Fil d'actu : Easton Ellis  Bret Easton Ellis, l'auteur de Moins que zéro, american psycho, glamorama, soutenu ici jusqu'à la mort
On nous avait annoncé Glamorama par Roger Avary, se sera finalement Zombies (The Informers) qui se verra adapté au cinéma par Gregor Jordan, réalisateur plutôt discret (Ned Kelly), sous la supervision de Bret Easton Ellis lui-même, ce qui est une bonne nouvelle. Autre news plutôt positive, après Brandon Routh (Superman Returns) et Billy Bob Thornton, c'est au tour de Kim Basinger de rejoindre se casting d'angelenos en proie à toutes les molles turpitudes de la capital du cinéma. On imagine déjà la star vieillissante incarnant une de ses mères abruties de valium et de prozac. Pour finir, on annonce aussi la présence au casting d'Ashley Olsen, de l'une des deux jumelles bien connues. On se prend à rêver à l'évocation de cette gamine anorexique qui a connu dés son plus jeune âge tout ce que L.A. peut produire de sexe cru, de drogue et de désillusion dans un film supervisé par Ellis... Un rôle de composition, pour le moins ! Après Moins que Zéro médiocrement adapté au grand écran sous le titre de Neige sur Los Angeles, puis l'excellent Les Lois de l'attraction de Roger Avary et le plutôt raté (bien que cela ce discute semble t'il ardemment sur certains forums tuning) American Psycho, espérons que ce recueil de nouvelles dont toutes les histoires sont liées (une gageur pour le réalisateur) sera honoré comme il se doit. Le tournage a débuté en octobre dernier à Los Angeles (évidemment) et le film sortira courant 2008. On attend impatiemment la bande annonce.


La chaîne américaine Showtime développerait un soap opera co-écrit par Bret Easton Ellis et Dave Kalstein. Teinté d'horreur, le projet met en scène un groupe de trentenaires plutôt aisés - un redac chef de magazine, un avocat, un propriétaire d’une galerie d’art, un organisateur d’évènements et un tenancier de bar. L'idée manifestement tirée du principe de Lunar Park est de les confronter à des situations violentes et autres apparitions flippantes sans que les protagonistes ne puissent savoir si tout cela est bien réel ou issu de leur imagination. Ellis aurait d'ailleurs expliqué que la série resterait réaliste et qu'il ne comptait pas se prendre pour David Lynch. Ca se passera à Los Angeles, évidemment. Voilà, nous nous inscrivons avec cette news dans une horrible chaîne de l'information qui va de Showtime à nos amis de Buzz littéraire en passant par le Hollywood reporter et via Fantasy.fr. En voulant la compléter d'informations nouvelles sur Dave Kalstein histoire de se la péter on est retombé sur les deux articles qu'on venait de pomper. Brrrr...
ps : sur Flu, le dossier Ellis et l'anticipation, toujours excellent.


Petit plaisir à ce faire le matin en arrivant au bureau quand votre boss n'est pas là : Allez jeter un oeil sur le papier sur Bret Easton Ellis paru dans son numéro 8 de Transfuge et que le magazine propose en ligne gratuitement. A l'évocation de ce roman (Lunar Park), je ne peux m'empêcher de penser qu'il nous a fallut attendre 5 ans pour pouvoir le lire et que l'on va certainement attendre aussi longtemps pour lire le prochain. Une attente proportionnelle à l'admiration que nous éprouvons pour cet écrivain sur Millefeuilles, d'autant que (c'est totalement personnel mais bon...) Lunar Park ne déçoit pas. Souvenez-vous, ce qui commençait comme une banale histoire d'écrivain déménageant en vue d'une réconciliation familliale dans une propriété du Midland, bascule bientôt dans l'incontrôlable et l'incohérence. Le récit - qui débute réellement de façon plutôt comique par une fête d'halloween - se transforme en un carrousel cauchemardesque. Des jouets maléfiques prennent vie, de jeunes garçons disparaissent et le spectre inquiétant de la figure paternelle réapparaît sous la lune en la personne du serial killer d'American Psycho, ou bien est-ce l'auteur lui-même ? Rappelez-vous aussi l'inoubliable chapitre d'exposition où l'auteur/narrateur évoque tous ses livres précédents. La première partie qui déjante rapidement pour se transformer en un mix à la fois hilarant et tragique de Moins que Zéro et de Las Vegas Parano. Hilarant, quand l'écrivain raconte dans le détail sa vie durant ses années de succès, exposant sans pudeur ses excès, les polémiques autour de sa sexualité (le "truc Gay"), les tournées promotionnelles chaotiques et ses efforts pour devenir un chef de famille clean et responsable. Tragique quand il décrit la mort d'un père haï dont la férocité et l'indifférence continuent de le hanter cruellement. Autofiction, pastiche, fausses piste ? On l'a compris, l'œuvre de l'américain est un puzzle abritant de nombreuses zones d'ombres et Lunar Park ne fait pas exception. Ellis prend un malin plaisir à balader son lecteur. C'est tout l'intérêt de cette oeuvre hors-normes. Et c'est peut-être la raison pour laquelle François Bégaudeau le taxe de "non-écrivain" ("Bret Easton Ellis = Tout Sauf Ecrivain"). A la lecture de son article, on se rend compte à quel point nous naviguons à l'aveuglette dans l'oeuvre de Bret Esaton Ellis, tentant tant bien que mal de se repérer dans ce labyrinthe. "Tout est clair, donc, sauf que rien ne l'est "(Bégaudeau). Cerné de duplicité et de vérités cachées, Ellis se moquerait-il d'Ellis ou de son lecteur ? Les deux certainement... A lire également son analyse/chronique d'American Psycho.


"Farce trépidante, surréaliste et sexy sur la peur et la séduction à Manhattan - un endroit où tout le monde espionne tout le monde -, Love Creeps relève à la fois de la comédie à suspense et du traité philosophique sur la névrose amoureuse."Bret Easton Ellis, à propos du dernier roman d'Amanda Filipacchi. " Interférence du jour : il me fallait trouver une phrase pour la promo d'un livre banal et inoffensif, écrit par une connaissance à New-York, encore un roman médiocre et poli (La plainte du mille-pattes) qui allait obtenir quelques critiques respectueuses et puis être oublié à jamais. La phrase que j'ai fini par concevoir était désinvolte et évasive, une suite de mots si vagues qu'elle aurait pu s'appliquer à n'importe quoi." Bret Easton Ellis. Lunar Park. Amanda Filipacchi, Love creeps. Denoël. ( Illus.)
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