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Ecrivains cultes ou oubliés, figures historiques, séducteurs patentés, des écrivains parlent de la vie des autres. Et nous on parle d'eux. Voir aussi notre sélection bio.
Devenir écrivain et prendre une mégabâche de Jack London
Le problème se pose assez vite lorsqu'on se pique d'écrire de savoir si ce qu'on "produit" a un intérêt ou pas. On peut soumettre nos torchons à des proches (maîtresse conquise, amant), à des parents, à des amis qui, souvent, nous traitent respectueusement mais dont l'avis n'est généralement (sauf si vous êtes un fils ou une fille de, auquel cas votre production aura un intérêt majeur pour l'humanité) ni professionnel, ni objectif.
Avant de franchir le cap de l'éditeur (par définition imaginaire, cruel et laconique, injuste et pressé, aveugle et peu à l'écoute de votre génie), certains font le malin et décident d'envoyer leurs écrits à des écrivains qu'ils respectent dans le double espoir : 1) que ceux-ci les trouveront cool (et qu'ils deviendront amis) 2) que ceux-ci pourraient le cas échéant leur donner des conseils ou mieux un coup de main pour devenir célèbre.
Dans les deux cas, il faut avoir en tête que c'est une idiotie et que tout ce que vous retirerez de cette affaire-là, c'est soit une lettre manuscrite de quelqu'un que vous aimez bien (de quoi en tirer quelques dizaines d'euros sur ebay), soit un encouragement idiot arraché par quelqu'un qui ne veut pas être impoli. Il n'est sans doute pas nécessaire de rappeler qu'on écrit toujours seul et qu'on ne peut compter que sur sa foi en soi, pour être convaincu de faire l'intéressant. Qu'est-ce qui vous maintiendrait à votre table de travail sinon, alors qu'il y a tant de choses à faire comme jouer à la Wii, regarder la télévision ou prendre des verres avec des amis. Envoyer son manuscrit à quelqu'un d'autre qu'à un éditeur, c'est comme appeler SOS Amitiés ou entamer un dialogue sur Internet avec une nana qui vous veut du bien : un acte désespéré et désespérant. Ecrire, comme disait l'autre, c'est douter de tout en étant sûr de soi. Ainsi, en va-t-il de ce jeune écrivaillon qui, un jour de 1910 (?), eut la bonne idée d'envoyer ses nouvelles à Jack London, monument historique à cette époque, qui lui donna très amicalement cette réponse très pédagogique.
"D'abord, laissez moi vous dire que, comme psychologue et comme littérateur, j'ai apprécié votre oeuvre pour sa psychologie et son originalité, car en vérité elle ne m'a plu ni par son charme littéraire, ni par sa valeur qui sont, avouons le, nuls. Il ne suffit pas d'avoir quelque chose à dire pour intéresser, il faut s'efforcer d'exprimer son idée le mieux possible et dans la forme la plus attrayante ce que vous avez entièrement négligé. S'il faut au moins cinq ans pour devenir forgeron, combien faudra-t-il de temps pour devenir un écrivain professionnel capable de vendre son travail à de bonnes revues et d'être payé comptant ? combien d'années de travail intense à 19 heures par jour d'études sur la forme, sur la manière, sur l'art et la façon de l'acquérir, pour qu'un homme doué d'un talent naturel ayant quelque chose à dire, puisse imposer son nom dans le monde des lettres et en vivre ? Il est impossible qu'à 20 ans vous ayez travaillé suffisamment pour devenir un écrivain renommé. Avouez que vous comptez à peine cinq mois d'études suivies et sérieuses. Votre apprentissage n'est pas encore commencé : la preuve, c'est que vous m'avez envoyé ce manuscrit ! Voulez-vous écrire pour le marché littéraire ? Il faut donc une marchandise susceptible d'être achetée. Lisez ce qui se publie et vous verrez que votre oeuvre ne vaut rien. Il n'y a qu'un moyen d'apprendre, c'est de commencer. Et de commencer par un travail patient; s'amer contre les déceptions qui furent celles de Martin Eden avant sa réussite, et ce furent les miennes également puisque j'ai attribué à ce héros mes propres expériences dans le métier littéraire."
L'histoire rapportée dans la belle biographie écrite par l'épouse de London, la bien prénommée Charmian, ne dit pas ce qu'il est advenu du jeune écrivain en question, mais il est à parier que la réponse de son héros ne lui a pas donné des ailes. A-t-il revendu son encrier ? S'est-il jeté pierre au cou dans la baie de San Francisco ? Est-il devenu journaliste ou critique sur le web ? Paix à son âme en tout cas, puisqu'il a eu ce qu'il méritait et rien que ce qu'il méritait. La course au chef d'oeuvre littéraire est ce qu'il y a de plus darwinien et redoutable avec l'Iron Man d'Hawaïï et le casting de la Nouvelle Star.
Saint-Exupéry : tué par un lecteur du Petit Prince ?C'est assez évident dans la tête des français, Jacques Pradel aime bien résoudre les mystères. Son dernier ouvrage, Saint-Exupéry, l'ultime secret, co-écrit avec Luc Vanrell, raconte ainsi la longue enquête qui a permis d'expliquer la mort de l'écrivain et aviateur, disparu en 1944 au cours d'une mission de reconnaissance aérienne.
Il y a deux choses à apprendre sur cet homme. La première, dont on ne sait finalement plus trop quoi faire, est qu'il serait, selon lui, le frère caché d'Ivan Rebroff. La seconde, c'est qu'il était lui-même un grand lecteur de Saint-Exupéry. "Si j'avais su que c'était Saint-Exupéry, je ne l'aurais jamais abattu", a-t-il affirmé à l'AFP.
Alors, Horst Rippert est-il vraiment celui qu'il prétend être, un lecteur du Petit Prince qui aurait abattu sans le savoir l'avion de l'un de ses auteurs favoris ? Ou essaie-t-il de jouer sur tous les tableaux, en se faisant passer à la fois pour le frère d'un chanteur folklo et l'assassin d'un écrivain français ? Si le témoignage de l'ex-pilote allemand se révèle aujourd'hui tout à fait crédible, Luc Vanrell, le plongeur marseillais qui a initié l'enquête, reconnaît qu'il manque encore la preuve ultime de cet ultime secret...
Les auteurs de Saint Exupéry, l'ultime secret, présenteront samedi leur livre au Musée de l'air et de l'espace du Bourget, où sont d'ailleurs conservées les pièces retrouvées de l'avion de l'écrivain. Sous terre avec BukowskiPosté par Céline le 09.03.08 à 09:25 | tags : biographie
Que se passe-t-il sous terre pour Bukowski ?
Lui, a fait. Tout. Et laisse le souvenir d'un beaucoup de chose. Une vie de fou, comme le résume le titre de la volumineuse biographie d'Howard Sounes, récemment traduite en français.
Buk est-il allé rejoindre le sud de nulle part ?
Repose-t-il avec les damnés ?
A-t-il retrouvé son chien de l'enfer ?
Mieux, sans doute – et déjà beaucoup évoqué - il boit peut-être des coups avec Céline et d'autres dans un troquet où les bières sont pas chères, "au paradis des écrivains". John Fante vient leur serrer la pince et leur taxer une clope.
Dans le resto chic d'en face, devant un millésimé, Claudel et Saint-John Perse lèvent les yeux au ciel, s'étonnent et s'indignent qu'on ait pu faire de la poésie avec des mots si peu nobles.
Les uns déclament calices, sépales, illustres. Les autres hurlent salope, gerbe, crève.
Sinon, il y a toujours les hypothèses proposées par Bukowski lui-même dans le poème Vers (paru dans le recueil Les jours s'en vont comme des chevaux sauvages dans les collines) :
un gars m'a dit : tu n'as pas à t'inquiéter des vers quand t'es mort ils n'arrivent jamais jusqu'à toi
différentes - au moment où ils réussissent enfin à pénétrer dans le cercueil des choses se sont produites et cela se passe toujours d'une manière différente – ils ont déterré ces vieux rois de leur tombes, tu sais : il y en avait un qui n'était plus qu'une petite tâche d'eau noirâtre, un autre avait une barbe de 7 mètres de long et un autre s'était transformé en une sorte de bloc de sel. […] et je suis remonté dans ma voiture et suis reparti et les vers n'ont pas arrêté de rire pendant tout le trajet.
Lire la chronique de Charles Bukowski : Une de vie de fou, d'Howard Sounes Kafka pour les nuls
Kafka Depardieu, une biographie pour rienPosté par Myosotis le 28.09.06 à 12:05 | tags : biographie
On se souvient de la polémique qui avait accompagné la sortie de la biographie d'Alain Delon par Bernard Violet, procédure judiciaire entamée ou pré-entamée sur la base d'un plan de travail, etc. Rien de tel cette fois en ce qui concerne le volume "non autorisé" consacré à Gérard Depardieu, assez banalement appelé l'Insoumis par un auteur en manque de scoops et d'inspiration.Constituée en grande partie de reprise de citations, de coupures de journaux et de témoignages plus ou moins intéressant (c'est un peu le principe de la biographie non autorisée), la biographie de Depardieu n'apprend pas grand chose et pose la question de l'utilité de ce type de documents dans une période où le moindre secret des "people" est livré quasi en direct sur la place publique. L'affaire est d'autant plus ardue pour lui que Depardieu, si l'on excepte quelques amitiés de longue date mal dissimulées, n'a jamais été avare de confessions, ni particulièrement discret sur ses amours, ses travers et ses coups d'éclat. Violet a beau revenir ici sur l'amitié avec Fidel Castro et la connexion du poulet auxerrois (Bourgoin), il n'y a vraiment pas grand chose à se mettre sous la dent. L'ouvrage peut éventuellement servir de séance de rattrapage pour une personne (âgée) ayant vécu ces vingt dernières années dans une grotte mais pour les autres ne fera que confirmer ce qu'on croit savoir de Depardieu, à savoir qu'il.... trucule, bouffe, boit, baise et a quelques fois des coups de moins bien. Le principal échec de la biographie de Violet est peut-être de ne pas dire grand chose sur le talent de l'acteur, sa manière d'habiter certains personnages et surtout la construction médiatique de son image. Pourquoi ce type est-il devenu partout l'incarnation du French man ? A-t-il oeuvré à ça ? Est-il une victime ou un acteur de son propre personnage ? Les questions sont effleurées et si tant est que la réponse intéresse vraiment, il faudra attendre les confessions de Depardieu pour y répondre. Depardieu l'insoumis Bernard Violet Fayard Web & livre : le blog consacré à Jacques Rigaut Ce clin d'oeil à l'actualité Dada me permet de vous signaler le blog dédié à l'écrivain Jacques Rigaut, tenu à jour par son (futur) biographe Jean-Luc Bitton. Carnet de notes, extrait de correspondances, annonce d'événement télé ou de parutions relatives à l'auteur, le blog constitue aussi un journal de travail d'un livre à venir (biographie à paraître pour 2006). Anecdotique certes, mais révélateur de comment l'on écrit aujourd'hui ... (comme hier : en se documentant, en réfléchissant, en correspondant). Jean-Luc Bitton, qui a bossé au Routard.com, est aussi l'auteur du site Emmanuel Bove. [via Tourgueniev] |
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