|
l'actualité de la maison d'édition la plus présente dans notre bibliothèque, Editions de l'olivier
Coup de coeur de la rentrée: Charles Bock, un gars bien Alors que tout le monde parle du Netherland de Joseph O'Neill (" le livre de chevet de Barack Obama ! "), j'ai bien peur que les critiques de rentrée littéraire passent à côté de Les Enfants de Las Vegas de Charles Bock, qui paraît aujourd'hui à L'Olivier. Peur parce que pour un premier roman, Bock n'a pas lésiné sur l'ambition, ni sur l'ampleur et la difficulté. Et il a eu raison ! Les Enfants de Las Vegas est un roman exceptionnel, de ceux qui marquent la littérature américaine de son empreinte comme ont pu le faire en leur temps des livres comme Last Exit to Brooklyn, Moins que zéro ou Génération X. La différence ici, c'est que Bock ne s'embarrasse pas de la hype ou de l'aspect générationnel justement. Il faut le dire, Les Enfants de Las Vegas est un roman complexe, plein de ce que j'appellerais de " l'empathie négative ". Ses personnages (très nombreux) sont peu aimables et s'y attacher demande un certain effort, comme dans la vie. On fini par les aimer pour leurs défauts, autant que pour le peu de qualités qu'ils laissent apparaître. La structure même du roman pourra sembler absconde pour certains lecteurs. Que cela ne les empêche pas de tourner les pages et de finir ce livre magnifiquement désespéré. Comme tous les (encore) jeunes écrivains, Charles Bock est aimable, ouvert à toutes les questions. Pour un journaliste qui aime son métier, recevoir son interview est un vrai bonheur ! Et ce sera un bonheur encore plus grand de savoir que vous allez bientôt le lire. Bref, vous l'avez compris, Les Enfants de Las Vegas est mon coup de coeur de la rentrée littéraire 2009. Surveillez le de près. Lire la chronique des Enfants de Las Vegas et l'entretien avec Charles Bock sur Fluctuat. Michal Witkowski et le roman pédé
Lubiewo est le premier roman de Michal Witkowski, jeune trentenaire polonais, gay revendiqué et critique littéraire (nous dit sa courte biographie) dans plusieurs journaux mainstream (j'entends par là, non "communautaires") polonais. Editions de l'Olivier - 358 pages
Jonathan Franzen vous souhaite la bienvenue dans sa zone d'inconfort
Jugez plutôt : le jeune Jonathan a été élevé dans le Missouri et parle peu des névrosés de la côte Est (ou Ouest), a fréquenté avec enthousiasme des clubs de scouts chrétiens, étudié l'allemand et nourrit une passion particulièrement diserte et vraiment passionnante pour l'ornithologie (si, si). Le pitch ? Alors qu'il visite une dernière fois la maison familiale promise à la vente, Franzen déroule ses souvenirs adolescents, premières émois sexuels, cavalcades débiles avec les potes, expérience de la honte familiale, etc... Rien de bien original dans son propos, et pourtant, en six chapitres qui se lisent comme autant de brèves nouvelles, l'auteur des Corrections offre un livre particulièrement émouvant conçu comme un "pré-roman" : thèmes personnages et événements sont au rendez-vous sans que l'écrivain n'ait encore trouvé le liant qui en ferait une bonne grosse fiction agencée et rassurante. Et c'est précisément cet aspect inabouti qui lui permet de sublimer la commune chronique des jours perdus en une réflexion autrement troublante sur l'intimité dévoilée. Sur ce qu'implique le fait de se dire et de ne pas y arriver. Franzen y est maladroit jusque dans la description de sa maladresse, de sa gaucherie.
Car l'auteur ne manque ni d'inventivité ni de puissance d'évocation et a justement les défauts de ses qualités : érudit et ambitieux, il est régulièrement beaucoup trop bavard et Les Corrections pâtissait de ce que voulant à tout prix maîtriser totalement son ouvrage, il allait jusqu'à sacrifier inutilement certains personnages sur l'autel de ses pesantes démonstrations. On croyait lire un chirurgien méticuleux et on subissait finalement 700 pages de la prose d'un artificier surdoué. Cette fois Franzen laisse intact ce qui résiste. Conscient qu'il y a ce que disent les mots et ce qu'ils cachent. Que la littérature a autant à voir avec le fait de dire que celui de taire. Dans la zone d'inconfort il n'y a pas de place pour le show. On veut donc croire que l'auteur a moins échoué dans une entreprise autobiographique que réussi à créer une forme fidèle à ce qu'est toute histoire personnelle racontée : la quête nécessaire et forcément ratée du sens à travers la reconstitution hasardeuse de sa vie.
Jonathan Franzen Editions de l'Olivier
Rachel Cusk et les desespérantes housewives
![]() Au moment où on dépouillait les programmes de rentrée ( en juin), Arlington Park nous inspira la plus grande sympathie : un écrivain anglais que la prestigieuse revue Granta considérait comme l'une des plus plumes les plus prometteuses du moment, recompensé par des prix littéraires respectables, publiait un ouvrage décrivant l'enfer pavillonnaire vécue par des Desperate housewives anglaises avec le talent de Virginia Woolf. Outre qu'il serait raisonnable d'arrêter de voir planer l'ombre de Virginia Woolf dès qu'un ouvrage féminin et féministe possède quelques qualités, comparer Arlington Park à la série américaine est une erreur : Desperate ne brille pas par la qualité de son étude de moeurs - ce que Cusk réussit en partie. Pourtant Cusk ne manque pas de talent, et notamment de celui de portraitiste. Singulièrement pour décrire la violence potentielle que les femmes du livre réfrènent et qui est assez flippante. C'est la lucide Juliett Randall qui estime qu'au final "tous les hommes sont des assassins" même son bien inoffensif professeur d'époux.
On attend juste que la pluie qui bat sans cesse finisse par tout dévaster. Comme dans les vieilles pubs du chocolat Crunch où le monde en carton s'écroulait quand on croquait la tablette. La subtilité de l'auteur n'empêche pas qu'après avoir étrangement suffoqué on finit par s'ennuyer. Comme si on lisait son livre dans un de ces pavillons mortels, par un après-midi de pluie, à Arlington Park. Arlington Park
Divisadero de Michael Ondaatje : un fragment de bon livre
Corps volatils, le bon roman névrosé
Si l'île Maurice m'était contée...Posté par Solaris le 06.08.07 à 09:36 | tags : éditions de l'olivier, extrait, rentrée littéraire, roman
Retrouvez l'intégralité de la chronique sur Le dernier frère. En vacances avec Hawes pour le meilleur et pour l'EmpirePosté par Myosotis le 10.07.07 à 10:41 | tags : editions de l'olivier, extrait, lectures de plage, roman
"Marley regarda autour de lui, glacé d'épouvante. Il s'aperçut qu'il était étendu sur un vieux lit de camp métallique dans un coin d'une grande baraque en bois. A côté de sa tête, fixée au mur de planches, une affiche encadrée montrait des bombardiers en action. "Les briseurs de barrages reviennent... forts commme Vulcain !", y était-il écrit en grosses lettres, tandis que, en plus petit, on vantait l'armement de l'Avro Vulcan (...) ainsi que ses performances. A l'autre bout de la baraque, une petite estrade. Au dessus de celle-ci, au milieu, deux cannes de bambou croisés servaient de hampes à deux drapeaux exactement de la même taille, l'un britannique et l'autre australien, dont les rouges avaient viré au rose et les intenses bleu marine au bleu ciel, comme des fanions effilochés et roussis de régiments depuis longtemps absorbés ou dissous, pendus dans l'air stagnant et poussiéreux et sentant l'encaustique d'une petite église de la campagne anglaise. Entre ces deux drapeaux, trônait un portrait défraîchi de la jeune reine Elisabeth en compagnie de son fringant duc d'Edimbourg, et, au dessous, une plaque commémorative en bois gravé et très orné couverte de noms. Marley se tourna vers la porte ouverte, où la jeune femme se tenait dos à lui, face à la lumière vaporeuse du soleil, appuyés, bras croisés, au chambranle. Derrière elle, à l'extérieur, il découvrit une plaine ensoleillée, une savane sans relief d'à peine plus d'un kilomètre de largeur, bordée de hautes falaises. (..) Sous ce drôle d'éclairage, Marley distingua en clignant des yeux un petit complexe de baraques de bois, et à une vingtaine de mètres de la porte, la moitié de ce qui était manifestement une paire de poteaux de rugby. La femme se retourna vers lui, toujours appuyée au chambranle, et sourit. Les bouclettes de ses cheveux blonds scintillèrent dans le halo terne qui entourait ses petites oreilles, et des pointes de bleu firent rire ses yeux. - On se réveille, Jungle Jim ?, lança-t-elle." Le roman de James Hawes est sans nul doute LE LIVRE QUE VOUS DEVEZ EMMENER POUR LES VACANCES, le plus drôle, le plus intelligent et le plus imaginatif. Marley, un quadra looser à la dérive embarque pour un Koh-Lanta hardcore en pleine jungle et échoue, dernier candidat vivant, .... dans une colonie britannique formée, il y a 50 ans, après le crash d'un avion au-dessus des montagnes. Leçon de survie, d'humour, de sensualité, Pour Le Meilleur et Pour l'Empire est une satire glorieuse des médias, du monde politique et de sa mise en scène des valeurs, mais aussi une réflexion pertinente sur ce qui fonde nos sociétés. Pour le Meilleur... se lit aussi à partir de 15 ans, sans aucun souci de compréhension. Il est tout à fait désigné pour les lecteurs exigeants et qui n'ont néanmoins pas envie de se faire des noeuds au cerveau sur leur drap de bains. Vous voyez qui et ce que je veux dire... NB EW : cette notule est la première d'une série sur les lectures de plage les plus stimulantes. Outre l'oeil exercé de nos collaborateurs, cette série profitera également des lumières de nos lecteurs qui peuvent faire part de leurs conseils (argumentés) en cliquant sur ce lien. Le lard bleu de Vladimir Sorokine
Roman difficile d'accès, le Lard Bleu est un salvateur exercice de fiction qui sous ses airs désinvoltes et burlesques, propose un contenu politique incandescent et réellement subversif. L'éditeur prend soin de rappeler sur la 4ème de couverture les réactions polémiques qui ont suivi la sortie du bouquin : les poursuites judiciaires et les persécutions du méchant Poutine. Par delà ces anecdotes (qui n'en sont pas évidemment), le roman vaut avant tout pour l'effet de saisissement qu'il produira sur tout lecteur normalement constitué. La surprise pourra laisser place selon son "profil psychologique" à de la fascination et à de la jubilation (si on aime) ou à de l'incompréhension et de la stupeur (si on aime pas). Je ne suis pas certain d'avoir moi-même choisi mon camp.
Cormac McCarthy : Au coeur des ténèbresPosté par Maxence le 22.01.07 à 12:28 | tags : éditions de l'olivier, extrait, polar, rentrée littéraire, roman
Tiré de Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme, ce monologue désabusé fait parti des chapitres intermédiaires qui rythment le nouveau et impitoyable roman du très grand Cormac McCarthy. Une mise en bouche en forme d'avertissement. En effet, il y a des gens, comme des pays - et des livres - avec lesquels il ne faut parfois pas trop frayer (ou alors, à ses risques et périls...) On en reparle très vite sur Flu', le mag. Cormac McCarthy - Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme (Editions de l'Olivier) New York City BluesPosté par Easywriter le 25.08.06 à 12:44 | tags : éditions de l'olivier, gallimard, rentrée littéraire, roman
C'est la lecture du dernier Rick Moody (et une note des Inrocks soyons honnêtes) qui nous a soufflée l'idée. Cinq ans après Le 11/09, New-York est au coeur de plusieurs romans US de la rentrée. Dans Le script donc, Moody choisit la grosse pomme comme décor principal de son ambitieu roman.La ville y est « une gigantesque entreprise de propagande » qui concentre toutes les nationalités et autant d'histoires. A la fois roman urbain et épopée, le script croise le quotidien d'une dizaine de personnages -dont la plupart bossent dans le milieu de la production audiovisuelle – et l'histoire des sourciers à travers les siècles, sujet d'un feuilleton improbable et déjanté dont le scénario disparaît. Mais c'est bien à New-york qu'aboutit la longue histoire des sourciers, où se déroule la phase ultime , l'aboutissement crépusculaire : la spectularisation de leur mission divinatoire par l'industrie culturelle. Grâce aux trajets de différents protagonistes – un chauffeur de taxi, un coursier schizophrène – Moody décrit un New-York labyrinthique et démentiel où cohabitent la vacuité d'une époque marchande et la rémanence des puissants mythes des civilisations qui nous ont précédé. « Elles sont hideuses. Pareilles aux poteaux téléphoniques ét lectriques qui hachurent la belle campagne, elles jaillissent, sorties de nulle part, et imposent leur présence (...) Les tours ne vous donnent pas envie de composer un sonnet. Elles ne vous donnent pas envie de danser. Elles vous donnent envie de rédiger une analyse coûts bénéfices. » Voilà ce qui dit Vanessa Meandro à propos des Twin Towers d'avant le 11/09. "Une ville pour insomniaques "qui pourrait être le bout du monde. Et signer la fin de tout espoir possible. Comme dans le dernier Jonathan Safran Foer,-New-Yorkais pur sucre qui signe dans le New yorker, le New york times et habite à Brooklyn - où un jeune garçon sillonne Manhattan à la recherche de son père disparu dans l'effondrement des tours et entrera dans l'intimité de parfaits inconnus. ![]() Nicole Krauss dans L'histoire de l'amour retrace sur le mode nostalgique de son personnage Léo Gursky un New-York idyllique et disparu. Enfin Jonathan Lethem -dont on ne dira rien vu qu'on l'a reçu ce matin – met en scène dans Forteresse de solitude le Brooklyn de deux enfants dont il narre trente ans de la vie. Une manière de lire ces livres est évidemment d'y chercher les allusions au 11/09 même si pour ce qu'on en a lu jusqu'ici, leurs histoires se suffisent à elles-mêmes. Dans le mag ciné, lisez le dossier le 11/09 au cinéma. La critique de le script de Rick Moody dans le mag livres. Jonathan Lethem, forteresse de solitudePosté par Easywriter le 24.08.06 à 15:11 | tags : éditions de l'olivier, extrait, rentrée littéraire, roman
" C'est comme ça qu'ils jouaient, Dylan faisait tomber le cerceau en plastique un millier de fois. Marilla chantait pour l'encourager, Oh baby, give me one more chance, I want your back. Elle frappait l'air de ses poings. Et Dylan de se demander, coupable, pourquoi ce n'était pas plutôt les deux blanches sur leur patins qu'il l'avaient réclamé. La conscience de ce voeu hérétique fut sa seconde blessure. Ce n'était pas comme le chaton mort : cette fois-ci personne ne se demanderait s'il avait d'abord compris pour oublier après. Il n'y avait que lui."Ca va commencer à être gênant de toujours encenser les éditions de l'Olivier, mais outre le script de Rick Moody, le dernier Jonathan Safran Foer et le Bambi Frankenstein de Jean Hubert Gailliot, la maison d'Olivier Cohen publie également Forteresse de solitude de Jonathan Lethem. L'américain signe avec ce troisième ouvrage traduit (après Alice est montée sur la table et les orphelins de Brooklyn) une autobiographie spirituelle qui retrace trente ans de la vie de deux enfants Mingus et Dylan à Brooklyn. Dans les Inrockuptibles, Raphaëlle Leyris - chroniqueuse généralement très pertinente - estime que la langue de Lethem est d'une aisance "don-delilloesque". Il y est question de l'enfance, de crack, des Jackson Five et d'Orchestral manoeuvre in the dark. Trois bonnes raisons - parmi d'autres - d'y revenir bientôt. Forteresse de solitude Jonathan Lethem Editions de l'Olivier Bambi Frankenstein de Jean-Hubert GailliotPosté par Easywriter le 21.08.06 à 16:56 | tags : éditions de l'olivier, extrait, rentrée littéraire, roman
"Parmi vous, certains se rappellent sans doute du calamiteux voyage qui s'était conclu, en 1999, par mon admission dans le service de traumatologie du docteur Sanger à l'hôpital central de Malaga. Quelques-uns se souviennent peut-être aussi des conditions dans lesquelles j'avais été amené à déménager un an plus tard, mi-contraint mi-consentant, encore recouvert de toutes mes bandelettes, en tant que «sujet d'étude spécial» dans les bagages du docteur, qui venait de créer le Heartbreak Hotel, une clinique de psychiatrie expérimentale associée au parc culturel L'Hacienda, à Las Cruces, New Mexico. J'y suis resté sous traitement continu - au contraire de mes camarades plus célèbres, en permanence relié à l'une des petites boîtes noires conçues jadis par Meg Patterson et modifiées par le doc en vue d'accomplir son dessein messianique - jusqu'à une date récente." Jean-Hubert Gailliot s'intéresse à Mickael Jackson (la redac musique de Flu aussi). Comment restaurer l'image du Roi de la Pop ? C'est la mission que les avocats de l'artiste confient à Jean-Hubert, pensionnaire momifié de l'Hacienda. Bientôt on aura un avis sur ce livre. Parce qu'on a un avis sur tout. Mise à jour : la chronique de Bambi Frankenstein Bambi Frankenstein Jean-Hubert Gailliot Editions de l'Olivier. Jonatha Safran Foer : extrêmement fort et incroyablement prèsPosté par Easywriter le 11.07.06 à 13:10 | tags : éditions de l'olivier, extrait, rentrée littéraire, roman
"J'abordais les gens pour leur demander s'ils savaient quelque chose que j'aurais du savoir, parce que des fois papa mettait au point les expéditions de reconnaissance de manière à ce que je doive parler aux gens. Mais tous ceux que j'avais abordés m'avaient simplement regardé d'un air de dire Hein quoi qu'est-ce ? J'avais cherché des indices autour du réservoir. J'avais lu les moindres affiches placardées sur mon arbre ou un réverbère. Examiné la description des animaux du zoo. J'avais demandé à ceux qui faisaient voler un cerf-volant de le redescendre pour que je puisse l'inspecter, alors que je savais que c'était improbable. Mais papa pouvait très bien pousser la ruse jusque là. Il n'y avait rien, ce qui était assez déplorable, sauf si rien était un indice. Rien était-il un indice ?"A la rentrée, deux romans ont pour narrateur un enfant : Julien Parme de Florian Zeller et Extrêmement fort et incroyablement près de Jonathan Safran Foer. A votre avis lequel est le meilleur ? Blague à part, le roman de Safran Foer à paraître fin août met en scènes les tribulations géographico-existentielles (non ça ne veut rien dire) d'un gamin de neuf ans, un an après la disparition de son père dans l'attentat du 11 septembre. Après Tout est illuminé, un nouveau livre sur la mémoire impossible, avec les allers-retours dans le temps et le recours à la fiction pour pallier cette défaillance. Touffu et généreux, le livre de Safran Foer s'annonce -comme son précédent - bourratif et utilise parfois des procédés stylistiques pénibles. A la rentrée, il devrait être à nouveau surestimé. Par prudence on va finir de le lire. Extrêment et incroyablement près de Jonathan Safran Foer. Editions de l'Olivier. Tout est illuminé est disponible en Points Seuil. Rick Moody : le scriptPosté par Easywriter le 10.07.06 à 12:34 | tags : éditions de l'olivier, extrait, rentrée littéraire, roman
"Quand il pousse la porte du bar d'en face, il sent la gratitude se dérouler en lui, des mètres et des mètres de gratitude. Il a expulsé les poisons; il a vécu une sage interaction humaine. Dans le bar, sur un tabouret, la géniale mulâtresse se balance, une jambe mince tendue jusqu'au sol, reprend son équilibre. Elle ressemble à un couteau à cran d'arrêt. Il y a de nombreuses inconnues chez la géniale mulâtresse et il faut qu'il cesse de l'appeler ainsi. (...) Si c'était dans un script on dirait : ils échangent un rapide baiser choc frontal ou un baiser pareil au douc clapotis des vagues dans un marais salant ?"Après le roman de la dépression (à la recherche du voile noir) voici le livre de la maniaquerie, de l'obsession de la vacuité, décrites par l'impitoyable et lyrique Rick Moody. Quoi de mieux que le petit monde inculte et névrosé de la télé pour interroger la psyché contemporaine ? Pas sûr que le script soit le meilleur ouvrage de l'auteur, mais un Moody moyen c'est déjà une excellente nouvelle. On en reparle autrement que comme une sale groupie dans quelques semaines. Le script. Rick Moody. Editions de l'Olivier. Parution fin août. Mise à J : La chronique de le script dans le mag livres. |
Discussions en cours sur le forum livres :
|