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Quand Dionysos joue à Tim Burton : La Mécanique du coeur

Posté par Myosotis le 28.03.08 à 10:46 | tags : roman, best-seller, flammarion

Pauvre France, le retour. Après le Hérisson sans épines et en même temps que La Consolante d' Anna Gavalda, La Mécanique du Coeur de M. Dionysos Ruiz, Mathias Malzieu, déboule parmi les meilleures ventes de romans en France et semble devoir devenir le nouveau succès "du coeur" justement dans les librairies.

Après lecture (à un bon rythme, avouons le, qui place le livre assez près de l'ancien record de 2H54 réalisé sur un Marc Levy dont j'ai oublié le nom), La Mécanique du Coeur fait penser à un Amélie Poulain littéraire, mâtiné de Jean Teulade pour le côté gothique décalé et de Tim Burton pour le grand guignol.

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La Mécanique du Coeur

Mathias Malzieu

Flammarion


Laura Pariani : un tango pour la rose de Saint-Exupéry

Posté par Solaris le 27.09.07 à 12:25 | tags : news, flammarion, roman

 

Testament amoureux, testament d'Antoine de Saint-Exupéry, Tango pour une rose de Laura Pariani jette un éclairage romanesque sur la folle passion qui unissait l'aviateur à son épouse.
Et c'est au cours d'une soirée, dans les salons des Amigos del Arte à Buenos Aires, qu'il la rencontre. Il occupe alors le poste de directeur de la Compania Aeroposta Argentina. Elle, originaire du Salvadore, se remet à 27 ans de son second veuvage. Un échange de baisers en plein ciel et une lettre de quarante pages plus tard, les deux tourtereaux débutent leur liaison passionnelle, leur coeur vibrant aux rythmes du tango argentin. « Être la femme d'un pilote, c'est un métier ; mais être la femme d'un écrivain, c'est un sacerdoce », affirmait Consuelo. Pourtant, c'est l'aviation qui la séparera de son bien-aimé.
De ce couple demeure le mythe qui inspire à Laura Pariani son dernier roman. Bien que son intérêt pour l'écrivain français soit apparu à la lecture du Petit Prince, ce n'est qu'à la suite d'une promenade dans la Galeria Güemes de Buenos Aires, s'apercevant qu'aucune indication ne précise qu'Antoine de Saint-Exupéry y a résidé, que lui vient l'idée de lui rendre hommage. Le projet ne prend sens qu'après une série d'évènements, dont la découverte de l'épave de son avion, retrouvée au large de Marseille 60 ans après sa disparition.
C'est ainsi que s'entreprend la réalisation de cet ouvrage, mettant en scène l'agonie funèbre de Saint-Exupéry. Un récit interrompu par les interventions de son héros, car s'offre à lui l'opportunité d'écrire une missive, dernière fenêtre ouverte sur le monde des vivants. Quatre tentatives pour rédiger une ultime lettre à sa Belle, bercées par le rythme du tango. Une musicalité qui s'immisce dans le récit à travers des interruptions en espagnol tendrement distillées :

Tengo miedo del encuentro
con el pasado que vuelve
a enfrentarse con mi vida... [...]
[...]... tengo miedo de las noches
que probladas de recuerdos
encadenan mi sonar...[...]
[...] tengo miedo de las noches,[...]
[...] tengo miedo de las noches,[...]
[...] Percanta que me amuraste
en lo mejor de mi vida,
dejandome el alma herida
y espinas en el corazon...


Le parcours dantesque conduisant Saint-Exupéry aux portes de l'enfer n'est que le bilan de son existence, car de la main de Laura Pariani s'élabore une réflexion sur son vécu, sur son amour infini pour la muse grâce à laquelle il imagine la rose du Petit Prince. Le délire d'un homme que la mort peu à peu entraîne sur les rives du Styx.

Tango pour une rose
Laura Pariani
Flammarion

Consultez le dossier Rentrée littéraire.


Daniel Mendelsohn : le Proust du XXIe siècle

Posté par Solaris le 14.09.07 à 17:03 | tags : flammarion, extrait, roman, news

Je m'aperçois, en relisant ces lettres, que ce qui les rend si étrangement émouvantes est dû au fait qu'elles sont adressées à la deuxième personne du singulier. Chaque lettre est adressée à un "tu" - "Je te salue et t'embrasse du fond du coeur" est l'adieu préféré de Schmiel - et pour cette raison, il est difficile, en lisant ces lettres, des lettres adressées à d'autres, de ne pas se sentir impliqué, de ne pas se sentir vaguement responsable. Lire les lettres de Schmiel, après que nous les avons trouvées, a été ma première expérience de l'étrange proximité des morts, qui parviennent cependant à rester hors d'atteinte.
Voilà un pavé qui devrait déjà avoir disparu de la rédaction. Il est vrai que 650 pages, cela en effraie plus d'un. Certains hésitent à se l'approprier. Trop volumineux pour être lu dans le métro (selon les adeptes du style dépouillé), opération encore moins évidente sur un vélib. Et pourtant, Les Disparus méritent une attention toute particulière. Best-seller aux Etats-Unis lors de sa publication à l'automne 2006, cet ouvrage a été plébiscité par la critique outre-Atlantique et reçu deux prix : le National Jewish Book Award, ainsi que le National Book Critics Circle Award.
Enfant, Daniel Mendelsohn entend des anecdotes sur son grand-oncle Shmiel, son épouse et leurs quatre filles. Ils ont été tués à l'Est de la Pologne en 1941. A quelle date, comment, en quel lieu ? Personne ne lui répond. Après la découverte de lettres envoyées en 1939 par Schmiel à son grand-père qui a immigré aux États-Unis, l'écrivain se lance dans une enquête afin de retrouver ses disparus.
Un récit personnel émouvant, parfois amusant, construit comme un polar. "A la recherche d'un passé familial perdu" qui évoque l'oeuvre de Proust, qu'il a attentivement relu avant de débuter la réalisation de ce roman. Appartenant à une génération charnière, la dernière à avoir côtoyé des survivants de la Shoah, Daniel Mendelsohn réalise un véritable chef-d'oeuvre, témoignage de l'indicible en lutte avec les tabous de cette période historique.

Les Disparus
Daniel Mendelsohn
Flammarion

Prochainement sur Flu la chronique complète.
Consultez le dossier Rentrée littéraire.


L'armée des 12 Rufin

Posté par Myosotis le 11.04.07 à 10:15 | tags : roman, flammarion

Ce n'est pas parce qu'il se vend comme des petits pains qu'il faut négliger complètement ce roman de Jean-Christophe Rufin, l'un de nos auteurs français les plus anglo-saxons friendly. Rufin n'est définitivement pas un styliste et son cas ne s'arrange pas au fil des ouvrages : il écrit maintenant aussi gros qu'il est imprimé, a considérablement simplifié (appauvri) sa langue pour aller droit au but et se consacrer à ce qui l'intéresse : le mouvement narratif, la fiction pour elle-même. Si le parfum d'Adam est à la littérature ce qu'Axe est à la parfumerie, il constitue néanmoins, dans le domaine des best-sellers et thrillers internationaux, une senteur rare et raffinée. Ici (vous avez dû le lire ailleurs, alors je passe très vite), Rufin s'intéresse aux mouvements écolo extrêmistes, en suivant une jeune femme, Juliette, qui après avoir libéré des animaux en Pologne va remonter le cours d'un complot planétaire visant à éradiquer (pour le bien de l'écosystème Terre) l'homme de ce monde. L'intrigue nous mène, façon James Bond (on change de lieux toutes les vingt pages et de plan toutes les 7 secondes, comme dans un vrai film), aux quatre coins du globe où notre Juliette accompagnée de quelques associés assistants se lance à la poursuite de dangereux écoterroristes. Rufin a beaucoup voyagé et en fait profiter son public : Etats-Unis, Brésil, Cap Vert, Pologne, ça vadrouille sec et vite dans des décors en panavision très dépaysants et soutenus par des descriptions réussies. Le suspense a quelques difficultés à suivre tant de péripéties mais s'accroche et résiste bien jusqu'à céder enfin dans les dernières pages comme on s'y attendait. Tout l'intérêt du livre est, par delà son efficacité intrinsèque impressionnante, de nous dresser un tableau complet et intelligent de cette mouvance écologique que nous ne connaissons pas chez nous et qui intrigue dans l'ombre. La présentation de Rufin est un prolongement naturel et bienvenu des débats que Hulot et les autres ont essayé (en vain) d'introduire dans la campagne, un vrai tour de force pédagogique qui témoigne de son constant et louable souci de dire le monde d'aujourd'hui.

Si la portée du livre au final est plutôt moindre que celle d'un bon film tel que l'Armée des 12 Singes, à des lieux de la finesse et de la subtilité de la Course au Paradis () de JG Ballard, à des coudées lumière du Dernier Monde de Céline Minard (1ère partie), le parfum d'Adam reste un vrai travail de pro, une fragrance qui tient certes un peu trop au corps, simple mais pas vulgaire, dont on peut s'asperger allégrement sans craindre de gêner ses voisins de chambrée.

 

 


Audrey Diwan : la fabrication d'un mensonge

Posté par Myosotis le 23.02.07 à 14:18 | tags : roman, flammarion, rentrée littéraire

Sauvé ! Voici enfin le roman d'Audrey Diwan qui déboule en librairie et de quoi se reposer les doigts et le cerveau en éventail de ce qu'on a lu dernièrement. Audrey Diwan (autant la stigmatiser d'emblée) est une jolie journaliste de Glamour, amie de Lolita Pille (l'écrivain célèbre de la jet society) et de plein d'autres gens cool qui lui ont déclaré leurs sentiments sur sa page myspace .
Du coup, on était méfiant, de cette méfiance perverse envers les écrivains qui vont vendre des livres par ballots de 100 et qui ne le méritent pas, bien qu'on se sente prêts à.. tomber amoureux d'elle (à condition qu'elle fut aussi belle en vrai qu'en photo), voire à en dire du bien par simple convoitise (du succès, de la beauté, de la jeunesse, de l'argent).
Au final et après 200 pages lues consciencieusement et avec plaisir, on dira de cette Fabrication d'un mensonge qu'elle est le double féminin du dernier Florian Zeller. Est-ce un compliment ? Oui et non. Disons qu'on pouvait s'attendre à bien pire que ce qu'on a découvert. Diwan n'est pas une grande styliste, pas une romancière de folie mais nous offre un récit attachant et plutôt bien troussé dans son registre. L'histoire est celle d'une jeune bourgeoise éternelle étudiante (une grosse tête) qui, pour se distraire, se fait embaucher dans une boutique d'articles de mariage. Là, elle rencontre Lola, une autre vendeuse, prolo, fille-mère (ou mère célibataire), qui va l'hypnotiser et la fasciner... par ses mensonges (puisque la chute -*** SPOILER ***- c'est que Lola est une grosse mytho et pas autre chose !). Donc la riche et la pauvre s'acoquinent sous l'impulsion de Lola qui fait goûter à son alterego thunée gnangnan le côté obscur de la force. Lola dirige des groupes de parole anti-mariage et subvertit cette belle institution qui fait le malheur des clientes de la boutique. La subversion n'ira pas plus loin: le mariage est un crime contre la féminité. Mais c'est une idée amusante au demeurant. Pensez que la riche a failli se faire avoir et abandonner ses perspectives de réussite pour une jolie menteuse. Quoi d'autre ? Juste ça, j'en ai peur mais ce n'est pas si mal pour un premier roman.
La Fabrication d'un mensonge a ses bons moments et une fin plutôt réussie. (oh, ce rockeur façon Naast tellement trognon et sexypoétique....) Un regret tout de même : Audrey Diwan nous aura refusé TOUTE scène de sexe dans ce livre. Pudeur excessive ? Volonté de ne pas choquer outre mesure ou de ne pas faire dans l'opportunisme cradingue ? Disons qu'une liaison lesbienne n'aurait fait qu'ajouter à la puissance évocatrice de ce roman féminissime. Dommage pour nous les hommes.

La fabrication d'un mensonge
Audrey Diwan
Flammarion

 


Lisbonne story

Posté par Easywriter le 19.01.07 à 13:28 | tags : roman, flammarion, rentrée littéraire

Lisbonne est cette ville de bout du monde qui offre au promeneur mélancolique la possibilité de se complaire dans ses légers tourments. Une capitale déchue où rougeoient encore les cendres d'un empire disparu et qui ne se donne qu'à ceux qui acceptent de s'y perdre. Dans les ruelles escarpées de l'Alfama, le flaneur pourra alors jouer à être Pessoa, se sentir comme lui "toujours à la veille de ne partir jamais". Il s'y sentira moins triste qu'inconsolable. Avec ses charmes désuets de cité sur laquelle glisse toute idée de modernité, Lisbonne est une ville profondément littéraire et métaphysique et on ne s'étonne pas du nombre de poètes locaux qu'elle inspire - au Portugal la versification est d'ailleurs un sport très prisé.

Franck Darcel en fait le lieu de l'intrigue de L'ennemi de la chance - dont le titre est inspiré d'un texte d'Amalia Rodriguès - dans laquelle un jeune photographe belge se transforme en enquêteur, prétexte à une variation sur la vile et l'âme portugaise. Pour ce qu'on en a lu (et c'est très peu) Darcel semble échapper à l'emphase à laquelle invite la capitale portugaise -et dans laquelle je me vautre depuis un feuillet : "Lisbonne semblait être la dernière capitale européenne à avoir échappé à une certaine forme de rationalisme. Ici, on arrivait systématiquement en retard, et on ne savait pas forcément ce que l'on ferait le mois prochain, ni où l'on serait. Cela me plaisait énormément. Ajoutez à cela le prix très abordable des consommations, courses en taxi, plats de morue et le fait que la plupart des gens croyaient vraiment que Sain-Antoine veillait sur la ville et vous obtenez une sorte de Paradis". Il dit aussi que cette ville qui vous envoûte est la seule portugaise à se laisser aisément séduire - mais ce n'est pas tout à fait vrai. Lisbonne révèlera t-elle le meilleur d'un romancier ? Réponse sur le mag livres, un de ces jours.

Illustration : Alfama chaos par Adalberto Tiburzi

L'ennemi de la chance

Franck Darcel ( pour les connaisseurs d'underground français, mélancoliques eux-aussi, Darcel fut le guitariste de Marquis de Sade au tout début des années 80)

Flammarion


Science et fiction : Hulk peut-il être vert ?

Posté par Myosotis le 20.11.06 à 17:34 | tags : flammarion, comics
Les ouvrages de fonds ou travaux analytiques sur le business des super-héros sont relativement rares et souvent un rien condescendants quant à l'objet d'étude. On se moque de l'homme (homo) tout puissant, on se fout de la gueule des héros en collants et on interprète à tout va la manière de castagner en fonction des traumatismes d'enfance ou de la vigueur de l'impérialisme américain. Les bouquins qui mêlent science et super-pouvoirs n'existent carrément pas. En proposant (chez Flammarion) d'analyser la crédibilité scientifique des pouvoirs des héros de comics, les auteurs Gresh et Weinberg ont donc défriché un terrain inconnu ou très peu abordé, même si chaque lecteur s'est sans doute posé rapidement la question essentielle, sur laquelle repose toute fiction : "Ca se peut ?", ou comme dirait Marc Lévy, qui a tout compris dans ce domaine, "Et si c'était vrai?".
Le résultat est à la fois très marrant, instructif et un rien décevant. Les auteurs étudient un à un les pouvoirs des principaux protagonistes de DC et Marvel, se livrant à de savantes analyses de la puissance développée par Superman au début et à la fin de sa carrière. Ils analysent la vitesse de course de Flash, l'homme qui court plus vite que la lumière, en essayant de voir en quoi courir aussi vite peut se concevoir. La vitesse de Flash, qui donne l'un des moments les plus savoureux du livre, est en effet pleine de contradictions scientifiques : Flash échappe aux échauffements de cuisse, échappe aux frottements qui sont la base de tout mouvement. Flash ne se nourrit pas et réussit à produire de l'énergie cinétique, sans alimentation, ce qui est scientifiquement impossible. Surtout, il court plus vite que la lumière, ce qui est inconvevable parce que rien ne va plus vite que la lumière. De la même manière, le livre montre que Spiderman pourrait à la rigueur être Super mais n'est pas tellement Spider. En effet, ses pouvoirs affichés ne sont pas ceux de l'araignée des champs. La bague de Green Lantern n'a aucun impact sur les objets jaunes. Comment est-ce possible ? Comment expliquer l'existence des X Men en fonction des thèses évolutionnistes ? Peut-on imaginer que Batman escalade un immeuble sans équipement ? Hulk peut-il être vert ou devrait-il être mort après son exposition aux rayons gamma ?
Il faut mettre au crédit des auteurs l'extrême sérieux avec lequel ils abordent ces questions étranges. Leur livre démontre en substance (et c'est ce qu'on aime moins) que pas mal de ces choses ne se conçoivent pas, que les superhéros ne peuvent pas exister, que leurs créateurs ont habillé leur création d'un "technoblabla" sans grande densité pour justifier la naissance de leurs créatures à une époque où la science bénéficiait d'une aura extraordinaire. C'est le côté démystificateur du livre, qui enlève aux rêveurs le bénéfice du doute. La pédagogie est soignée et on apprend lorsqu'on parle trou noir, vitesse, téléportation, voyage par le fil du téléphone un tas de petites choses qui peuvent faire fureur dans les dîners en ville. Le pensum scientifique est néanmoins assez mainstream et ne risque pas d'émouvoir ceux qui ont fait de la physique jusqu'en terminale, tout en perdant ceux qui n'y connaissent rien.  Le livre conviendra donc à la fois aux fans de comics, qui veulent en reprendre une louche (la légende veut qu'ils soient boutonneux, binoclards et férus de science, ça tombe bien !) et à ceux qui n'y connaissent rien pour se divertir et comprendre une culture qu'ils ne partagent pas. Un livre à inscrire sur la liste des cadeaux de Noël potentiels. 

 


Hadrien Laroche, Les Hérétiques

Posté par Easywriter le 23.08.06 à 11:04 | tags : extrait, flammarion, rentrée littéraire
"A force de se coucher chaque soir dans le petit à sangles sous l'inscription punaisée par son père au-dessus de l'oreiller, la parole du psaume de David, "Voici j'ai été conçu dans l'iniquité, et ma mère a été grosse de moi dans le péché ", à quoi le père avait ajouté de sa main : or c'est de toutes façons que tu es recouvert de péché semblables; à force de se brosser les dents chaque matin avec un frère qui n'était pas son frère; de prendre le bain avec une soeur qui n'était pas la sienne (ce n'était pas le plus désagréable il me l'a dit); d'aller à l'école, dessiner sa maison, et s'entendre dire que ce n'était pas sa maison; à force d'appeler mère une femme que la religion commandait d'appeler ainsi et qui n'était pas sa mère : en même temps que sa taille grandissait, Hek avait développé un esprit d'une rigueur exceptionnelle."


Les Hérétiques

Hadrien Laroche
Flammarion.
La chronique bientôt sur Flu

Christine Angot donne rendez-vous

Posté par Easywriter le 22.08.06 à 09:21 | tags : autofiction, extrait, flammarion, rentrée littéraire
"- Mais pourquoi je serais partie ? Non j'étais au japonais.
- Je ne sais pas pourquoi tu serais partie. Mais parfois il y a ça dans tes livres, tu t'ennuies, tu es énervée et tu pars.
- Pourquoi j'aurais été énervée ?
- Je ne sais pas. Je ne sais pas pourquoi je me suis dit ça. Je ne sais pas. Comme je t'ai vue passer tout à l'heure et qu'après je ne t'ai plus vue, je me suis demandé.
- Oui je t'ai vu déjeuner, avec...
- Avec ma femme."
Erm. Voilà voilà. Dans Rendez-vous, Christine Angot répond aux sollicitations d'un homme qui lui a fait parvenir une lettre touchante. Toujours cette langue crue qui autrefois nous a réellement bouleversé mais nous gonfle depuis un moment déjà. Rendez-vous sera t-il l'ouvrage de la rédemption ? Christine Angot a t-elle mieux vieilli que Lorette Nobecourt ? Est-ce qu'on en a quelque chose à foutre ?
Toutes les réponses à ces pressantes questions, dans le mag, très vite.
Mise à J : Angot / Nobecourt au feminin singulier
Rendez-vous
Christine Angot
Flammarion

La réalité Vurtuelle

Posté par Maxence le 20.06.06 à 09:52 | tags : science-fiction, elucubration, extrait, flammarion

Se faire tailler une plume pour accéder à la clé des songesLe Vurt. C'est ainsi que Jeff Noon nomme le monde de l'au-delà de la matrice. A la fois trip psychédélique et réalité parallèle digitale organique. Métaphore de la métempsycose de la virtualité (soit "la transmigration des âmes" mais cette fois, dans des univers virtuels) qui envahit peu à peu notre quotidien et reflet par delà le miroir d'un Manchester futuriste Lewis Carrolisé. Un univers "vurtuel" donc, auquel on accède grâce aux plumes... Le père d'Alice étant par ailleurs une influence auquel Jeff Noon, en bon écrivain britannique, rend singulièrement hommage dans les pages de Vurt, son premier roman traduit sur nos côtes (Flammarion, 1998) et bientôt réédité par le jeune éditeur La Volte (qui ne parle pas de cette première parution d'ailleurs...). Pour l'heure, c'est Pollen son deuxième roman qui est sur les présentoir et nous en reparlerons très bientôt, mais d'abord un petit …

extrait : Le portier du Tove Slictueux était un gros lapin blanc. Sa tête piquetée de petites tâches de sang émergeait d'un col de fourrure maculé de traînée de bière et il tenant une grosse montre de gousset entre ses énormes gants blancs. La grande aiguille était pointé sur douze, la petite sur trois. Soit trois heures du matin de la nuit qui venait de commencer.
Deux putes de porte essayaient d'entrer sans passe codé. Lapin leur faisait de la peine. Moi je brandis le passe plastifié orné de fourrure qui m'ouvrait l'accès à la party d'après la gig. Sur une moitié il avait la forme d'un adorable chiot et, sur l'autre, d'un bébé d'homme. Au verso une photo de Dingo Pouffe, entièrement nu à part son autographe (autorisé). Sur les bords du passe s'inscrivait le slogan : Dingo Pouffe. Aboyeur de Britain Tour. Présenté par Das Uberdog Enterprise.
Le lapin videur examina scrupuleusement mon passe, puis me regarda droit dans les yeux. Il me dévisagea sans aménité.
"C'était moi le DJ de Dingo ce soir mon vieux", lui dis-je.
Aimablement séduit, il me laissa entrer.
Je franchis les portes slictueuses, m'engouffrais dans un trou creusé dans le sol, le long duquel il y avait des étagères à Docteur Vurtkensteindéfonce, et suivis un couloir envahi de crampons en mal de star jusqu'à ce que j'arrive au cœur de la cohue.

Musicien, peintre et dramaturge, Jeff Noon est un auteur singulier. Ce mancunien né en 1957 est un apôtre du "cut". Il découpe, mixe et remixe ces propres phrases, et va même jusqu'à sampler celles de ces auteurs favoris, comme un DJ. Hormis Vurt et aujourd'hui Pollen, sont paru en France, Alice Automate ainsi que deux nouvelle dans les recueils Intoxication au Diable Vauvert et Discobiscuit chez Alpha Bleue Etrangère. Même si son auteur déclare ne pas lire de science-fiction, Vurt s'est tout de même vu récompensé du prestigieux prix Arthur C. Clarke en 1994.

Vurt de Jeff Noon. Flammarion et nouvelle parution aux éditions La Volte.


L'histoire secrète d'Endemol

Posté par Easywriter le 29.05.06 à 14:39 | tags : média, extrait, flammarion
"Quand l'avion commence à prendre de la vitesse sur la piste, tous les participants du dîner sentent que les choses ne vont pas en rester là. Qu'ils goûtent en somme un forme d'entracte. Et de fait, très vite, cette matinée, qui restera historique dans la légende de l'audiovisuel français, va prendre l'allure étrange d'un jeu de billard à six bandes. Qui fera - forcément - des victimes."
Mais qui, mais quoi mais qu'est-ce?!!  Benoît Delmas et Véronique Richebois narrent l'histoire secrète de la plus grosse boîte à fabriquer du temps de cerveau disponible en Europe : Endemol. Désormais assise sur deux milliards d'euros de capitalisation boursière, la société d'Arthur et Stéphane Courbit a réussi sa résistible ascension grâce à un cocktail de connexions politiques, de mainmise sur les entreprises clefs, de culte du résultat et  bien sûr d' imagination perverse. Brrrr...

L'histoire secrète d'Endemol par Benoît Delmas et Véronique Richebois. Flammarion

Patrick Raynal retourne dans le noir

Posté par Easywriter le 02.05.06 à 11:37 | tags : news, flammarion, polar

Patrick Raynal vient de publier Retour au noir, livre en forme d'hommage à Raymond Chandler pour lequel l'ancien directeur de la Série Noire éprouve une admiration sans borne. Le roman raconte les retrouvailles entre Corbucci le Niçois et Jim l'Américain qui ont milité vingt ans auparavant à l'extrême gauche. Aur programme :Disparition, mystère et  vieilles pépées...  Les polardeux nostalgiques (pléonasme?) peuvent rencontrer Patrick Raynal samedi 06 mai à 17 h au MK2 Bibliothèque.

Retour au noir,
Patrick Raynal. Editions Flammarion.

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Terry Jones : Ma guerre contre la guerre au terrorisme

Posté par Easywriter le 10.04.06 à 14:34 | tags : essai, extrait, flammarion, audio
"la vraie « guerre » n’a commencé qu’après l’occupation de l’Irak et la mise en place d’un gouvernement de collabos .
Mais est-ce ainsi que les journaux, la télévision et la radio la désignent ? Non : ils parlent d’ insurrection  et de terrorisme , parce que ce sont les mots qu’aiment employer MM. Bush et Blair. » Et les grands médias  reprennent tous en choeur l’air de pipeau que jouent ceux qui sont au pouvoir ».

L'ancien Monty Python Terry Jones démonte  faits d'armes  et méfaits de  langue de l'axe Blair/Bush dans leur lutte anti-terroriste. Refusant le terme de guerre devant ce qui ne relève que du "tir au pigeon", Jones constate dans son journal que la première victime de la guerre c'est la langue. Si Dieu nous prête vie on reviendra plus avant sur cette croisade pour la liberté immuable de l'intelligence.
Ma guerre contre la guerre au terrorisme, Terry Jones. (Flammarion)
 



Slavoj Zizek : Philosopher à coup de marteau.

Posté par Maxence le 05.04.06 à 11:31 | tags : essai, livre, flammarion, philosophie
Jusqu'alors largement ignorée chez nous, l’œuvre du philosophe culte Slavoj Zizek fait enfin l’objet de nombreuses parutions dans notre pays. Philosophe, donc, mais également psychanalyste radical, sa pensée doit être lue attentivement pour être bien comprise. En effet, dans Bienvenue dans le désert du réel, celui que l'on surnomme "la superstar slovène du marxisme pop", met à bas l'idée (utopique selon ses dires) de démocratie libérale et de la supposée bienveillance qui l'accompagne. Alors "nouveau réac" Zizek ? Pas du tout. Dans son livre - au titre faisant bien évidemment référence au film Matrix, quand Morpheus, introduit Néo à la "vraie réalité" d'un monde dévasté par un ground zero planétaire - le penseur insiste simplement sur la nécessité de régler en priorité les problèmes internes à chaque civilisation avant de tenter un rapprochement - ou une opposition simpliste - impossible et brutale entre des cultures aux valeurs par trop éloignées les unes des autres. Ce faisant, il fait bien évidemment référence à la vision réductrice proposée par les médias et la politique américaine post-11 septembre, d'un occident multiple et connecté et d'un islam soit disant régressif et replié sur lui-même. La question que pose Zizek est simple : Comment oser penser que l'on peut faire accepter brutalement les valeurs d'une société occidentale permissive et prétendument libre, alors qu'elle n'est qu'exclusivement dirigée vers l'acquisition de biens matériels, à une civilisation aussi encadrée et dévouée à la communauté que la société musulmane traditionnelle, si nous ne sommes pas capables de réguler nos propres problèmes (chômage, ostracisme, intolérance, retour de l'intégrisme religieux, etc) ? Zizek insiste, par exemple, sur le fait que les déclarations de l'après 11-septembre selon lesquels l'acte terroriste s'explique par le fait que l'islam est une religion intolérante vient  principalement d'intégristes chrétiens eux-même intolérants. Pour Slavoj Zizek, il ne s'agit surtout pas d'imposer de force nos valeurs, ni d'accepter béatement celles des autres, mais d'éternellement peser que ces valeurs représentent et ce qu'individuellement elles peuvent ajouter à l'humanité. Loin d'être un simple appel à la tolérance "de plus", Bienvenue dans le désert du réel est véritablement un manifeste en faveur d'une nouvelle subjectivité.
Bienvenue dans le désert du réel (Flammarion)

Vincent Ravalec : la vie miraculeuse du clochard André

Posté par Easywriter le 27.03.06 à 13:37 | tags : roman, livre, flammarion, extrait
Trottoir : Sert à marcher( et accessoirement à trotter). Le trottoir a été une révolution dans la vie urbaine en protégeant le piéton de la boue amassée sur la voie. d'une taille réglementée, il parsème la ville de sa rassurante présence. Permet des évocations poétiques. Ex : inlassablement en pensant à toi, j'ai arpenté les trottoirs de ma mélancolie.
Walkman, auto-radio, I-Pod : Parmi les principales révolutions de la modernité car permettant de se mouvoir en écoutant de la musique et donc de colorer son espace-temps d'une mélodie rythmée et peut-être ainsi de vibrer, même si c'est de façon imperceptible, accordé sur le chant subtil des étoiles, dont tout le monde sait qu'elles sont constituées en de gigantesques chorales.

Un peu comme le Douglas Coupland de Génération X, Vincent Ravalec parsème son dernier roman, La vie miraculeuse du clochard André, de définitions post-modernes. Mais que faut-il en penser ? La réponse dans le Mag, très, très bientôt.

Franz-Olivier Giesbert ou la misère du journalisme politique

Posté par Myosotis le 20.03.06 à 11:17 | tags : essai, livre, best-seller, flammarion

Franz-Olivier Giesbert vend sa camelote sur les plateaux de télé comme une pute de comptoir. Il passe son temps à se vanter d'avoir trahi la confiance du Président (ce vieux naïf de Chirac : grosse buse érotomane qui croyait qu'on pouvait se confier à Super-Fog) et choisi, avec bravoure, courage et témérité (les qualités de tout journaliste qui se respecte), de révéler l'intime, le secret, la vérité du président le plus nul de la Vème République.  Il est reçu avec les honneurs  sur les plateaux, avec son look goguenard d'homme de "gauche" déguisé en homme de droite (FOG porte des carrés Hermès qui ressemblent à des minerves). Son portrait de Mitterrand lui avait valu les louanges unanimes de la presse et des lecteurs et voilà qu'il remet ça. Tapis rouge. Ventes records. Critiques à l'unisson qui saluent la complexité des approches Fogiennes ainsi que le style sec, cruel et précis du littérateur. Dans la tragédie du Président, on n'apprend pas grand chose pourtant,
si ce n'est cette thèse un peu étrange, mais dont on se serait bien passée, selon laquelle Chirac serait une sorte de serial looser, menteur (Supermenteur ça vous dit?), ordurier, manipulateur (on se doutait un peu que pour faire carrière en politique, un homme devait avoir un soupçon de vice), bambochard etc.  Accessoirement Chirac est nul, exalté et  guidé par un poisson pilote idiot, i.e Villepin. Sarkozy est "sincère", écrit F.OG., "vrai". On rigole.  Le vent tourne avec les mots. Si le texte vaut pour quelques scènes de vie (la constitution du gouvernement Balladur, par exemple, la conversation sur les canards, évoquées plus longuement que l'Irak), ce qui dérange ici c'est non seulement le parti pris de FOG, mais également sa manière de mettre l'accessoire au rang de l'essentiel. De ne parler que de choses qui n'ont pas d'importance pour la gouvernance, ou qui ne disent rien de nouveau. Au point où on en est de la déréliction démocratique et républicaine, parler de l'homme Chirac comme d'une merde enfonce encore un peu plus bas notre système dans la tombe, mais sans que personne s'en aperçoive.  Sans que cela soit dit, FOG apprend aux masses que la démocratie n'a jamais fait que se tromper, n'a jamais fait que s'en remettre aux mains de gens qui n'y croyaient pas un seul instant. La démocratie serait une pute un peu niaise qui ne monterait qu'avec des clients qui ne paient pas. 




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