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La littérature en exhibition : où, quand, pourquoi, comment... tout est là. Voir aussi toutes les expos chroniquées sur le mag Arts.
Une galerie des brouillons d'auteurs célèbresHésitations, argumentations et mise en forme : les brouillons apportent souvent des éléments clés pour comprendre la genèse d'une oeuvre. Pour en rendre compte, la BNF a ainsi consacré un site aux brouillons d'écrivains, à l'ère où l'ordinateur rend de plus en plus démodé l'usage de l'encre et du papier. Voici un diaporama de manuscrits d'écrivains, qui rappelle que la littérature relève d'un long et minutieux processus de recherche et d'écriture : la Comédie humaine ou La Nausée n'ont pas été écrites d'un seul trait. Le diaporama de l'exposition Art SpiegelmanMondialement connu pour sa série Maus, Art Spiegelman n'est pas seulement un graphiste et un conteur de génie, mais également à l'origine de la grande révolution des Comics américains. L'exposition Art Spiegelman présentée à la Galerie Martel (du 5 juin au 11 juillet) cherche à rétablir toute les facettes de cet artiste engagé.
Des illustrations de presse provocatrices aux croquis restés secrets, les oeuvres présentées à la galerie Martel retracent un parcours complexe et exceptionnel. Voici un diaporama consacré à Art Spiegelman. Exposition Art Spiegelman. Galerie Martel, du 5 juin au 11 juillet 2009. Vernissage jeudi 4 juin en présence de l'artiste.17, rue Martel - Paris 10e Plus d'infos sur le site de la galerie Martel Les Carnets d'artistes à Quimper : la littérature devant l'objectif Dans le cadre de la 29ème édition du festival "Mai-photographies" de Quimper, l’Association Atkinos propose deux expositions :- celle, en trois parties, de larges extraits de la collection du Mai-Photographies dans plusieurs lieux de la ville. - celle de 40 "Carnets d’artistes" à la Médiathèque des Ursulines à Quimper : chaque carnet est l'oeuvre d'un photographe, à qui l'on a demandé de créer un livre d'art inspiré de l'oeuvre littéraire de leur choix. L'expérience entend bousculer les frontières de l'art, et provoquer une rencontre inédite entre le livre, la photo et la sculpture. Animés par la puissance de l'écriture, 40 photographes ont ainsi revisité, à l'aide de leur objectif, les univers de grands auteurs, de Baudelaire à Kawabata, en passant par William Faulkner, Adolfo Bioy Casares, Nina Bouraoui... Parrains de la manifestation, les éditions Filigranes concrétiseront ce projet par une publication spéciale rassemblant les différents ouvrages. Une vidéo-projection et des lectures ajouteront leur grain de sel à cette édition de Mai-Photographie. Plus d'infos sur le site. CHAPITRE 29 / CARNETS D'ARTISTES Vernissage le samedi 30 mai 2009 à 17h à la Médiathèque des Ursulines, Quimper
Photo : Béatrice Roux, Les Quatre filles... inspiré des Quatre Filles du docteur March de Louisa May Alcott et des Trois Petits Cochons.
Voir aussi : Fans de Cormac McCarthy, rendez-vous au Texas... Alors que l'adaptation au cinéma de La Route est prévu pour le mois d'octobre aux Etats-Unis, l'Université de San Marco au Texas propose actuellement une exposition dédiée à l'écrivain Cormac McCarthy qui, en dépit du succès de ses œuvres, vit à l'abri en de toutes les lumières médiatiques. Les nombreuses archives réunies par l'exposition retracent la carrière exceptionnelle de McCarthy, depuis son premier roman, The Orchard Keeper (Le Gardien du verger, 1965), jusqu'à son œuvre inachevée - The Passenger, dont rien ne sera cependant dévoilé avant sa publication. Parmi les documents présentés, figurent notamment : le manuscrit de The Stonemason, une pièce écrite en 1994, qui évoque une famille afro-américaine vivant dans le Kentucky ; quatre scénarios, dont celui de No Country for Old Men, qui fut écrit en 1984 avant que l'écrivain n'en fasse un roman 20 ans plus tard. Ou encore : des cartes de Saltillo et de Zacatecas, qui ont sans doute servi à la rédaction de All the pretty horses (De si jolis chevaux, 1992) ; une correspondance avec un docteur qui fut intégrée par la suite à The Crossing (Le Grand Passage, 1994). Dans l'une de ses rares interviews (accordée ici au New York Times), McCarthy avait expliqué avoir choisi l'éditeur Random House pour son premier roman, uniquement parce que celui-ci était "le seul qu'(il) connaissait". Des lettres rédigées à l'époque témoignent d'ailleurs de la joie qu'il éprouva à voir son premier livre accepté... Dix romans plus tard, McCarthy est salué comme l'un des meilleurs écrivains de son temps, très justement comparé à William Faulkner - un autre "Southwestern Writers" - et lauréat du prix Pulitzer pour La Route (2007). La rumeur raconte qu'il serait actuellement en train de travailler à trois nouveaux romans. Le musée du Manga et le musée Tezuka au Japon : visite expressJean Giraud était il y a quelques jours au musée international du Manga de Kyoto pour l'inauguration de l'exposition "le monde moebiusien". L'exposition, pleine d'originaux de Moebius, pose une fois de plus le problème de l'exposition de la BD.
Le musée-bibliothèque de Kyoto Une exposition consacrée à un écrivain, c'est plus simple : on n'expose pas ses oeuvres, qui ne sont pas vraiment spectaculaires, on expose sa vie à travers quelques artefacts symboliques - des objets lui ayant appartenu, des photos, des lettres... Un auteur de BD, on a plutôt tendance à afficher ses planches originales et à s'en tenir là, comme si elles étaient des oeuvres à contempler à la manière d'un tableau. La planche originale, pourtant, ça n'est guère plus qu'un croquis : la véritable forme de l'oeuvre d'un auteur de BD, la forme finale, c'est la forme imprimée. La planche n'est qu'une étape intérmédiaire : l'intérêt de la planche exposée est finalement assez limité quand l'album est publié et accessible à tous.
La solution à ce dilemme choisie par le musée de Kyoto pour son exposition permanente, c'est de proposer au public une immense bibliothèque accessible à tous. C'est très bien, sauf qu'il manque alors à cette bibliothèque ce qui devrait en faire un musée : à l'exception d'une poignée de titres, tous ces mangas ne sont absolument pas mis en valeur, aucun contexte n'est fourni. Ajoutons à cela que la collection est finalement assez pauvre (que des mangas pour enfants et ados, rien d'alternatif ni "d'auteur") et l'expérience du musée du manga à Kyoto est finalement très décevante.
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Le Musée Tezuka : visions futuristes Pas si loin de ça, à Takarazuka, on trouve le musée Osamu Tezuka, consacré à l'oeuvre du "dieu du manga". Dans ce bâtiment impressionant, inspiré des visions futuristes de l'auteur et plein de statues du Phénix, d'Astroboy ou de Princesse Saphir, on a un peu l'impression de pénétrer dans un parc à thème. Le plus gros de l'exposition est au rez-de-chaussée où la vie de Tezuka est retracé dans une série de capsules qui présentent quelques planches originales de l'auteur au milieu d'autres artefacts comme ses dessins d'enfant, ses plumes favorites ou son légendaire béret. On a aussi droit à tout un tas d'écrans projetant quelques-uns de ses travaux animés (qui sont aussi tous accessibles à la demande via une grande base de données incompréhensible au non-japonisant), une immense bibliothèque, une salle de cinéma... Au final, la place accordée à ses planches est minime et ça n'est donc pas plus mal.
![]() A Angoulême devrait s'ouvrir le mois prochain le Nouveau Musée de la Bande Dessinée, qui promet beaucoup. Beaucoup d'originaux, beaucoup d'albums en lecture libre et beaucoup d'autres choses. Au final on ne saura pas vraiment à quoi ça ressemblera avant d'y être allé. On espère une expérience plus proche de celle du musée Tezuka que de celle du musée de Kyoto : plus qu'une bibliothèque, mais pas une fausse galerie d'art. Lire aussi : Babar élu frenchy préféré du New Yorker
Le sympathique pachyderme crée par Jean de Brunhoff en 1931 a séduit Adam Gopnik, auteur de l'article paru en septembre dans le New Yorker et intitulé Freeing the Elephants: what Babar brought. Et il n'est pas le seul : une expo à la BNF "Babar, Harry Potter & cie" glorifient ces héros d'enfance d'hier et d'aujourd'hui et Le Morgan library & Museum de New York expose les premiers dessins de l'éléphant par les Brunhoff père et fils (Laurent de Brunhoff, le fils, a repris le pinceau depuis les Etats-unis au lendemain de la guerre). Pour Adam Gopnik, francophile accompli - il a vécu à Paris pendant cinq ans - Babar est une figure faisant partie intégrante de l'inconscient collectif, tant sa lecture dans l'enfance est inoubliable. Au-delà de la virtuosité du dessin de Jean Brunhoff initié à la peinture par l'impressionniste James Tissot, Gopnik loue l'histoire allégorique de l'éléphant. A la question "faut-il brûler Babar?" - comme on a fait le procès en racisme et colonialisme de Tintin - l'auteur répond évidemment non. Bien que l'analyse de l'auteur chilien Ariel Dorfman de Babar au service d'une propagande impérialiste de la France ne manque pas de fond. Les "bons" éléphants civilisés - et habillés - sont renvoyés en mission civilisatrice dans leur terre originelle où l'animal qui résiste, le rhinocéros, reste nu et sera vaincu.
Enfin, Babar a surtout pour objectif d'être drôle. Et le simple fait qu'un éléphant adopte des comportements humains tend à parodier l'absurdité de ces comportements. Comme le nationalisme français et la marche à la guerre sont tournés en ridicule dans Le roi Babar (1933). En fait, Babar, c'est une parodie affectueuse de l'identité française telle qu'elle était et est toujours idéalisée. "A certain idea of France", finalement...
Source: the New Yorker Le manuscrit de Kerouac, on the road again Alors que le monde s'apprête à célébrer le cinquantenaire du grand roman beatnik de Jack Kerouac, Sur la route, le manuscrit dactylographié dudit roman va être exposé au Barber Institute de Birmingham, au Royaume-Uni.6 500 mots tapés par jour sur 400 mètres de papier Kerouac a écrit Sur la route d'une traite, sans un seul paragraphe et en trois semaines sur un unique rouleau de papier faisant près de 400 mètres de long. Le manuscrit appartient à l'américain Jim Irsay qui l'a acheté en 2001 pour la modique somme de 2,4 millions de dollars. Seuls six mètres du rouleau seront exposés dans une vitrine spécialement réalisée sur mesure. Le professeur Dick Ellis, conservateur de l'exposition "Jack Kerouac: Back on the Road", se réjouit d'avoir décroché le gros lot : être choisi pour exposer ce "manuscrit iconique". Pour lui, ce rouleau témoigne de "l'énorme effort que Kerouac a consacré à sa composition. C'était vingt jours d'écriture, à raison de 6 500 mots tapés par jour. Il voulait retranscrire les choses avec le plus d'acuité possible en usant une technique d'écriture spontanée. Sa machine à écrire est devenue un instrument de composition." (...) "comme un instrument de jazz, un saxophone." Pas radin, l'heureux propriétaire du rouleau "sacré" l'a laissé pas mal bourlinguer en Amérique et aujourd'hui en Europe, à Birmingham jusqu'au 28 janvier. A cette date, le manuscrit reprendra la route. Et parce que toutes les routes y mènent, il rejoindra Rome .
Source: The Guardian Des manga à Branly
La grande classe ouvrièreLes P'tits Lu, vous vous rappelez ? Non pas les gâteaux de votre enfance, on n'est pas du genre à faire v
ibrer la fibre régressive dans ces colonnes. Les p'tits Lu c'étaient les salariés qui les fabriquaient ces petits gateaux , notamment du côté de Ris Orangis en banlieue parisienne jusuq'à ce que l'usine ferme. Une histoire de restructuration et de salariés dégoûtés, de procédures judiciaires marathon et perdues d'avance . Une histoire comme on en raconte chaque semaine au JT. Et que raconte l'exposition "du beau travail, paroles et visages des p'tits LU au théâtre de l'Agora à Ivry (illus.). Alexis Cordesse les a photographiés notamment lors de leurs barbecues devant l'usine, un rendez-vous hebdomadaire qui a duré pendant trois ans. L'histoire de gens qui ne voulaient pas disparaître. Cette disparition les medias l'ont depuis longtemps décrétéé et ne s'intéressent plus à la classe ouvrière (groupe toujours majoritaire dans la population active) autrement que sur le mode dépressif. La publicité estime que pour vendre mieux vaut mettre en scène des cadres super cools qui enlèvent leurs cravates avant de sauter dans leur 4*4. Côté cinéma, la dernière édition de Bobines Sociales à Paris a surtout montré que les derniers films sur la représentation ouvrière ont été tournés dans les seventies. Et à part dans quelques fictions récentes (le couperet, ressources humaines) l'ouvrier a pour l'essentiel quitté les écrans. Et la littérature ? Justement, c'est la question que poseront Joël Egloff et Aurélie Filippetti élue parisienne et auteur des derniers jours de la classe ouvrière (décidément) demain au café littéraire toujours organisé par le théâtre de l'Agora à Evry à 19 h. L'exposition est visible jusqu'au 15 avril. Pasolini souverain
J'ai pris sur mon temps de déjeuner pour aller faire un tour à la mairie du Xe arrondissement à Paris (72, rue du Faubourg Saint-Martin) où se donne actuellement une expo photo consacrée à Pier Paolo Pasolini. Je ne suis pas objectif avec Pasolini et j'ai probablement tort de le considérer comme le plus bel écrivain du XXe siècle mais ces photos sont aussi sublimes que ce qu'il écrivait à l'époque : le roman inachevé Pétrole. D'après la plaquette publicitaire de l'exposition, le photographe, Dino Pedriali, est un spécialiste du "corps masculin". Il a photographié des gens comme Rudolf Noureev ou Andy Warhol, ce qui vous marque un homme. C'est plus ou moins Pasolini qui lui a mis le pied à l'étrier (et probablement pas que le pied) en l'introduisant dans sa maison de Chia, pour lui faire prendre les clichés qui sont exposés ici pour la première fois. Pedriali avait pressé PPP de poser pour lui quelques mois avant puis c'était l'écrivain qui l'avait relancé et proposé ce "shooting" chez lui. Les photos devaient servir à illustrer Pétrole, qui aurait été le premier matériel multimédia populaire si l'auteur n'était mort peu après. L'originalité de l'exposition, c'est qu'elle concerne uniquement Pasolini l'écrivain et pas le peintre ou le cinéaste. Et Pasolini l'écrivain est ce qu'il y a de plus beau à voir. Il n'a pas ce côté ridicule et sérieux du réalisateur, ce côté bohème du peintre. L'écrivain est parfait dans ses expressions, on sent l'inspiration qui lui coule dessus comme une lumière, qui lui entre par les oreilles et ruisselle jusque dans ses poignets. Il y a bien quelques photos débiles où il lit un livre la bite à l'air mais globalement c'est très bien. Je vais y retourner une fois par semaine comme au temple. C'est gratos. (et http://www.pasolini.net est toujours un chouette site). Angoulême live : BD et InternetA peine débarqué à Angoulême (comprenez le "vrai" monde avec des bandes dessinées réalisées sur support physique) que la thématique "Internet et Bande Dessinée" nous saute déjà à la figure. L'exposition "Coconino World" - sous titre : "Un monde d'image au milieu du Web"- présente une sélection de planches et de dessins de presse, d'abord numérisés et publiés sur Internet, puis sous forme physique. Clairement un retour d'ascenceur de la part du réseau, un nouveau pas dans la direction d'une mémoire par le web, qui va même, dans le caractère noble de l'exposition, jusqu'à rendre hommage à certains illustrateurs injustement oubliés des encyclopédies bédéastes. Le britannique George Cruikshank, les américains T.S Sullivan (illus.) ou Harry Grant Dart, sont mis à l'honneur, exposés dans leur format originel grâce au travail de répertoriage du réseau. Une façon de réaffirmer la survivance du concret, sans minimiser l'utilité (comme ici, vitale) de la dématérialisation. Le Bazar de Payram![]() ![]() - Bazar c'est un livre/objet recélant une série de photographies (soixante), prises dans le bazar de métaux de Damas, en Syrie, par le photographe Payram. - Et cela signifie quoi "livre/objet" ? - Cela signifie que le fond et la forme ont été pensés pour qu'il y ait dialogue entre les deux. - En somme, l'harmonie du contenu et du contenant ? - Exactement. - Donc, le contenu c'est la série de photographies. Mais le contenant ? - Et bien le contenant il est l'oeuvre des Editions In Libris. - Les lilliputiennes Editions In Libris ? - Oui. On dit "lilliputiennes" parce qu'elle est composée de deux holibrii mais ce qu'il faut ajouter c'est que les deux compères, Julien Martial à la Haute-Couture, à savoir la reliure, et Victor Ede pour l'édition, ont un certain talent. - Et concrètement, il se présente comment ce "livre/objet" ? - Concrètement,...Ttt. T'en as de bonnes toi. Quelle idée d'employer ce vocabulaire à propos d'un livre qui invite à la poésie, à l'errance. - Rien que ça. - Oh si ce n'était que cela. Mais, Bazar, avec ses séries proches d'un montage cinéma, donne même à entendre le martèlement des outils frappant le métal. - C'est un portrait en fait ? - Exactement, un portrait du bazar de métaux de Damas. Bazar 500 exemplaires, 60 photographies en offset, sortie en novembre 2005. 75 Euros. Vernissage Exposition photographique de la série Bazar ce mardi à partir de 18h et jusqu'à 22h, chez Picto Bastille, 53 bis rue de la Roquette (Paris 11e). Exposition chez Picto Bastille jusqu'au 15 décembre. Pierre Verger, l'antipornographe
Dans un entretien publié récemment sur Flu, le cinéaste Jean-Pierre Gorin regrettait le développement de la pornographie à la télévision et ses conséquences sur les régimes d'images aujourd'hui. Par pornographie, il entendait non pas une débauche explicite de sexe, mais un tournage qui va "au plus centré, tout de suite". "On perd quelque chose d'essentiel, là", ajoutait-il, espérant que l'ordinateur et la multiplication des couches d'expérience qu'il induit - les diverses fenêtres logiciel ou web ouvertes sur l'écran - allaient permettre de recréer une profondeur de champ.Pierre Verger, a contrario, c'est un peu l'antipornographe. Alors que le photographe-ethnologue mort en 1997 fait l'objet d'une expo au Jeu de Paume-site Sully, il est urgent de rouvrir son Dieux d'Afrique paru en 1995 aux éditions Revue Noire. L'ouvrage rend compte des continuités du culte yoruba en Afrique occidentale et au Brésil, textes et photos à l'appui. Mais là où on attendrait que la photo "documente" l'image, elle donne au contraire à voir bien davantage que le seul objet ethnographique dont il est question. Toutes prises en format 6x6, les images carré sont constamment décentrées, laissant apparaître derrière les danseurs, tambours et autres objets de culte, une riche matière graphique (sable, mur, pierre...) qui donne de la profondeur à l'image et fait toute la densité du cliché noir et blanc. Par comparaison, les textes, descriptifs, semblent un peu plats. On se dit alors que le Jeu de Paume a bien fait de ne présenter que les photos de Pierre Verger, puisque ce sont essentiellement elles qui produisent le sentiment de connaissance et de rencontre avec la société visitée. Dieux d'Afrique peut être considéré comme un catalogue de substitution de l'exposition, qui se termine dans quelques jours et qui, hélas, n'en dispose pas. Dieux d'Afrique Pierre Fatumbi Verger éd. Revue Noire, 1995 (p.s. : une discussion comparable sur le centré-décentré en photo sur ce fil : c'est la même question, même si ce n'est pas le même sujet...) Retour de Montreuil (3) : collection vérité
Troisième et dernier épilogue consacré au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil achevé dimanche soir dernier. Sur le mode de la surprise, parce que rien à voir avec la forme désormais classique de l'édition jeunesse qui fait mouche auprès des grands, à base de textes courts et d'illustrations tendance et drôles. Là, c'est à la fois plus simple, plus franchement pédago mais aussi plus inattendu. Juste un texte bref, réduit à sa forme la plus épurée d'un récit à la première personne, sous forme d'interview. Un livret cartonné d'une dizaine de pages à déplier, et quelques mots du texte en plus fort, en plus gras. Et une série de photos de différents formats, le tout rendant compte d'une expérience personnelle et faisant replonger dans un lieu, dans une époque, mieux que tout autre objet. Plusieurs petits livres remarquables dans cette collection "la vérité" des éditions Fremok : celui sur les "castors" (ouvriers construisant leurs propres maisons dans les années cinquante), celui sur Léon Zyguel, survivant de la Shoah, et surtout le magnifique ouvrage de Kamel Khélif (illus.) sur les bidonvilles de Marseille : Cité Bassens, traverse de mazout (1997). Très ancré à gauche, très rouge dans sa culture, mais très subtil dans son écriture et surtout très beau.Retour de Montreuil (2) : Peter Pan (J.M. Barrie / Susanne Janssen)
Un des plus beaux ouvrages vus sur les étals à Montreuil la semaine dernière : Peter Pan, le texte original de J.M. Barrie illustré par Susanne Janssen, paru l'hiver dernier aux éditions Etre. C'est toujours une gageure pour un illustrateur de s'attaquer à un conte déjà largement passé dans l'imaginaire collectif contemporain du fait des productions ciné des studios Disney. Susanne Janssen s'en tire pourtant à merveilles. Là où l'iconographie Disney s'ancre dans un certain réalisme, elle prend au contraire le parti d'un dessin délibérément onirique, où les corps des personnages et des animaux convoqués par le récit se découpent, se mêlent et se juxtaposent les uns aux autres sur fond de grands à-plats sombres, sans respect des échelles. L'édition elle-même est somptueuse, réservant aux planches ocre-bordeaux-vert de Susanne Janssen des doubles pages pleines qui s'intègrent fort opportunément au récit de Barrie. L'ensemble forme sans nul doute un des très beaux livres à acquérir du moment. Retour de Montreuil (1) : flblbLe Salon du livre et de la presse jeunesse s'est achevé hier à Montreuil. Pour y avoir passé l'après-midi de dimanche, j'y ai fait quelques découvertes. La première d'entre elles, c'est la maison d'édition poitevine flblb. Drôles, richement illustrés, un brin sarcastiques (voire réducteurs, pas grave, c'est leur côté Attac), ses ouvrages se situent souvent à mi-chemin entre le pamphlet, le conte, la bédé et l'éducation politique. Outre ses désopilants flip-books, on pourra consulter en ligne de belles séries de planches, dont celle consacrée à un nouveauté assez poilante, la Petite histoire du grand Texas de Grégory Jarry et Otto T (illus.). Alchimie du goût Ah ! la France... ses terroirs, ses bons produits, ses sympathiques producteurs aux savoir-faire ancestraux... Rien de tel que de partir à la découverte de ce qu'on fait peut-être encore de mieux en France, la bonne bouffe bien de chez nous. Le deuxième festival Les Mots du Goût (.pdf), qui a lieu ce week-end à Billom (Puy de Dôme) propose un Salon des auteurs du gôut, des concours, des animations, des ateliers pour apprendre à mettre des mots sur les impressions de nos papilles. Organisé dans le cadre du 8e salon des Sites remarquables du goût, cette manifestation met un peu de poésie dans notre activité préférée : bien manger.
Salon du livre et de la presse jeunesse : J-1(Spécial copinage !) Claire Degans sera probablement l'une des illustratrices les plus attendues au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil, qui commence demain. Christian Bourgois, éditeur aux grandes oreillesPosté par Sandor le 02.11.05 à 21:40 | tags : centre pompidou, christian bourgois, édition, exposition
"Moi, j'ai toujours pensé qu'un éditeur est quelqu'un qui écoute encore plus qu'il ne lit, qui écoute des gens en tête-à-tête - c'est pour ça que je n'aime pas les comités de lecture". L'auteur de ces paroles, je l'avais découvert il y a une douzaine d'années, quand je commençais à quitter les hypermarchés de banlieue pour passer quelques soirées théâtrales à Paris (allez, j'avoue : c'était Gorki). Le théâtre, j'y suis pas beaucoup retourné depuis mais lui, je ne l'ai jamais vraiment quitté. Bizarrement, alors que son catalogue est plutôt rempli de romans américains, chinois, italiens ou russes, ce sont surtout les textes de musiciens qui au fil des années m'ont intéressé chez lui. Ceux-ci s'accumulant au pied de mon lit, j'ai fini comme tant d'autres par avoir mon histoire perso avec cette maison d'édition désormais quadragénaire, et à laquelle la BPI-Centre Pompidou consacre, jusqu'au 16 janvier, une alléchante exposition.Francfort : ses saucisses, ses livres...
La grand-messe internationale des éditeurs s'est terminée à Francfort dimanche dernier. Sans grande nouveauté a posteriori. Un aperçu en ligne ici.
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