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La Genèse de Crumb dans Télérama : premières impressions

Posté par 2goldfish le 19.06.09 à 10:31 | tags : bd, comics, news
Le premier extrait de la Genèse selon Robert Crumb a été publié dans Télérama et on peut enfin se faire un début d'avis sur l'objet de tant de spéculations.

 

La première chose qu'on apprend, c'est que les quelques pages publiées par Télérama à chaque numéro ne seront que des morceaux choisis : l'album qui paraîtra en octobre (Denoël Graphic) comptera 202 pages et Télérama ne commence même pas au début, avec la création de la Création, mais avec l'un des épisodes les plus vendeurs, celui d'Adam, d'Eve et du fruit défendu.Crumb le précise lui même dans l'une des citations qui émaillent le portrait qui accompagne la BD pour l'occasion, il était parti pour dessiner une version satirique d'Adam et Eve jusqu'à ce qu'il réalise à la lecture de la Genèse que celle ci résistait à la parodie. Trop bizarre, mystérieuse et puissante : Crumb s'est alors embarqué dans ce qu'il désigne comme un simple travail d'illustration. A la lecture des premières pages, c'est bien tout ce qu'il en ressort et on se demande bien où est l'auteur dans cette illustration sans personnalité du Texte.

 

Puis vient le Serpent, créature semi-humaine dont la séduction et la symbolique deviennent plus qu'évidentes à travers le dessin de Crumb. Puis Dieu se met en colère, ses malédictions sont bizarres et misogynes, ses traits de patriarche Charlton-Hestonesques sont déformés dans une expression mesquine et terrible.
Finalement, cette lecture de la bible est toute crumbienne mais bien plus subtile que ce à quoi l'auteur des BD joyeusement misogynes et racistes des 60's nous avait habitué.
 
Lire aussi :

 




Des auteurs de bd lancent un manifeste en faveur du webcomics

Posté par Céline le 18.06.09 à 11:50 | tags : lectures de bureau, web, bd, comics

 

Aujourd'hui 18 juin, un appel vient d'être lancé : des auteurs de bd, réunis autour du site Webcomics, entendent faire découvrir à un maximum de lecteurs la bande-dessinée en ligne.

 

Plateforme gratuite permettant aux auteurs confirmés ou amateurs de diffuser leurs oeuvres, Webcomics, avec son interface très simple d'utilisation, propose donc de tout : à chacun donc de faire son choix parmi les différents genres : récit, humour, autobiographie... Le Manifeste du 18 juin, lui, n'a qu'une ambition : inviter les lecteurs à profiter de la bd numérique, qui, nous le savons, a l'avantage d'occuper tous ceux qui vivent mal les heures creuses de leur journée au bureau...

Voir également sur Fluctuat :

Lord of light, le roman qui ne reste qu'un roman 

Le journal Pilote revient avec un numéro sexy

La Bible satirique de Robert Crumb dans Télérama

 







Lord of Light, le roman qui ne reste qu'un roman

Posté par 2goldfish le 12.06.09 à 18:17 | tags : le livre ou le film ?, bd, comics, science-fiction

"Lord Of Light" c'était, à la base, un excellent roman de science fiction bouddhiste de Roger Zelazny. Aujourd'hui, ça n'est toujours que ça mais ce n'est pas faute d'avoir essayé de l'adapter en film.

 

A la fin des années 1970 l'écrivain et inventeur Barry Geller arrive à Hollywood bien décidé à réaliser une adaptation cinématographique du roman de Zelazny. Pour ce faire, il embauche le roi des comics, Jack Kirby, qui dessine pour lui des décors complétement fous. Plutôt que de dire "c'est trop, on arrivera jamais à construire ça" comme n'importe quel homme sensé l'aurait fait, Geller s'enthousiasme et suggère à Kirby d'utiliser ses dessins comme la base d'un parc d'attraction dans le Colorado qu'il appellerait Science Fiction Land et qui serait bâti sous un dôme géodésique de plus de 700 mètres de haut. Geller avait tout de même réussi à réunir quelques millions de dollars pour financer tout ça quand son assistant a été arrêté pour avoir détourné ces fonds.

L'histoire de Geller s'arrête là, mais pas celle du film puisque le script et les dessins de Kirby seront utilisés plus tards par des agents de la CIA qui délivreront des otages après s'être fait passé pour des producteurs hollywoodiens venus à la recherche d'un lieu où tourner ce film au budget colossal.

La réalisatrice Dian Bernard a l'an dernier entrepris de tourner un documentaire plutôt prometteur sur toute cette histoire, et elle en a même montré un peu sur un blog consacré au projet en septembre dernier mais aujourd'hui, c'est le silence radio. Le projet LOL serait donc à nouveau tombé à l'eau ?

 

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La Bible satirique de Robert Crumb dans Télérama

Le diaporama de l'expo Art Spiegelman




La Bible satirique de Robert Crumb dans Télérama

Posté par 2goldfish le 09.06.09 à 10:02 | tags : bd, news, comics

Cet été, le programme télé de ceux qui n'aiment pas la télé prépubliera en exclusivité le très attendu « Genesis » de Robert Crumb. Ce projet d'adaptation du premier livre de la bible, on en entend parler depuis au moins six ans. C'est le premier travail d'une telle ampleur pour Crumb qui ne s'est jamais associé au mouvement du « graphic novel ».

 

Le New Yorker a récemment révélé les premières pages de la BD qui permettent de se faire une assez bonne idée du bouquin : il s'agit d'une adaptation fidèle du texte original, pleine de citations directes, qui devrait pourtant fournir de quoi se fâcher aux juifs, chrétiens et musulmans. Le dessin de Crumb apporte en effet une dimension satirique féroce au texte original, révélant une vision de Dieu assez semblable aux personnages les plus déjantés de Crumb comme Mr Natural ou Crumb lui même. Le Créateur y apparaît comme un personnage colérique, vindicatif, manipulateur...

Robert Crumb aurait découvert dans les premiers épisodes de la Bible un équivalent à son imaginaire bizarre et sombre, de quoi nous faire peur sur les fondements de nos sociétés.




Le diaporama de l'exposition Art Spiegelman

Posté par Céline le 28.05.09 à 15:40 | tags : comics, bd, exposition
Mondialement connu pour sa série Maus, Art Spiegelman n'est pas seulement un graphiste et un conteur de génie, mais également à l'origine de la grande révolution des Comics américains. L'exposition Art Spiegelman présentée à la Galerie Martel (du 5 juin au 11 juillet) cherche à rétablir toute les facettes de cet artiste engagé.

 

Des illustrations de presse provocatrices aux croquis restés secrets, les oeuvres présentées à la galerie Martel retracent un parcours complexe et exceptionnel. Voici un diaporama consacré à Art Spiegelman.
 
Exposition Art Spiegelman. Galerie Martel, du 5 juin au 11 juillet 2009.
Vernissage jeudi 4 juin en présence de l'artiste.
17, rue Martel - Paris 10e
Plus d'infos sur le site de la galerie Martel



Entretien avec les Frère Luna, prodiges de la BD américaine

Posté par Céline le 18.05.09 à 14:45 | tags : bd, comics
A 28 et 31 ans, les frères Luna sont des prodiges de la bande dessinée US. Révélés par la rafraîchissante saga Ultra, puis par l'incroyable Girls, l'un des comics les plus hypnotiques de ces dix dernières années, Joshua (scénario) et Jonathan (dessin) ont démarré, il y a tout juste un an, une nouvelle série remarquable chez Image : The Sword. En attendant qu'elle paraisse en France, nous avons demandé aux Frères Luna de nous parler de leur style inimitable, de la façon dont ils se jouent des codes superhéroïques, et de leur notre obsession pour les jolies filles...


Fluctuat : Vous avez une petite trentaine d'années maintenant et vous écrivez depuis 10 ans des albums très matures, très sombres, avec des intrigues super élaborées, à commencer par Ultra. Qu'est-ce qui vous a orienté si tôt vers ces thèmes : la jalousie, la mesquinerie, le sexe ?
Joshua : Je ne pense pas qu'il y ait un âge requis pour écrire de bonnes histoires. Il faut considérer un créateur dans sa globalité, pas juste pour son âge, qui ne veut pas dire grand-chose. L'un de nos parents était militaire. On a donc pas mal déménagé de villes en villes, changé de pays, de continent même. En un sens, on a eu une enfance unique, mais je crois surtout qu'on a trouvé de l'intérêt dans ces thèmes parce qu'ils nous concernent tous. Il se trouve juste qu'on aime dessiner et écrire des histoires et que, du coup, on s'est mis à les jeter sur le papier. (...)



Quimby The Mouse de Chris Ware en dessin animé !

Posté par 2goldfish le 11.05.09 à 15:27 | tags : bd, littérature en vidéo, comics

Chris Ware et l'émission de radio "This American Life" avait déjà collaboré à la création d'un très court métrage animé inspiré de son travail : ils remettent le couvert avec cette fois une animation de Quimby the Mouse, personnage de vieux dessin animé à la Felix The Cat créé par Ware dans ses jeunes années et qui n'avait jusqu'ici jamais été animé.

 

Avec une chanson d'Andrew Bird pour l'ambiance, le résultat est bien plus satisfaisant que la dernière fois. Les aventures dépressives de Quimby, la souris avec trop de têtes, ont toujours été muettes et proches du cartoon. L'un de ses principaux intérêts cependant, c'est la maestria avec laquelle Ware construit ses planches et on n'en retrouve pas d'équivalent dans la mise en scène plan plan de l'animateur John Kuramoto mais peu importe, Quimby bouge, on a toujours voulu voir ça.
 
Quimby the Mouse, This American Life, sur Vimeo.



X Men Origins : Wolverine : le livre ou le film ?

Posté par Myosotis le 01.05.09 à 09:35 | tags : comics, bd, le livre ou le film ?, elucubration

On a enfin vu X-Men Origins : Wolverine dans sa version définitive et pu apprécier le coup de griffes de Hugh "Logan" Jackman. Comme on s'y attendait (un peu), l'ensemble est enlevé, formidablement spectaculaire mais échoue encore une fois à rendre toute la complexité et la profondeur d'un personnage qui, avec les années, était devenu l'un des plus intéressants de l'univers Marvel. Le film n'est pas bon, tout le monde le dit, et encore moins une réussite absolue pour les amateurs de comics et les fans du griffu.

 

Logan est le Lucky Luke barbare des X-Men, un monstre de sauvagerie capable d'éructations animales et en même temps (l'un de ses points communs avec Hulk), un animal blessé, un enfant abîmé, amnésique à la recherche de sa part d'humanité. Alors que les comics choisissent souvent leur angle d'attaque : l'action ou l'introspection en dominante mais sans renoncer au fil des séquences à jouer sur les deux pôles d'attraction du poilu, le film hésite assez peu avant de laisser tomber la part sombre de Wolverine pour en faire une machine de guerre. Le début du film est symptomatique de cette option : le réalisateur démarre en copiant quasi plan à plan le Wolverine Origins de Jenkins et Kubert et ouvre sur une scène iniatique qui nous donne un aperçu de ce qu'aurait pu être un film de Wolverine victorien et inspiré des Hauts de Hurlevent (ce qui est le cas de ce chef d'oeuvre bande-dessinée).

 

Logan est flanqué d'un pâlot Sabretooth, trop méchant pour être crédible sur la pellicule; Wolverine le film devient un film d'action assez traditionnel d'où les éléments psychologiques introduits par le run de Barry Windsor Smith sont soigneusement évacués. Il aura beau perdre 2 fois sa nana, Jackman n'approche jamais la justesse et la tristesse des comics. Quitte à aller jusqu'au bout, Marvel aurait dû se payer d'emblée un Wolverine vs Hulk qui aurait eu une meilleure gueule, ou à développer l'alliance Wolverine-Captain America contre le joug nazi. (Question subsidiaire : quelqu'un a-t-il vu un cameo lors du débarquement du Captain ? Pas moi en tout cas....)

Etrangement et pour une fois, c'est donc la relative homogénéité du film qui plombe son impact et limite sa séduction. L'équipe de superbâtards réunie autour du griffu n'est pas assez individualisée pour prendre corps - elle n'existe pas sous cette forme dans les comics, le réalisateur ayant essayé de fourrer le maximum de personnages en un minimum de temps - et s'en désintéressant dès qu'il a présenté (en 10 minutes) les pouvoirs des uns et des autres. Il ne s'agissait pas de refaire les Inglorious Bastards ou les X Men, mais tout de même. A quoi bon se payer une équipe si c'est pour s'en servir si peu ? Au jeu du qui s'en sort le mieux, Gambit tire son épingle du jeu, Deadpool est à la ramasse en ninja blanc démasqué. Pour le reste, l'équipe ne vaut pas grand chose et le personnage de généralissime devenu emblématique des films adaptés de comics (voir Iron Man, Hulk,...) n'a pas plus d'intérêt qu'ailleurs.

 

Là encore, si on peut reprocher une chose au film, c'est son parti pris d'efficacité à tout va et l'incapacité à ralentir le rythme, qui est l'un des travers du cinéma Marvel actuel (je mets de côté le Hulk de Ang Lee, le seul peut-être à avoir échappé à la règle et qui l'a payé cher). Point positif tout de même côté ciné : les scènes de transformation (injection du produit, plan du squelette) de Wolvie en bête d'adamantium sont épatantes et graphiquement superbes, ce que la BD n'a jamais réussi à rendre de cette manière. Quant à Hugh Jackman, son charme ténébreux nous laisse tout de même un peu sur notre faim. Si on s'est habitué avec les films X Men à le voir dans ce rôle, on peut, en lecteurs avertis des comics, le trouver un peu trop "mannequin" et sec pour le rôle. Son poil est trop bien taillé et presque trop discipliné pour le personnage qu'on connaît. Son regard est trop "normal" et travaillé pour convaincre dans les grandes scènes de colère, comme si, à chaque fois, il avait voulu poser sur la photo. Le Wolverine de bande dessinée a une énergie et une animalité que Jackman n'approche que trop rarement. Sa vision d'un Wolverine sombre est un peu trop claire pour nous.

 

Les livres ou le film donc ? Comme à chaque fois, on répond la même chose : les livres bien sûr mais on peut aussi voir le film pour d'autres raisons et s'amuser tout autant. La distribution (officielle) de pop corns, c'est maintenant sur vos écrans. Pour les autres, c'est aussi la fête à Wolvie dans les étals de librairie avec des rééditions si nombreuses qu'on n'ose même pas les détailler.

 

Tout savoir sur les X-Men




The Sword : le nouveau cycle des Luna Brothers

Posté par Myosotis le 30.04.09 à 16:34 | tags : littérature en vidéo, vo, bd, comics
 
Il ne m'était jamais venu à l'esprit que les frères Luna (Jonathan et Joshua) pouvaient avoir un visage et surtout qu'ils pouvaient être aussi... jeunes. Créateurs d'une des sagas les plus intéressantes et sensuelles de ces dernières années, Girls, dont on a déjà parlé, les Luna Brothers sont en train de fournir à Image une nouvelle série à succès, à l'ancienne presque et archétypale de la nouvelle manière de voir les comics.
 
The Sword, dont les 12 premiers épisodes sont sortis en volume ces derniers mois (en VO) est une aventure impeccable qui lorgne vers l'American Gods de Gaiman, empruntant à la fantasy tout en gardant un ancrage fort dans la veine "girl next door" qui a assis le succès de Girls et d'autres chefs d'oeuvre comme Y : The Last Man.
 
On est toujours dans l'Amérique profonde cette fois mais dans un contexte quasi mythique : une famille est à table (une grande soeur, un père, une mère plan plan et une jeune soeur tétraplégique) quand des intrus dérangent le repas et assassinent tout le monde. Ils cherchent des noises au père qu'ils prennent pour un certain Demetrios et qui leur aurait subtilisé une épée (the sword). Le père débarque, nie et la soeur handicapée assiste au massacre de sa famille par les étrangers au moyen de superpouvoirs élémentaires (l'un contrôle l'eau, l'autre le feu, l'air,...). La jeune handicapée passe à travers le plancher, on la croit morte quand sa main se resserre sur une épée..... C'est ainsi que démarre le cycle.
 
L'épée est magique et la jeune femme se remet à marcher. The Sword évoque pêle-mêle A History of Violence (un homme a dissimulé sa vérité à sa famille), Kill Bill (il va s'agir ensuite de venger la famille....) et un tas d'autres cycles mi-SF, mi-fantastique. Transformée, l'handicapée Dara Brighton désormais dotée, lorsqu'elle a l'épée en main, d'une superpuissance incroyable. Les secrets de The Sword, qui plongent leurs racines dans la mythologie des Iles Grecques, nous sont livrés dans le volume 2. Il est question de dieux, de sacrifices humains, de civilisations perdues. Dara est flanquée d'une amie courageuse et d'un sidekick masculin trouillard. Elle est enlevée par le gouvernement américain et poursuit sa vengeance de manière implacable. Le scénario est clairement moins original que celui de Girls, un rien répétitif mais le dessin toujours aussi fantastiquement léché et immature. Les Luna Brothers abusent des effets éprouvés dans Ultra ou Girls, des premiers plans ultralisibles, des effets flous et des visages qui se ressemblent tous. Cela ne nous empêche pas de marcher à fond et de partager la cavale des vengeurs avec angoisse et exaltation. C'est simple, bêbête mais on adore ces deux-là et tout ce qu'ils nous servent désormais. Traduction à venir, sûrement, chez Delcourt.
 



Barack le Barbare : Obama affronte Sarah Palin dans une bd

Posté par Céline le 09.04.09 à 10:47 | tags : news, bd, édition, vo, comics

Après une apparition dans un numéro de Spider-Man, Barack Obama fait son retour dans la bande-dessinée. Cette fois, il sera : Barack le Barbare. Son principal ennemi ? Red Sarah, une version comics de Sarah Palin, qui montre l'ex-colistière de McCain vêtue d'un bikini et d'une cape en fourrure...

Barack the Barbarian : Quest for the Treasure of Stimuli sera le premier titre d'une série lancée par les editions Devil's Due. Hypermusclé, armé d'une hache ensanglantée, Barack y incarne un "héros puissant", dont "la destinée est de sauver la grande république Américaine et de détrôner les despotes surpayés". Sur son chemin, il rencontrera notammment la Sorcière Hilaria et son mari Bill, un demi-dieu un peu filou, ou encore le grand seigneur Boosh.

Signé Larry Hama - auteur qui a notamment travaillé sur les series GI Joe et Wolverine - Barack the Barbarian sortira en juin laissera aux lecteurs le choix entre deux couvertures différentes : l'une montrant Barack, l'autre Red Sarah. Une autre bande-dessinée du même éditeur, Drafted : 100 Days, de Mark Powers contera l'histoire de Barack Hussein Obama, un homme muet qui voit ses idéaux anéantis par une guerre intergalactique.
 
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Les illustrations SM du créateur de Superman

Posté par 2goldfish le 02.04.09 à 16:45 | tags : vo, comics, sexe et littérature
Secret Identity, un livre de Craig Yoe qui vient de paraître outre-Atlantique, révèle ce qu'il est advenu de Joe Shuster, le co-créateur de Superman qui a revendu ses droits sur l'homme d'acier pour une bouchée de pain.
Shuster, dont la vue diminuait, a dû travailler quelques années comme livreur pour joindre les deux bouts avant de retrouver un job dans l'illustration pour un obscur magazine nommé "Nights Of Horror". Dans ce magazine, Shuster illustrait d'abracadabrants scénarios sado-masochistes dans le même style graphique que Superman. Pire encore, il donnait à ses personnages les traits de Superman/Clark Kent, Lois Lane, Lex Luthor et autres héros de la bande dessinée qui l'a rendu célèbre.

Nombreux ont été les dessinateurs de comics contraints à accepter ce genre de jobs "honteux", sans parler de ceux qui l'ont fait par choix. Craig Yoe en avait déjà révélé plusieurs dans son livre "Clean Cartoonist's Dirty Drawings", qui compilait des travaux érotiques peu connus de dizaines d'artistes parmi lesquels Carl Barks (créateur de Picsou), Steve Ditko (Spiderman) ou Chuck Jones (Bugs Bunny).

 

Aujourd'hui, la plupart des artistes connus qui s'adonnent à l'érotisme, voire la pornographie, ne se cachent même plus. En matière d'érotisme pourtant, on peut se prendre à regretter l'apparente naïveté du passé, à l'époque où dessiner une femme en petite tenue brandissant un fouet relevait du sulfureux et de l'interdit, plutôt que de la banalité du quotidien de nombreux graphistes qui créent aujourd'hui des sites web érotiques par milliers.

 

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Robert Crumb a fini de dessiner Dieu 

Big Numbers d'Alan Moore : le troisième numéro enfin retrouvé 

 




Robert Crumb a fini de dessiner Dieu !

Posté par Céline le 01.04.09 à 11:24 | tags : news, bd, comics
Robert Crumb et Dieu, c'est une longue histoire. Après quatre années passées à travailler sur l'adaptation de la Genèse en comics, le dessinateur a annoncé sur son site avoir enfin achevé son projet.

Basée sur la Bible du roi James traduite par Robert Alter, cette bd, qui sortira en octobre prochain, est d'ores et déjà présentée par son éditeur comme une "satire scandaleuse" de l'ordre religieux. Dans une interview publiée dans Time Magazine en 2005, Crumb avait expliqué sa difficulté à choisir comment il allait représenter Dieu. Une simple lumière dans le ciel ? Une femme noire ? Finalement, c'est un rêve qui lui révèle l'aspect que devra prendre Dieu dans sa bd : il aura une barbe blanche et ressemblera à son père, avec "un visage très viril".

Robert Crumb nous promet "toutes sortes de délires, et des trucs bizarres qui surprendront vraiment les gens". La Genèse revisitée par le plus subversif des auteurs de comics appellera aussi, selon son éditeur, à "une relecture significative du contenu de la Bible ainsi que de son rôle dans notre culture". On en attend pas moins de Crumb, dont le prochain projet devrait être réalisé en collaboration ave sa femme, l'artiste Aline Kominsky-Crumb.



Big Numbers d'Alan Moore : le troisième épisode enfin retrouvé !

Posté par 2goldfish le 30.03.09 à 10:39 | tags : news, bd, vo, web, comics
Au début des années 1990, Alan Moore avait perdu tout l'argent de Watchmen dans une infortunée tentative de publication indépendante. Il se lançait alors dans trois des projets les plus ambitieux de sa carrière, dont l'incroyable From Hell, le décevant Filles Perdues, et enfin Big Numbers, projet maudit dessiné par Bill Sienkiewicz, qui n'a jamais été complété et ne le sera jamais, mais dont le troisième épisode a été retrouvé.
 

Les deux premiers épisodes fascinants de cette bande dessinée décrivaient les effets de la construction d'un centre commercial dans la ville de Northampton sur la vie d'une série de personnages. Toute la construction de l'histoire y était régie par la théorie des fractales de Benoît Mandelbrot. Big Numbers devait être le chef d'oeuvre de Moore, plus abouti même que From Hell, avec sa recherche historique incroyablement poussée, son approche holistique du Londres de 1888 et de l'histoire anglaise en générale, et plus complexe même que Watchmen avec son histoire construite comme une horloge atomique. A vrai dire, Big Numbers était sans doute trop compliqué pour tout le monde sauf pour Alan Moore, puisqu'au cours de la réalisation du troisième numéro (sur douze de prévus) le dessinateur Bill Sienkiewicz a lâché l'éponge, et que son assistant Al Columbia, qui avait repris le flambeau, a perdu les pédales en dessinant le quatrième épisode, brûlant même, selon la rumeur, l'intégralité de ses planches.

 

Deux numéros seulement de Big Numbers ont donc été publiés. Bien qu'achevé, le troisième n'avait jamais vu le jour. Aujourd'hui pourtant, un internaute a mis la main sur des photocopies de ce numéro inédit, et les a uploadées sur son blog, pour qu'enfin l'on puisse tous lire ce troisième et malheureusement dernier numéro de Big Numbers. La lecture des deux premiers numéros (légalement téléchargeables sur les réseaux peer to peer) nous avait déjà permis de comprendre un peu mieux la réaction des dessinateurs, mais de la regretter aussi. Le génie et la monstruosité de ce nouveau numéro ne fait qu'ajouter à notre regret.




Watchmen et le temps du récit : le livre ou le film ?

Posté par Myosotis le 19.03.09 à 10:20 | tags : le livre ou le film ?, comics, bd
Watchmen : les gardiens est un bon film. Il n'est ni une trahison, ni un massacre en règle du travail d'Alan Moore et de Dave Gibbons comme ont pu l'être à peu près toutes les adaptations du scénariste de Northampton. Zack Snyder, dont on n'avait pourtant pas aimé le 300, a fait le boulot avec amour et en a tiré un film qui a gardé suffisamment des caractères initiaux du roman graphique pour qu'il ne soit pas uniquement la machine à pop corn que certains attendaient avec effroi.
 
Watchmen est un film de superhéros en phase terminale, un film noir et une uchronie politique, qui offre l'avantage important pour le spectateur contemporain de voir se matérialiser quasiment au millimètre près certaines cases dessinées par Dave Gibbons. Les lecteurs de Moore seront saisis de contempler sur écran la mise en place charnelle de ce qui relevait jusqu'ici du seul imaginaire et du dessin. Snyder fait mieux dans son genre que Miller/Rodriguez sur Sin City et bien mieux que Miller sur le Spirit d'Eisner.

 

Mon Watchmen préféré

Lorsqu'il s'agit de comparer Watchmen le film et Watchmen la BD, on n'est pas, pour une fois, dans la situation déséquilibrée où on compare une panouille et un chef d'œuvre. La supériorité de la BD tient ici avant toute chose à son format et aux qualités qui en découlent. Moore, interrogé (un bon milliard de fois) sur l'adaptation en cours avait dit quelque chose d'évident mais de terriblement vrai : - Pourquoi est-ce que vous ne vous intéressez pas au film, Monsieur Moore ? - Parce que Watchmen est une BD et pas un film. C'est là que se trouve la réponse.

 

Dans le film, Snyder a mis sur le même plan à peu près tous les Watchmen, leur consacrant à chacun un développement en flashback (sauf à Ozymandias qui en pâtit terriblement) qui permet de contextualiser leur présent et de coller à la structure de la BD. Ce type d'exposé fonctionne très bien en livre mais un peu moins en film. Les règles du cinéma veulent que le présent des personnages permette peu à peu d'en dévoiler la psychologie et l'historique et pas qu'on se lance dans des bulles cryptotemporelles de ce type (ok, il y a Citizen Kane et aussi... La Cité de la peur). Là où le livre permet un attachement du lecteur à l'un ou l'autre des personnages (la force de Rorschach emporte tout dans le livre), le cinéma juxtapose 4 ou 5 sous-récits de 10 minutes strictement égaux. Ce séquençage équitable ne nous permet pas de formuler une VRAIE préférence.

 

Réalisme graphique et temps du récit

La supériorité du roman graphique transparaît bizarrement aussi dans le rendu du réel. Paradoxalement le film fait moins vrai et moins réel que le dessin aux couleurs vives de Gibbons. La mise en case de Moore (9 par page) produit un effet déambulatoire et un rythme ralenti (lorsque Rorschach se déplace notamment, sur les premières pages, lorsqu'on rentre chez Moloch ou lorsque le Hibou discute avec Hollis...) qui sont beaucoup plus réalistes que les quelques secondes du monde réel proposées par le film pour décrire la réalité, et qui reposent toutes sur des clichés narratifs ou des cinèmes déjà vus ailleurs.

 

La BD a un temps, des temps dont chaque segment peut, sous l'effet de la lecture, prendre une durée et une saveur différentes. Le cinéma offre, lui, un découpage standardisé où l'émotion et la substance sont prédécoupées, et ont déjà fait l'objet d'une utilisation dans d'autres films. Le refus de Snyder de se confronter au squid est une autre illustration de ce phénomène. Là où Moore peut se payer un instrument de fin presque comique (tragique, évidemment), le cinéma ne peut se l'offrir car il n'a pas de référent qui permet de stimuler le spectateur dans le bon sens. Les monstres de cinéma sont des monstres qui mettent du temps à apparaître (Godzilla, King Kong, le truc de Cloverfield), qu'on a du mal à montrer. Le cinéma, contrairement à la BD, ne peut pas se permettre de juxtaposer l'absurde et le sérieux, le surréaliste et le psychologique sans griller ses effets.

Il suffit de voir à quelle vitesse est tué Rorschach dans le film pour voir que quelque chose cloche.

 

Lire la chronique du film Watchmen : les gardiens




Be a Nose : les croquis d'Art Spiegelman en vidéo

Posté par 2goldfish le 11.03.09 à 12:28 | tags : comics, littérature en vidéo, bd
"Be A Nose!", c'est une collection de croquis des carnets d'Art Spiegelman qui vient d'être éditée outre-Atlantique par McSweeney's. On y retrouve les obsessions psychanalytiques et artistiques de l'auteur de Maus et Breakdowns exprimées sans filtre, ou du moins sans le même gros filtre intellectuel qui caractérise son travail habituel.
En tout cas, c'est de ça que ça à l'air quand on jette un oeil à la bande annonce qui anime quelques-uns des dessins trouvés dans ces carnets.
 



Entrez dans le Bodyworld de Dash Shaw

Posté par 2goldfish le 01.03.09 à 13:54 | tags : comics, web, vo
 
L'imposant  Bottomless Belly Button de Dash Shaw n'a à notre grande surprise pas reçu de prix à Angoulême. Si on avait pu déplorer le manque de portée social de ce huis clos (lire  la chronique sur Fluctuat), cela ne sera pas le cas avec BodyWorld, l'excellent webcomic de Shaw qui vient de s'achever et qui a déjà été acheté par un éditeur américain pour une sortie album l'an prochain.

 

Bodyworld nous introduit dans la ville science fictionnelle de Boney Borough, une ville nouvelle créée après une guerre dont on ne sait pas grand chose, comme une tentative de paradis écologique. On y suit le séjour d'un type qui se fait appeler "professor panther", envoyé par les éditeurs de "l'encyclopédie des hallucinogènes américains" pour y fumer une nouvelle plante mystérieuse qui vient d'être découverte sur le sol de l'école locale. Evidemment à partir de là il se passe tout un tas de choses bizarres, ou plutôt de choses racontées bizarrement puisqu'au moment de les résumer je me rends compte qu'elles sont tout à fait ordinaires : Panther tombe sur une prof un peu chaude, l'histoire d'amour de deux élèves modèles tourne au vinaigre le soir du bal de promo, Panther se rappelle de son ex dans un flashback...

 

Bottomless Belly Button était un huis clos familial étouffant, Bodyworld est l'examen psychédélique d'une communauté fermée elle aussi mais à plus grande échelle. On y retrouve les mêmes névroses, les mêmes obsessions et le même talent mais, contrairement aux sept cent pages de Bottomless Belly Button, celles-là sont gratuites.




Pendant la crise, Spider-Man travaille au McDo

Posté par Céline le 25.02.09 à 14:52 | tags : vo, comics, news

Bruce Wayne © DC ComicsSi vous pensiez que les super-héros échappaient à la crise, détrompez-vous : les Batman, Spider-man, Iron Man et cie peuvent eux aussi avoir du mal à joindre les deux bouts.

 

Chez Marvel, au palmarès des personnages atteint par la dèche, Peter Parker, alias Spider-Man, arrive largement en tête. Il y a quelques temps, on voyait l'homme-araignée sauver Obama des super-vilains le jour de son investiture. Dans un numéro à paraître, on le retrouvera un peu moins glorieux : ayant perdu son job de photographe freelance, Peter Parker est désormais contraint d'aller bosser... au McDonald's !

Autre super-héros à se serrer la ceinture : Tony Stark, le milliardaire qui se cache derrière Iron Man, connaît quelques difficultés financières, peu après avoir échoué à stopper une invasion d'aliens. « Il est dans une mauvaise passe, un peu comme Donald Trump après sa première faillite », explique Brian Michael Bendis, auteur phare chez Marvel.
 
Batman, lui, en disparaissant dans un récent épisode signé Grant Morrison, laisse l'entreprise Wayne dans une situation bien incertaine. Les aventures de super-héros sont décidément en phase avec l'actualité...

Passionné de comics, le professeur Mark D. White estime cependant que l'univers des super-héros doit justement permettre aux lecteurs de s'évader de la réalité. Ceux-ci « ne veulent pas qu'on leur rappelle les guerres, les tragédies ou catastrophes économiques. »
 
 
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Problem Sleuth : MS Paint Adventures !

Posté par 2goldfish le 17.02.09 à 10:34 | tags : comics, vo, web

MS Paint Adventures est un webcomic plus ou moins intéractif qui s'inspire des jeux d'aventures textuelle des années 1980. Le principe est le suivant : l'auteur Andrew Hussie a dessiné une première page (celle que vous voyez reproduite ici même) et a ensuite attendu les suggestions des internautes pour dessiner la suite. On avance ainsi de page en page, de suggestions - ou "ligne de commande"- absurdes en conséquences innatendues et on se retrouve l'air de rien très vite pris au "jeu", même si on met des heures et des heures avant d'en arriver au point de l'aventure où on peut effectivement entrer sa propre suggestion.

 

Très simplement, "Problem Sleuth", qu'on pourrait traduire par "chasseur de problèmes", est un webcomic bizarre et drôle, qui rappellera pas mal de souvenir à tous ceux qui ont passé du temps sur un jeu d'aventures exaspérant de difficulté (ma référence personelle en la matière est l'impossible SRAM) sauf que dans celui là, on ne reste jamais coincé très longtemps. Si toutefois vous lancer dans l'aventure "Problem Sleuth" vous intimide, Hussie a aussi lancé deux autres quêtes sur son site : Bard's Quest, une aventure à choix multiples, et Jailbreak qui sur le même mode que Problem Sleuth offre l'avantage d'avoir une fin. On vous conseille tout de même de commencer par Problem Sleuth, c'est la meilleure des trois.




La nouvelle Batwoman est rousse, sexy et lesbienne

Posté par Céline le 12.02.09 à 15:11 | tags : vo, comics, bd
Alors que l'on se demandait il y a quelques temps si Batman était vraiment mort, DC Comics annonce l'apparition, à partir du mois de juin, de l'héroïne qui pourrait bien reprendre le flambeau : il s'agit d'une toute nouvelle Batwoman, « rousse, au caractère bien trempé », et - c'est là qu'est la révolution - lesbienne.

Des super-héros homos, voilà ce qu'il manquait à l'industrie DC Comics. La "Gay and Lesbian Alliance Against Defamation" a déjà remercié l'éditeur pour ce  premier pas vers la diversification de ses personnages. Batwoman/Kathy Kane, qui avait fait sa première apparition en 1956, avant de disparaître en 1979, avait, semble-t-il, laissé une bonne impression auprès de certains lecteurs. La nouvelle version de la justicière sexy devrait elle aussi faire sensation : « Je pense que les gens vont tomber de leur siège », prédit Greg Rucka, scénariste de la série.

Pendant ce temps, DC Comics refuse de donner des détails sur la suite de Batman, que le scénariste Grant Morrison a fait tomber l'année dernière d'un hélicoptère.
 
 
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Phase 7 : la bédé, c'est ingrat !

Posté par 2goldfish le 30.01.09 à 14:50 | tags : comics, autobiographie

Créer une bande dessinée est le travail le plus ingrat qu'il soit. Ou pas loin. C'est l'impression que laisse la lecture de nombreuses BD autobiographiques. Les enfants chinois qui travaillent avec un fusil dans le dos à la confection des produits qui nous rendent heureux tous les jours auraient peut-être quelque chose à redire, mais le dessinateur de bédé a assurément besoin de beaucoup d'abnegation, d'énergie et simplement de temps, en tout cas bien plus que ses amis peintres, romanciers ou cinéastes (sans même parler de ces gros flemmards de photographes).
 
Phase 7 d'Alec Longstreth est donc encore une de ces bédés qui retrace l'histoire de son auteur avec la bédé, de comment il est tombé dedans parce qu'à l'école il était le geek de service, et de comment il a canalisé ses tendances obsessionelles dans la production de petits dessins dans de petites cases qui s'enchaînent par centaines, par milliers. Ce qui vraiment lui permet de se distinguer, c'est que jamais Longstreth ne se plaint. Il est dur à la tâche, motivé comme personne et il se dégage de ses dessins une fraîcheur et un enthousiasme qui change du misérabilisme d'un Joe Matt ou d'un Chris Ware. Et tout ce travail paye : les premières pages de Phase 7, tirées des premiers minicomics de l'auteur, sont d'un amateurisme que tout le travail du monde ne pourrait masquer mais petit à petit, l'application de l'auteur porte ses fruits et le trait se fait plus assuré, plus juste, les personnages moins raides et la mise en scène beaucoup moins laborieuse...
 
L'ironie dans tout ça, c'est que si Alec Longstreth travaille beaucoup, beaucoup sur son graphic novel "Basewood" depuis déjà plusieurs années, il n'a encore accompli qu'un tiers de sa tâche, et personne n'a jamais lu de lui que ces mini-comics moins ambitieux qui parlent principalement de ses ambitions, et de tout le travail qu'il met dans ce graphic novel que, s'il devait mourir demain, personne ne verra peut-être jamais. Quel travail ingrat !

 
Alec Longstreth, Phase 7, L'Employé du Moi.

 

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The Beatles en bande dessinée, pas assez dessiné

Posté par Myosotis le 16.01.09 à 16:17 | tags : comics, bd

La série de portraits rock en BD était plutôt une bonne idée à la base. A l'arrivée, cela donne souvent des résultats décevants à quelques exceptions près, comme l'esthétique Voodoo Child de Bill Sienkiewicz, sortie il y a un bon milliard d'années. Après The Beatles en biographie, en tee-shirt et bientôt en jeux vidéo, voici donc la bande-dessinée franchouille à la gloire des Fab Four qui entreprend de relater la vie et la mort des Beatles, depuis leurs premiers pas, jusqu'à nos jours, la mort de John, d'Harrison etc.

 

Le scénario de The Beatles en bande dessinée est signé Gaet's, les textes sont de Stéphane Nappez et les dessins réalisés par une légion d'artistes aux styles très différents mais tous plutôt pertinents (on aime les cartoons ou 100% numériques, mais il en faut pour tous les goûts), du numérique au crayonné, ce qui n'est pas un handicap majeur (au contraire )pour le rendu final. Les textes sont volontairement décontractés et si l'écriture est parfois en roue libre, il faut saluer leur qualité documentaire, leur concision et leur remarquable lisibilité. Les informations recueillies ici sont globalement connues d'à peu près tous les amateurs mais les auteurs n'ont pas commis d'erreurs majeures et font preuve d'une belle érudition sur certains aspects qui nous intéressent particulièrement comme la fameuse affaire de la mort (supposée) de McCartney, la séparation du groupe ou le séjour allemand.

 

Ce qui pêche ici et empêche l'ouvrage de décoller, c'est le concept même du projet. Le livre est découpé en séquences chronologiques, chacune dessinée par un artiste différent et précédé d'un texte qui le plus souvent fournit 85 à 90% des informations qui sont présentées dans les 3 ou 4 pages de BD qui suivent. Du coup, et cela arrive plus souvent qu'on le souhaiterait, la lecture de la BD n'apparaît que comme une redite du texte introductif, ce qui en rend la lecture bien moins passionnante. A quoi bon faire un livre de BD avec si peu de planches et "si beaucoup" de textes ? Cette lacune ne gâche pas la lecture qui reste sympathique et stimulante mais pourrait être perçue comme un manque de respect du support graphique, ou un manque de confiance en ses moyens. Dommage. Le livre n'en reste pas moins un vrai petit bonheur pour ceux qui aiment les chansons des 4 passionément, un peu ou à la folie. Faute de grives, on bouffera des scarabées.

 

The Beatles en bande dessinée, Gaet's et Stéphane Nappez, Petit à petit.  




Obama invité chez Marvel aux côtés de Spider-man

Posté par Céline le 12.01.09 à 15:20 | tags : news, bd, comics
Obama, super-héros ? Ou presque. A l'occasion de la cérémonie d'investiture, les éditions Marvel publient le 14 janvier un numéro spécial de Spider-man, dans lequel l'homme-araignée partage la vedette avec le nouveau président des Etats-Unis.
 

Intitulé "Spidey meets the President !", cet épisode se déroule le 20 janvier, le jour de la prestation de serment de Barack Obama, que le super-vilain Le Caméléon cherche à empêcher. Peter Parker, l'alter ego de Spider-Man, est lui chargé de couvrir l'événément en tant que photographe. Il ne manquera évidemment pas d'outrepasser ces fonctions, et de sauver finalement la journée du président.

Dans la vraie vie, Barack Obama serait un fan du super-héros. Joe Quesada, rédacteur en chef de Marvel Comics, explique sur  le site de l'éditeur que le projet est d'ailleurs né de cette information : "Quand nous avons entendu que le président élu Obama était un collectionneur des comics Spider-Man, nous savions que ces deux figures historiques devaient se rencontrer dans les comics de Marvel Universe. (...) Un fan de Spider-Man emménageant dans le bureau ovale est un évènement qui doit être commémoré dans les pages d'Amazing Spider-Man".


Pendant sa campagne, Obama s'était déjà vu comparé à Superman. Après son élection, le voilà représenté comme "partner" de Spider-Man. Un président visiblement très porté sur les super-héros.

 

 




La Ligue des Gentlemen Extraordinaires 3 : Alan Moore est-il toujours Alan Moore ?

Posté par Myosotis le 02.01.09 à 11:14 | tags : littérature en vidéo, bd, comics
 
Les choses se précisent pour le volume 3 de La Ligue des Gentlemen Extraordinaires de Kevin O'Neill et Alan Moore, l'une des bande-dessinées les plus attendues de l'année 2009. Il y a quelques mois, c'était le dessinateur qui s'exprimait sur le premier tome de cette histoire, Century 1910. C'est aujourd'hui Alan Moore lui-même qui confirme dans une interview exclusive pour Wizard (édition de Noël, magnifique comme souvent), ce qu'on savait déjà : La Ligue ne ressemblera plus vraiment à ce qu'on connaissait ; il y aura de nouveau personnages, on voyagera des années 1910 aux années 1970 dans un mouvement historique pour la défense des intérêts humains mâtiné d'occultisme, d'espionnite et de références à Aleister Crowley. D'après ce que dit Moore, les deux premiers volumes (le premier est annoncé à 80 pages, le deuxième un peu plus) sont quasiment bouclés de son côté. Le troisième n'est pas encore lancé. Le magazine Wizard présente, en bonus, les premières pages du livre à venir qui sera publié chez Top Shelf, et qui nous offre la baignade sensuelle en pleine mer de la fille du Capitaine Nemo, l'un des nouveaux personnages de cette Nouvelle Ligue.
 
La révélation, qui ne rassure pas les fans de la première heure, est que la BD sera entrecoupée (ou construite autour) de chansons que Moore trouve très réussies et qu'il a empruntées à Brecht et Kurt Weil, et partiellement réécrites. Cette dimension cabaret, déjà à l'oeuvre dans quelques références savantes de Watchmen (l'histoire du Black Freighter parle de Pirate Jenny, une chanson du Threepenny Opera) devrait faire de la BD le premier comics opera du monde et augurer de nouveaux jours difficiles pour l'intertextualité narrative.
 
Après les avis assez partagés sur Lost girls, dont l'édition française (Filles Perdues) se vend bien dans les boutiques spécialisées, et surtout le Black Dossier de l'année dernière (trop référencé, selon les uns, génial selon les autres), le milieu des comics bruisse de questions : Alan Moore est-il toujours Alan Moore ? Serait-il devenu trop intellectuel et compliqué pour ses fans ou pour le genre entier ? L'année 2009 avec la sortie prochaine des Watchmen et de La Ligue, sera-t-elle une nouvelle année Moore ?
 
Sur le sol français, après la sortie de Tom Strong et de Prométhéa, qu'on ne saurait, encore une fois, trop recommander, Panini a sorti pour Noël une sorte de spin-off de Tom StrongTerra Obscura, scénarisé par Moore, écrit par Peter Hogan et dessiné par Yanick Paquette. Le héros de cet univers parallèle est Tom Strange, croisé déjà dans la série principale, et qui est confronté (alors qu'il est en semi-exil dans sa semi-forteresse de solitude) à un nouveau danger. La Terre se trouve progressivement privée de ses nouvelles technologies et d'électricité , à commencer par le désert américain. La zone de non-progrès s'étend bientôt et menace le monde alternatif. Les héros de la Science retraités ou oubliés, après avoir passé 30 ans aux mains d'un envahisseur extraterrestre, doivent se remettre au travail pour tenter d'enrayer cette nouvelle menace.... 
 
On a beau aimer Alan Moore et ses histoires, Terra Obscura n'apporte pas grand chose aux aventures de Tom Strong. Cette histoire est bien dessinée, assez bien racontée mais n'est pas aussi exaltante et fraîche que les précédentes. Rien de bien neuf : Moore a dû refiler une idée "originale" à Peter Hogan qui a développé ce canevas sans grand génie. Il ne faut toutefois pas faire la fine bouche : Terra Obscura est un comics à l'ancienne, d'aventure donc, plutôt bien ficelé et avec lequel on passe un bon moment, sans prétention. Il fera tout aussi bien l'affaire si vous avez moins de douze ans. Pour ceux qui ne connaissent ni Tom Strong, ni Alan Moore, il vaut mieux aller pêcher ailleurs pour se faire une idée.
    



La déprimante histoire de Steve Ditko, co-créateur de Spiderman

Posté par Myosotis le 16.12.08 à 10:48 | tags : comics, vo, biographie

 

En attendant de vous parler du très bel album qui accompagne aux Etats-Unis une énième édition des Watchmen de Dave Gibbons et Alan Moore, Watching The Watchmen, un autre beau livre est sorti, il y a peu, qui raconte une histoire presque aussi triste et catastrophique : la vie de Steve Ditko, le dessinateur star, co-créateur reconnu sur le tard du super-héros le plus rentable de l'histoire des comics : Spiderman. A 81 ans, Steve Ditko fait partie des légendes sombres de l'univers des comics et reste un personnage insondable dont ce livre, Strange and Stranger : the world of Steve Ditko, explore avec beaucoup de nuances, d'intelligence et dans un environnement graphique somptueux les contradictions. Le livre, disponible uniquement en vo, est, non seulement le parfait compagnon du documentaire dont l'extrait ci-dessus est issu (une interview d'Alan Moore) mais surtout la première vraie critique rétrospective d'une oeuvre et d'une vie incroyables placées sous le sceau de l'intransigeance et du suicide commercial.

 

La première partie du livre revient sur ce qu'on connaît le mieux de Ditko : l'invention de Spiderman et le conflit qui l'opposa, dès l'origine, à son compère d'alors, Stan Lee. Le livre expose clairement les divergences créatives qui apparaissent entre les deux hommes. D'un côté, un Lee omnipotent qui rêve d'un tisseur galactique et dans le moule superhéroïque, de l'autre, un Ditko qui fait de son Spiderman un adolescent tombé dans la soupe des superpouvoirs et quelque peu effrayé par la vie et les responsabilités qui vont avec.

Lee censure parfois Ditko et le remplace à la couverture par des artistes qui font de Spiderman un dieu grec, tandis que le natif de Pennsylvanie continue de le peindre comme un jeune homme. Les récits sont encore contradictoires sur cette affaire mais les deux hommes s'opposent également par des personnalités très différentes : Lee est sûr de lui, un brin réac, Ditko est, à cette époque, plus jeune et ouvert. Il vit, dans une étrange association locative, avec Eric Stanton, un artiste fétichiste aux photographies très osées, même pour le début des années 60. Lors de leur travail commun, Lee et Ditko accouchent en plus de Spiderman d'une autre création intéressante : le Docteur Strange qui continue de faire les beaux jours de Marvel et dont leurs numéros communs sont des chefs d'oeuvre du genre. Le trait de Ditko est à la fois d'une précision affolante, d'une rigueur rare et pourtant d'une souplesse qui lui donne une légéreté incroyable. A l'image de Spiderman dont les mouvements désordonnés jurent avec la raideur des autres superhéros, Ditko invente un genre qui, au même titre que ses maîtres Jerry Robinson et Jack Kirby, fera date.

 

La seconde partie du livre explore ce qui s'apparente assez vite à la décadence de Steve Ditko : transformation progressive de l'homme en un adepte zélé des théories objectivistes de la philosophe écrivain Ayn Rand, mêlant individualisme moral, ultra rationalisme et libertarisme ; transformation du dessinateur qui coupe les ponts avec les majors en un dessinateur inégal, capable du meilleur comme d'envoyer tout valdinguer sur un coup de tête. Ditko se fâche avec presque tous ses éditeurs, impose, sur ses propres créations, des textes qui envahissent tout l'espace disponible, philosophent et assénent à tout va des vérités que lui seul partage. Auréolé par son passé et hanté par la figure un brin envahissante du Tisseur, Ditko survit en alternant les travaux de commande, refusant de gonfler son compte en banque en vendant des planches originales....

 

L'homme est difficile à cerner, à approcher. Il décide de boycotter les conventions de fans, se dit en permanence trahi par les uns et les autres, claque les portes pour des motifs insoupçonnables : une couleur ou un papier qui ne lui plaît pas, une coupe de trois mots dans une bulle, etc. En 1975, son retour chez DC avec le personnage intéressant de Shade (lequel lui survivra longtemps) tourne au fiasco. Quelques années plus tard, il revient chez Marvel où il travaille sur diverses franchises comme le Submariner ou les dégradants Power Rangers. Lorsqu'il se retire définitivement en 1998 des comics grand public, l'impression de gâchis est intense. Ditko vit aujourd'hui à New York et continue de dessiner pour divers supports, survivant sur d'anciennes amitiés mais refusant le moindre contact avec la presse ou les journalistes. Cet homme reste une énigme, même pour ses amis les plus proches, un mystère pas très sympathique et qui navigue à des centaines de miles de son personnage emblématique..... A suivre.

 




Robert Crumb dessine pour Agnès B.

Posté par 2goldfish le 15.12.08 à 11:39 | tags : comics, web
Robert Crumb, figure de proue du dessin underground et ennemi du politiquement correct, qui dessine sur commande pour Agnès B., symbole de la branchitude ? Surprenant, mais vrai. La marque, connue pour ses implications dans le monde de l'art, a laissé carte blanche au dessinateur américain pour le numéro d'automne de sa feuille-magazine "Point d'ironie".

Et ce qui est bien quand on est un auteur mondialement reconnu pour ses oeuvres complétements barrées, glauques et libidineuses, c'est que quand au bout d'une carrière passée à effrayer le bourgeois, une marque de vêtement vous approche avec son chéquier pour vous commander une BD, elle sait exactement à quoi s'attendre.

Exemple donc avec Robert Crumb qui pond pour Agnès B. douze pages de Flesh And Blood Comix, qui parlent des choses crades que nous avons au fond de nous comme des intestins, une libido et une profonde agonie existentielle. On ne sait pas si c'était le but recherché, mais c'est vrai que ça donne plutôt envie de porter des vêtements pour cacher tout ça.

Quoiqu'il en soit, ces douze pages ne seront sans doute pas déterminantes dans la luttes contre le naturisme mais elles sont de Robert Crumb et elles sont lisibles par tous (avec l'accord des parents) gratuitement sur internet. C'est déjà pas mal, non ?






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