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L'actualité des super-héros américains. Voir aussi nos sélections comics et roman graphique.
Spider Woman, le premier comic animé de MarvelC'est sans doute l'aboutissement d'une dizaine d'année d'efforts pour que leurs comics ressemblent toujours plus à des films. Pour relancer le titre Spider Woman, Marvel comics a décidé de lancer un nouveau format, le "Motion Comic" qui cherche à combiner le meilleur des mondes du comic book et de l'animation.
Au vu du premier épisode de Spider Woman, pour l'instant offert gratuitement en streaming (pour la suite, il faut aller sur iTunes et payer), le meilleur de l'animation pour Marvel c'est le son et les acteurs, aussi peu convaincants soient-ils. Et le meilleur du comic book, c'est qu'il est beaucoup moins cher à produire qu'un vrai dessin animé. Le résultat n'est pas aussi cheap qu'on pourrait cependant le craindre, grâce aux dessins réalistes d'Alex Maalev, suffisament vivant pour que l'absence de mouvement nous manque trop. Côté histoire, Marvel et le scénariste Brian Bendis ont fait le curieux choix, au niveau marketing, d'intégrer ce comic book à sa "continuité", l'incroyable histoire sans fin qui lie tous ses personnages. Si donc en tant que nouveau lecteur (ou plutôt devrait-on dire spectateur) vous avez un peu de mal à suivre au début, c'est parce que vous ne savez pas que l'univers Marvel vient de se réveiller et de découvrir que des milliers d'aliens protéiformes ont pris secrètement la place d'humain et de super héros depuis des années. Spider Woman était de ceux qui se sont fait voler leur vie et qui aujourd'hui la retrouvent sans la reconnaître. On va lui offrir l'occasion de prendre sa revanche...
La suite, donc, c'est sur iTunes, mais vous pouvez aussi aller sur Youtube écouter la chanson de Spider Woman et attendre un peu pour le lancement du second motion comic de Marvel : Astonishing X-Men par Joss Whedon et John Cassaday, dont voici la bande annonce :
Un comics de propagande anti-téléchargement pour la Nouvelle-Zélande![]() C'est un comics qui pourrait évoquer Kid Paddle. Pour certains, c'est une grosse blague et il faut en rire. Pour d'autre, c'est de la propagande et c'est honteux. Tirée à 17.000 exemplaires afin d'être distribuée à la sortie des cinémas, La bd Escape From Terror Byte City a pour objectif de prévenir les jeunes néo-zélandais contre les dangers du téléchargement.
Si vous voulez trembler (de rire ?), la bd est disponible en téléchargement sur Mininova.
Bad Machinery, le nouveau webcomic de John Allison![]() Après sept ans de bons et loyaux services, Scary Go Round s'est achevé ce mois ci, laissant des milliers de fans du webcomic de John Allison dans l'expectative. On savait qu'il y aurait un nouveau webcomic qui commencerait le 21 septembre, mais pas si Shelley Winters en serait l'héroïne. La réponse, on l'a maintenant, et c'est "non". Et, même si était fan depuis des années de ses aventures loufoques, on se dit que ce n'est peut-être pas une mauvaise chose. En sept ans, le dessin de John Allison est passé d'un usage mignon d'Illustrator, qui faisait ressembler ses personnages à des marionnettes de papier, à un style plus souple qui lui permet sur les premières pages de Bad Machinery, son nouveau webcomic, d'être enfin un peu sérieux. Pas trop, sans doute. Les premiers comics sont déjà drôles, et l'habillage du tout laisse supposer l'entrée prochaine d'un robot ou d'un élément surnaturel dans ce qui n'est pour l'instant que la présentation d'une petite galerie de personnage fréquentant tous la même école. On apprécie déjà les dialogues si particuliers d'Allison, qui appliqués à autre chose qu'aux historiettes absurdes de Scary Go Round, fonctionnent plutôt bien. Si vous n'avez jamais lu Scary Go Round, le lancement de Bad Machinery est le moment idéal pour vous lancer à la découverte de l'un des plus grands talents de la BD gratuite en ligne. Far Arden : bande dessinée de l'année ?
De Far Arden, on ne dira finalement pas grand chose, parce qu'on en voudrait pas gâter le mystère et l'extraordinaire attrait (il s'agit d'une BD d'aventure à l'ancienne). Le résultat est étonnant : mélange en noir et blanc et graphisme assez élémentaire d'histoires de pirates, d'héroic fantasy, de récit picaresque et de roman d'aventures, entre London, Conrad, Stevenson, Tolkien et Manon Lescaut. L'histoire a pour héros un marin qui, pour des raisons que je ne dévoile pas ici, part à la recherche de Far Arden, une île édenique mythique dont personne n'est jamais revenu. Far Arden, ici déguisé en paradis fantasmatique (sauf un vieillard raconte y être allé et est rentré pour témoigner), est une référence, on le suppose, à Shakespeare qui l'évoque dans As You Like It (Arden était le nom de sa belle-mère, je crois). Pour les amateurs, Jim Morrison, le lézard des Doors, en avait fait aussi une référence récurrente dans ses poèmes et ses textes. Chez Cannon donc, la quête de Far Arden va se révéler une grande aventure planétaire avec sauts de puce d'île en île, pièges et trahisons multiples. Le scénario élaboré rapidement (chaque chapitre a été travaillé en 24h, c'est l'une des caractéristiques de l'oeuvre) est riche en rebondissements, en aller-retours et incorpore sur chaque micro-épisode, comme dans les feuilletons du XIXème siècle, au moins un événement. Le rythme est échevelé, les séquences d'actions incroyablement fluides et le mouvement global envoûtant. Les personnages secondaires sont très réussis : on s'aime, on tue, on s'éclate avec des ours, entre horreur, féérie et grand souffle épique.
Pour ne rien gâter, Far Arden fonce dans ses 80 dernières pages sur un final ahurissant. Je ne lâcherai qu'une information de taille : on découvrira, à la fin, Far Arden. Cette découverte est le moment le plus grandiose du livre et nous tombe dessus alors qu'on ne s'y attend plus. Cannon avait sans doute cette chute en tête dès le démarrage du projet et elle donne à l'ensemble une dimension de fable extraordinaire. Ceux qui ne pourraient pas attendre la traduction française pourront se procurer l'ouvrage directement chez Top Shelf. Son format est très agréable. La lecture ne nécessite par ailleurs pas un niveau d'anglais hors du commun : l'art de Cannon est avant tout visuel et repose sur l'élan narratif. Les amateurs de bande-dessinée peuvent vraiment se précipiter sur cette BD les yeux fermés. Ce n'est pas elle qui va leur faire ouvrir.... On n'avait pas pris un tel pied depuis longtemps, il faut le reconnaître. Disney rachète Marvel: qu'est-ce que ça veut dire pour les comics ?
A terme cependant il se pourrait que Disney, cible favorite des conservateurs américains au boycott facile malgré son extrême prudence, se penche un peu sur les pages des comics publiés par Marvel et n'apprécie guère de découvrir que ce qui étaient autrefois des BD bon enfant sont désormais pleines de massacres, de viols, de super héroïnes en strings et autres joyeusetés. Disney pourrait ordonner quelques révisions de scénario politiquement correctes la prochaine fois que Marvel voudra faire resombrer Iron Man dans l'alcool, alors que chaque jour des milliers d'enfants s'engouffreront dans l'attraction qui porterait son nom à Disneyland.
Sur Flu: - Sur le blog cinéma: Disney mange du super-héros - L'actu des comics sur le blog livres. Entretien avec Mike Dawson, le cartoonist obsédé par Freddie Mercury Mike Dawson a deux obsessions : Freddie Mercury, et la BD. C'est donc en toute logique qu'il a publié Freddie et Moi, roman graphique dans lequel il retrace son enfance puis son adolescence au rythme des tubes de Queen. Nous avons posé quelques questions au plus grand dessinateur fan de Freddie Mercury de notre époque, autour de son admiration pour Freddie Mercury.Fluctuat : Freddie et Moi est une BD autobiographique, qui retrace une grande partie de votre enfance. Vous avez une excellente mémoire ou une imagination débordante ? Mike Dawson : Cela depend de la personne à laquelle vous posez la question. Je crois avoir une bonne mémoire, mais certaines personnes qui apparaissent dans mon livre ne seraient pas d'accord, et vous diraient que j'ai juste une imagination débordante. J'ai appris que la mémoire est quelque chose à laquelle on ne peut étonnamment pas se fier. Les souvenirs peuvent nous apparaître vifs, limpides, mais plus vous vous concentrez pour retrouver des détails, et plus ils deviennent fragiles... Echo : Terry Moore en mode bombe atomique
L'histoire d'Echo démarre par une scène atmosphérique: une nana habillée d'une combinaison sophistiquée vole dans le ciel bleu dans le cadre d'un test de matériel militaire, lorsqu'elle est prise en chasse par des avions envoyés par ses "amis" et descendue comme un pigeon. La combinaison explose (la nana avec) et quelques matériaux (un truc qui ressemble à du mercure à vue de nez) retombent sur la voiture et la poitrine (sic) d'une jeune femme en train de photographier la flore du désert local. L'histoire est lancée. Julie Martin, la jeune femme en question, est un prototype presque parfait de girl-next-door, jolie, en train de divorcer et quelque peu paumée dans sa vie. Le morceau de combinaison de l'armée qui s'étale maintenant sur sa poitrine comme une crêpe métallique vivante (?) va changer le cours de sa vie. Evidemment, la combinaison est une trouvaille incroyable, nucléaire, un matériau semi-vivant qui non seulement vaut très cher, mais a aussi des pouvoirs insoupçonnés. Les méchants vont vouloir mettre la main dessus mais Julie et sa combi vont s'animer et se défendre. Julie passe une alliance de circonstances avec un jeune mec qui se trouve être le copain de la nana abattue dans le ciel en ouverture (vous suivez ?). La fuite est lancée dans la grande tradition américaine : bikers, motels, guet-apens, coups de fils qui trahissent les positions, traqueurs free lance et méchants militi. On n'a pas fait grand chose de nouveau depuis la série Le Fugitif (à part Prison Break 2 et quelques millions d'autres films de cinéma). Julie fuit et on la recherche.
On s'arrêtera là pour le résumé des premiers épisodes (le tome 1 Incidents vient de sortir en France, et le 2 Atomic Dreams aux USA, confirmant l'excellente tenue de la série), pour dire que Moore réalise jusqu'ici un sans faute. Cet Echo est parfait : magnifiquement dessiné dans un noir et blanc graphique et effilé qui fait merveille, servi par un scénario qui mêle comédie (la vie de Julie), psychologie (la spécialité de l'auteur) et action. Sans conteste, l'une des séries à suivre de l'été et une nouvelle création majeure qui se dessine. Echo confirme aussi ce bon mouvement des comics indie vers le fantastique et la proximité, le mélange des genres et une réappropriation (le syndrome Heroes peut-être) des pouvoirs en dehors de l'environnement des superslips et superhéros traditionnels. Super-héros islamiques et super-héros américains : la rencontre![]() The 99, la bande de superhéros musulmans, se préparent à rencontrer, dans une BD prévue d'ici un an, leurs collègues d’outre Atlantique, Superman, Wonder Woman, et consorts.
Depuis 2006, les aventures des 99 font des ravages au Koweït : environ un million d’exemplaires des comics s'y vendent par an, et un parc d’attractions qui leur est consacré a ouvert ses portes en mars dernier. Contrairement aux héros américains, ils ne souffrent d'aucun dédoublement de personnalité. Ce sont juste de banals citoyens, qui ont, un jour, développé des aptitudes surhumaines. Paul Levitz, directeur éditorial de DC comics, salue une initiative interculturelle sans précédent, même si la rencontre entre les super héros est une tradition dans le monde de la bulle dessinée. Naif Al-Mutawa, heureux père des 99, espère que cette collaboration favorisera le dialogue entre les deux cultures. On ignore, pour l’instant, si les DC heroes et les 99 seront ennemis, ou s’ils s’uniront dans le combat éternel contre le Mal.
Voir aussi : En images : des trésors de la bd exposés à la Maison Rouge Le diaporama de l'expo Art Spiegelman
La Genèse de Crumb dans Télérama : premières impressions Le premier extrait de la Genèse selon Robert Crumb a été publié dans Télérama et on peut enfin se faire un début d'avis sur l'objet de tant de spéculations.
La première chose qu'on apprend, c'est que les quelques pages publiées par Télérama à chaque numéro ne seront que des morceaux choisis : l'album qui paraîtra en octobre (Denoël Graphic) comptera 202 pages et Télérama ne commence même pas au début, avec la création de la Création, mais avec l'un des épisodes les plus vendeurs, celui d'Adam, d'Eve et du fruit défendu.Crumb le précise lui même dans l'une des citations qui émaillent le portrait qui accompagne la BD pour l'occasion, il était parti pour dessiner une version satirique d'Adam et Eve jusqu'à ce qu'il réalise à la lecture de la Genèse que celle ci résistait à la parodie. Trop bizarre, mystérieuse et puissante : Crumb s'est alors embarqué dans ce qu'il désigne comme un simple travail d'illustration. A la lecture des premières pages, c'est bien tout ce qu'il en ressort et on se demande bien où est l'auteur dans cette illustration sans personnalité du Texte.
Puis vient le Serpent, créature semi-humaine dont la séduction et la symbolique deviennent plus qu'évidentes à travers le dessin de Crumb. Puis Dieu se met en colère, ses malédictions sont bizarres et misogynes, ses traits de patriarche Charlton-Hestonesques sont déformés dans une expression mesquine et terrible. Finalement, cette lecture de la bible est toute crumbienne mais bien plus subtile que ce à quoi l'auteur des BD joyeusement misogynes et racistes des 60's nous avait habitué. Lire aussi :
Des auteurs de bd lancent un manifeste en faveur du webcomics![]()
Aujourd'hui 18 juin, un appel vient d'être lancé : des auteurs de bd, réunis autour du site Webcomics, entendent faire découvrir à un maximum de lecteurs la bande-dessinée en ligne.
Plateforme gratuite permettant aux auteurs confirmés ou amateurs de diffuser leurs oeuvres, Webcomics, avec son interface très simple d'utilisation, propose donc de tout : à chacun donc de faire son choix parmi les différents genres : récit, humour, autobiographie... Le Manifeste du 18 juin, lui, n'a qu'une ambition : inviter les lecteurs à profiter de la bd numérique, qui, nous le savons, a l'avantage d'occuper tous ceux qui vivent mal les heures creuses de leur journée au bureau... Voir également sur Fluctuat : Lord of light, le roman qui ne reste qu'un roman Le journal Pilote revient avec un numéro sexy La Bible satirique de Robert Crumb dans Télérama
Lord of Light, le roman qui ne reste qu'un roman![]() "Lord Of Light" c'était, à la base, un excellent roman de science fiction bouddhiste de Roger Zelazny. Aujourd'hui, ça n'est toujours que ça mais ce n'est pas faute d'avoir essayé de l'adapter en film.
A la fin des années 1970 l'écrivain et inventeur Barry Geller arrive à Hollywood bien décidé à réaliser une adaptation cinématographique du roman de Zelazny. Pour ce faire, il embauche le roi des comics, Jack Kirby, qui dessine pour lui des décors complétement fous. Plutôt que de dire "c'est trop, on arrivera jamais à construire ça" comme n'importe quel homme sensé l'aurait fait, Geller s'enthousiasme et suggère à Kirby d'utiliser ses dessins comme la base d'un parc d'attraction dans le Colorado qu'il appellerait Science Fiction Land et qui serait bâti sous un dôme géodésique de plus de 700 mètres de haut. Geller avait tout de même réussi à réunir quelques millions de dollars pour financer tout ça quand son assistant a été arrêté pour avoir détourné ces fonds. L'histoire de Geller s'arrête là, mais pas celle du film puisque le script et les dessins de Kirby seront utilisés plus tards par des agents de la CIA qui délivreront des otages après s'être fait passé pour des producteurs hollywoodiens venus à la recherche d'un lieu où tourner ce film au budget colossal. La réalisatrice Dian Bernard a l'an dernier entrepris de tourner un documentaire plutôt prometteur sur toute cette histoire, et elle en a même montré un peu sur un blog consacré au projet en septembre dernier mais aujourd'hui, c'est le silence radio. Le projet LOL serait donc à nouveau tombé à l'eau ?
Lire aussi : Le journal Pilote de retour pour un numéro sexy La Bible satirique de Robert Crumb dans Télérama
Le New Yorker a récemment révélé les premières pages de la BD qui permettent de se faire une assez bonne idée du bouquin : il s'agit d'une adaptation fidèle du texte original, pleine de citations directes, qui devrait pourtant fournir de quoi se fâcher aux juifs, chrétiens et musulmans. Le dessin de Crumb apporte en effet une dimension satirique féroce au texte original, révélant une vision de Dieu assez semblable aux personnages les plus déjantés de Crumb comme Mr Natural ou Crumb lui même. Le Créateur y apparaît comme un personnage colérique, vindicatif, manipulateur... Robert Crumb aurait découvert dans les premiers épisodes de la Bible un équivalent à son imaginaire bizarre et sombre, de quoi nous faire peur sur les fondements de nos sociétés. Le diaporama de l'exposition Art SpiegelmanMondialement connu pour sa série Maus, Art Spiegelman n'est pas seulement un graphiste et un conteur de génie, mais également à l'origine de la grande révolution des Comics américains. L'exposition Art Spiegelman présentée à la Galerie Martel (du 5 juin au 11 juillet) cherche à rétablir toute les facettes de cet artiste engagé.
Des illustrations de presse provocatrices aux croquis restés secrets, les oeuvres présentées à la galerie Martel retracent un parcours complexe et exceptionnel. Voici un diaporama consacré à Art Spiegelman. Exposition Art Spiegelman. Galerie Martel, du 5 juin au 11 juillet 2009. Vernissage jeudi 4 juin en présence de l'artiste.17, rue Martel - Paris 10e Plus d'infos sur le site de la galerie Martel Entretien avec les Frère Luna, prodiges de la BD américaine A 28 et 31 ans, les frères Luna sont des prodiges de la bande dessinée US. Révélés par la rafraîchissante saga Ultra, puis par l'incroyable Girls, l'un des comics les plus hypnotiques de ces dix dernières années, Joshua (scénario) et Jonathan (dessin) ont démarré, il y a tout juste un an, une nouvelle série remarquable chez Image : The Sword. En attendant qu'elle paraisse en France, nous avons demandé aux Frères Luna de nous parler de leur style inimitable, de la façon dont ils se jouent des codes superhéroïques, et de Fluctuat : Vous avez une petite trentaine d'années maintenant et vous écrivez depuis 10 ans des albums très matures, très sombres, avec des intrigues super élaborées, à commencer par Ultra. Qu'est-ce qui vous a orienté si tôt vers ces thèmes : la jalousie, la mesquinerie, le sexe ? Joshua : Je ne pense pas qu'il y ait un âge requis pour écrire de bonnes histoires. Il faut considérer un créateur dans sa globalité, pas juste pour son âge, qui ne veut pas dire grand-chose. L'un de nos parents était militaire. On a donc pas mal déménagé de villes en villes, changé de pays, de continent même. En un sens, on a eu une enfance unique, mais je crois surtout qu'on a trouvé de l'intérêt dans ces thèmes parce qu'ils nous concernent tous. Il se trouve juste qu'on aime dessiner et écrire des histoires et que, du coup, on s'est mis à les jeter sur le papier. (...) Quimby The Mouse de Chris Ware en dessin animé !Chris Ware et l'émission de radio "This American Life" avait déjà collaboré à la création d'un très court métrage animé inspiré de son travail : ils remettent le couvert avec cette fois une animation de Quimby the Mouse, personnage de vieux dessin animé à la Felix The Cat créé par Ware dans ses jeunes années et qui n'avait jusqu'ici jamais été animé.
Avec une chanson d'Andrew Bird pour l'ambiance, le résultat est bien plus satisfaisant que la dernière fois. Les aventures dépressives de Quimby, la souris avec trop de têtes, ont toujours été muettes et proches du cartoon. L'un de ses principaux intérêts cependant, c'est la maestria avec laquelle Ware construit ses planches et on n'en retrouve pas d'équivalent dans la mise en scène plan plan de l'animateur John Kuramoto mais peu importe, Quimby bouge, on a toujours voulu voir ça. Quimby the Mouse, This American Life, sur Vimeo. X Men Origins : Wolverine : le livre ou le film ?
Logan est le Lucky Luke barbare des X-Men, un monstre de sauvagerie capable d'éructations animales et en même temps (l'un de ses points communs avec Hulk), un animal blessé, un enfant abîmé, amnésique à la recherche de sa part d'humanité. Alors que les comics choisissent souvent leur angle d'attaque : l'action ou l'introspection en dominante mais sans renoncer au fil des séquences à jouer sur les deux pôles d'attraction du poilu, le film hésite assez peu avant de laisser tomber la part sombre de Wolverine pour en faire une machine de guerre. Le début du film est symptomatique de cette option : le réalisateur démarre en copiant quasi plan à plan le Wolverine Origins de Jenkins et Kubert et ouvre sur une scène iniatique qui nous donne un aperçu de ce qu'aurait pu être un film de Wolverine victorien et inspiré des Hauts de Hurlevent (ce qui est le cas de ce chef d'oeuvre bande-dessinée).
Logan est flanqué d'un pâlot Sabretooth, trop méchant pour être crédible sur la pellicule; Wolverine le film devient un film d'action assez traditionnel d'où les éléments psychologiques introduits par le run de Barry Windsor Smith sont soigneusement évacués. Il aura beau perdre 2 fois sa nana, Jackman n'approche jamais la justesse et la tristesse des comics. Quitte à aller jusqu'au bout, Marvel aurait dû se payer d'emblée un Wolverine vs Hulk qui aurait eu une meilleure gueule, ou à développer l'alliance Wolverine-Captain America contre le joug nazi. (Question subsidiaire : quelqu'un a-t-il vu un cameo lors du débarquement du Captain ? Pas moi en tout cas....) Etrangement et pour une fois, c'est donc la relative homogénéité du film qui plombe son impact et limite sa séduction. L'équipe de superbâtards réunie autour du griffu n'est pas assez individualisée pour prendre corps - elle n'existe pas sous cette forme dans les comics, le réalisateur ayant essayé de fourrer le maximum de personnages en un minimum de temps - et s'en désintéressant dès qu'il a présenté (en 10 minutes) les pouvoirs des uns et des autres. Il ne s'agissait pas de refaire les Inglorious Bastards ou les X Men, mais tout de même. A quoi bon se payer une équipe si c'est pour s'en servir si peu ? Au jeu du qui s'en sort le mieux, Gambit tire son épingle du jeu, Deadpool est à la ramasse en ninja blanc démasqué. Pour le reste, l'équipe ne vaut pas grand chose et le personnage de généralissime devenu emblématique des films adaptés de comics (voir Iron Man, Hulk,...) n'a pas plus d'intérêt qu'ailleurs.
Les livres ou le film donc ? Comme à chaque fois, on répond la même chose : les livres bien sûr mais on peut aussi voir le film pour d'autres raisons et s'amuser tout autant. La distribution (officielle) de pop corns, c'est maintenant sur vos écrans. Pour les autres, c'est aussi la fête à Wolvie dans les étals de librairie avec des rééditions si nombreuses qu'on n'ose même pas les détailler.
The Sword : le nouveau cycle des Luna BrothersIl ne m'était jamais venu à l'esprit que les frères Luna (Jonathan et Joshua) pouvaient avoir un visage et surtout qu'ils pouvaient être aussi... jeunes. Créateurs d'une des sagas les plus intéressantes et sensuelles de ces dernières années, Girls, dont on a déjà parlé, les Luna Brothers sont en train de fournir à Image une nouvelle série à succès, à l'ancienne presque et archétypale de la nouvelle manière de voir les comics. The Sword, dont les 12 premiers épisodes sont sortis en volume ces derniers mois (en VO) est une aventure impeccable qui lorgne vers l'American Gods de Gaiman, empruntant à la fantasy tout en gardant un ancrage fort dans la veine "girl next door" qui a assis le succès de Girls et d'autres chefs d'oeuvre comme Y : The Last Man. On est toujours dans l'Amérique profonde cette fois mais dans un contexte quasi mythique : une famille est à table (une grande soeur, un père, une mère plan plan et une jeune soeur tétraplégique) quand des intrus dérangent le repas et assassinent tout le monde. Ils cherchent des noises au père qu'ils prennent pour un certain Demetrios et qui leur aurait subtilisé une épée (the sword). Le père débarque, nie et la soeur handicapée assiste au massacre de sa famille par les étrangers au moyen de superpouvoirs élémentaires (l'un contrôle l'eau, l'autre le feu, l'air,...). La jeune handicapée passe à travers le plancher, on la croit morte quand sa main se resserre sur une épée..... C'est ainsi que démarre le cycle. L'épée est magique et la jeune femme se remet à marcher. The Sword évoque pêle-mêle A History of Violence (un homme a dissimulé sa vérité à sa famille), Kill Bill (il va s'agir ensuite de venger la famille....) et un tas d'autres cycles mi-SF, mi-fantastique. Transformée, l'handicapée Dara Brighton désormais dotée, lorsqu'elle a l'épée en main, d'une superpuissance incroyable. Les secrets de The Sword, qui plongent leurs racines dans la mythologie des Iles Grecques, nous sont livrés dans le volume 2. Il est question de dieux, de sacrifices humains, de civilisations perdues. Dara est flanquée d'une amie courageuse et d'un sidekick masculin trouillard. Elle est enlevée par le gouvernement américain et poursuit sa vengeance de manière implacable. Le scénario est clairement moins original que celui de Girls, un rien répétitif mais le dessin toujours aussi fantastiquement léché et immature. Les Luna Brothers abusent des effets éprouvés dans Ultra ou Girls, des premiers plans ultralisibles, des effets flous et des visages qui se ressemblent tous. Cela ne nous empêche pas de marcher à fond et de partager la cavale des vengeurs avec angoisse et exaltation. C'est simple, bêbête mais on adore ces deux-là et tout ce qu'ils nous servent désormais. Traduction à venir, sûrement, chez Delcourt.Barack le Barbare : Obama affronte Sarah Palin dans une bd![]() Après une apparition dans un numéro de Spider-Man, Barack Obama fait son retour dans la bande-dessinée. Cette fois, il sera : Barack le Barbare. Son principal ennemi ? Red Sarah, une version comics de Sarah Palin, qui montre l'ex-colistière de McCain vêtue d'un bikini et d'une cape en fourrure... Barack the Barbarian : Quest for the Treasure of Stimuli sera le premier titre d'une série lancée par les editions Devil's Due. Hypermusclé, armé d'une hache ensanglantée, Barack y incarne un "héros puissant", dont "la destinée est de sauver la grande république Américaine et de détrôner les despotes surpayés". Sur son chemin, il rencontrera notammment la Sorcière Hilaria et son mari Bill, un demi-dieu un peu filou, ou encore le grand seigneur Boosh. Signé Larry Hama - auteur qui a notamment travaillé sur les series GI Joe et Wolverine - Barack the Barbarian sortira en juin laissera aux lecteurs le choix entre deux couvertures différentes : l'une montrant Barack, l'autre Red Sarah. Une autre bande-dessinée du même éditeur, Drafted : 100 Days, de Mark Powers contera l'histoire de Barack Hussein Obama, un homme muet qui voit ses idéaux anéantis par une guerre intergalactique. ![]() Lire aussi : Les illustrations SM du créateur de Superman Secret Identity, un livre de Craig Yoe qui vient de paraître outre-Atlantique, révèle ce qu'il est advenu de Joe Shuster, le co-créateur de Superman qui a revendu ses droits sur l'homme d'acier pour une bouchée de pain.Shuster, dont la vue diminuait, a dû travailler quelques années comme livreur pour joindre les deux bouts avant de retrouver un job dans l'illustration pour un obscur magazine nommé "Nights Of Horror". Dans ce magazine, Shuster illustrait d'abracadabrants scénarios sado-masochistes dans le même style graphique que Superman. Pire encore, il donnait à ses personnages les traits de Superman/Clark Kent, Lois Lane, Lex Luthor et autres héros de la bande dessinée qui l'a rendu célèbre. Nombreux ont été les dessinateurs de comics contraints à accepter ce genre de jobs "honteux", sans parler de ceux qui l'ont fait par choix. Craig Yoe en avait déjà révélé plusieurs dans son livre "Clean Cartoonist's Dirty Drawings", qui compilait des travaux érotiques peu connus de dizaines d'artistes parmi lesquels Carl Barks (créateur de Picsou), Steve Ditko (Spiderman) ou Chuck Jones (Bugs Bunny).
Aujourd'hui, la plupart des artistes connus qui s'adonnent à l'érotisme, voire la pornographie, ne se cachent même plus. En matière d'érotisme pourtant, on peut se prendre à regretter l'apparente naïveté du passé, à l'époque où dessiner une femme en petite tenue brandissant un fouet relevait du sulfureux et de l'interdit, plutôt que de la banalité du quotidien de nombreux graphistes qui créent aujourd'hui des sites web érotiques par milliers.
Lire aussi : Robert Crumb a fini de dessiner Dieu Big Numbers d'Alan Moore : le troisième numéro enfin retrouvé
Robert Crumb a fini de dessiner Dieu ! Robert Crumb et Dieu, c'est une longue histoire. Après quatre années passées à travailler sur l'adaptation de la Genèse en comics, le dessinateur a annoncé sur son site avoir enfin achevé son projet.Basée sur la Bible du roi James traduite par Robert Alter, cette bd, qui sortira en octobre prochain, est d'ores et déjà présentée par son éditeur comme une "satire scandaleuse" de l'ordre religieux. Dans une interview publiée dans Time Magazine en 2005, Crumb avait expliqué sa difficulté à choisir comment il allait représenter Dieu. Une simple lumière dans le ciel ? Une femme noire ? Finalement, c'est un rêve qui lui révèle l'aspect que devra prendre Dieu dans sa bd : il aura une barbe blanche et ressemblera à son père, avec "un visage très viril". Robert Crumb nous promet "toutes sortes de délires, et des trucs bizarres qui surprendront vraiment les gens". La Genèse revisitée par le plus subversif des auteurs de comics appellera aussi, selon son éditeur, à "une relecture significative du contenu de la Bible ainsi que de son rôle dans notre culture". On en attend pas moins de Crumb, dont le prochain projet devrait être réalisé en collaboration ave sa femme, l'artiste Aline Kominsky-Crumb. Big Numbers d'Alan Moore : le troisième épisode enfin retrouvé !![]() Au début des années 1990, Alan Moore avait perdu tout l'argent de Watchmen dans une infortunée tentative de publication indépendante. Il se lançait alors dans trois des projets les plus ambitieux de sa carrière, dont l'incroyable From Hell, le décevant Filles Perdues, et enfin Big Numbers, projet maudit dessiné par Bill Sienkiewicz, qui n'a jamais été complété et ne le sera jamais, mais dont le troisième épisode a été retrouvé. Les deux premiers épisodes fascinants de cette bande dessinée décrivaient les effets de la construction d'un centre commercial dans la ville de Northampton sur la vie d'une série de personnages. Toute la construction de l'histoire y était régie par la théorie des fractales de Benoît Mandelbrot. Big Numbers devait être le chef d'oeuvre de Moore, plus abouti même que From Hell, avec sa recherche historique incroyablement poussée, son approche holistique du Londres de 1888 et de l'histoire anglaise en générale, et plus complexe même que Watchmen avec son histoire construite comme une horloge atomique. A vrai dire, Big Numbers était sans doute trop compliqué pour tout le monde sauf pour Alan Moore, puisqu'au cours de la réalisation du troisième numéro (sur douze de prévus) le dessinateur Bill Sienkiewicz a lâché l'éponge, et que son assistant Al Columbia, qui avait repris le flambeau, a perdu les pédales en dessinant le quatrième épisode, brûlant même, selon la rumeur, l'intégralité de ses planches.
Deux numéros seulement de Big Numbers ont donc été publiés. Bien qu'achevé, le troisième n'avait jamais vu le jour. Aujourd'hui pourtant, un internaute a mis la main sur des photocopies de ce numéro inédit, et les a uploadées sur son blog, pour qu'enfin l'on puisse tous lire ce troisième et malheureusement dernier numéro de Big Numbers. La lecture des deux premiers numéros (légalement téléchargeables sur les réseaux peer to peer) nous avait déjà permis de comprendre un peu mieux la réaction des dessinateurs, mais de la regretter aussi. Le génie et la monstruosité de ce nouveau numéro ne fait qu'ajouter à notre regret. Watchmen et le temps du récit : le livre ou le film ? Watchmen : les gardiens est un bon film. Il n'est ni une trahison, ni un massacre en règle du travail d'Alan Moore et de Dave Gibbons comme ont pu l'être à peu près toutes les adaptations du scénariste de Northampton. Zack Snyder, dont on n'avait pourtant pas aimé le 300, a fait le boulot avec amour et en a tiré un film qui a gardé suffisamment des caractères initiaux du roman graphique pour qu'il ne soit pas uniquement la machine à pop corn que certains attendaient avec effroi.Watchmen est un film de superhéros en phase terminale, un film noir et une uchronie politique, qui offre l'avantage important pour le spectateur contemporain de voir se matérialiser quasiment au millimètre près certaines cases dessinées par Dave Gibbons. Les lecteurs de Moore seront saisis de contempler sur écran la mise en place charnelle de ce qui relevait jusqu'ici du seul imaginaire et du dessin. Snyder fait mieux dans son genre que Miller/Rodriguez sur Sin City et bien mieux que Miller sur le Spirit d'Eisner.
Mon Watchmen préféré Lorsqu'il s'agit de comparer Watchmen le film et Watchmen la BD, on n'est pas, pour une fois, dans la situation déséquilibrée où on compare une panouille et un chef d'œuvre. La supériorité de la BD tient ici avant toute chose à son format et aux qualités qui en découlent. Moore, interrogé (un bon milliard de fois) sur l'adaptation en cours avait dit quelque chose d'évident mais de terriblement vrai : - Pourquoi est-ce que vous ne vous intéressez pas au film, Monsieur Moore ? - Parce que Watchmen est une BD et pas un film. C'est là que se trouve la réponse.
Dans le film, Snyder a mis sur le même plan à peu près tous les Watchmen, leur consacrant à chacun un développement en flashback (sauf à Ozymandias qui en pâtit terriblement) qui permet de contextualiser leur présent et de coller à la structure de la BD. Ce type d'exposé fonctionne très bien en livre mais un peu moins en film. Les règles du cinéma veulent que le présent des personnages permette peu à peu d'en dévoiler la psychologie et l'historique et pas qu'on se lance dans des bulles cryptotemporelles de ce type (ok, il y a Citizen Kane et aussi... La Cité de la peur). Là où le livre permet un attachement du lecteur à l'un ou l'autre des personnages (la force de Rorschach emporte tout dans le livre), le cinéma juxtapose 4 ou 5 sous-récits de 10 minutes strictement égaux. Ce séquençage équitable ne nous permet pas de formuler une VRAIE préférence.
Réalisme graphique et temps du récit
La BD a un temps, des temps dont chaque segment peut, sous l'effet de la lecture, prendre une durée et une saveur différentes. Le cinéma offre, lui, un découpage standardisé où l'émotion et la substance sont prédécoupées, et ont déjà fait l'objet d'une utilisation dans d'autres films. Le refus de Snyder de se confronter au squid est une autre illustration de ce phénomène. Là où Moore peut se payer un instrument de fin presque comique (tragique, évidemment), le cinéma ne peut se l'offrir car il n'a pas de référent qui permet de stimuler le spectateur dans le bon sens. Les monstres de cinéma sont des monstres qui mettent du temps à apparaître (Godzilla, King Kong, le truc de Cloverfield), qu'on a du mal à montrer. Le cinéma, contrairement à la BD, ne peut pas se permettre de juxtaposer l'absurde et le sérieux, le surréaliste et le psychologique sans griller ses effets. Il suffit de voir à quelle vitesse est tué Rorschach dans le film pour voir que quelque chose cloche.
Be a Nose : les croquis d'Art Spiegelman en vidéo "Be A Nose!", c'est une collection de croquis des carnets d'Art Spiegelman qui vient d'être éditée outre-Atlantique par McSweeney's. On y retrouve les obsessions psychanalytiques et artistiques de l'auteur de Maus et Breakdowns exprimées sans filtre, ou du moins sans le même gros filtre intellectuel qui caractérise son travail habituel. En tout cas, c'est de ça que ça à l'air quand on jette un oeil à la bande annonce qui anime quelques-uns des dessins trouvés dans ces carnets. Entrez dans le Bodyworld de Dash Shaw![]() L'imposant Bottomless Belly Button de Dash Shaw n'a à notre grande surprise pas reçu de prix à Angoulême. Si on avait pu déplorer le manque de portée social de ce huis clos (lire la chronique sur Fluctuat), cela ne sera pas le cas avec BodyWorld, l'excellent webcomic de Shaw qui vient de s'achever et qui a déjà été acheté par un éditeur américain pour une sortie album l'an prochain.
Bodyworld nous introduit dans la ville science fictionnelle de Boney Borough, une ville nouvelle créée après une guerre dont on ne sait pas grand chose, comme une tentative de paradis écologique. On y suit le séjour d'un type qui se fait appeler "professor panther", envoyé par les éditeurs de "l'encyclopédie des hallucinogènes américains" pour y fumer une nouvelle plante mystérieuse qui vient d'être découverte sur le sol de l'école locale. Evidemment à partir de là il se passe tout un tas de choses bizarres, ou plutôt de choses racontées bizarrement puisqu'au moment de les résumer je me rends compte qu'elles sont tout à fait ordinaires : Panther tombe sur une prof un peu chaude, l'histoire d'amour de deux élèves modèles tourne au vinaigre le soir du bal de promo, Panther se rappelle de son ex dans un flashback...
Bottomless Belly Button était un huis clos familial étouffant, Bodyworld est l'examen psychédélique d'une communauté fermée elle aussi mais à plus grande échelle. On y retrouve les mêmes névroses, les mêmes obsessions et le même talent mais, contrairement aux sept cent pages de Bottomless Belly Button, celles-là sont gratuites. Pendant la crise, Spider-Man travaille au McDo
Chez Marvel, au palmarès des personnages atteint par la dèche, Peter Parker, alias Spider-Man, arrive largement en tête. Il y a quelques temps, on voyait l'homme-araignée sauver Obama des super-vilains le jour de son investiture. Dans un numéro à paraître, on le retrouvera un peu moins glorieux : ayant perdu son job de photographe freelance, Peter Parker est désormais contraint d'aller bosser... au McDonald's ! Autre super-héros à se serrer la ceinture : Tony Stark, le milliardaire qui se cache derrière Iron Man, connaît quelques difficultés financières, peu après avoir échoué à stopper une invasion d'aliens. « Il est dans une mauvaise passe, un peu comme Donald Trump après sa première faillite », explique Brian Michael Bendis, auteur phare chez Marvel. Batman, lui, en disparaissant dans un récent épisode signé Grant Morrison, laisse l'entreprise Wayne dans une situation bien incertaine. Les aventures de super-héros sont décidément en phase avec l'actualité... Passionné de comics, le professeur Mark D. White estime cependant que l'univers des super-héros doit justement permettre aux lecteurs de s'évader de la réalité. Ceux-ci « ne veulent pas qu'on leur rappelle les guerres, les tragédies ou catastrophes économiques. » Lire aussi : |
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