie systématiquement la réalité. Sliv est chargé de mettre au point des scénarios puis de les accréditer en falsifiant des sources existantes, voire en en créant de nouvelles. Le lecteur revisite avec lui certains des événements les plus marquants du XXème siècle, depuis le premier voyage d'une chienne dans l'espace jusqu'à la découverte des vrai-faux charniers de Timisoara.Les Falsificateurs sont aussi un roman initiatique. Car Sliv, aussi doué qu'il soit, ignore les motivations du CFR et passe les 500 pages du roman à tenter d'en percer le sens.
L'écriture est brillante, extrêmement drôle et élégante. La documentation est époustouflante. Les Falsificateurs sont pour moi le meilleur roman de la rentrée de janvier."

On ne sait pas si Octave qui nous a envoyé ce texte est lui-même un falsificateur de la critique envoyé par les éditions Gallimard ou la mère d'Antoine Bello mais de toute façon on ne lira pas ce roman parce que L'éloge de la pièce manquante, texte salué par l'ensemble de la critique et notre enthousiaste lecteur nous avait ennuyé à un point inouï. Et on préfère rester dans le faux qu'être démenti par le réel, ok ?

(Merci Octave!)


Newton Thornburg : Fin de parcours

Posté par Maxence le 12.01.07 à 13:14 | tags : roman, polar, poche, gallimard

Ken Bruen est mon nouvel ami ! J'ai toujours chéri ces écrivains (trop rares) qui font découvrir d'autres auteurs. L'irlandais Ken Bruen, avec ses citations et ses personnages bibliophiles, est de ceux là, et je ne le remercierais jamais assez de m'avoir mis entre les mains le Fin de Fiesta à Santa Barbara de Newton Thornburg. "Fin de Fiesta" fait partie de ces romans que l'on classe dans le domaine du polar faute de mieux, parce qu'ils explorent des facettes de la nature humaine que l'on a pas réellement envie d'évoquer ailleurs, ou alors dans les romans d'Ellis ou de Palanhiuk. Pourtant, au contraire de ces deux là, Thornburg ne tombe jamais dans l'outrance ou la provocation, le réalisme est ici la seule concession au genre.
Le cheminement du vétéran du Vietnam Alex Cutter et de son ami, l'ex-cadre désabusé Richard Bone est des plus ordinaire. Après avoir abandonné le confort d'un emploi de responsable commercial, ainsi que femme et enfants, Richard Bone devient gigolo à plein temps. Témoin nocturne et fortement alcoolisé de l'abandon d'un corps dans une poubelle, il se révèle incapable de dire, au petit matin, s'il a réellement assisté à cet acte, ou s'il l'a rêvé. Le témoin malgré lui se confie maladroitement à son ami Cutter et va se trouver embringué dans une histoire de chantage pathétique. Une situation d'autant plus explosive que Cutter n'est pas seulement estropié et défiguré, mais également mal embouché et auto-destructeur. Provocateur désespéré, l'ex-marine fait tout ce qu'il peut pour se détruire et payer les horreurs qu'il à commis au nom d'un pays qui le rejette.
Une histoire qui pourrait sembler banale - deux gars au bord du gouffre dans l'Amérique des laissés pour compte - mais qui, sous le plume de Thornburg est loin de l'être. La force de l'auteur étant de faire vivre le lecteur au niveau de ses personnages, de lui faire partager leurs errances, leur peurs et leurs difficultés à vivre, sans la prise de recul souvent paternaliste du créateur. Les dialogues, les rapports entre les différents protagonistes n'en sont que plus réaliste. Une nécessité narrative finement maîtrisée puisque dans cette histoire où rien ne se passe comme prévu évidemment, les nuits portent (mauvais) conseils, les hésitations, l'inertie inhérente au quotidien et le manque de motivation, ou simplement de réels projets d'avenir, sont autant de frein à la mise en oeuvre de tous actions concrètes, qu'elles soient légales ou criminelles d'ailleurs. Mais la tragédie, elle, est bien là qui guette et attend son heure.
Roman noir dans le sens de "sans espoir", Fin de Fiesta à Santa Barbara régalera autant les amateurs d'Un bon jour pour mourir ou des Légendes d'Automne de Jim Harrisson que ceux de Ken Bruen. On y trouve la profonde tendresse pour l'humanité, malgré les défauts inhérents à sa nature, qui habite le premier et le désenchantement et la perte de l'innocence du second. Merci Monsieur Bruen.
A noter que ce roman bénéficie d'une adaptation au cinéma sous le titre de Cutter's Way, réalisé par Ivan Passer.

Newton Thornburg - Fin de Fiesta à Santa Barbara
(Folio Policier/Gallimard)


Les Bienveillantes, prix de l'Académie française

Posté par Easywriter le 27.10.06 à 15:17 | tags : prix, gallimard, les bienveillantes
Jonathan Littell vient -il d'entamer sa course aux prix ? Ou à l'inverse le grand prix de l'Académie française qui vient de lui être attribué pour Les Bienveillantes signifie que le Goncourt vient de lui échapper ? Auquel cas qui l'aura ? Et le Femina alors, c'est du poulet ?
Quel suspense je vous jure je vais m'évanouir.



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