The Invisibles "L'éclipse du onze aout 1999 verra l'aboutissement du complot millénaire visant à placer le roi Archon sur le trône d'Angleterre, le premier pas vers l'Apocalypse, en 2012. Seuls les Invisibles, une organisation anarchiste secrète peut les arrêter". On pourrait résumer ainsi The Invisibles, comic book de Grant Morrisson. Ce serait évidemment passer sous silence tous les à-côtés qui font l'intérêt de l'oeuvre: Fanny, le sorcier/drag-queen brésilien, les discussions entre Shelley et Byron, la réinterprétation des cent-vingt jours de Sodome...Au milieu des années quatre-vingt-dix, le scénariste écossais a eu une vision, dans laquelle il s'est fait enlever par des aliens qui lui ont révélé le secret de l'existence. Il a ensuite créé les Invisibles comme une formule magique pour transformer la culture populaire, et à cet égard il a réussi, inspirant très largement la trilogie Matrix et se voyant lui même confier le destin de poids lourds des comics comme les x-men ou Superman. On compare souvent Morrisson à Alan Moore, et on pourrait voir dans les Invisibles un pendant punk à Promethea, mais là où Moore montre une parfaite maitrise de son propos et de son médium, il y a dans l'oeuvre de l'écossais des montagnes de scories pour chaque pépite. On pourrait dire qu'avec les Invisibles, obliger le lecteur à retrouver le signal au milieu des interférences était justement le but, et il y a de réels moments de génie quelque part dans les soixante quatre numéros du comic book. Il faut s'armer de courage si on veut les trouver. Je vous aide un peu: aucun de ces moments n'est dans le dernier tiers. |
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