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Chick Lit : toute la littérature pour filles, romans girly et autres couvertures roses bonbon... On s'en moque ou on adore, on adore s'en moquer.

Après Skinny Bitch, Skinny Bastard : mauvaise graisse, mauvaise presse

Posté par Gwenola le 28.04.09 à 17:13 | tags : news, best-seller, chick lit, vo
Rory Freedman et Kim Barnouin sont les auteurs de Skinny Bitch, un best-seller dans lequel elles prodiguent des conseils pour garder la ligne. Ces garces (restons polis) de la minceur remettent le couvert et s'attaquent cette fois aux bedaines disgracieuses des hommes en publiant Skinny Bastard.
 
Vendu à plus d'un million d'exemplaires en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, Skinny Bitch peut se lire au choix comme : a) Une apologie du bien-être vantant les bienfaits du végétalisme sur l'organisme et dénonçant les exactions de l'industrie alimentaire b) Un manifeste pro-ana camouflé derrière des propos en apparence écolo c) Une énième publication bas de gamme sur la nutrition. Le livre est déclinable à volonté, de sorte à faire le bonheur des ménagères (Skinny Bitch in the Kitch, 217 000 exemplaires vendus), ou des femmes enceintes (Skinny Bitch: Bun in the Oven, 26 000 exemplaires vendus). Le nouvel opus prévu chez Running Press, Skinny Bastard, s'adresse cette fois à tous les "vrais mecs qui refusent de rester gros et veulent devenir bien roulés". Tout un programme donc... 100 000 copies de l'ouvrage sont déjà prévues pour un premier jet.
 
Pour Skinny Bastard, les activistes de la sveltesse hardcore (pour rappel, la viande, le lait, le café, l'alcool, etc sont strictement interdits) auraient visiblement reconditionné Skinny Bitch en ajoutant une pincée de testostérone et quelques messages pour être en bonne santé, agrémentés de propos encourageants et titillant l'ego des intéressés : "tu ne t'en sors pas si mal, malgré les quelques kilos que tu trimballes en trop... Mais pas de blagues, l'ami : un mec au corps sexy attire tous les regards." Admettons. Manger des fruits et des légumes n'a jamais fait de mal à personne. Mais que dire de la ligne directrice de leur concept : "Skinny Bitch représente notre mode de vie (...) Qu'il s'agisse de shopping alimentaire, de discussions alimentaires, de pensées alimentaires, de rêveries alimentaires, de cuisiner ou de manger la nourriture, nous ne nous en lassons jamais" ou de slogans comme "le sucre c'est le Diable" ou "le soda est un liquide satanique" ? On n' oserait quand même pas les traiter d'obsédées du régime après ça...

 




Harlequin recrute des adolescentes pour sa nouvelle collection

Posté par Céline le 26.02.09 à 16:24 | tags : édition, news, chick lit
Pourquoi seules les "ménagères de moins de 50 ans" pourraient-elles profiter des histoires passionnées de la collection Harlequin ? Grâce à Harlequin Teen, une collection destinée aux adolescentes, qui sera lancée en avril, les filles vont pouvoir s'y mettre bien plus jeunes.
 

Mais comment adapter des romans sentimentaux (et sensuels, dira-t-on) afin qu'ils plaisent aux adolescentes ? Il suffit de demander l'avis des premières concernées. Harlequin recrute donc des adolescentes, qui recevront gratuitement des livres sur lesquels elles donneront leurs avis. Ainsi l'éditeur pourra-t-il répondre au mieux à la demande de jeunes lectrices friandes d'intrigues amoureuses - type j'ai le cœur qui bat quand il s'approche...

Un site est déjà mis en place. Dédié au 13-17 ans, il est animé par la supposée "Quin", la fille de Harle, donc. Mais que deviendront à 50 ans les femmes nourries à l'Harlequin depuis l'âge de 13 ans ?

 

Source : ActuaLitté







Mon tampax, mon pipi, ma vie

Posté par Céline le 19.05.08 à 17:19 | tags : édition, best-seller, elucubration, news, chick lit
Best-seller en Italie, La cellulite c'est comme la mafia, ça n'existe pas, signé Pulsatilla, est, pour caricaturer, le nouveau roman à lire en jean slim avec une mèche qui pend sur les yeux. Si on peut comprendre ce qui a pu faire marcher aussi bien le bouquin (en Italie donc, et peut-être bientôt en France où il vient de sortir Au Diable Vauvert), on ne cautionne pas.

 

L'intelligence féminine ? On ne trouve dans La cellulite... qu'une vague sociologie des lieux communs, tout juste digne des pires magazines féminins. Quand Pulsatilla fait de l'esprit, ça donne quelque chose comme ça : "Dommage pourtant que, chaque fois que tu sors de chez le coiffeur, il tombe une pluie torrentielle". Brillant. Et ce n'est même pas à prendre au second degré.

De l'humour ? Il ne relève pas vraiment de l'originalité de miser sur le triptyque Zizi-pipi-caca pour rendre son texte drôle et osé. Pulsatilla nous révèle très crûment une foule de petits problèmes censés nous faire rire, et dont on se passerait bien. Exemple, ses "règles douloureuses avec diarrhée" : "Chaque fois que tu vas aux chiottes, tu dois faire la guerre sur deux fronts en même temps". Tordant.

De la subversion ? En dehors de quelques considérations sur divers régimes draconiens et la façon dont les magazines de mode y poussent les femmes (ah, c'est original, ça aussi), Pulsatilla s'insurge aussi, non sans qu'on y perçoive une sorte de fierté, contre "le fait que dans la plupart des cas tu doives t'enfiler le doigt dans la figue pour mettre en place le tampon". Qu'en termes galants ces choses-là sont dites... Et l'idée s'étale sur plusieurs pages : même ton, même combat.

 

Alors qu'il devrait se mettre au service de la cause féminine, en gueulant tout haut ce que tout le monde oublie (la connerie des mecs, la douleur des règles, la dictature de l'apparence), le discours d'une Pulsatilla (comme celui de la plupart des trashouillo-féministes ou faiseuses de chick lit apparues ces dernières années) pourrait bien plutôt la desservir. Notamment, en réduisant la femme à une névrosée du milligramme de trop, qui ne se bat que pour son brushing ; à une obsédée de la bite, qui largue les gentils amoureux impuissants pour des bons coups hyper salauds.

A bien y réfléchir, ce n'est pas tant l'ouvrage de Pulsatilla qu'il faut blâmer que cette mouvance qui voudrait que pour être cool, drôle et libérée, une femme ait à aller clamer partout que la ficelle de son string lui rentre dans le cul, et qu'elle ne ressent rien aux gâteries que lui prodiguent ses nombreux mecs. On a encore le droit d'avoir une plus haute idée de la femme.




William Gibson : entretien avec l'ex-pape du cyberpunk

Posté par Maxence le 20.03.08 à 15:14 | tags : polar, au diable vauvert, chick lit, science-fiction

Cela devait arriver. Avec sa manie d'inclure objets hype, références musicales et manies contemporaines dans ses romans, l'ex-pape du Cyberpunk William Gibson a fini par réinventer la "chick litt", cette littérature légère et branchée pour jeune fille moderne.

A sa manière à la fois ironique et visionnaire, la parution de Code Source fait de Gibson l'écrivain contemporain le plus ancré dans notre modernité, et le plus lucidement mordant quand il s'agit de se moquer gentiment de l'homo habitus du 21e siècle. Omniprésence et références continues à la pop culture, séjours dans des hôtels de luxe, nouveaux comportements liés au technologies de l'information et marques nommées à tout bout de champ, Gibson décrit un monde ridicule dans lequel l'apparence est tout, mais contre lequel ses personnages, éternelle rebelles without a cause, se battent constamment, à leur façon étrangement apathique et décalée. Un monde dans lequel même les espions utilisent le Ipod comme disques durs externes, où les fugitifs cours en Adidas GSG9, portent du Prada, boivent de la Red Bull et écoutent du reggaetón.

 

Lire l'entretien avec William Gibson

Lire la chronique de Code Source




Blandine Le Callet, fraîche et neuve

Posté par Myosotis le 23.05.07 à 10:30 | tags : chick lit, roman

Je travaille comme un forcené pour lire ce qu'il y a de pire à votre place dans cette semaine française. Et on y est encore ici avec Cette Pièce Montée de Blandine Le Callet, première romancière de 35 ans vendue comme fraîche et neuve par les Editions Stock (on les en remercie).  


Voilà l'histoire de Blandine Le Callet. Elle a vu Festen le film danois et a décidé que ce serait franchement bien de faire pareil en littérature et transposé dans la bourgeoisie française. Bérengère et Vincent se marient et invitent leurs familles et proches pour une petite sauterie en campagne. S'en suit une succession de nouvellines vues du point de vue de la soeur de la mariée, de la demoiselle d'honneur, de l'oncle, du mari, d'un ami, du prêtre et j'en passe. Chacun livre son expérience de cette journée si particulière et raconte les "horreurs" qui sous-tendent les rapports d'une tribu. L'auteur brosse ainsi des tableaux parfois drôles, souvent nunuches (comme cette fin grotesque que même Harlequin aurait refusé) pour révéler l'hypocrisie et les faux-semblants du monde bourgeois. Ce serait presque du Chabrol ou du Flaubert, si on arrivait à faire émerger un dessein au projet. En refermant le livre, agréable et écrit selon les codes de la chick lit, on se demande pourquoi Blandine Le Callet en est arrivée là. Dans un entretien livré à Zone littéraire , on obtient un embryon de réponse : Blandine est professeur de latin à l'université, a trois enfants, un mari (elle déclare que les enfants c'est important pour forger un couple) et que "Les moments que je choisis de consacrer à l'écriture sont comme des parenthèses précieuses et vivifiantes ; mais elle n'ont de sens à mes yeux que parce qu'il y a tout le reste à côté." Vous savez l'essentiel, je ne pousse pas plus loin la démonstration.


 


 




Chick Lit pour les filles... débiles ?

Posté par Myosotis le 27.03.07 à 10:33 | tags : roman, chick lit, best-seller


Les filles avaient déjà : les salaires inférieurs de 20% à ceux des mecs, une propension à se faire violer, défoncer la tête par des types bourrés, des toilettes trop petites et dégueulasses sur les aires d'autoroutes, des obligations sociales intenables (maquillage, épilation), elles ont maintenant leur "littérature pour nous les filles", une sous-merde à mi-chemin entre Bridget Jones, un scénario de Friends et  la collection Harlequin. La "Chick Lit" (littéralement littérature pour les "poulettes", "nanas") est en passe de devenir un élément moteur du marché du livre. Du coup (enfin, pour rester dedans), je me suis farci le Gossip Girl - tome 6 de Cecily Von Ziegesar, l'un des best sellers de ce nouveau genre (je n'ai pas tenté Mecano Girl ou L'accro du shopping à une soeur). Gossip Girl est écrit par une nana dont le plus original est le nom, américaine, de haute extraction. Elle raconte ses aventures de petite fille riche (qui a des petits copains riches et des copines riches à New York), qui vise une entrée dans une chouette université privée pour faire une carrière. Un maître chanteur diffuse des ragots sur le net. Oh, le méchant bonhomme. Et si c'était une fille ? Hein. Les plus enthousiastes diront que la série Chick Lit n'est ni meilleure ni moins bonne que les Chroniques de San Francisco d'Amistead Maupin. Il y a des lesbiennes dans le style et toutes les minorités sont représentées. C'est un peu plus nul encore. Amusant ? On voit mal pourquoi on s'abîmerait les yeux alors qu'on peut voir ça à la télé. Ca pourrait ressembler à Brett Easton Ellis : le côté classes sup, Beverly Hills, vous trouvez pas ? Bien sûr. Si l'on veut positiver autour de la Chick Lit, on peut dire que l'émergence d'une telle littérature pour filles, quand au même moment et sur le même plan les hommes continuent de dévorer l'Equipe, France Foot, et Entrevue, prouve ENCORE UNE FOIS la supériorité ontologique de la femme sur l'homme. CQFD.  






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