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Chamaille politique en librairie ?Depuis la dernière élection présidentielle, et depuis aussi que tout le monde est devenu "people", des dirigeants bedonnants aux starlettes sans carrière, les livres politiques se sont installés massivement en librairie. La publication d'un livre s'inscrit désormais dans une stratégie plus globale de pouvoir. Une couverture avec sa tête dessus, des pages d'aveux qui rendent humains, des idées exposées noires sur blanc, l'illusion de proximité que procure l'acte individuel de lecture : de quoi créer sans doute de la valeur ajoutée sur un personnage public. Exemple avec deux cas PS, qui choisissent chacun de sortir un livre d'entretien avant l'été.
Après l'élection présidentielle, Ségolène Royal avait déjà publié un livre : Ma plus belle histoire, c'est vous. Ça sonne comme une jolie chanson française d'antan. C'est presque ça. Paru chez Grasset, l'ouvrage s'est classé parmi les meilleures ventes d'ouvrages politiques. Dans ce cas, pourquoi le même éditeur se priverait-il d'en sortir un autre ? Ségolène Royal annonce en effet pour fin juin un livre de réflexion avec Alain Touraine, l'auteur de Penser autrement (Fayard). Celui-ci reviendra sur des grands thèmes de société, sur lesquels réagira l'ex-candidate, en cherchant à leur donner une "dimension politique opérationnelle".
Question : où, quand et comment lire un ouvrage politique, signé Delanoë ou Royal ? Dans les transports ? Sur la plage ? Au lit ?
Retrouvez l'actualité des livres politiques sur le blog politique. Le malaise chinois, dans l'édition aussi... Depuis quelques temps, la Chine est redevenue Le monstre à redouter, et dont chacun cherche à décrypter la trajectoire passée et à venir. L'arrivée des Jeux Olympiques à Pékin a eu le mérite de médiatiser un débat de longue date : peut-on traiter complaisamment avec un pays qui néglige ouvertement les droits de l'homme, simplement parce que son économie se développe à pleine puissance ?La même question s'est posée sous une autre forme, le 13 mai, lors du 28e congrès de l'Union Internationale des éditeurs à Séoul (organisé tous les quatre ans), au moment où le vice-président de l'Association des éditeurs chinois, Yang Deyan, a affirmé la volonté de son association de devenir membre de l'UIE, "dés que possible". La journée était consacrée à une réflexion sur les problèmes de liberté de publication et sur les défis d'avenir de l'édition en Asie, tandis que le thème du congrès cette année était "La diversité dans un avenir partagé".
La présidente de l'UIE, l'Argentine Maria Cabanellas, a aussitôt rappelé les trois principes de base de l'organisation : la protection du copyright, la promotion de la liberté d'expression et de publication, la promotion de la liberté d'entreprise dans l'édition. Un éditeur bosniaque demande à Yang Deyan s'il est prêt à accepter ces principes. Ce dernier ne répond pas : officiellement, l'édition chinoise reste une édition d'état, et l'association des éditeurs ne combat pas contre la censure. Malaise... que la direction de l'UIE avait d'ailleurs anticipé : "Nous avions prévenu l'Association des éditeurs de Chine des risques qu'il y aurait à porter devant l'ensemble du congrès un débat qui doit maturer en comité restreint". Il est vrai que la Chine a plutôt intérêt à cesser d'annoncer publiquement qu'elle veut tout obtenir, tant que son gouvernement ne respecte rien. Il y a le Tibet. Il y a les Ouïghours. Il y a le manque de transparence, l'avidité des dirigeants, le délaissement de provinces sinistrées. Et le degré zéro de la liberté d'expression. Au sujet de la terrible catastrophe qui a ravagé plusieurs provinces du sud-ouest du pays, on s'étonne que les dirigeants chinois aient joué la carte de l'honnêteté. Personne ne croit vraiment à la rédemption, on sait quels intérêts sont en jeu(x). Visiblement l'UIE ne manque pas de prendre en compte ces tristes données. Lorsque les participants se sont penchés sur "la liberté de publier en Asie", le Norvégien Anders Heger a rappelé, au nom du PEN Club, les stratégies de harcèlement, les lois discriminatoires, les meurtres et les peines d'emprisonnement de longue durée qui visent les auteurs dans plusieurs pays d'Asie, notamment la Chine et la Birmanie. Des éditeurs birmans et vietnamiens, mais aussi thaïs ont exposé à leur tour les graves problèmes auxquels ils sont confrontés dans leur pays. L'édition asiatique a assurément beaucoup de chemin à faire, de défis à relever, plus encore à l'heure où le domaine des livres connaît de grands bouleversements, aussi bien sur le plan technologique et économique que culturel.
Parallèlement au Congrès de l'UIE (du 12 au 15 mai), la Foire Internationale du livre de Séoul a ouvert le 14 mai (jusqu'au 18 mai). Invité d'honneur : la Chine.
Mise à jour du 16 mai : Le congrès de l'UIE s'est achevé hier par un ferme appel à la liberté d'expression en Birmanie, en Chine, en Iran et au Vietnam. L'UIE demande « que les éditeurs, écrivains, journalistes et blogueurs actuellement en prison ou assignés à domicile pour avoir exercé leurs droits constitutionnels à la liberté d'expression soient libérés immédiatement ». Cette prise de position fait suite aux échanges évoqués plus haut, sur la liberté d'expression et de publication en Asie. L'écrivain français Jean-Marie Le Clézio a remarqué, dans son discours de clôture, que "nous aurions tout à craindre d'un monde où le livre viendrait à manquer. (...) Nous verrions peut-être réapparaître le sceptre glacial de la théocratie et de la tyrannie. » Lévi-Strauss entré à la Pléiade Etre publié en Pléiade de son vivant, voilà qui sonne comme la véritable consécration pour les écrivains français. Rien d'étonnant alors à ce que Claude Lévi-Strauss, représentant ultime de la pensée française dans le monde et doyen de l'Académie française, se voit attribuer cet honneur, quelques mois avant son centième anniversaire.Pilier de la pensée structuraliste, Lévi-Strauss a un parcours intellectuel exemplaire (entamé par un cursus en droit et en philosophie), qui l'a mené, entre autres, à fonder l'Ecole libre des hautes études à New-York, à enseigner à l'EPHE et au Collège de France. Ses multiples travaux révèlent son approche interdisciplinaire, où se croise la philosophie, l'anthropologie, l'esthétique. La prestigieuse collection réunit aujourd'hui des textes choisis par l'auteur lui-même : Tristes tropiques (1955), Le totémisme aujourd'hui et La pensée sauvage (1962), La Voie des masques (1975), La Potière jalouse (1985) et Histoire de Lynx (1991), Regarder écouter lire (1993). Le volume (près de 2000 pages) propose comme d'habitude de riches notes et annexes, mais également de nombreuses illustrations (cartes, graphiques, photographies), qui doivent donner, selon l'éditeur, "une forme visuelle à la pensée". "La nouveauté du livre s'oppose à un ressassement, elle répond au besoin de valeurs plus larges, plus poétiques, telles que l'horreur et la tendresse à l'échelle de l'histoire et de l'univers, nous arrache à la pauvreté de nos rues et de nos immeubles". Georges Bataille, au sujet de Tristes Tropiques. Oeuvres Editions Gallimard, "Bibliothèque de la Pléiade" Vers la réédition de Mein Kampf Mein Kampf (Mon combat) est cet ouvrage dont le titre seul suffit à faire frémir. Rédigé par Hitler pendant son séjour à la prison de Landsberg (1924), cette semi-autobiographie expose clairement les objectifs d'une idéologie nazie, tragique prémonition des sombres événements à venir. L'évidence veut que ce livre-là n'ait sa place ni en librairie ni en bibliothèque, pas même en son enfer. Et pourtant même l'évidence doit parfois être remise en question. Comme le rappelle Pierre Assouline sur son blog, les droits du livre tomberont dans le domaine public en 2015 : les universitaires allemands font entendre la nécessité d'élaborer une édition critique de l'ouvrage, avant que celui-ci ne soit récupéré par négationnistes et autres néo-nazis. Mein Kampf s'était vendu à 10 millions d'exemplaires sous le IIIème Reich ; 70 ans plus tard, il circule plutôt sous le manteau. Une chose est sûre, le texte est toujours à manier avec autant de précaution.
Mardi 6 mai à 21 heures, Arte diffuse Mein Kampf, c'était écrit, un documentaire d'Antoine Vitkine, produit par Doc en Stock.
John Boyne : des rayures qui font mouche Il était une fois un Garçon au pyjama rayé. Un livre jeunesse qui explosa les records de vente en divers endroits du monde, en Espagne surtout (ou le titre devient El niño con el pijamas de rayas...). Son histoire n'avait rien à voir avec la sorcellerie, rien de drôle ni de magique. Son histoire, c'est celle de l'extermination des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.L'auteur de ce best-seller, John Boyne, est irlandais. Sans doute ne s'attendait-il pas à un tel succès. Son éditeur espagnol (Salamendra) avait par exemple acquis son titre avec prudence, un tirage à 5000 exemplaires pour commencer, un lancement discret. C'est une interview de l'écrivain dans le quotidien El Pais qui va donner une véritable impulsion médiatique à l'ouvrage. Tout le monde se met à lire El Niño... L'éditrice Sigrid Kraus remarque que "c'est un livre que toute la famille lit, un pont entre les générations.[...] Les libraires ont dit qu'ils n'avaient jamais vu ça : les gens l'achetaient en plusieurs exemplaires pour l'offrir." Résultat : 700 000 exemplaires vendus en Espagne.
La portée universelle du sujet abordé par le livre - la shoah, doit expliquer en partie son retentissement mondial. Traduit dans 35 langues différentes, il est en quelque sorte un pendant au Journal d'Anne Franck, l'incontournable que les profs recommandent de lire, parce que le texte est à la fois accessible et instructif. En France, on a peu entendu parler du Garçon au pyjama rayé : sorti en Folio Junior à la rentrée 2006, il s'est correctement vendu à 17 500 exemplaires. En Allemagne, le titre fonctionne bien mieux, et en Irlande, il est numéro un des ventes depuis plus d'un an. Enfin, de la même façon que les contes de fées se concluent souvent par un mariage et une flopée de bambins, on sait que les best-sellers finissent toujours sur grand écran. L'adaptation ciné de l'ouvrage de John Boyle est effectivement en cours sous la direction de Mark Herman, et prévue pour le 12 septembre prochain. Sur le site de John Boyne, on peut voir les couvertures du livre dans toutes les langues où il a été traduit. Houellebecq : trop tard pour la fesséeDans ses bouquins comme dans les (nombreuses) interviews qu'il a pu donner, Michel Houellebecq n'a jamais été très sympa avec ses parents. Surtout pas avec sa mère, qu'il décrit, notamment dans Les Particules élémentaires, comme une hippie dégénérée, qui aurait oublié d'élever ses gosses, préférant se consacrer à ses nombreux amants. ![]() Dans une interview parue dans les Inrocks, il l'avait déclarée morte. Sauf que la maman en personne, Lucie Ceccaldi, âgée de 83 ans, vit à la Réunion. Et s'octroie aujourd'hui un droit de réponse publique, en publiant à son tour un bouquin aux éditions Scali, L'Innocente. Selon le site Bakchich, plusieurs maisons d'édition auraient décliné la proposition de la mère Houellebecq, en raison du poids que pèse désormais le fils dans le milieu. On se souvient effectivement des nombreuses tribulations éditoriales de l'écrivain, de l'insistance de Lagardère pour garder celui-ci chez Fayard, alors qu'il menaçait de claquer la porte.
Lucie Ceccaldi sait sans doute qu'il est bien trop tard pour remonter les bretelles à son insolent de fils. Elle n'en dira pas moins ce qu'elle pense : « Avec Michel Houellebecq, mon fils, on pourra commencer à se reparler le jour où il ira sur la place publique, ses Particules élémentaires dans la main, et qu'il dira : "je suis un menteur, je suis un imposteur, j'ai été un parasite, je n'ai jamais rien fait de ma vie, que du mal à tous ceux qui m'ont entouré. Et je demande pardon" ». Elle ajoute que « le succès de ses Particules élémentaires repose sur une imposture, afin de suivre le courant porteur "de la mode". Tuer sa mère, c'était dans l'air du temps. il n'a d'ailleurs rien inventé en la matière. Vipère au poing d'Hervé Bazin, c'était bien avant lui. » Pas mal envoyé. Normalement, les histoires de famille, cela ne nous regarde pas... Mais à partir du moment où on y règle ses comptes à coups de bouquins, on peut suivre ça sans remords. Ce qui est drôle, c'est qu'en dépit de la virulence du conflit qui agite ces deux-là, la solidarité de famille fonctionne toujours. La mère et le fils vont pouvoir se faire mutuellement de la pub. Où en sont les m@nuscrits de Léo Scheer ? On a beaucoup parlé, ces derniers temps, via les élucubrations de Myosotis, et vidéo à l'appui, des auteurs les plus incroyablement (et injustement, pour certains) lus du moment. Ces auteurs-là, on peut les aimer. Ou pas. Inutile de rentrer de nouveau dans ce débat qui ne présente, au fond, aucune issue. Mais ceux qui vendent leurs livres comme des petits pains ont-ils besoin qu'on parle autant d'eux ? Vous me rétorquerez, besoin ou pas, ça n'empêche pas qu'on en parle. Ok.Inversons complètement la tendance. Parlons d'auteurs dont nous pouvons être sûrs que personne ne les connaît, pour la seule et bonne raison qu'ils ne sont pas encore publiés. Vous le savez peut-être, le site des éditions Léo Scheer propose depuis plusieurs mois la rubrique M@nuscrit, qui permet aux internautes de mettre leur manuscrit en ligne, et, de fait, d'être lus, commentés, notés. Bien entendu, le support numérique de lecture n'a rien d'une révolution, et on ne compte plus le nombre d'ouvrages mis en ligne par des écrivains en herbe. Mais il faut souligner qu'ici, ce sont des éditeurs eux-mêmes qui s'y mettent. L'initiative de Léo Scheer avait soulevé de nombreuses interrogations. S'agissait-il d'expérimenter de nouvelles formes de publications, de se faire un coup de pub, de rechercher la perle rare ? La rubrique M@nuscrit avait été inaugurée avec un seul texte, Rater Mieux d'une certaine Barberine. Depuis, d'autres l'ont rejoint, et on y compte désormais une cinquantaine de titres. Alors si l'on veut bien mettre un instant de côté toutes les problématiques éditoriales liées à cette expérience, aller y faire un tour peut valoir le coup. D'abord, il est intéressant de pouvoir consulter un travail brut, sur lequel l'éditeur précise ne pas intervenir. Et puis, à lire les quatrième de couverture, on peut peut-être faire de belles rencontres (mais il faut pouvoir lire des pages entières sur un écran...). Voir les M@nuscrits de Léo Scheer
Le filon des manuscrits bidons dévoilé dans TechnikartVendre un bouquin qu'on n'écrira jamais, non seulement c'est possible, mais en plus, ça rapporte. Olivier Malnuit de Technikart dévoile, dans un article du dernier numéro, via des anecdotes éloquentes et bien choisies, "Le filon des manuscrits bidons". Si le milieu de l'édition n'est pas connu pour être des plus reluisants, les pratiques décrites-là sont plutôt effarantes. Pour l'avoir vécu, Malnuit sait comment ça se passe. Question de fric (ou autre, mais tout y revient toujours), les directeurs de collection ont plutôt intérêt à faire signer moult contrats. Quand bien même ceux-ci ne seraient que paroles en l'air et billets verts, et n'aboutiraient jamais à la publication d'un bon livre (ni d'un mauvais d'ailleurs).
Pour ce genre d'échange, il existe un contexte propice : les petites fêtes mondaines où l'alcool coule à flot, ce qui permet à l'assemblée d'avoir chaud, aux éditeurs et écrivains de se rapprocher au point d'oser la main amicalement posée sur l'épaule. D'ailleurs, l'écrivain qui vend ses manuscrits bidons entre deux gorgées de vin, simplement en présentant l'idée géniale d'un génial bouquin à venir, porte un nom : l'apéro-pitcheur. Explications : "Pitch, pour cette manie détestable, depuis les années Ardisson, de tout résumer comme une critique de Télé Z. Apéro parce que les manuscrits dont on n'écrit que le titre commencent toujours autour d'un verre et s'arrêtent après avoir vidé la bouteille."
Ainsi Olivier Malnuit a-t-il lui-même vendu plus d'un livre fantôme mais prometteur : Journal d'un beauf au pays des branchés, La France s'emmerde, La France des RER. Il a eu l'idée du livre, il n'a jamais pu l'écrire. Et quand un pseudo-écrivain se fait une véritable profession de vendre des concepts à tout bout de champ sans jamais y donner suite, il devient un "pitchator", une "mitraillette à concepts". Le pitchator présente parfois un certain danger pour certains éditeurs, qui à force de verser des annonces dans le vent, risquent d'y laisser des plumes...
Il ne faut pas croire cependant que dans l'histoire, l'éditeur est celui qui se fait amèrement rouler. Ne pas oublier que celui-ci appartient à une espère qui connaît ses intérêts et sait comment les faire fructifier. Dans une interview qui vient compléter l'article de Malnuit, Emmanuel Pierrat (le superavocat de l'édition, auteur du Livre noir de la censure) explique que "certaines maisons d'édition comme Grasset [...] signent avec des gens qui ont un vrai pouvoir, un carnet d'adresses ou une influence auprès des jurys des prix littéraires, en échange d'un bon paquet d'à-valoir. Jusqu'à peu, toute la presse signait ainsi chez Grasset". Des pots-de-vin déguisés en projet littéraire, c'est beau, non ?
Source : "Le filon des manuscrits bidons", par Olivier Malnuit, Technikart n°121, avril 2008.
Faut-il acheter le dernier Haruki Murakami ?
En effet il y a de quoi rester sans voix devant la politique éditorial de Belfond. Profitant tout à coup de l'énorme buzz qui sévit autour de l'œuvre du japonais depuis Kafka sur le rivage, l'éditeur se lance dans la traduction du tout nouveau Haruki Murakami , Le passage de la
Comment va la BD ? Comme chaque année à cette époque vient de tomber le rapport de Gilles Ratier de l'Association des Critiques et journalistes de BD (l'ACBD), qui dresse un état des lieux chiffré du marché de la BD en France et en tire des conclusions forcément controversées. Cette année, après la "mangalisation" de l'an dernier, le grand thème est "la maturation" ou, en d'autres termes "tout va super bien, merci". Encore une fois, plus de BD ont été publiées en France que jamais auparavant : 4130 ont été publiées en 2006, soit près de 80 par semaines. La concentration des gros éditeurs se poursuit, mais dans le même temps les petites structures se multiplient et jamais il n'y a eu autant d'éditeurs. Le succès des mangas ne se dément pas sans qu'il nuise à la production nationale, les adaptations en film, dessins animés et jeux vidéos se multiplient comme les produits dérivés. Certes s'il y a plus d'albums parus, le chiffre d'affaire global du milieu n'a pas augmenté pour la première fois depuis plusieurs années, mais c'est justement là une preuve de "maturité" pour Ratier, pas le début de la fin.Il faut dire qu'en face, beaucoup d'auteurs et d'éditeurs annoncent depuis longtemps qu'on va droit dans le mur, qu'il y a une surproduction d'albums, que les nouveautés disparaissent aussi vite des rayons qu'elles apparaissent... Le temps leur donnera forcément raison : quiconque attend une catastrophe suffisamment longtemps finira bien par la voir arriver. Le fait qu'il paraisse actuellement 900% de plus de BD qu'en 1995 permet en tout cas de douter que le marché se soit déjà "stabilisé". Que ce château de cartes s'écroule ou pas, il est sans doute plus important de voir les changements structurels. Côté bonnes nouvelles, ce sera cette fois ci moi qui parlerai de maturité pour le marché du manga qui a vu cette année se développer enfin une vraie branche "alternative" partagée entre oeuvres d'auteurs et classiques autres que ceux de Tezuka. Par contre, les éditeurs "traditionnels" comme Le Seuil qui viennent marcher su les plates bandes des indépendants risquent fort de les étouffer.Le plus important/inquiétant est toutefois un autre phénomène relevé par Ratier : les nouveautés représentent soixante pour cent des ventes contre quarante pour les "fonds", un rapport qui s'est inversé depuis dix ans. C'est certes un bon signe pour la vitalité de la production, mais pas vraiment pour sa mémoire, et la publication en série restant la norme, c'est peut-être là le plus gros danger pour la stabilité du marché. Du coup on voit apparaître tout un tas de formules pour revaloriser le fond : des éditions intégrales, des formats moins coûteux pour Pratt ou Hergé ou à l'inverse des éditions de luxe comme la version "remasterisée" d'Asterix. Et la qualité, dans tout ça ? Le top des ventes, en dehors de Titeuf, est principalement dominé par de vieilles franchises malades comme Thorgal ou Lucky Luke et les nouveautés qui se vendent le mieux sont importés d'autres médias, comme Kaamelot ou Bigard. Bref, ça ressemble assez au cinéma français partagé entre les Bronzés 3 et les productions Besson. La disparité des tirages entre ces grosses machines et une BD "normale" n'a jamais été aussi grande, mais il reste que plus de BD publiées, ça veut dire plus de bonnes BD. Au moins un peu. Dissociation Une petite maison d'édition, c'est un peu comme un groupe de rock. On commence avec une bande de pote et de l'ambition, le succès arrive et le monde est a vous. Invariablement, pourtant, après quelques années votre vie commence à ressembler à Spinal Tap. On a donc appris ce week end qu'après le départ de . l'an dernier, l'Asso vient de perdre deux autres de ses piliers: et . Cofondée en 1990 par , , Mokeit, , , et Trondheim, l'Asso a accompli tout ce qu'elle pouvait espérer : elle a changé la face de la BD française, révélé plein de nouveaux talents et publié quelques oeuvres essentielles.On ne connait pas vraiment les raisons du départ de Trondheim, tandis que Sfar a expliqué dans sur le site ActuaBD que s'il s'en allait c'était pour suivre ses copains. Il y explique aussi qu'il sera dorénavant publié par Shampooing, la collection dirigée par Trondheim chez Delcourt. On sait que Menu, le dirigeant de facto de l'Asso, adopte une position radicale, à la limite de la paranoïa, quand à la récupération par les gros éditeurs. La réponse se trouve sûrement quelque part par là. On savait de toute façon depuis le début que c'est ainsi que finissent les projets entre copains, et ce qui importe vraiment, c'est ce que ces changements nous apporteront en termes de publications, et pour l'instant tout reste possible. La bande dessinée indépendante mourra-t-elle aux mains du grand capital ? La réponse au prochain épisode. Michel Houellebecq : l'échec d'une île ?L'été, Michel Houellebecq change d'éditeur, parfois il lâche aussi un court texte inédit et triste sur son blog. En un mot comme en cent, l'été, Michel Houellebecq revient encore plus lucide et affaibli que jamais, prêt à nous balancer des critiques bien acides sur la place de l'égoïsme du créateur dans notre société pourrie.
Tout ceci a eu lieu sur le net ou un petit billet largué, le trente juillet fait d'ores et déjà trembler le landernau germano-pratin. Cette notule sobrement intitulée mourir II, revient sur deux coups durs : la biographie non autorisée de Denis Demonpion (qui l'a retournée en 2005) et l'échec de l'adaptation de son dernier roman en un film qu'il aurait lui-même réalisé (qui l'a détruit en 2006). Souvenons-nous donc de 2004, une bonne année pour Michel qui quitte alors Flammarion pour rejoindre Fayard. Son changement d'éditeur a été motivé par trois raisons : le départ de Raphaël Sorin, son ancien éditeur, une avance sur droits d'auteurs considérable, et surtout la promesse de l'adaptation cinématographique de son roman. Juillet 2006, le projet vient de se voir refuser l'aval du CNC. Michel déprime grave. Houellebecq plaquerait donc la maison Hachette. Toute la maison Hachette. France et filiale. Pour toujours. Il nous dit qu'on l'a roulé dans la farine, empapaouté, et que c'est Arnaud Lagardère le responsable de cette duperie. En 2004, c'était presque amusant de les imaginer ensemble : le bel Arnaud Lagardère, splendide multimillionnaire, surpuissant dans son costume trois-pièces, qui, d'un sourire Colgate aristocratique, présente en offrande à ses actionnaires Michel de chez Thomas, l'Auteur majuscule d'en face, engoncé dans ses névroses et dans une veste qu'on imagine trop petite. Durant la mise en scène, Michel se doit de sourire un peu. On aurait presque pu croire qu'il venait de remporter un jeu télé cruel qui le propulserait à un nouveau stade de sa création : Michel Houellebecq, le poète-écrivain-rock star-cinéaste ? Mais rien de tout ceci n'était vrai. Le Michel Houellebecq du web a perdu son côté légèrement débonnaire, presque jouisseur, qu'il trimballait en interview. L'oeil torve, il tripperait malement sur internet. En reconfigurant son blog, il a foutu en l'air ses poèmes. Il était devenu cinéaste avant d'achever son roman, il se remettrait à écrire comme si c'était une tare ou un hoax. Cette mystérieuse affaire éditoriale, va bien entendu, éclipser le fond de son mal-être : quelqu'un qui parle comme ça de sa mère sur son blog, on sait qu'il va pas bien, mais on sait pas trop quoi lui dire. Forum : quel éditeur pour quel Houllebecq ? La possibilité d'une île, Michel Houellebecq (2005 - Fayard) Les éditions Verdier dament le pion à GooglePosté par Easywriter le 06.07.06 à 14:15 | tags : bibliothèque numérique, édition, numérique, nombriliste
![]() Face au projet Google de numérisation tous azimut, les éditions Verdier proposent une solution simple : leur propre moteur de recherche interne. Ainsi, le site de l'éditeur permet d'effectuer des recherches documentaires à l'intérieur des ouvrages. L'internaute tape un ou plusieurs mots clés, lui sont ensuite proposés les extraits correspondant à sa demande avec renvoi vers la page de l'ouvrage. L'outil est surtout pratique pour retrouver une citation mais on peut imaginer à l'avenir des possibilités de télécharger des extraits plus conséquents ou le livre entier. Encore à optimiser, le moteur est en tout cas une réponse plus satisfaisante que la plainte des éditeurs français face à l'initiative de Google, alors que les sites de l'écrasante majorité des éditeurs sont tout simplement nuls et incompréhensibles. (News trouvée via la feuille) Beigbeder fait de la pub pour les éditeurs![]() En revanche, l'auteur de 99 francs ne trompera personne avec sa description d'un métier où ne prévaudrait que l'abnégation de ceux qui l'exercent, un incroyable don de soi détaché de toute cupidité . Ben voyons, et Zeller, Martin, la vague des écrivains photogéniques et nuls, c'est du poulet pt'êt. Idem pour la comparaison avec le boulot de prof. L'éditeur, pour méritant qu'il soit, est un commerçant globalement moins à plaindre que le libraire -qui ,lui, ferait mieux de monter une boîte de portables effectivement -, n'en déplaise à un notre ami. Editions Terre Noire : le manifeste "En finir avec l’abîme qui s’est ouvert entre notre éducation, nos études et cette sous-réalité à laquelle on n’était pas préparés. En finir avec les poses, les prétentions, et ce recul bidon qui nous placerait au-dessus de tout.
Les éditions Terre Noire, basées à Lyon, se sont spécialisées dans les petits livres photocopiés mariant graphismes pointus et critique sociale . Dans leur déjà riche catalogue, "le miroir de psychoses", détournant des bandes dessinées pour la jeunesse, décrit avec une lucidité désenchantée les rapports hommes/femmes. En finir avec le refoulement du sentiment d’échec permanent et la honte de ne pas être à la hauteur d’une réussite aussi fantasmée qu’inaccessible. En finir avec les sirènes de l’accomplissement personnel, plombé par l’expérience quotidienne de la pauvreté, et l’aliénation de l’inactivité. En finir avec la peur, la culpabilité, et l’effroi de tomber un peu plus bas à chaque instant. En finir avec la défiance systématique à l’égard d’autrui, l’ironie pathétique, et le second degré branché. En finir avec l’enfant en nous qui suit encore le son du joueur de flûte, se répétant aveuglément qu’il a de la chance, parce qu’avant les gens étaient trop coincés pour jouir. En finir avec l’impossibilité permanente, l’impression constante de se noyer, et l’illusion que ne pas réagir est un choix. Sortir enfin la tête de l’eau, regarder les autres plongés dans la même merde, se déconditionner, cesser de se mentir, cesser de « penser », se remettre à réfléchir, chercher à comprendre comment on en est arrivé là, s’affronter enfin en face, quel que soit l'endroit où l’on se trouve. Comme l'écrit Lionel Tran, éditeur et coauteur de cet ouvrage: "en étant intériorisées, les contraintes actuelles (performances, rapports de force, clivage) ne s'avèrent-elles pas, au moins, tout aussi pernicieuses" que les rigidités sociales qui pesaient auparavant sur les moeurs?" Si, si. Cette news nous a été communiquée par docteur C Toi aussi deviens indic à Mille-Feuilles Le commissaire Maigret, c'est ta mère! "Madame Bovary c'est moi", disait Flaubert. Mais il avait tort : Bovary c'est peut-être vous. A moins que vous ne soyez Mowgli ou Maigret comme ma tante (illus.)ou le Bartleby de Melville.En tout cas vous pouvez devenir le héros d'un livre personnalisé pour vous. Après les parcs d'attraction qui vous proposent d'être célèbre pendant deux heures, l'industrie du spectacle gravit un échelon en vous invitant à devenir des personnages de fiction à part entière. Bon, en fait l'initiative est destinée aux enfants et tient plus de la thérapie que du marketing : les orthophonistes savent depuis longtemps que les mômes lisent plus facilement quand ils sont les héros de l'aventure. La fée des mots propose sur donc sur son site de commander des versions personnalisées de l'île au trésor ou du fantôme de Canterville pour votre enfant. Pariant sur la fibre régressive de ses contemporains, Comedia offre la possibilité aux adultes de télécharger des livres à l'aide d'un questionnaire très complet. Le petit test d'accueil sur leur site permet de rigoler,extrait : C'était dans un petit restaurant à la mode que le pdg de la Alea Jacta Sud, Patrick de carolis avait fourni à Michel Drucker quelques éclaircissements sur le travail confidentiel que l'on attendait de lui. Les tables se touchaient presque et il fallait hurler pour se faire comprendre. L'assistante du PDG, Sophie thalman, qui les avait accompagnés, portait une minijupe de chez Glamour. Sur la banquette de moleskine, sa cuisse nue touchait celle du détective novice qui se demandait comment il pourrait attirer cette splendide créature chez lui. - Vous comprenez l'importance de votre mission, mon cher Michel , insistait Patrick. - Non, répondit Michel Drucker, qui louchait méchamment dans le décolleté de l'assistante. Sa dernière bouchée de poulet aux pousses de bambou avait beaucoup de mal à passer. - Hem, reprit Patrick de carolis, soyons sérieux, puis-je vous appeler Le laquais ? - Certainement pas, répondit Michel à Sophie thalman qui lui demandait si ça ne le dérangeait pas qu'elle déboutonne le premier bouton de son chemisier car l'ambiance était torride... Il posa sa main sur le poignet de l'objet de son désir. Patrick de carolis, totalement étranger au manège de sa collaboratrice poursuivit : - Mon cher Michel , vous avez été bien inspiré de laisser tomber votre précédente activité : cireur de pompes ! Voilà bien une occupation futile. - Ardisson m'a laissé entendre que vous étiez plutôt laxiste, il faudra que ça change ! Michel s'apprêtait à balancer au PDG ses quatre vérités et se promit d'étrangler Ardisson dès ce soir. - Est-ce que Sophie thalman m'accompagnera dans ma mission ? questionna Michel . - Vous savez, mon cher Le laquais, la mission que nous vous confions est risquée. Les services secrets américains, chinois et russes sont sur le coup. Nous pensons que même la mafia russe est entrée, à votre insu, en contact avec Eric morena, et tente de s'attacher ses services pour vous surveiller. Regard consterné de Michel . - Pas Eric morena ! pas lui ! - Et bien si... Eric morena en personne ! Vous ne lui avez pas trouvé un regard particulier ces jours-ci. - la putain d'sa race, lâcha Michel ... Jean Robin : l'interview business Jean Robin traque tous les mensonges d''Ardisson dans son livre "ils ont tué la télé publique". On reparle de ça dans la rubrique société bientôt mais pour l'heure concentrons nous sur la structure atypique qu'il a créé : les éditions du journalisme continu.Expliquez nous votre business model Notre maison d’édition commercialise ses livres papiers en direct aux lecteurs qui le souhaitent. Cela signifie des possibilités supplémentaires : notamment souscrire à une offre appelée « pour une vie de livres », qui s’arrête le 31 décembre 2006, et qui permet de faire un pari : pour 100€, j’aurais le livre « Ils ont tué la télé publique » et tous les livres que publiera cette maison, gratuitement, où que je sois dans le monde, et ce à vie. C’est une première mondiale dans l’édition, alors qu’on trouve ce système ou ce qui s’en rapproche dans le cinéma avec la carte illimitée. Quoi d'autre ? Nos clients par Internet ont également la possibilité de parrainer jusqu’à 5 « offres pour une vie de livres », et de recevoir en échange un livre par parrainage, gratuitement. Par ailleurs, nous tenons nos clients et ceux qui le souhaitent au courant de toutes nos activités, actualités, et autres projets en tous genres. Chacun de nos livres a son blog dédié, que l’auteur est tenu de mettre à jour en fonction de l’actualité autour de son livre. Aucune maison ou presque ne propose encore cela, alors que le cinéma ou la musique ont déjà largement démocratisé cette pratique. Vous gagnez vraiment des sous comme ça ? Seul, ce modèle n’est toutefois pas rentable, les réseaux classiques de distribution sont les seuls à pouvoir offrir aujourd’hui au livre une diffusion de plusieurs dizaines, voire centaines de milliers d’exemplaires. Notre stratégie est de privilégier Internet, mais de ne pas nous couper du reste du marché, en travaillant avec un diffuseur qui nous référencera à partir du 15 juin prochain dans toutes les bonnes librairies de France et de Navarre. D’ici là, il convient aux libraires qui le souhaitent de nous passer commande directement. Les auteurs profitent-ils pleinement de ce système ? Sur les livres vendus par Internet, nous proposons une rémunération de 15% aux auteurs, ce qui est le double de la rémunération classique. Seul Michel Houellebecq ou Bernard Werber touchent de tels droits d’auteur dans l’édition traditionnelle ! Cela vient du fait que les réseaux de distribution classique prennent de 50 à 55% du prix d’un livre, ce qui est prohibitif. Avec la vente sur notre site, notre seul coût c’est le système de sécurisation du paiement, et il nous coûte 2% du prix du livre… Vous allez sauver l'édition du coup... Je persiste à croire que ce qui tue l’édition, c’est le Système. Les médias, car ils favorisent les bouquins people et/ou trash, ce qui encourage les maisons à en publier toujours plus, et à délaisser les sujets plus intéressants et utiles pour la société. Les circuits de distribution ensuite, qui sont hautement concentrés. ( Illus : Emmanuel Bousquet, droits réservés) Les éditions du journalisme continu Google livres m'a tuer![]() On publiait hier une brève sur la procédure que vient de lancer le groupe la Martinière contre Google. De prime abord, on est tenté de soutenir le groupe français face à l'attitude irrespectueuse et décomplexée du moteur de recherche : numériser des millions de livres empruntés aux bibliothèques anglo-saxonnes sans rien demander à ceux qui en possèdent les droits et uniquement permettre à ces derniers de réagir a posteriori puisque qui ne dit mot consent. Mais finalement, Google en mettant à disposition du public du contenu se comporte comme n'importe quelle bibliothèque. Les petits éditeurs, pour l'essentiel exclus du circuit ordinaire de la promotion, vont gagner beaucoup en visibilité. Google livres proposera normalement des extraits et un lien permettant à l'internaute de se procurer l'ouvrage en question. Donc la manne financière liée à la commercialisation des oeuvres n'échappera pas aux éditeurs français. Editeurs qui seraient bien inspirés de se bouger un peu sur les enjeux numériques sans quoi une bonne part du gateau risque de leur échapper. Dans la République des lettres, un éditorial -tranquillement repompé ici sans versement de droits- estime que la motivation des éditeurs français est d'ordre politique : en se comportant comme un irréductible village gaulois, ils auraient la bénédiction de l'Exécutif français qui y voit un moyen de soutenir son propre projet de moteur, baptisé Quaero. D'un autre côté, la numérisation généralisée entraîne aussi la création "un domaine public instantané" et l'abandon du concept d'oeuvre au profit de celui d'un "ensemble d'informations"comme s'en inquiétait récemment Paul Otchakovsky Laurens . Alors, le droit d'auteur à la française est-il mort ? La Martinière attaque Google![]() Le gentil Google clame depuis plusieurs mois sa volonté de promouvoir la culture et s'engage à retirer de son offre les ouvrages numérisés des éditeurs qui le souhaiteraient. Bernie Bonvoisin chez Scali Stephane Million, par ailleurs responsable de la revue Bordel qu'on goûte peu ici, débarque aux éditions Scali. Le premier roman qu'il publie est celui de Bernie Bonvoisin, sobrement intitulé Chaque homme a la capacité d'être un bourreau... ou au moins son complice. Le livre met en parallèle deux récits, le premier concerne un riche agent immobilier parisien et l'autre le quotidien d'un jeune musulman bosniaque de l'enclave de Srebrenica. L'extrait qu'on en a lu sur le communiqué de presse est tout sauf prometteur et la carrière de Bonvoisin au cinéma nous inspire la plus grande défiance, mais bon, sait-on jamais, on vous en reparlera (peut-être) bientôt.Le Net en passe de devenir un géant de la distribution Les ventes de livres sur la Toile continuent leur croissance soutenue : + 30 % par an et un chiffre d'affaires de 131 millions d'euros en 2005. Le Monde nous apprend que le web pourrait s'accaparer la plus grosse part de croissance d'ici 2010 en multipliant par 3 ses parts de marché (actuellement 3% du chiffre d'affaire total du secteur contre 17 % en Angleterre).Outre les géants Amazon, fnac.com et Alapage, les grandes librairies indépendantes y trouvent un second souffle. Quoique...de plus en plus de gens achètent via le net les ouvrages spécialisés à rotation plus lente que les autres livres ; ce marché échappe donc aux libraires qui réalisaient ainsi une part conséquente de leur chiffre. Comme d'hab, le net n'apporte jamais que des bonnes nouvelles. Editions Amsterdam : le manifeste![]() " À l’heure où le modèle « marxiste-léniniste » s’est effondré ; à l’heure où l’hypothèque que ce modèle faisait peser sur la pensée et les pratiques démocratiques s’est dissipée ; à l’heure aussi où est menée, à l’échelle mondiale, une offensive visant à en finir avec le modèle social-démocrate de croissance et où partout les inégalités s’accroissent ; à l’heure de la guerre sécuritaire contre les pauvres ; à l’heure encore où se constitue une opinion mondiale démocratique et critique et où émergent des réseaux de résistance internationaux ; à l’heure enfin où se développent des luttes « spécifiques » pour l’égalité, comme celles des gays et des lesbiennes ou encore celles des personnes issues de l'immigration coloniale et postcoloniale ; les Éditions Amsterdam veulent contribuer à la diffusion d’une pensée radicalement démocratique et anti-autoritaire en prise avec la situation contemporaine." Dont acte. Le site des éditions Amsterdam Salon du livre : le livre numérique avance doucement Bien sûr, il y a les débats autour des bibliothèques ou de la numérisation des oeuvres universitaires, les stands des fournisseurs de téléchargement sécurisé, mais rien à faire :: en se promènant vendredi dans l'espace dédié au livre numérique du Salon du Livre, on avait l'impression de traverser une fête foraine qui plie bagage. Personne ou presque, les deux ou trois badauds qui se risquent dans le quartier écoutent vaguement les innovations révolutionnaires que leur vantent les démonstrateurs. Comme ce magazine consultable sur internet avec logiciel de feuilletage inclus, sur les pages que l'on tourne peut cliquer pour augmenter la taille d'une photo, lire une vidéo associée au texte, cliquer sur des onglets pour circuler plus rapidement à l'intérieur du contenu. " Les annonceurs peuvent ainsi proposer des publicités dynamiques, proposer de l'interactivité avec les consommateurs", nous explique t-on. Génial. Plus intéressant, le magazine est 20 % moins cher qu'en kiosque et l'éditeur économise bien sûr les très élevés coûts de diffusion. En france, l'idée n'a pas convaincu grand monde pour l'instant mais on nous assure qu'en Europe du Nord et au Japon, le procédé est en train de cartonner. Plus tard, on s'étonne auprès d'un professionnel du faible intérêt des éditeurs pour l'innovation technologique. " Ils protègent leur métier et se regardent en chien de faïence. Tant que personne ne bouge, personne ne bouge. Et même si le marché progresse de près de 50 % par an, le volume est faible", nous indique t-il. L'effet "boule de neige" ne démarrera que quand un mastodonte se lancera dans la course. Comme Hachette par exemple, qui ne fait pas preuve d'un enthousiasme délirant, peut être échaudé par le semi fiasco du e-book. Pour l'heure, l'éditeur le plus engagé est l'Harmattan qui vend avec succès des livres numériques 30% moins chers que la version papier directement sur son site . La plupart des professionnels utilisent le web comme une simple vitrine. "Le numérique finira par coexister à part égale avec le papier, c'est inéluctable", continue notre informateur. (Mais ça, on le savait déjà). Au stand de Livropolis, il n' y a personne, le démonstrateur est parti lui aussi. Peut-être est il au stand d'Albin Michel ou de Flammarion. Comme tout le monde. L'ère numérique avance pépère...Le Diable a cinq ansLes éditions Au Diable Vauvert ? Nous, on aime. La preuve, cette interview de Douglas Coupland qui nous amène à vouloir fêter avec eux leurs cinq ans à publier "sans complexe, la littérature sans complexe que nous aimons". Cette littérature-là est souvent anglo-saxonne et branchée : outre Coupland, on trouve aussi James Flint, David Foster Wallace ou le Mysterious Skin de Scott Heim adapté au cinéma par Gregg Araki.
Mais le Diable édite aussi depuis son fief gardois (30 600 Vauvert) de jeunes Français prometteurs comme Julien Blanc-Gras ou récemment Thomas Clément (les enfants du plastique) dont on reparlera ici-même ou dans le mag. Bref, parcours original pour Marion Mazauric, transfuge de "J'ai lu", où elle publia notamment en poche Eric Holder et Michel Houellebecq. Les éditions préparent quelques surprises en 2006. On essaiera de glaner des infos lors de la fête parisienne de l'éditeur qui a lieu ce mois-ci et où on est bien obligés d'aller. Pfff... le journalisme est un tel sacerdoce parfois... Mini lobbyPosté par Eric Arlix le 14.02.06 à 01:06 | tags : édition
![]() Dégainons (ou pas) nos CB pour sauver un éditeur qui sortira beaucoup moins de livres que prévu en 2006. Dégainons nos CB car les prix des livres Allia sont très raisonnables (mais comment fait-il ?) Dégainons nos CB car - on vous en a déjà parlé - il paraît qu'ils en ont besoin. |
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