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Christian Bourgois est un éditeur qui compte. Toutes les parutions et rééditions de la vénérable maison.

Christian Bourgois éditeur : une maison d'édition orpheline

Posté par Solaris le 21.12.07 à 12:06 | tags : news, christian bourgois, roman
L'éditeur français Christian Bourgois est décédé jeudi à Paris des suites d'un cancer.

Fondateur de la maison d'édition qui porte son nom, il aura contribué à faire découvrir au public francophone de grands écrivains étrangers, dont Alexandre Soljenitsyne, Gabriel Garcia Marquez, William Burroughs, Antonio Lobo Antunes.
Issu de la bourgeoisie d'Antibes, il souhaite intégrer Normale Sup. Ses projets sont contrariés par son père qui préfère le soustraire à l'influence de ses camarades de khâgne, vivier notoire de gauchistes. Elève brillant du Lycée Louis-Le-Grand, il sera diplômé de l'IEP de Paris, second d'une promotion dans laquelle se trouve également un certain Jacques Chirac. Après un an à l'ENA, il démissionne, car son ambition le porte vers un autre milieu. Passionné de lecture et amoureux des livres, il rejoint la maison Julliard (1959).
En 1966, il fonde au sein du groupe Les Presses de la Cité (qui a précedemment racheté les éditions Julliard) sa propre maison d'édition. Christian Bourgois éditeur devient le reflet de ses goûts en matière de littérature, qui se définissent essentiellement par l'éclectisme et la qualité.
Le Seigneur des Anneaux, tout comme Les Versets sataniques font partis de son catalogue.

Disparu à l'âge 74 ans, Christian Bourgois laisse derrière lui une maison d'édition qui aura été tout au long de ses années au service de la littérature.

Michael Collins : Illusions du savoir, subterfuge de la vérité

Posté par Maxence le 21.05.07 à 16:10 | tags : roman, christian bourgois, extrait

Michael Collins est sans aucun doute l'un des plus grand romancier anglo-saxon contemporain et certainement l'un des plus discret aussi. Ce que l'on se permettra de regretter vivement car ses romans mériteraient une bien plus grande couverture médiatique. Après avoir évoqué l'Amérique des paumés et des clandestins irlandais (La Filière Emeraude), l'Amérique profonde des villes du nord (Les âmes perdues), l'Amérique rurale du Midwest (Les gardiens de la vérités), celle des nomades (Les profanateurs), cet écrivain originaire d'Irlande et installé aux Etats-Unis depuis une dizaine d'années, s'attaque au milieu universitaire US, ses ambitions pathétiques, ses guerres de couloirs mesquines, son pathos et son hypocrisie. Extrait choisi :

En vérité tout n'était qu'apparence ici, le subterfuge tellement énorme, la dissimulation du désespoir si parfaite, l'échec consacré avec un titre et une plaque couleur bronze à son nom sur une porte de chêne ciré. Un cauchemar dans lequel on essayait de courir mais vos jambes refusaient de vous porter, dans lequel on essayait de hurler mais aucun son ne sortait de votre bouche Il comprenait que ce genre de silence démentait l'aisance avec laquelle ses chers collègues évoluaient dans les longs couloirs.
Combien de fois avait-il voulu se confier à quelqu'un, lui dire la vérité, atteindre au moins un semblant d'honnêteté avec ce qui l'entourait, ou, dans ses moments de plus grande angoisse, hurler vers les parents de passage, pour les mettre en garde quand ils visitaient l'université lors des journées portes ouvertes pour les futures étudiants. Mais, bien sûr, il n'avait jamais hurlé, et à la place, il avait pris la pose comme l'un de ses heureux collègues enseignants dans un coin des bureaux de création littéraire, en train de lire des manuscrits, de corriger des copies, un de ces professeurs cernés par des bibliothèques remplies de livres reliés cuir écrit par des personnages de l'Antiquité ou des Lumières, avec des noms compliqués comme Rousseau, Descartes et Voltaire, parmi des tomes et des tomes de critiques littéraires et de mince volume de leur propre poésie qu'on pouvait leur pardonner car ils étaient censés contenir des vérités essentielles.

La chronique La vie secrète de E.Robert Pendleton sur Flu' le mag.

Michael Collins - La vie secrète de E. Robert Pendleton (Christian Bourgois)


William Burroughs : La Métamorphose

Posté par Maxence le 18.04.07 à 10:24 | tags : elucubration, christian bourgois, roman

Passionnante lecture que ces Lettres de William Burroughs publiées chez Christian Bourgois. Le lecteur un tant soit peu au fait de l'œuvre de cet écrivain extra-ordinaire (noter le tiret) y trouvera une foule d'explications, d'anecdotes et de faits marquants éclairant l'existence et l'œuvre d'un homme pour qui la vie était une fiction. Une fiction que seul un personnage comme Burroughs aurait pu vivre d'ailleurs. Au contraire de beaucoup de recueil de correspondances, la lecture de ses Lettres doit obligatoirement se faire dans l'ordre chronologique. Y apparait dans les premiers temps (les années 50) un individu plutôt anodin, même si doté de convictions et d'idées déjà hors-normes pour son époque.

C'est un fait établi, Burroughs fait ses premiers pas dans l'écriture par désoeuvrement, suite à l'éloignement d'un petit ami. C'est la genèse de Junky, puis de Queer. Il devient progressivement évident à travers ses lettres que Burroughs est happé par l'écriture et que c'est sa vie même, ses évènements, qui le conduiront à se voir comme un véritable écrivain. Du récit impersonnel et pourtant autobiographique de Junky, aux sketchs et "numéros" (ainsi que l'auteur qualifiait les fables déjantées à l'humour outrancier destinées à ses deux fidèles lecteurs, Jack Kerouac et Allen Ginsberg), le style devient de plus en plus halluciné et délirant. Les visions et les rêves prennent une place prédominante. Burroughs s'éloigne subtilement de la narration conventionnelle, annonçant le mythique et cathartique Festin Nu. La mort accidentelle de Joan Vollmer-Burroughs sa compagne, lors d'une soirée bien arrosée au cours duquel, armé d'un revolver il joue a Guillaume Tell et la tue, est évidemment l'un des facteurs déclenchant de son engagement dans l'écriture. Le lecteur constate ainsi l'impact de ce drame sur le style d'un écrivain qui est également (et c'est assez rare pour être noté) le principal protagoniste de ses histoires.

A travers ses lettres enfin, le lecteur suit les pérégrinations de Burroughs dans le monde entier. C'est à partir des années 50 en effet (1952 après un passage à Mexico en 1949, pour être exact), que l'écrivain quitte les Etats-Unis, qu'il ne supporte plus, pour le Mexique. Il parcourt ensuite l'Amérique du Sud à la recherche d'une drogue hallucinogène du nom de Yage (ou Yagé) puis se rend en Afrique du Nord et fini par s'installer à Tanger, au Maroc. On y lit ses déboires sentimentaux, son éternel conviction de décrocher un jour de se dépendance à l'héroïne et ses dérivés. L'importante place de la psychanalyse qui lui fera prendre conscience de sa sexualité (ou au contraire de son manque de goût pour celle-ci après des années d'orgie homosexuelle), sa brouille avec Kerouac, son amour indéfectible pour Allen Ginsberg et enfin son lent éloignement du mouvement et des ses idées. A Tanger, Burroughs rencontre Paul Bowles mais surtout Brion Gysin avec qui il est immédiatement en froid. Pourtant, durant son passage à Paris, c'est avec cet artiste suisse qu'il participera à la diffusion du concept phare qu'est le cut-up. En 1959, la boucle est bouclée, après toutes les années durant lesquelles Burroughs fait figure d'entité paternelle pour les principaux acteur de la beat generation, il tourne la page et entame une nouvelle étape de sa carrière, celle de la trilogie Nova, puis des romans Londonien (Les Garçons Sauvages, Exterminateur ! et Havre des Saints. La suite fait parti de l'histoire mais ce n'est plus celle de William S. Burroughs, c'est désormais celle de la littérature.

Il était une fois sur Flu : les chroniques de Les Garçons sauvages et Entre chats

Lettres de William S. Burroughs (Christian Bourgois)


Owen Noone & Marauder de Douglas Cowie

Posté par Myosotis le 31.03.06 à 10:47 | tags : roman, livre, christian bourgois, politique

Je n'aime pas conseiller un bouquin quand je ne l'ai pas terminé mais comme il semble que la fin soit justement le talon d'Achille d'Owen Noone & Marauder, le premier livre de l'Américain Douglas Cowie (illus.) je fais une entorse à la règle. Owen Noone et le Marauder est jusqu'ici (les 2 tiers du livre) le livre que tous les écrivains qui aiment le rock ont pensé écrire un jour : la chronique d'une aventure indie, depuis la formation d'une cellule musicale punk (2 gars qui ne savent pas jouer d'un instrument), jusqu'au succès. L'Américain originaire de l'Illinois, âgé de 28 ans, mène sa barque avec une belle maîtrise des situations et du sujet, dressant le portrait d'un attelage entre Suicide (pour la formule duo), Pavement (la belle histoire d'un succès par la voie underground) et Nirvana (la voix, le punk). Owen Noone, leader charismatique, messianique et d'origine bourgeoise, fait alliance avec le Marauder (et narrateur), mec fauché et en manque de confiance, pour monter un groupe punk. Owen Noone et le Marauder prennent leur pied et se découvrent des qualités. Le roman n'est guère plus que ça mais fait frisonner de plaisir car cette histoire est une histoire vraie, qu'on a déjà lue mille fois dans les biographies rock, les interviews. C'est la meilleure histoire du monde, la plus généreuse, la plus énergique.C'est pour cette raison qu'il faut lire Owen Noone & Marauder : le roman qui vous rajeunit de 20 ans si vous en avez 35, vous donne des ailes si vous avez 15 de moins.

Owen, noon and Marauder (Christian Bourgois)


Seuil, Bourgois : Plein les Poches!

Posté par Easywriter le 21.03.06 à 13:25 | tags : christian bourgois, news, le seuil, poche
Le printemps n'est pas seulement porteur de dramatiques informations climatiques mais aussi de nouveautés plus fleuries. Ainsi de l'éclosion de deux nouvelles collections "poches" chez Christian Bourgois et au Seuil. Le premier sort une assez classe section Titres à couverture blanche qui permettra de rééditer à moindre coût les nombreuses pépites de la maison (comme Vila Matas en illus.). Du côté de la Martinière-Le Seuil c'est la collection Points qui s'offre un lifting. Née dans les années 70, la collection Points s'est imposée sur le marché dans les années 80 et 90 grâce à une ouverture très large à la fiction et  en segmentant l'approche (policiers, jeunesse...). Malheureusement, le marché "poches" s'est bigarré au point de devenir illisible d'où la volonté des éditeurs de clarifier tout ça. Avec 3000 titres au compteur, Points Poches ne possède que 5% du florissant marché squatté par Le Livre de Poche, Pocket et 10/18.  A venir, donc une collection point poésies, points fantasy puis grands romans, Thrillers... le but étant de faire progresser les ventes de 70%. Les prix devraient même baisser de un à deux euros par titre.

Gary, Ajar, Kacew, etc.

Posté par Van le 10.01.06 à 17:10 | tags : conférence, livre, christian bourgois
Il y a 25 ans, Roman Kacew, alias Romain Gary, alias Emile Ajar, se donnait la mort. L'écrivain dont la vie fut digne d'un roman fait toujours, une génération après, couler beaucoup d'encre. A l'occasion notamment de la parution de l'ouvrage de Paul Audi, La Fin de l'impossible - Deux ou trois choses que je sais de Gary (éditions Christian Bourgois), le Musée d'art et d'Histoire du Judaïsme accueille une rencontre, "Autour de Romain Gary", dimanche 15 janvier 2006. Dans une conversation avec Georges Kiejman, Paul Audi y poursuivra sa réflexion sur l'oeuvre de l'écrivain aux deux visages. L'occasion également de (re)découvrir certains de ses textes. Avis à ceux qui souhaitent en savoir plus sur une figure hors norme de la littérature.
(illus. courtesy biblioweb.org)

Tolkien par Tolkien

Posté par Van le 02.01.06 à 16:50 | tags : livre, christian bourgois, autobiographie
"Tout ce dont je me souviens à propos de la naissance de Bilbo le Hobbit est que je corrigeais des copies du School Certificate (...). Sur une page blanche, j'ai griffonné : "Dans un trou vivait un Hobbit". Sans savoir pourquoi, aujourd'hui encore" (lettre à W.H. Auden). Soixante ans de correspondances de J.R.R. Tolkien avec ses éditeurs, sa femme, ses enfants, ses amis, ont été rassemblées dans un ouvrage, pour le plus grand bonheur des plus grands fans de ce créateur de génie. Génèse et architecture du Seigneur des Anneaux, dont l'écriture lui aura pris seize ans, sont racontées simultanément au fil de ses récits épistolaires. Un genre d'autobiographie, écrite au jour le jour. L'histoire d'une oeuvre commentée par son propre créateur. Un petit cadeau fait à tous les lecteurs (et spectateurs) de la trilogie mythique.

J.R.R. Tolkien

Lettres
Traduites de l'anglais par Vincent Ferré et Delphine Martin
Christian Bourgois Editeur, 2005

Christian Bourgois, éditeur aux grandes oreilles

Posté par Sandor le 02.11.05 à 21:40 | tags : exposition, édition, christian bourgois, centre pompidou
Quarante ans d'édition, texte et son (photo © Patrice Pascal)"Moi, j'ai toujours pensé qu'un éditeur est quelqu'un qui écoute encore plus qu'il ne lit, qui écoute des gens en tête-à-tête - c'est pour ça que je n'aime pas les comités de lecture". L'auteur de ces paroles, je l'avais découvert il y a une douzaine d'années, quand je commençais à quitter les hypermarchés de banlieue pour passer quelques soirées théâtrales à Paris (allez, j'avoue : c'était Gorki). Le théâtre, j'y suis pas beaucoup retourné depuis mais lui, je ne l'ai jamais vraiment quitté. Bizarrement, alors que son catalogue est plutôt rempli de romans américains, chinois, italiens ou russes, ce sont surtout les textes de musiciens qui au fil des années m'ont intéressé chez lui. Ceux-ci s'accumulant au pied de mon lit, j'ai fini comme tant d'autres par avoir mon histoire perso avec cette maison d'édition désormais quadragénaire, et à laquelle la BPI-Centre Pompidou consacre, jusqu'au 16 janvier, une alléchante exposition.



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