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Ecrivains cultes ou oubliés, figures historiques, séducteurs patentés, des écrivains parlent de la vie des autres. Et nous on parle d'eux. Voir aussi notre sélection bio.
Gainsbourg par Joann Sfar : après le film, la bd (ou presque)
Il faut dire qu'après Persepolis ou Les Beaux gosses les producteurs français doivent penser que les auteurs de BD indépendante sont bankables. De notre côté on constate surtout que la bande dessinée française est un petit microcosme amusant, où ce qui tient lieu "d'alternative" et de "BD d'auteur" dans les librairies fait au box office jeu égal avec le mainstream (le film Largo Winch, par exemple). Sfar, en tout cas, est le premier à qui l'on confie un film qui n'a rien à voir avec son oeuvre BD mais il n'oublie tout de même pas d'où il vient, et pour assurer la promo du film qui devrait sortir l'an prochain, il a demandé à son ami Mathieu Sapin (auteur du Journal de la Jungle et de Supermurge) de tenir un journal en BD du tournage. Les premières pages sont déjà lisibles sur le site du film et le résultat, avec ses traits d'encre noir griffonnés et ses lavis de couleurs approximatifs fait beaucoup penser à... du Sfar. Que le maître ait été trop occupé importe peu, c'est presque du Sfar et c'est sur Sfar, ça devrait suffir aux fans.
Lire aussi : La Genèse de Crumb dans Télérama La déprimante histoire de Steve Ditko, co-créateur de Spiderman
En attendant de vous parler du très bel album qui accompagne aux Etats-Unis une énième édition des Watchmen de Dave Gibbons et Alan Moore, Watching The Watchmen, un autre beau livre est sorti, il y a peu, qui raconte une histoire presque aussi triste et catastrophique : la vie de Steve Ditko, le dessinateur star, co-créateur reconnu sur le tard du super-héros le plus rentable de l'histoire des comics : Spiderman. A 81 ans, Steve Ditko fait partie des légendes sombres de l'univers des comics et reste un personnage insondable dont ce livre, Strange and Stranger : the world of Steve Ditko, explore avec beaucoup de nuances, d'intelligence et dans un environnement graphique somptueux les contradictions. Le livre, disponible uniquement en vo, est, non seulement le parfait compagnon du documentaire dont l'extrait ci-dessus est issu (une interview d'Alan Moore) mais surtout la première vraie critique rétrospective d'une oeuvre et d'une vie incroyables placées sous le sceau de l'intransigeance et du suicide commercial.
Lee censure parfois Ditko et le remplace à la couverture par des artistes qui font de Spiderman un dieu grec, tandis que le natif de Pennsylvanie continue de le peindre comme un jeune homme. Les récits sont encore contradictoires sur cette affaire mais les deux hommes s'opposent également par des personnalités très différentes : Lee est sûr de lui, un brin réac, Ditko est, à cette époque, plus jeune et ouvert. Il vit, dans une étrange association locative, avec Eric Stanton, un artiste fétichiste aux photographies très osées, même pour le début des années 60. Lors de leur travail commun, Lee et Ditko accouchent en plus de Spiderman d'une autre création intéressante : le Docteur Strange qui continue de faire les beaux jours de Marvel et dont leurs numéros communs sont des chefs d'oeuvre du genre. Le trait de Ditko est à la fois d'une précision affolante, d'une rigueur rare et pourtant d'une souplesse qui lui donne une légéreté incroyable. A l'image de Spiderman dont les mouvements désordonnés jurent avec la raideur des autres superhéros, Ditko invente un genre qui, au même titre que ses maîtres Jerry Robinson et Jack Kirby, fera date.
La seconde partie du livre explore ce qui s'apparente assez vite à la décadence de Steve Ditko : transformation progressive de l'homme en un adepte zélé des théories objectivistes de la philosophe écrivain Ayn Rand, mêlant individualisme moral, ultra rationalisme et libertarisme ; transformation du dessinateur qui coupe les ponts avec les majors en un dessinateur inégal, capable du meilleur comme d'envoyer tout valdinguer sur un coup de tête. Ditko se fâche avec presque tous ses éditeurs, impose, sur ses propres créations, des textes qui envahissent tout l'espace disponible, philosophent et assénent à tout va des vérités que lui seul partage. Auréolé par son passé et hanté par la figure un brin envahissante du Tisseur, Ditko survit en alternant les travaux de commande, refusant de gonfler son compte en banque en vendant des planches originales....
L'homme est difficile à cerner, à approcher. Il décide de boycotter les conventions de fans, se dit en permanence trahi par les uns et les autres, claque les portes pour des motifs insoupçonnables : une couleur ou un papier qui ne lui plaît pas, une coupe de trois mots dans une bulle, etc. En 1975, son retour chez DC avec le personnage intéressant de Shade (lequel lui survivra longtemps) tourne au fiasco. Quelques années plus tard, il revient chez Marvel où il travaille sur diverses franchises comme le Submariner ou les dégradants Power Rangers. Lorsqu'il se retire définitivement en 1998 des comics grand public, l'impression de gâchis est intense. Ditko vit aujourd'hui à New York et continue de dessiner pour divers supports, survivant sur d'anciennes amitiés mais refusant le moindre contact avec la presse ou les journalistes. Cet homme reste une énigme, même pour ses amis les plus proches, un mystère pas très sympathique et qui navigue à des centaines de miles de son personnage emblématique..... A suivre.
La première biographie officielle de Garcia Marquez publiée à Londres
Gabriel Garcia Marquez, a life, a été rédigé par Gerald Martin, critique littéraire et enseignant de lettres à l'Université de Pittsburgh (Etats-Unis), à la suite d'entretiens réguliers avec l'écrivain colombien. Martin a également rencontré pour les besoins du livre des proches de l'écrivain : sa mère, son épouse, ses enfants, des dirigeants politiques comme Fidel Castro, avec lequel Garcia Marquez entretient une amitié de longue date, Felipe Gonzales, ex-chef du gouvernement espagnol, plusieurs présidents colombiens, ou encore des écrivains comme Alvaro Mutis, Carlos Fuentes, Mario Vargas Llosa. Bloomsbury présente cet ouvrage comme une biographie exhaustive de Garcia Marquez, Prix Nobel de littérature en 1982, aujourd'hui âgé de 81 ans, et dont la vie, toujours selon l'éditeur, oscille entre « la célébrité et le talent littéraire, entre la politique et l'écriture, entre le pouvoir, la solitude et l'amour ».
Céline au Danemark Grand spécialiste de Louis Ferdinand Céline, David Alliot avait déjà, entre autres, publié les enquêtes Céline à Meudon (Ramsay, 2006) puis Céline à Bezons (éditions du Rocher, 2008). Le feuilleton n'est pas fini. En collaboration avec François Marchetti, écrivain expatrié à Copenhague, il a entrepris cette fois d'explorer la période danoise de l'auteur, dans Céline au Danemark, un beau livre qui paraît ce mois-ci aux éditions du Rocher.Pourquoi le docteur Destouches a-t-il choisi de s'exiler, à partir de 1945, dans ce pays qu'il connaît mal et dont il ne parle pas la langue ? Pour échapper à la justice française qui veut sa peau ? Comme l'écrit Claude Duneton, dans sa préface très engagée : « La vérité est que Céline avait une fatwa à la faucille et au marteau ! (...) le Danemark a rendu un service inestimable à la littérature française (...) ». Le travail de David Alliot et François Marchetti a permis de réunir de nombreuses photographies de l'époque (dont quelques-unes sont inédites), montrant l'écrivain dans l'intimité avec sa femme Lucette, ou ses animaux (Bébert le chat) à Korsör ou à Copenhague. Autour de cette iconographie, on trouvera également des éléments biographiques, des documents inédits, ainsi que des témoignages de Danois qui ont fréquenté Céline.
Pendant l'exil, l'écrivain se bat pour ne pas être oublié. Pourtant, avec Lucette - qui donne clandestinement des leçons de danse - ils vivent sous de faux noms : « Courtial pour lui, Jensen pour elle. » Ce ne sera pas suffisant pour les protéger : le soir du 17 décembre 1945, le couple se fait arrêté. Céline en prison, menacé d'extradition, d'un grand danger donc en cette période de libération. Le cours de l'histoire littéraire en aurait-il été changé si le Danemark n'avait pas jugé le dossier trop léger, et refuser cette extradition ? C'est en tout cas le sens de cet ouvrage qui rappelle l'importance de la période danoise, « qui fut sans conteste un calvaire désespérant pour Céline » mais donna aussi « un nouvel élan à son œuvre novatrice ». "Vache de pays, j'y reviendrai quand les harengs auront des plumes." L. F. C
David Alliot et François Marchetti, Céline au Danemark (1945-1951), éditions du Rocher. Hunter S. Thompson : la biographie en ligne
Grande nouvelle pour les fans, c'est Alex Gibney, cinéaste qui n'hésite pas à se mouiller, réalisateur de Taxi to the Dark Side, un brûlot dénonçant le conflit en Irak et de Enron : Derrière l'incroyable scandale (Enron: The Smartest Guys in the Room en VO), qui dirige Gonzo, une biographie documentaire sur la vie et l'oeuvre de l'écrivain et journaliste Hunter S. Thompson.
Petit court de rattrapage pour les plus jeunes (ou les plus vieux, cela dépend d'où on se place) : Hunter S. Thompson, journaliste et écrivain américain inventa le journalisme "gonzo" dans les années 60. Il s'agit d'une forme de reportages sans concession écrit - et vécu - à la première personne, sur - et dans - le vif du sujet, au cours duquel le propos se doit d'être aussi subjectif que possible. Personnage excentrique pour ne pas dire « extrême » (il était passionné d'armes à feu et devint un poil misanthrope sur ses vieux jours), habitué à aller jusqu'au bout de ses enquêtes, Thompson développa un style vivace inimitable (ceux qui essayèrent ne réussir qu'à se ridiculiser), plein de morgue, d'arrogance et d'un humour souvent noir (ou absurde) enjolivé par l'usage de tout ce que l'époque (les années 60-70) comptait de drogues et d'excès.
Parmi ses écrits les plus célèbres, on trouve Las Vegas parano évidemment, adapté en 1998 au cinéma par Terry Gilliam, mais aussi La grande chasse au requin, recueil de textes et articles divers, Hell's Angels, le livre qui le fit découvrir et qui explore le territoire mythique du plus grand gang de motards du monde, avec son lot de sexe, de violence et de bêtise crasse (un « réalisme » qui valut à Thompson de se faire proprement éclater la rate par le chef des Hell's de l'époque, sur le bord de la route en plein désert), Rhum express, un (excellent) livre de jeunesse sur sa période de correspondant en Amérique du Sud et The Curse of Lono (illustré par Ralph Steadman), magnifique bouquin réédité il y a deux ans par les éditions Taschen narrant son expérience des îles du pacifique. A noter qu'un recueil de correspondance absolument délicieux est également paru il y a deux ans sous le titre Gonzo Highway chez Robert Laffont (plus récemment chez 10/18). Cela ne correspond qu'aux ouvrages traduits dans notre pays, Thompson étant en fait l'auteur de plus d'une quinzaine de livres traitant du sport dans son pays, de politique, de société, etc.
Illustrant par le feu son caractère instable, il se donna la mort le 20 février 2005 à son domicile d'Aspen.
Autant dire que dans le domaine du biopic, on attend beaucoup d'Alex Gibney ! A ce titre une interview du bonhomme, plutôt rassurante, est disponible en ligne sur le site Cinematical. En attendant, les autres (enfin, les anglophones parmi vous) seront heureux de suivre ce documentaire en 5 parties sur l'inénarrable Docteur Gonzo, disponible sur youtube, enjoy :
La suite ici. Devenir écrivain et prendre une mégabâche de Jack London
Le problème se pose assez vite lorsqu'on se pique d'écrire de savoir si ce qu'on "produit" a un intérêt ou pas. On peut soumettre nos torchons à des proches (maîtresse conquise, amant), à des parents, à des amis qui, souvent, nous traitent respectueusement mais dont l'avis n'est généralement (sauf si vous êtes un fils ou une fille de, auquel cas votre production aura un intérêt majeur pour l'humanité) ni professionnel, ni objectif.
Avant de franchir le cap de l'éditeur (par définition imaginaire, cruel et laconique, injuste et pressé, aveugle et peu à l'écoute de votre génie), certains font le malin et décident d'envoyer leurs écrits à des écrivains qu'ils respectent dans le double espoir : 1) que ceux-ci les trouveront cool (et qu'ils deviendront amis) 2) que ceux-ci pourraient le cas échéant leur donner des conseils ou mieux un coup de main pour devenir célèbre.
Dans les deux cas, il faut avoir en tête que c'est une idiotie et que tout ce que vous retirerez de cette affaire-là, c'est soit une lettre manuscrite de quelqu'un que vous aimez bien (de quoi en tirer quelques dizaines d'euros sur ebay), soit un encouragement idiot arraché par quelqu'un qui ne veut pas être impoli. Il n'est sans doute pas nécessaire de rappeler qu'on écrit toujours seul et qu'on ne peut compter que sur sa foi en soi, pour être convaincu de faire l'intéressant. Qu'est-ce qui vous maintiendrait à votre table de travail sinon, alors qu'il y a tant de choses à faire comme jouer à la Wii, regarder la télévision ou prendre des verres avec des amis. Envoyer son manuscrit à quelqu'un d'autre qu'à un éditeur, c'est comme appeler SOS Amitiés ou entamer un dialogue sur Internet avec une nana qui vous veut du bien : un acte désespéré et désespérant. Ecrire, comme disait l'autre, c'est douter de tout en étant sûr de soi. Ainsi, en va-t-il de ce jeune écrivaillon qui, un jour de 1910 (?), eut la bonne idée d'envoyer ses nouvelles à Jack London, monument historique à cette époque, qui lui donna très amicalement cette réponse très pédagogique.
"D'abord, laissez moi vous dire que, comme psychologue et comme littérateur, j'ai apprécié votre oeuvre pour sa psychologie et son originalité, car en vérité elle ne m'a plu ni par son charme littéraire, ni par sa valeur qui sont, avouons le, nuls. Il ne suffit pas d'avoir quelque chose à dire pour intéresser, il faut s'efforcer d'exprimer son idée le mieux possible et dans la forme la plus attrayante ce que vous avez entièrement négligé. S'il faut au moins cinq ans pour devenir forgeron, combien faudra-t-il de temps pour devenir un écrivain professionnel capable de vendre son travail à de bonnes revues et d'être payé comptant ? combien d'années de travail intense à 19 heures par jour d'études sur la forme, sur la manière, sur l'art et la façon de l'acquérir, pour qu'un homme doué d'un talent naturel ayant quelque chose à dire, puisse imposer son nom dans le monde des lettres et en vivre ? Il est impossible qu'à 20 ans vous ayez travaillé suffisamment pour devenir un écrivain renommé. Avouez que vous comptez à peine cinq mois d'études suivies et sérieuses. Votre apprentissage n'est pas encore commencé : la preuve, c'est que vous m'avez envoyé ce manuscrit ! Voulez-vous écrire pour le marché littéraire ? Il faut donc une marchandise susceptible d'être achetée. Lisez ce qui se publie et vous verrez que votre oeuvre ne vaut rien. Il n'y a qu'un moyen d'apprendre, c'est de commencer. Et de commencer par un travail patient; s'amer contre les déceptions qui furent celles de Martin Eden avant sa réussite, et ce furent les miennes également puisque j'ai attribué à ce héros mes propres expériences dans le métier littéraire."
L'histoire rapportée dans la belle biographie écrite par l'épouse de London, la bien prénommée Charmian, ne dit pas ce qu'il est advenu du jeune écrivain en question, mais il est à parier que la réponse de son héros ne lui a pas donné des ailes. A-t-il revendu son encrier ? S'est-il jeté pierre au cou dans la baie de San Francisco ? Est-il devenu journaliste ou critique sur le web ? Paix à son âme en tout cas, puisqu'il a eu ce qu'il méritait et rien que ce qu'il méritait. La course au chef d'oeuvre littéraire est ce qu'il y a de plus darwinien et redoutable avec l'Iron Man d'Hawaïï et le casting de la Nouvelle Star.
Saint-Exupéry : tué par un lecteur du Petit Prince ?C'est assez évident dans la tête des français, Jacques Pradel aime bien résoudre les mystères. Son dernier ouvrage, Saint-Exupéry, l'ultime secret, co-écrit avec Luc Vanrell, raconte ainsi la longue enquête qui a permis d'expliquer la mort de l'écrivain et aviateur, disparu en 1944 au cours d'une mission de reconnaissance aérienne.
Il y a deux choses à apprendre sur cet homme. La première, dont on ne sait finalement plus trop quoi faire, est qu'il serait, selon lui, le frère caché d'Ivan Rebroff. La seconde, c'est qu'il était lui-même un grand lecteur de Saint-Exupéry. "Si j'avais su que c'était Saint-Exupéry, je ne l'aurais jamais abattu", a-t-il affirmé à l'AFP.
Alors, Horst Rippert est-il vraiment celui qu'il prétend être, un lecteur du Petit Prince qui aurait abattu sans le savoir l'avion de l'un de ses auteurs favoris ? Ou essaie-t-il de jouer sur tous les tableaux, en se faisant passer à la fois pour le frère d'un chanteur folklo et l'assassin d'un écrivain français ? Si le témoignage de l'ex-pilote allemand se révèle aujourd'hui tout à fait crédible, Luc Vanrell, le plongeur marseillais qui a initié l'enquête, reconnaît qu'il manque encore la preuve ultime de cet ultime secret...
Les auteurs de Saint Exupéry, l'ultime secret, présenteront samedi leur livre au Musée de l'air et de l'espace du Bourget, où sont d'ailleurs conservées les pièces retrouvées de l'avion de l'écrivain. Sous terre avec BukowskiPosté par Céline le 09.03.08 à 09:25 | tags : biographie
Que se passe-t-il sous terre pour Bukowski ?
Lui, a fait. Tout. Et laisse le souvenir d'un beaucoup de chose. Une vie de fou, comme le résume le titre de la volumineuse biographie d'Howard Sounes, récemment traduite en français.
Buk est-il allé rejoindre le sud de nulle part ?
Repose-t-il avec les damnés ?
A-t-il retrouvé son chien de l'enfer ?
Mieux, sans doute – et déjà beaucoup évoqué - il boit peut-être des coups avec Céline et d'autres dans un troquet où les bières sont pas chères, "au paradis des écrivains". John Fante vient leur serrer la pince et leur taxer une clope.
Dans le resto chic d'en face, devant un millésimé, Claudel et Saint-John Perse lèvent les yeux au ciel, s'étonnent et s'indignent qu'on ait pu faire de la poésie avec des mots si peu nobles.
Les uns déclament calices, sépales, illustres. Les autres hurlent salope, gerbe, crève.
Sinon, il y a toujours les hypothèses proposées par Bukowski lui-même dans le poème Vers (paru dans le recueil Les jours s'en vont comme des chevaux sauvages dans les collines) :
un gars m'a dit : tu n'as pas à t'inquiéter des vers quand t'es mort ils n'arrivent jamais jusqu'à toi
différentes - au moment où ils réussissent enfin à pénétrer dans le cercueil des choses se sont produites et cela se passe toujours d'une manière différente – ils ont déterré ces vieux rois de leur tombes, tu sais : il y en avait un qui n'était plus qu'une petite tâche d'eau noirâtre, un autre avait une barbe de 7 mètres de long et un autre s'était transformé en une sorte de bloc de sel. et je suis remonté dans ma voiture et suis reparti et les vers n'ont pas arrêté de rire pendant tout le trajet.
Lire la chronique de Charles Bukowski : Une de vie de fou, d'Howard Sounes Kafka pour les nuls
Kafka Depardieu, une biographie pour rienPosté par Myosotis le 28.09.06 à 12:05 | tags : biographie
On se souvient de la polémique qui avait accompagné la sortie de la biographie d'Alain Delon par Bernard Violet, procédure judiciaire entamée ou pré-entamée sur la base d'un plan de travail, etc. Rien de tel cette fois en ce qui concerne le volume "non autorisé" consacré à Gérard Depardieu, assez banalement appelé l'Insoumis par un auteur en manque de scoops et d'inspiration.Constituée en grande partie de reprise de citations, de coupures de journaux et de témoignages plus ou moins intéressant (c'est un peu le principe de la biographie non autorisée), la biographie de Depardieu n'apprend pas grand chose et pose la question de l'utilité de ce type de documents dans une période où le moindre secret des "people" est livré quasi en direct sur la place publique. L'affaire est d'autant plus ardue pour lui que Depardieu, si l'on excepte quelques amitiés de longue date mal dissimulées, n'a jamais été avare de confessions, ni particulièrement discret sur ses amours, ses travers et ses coups d'éclat. Violet a beau revenir ici sur l'amitié avec Fidel Castro et la connexion du poulet auxerrois (Bourgoin), il n'y a vraiment pas grand chose à se mettre sous la dent. L'ouvrage peut éventuellement servir de séance de rattrapage pour une personne (âgée) ayant vécu ces vingt dernières années dans une grotte mais pour les autres ne fera que confirmer ce qu'on croit savoir de Depardieu, à savoir qu'il.... trucule, bouffe, boit, baise et a quelques fois des coups de moins bien. Le principal échec de la biographie de Violet est peut-être de ne pas dire grand chose sur le talent de l'acteur, sa manière d'habiter certains personnages et surtout la construction médiatique de son image. Pourquoi ce type est-il devenu partout l'incarnation du French man ? A-t-il oeuvré à ça ? Est-il une victime ou un acteur de son propre personnage ? Les questions sont effleurées et si tant est que la réponse intéresse vraiment, il faudra attendre les confessions de Depardieu pour y répondre. Depardieu l'insoumis Bernard Violet Fayard Web & livre : le blog consacré à Jacques Rigaut Ce clin d'oeil à l'actualité Dada me permet de vous signaler le blog dédié à l'écrivain Jacques Rigaut, tenu à jour par son (futur) biographe Jean-Luc Bitton. Carnet de notes, extrait de correspondances, annonce d'événement télé ou de parutions relatives à l'auteur, le blog constitue aussi un journal de travail d'un livre à venir (biographie à paraître pour 2006). Anecdotique certes, mais révélateur de comment l'on écrit aujourd'hui ... (comme hier : en se documentant, en réfléchissant, en correspondant). Jean-Luc Bitton, qui a bossé au Routard.com, est aussi l'auteur du site Emmanuel Bove. |
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