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Le Manuel pratique du terroriste d'Al-Qaida publié chez André Versaille

Posté par Céline le 03.11.09 à 12:28 | tags : édition, histoire, news

Dans la série des livres subversifs à planquer en cas de perquisition, je demande... Le manuel pratique du terroriste d'Al-Qaida. Disponible en librairie à partir du 5 novembre, aux éditions André Versaille.

 

Et contrairement à ce que pourrait laissait supposer un titre aussi... explicite, il ne s'agit pas là d'un ouvrage humoristique, comme on en a vu paraître sur Ben Laden. L'éditeur André Versaille, dont la maison est notamment spécialisée en histoire et en politique internationale, prendra d'ailleurs le soin de justifier la publication "sérieuse" de ce document dans une note intitulé "Pourquoi avons-nous décidé de publier ce brûlot ?"
Le texte en question, retrouvé en 2000 par des enquêteurs britanniques au domicile d’un membre présumé d’Al-Qaida, n'est pas « un texte de plus sur Al-Quaida, ni un discours d'Al-Qaida à des fins de propagande » : « j'avais sous les yeux Al-Qaida elle-même dans sa parole la plus secrète », explique André Versaille. Ce sont finalement les avis de plusieurs experts d'Al-Qaida qui l'auraient convaincu de « le mettre à disposition du public ».
 
Cependant, l'éditeur a beau insister sur l'utilité publique de cette publication et la mise en place de nombreuses précautions - comme celle de « supprimer les passages qui expliquent dans le détail comment frapper mortellement un individu, produire des poisons ou fabriquer des explosifs », ou celle d'intégrer une préface de 30 pages d'Arnaud Blin, spécialiste du terrorisme - comment ne pas douter de la dimension pédagogique d'un ouvrage qui décrit « méthodiquement, de manière presque clinique, en dix-huit leçons, comment se fondre dans le paysage d'un pays occidental, échapper aux poursuites, recruter, recueillir de l'information, fabriquer de faux papiers, détruire, commettre des attentats, fabriquer des poisons, assassiner, résister aux interrogatoires, s'évader, libérer des frères capturés, le tout au nom du jihad » ?
 

L'argument d'André Versailles : « on ne se défend efficacement contre un péril que si l'on en comprend la nature ». Par ailleurs, un autre ouvrage d'analyse complémentaire paraît en même temps que le Manuel chez le même éditeur : Le terrorisme au nom du Jihad de Philippe Migaux, autre spécialiste de la question terroriste : « Les deux se complètent : celui-ci analyse la mouvance jihadiste internationale, celui-là en présente les pratiques.» Dans ce cas, pourquoi ne pas avoir fait fusionner les deux, ou alors les proposer ensemble dans un pack Ai-Qaida ? Car même si l'appareil critique est bel et bien présent dans le Manuel - "plus d'un quart de l'ouvrage" - la couverture noire et le titre du livre ne le présentent pas comme autre chose que ce qu'il est à l'origine : un manuel. Pour satisfaire votre curiosité, les premières pages de cette version démoniaque de la Bible des Castors juniors sont disponibles sur le site de l'éditeur.




Bob Garcia, un homme ruiné par... sa passion pour Tintin

Posté par Céline le 29.10.09 à 12:06 | tags : édition, bd

Si la condamnation du Léopard Masqué (éditeur d'une série d'albums parodiant Tintin) et le craquage nerveux de Nick Rodwell (patron controversé de la société Moulinsart) ne vous avaient pas encore dissuadé d'évoquer Tintin dans une copie - même pour dire que vous l'aimez - prenez donc vite connaissance de l'affaire Bob Garcia, dont les termes sont relayés sur le blog de Pierre Assouline.

 

Bob Garcia est écrivain (notamment auteur de polars chez Payot & Rivages), musicien, chroniqueur, amoureux de jazz et de littérature. Jusque là, tout va bien. Le vrai problème, c'est sa passion pour Tintin. Cette passion qui l'a poussé à publier, dans le but de mieux faire connaître l'œuvre d'Hergé, « cinq petites études tintinophiles », dont certaines « contiennent quelques vignettes de Hergé au titre de la courte citation graphique ». Peu importe que ces ouvrages, tirés en moyenne à 500 exemplaires chacun, ne visaient en aucun cas à faire des sous sur le dos de Tintin. Moulinsart ne lui pardonnera pas. En 2008, Bob Garcia et son éditeur sont condamnés par le tribunal de Nanterre à payer 10.000 euros de dommages et intérêts à Moulinsart et à Fanny Rodwell, et 8.000 euros de frais de procédure. Le tintinophile ne fera pas appel cependant, estimant que ce jugement, qui « a admis le principe de la courte citation graphique », est quand même favorable.

 

En revanche, la société Moulinsart n'a pas hésité, elle, à remettre en cause cette première décision. Et malheureusement pour Bob Garcia, le jugement en appel (rendu à Versailles) infirme finalement le principe de courte citation graphique, le condamnant cette fois à payer « 48.619,76 euros pour contrefaçon »...
Une somme faramineuse et d'autant plus injuste que la situation financière de l'écrivain est bien connue de Moulinsart. Accusé à tort (« on me demande par exemple de retirer des images de Tintin d'un de mes ouvrages qui n'en contient aucune ! »), Garcia a en plus vu rejeter sa proposition d'une solution de conciliation : « Réponse de Moulinsart : commandement de payer avec saisie-vente de ma maison, au plus tard mercredi 28 octobre.»

Bob Garcia, également concerné par le procès des éditions du Léopard Masqué pour y avoir signé une parodie (Le Vol des 714 porcineys), est aujourd'hui un auteur que les ayants droit d'Hergé ont tout simplement poussé à bout : « Je souhaite dénoncer les procédés orduriers de Rodwell et de Moulinsart, en montrant la violence et l'acharnement dont ils font preuve à mon égard. Un proche de Rodwell a annoncé publiquement devant témoins que "Rodwell veut la peau de Bob Garcia". Jusqu'à quand les juges vont-ils donner raison à un tel personnage ? »







Trois écrivains interpellent Frédéric Mitterrand sur leur statut précaire

Posté par Céline le 28.10.09 à 17:14 | tags : news, édition

Afin d'interpeller le Ministère de la culture sur l'injustice et la précarité de leur statut, trois écrivains - Xavier Houssin, Renaud Meyer et Laurence Tardieu - ont signé une lettre ouverte à Frédéric Mitterrand, intégralement publiée sur Livres Hebdo, sous le titre : "De livres et d'eau fraîche ?"

 

Car les livres, comme l'amour, ne peuvent vous nourrir que jusque un certain point. Ce n'est un secret pour personne : la plupart des écrivains crèvent la dalle. « Les moins bien mal lotis perçoivent une avance sur leurs droits d'auteur qui, la plupart du temps, se situe aux alentours de 1500 euros et touchent de 5 à 15% des ventes une fois cet à-valoir remboursé à l'éditeur », rappellent les signataires de la lettre. Avant de demander : « Considérez-vous, Monsieur le Ministre, qu'écrivain est un métier et qu'il faut que les gens qui l'exercent puissent en vivre ? » (Une question dont la réponse est bien moins évidente qu'il n'y paraît. Pourra-t-on jamais faire la différence entre un écrivain qui travaille à son grand oeuvre et un wannabe en attente perpétuelle d'inspiration ?)

« La plupart des acteurs du monde artistique sont représentés par des instances corporatives et bénéficient d'un statut social protecteur (...) un acteur de cinéma touche un salaire, peut percevoir des indemnités de chômage », mais les écrivains, eux, se retrouvent contraints à multiplier les « petits boulots de l'écrit (...) qui diluent l'œuvre dans la grande marmite des occupations économiquement nécessaire ».

Autre injustice soulignée par la lettre : le fait que parmi tous les acteurs de la chaîne du livre (diffuseurs, éditeurs, libraires), l'écrivain, pourtant indispensable, reste l'un des seuls à ne pas bénéficier « d'un statut social » et « d'une réelle pérennité financière ». Pour y remédier, les trois écrivains, « convaincus que leurs propositions peuvent contribuer à construire l'avenir », appellent au débat et à la réflexion.

Lire la lettre ouverte à Frédéric Mitterrand dans son intégralité.




Trois titres oubliés de Françoise Sagan réédités chez Stock

Posté par Céline le 13.10.09 à 15:32 | tags : édition, news

Françoise Sagan est une image d'épinal. Sagan belle et stylée, la mèche de côté bien avant les petits histrions du 6e arrondissement. Sagan à la plage, en noir et blanc, fausse vole-au-vent et vraie torturée. Remise au goût au jour l'année dernière avec la sortie du (mauvais) film de Diane Kurys (Sagan), l'œuvre de la romancière est également à l'honneur en cette rentrée chez Stock, qui réédite trois de ses titres plus ou moins tombés dans l'oubli (parution le 14 octobre).

 

Les lecteurs pourront notamment découvrir Toxique, le journal que tint l'écrivain pendant une cure de désintoxication suivie en 1957. Cette année-là, Sagan avait subi un accident de voiture, et dû absorber de la morphine pour calmer les douleurs de ses blessures. Initialement publié chez Julliard en 1964 et dans une certaine confidentialité, ce bref récit de cent pages, accompagné des illustrations de Bernard Buffet, est tiré à 37 000 exemplaires chez Stock.

Stock réédite également deux ouvrages parus chez Flammarion au début des années 1970 : Des bleus à l'âme et Des yeux de soie, tirés eux à 5000 exemplaires chacun.

 

Voir aussi :

Le diaporama des écrivains précoces




Mort de Gérard Bobillier, fondateur des éditions Verdier

Posté par Céline le 07.10.09 à 11:02 | tags : news, édition
Pierre Michon le surnommait Bob. Nous, on saurait surtout reconnaître les fameux ouvrages à couverture jaune, qui ont juste donné à la littérature contemporaine ses noms essentiels. Gérard Bobillier, directeur et fondateur des éditions Verdier, est mort le lundi 5 octobre à Carcassonne, emporté par un cancer à l'âge de 64 ans.

 

Sur le Tiers Livre, François Bon, qui a rejoint les éditions Verdier avec L'enterrement (1992), rend hommage à l'éditeur qui, après Jérôme Lindon, avait su créé un « partage de sang » entre les écrivains qu'il publiait : Olivier Rolin, Pierre Bergounioux, Pierre Michon, Didier Daeninckx...

Né en 1945 à Besançon, Gérard Bobillier s'était engagé à l'époque de 68 dans la cause révolutionnaire, notamment auprès de la Gauche Prolétarienne. En 1979 , c'est dans le pays des Corbières qu'il fonde, en 1979, avec Benny Lévy et quelques amis, les éditions Verdier, comme un prolongement sur le plan de la pensée des combats qu'il a menés.

 

Trente ans plus tard, le catalogue des éditions Verdier témoigne de l'exigence et de l'humanité d'un parcours : des ouvrages fondateurs, comme les Traités du Talmud ou le Zohar, des grands textes de philosophie (Premiers principes de Damascius) des textes de sciences humaines comme ceux d'Henri Meschonnic, mais aussi des auteurs exceptionnels, comme Michon et Bergounioux bien sûr, mais aussi Volodine, parce que Gérard Bobillier était convaincu que « la littérature est la chair de pensée ».

Gérard Bobillier était également à l'origine du « Banquet du livre », manifestation autour du livre et de la pensée, de l'échange et de l'étude, se déroulant chaque année à Lagrasse depuis 1995, et dont François Bon se remémore « l'accueil à la grande table de bois sous les arbres de Verdier, la ferme historique des Corbières. »

Photo : Gérard Bobilier © Louis Monier/Verdier




La version Kindle du nouveau Dan Brown en tête des ventes sur Amazon

Posté par Céline le 17.09.09 à 11:03 | tags : e-book, numérique, édition, best-seller

Paru simultanément mardi dernier en version papier et e-book, le nouveau Dan Brown, The Lost Symbol, domine sans surprise les listes des meilleures ventes. Le site Kindle Nation a cependant relevé que dans la catégorie "Mystery & thrillers" des meilleures ventes, c'est la version Kindle qui tient la première place !

 

Dans le cas d'un blockbuster comme The Lost Symbol, la version e-book peut facilement faire valoir ses avantages. D'abord, elle coûte moins chère : 9,99 dollars contre 16,17 dollars sur Amazon (prix de vente moyen : 29,99 dollars). Il ne lui faudra ensuite que quelques minutes pour arriver droit dans vos fichiers. Zero délai de livraison, zéro encombrement (la version papier fait plus de 500 pages), zéro cadavre : le format idéal pour un livre, qui, paraît-il, se dévore coupablement comme une barre de chocolat.
Uniquement disponible sur Amazon, la version Kindle n'empiètera pas cependant sur le succès du livre papier, qui elle est disponible absolument partout ailleurs sur le web et partout ailleurs tout court. Avant de sortir son prochain livre (dans six ans, table le Telegraph) Dan Brown laissera peut-être le temps au marché du livre électronique de décoller. Le Kindle, en vente depuis 2007, gagne chaque jour en performance et en popularité : son dernier modèle, le DX, peut stocker jusqu'à 3500 ouvrages.
Pour la version française du roman, Le Symbole perdu, les lecteurs n'auront pas vraiment le choix. Pour le moment, ce sera les 650 pages de l'édition JC Lattès, pour un peu moins de 23 euros (27 novembre).
 
Sur Flu :



Disney rachète Marvel: qu'est-ce que ça veut dire pour les comics ?

Posté par 2goldfish le 02.09.09 à 16:18 | tags : édition, news, comics

La seule réponse sûre et certaine à cette question est, pour l'instant, que personne n'en sait rien, probablement. Joe Quesada, rédacteur en chef de Marvel Comics, et Stan Lee (Dieu sait ce qu'il fait aujourd'hui) ont tous les deux fait des déclarations rassurantes selon lesquelles Disney ne touchera pas au contenu des comics. La vérité, cependant, c'est que Disney n'a pas grand chose à faire des comics, qui ne constituent qu'une partie financièrement négligeable de Marvel. Ce que Disney a acheté, c'est plus de cinq mille super héros sous copyright Marvel qui sont exploitables sous la forme de films, de dessins animés et de produits dérivés de toute sorte.

proposition de Chip ZdarskyDepuis toujours, les créateurs qui travaillent pour Marvel ne sont que des employés, pas des auteurs, qui cèdent tous les droits sur leurs créations à l'éditeur. C'est cette masse de propriété intellectuelle qui intéresse Disney et certainement pas de savoir si Peter Parker et Mary Jane Watson vont rester mariés dans les pages de comic books qui se vendent de moins en moins. Peu de chances donc de voir Dingo rejoindre les X-Men ou un numéro spécial "Spiderman contre les frères Rapetou"...

A terme cependant il se pourrait que Disney, cible favorite des conservateurs américains au boycott facile malgré son extrême prudence, se penche un peu sur les pages des comics publiés par Marvel et n'apprécie guère de découvrir que ce qui étaient autrefois des BD bon enfant sont désormais pleines de massacres, de viols, de super héroïnes en strings et autres joyeusetés. Disney pourrait ordonner quelques révisions de scénario politiquement correctes la prochaine fois que Marvel voudra faire resombrer Iron Man dans l'alcool, alors que chaque jour des milliers d'enfants s'engouffreront dans l'attraction qui porterait son nom à Disneyland.

 

 

Sur Flu:

- Sur le blog cinéma: Disney mange du super-héros

- L'actu des comics sur le blog livres.

- Marvel: Aux origines de X-Men

- Obama invité chez Marvel aux côtés de Spiderman




Emily Brontë au top grâce à Stephenie Meyer

Posté par Madeleine le 28.08.09 à 11:35 | tags : news, édition

 

"Si vous avez aimé Fascination, vous adorerez Les Hauts de Hurlevent": voilà ce qu'on peut lire sur la quatrième de couverture d'une édition récente du classique d'Emily Brontë. "Cathy et Heathcliff, amis depuis l'enfance, sont unis par une passion dévorante, qui franchit tous les obstacles. Même la mort !"
Et la couverture n'est pas en reste : noire, une fleur blanche en son centre, et la sentence-universelle-et-tragique "L'amour ne meurt jamais" inscrite en bas de page.

 

Tiens donc, Les Hauts de Hurlevent serait donc un roman fantastique ? Pourtant, sous la plume d'Emily Brontë, Catherine et Heathcliff se déchirent avec tant de passion qu'ils finissent par en mourir, mais point de baisers mortels et de métamorphoses au clair de lune. En tout cas, l'ouvrage cartonne dans sa nouvelle édition, qui s'est vendue au Royaume-Uni à plus de 10 000 exemplaires depuis sa sortie en mai dernier.
Ce n'est pas la première fois qu'une filiation est dessinée entre la saga Twilight et le roman d'Emily Brontë, paru en 1847; Stephenie Meyer parsème ses livres de références à l'unique roman d'Emily Brontë, depuis longtemps livre de chevet des adolescent(e)s en mal de crises de larmes dans la lande anglaise. Il suffisait donc pour les éditeurs (HarperCollins) d'aller dans le sens des best-sellers vampiresques. Pour enfoncer le clou, la nouvelle couverture des Hauts de Hurlevent est agrémentée d'un sceau rouge: "Le livre préféré de Bella et Edward".

Forcément, avec une telle annonce, certains Meyrophiles risquent d'être déçus. Sur un site de vente de livres, l'un d'eux déplore qu'"Il n' y ait que cinq pages qui parle de leur amour. Le reste parle de douleur, de tristesse, et des histoires d'autres gens". Une autre lectrice demande si le livre est écrit en ancien anglais ou en anglais moderne. Si Heathcliff entendait ça...

 


Source: The Guardian.

 

Lire aussi:

- Selon Stephen King, Stephen King ne sait pas écrire

- La sage Twilight ou le retour du vampire moderne

- La chronique ciné de Twilight- Chapitre 1




USA: Un livre de recettes des sixties en tête des ventes

Posté par Madeleine le 27.08.09 à 15:13 | tags : news, édition
Les foyers américains fleurent bon le bœuf bourguignon, ces temps-ci.

48 ans après sa sortie, le livre de recettes Mastering the Art of French cooking débarque en tête des ventes américaines pour la fin du mois d'août. Selon le classement du New-York Times, l'ouvrage de Julia Childs est numéro un dans la catégorie des manuels. Mastering the Art of French cooking réunit plus de 500 fameuses recettes de cuisine françaises. "En un mois, j'ai vendu sept fois plus d'exemplaires de Mastering que je n'en vends d'habitude en un an", s'est félicité Lee Stern, de Barnes and Nobles, qui édite le livre.
Très bien, mais pourquoi maintenant ? L'ouvrage bénéficie des retombées du film Julia & Julie, sorti cet été aux Etats-Unis. Avec Meryl Streep en tête d'affiche, le film s'inspire du récit autobiographique d'une jeune femme qui tenta, en un an, de préparer les 524 recettes du livre de Julia Childs.
En toute logique, le témoignage de cette jeune femme cartonne aussi : Julie and Julia, my year of cooking dangerously se plaçait en quatrième position à la mi-août, sur le site de classement Nielsen. Et en cinquième place, un autre Julia Childs, Ma vie en France.

En un demi-siècle, la cuisine de Julia Childs a pourtant pris un petit coup de vieux. A l'époque, l'auteur déclarait qu' "un peu de beurre ne peut pas vous faire de mal". Le diététique, très peu pour elle. "Je comprends maintenant pourquoi la génération plus âgée a fait autant de crises cardiaques", a conclu une habitante de la Floride, après avoir préparé un boeuf bourguignon façon sixties. Délicieux, mais pas franchement hypocalorique.

 

Source: The New-York Times.




La fronde contre Google Books grandit

Posté par Madeleine le 24.08.09 à 15:22 | tags : news, numérique, édition

 

 

Les opposants au projet Google de numérisation des livres ont jusqu'au 4 septembre pour rejoindre l'Open Book Alliance, qui rassemble les adversaires du projet. Le tribunal de New-York examinera ensuite la requête déposée par la coalition contre Google Books. En route vers Google, la bibliothèque géante?

 

 


Google Books, comment ça marche ?
Aujourd'hui, Google Books a numérisé environ sept millions d'ouvrages, consultables partiellement ou dans leur intégralité sur le site internet. Parmi ces ouvrages, un million est tombé dans le domaine public, et cinq autres sont, selon Google, épuisés. En 2005, les associations d'éditeurs et d'auteurs américains s'étaient plaintes de ces numérisations illégales, et après trois ans de négociation, étaient parvenues à un accord avec Google Books.

En quoi consiste l'accord ? En octobre 2008, Google Books s'est mis d'accord avec la Guilde américaine des auteurs, l'Association des éditeurs américains et cinq grandes maisons d'édition pour continuer de numériser les ouvrages, y compris ceux protégés par le droit d'auteur. En échange, Google reversera aux signataires 63 % des revenus tirés du site (publicité, abonnements, vente en ligne).

C'est quoi le problème ? Selon l'Open Book Alliance, coalition qui réunit des représentants de bibliothèques, de journalistes, et maintenant des géants du Web (Microsoft, Amazon et Yahoo !), l'accord revient à donner à Google le monopole sur la numérisation des livres, notamment ceux épuisés ou tombés dans le domaine public.

En France, le groupe Hachette La Martinière poursuit la procédure entamée en 2006 contre Google Books. Les éditeurs français sont aussi concernés par l'accord, puisque celui-ci couvre tous les ouvrages publiés sur le sol américain. Le Syndicat National de l'Edition doit décider s'il rejoint ou non la coalition.


Et la suite ? La justice américaine validera ou annulera l'accord. Avec Microsoft, Amazon et Yahoo ! de son côté, l'Open Books Alliance a rallié des soutiens de poids. Si le tribunal tranche en faveur du "monstre Google", cela aura des "conséquences anticoncurrentielles énormes, dont les gens sont tout juste en train de prendre conscience", selon l'avocat conseiller de l'Open Book Alliance, interrogé par le New-York Times. Côté Google, on argumente que les livres épuisés connaîtront ainsi une nouvelle vie sur le web, et que les auteurs tireront de nouveaux revenus des ventes en ligne.


Lire aussi:

- Google vs Europeana, la guerre des portails numériques de livres.

- Google va proposer des millions d'ouvrages en ligne

- Google livres m'a tuer

- Google vs éditeurs: Allemands et Italiens jettent l'éponge

 




Un livre sur Michael Jackson par Yann Moix, ça va de soi ?

Posté par Céline le 12.08.09 à 11:45 | tags : news, édition

Moins gros(-tesque) que le coup Houellebecq-BHL de la rentrée dernière, l'annonce de la parution en septembre d'un livre de Yann Moix sur Michael Jackson nous laisse pareillement perplexe.

 

Tout est tellement logique, pourtant. Puisque l'auteur de Podium, également journaliste au Figaro, aime et connaît la musique. L'analyse qu'il fait de la figure du chanteur en est sans doute la preuve. Dans une interview publiée par le quotidien, il explique ainsi "qu'entre les poèmes sulpiciens de la petite Thérèse et Billie Jean, il y a aucune réelle différence" ou encore que "la société de consommation n'est pas seulement friande de biens matériels, mais aussi de biens immatériels, comme la panique (vache folle, grippe A…) ou l'idolâtrie (Ben Laden, Michael Jackson…). Et où classer alors les 15000 exemplaires de son livre à paraître ? Peut-être aux côtés des nombreux autres titres parus sur le roi de la pop depuis sa mort ?

Lire aussi :

Le rapport entre Hölderlin et Michael Jackson est pourtant évident




Dracula, la suite par le neveu de Bram Stoker

Posté par Madeleine le 10.08.09 à 16:24 | tags : news, édition, vo

C'est ce qui s'appelle surfer sur la vague. Juste avant la sortie sur les écrans du nouveau Twilight, la maison d'édition Penguin, sans doute alléchée par l'odeur du sang (des billets verts ?) sortira en octobre 2009 Dracula: The Un-dead, suite officielle du Dracula de Bram Stoker, paru en 1897. Comme The Lost Symbol (Le Symbole perdu), le nouveau Dan Brown, le roman est annoncé à grand renfort de coups promotionnels.

 

Site internet, blog, groupe Facebook, Myspace... Penguin déploie la panoplie désormais classique du marketing sur le web, mais récolte un succès encore modeste, puisque la page Facebook réunit à peine 300 membres (la page du Lost Symbol atteint les 800, pas folichon non plus), et le Myspace du livre, une soixantaine. D'ici octobre, la mayo a le temps de prendre - ou de tourner.


A Toronto, la sortie du livre sera suivie d'un spectacle de danse sur le Thriller de Michael Jackson (ça faisait longtemps), retransmis sur Youtube. Ce show sera surtout prétexte à la vente d'ouvrages, et à la distribution des « cartes de visite de Dracula ». Et puisqu'un peu d'altruisme est toujours bien perçu, Penguin s'est associé aux Canadian Blood Services pour organiser des collectes de sang à travers tout le pays.
Et le livre alors, qu'on avait tendance à oublier, de quoi parle-t-il ? Cosigné par Dacre Stoker, l'arrière petit-neveu de Bram, et le scénariste Ian Holt, il s'inspire des notes laissées il y a plus d'un siècle par le père du vampire. Vingt-cinq ans après la disparition de Dracula, Quincey, le fils de Jonathan Hacker, héros du premier roman, assiste à Londres à l'adaptation théâtrale des aventures de ses parents... par Bram Stoker lui-même. Complexe mise en abyme ou manque d'imagination, en tout cas, le livre devait être accompagné à l'origine d'une version filmique. Le projet est pour l'instant suspendu, comme indiqué discrètement sur le site du roman: « Merci de noter que les droits du film n'ont pas encore été acquis. »

En France, c'est Michel Lafon qui publiera Dracula: The Un-dead.

 

Bonus: sur le site de Dracula: The Un-dead, on peut tester son « Dracula QI ». Mon résultat minable de 2/10 m'a valu un aimable conseil : « Ressaisissez-vous avant son RETOUR... ». Flippant, non ?




Jonathan Littell vs Hans Fallada : David contre Goliath

Posté par Madeleine le 30.07.09 à 14:55 | tags : les bienveillantes, best-seller, édition

On se souvient du mauvais accueil que la presse anglo-saxonne avait réservé aux Bienveillantes, lors de sa sortie outre Atlantique il y a cinq mois. "Répugnant" pour The New Yorker, "monologue pachydermique" pour le Sunday Times... En dépit de ses 150 000 tirages, The Kindly Ones ne partait pas d'un bon pied aux Etats-Unis.

 

Et en effet : depuis sa sortie le 1er mars, le roman s'est vendu à 17 000 exemplaires sur le territoire américain. Ce qui laisse un goût amer à son éditeur, HarperCollins, qui avait acquis l'ouvrage pour un million de dollars.

 

Et pendant ce temps...

Tandis que la presse recevait The Kindly Ones à grand bruit, la petite maison d'édition Melville House sortait Every Man Dies Alone, d'Hans Fallada (en français, Seul dans Berlin, chez Gallimard), le même jour que le Littell. Aujourd'hui, la maison prépare son quatrième tirage, et les ventes dépassent les 11 000 exemplaires. Sans parler de best-seller, cette réussite est une surprise pour Melville House, qui craignait que le monstre Littell n'écrase son poulain, que seul le New Yorker avait salué dans un article. Car les deux romans traitent du même thème : deux récits historiques, ayant pour cadre la Seconde guerre mondiale. Réédition d'un ouvrage publié en 1947 par l'écrivain allemand Hans Fallada, Every Man Dies Alone est de facture plus classique que les longues et éprouvantes Bienveillantes : il raconte la vie quotidienne d'un quartier populaire de Berlin, sous l'Allemagne nazie.

Difficile d'en conclure que Fallada fait de l'ombre à Littell; mais le succès inattendu de l'un, et l'échec douloureux de l'autre, rappellent juste que rien ne vaut un bon bouche-à-oreille pour vendre un livre. Décidément, Les Bienveillantes restent une exception européenne.

 

Lire aussi :

Jonathan Littell, trop long et trop cher pour les anglo-saxons ?

Tristan Ranx, le nouveau Jonathan Littell ?

Entretien avec Robert Littell

En images : écrivains de père en fils

 

Source: Blog de Pierre Assouline




Des morceaux de roche lunaire vendus avec un livre de Norman Mailer

Posté par Céline le 30.07.09 à 11:34 | tags : photo, beau livre, édition, news
 
Tintin et les témoignages de Buzz Aldrin - nombreux ce mois-ci, qui fêtait le quarantenaire de l'expédition Apollo 11 - y sont sans doute pour beaucoup : la lune, pourtant située à des centaines de milliers de kilomètres de la terre, nous est devenue très familière. Alors en attendant le jour où l'on pourra la visiter, l'éditeur de beaux-livres Taschen propose d'en acquérir quelques échantillons.

 

C'est avec quelques exemplaires d'un texte de Norman Mailer que ces morceaux de roche lunaire seront vendus, disons-le facilement, à un prix astronomique. A l'époque, l'auteur des Armées de la nuit avait été embauché par le magazine Life pour suivre la mission lunaire, dont il avait tiré un reportage exceptionnel. Moonfire (Bivouac sur la lune en français) est la version revue et augmentée de ce reportage, que Taschen agrémente également de nombreuses photos et d'extraits du manuscrit de Mailer (un aperçu en ligne).

 

Sur les 1969 exemplaires - tous dédicacés par Buzz Aldrin - de cette luxueuse édition, seuls 12 sont accompagnés d'un « un spécimen unique de météorite lunaire pesant entre 0,4 g et 348 g ». De quoi faire grimper le prix du livre, vendu 1000 dollars sans la précieuse pierre, à des "centaines de milliers de dollars", selon un représentant des éditions Taschen. Le prix d'un diamant, justement.

 

Sur Fluctuat : tout le business lunaire

 




Echo : Terry Moore en mode bombe atomique

Posté par Myosotis le 29.07.09 à 10:50 | tags : bd, comics, édition

Qu'on ait aimé ou pas Strangers in paradise, sa première création majeure, il faut absolument découvrir le premier tome d'Echo, la nouvelle invention de Terry Moore. A priori, l'univers d'Echo n'a pas grand chose à voir avec SIP, si ce n'est que Moore dessine toujours aussi bien et sexy. Cette fois, on n'est pas dans le roman graphique noir, mais plutôt dans un fantastique à portée moyenne (entendre par là, tous publics), qui nous ramène chez les Frères Luna ou du côté de Y : le dernier homme.

 

L'histoire d'Echo démarre par une scène atmosphérique: une nana habillée d'une combinaison sophistiquée vole dans le ciel bleu dans le cadre d'un test de matériel militaire, lorsqu'elle est prise en chasse par des avions envoyés par ses "amis" et descendue comme un pigeon. La combinaison explose (la nana avec) et quelques matériaux (un truc qui ressemble à du mercure à vue de nez) retombent sur la voiture et la poitrine (sic) d'une jeune femme en train de photographier la flore du désert local.

L'histoire est lancée. Julie Martin, la jeune femme en question, est un prototype presque parfait de girl-next-door, jolie, en train de divorcer et quelque peu paumée dans sa vie. Le morceau de combinaison de l'armée qui s'étale maintenant sur sa poitrine comme une crêpe métallique vivante (?) va changer le cours de sa vie. Evidemment, la combinaison est une trouvaille incroyable, nucléaire, un matériau semi-vivant qui non seulement vaut très cher, mais a aussi des pouvoirs insoupçonnés. Les méchants vont vouloir mettre la main dessus mais Julie et sa combi vont s'animer et se défendre. Julie passe une alliance de circonstances avec un jeune mec qui se trouve être le copain de la nana abattue dans le ciel en ouverture (vous suivez ?). La fuite est lancée dans la grande tradition américaine : bikers, motels, guet-apens, coups de fils qui trahissent les positions, traqueurs free lance et méchants militi. On n'a pas fait grand chose de nouveau depuis la série Le Fugitif (à part Prison Break 2 et quelques millions d'autres films de cinéma). Julie fuit et on la recherche.

 

On s'arrêtera là pour le résumé des premiers épisodes (le tome 1 Incidents vient de sortir en France, et le 2 Atomic Dreams aux USA, confirmant l'excellente tenue de la série), pour dire que Moore réalise jusqu'ici un sans faute. Cet Echo est parfait : magnifiquement dessiné dans un noir et blanc graphique et effilé qui fait merveille, servi par un scénario qui mêle comédie (la vie de Julie), psychologie (la spécialité de l'auteur) et action. Sans conteste, l'une des séries à suivre de l'été et une nouvelle création majeure qui se dessine. Echo confirme aussi ce bon mouvement des comics indie vers le fantastique et la proximité, le mélange des genres et une réappropriation (le syndrome Heroes peut-être) des pouvoirs en dehors de l'environnement des superslips et superhéros traditionnels.




Découvrez Firmin, le rat qui lit Steinbeck et Dostoïevski

Posté par Céline le 02.07.09 à 15:50 | tags : news, édition

Cet été, vous serez peut-être amené à vous demander : qui est donc Firmin, le rat grignoteur de livres dont des affiches placardées dans les gares font la publicité ?

 

Réponse : ni le dernier héros de Disney, ni un double de Ratatouille reconverti en libraire, Firmin est le personnage principal du roman éponyme de Sam Savage. Un rat né dans les sous-sols d'une librairie, et qui se nourrit - dans tous les sens du terme - des plus gros morceaux de la littérature - en vrac : Dickens, Fitzgerald, Dostoïevski, Steinbeck, Stendhal, Faulkner... Mais à qui il ne faut surtout pas parler des autres titres consacrés à ses comparses : « La seule littérature que je hais de toute mon âme est la littérature consacrée aux rats, souris comprises. (...) Je pisse à la raie de Mickey Mouse et Stuart Little. Si affables, si mignons avec leurs petites pattes, ils me restent en travers de la gorge comme de grosses arêtes de poisson. »

Un rat sur lequel les éditions Actes Sud misent gros aussi, à en juger par la campagne consacrée au livre de Savage, qui connaît un succès mondial depuis sa publication initiale. Affichage dans les stations de métro, dans les gares... et spot au cinéma. Firmin est en fait déjà vendu comme un film - qu'il deviendra peut-être ? Cet été, il aura en tout cas l'avantage de vous faire réviser vos grands classiques. Les amoureux du livre à la sauce borgésienne s'y retrouveront, mais ceux qui préfèrent lire les grandes oeuvres au lieu d'en entendre parler risque d'en sortir un peu frustré.

 

Lire des extraits de Firmin sur Fluctuat




On a retrouvé Dashiell Hammett

Posté par Céline le 29.06.09 à 15:22 | tags : news, édition, polar

Né cinquante ans plus tard, Dashiell Hammett aurait pu être guéri de ce qui a miné sa vie : la tuberculose. Tissu de contradictions hautement explosives, il était communiste américain et patriote, écrivain phénoménologiste et critique d'un univers déliquescent, parti deux fois en guerre et victime de la tyrannie maccarthyste des années cinquante.

 

Pour fêter les 80 ans de la parution de son premier roman, La Moisson rouge, Gallimard en offre, cet été 2009, une nouvelle traduction intégrale et nettoyée de son argot des années cinquante.

D'après Raymond Chandler, son principal disciple et admirateur, autre génie du lieu, Hammett a « sorti le crime de son vase vénitien et l'a remis à sa place, dans le caniveau ». Propagateur de la fiction hard boiled, le roman de "dur à cuire", et du roman noir (un vrai roman, mais du crime et sans justification), Hammett a posé les contradictions de la société américaine du temps du capitalisme sauvage (...)




Twitterature : Dante, Shakespeare ou Harry Potter en 20 lignes

Posté par Céline le 25.06.09 à 15:24 | tags : web, édition, news
Twitter, ou comment se faire remarquer avec... rien du tout. Deux étudiants de Chicago, qui ont eu l'idée de publier des morceaux de grands classiques via cet outil, verront ainsi leurs travaux d'ultra-synthèse publiés par Penguin à l'automne prochain.

Emmett Rensin et Alex Aciman, 19 ans, racontent avoir développé leur idée "de génie" après avoir identifié la littérature, d'un côté, et Twitter de l'autre, comme les deux grandes caractéristiques de leur époque. On mixe le tout et on obtient : la twitterature, qui a pour but de « réunir une bonne fois pour toute les deux grands piliers de notre génération »... Hum... Pas si naïfs cependant, les deux compères affichent clairement les ambitions liées à leur initiative : tous deux rêvent de devenir écrivain, riche et célèbre.
Cela marchera-t-il ? Tout dépendra de l'envie des lecteurs de se procurer les versions plus que réduites (20 tweets maximum) des oeuvres de Dante, Shakespeare, Stendhal, Joyce ou J.K. Rowling. Des 512 pages de la La Divine Comédie, il ne restera que 20 phrases. Des 784 pages du dernier tome d'Harry Potter, 2800 caractères.


Ce n'est pas la première fois que la blogosphère fait écho de quelques tentatives de rapprochement entre tweet et littérature. Il y avait eu, par exemple, le Britannique qui avait auto-publié ses deux années passées sur le réseau. Ou les deux passionnés de James Joyce qui avait entrepris, à l'occasion du Bloomsday, de redonner vie sur Twitter à 54 des personnages d'Ulysse.

Le journaliste du Guardian qui rapporte l'affaire, reste, lui, assez critique à l'égard de la dite Twitterature. Rappelant le rôle politique qu'a joué par exemple le réseau dans les événements iraniens, il estime que l'on a pu voir, en une semaine, deux facettes de l'outil Twitter : l'une, sublime, l'autre, ridicule.

 

Suivez l'actu de Flu sur Twitter

Ou encore : l'actu de Twitter sur Flu

 

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Le guide des lectures écolos

Marc Levy : fini de se payer sa tête

Le livre à caresser de Dave Eggers




Lectures écolo : suivez le guide !

Posté par Céline le 23.06.09 à 15:15 | tags : news, short-list, édition, essai
Après le raz-de-marée écolo des dernières élections européennes, et après la propagande lancée autour du film Home de Yann Arthus-Bertrand, on se dit qu'il est peut-être temps de se mettre à lire vert, et devenir ainsi un bon "greenreader".

 

Pour cela, on pourra soit se replonger dans des ouvrages passionants - essai ou fiction - abordant directement ou en filigrane les thèmes de la nature et de l'écologie, soit se tourner vers le nature writing, mouvement littéraire encore peu connu en France, qui se veut en harmonie avec les grands espaces. Suivez donc notre guide de la littérature écolo, et faîtes votre choix en consultant :

- notre diaporama des meilleurs livres écolo

- notre présentation du Nature Writing, et notre entretien avec Olivier Gallmeister, fondateur des éditions du même nom et spécialiste du Nature Writing.

 


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Le diaporama des livres pour voyager sans bouger 

Le diaporama des manuscrits d'écrivains célèbres 

10 livres à planquer en cas de perquisition 




Le grand œuvre de William Vollmann en septembre chez Tristram

Posté par Céline le 11.06.09 à 11:07 | tags : news, édition, essai

Un an après la parution de Pourquoi êtes-vous pauvres ? l'année dernière chez Actes Sud, on retrouvera William Vollmann dans nos rayons à la rentrée prochaine, avec l'un des projets les plus ambitieux de toute sa carrière, intitulé Le Livre de violences, qui paraîtra aux éditions Tristram le 10 septembre.
 

« Le Livre de violences est une critique de l'activité terroriste, défensive, militaire et policière, combinée avec certaines pensées d'ordre plus général, sur les moments où la violence pourrait être appropriée », explique Vollmann. L'écrivain, qui ne craint de pas d'explorer les sujets les plus vastes et les plus complexes, avait silloné il y a quelques années la planète pour aller interroger ses habitants sur leur pauvreté (Poor People, 2007). Il avait ensuite pris le train pendant trois mois avec des cloches pour raconter l'aventure des hobos (Riding Toward Everywhere, 2008).

Le livre des violences, paru pour la première fois en 2003 chez McSweeney's (5000 pages, 7 volumes, avec notes et annexes), s'appuie lui aussi sur une enquête de terrain, menée par Vollmann au cours de ses reportages dans les zones de conflit du monde. C'est une édition réduite - par l'auteur lui-même (960 pages) - et accompagnée de photographies, que publieront les éditions Tristram (auxquelles nous devons la redécouverte des écrits les plus expérimentaux du maître Ballard). « Nous n'excluons pas de compléter cette version en publiant ultérieurement d'autres parties du corpus original », précisent les éditeurs.

Parce qu'il cherche le plus souvent à explorer les phénomènes de nos sociétés, parce qu'il ne se départit jamais, dans l'observation de ses pairs, d'un regard profondément humain, William Vollmann apparaît comme l'exemple modèle des écrivains qui se soucient avant tout de rester en prise avec le monde contemporain. Alors son grand livre sur la violence, il ne fait aucun doute que nous vous en reparlerons. 




Avec les éditions 13e note, la Beat generation respire encore !

Posté par Céline le 10.06.09 à 14:52 | tags : roman, édition
Lancées en avril dernier avec notamment la parution d'un ouvrage de Dan Fante (le fils de John), les éditions 13e note n'avaient pas tout de suite attiré notre attention malgré une ligne éditoriale pour le moins alléchante. Sexe, drogue, rock'n'roll : voilà de quoi ravir de nombreux nostalgiques de la Beat generation, et plus généralement les adeptes d'une littérature qui remue.
 

« Ombres bleuies par l'amour et déchirées par la dèche, groggy, terrifiées par leur reflet dans le miroir fêlé des chiottes d'un motel, au fond d'un verre de bourbon ou dans les yeux d'une pute carbonisée à la meth. » L'esprit de 13e note est clair : les livres sont là pour heurter, blesser, shooter ; faire saigner, planer, baiser. A l'image de Dan Fante et de son Régime sec, ou de Mark Safranko (Putain d'Olivia), les auteurs que publie cette toute jeune maison ne prennent pas de pincettes : les mots sont crus, les gens sont nus, le texte mord comme le fait toute poésie née sous hallucination.

Si vous êtes tentés par un petit voyage en enfer, les éditions 13e note vous proposent donc quelques tickets. Le dernier en date : Notre Dame du Vide de Tony O'Neill, dont Flu, en partenariat avec les éditions 13e note, vous fait gagner quelques exemplaires.

Participez au concours 13e note pour gagner des exemplaires de Notre Dame du vide.

 

Le site des éditions 13e note




Monsieur Toussaint Louverture : portrait d'un électron libre de l'édition

Posté par Céline le 05.06.09 à 15:04 | tags : édition
Créer une revue littéraire mystérieuse et rafraîchissante, publiée sur papier et sur le web, puis monter une véritable petite maison d'édition indépendante, c'est possible. Dominique Bordes l'a fait. Il l'a appelée « Monsieur Toussaint Louverture » et il peut en être fier.
 
A l'origine, il voulait créer un magazine « drôle et rock'n'roll ». Et puis, finalement, Dominique Bordes a créé l'ouverture, comme on dit au rugby, un sport de chez lui. Originaire du Lot-et-Garonne (47), il a grandi dans la région de Marmande, d'Agen et de Casteljaloux, avant d'aller étudier à Bordeaux : la sociologie, la communication, puis les métiers du livre. Aujourd'hui, il travaille pour plusieurs maisons d'édition à la fois (Zulma, Le Castor Astral...), mais aussi sur son propre projet baptisé « Monsieur Toussaint Louverture ». Drôle de nom ? C'est voulu. Choisi après mûre réflexion, cet hommage à l'esclave affranchi qui fut à l'origine de l'indépendance d'Haïti correspond aux critères que s'était fixé Dominique : un nom à la fois propre et commun, fort, poétique, qui inspire une image sans en avoir vraiment une. Ce qu'il en a fait ? D'abord une belle revue littéraire, iconoclaste, dotée d'un élégant site web.
 
 
Lire aussi :



Le nouveau Greg Egan, c'est pour novembre !

Posté par Maxence le 29.05.09 à 14:53 | tags : news, science-fiction, édition
On en parle déjà beaucoup sur le forum du Bélial (maison d'édition, entre  autres, de la revue Bifrost) : l'éditeur à l'origine de la publication de "l'intégrale raisonnée" des nouvelles de l'immense auteur australien de science-fiction, Greg Egan, annonce en effet la parution du tome 3 de ses nouvelles, sous le titre Océanique, pour novembre 2009 !

 

L'évènement est de taille puisque ce copieux recueil faisant suite à Axiomatique et Radieux, comprendra "treize récits dont sept inédits". Rappelons que la réunion, traduction et publication de toutes les nouvelles de cet écrivain précieux est une initiative que l'on doit aux Quarante-Deux, indispensable database et communauté d'auteurs, d'éditeurs, de traducteurs et de passionnés (une des premières sur le net en France) gravitant autour du fameux site du même nom, spécialisé dans la littérature fantastique et la science fiction. Quarante-Deux est également une "base de données exliibris recensant actuellement plus de quatorze mille textes", parmi lesquels des notices courtes, des commentaires d'ouvrages, des essais sur le genre, la liste des prix littéraires et des fanzines.

 

La parution de ce nouveau volume consacré à Greg Egan sera une nouvelle fois l'occasion pour les amateurs de faire la nique aux détracteurs des littératures de l'imaginaire, en présentant un auteur dont les sujets dépassent largement le cadre d'une SF souvent galvaudée, et encore trop souvent moquée et ignorée par ceux qui n'y connaissent rien (ou ne se basent que sur les couvertures souvent trop colorées, qui valent bien des déboires au genre).

En l'occurrence, ce recueil d'Egan ne péchera pas dans le sens d'un gribouillage pseudo-futuriste, puisque sa très belle couverture en partie dévoilée par l'éditeur sur son site, s'inspire du Nazaréen (création de Nicolas Fructus). Une façon d'insister sur  "l'importance de la question religieuse et la question morale face aux changements culturels et scientifiques, dans l'œuvre d'Egan... ", selon Olivier Girard, responsable du Bélial.

Une autre bonne nouvelle pour finir : Océanique ne sera pas le dernier volume de l'intégral puisque l'auteur s'est enfin remis à écrire après une pause de plusieurs années... A suivre donc.

 

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Peter Watts explore nos espaces intérieurs
L'actu de science fiction




Le premier roman de David Foster Wallace enfin traduit !

Posté par Maxence le 18.05.09 à 10:03 | tags : news, roman, au diable vauvert, édition
Joie ! Allégresse ! C'est désormais officiel : la prose ampoulée mise au service d'une imagination délirante de David Foster Wallace, malheureusement décédé il y a un an, va faire son "second coming" dans nos contrées sous peu ! Les éditions du Diable Vauvert annonce la parution, en août prochain, de La Fonction du balai, premier roman de celui que l'on considérait déjà comme le Thomas Pynchon du XXI° siècle.
 
Écrit en 1986, La Fonction du balai raconte l'histoire de Lenore Beadsman, une héroïne vivant en 1990 dans une version légèrement altérée de Cleveland, à la frontière d'une immense friche suburbaine, le Grand Désert d'Ohio. Standardiste dans une maison d'édition, la jeune femme doit faire face à la disparition de son arrière-grand-mère (ancienne disciple de Wittgenstein), ainsi qu'à la jalousie pathologique de son petit ami et patron, l'éditeur Rick Vigorous. Pour couronner le tout, sa perruche, portant le doux nom de " Vlad l'Empaleur ", devient une star de la télévision lorsqu'elle se met à déblatérer un mélange de jargon psychologique, de poésie britannique et d'extraits de la bible du roi Jacques sur une chaîne tenue par des chrétiens fondamentalistes...
On le voit, avec ce livre au pitch surréaliste, prétexte à explorer les paradoxes du langage, de la narration et de la réalité, l'auteur savait déjà lier histoire décalée, critique de l'absurdité de son pays et humour aussi débridé qu'intelligent.
 

A noter que La fonction du balai sera suivi de "David Foster Wallace pour mémoire", un recueil d'hommages signé par les plus grands écrivains américains contemporains, parmi lesquels Colin Harrison (Havana Room, Manhattan nocturne), Don De Lillo, auteur de quatorze romans, dont Outremonde et Bruit de fond, Zadie Smith, auteur de trois romans, dont Sourires de loup (Gallimard), George Saunders (Grandeur et décadence d'un parc d'attraction et Pastoralia) et Jonathan Franzen (Les Corrections, La Zone d'inconfort). Vivement le mois d'août !




Bientôt une suite à L'Attrape-coeurs de Salinger?

Posté par Gwenola le 15.05.09 à 17:17 | tags : vo, édition, news

Imaginiez-vous Holden Caufield, l'ado exalté de L'Attrape-Coeurs, en pensionnaire de maison de retraite impotent ? C'est pourtant ce qui nous attend visiblement dans un roman à paraître en Grande-Bretagne le mois prochain : John David California, un américain d'origine suédoise fan de Salinger, vient d'écrire, à 32 ans, la suite du roman culte de la littérature populaire et adolescente : 60 Years Later Coming Through The Rye (L'Attrape-cœurs, 60 ans après).

 

Reprenant le texte là où celui de Salinger s'arrête (dans un établissement qui ressemble à un hôpital psychiatrique), le roman de California s'ouvre sur ces mots : « J'ouvre les yeux et, comme ça, j'suis réveillé. J'imagine qu'il doit être fichtrement tôt, mais on doit être au beau milieu de la nuit. Il fait tellement sombre que je peux à peine voir ma fichue main devant ma figure. » Il reprend ensuite le schéma de la fugue du héros, non plus d'un établissement scolaire mais d'une maison de retraite, jusqu'à l'errance dans les rues de New-York. L'aplomb de la jeunesse en moins...


La légende veut que California ait trouvé le roman de Salinger dans une cabane au Cambodge, et que celui-ci l'ait aidé à guérir de tous ses maux. C'est ainsi qu'il aurait eu l'idée d'en écrire la suite. « Ça ressemble pas mal au roman originel », prévient California. En revanche, son livre fait aussi intervenir Salinger lui-même, dans le rôle d'un auteur embarrassé ne sachant plus vraiment quoi faire de son héros...
La suite de L'Attrape-Coeurs, dédicacé « au pire menteur pathologique que vous ayez jamais vu dans votre vie », est prévu pour le 25 juin en Grande-Bretagne (Nicotext). Pas sûr que Salinger (qui a toujours refusé de donner son autorisation pour une adaptation de son roman et vit reclus depuis 1965) apprécie vraiment. Les fans du roman non plus d'ailleurs. Un appel a même été lancé pour boycotter les suites du livre...
 
MAJ: Attaqué en justice par Salinger, John David California, de son vrai nom Fredrik Colting, a été condamné, ce 6 juillet, à voir son livre retiré définitivement des ventes aux Etats-Unis. Alors qu'il plaidait la parodie, le tribunal a donné raison à Salinger, qui avait porté plainte pour suite non autorisée. "La dernière chose que j'imaginais sur les Etats-Unis, c'est qu'on y interdisait des livres", a déclaré Colting, après l'annonce du verdict. Il pourra se consoler dans les rayons des librairies britanniques, qui, elles, n'ont pas interdit le roman. 





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