Livres : actu romans, essais et bd, extraits... blog Mille feuilles.
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L'actualité des écrivains qui vendent beaucoup, beaucoup de livres.

John Boyne : des rayures qui font mouche

Posté par Céline le 30.04.08 à 12:30 | tags : jeunesse, best-seller, édition
Il était une fois un Garçon au pyjama rayé. Un livre jeunesse qui explosa les records de vente en divers endroits du monde, en Espagne surtout (ou le titre devient El niño con el pijamas de rayas...). Son histoire n'avait rien à voir avec la sorcellerie, rien de drôle ni de magique. Son histoire, c'est celle de l'extermination des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.
L'auteur de ce best-seller, John Boyne, est irlandais. Sans doute ne s'attendait-il pas à un tel succès. Son éditeur espagnol (Salamendra) avait par exemple acquis son titre avec prudence, un tirage à 5000 exemplaires pour commencer, un lancement discret. C'est une interview de l'écrivain dans le quotidien El Pais qui va donner une véritable impulsion médiatique à l'ouvrage. Tout le monde se met à lire El Niño... L'éditrice Sigrid Kraus remarque que "c'est un livre que toute la famille lit, un pont entre les générations.[...] Les libraires ont dit qu'ils n'avaient jamais vu ça : les gens l'achetaient en plusieurs exemplaires pour l'offrir." Résultat : 700 000 exemplaires vendus en Espagne.

 

La portée universelle du sujet abordé par le livre - la shoah, doit expliquer en partie son retentissement mondial. Traduit dans 35 langues différentes, il est en quelque sorte un pendant au Journal d'Anne Franck, l'incontournable que les profs recommandent de lire, parce que le texte est à la fois accessible et instructif.

En France, on a peu entendu parler du Garçon au pyjama rayé : sorti en Folio Junior à la rentrée 2006, il s'est correctement vendu à 17 500 exemplaires. En Allemagne, le titre fonctionne bien mieux, et en Irlande, il est numéro un des ventes depuis plus d'un an.
Au total, 15 millions d'exemplaires ont été vendus dans le monde. On est loin des 325 millions d'Harry Potter, mais le phénomène mérite d'être relevé. Et puis, si vous avez une petite sœur ou cousine que vous voulez initier à la lecture et à la réalité de l'Histoire...

Enfin, de la même façon que les contes de fées se concluent souvent par un mariage et une flopée de bambins, on sait que les best-sellers finissent toujours sur grand écran. L'adaptation ciné de l'ouvrage de John Boyle est effectivement en cours sous la direction de Mark Herman, et prévue pour le 12 septembre prochain.

Sur le site de John Boyne, on peut voir les couvertures du livre dans toutes les langues où il a été traduit.


Quand Dionysos joue à Tim Burton : La Mécanique du coeur

Posté par Myosotis le 28.03.08 à 10:46 | tags : roman, best-seller, flammarion

Pauvre France, le retour. Après le Hérisson sans épines et en même temps que La Consolante d' Anna Gavalda, La Mécanique du Coeur de M. Dionysos Ruiz, Mathias Malzieu, déboule parmi les meilleures ventes de romans en France et semble devoir devenir le nouveau succès "du coeur" justement dans les librairies.

Après lecture (à un bon rythme, avouons le, qui place le livre assez près de l'ancien record de 2H54 réalisé sur un Marc Levy dont j'ai oublié le nom), La Mécanique du Coeur fait penser à un Amélie Poulain littéraire, mâtiné de Jean Teulade pour le côté gothique décalé et de Tim Burton pour le grand guignol.

Lire la suite

 

La Mécanique du Coeur

Mathias Malzieu

Flammarion


Millénium, la trilogie millionnaire

Posté par Céline le 20.02.08 à 14:05 | tags : news, best-seller, polar

 

La trilogie "Millenium" de Stieg Larsson (dont le premier volume, Les Hommes qui n'aimaient pas les femmes, a été chroniqué il y a longtemps déjà sur Fluctuat) rend accroc comme ces séries TV que tout le monde suit, sans trop oser s'en vanter, et de façon quasi-obsessionnelle. Comme pour l'autre best-seller qu'est Harry Potter, il se passe là quelque chose qui a peut-être bien à voir avec la sorcellerie.

Parus pour la première fois en 2004 en Suède, les trois polars de la série n'ont depuis pas cessé d'étendre leur succès. En Suède mais aussi en France (près d'un million d'exemplaires vendus), tout le monde se laisse happer par les aventures du journaliste Mikael Blomkvist, et de sa comparse Lisbeth Salander, une punkette rachitique et bisexuelle pour qui l'informatique n'a aucun secret.

Les ingrédients d'une histoire si bien menée ? Prenez un couple improbable. Ajoutez-y des références à l'universelle Fifi Brindacier (l'héroïne de la romancière Astrid Lindgren, dont l'auteur a toujours été fan). Eliminez comme des grumeaux toute invraisemblance qui pourrait subsister dans l'enquête policière, et enfin versez sur le tout une critique acerbe du "modèle scandinave".

Si on se permet ici de parler de ce livre comme d'une recette qui marche, c'est que Stieg Larsson a toujours semblé très sûr de son coup. Selon son ami Mikael Ekman, avec lequel il a publié une étude sur le nationalisme suédois, Stieg aurait évoqué dans ces termes son projet de rédiger un polar : "pour faire du blé et assurer une retraite pépère consacrée entièrement à l'écriture". Il réitère ces propos auprès de son éditrice Eva Gedin au moment où elle lui achète son manuscrit, assurant que "Millenium" serait son "assurance-retraite".

Stieg Larsson avait bien calculé. Dommage pour lui qu'il n'ait pas vécu assez longtemps pour en profiter. Ses fans regrettent surtout de ne jamais voir sortir la suite des trois premiers volumes parus : Les hommes qui n'aimaient pas les femmes, La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette, et La reine dans le palais des courants d'air. Ils pourront toutefois se consoler avec les adaptations pour le cinéma et la télévision qui devraient bientôt voir le jour.

 

 


Les meilleures ventes

Posté par Solaris le 14.12.07 à 10:31 | tags : best-seller, roman, news


Semaine du 3 au 9 décembre 2007 :
Il est parfois difficile de commenter le classement hebdomadaire des meilleures ventes. Car, comment se renouveler ?

Une nouvelle fois, on retrouve le prix Renaudot 2007, mais sans le Goncourt sur ses talons. En effet, quid d'Alabama Song de Gilles Leroy, tandis que Chagrin d'école de Daniel Pennac caracole en tête. Suivi au loin par un autre roman, celui de J.K. Rowling (Ce n'est pas possible. Il y a forcément un lobby pro-Harry Potter qui s'est constitué et qui achète chaque semaine par milliers le tome 7 !?)
Dans la catégorie Biographie, Mais qu'est-ce qu'on va faire de toi ? de Michel Drucker passe devant Une vie de Simone Veil. Et fait son entrée avec un essai politique sur les dernières élections présidentielles Ségolène Royal (Ma plus belle histoire, c'est vous).

Enfin, au rayon Bd, toujours XIII Tome 19 ainsi que XIII Tome 18. Sans oublier le tome 33 de Naruto réalisé par Masashi Kishimoto, qui vient de sortir.

 


Les meilleures ventes : La fiction, une valeur sûre

Posté par Solaris le 10.12.07 à 14:50 | tags : best-seller, roman, news

 



En novembre, le roman a su gagner les faveurs du public, celui-ci choisissant de s'intéresser aux lauréats 2007 des prix Renaudot et Goncourt. Seule la biographie de Simone Veil, Une vie, parvient à rivaliser vraiment avec le genre.
Il semble que le Renaudot se vende mieux que le Goncourt, et surtout que les autres prix ne font pas beaucoup d'émules... Et tandis que Muriel Barbéry continue d'écouler son stock de hérisson, les Adam et Eve d'Amélie Nothomb sont déjà repartis pour un paradis lointain et oublié.


Romans/Fiction
1. Chagrin d'école de Daniel Pennac (Gallimard)
2. Alabama Song de Gilles Leroy (Mercure de France)
3. L'élégance du hérisson de Muriel Barbery (Gallimard)
4. Le mystère des dieux de Bernard Werber (Albin Michel)
5. La rêveuse d'Ostende d'Eric-Emmanuel Schmitt (Albin Michel)


Essais/Documents
1. Une vie de Simone Veil (Stock)
2. Mais qu'est-ce qu'on va faire de toi ? de Michel Drucker (Robert Laffont)
3. Anticancer prévenir et lutter grâce à nos défenses naturelles de David Servan-Schreiber (Robert Laffont)
4. Je vous fais juges de Rachida Dati et Claude Askolovitch (Grasset)
5. La nuit du Fouquet's d'Ariane Chemin et Judith Perrignon (Fayard)


Source : Classement mensuel IPSOS-Livres Hebdo


Les meilleures ventes : XIII

Posté par Solaris le 30.11.07 à 10:19 | tags : news, roman, best-seller

Semaine du 19 au 25 novembre : Les lauréats des prix littéraires ont la côte..., mais pas autant que XIII.
En effet, dans le top des ventes, on retrouve les prix Goncourt, Renaudot de la saison 2007 : Alabama Song de Gilles Leroy et Chagrin d'école de Daniel Pennac.
Les mémoires de personnalités suscitent aussi la curiosité, l'intérêt de certains. Ainsi, Une vie de Simone Veil semble en passionner plus d'uns. Souhaitons à Mais qu'est-ce qu'on va faire de toi ? de Michel Drucker de connaître le même destin...
On retrouve ensuite deux auteurs best-seller. Tout d'abord, J.K. Rowling. L'écrivaine britannique n'a pas de souci à se faire. Son petit protégé, Harry Potter, se maintient. Et un come-back auquel on ne croyait pas : Muriel Barbery et son son élégant hérisson continue de "séduire". (Et non, il ne se fait pas oublier en Extrême-Orient comme son auteur.)
Enfin, au rayon bd, les deux derniers volets des aventures de XIII caracolent en tête (XIII Tome 19 : Le dernier round et XIII Tome 18 : La version irlandaise), loin devant le tome 23 de Fruits basket de Natsuki Takaya.


Les meilleures ventes : yes, Sir !

Posté par Solaris le 16.11.07 à 14:37 | tags : roman, news, best-seller

Semaine du 05 au 11 novembre : La semaine anglaise sur Canal+ en accord avec le n°1 du classement.

En effet, cette semaine, Canal+ est à l'heure anglaise et les lecteurs ont décidé de faire de même, puisque le number One des ventes est le dernier opus des aventures du sorcier Potter, Harry Potter, tome 7 : Harry Potter et les reliques de la mort. Combien de temps J.K. Rowling occupera t-elle la place ? Les paris sont ouverts.
Le dernier lauréat du prix Gongourt n'est pas très loin (Alabama Song de Gilles Leroy), précédé tout de même de Chagrin d'école de Daniel Pennac (prix Renaudot). Suivent Une vie de Simone Veil, Un secret de Philippe Grimbert.
Le mystère des dieux de Bernard Werber connaît une chute vertigineuse, occupant une position de relégable comme Anticancer prévenir et lutter grâce à nos défenses naturelles de David Servan-Schreiber.
Et, Oh, surprise : L'élégance du hérisson de Muriel Barbery a disparu.

Au rayon BD, on retrouve Naruto, volume 32 et Kid Paddle, volume 11.


Les meilleures ventes : le come-back !

Posté par Solaris le 09.11.07 à 17:07 | tags : news, roman, best-seller

Semaine du 29 octobre au 4 novembre : Si on vous en parle, c'est bien parce que certains changements sont intervenus.

Alors pour commencer, difficile d'échapper au héros britannique préféré des enfants. Le dernier volet de la saga Harry Potter de J.K. Rowling (Harry Potter, tome 7 : Harry Potter et les reliques de la mort) est évidemment numéro 1.
Plus sérieux, la biographie, Une vie de Simone Veil. Puis suivent le roman lauréat du prix Renaudot Chagrin d'école de Daniel Pennac, Un secret de Philippe Grimbert.
Bernard Werber, avec Le mystère des dieux se maintient, tout comme David Servan-Schreiber avec son ouvrage médical Anticancer prévenir et lutter grâce à nos défenses naturelles.
Indéclassable, L'élégance du hérisson de Muriel Barbery flirte avec la relégation.

En BD, Naruto volume 32 et Kid Paddle volume 11 font leur entrée.


Les meilleures ventes : Certains partent, d'autres restent

Posté par Solaris le 19.10.07 à 15:38 | tags : best-seller, roman, news

Semaine du 08 au 14 octobre : Lent renouvellement.

Quid de Ni d'Eve ni d'Adam. Le petit dernier d'Amélie Nothomb nous quitte, contrairement à... L'élégance du hérisson de Muriel Barbery. Mais, on le trouve en fin de classement.
C'est Le mystère des dieux qui se positionne à la première place. Bernard Werber réalise donc un brillant retour avec le tome 3 de la trilogie Nous les dieux. Suit Un secret de Philippe Grimbert publié en 2004, qui bénéficie d'un regain d'intérêt avec la sortie du film de Claude Miller. Et Dans le café de la jeunesse perdue de Patrick Modiano progresse lentement. Par ailleurs, l'intérêt pour l'ouvrage médical de David Servan-Schreiber, Anticancer prévenir et lutter grâce à nos défenses naturelles, se maintient.

Au rayon bd-jeunesse, Thorgal, volume 30 : Moi Jolan de Grzegorz Rosinski et Yves Sente est toujours n°1, encore suivi par le volume 13 Le petit Spirou - Fais de beaux rêves !.


Les meilleures ventes : Nouveautés et déclassement

Posté par Solaris le 12.10.07 à 10:11 | tags : roman, news, best-seller

Semaine du 02 au 07 octobre : De la diversité.
Les admissibles aux prix littéraires n'ont pas fait recette. En effet, le classement des meilleures ventes montre que le public semble s'intéresser surtout aux nouveaux arrivants (tout nouveau, tout beau !). Parmi eux, Bernard Werber qui publie Le mystère des dieux (tome 3 de la trilogie Nous les dieux), ou David Servan-Schreiber, qui propose un ouvrage médical Anticancer prévenir et lutter grâce à nos défenses naturelles. Suivent loin derrière Muriel Barbery (et oui encore, L'élégance du hérisson) ou Ni d'Eve ni d'Adam d'Amélie Nothomb déclassée.
Au rayon bd-jeunesse, on retrouve le volume 13 Le petit Spirou - Fais de beaux rêves !. Cependant, il est devancé par Thorgal, volume 30 : Moi Jolan de Grzegorz Rosinski et Yves Sente.


Les meilleures ventes : Enfin des changements..., ou presque

Posté par Solaris le 05.10.07 à 13:53 | tags : best-seller, roman, news

Semaine du 24 au 30 septembre : Le classement évolue.
Sortie du film oblige, 99 francs, le best-seller de Frédéric Beigbeder fait un retour en force. Il devance même le dernier roman d'Amélie Nothomb qui, depuis deux semaines consécutives, était en tête des ventes. Malgré cette baisse de régime, Ni d'Eve ni d'Adam conserve une bonne place. Cependant, le "long-seller" Muriel Barbery n'est jamais bien loin. L'élégance du hérisson lui colle encore aux talons.
Chute vertigineuse de l'ouvrage de Yasmina Reza. Longtemps n°1 dans la catégorie Essai, L'aube, le soir ou la nuit se laisse distancer par L'impasse de Lionel Jospin qui fait son apparition dans le top des meilleures ventes.
Au rayon bd-jeunesse, maintien du volume 13 Le petit Spirou - Fais de beaux rêves !, suivi du volume 31 de Naruto.


L'élégance du hérisson au cinéma

Posté par Solaris le 29.09.07 à 10:30 | tags : best-seller, roman, news, gallimard

Une adaptation du roman de Muriel Barbery, L'élégance du hérisson, est en cours depuis janvier 2007. Et c'est Mona Achache, jeune scénariste et réalisatrice de 26 ans qui s'y colle. Ayant obtenu les droits avant le succès phénoménal du livre, le projet lui paraît "formidable et impressionnant à la fois". La productrice, Anne-Dominique Toussaint, confie que "Ce texte n'est pas facile, pas linéaire. Il y a un gros travail d'adaptation à faire dessus".
Et le casting alors ? Il semble bien tôt pour l'évoquer. L'élaboration de l'adaptation d'un tel best-seller exige de la réflexion ainsi que du temps pour éviter les déceptions.


L'élégance du hérisson
Muriel Barbery
Gallimard


Les meilleures ventes : un classement sans surprise

Posté par Solaris le 28.09.07 à 16:13 | tags : best-seller

Semaine du 17 au 23 septembre : Pas de changements probants depuis la dernière publication du Top des ventes. On prend les mêmes et...
Ni d'Eve ni d'Adam d'Amélie Nothomb caracole toujours en tête. Idem pour le best-seller de Muriel Barbery, dont L'élégance du hérisson est en cours d'adaptation pour le cinéma. L'aube, le soir ou la nuit de Yasmina Reza reste n°1 des Essais, mais a quitté le tiercé gagnant toute catégorie confondue. On n'oublie pas Le rapport de Brodeck de Philippe Claudel, Les Disparus de Daniel Mendelsohn, Millénium. La reine dans le palais des courants d'air de Stieg Larsson, Cendrillon de Eric Reinhardt. Quant au volume 31 de Naruto de Masashi Kishimoto, il laisse sa place au volume 13 Le petit Spirou - Fais de beaux rêves !.


Les meilleures ventes : L'échappée de Nothomb

Posté par Solaris le 20.09.07 à 16:48 | tags : best-seller, news, roman

Semaine du 10 au 16 septembre : Amélie Nothomb prend le large. Son éditeur annonce une publication à 250.000 exemplaires de son dernier roman Ni d'Eve ni d'Adam. Et selon divers classements des ventes, celui-ci se positionne en tête, devançant l'essai politique de Yasmina Reza, qui après un accueil mitigé de la critique connaît un désamour du public. Par ailleurs, L'élégance du hérisson trouve encore du public. Sans oublier les premières sélections des prix littéraires qui se rapprochent de ce peloton, comme : Le rapport de Brodeck de Philippe Claudel, Les Disparus de Daniel Mendelsohn, Millénium. La reine dans le palais des courants d'air de Stieg Larsson, La physique des catastrophes de Marisha Pessl, Cendrillon de Eric Reinhardt, A l'abri de rien de Olivier Adam. Toutefois, la plus grosse vente de la semaine est un manga, le volume 31 de Naruto de Masashi Kishimoto.


Top des ventes : la performance du hérisson

Posté par Easywriter le 06.08.07 à 12:50 | tags : best-seller

Si on avait besoin de se convaincre que les critiques n'ont quasiment aucun effet sur les ventes de livres, il suffirait de se pencher sur les meilleures ventes hebdomadaires. En bon masochistes c'est ce qu'on fera désormais. Voici le classement du 16 au 22 juillet :

1 Harry Potter and the Deathly Hallows
J. K. Rowling

2 Mes amis, mes amours
Marc Levy

3 L'élégance du hérisson
Muriel Barbery

4 Cahier de vacances pour adultes
Collectif, dir. Christophe Absi

5 Seras-tu là ?
Guillaume Musso

6 Les yeux jaunes des crocodiles
Katherine Pancol

7 Naruto, vol.30
Masashi Kishimoto

8 Innocent
Harlan Coben

9 Les enfants de la liberté
Marc Levy

10 Parce que je t'aime
Guillaume Musso

Aucun de ces livres n'a commencé par un succès critique avant de caracoler en tête des ventes ( et la grande majorité d'entre eux n'a fait l'objet d'aucune approche éditoriale sur Fluctuat).
Passons sur le cas unique de Harry Potter ou sur les habitués des têtes de gondole comme Marc Lévy ou Katherine Pancol, pour nous arrêter sur Muriel Barbery.
L'élégance du hérisson
est un livre qui a quelques indéniables qualités littéraires mais semble surtout fonctionner auprès du public en raison d' un humanisme bon teint et d'une vision sociale relativement manichéenne ( mais sympa : les pauvres sont toujours plus cools que les riches). En fin d'année dernière, le livre connaît un succès d'estime auprès du public, l'éditeur (Gallimard) en fourgue près de 10 000 et s'en tamponne, tout occupé qu'il est à acheter des forêts amazoniennes pour imprimer des exemplaires des Bienveillantes.

La critique qui pour l'essentiel n'a pas grand-chose à dire sur le texte lâche également l'affaire. Seul le bouche à oreille, entretenu par les libraires, qui accueillent le bouquin avec plus d'enthousiasme que les journaleux, garantit le succès du hérisson : il s'en vend aujourd'hui 4000 par semaine et les journalistes écrivent des textes du genre les raisons d'un succès. Un cas d'école, vraiment.

Fort de ces beaux enseignements, Fluctuat demandera les conseils de lecture des libraires dans le cadre de son dossier rentrée littéraire

 

 

 


Michel Houellebecq : l'échec d'une île ?

Posté par le 11.08.06 à 20:08 | tags : édition, best-seller, michel houellebecq
L'été, Michel Houellebecq change d'éditeur, parfois il lâche aussi un court texte inédit et triste sur son blog. En un mot comme en cent, l'été, Michel Houellebecq revient encore plus lucide et affaibli que jamais, prêt à nous balancer des critiques bien acides sur la place de l'égoïsme du créateur dans notre société pourrie.
Tout ceci a eu lieu sur le net ou un petit billet largué, le trente juillet fait d'ores et déjà trembler le landernau germano-pratin.

Cette notule sobrement intitulée mourir II, revient sur deux coups durs : la biographie non autorisée de Denis Demonpion (qui l'a retournée en 2005) et l'échec de l'adaptation de son dernier roman en un film qu'il aurait lui-même réalisé (qui l'a détruit en 2006).

Souvenons-nous donc de 2004, une bonne année pour Michel qui quitte alors Flammarion pour rejoindre Fayard. Son changement d'éditeur a été motivé par trois raisons : le départ de Raphaël Sorin, son ancien éditeur, une avance sur droits d'auteurs considérable, et surtout la promesse de l'adaptation cinématographique de son roman.
Juillet 2006, le projet vient de se voir refuser l'aval du CNC. Michel déprime grave.

Houellebecq plaquerait donc la maison Hachette. Toute la maison Hachette. France et filiale. Pour toujours. Il nous dit qu'on l'a roulé dans la farine, empapaouté, et que c'est Arnaud Lagardère le responsable de cette duperie. En 2004, c'était presque amusant de les imaginer ensemble : le bel Arnaud Lagardère, splendide multimillionnaire, surpuissant dans son costume trois-pièces, qui, d'un sourire Colgate aristocratique, présente en offrande à ses actionnaires Michel de chez Thomas, l'Auteur majuscule d'en face, engoncé dans ses névroses et dans une veste qu'on imagine trop petite. Durant la mise en scène, Michel se doit de sourire un peu. On aurait presque pu croire qu'il venait de remporter un jeu télé cruel qui le propulserait à un nouveau stade de sa création : Michel Houellebecq, le poète-écrivain-rock star-cinéaste ?

Mais rien de tout ceci n'était vrai. Le Michel Houellebecq du web a perdu son côté légèrement débonnaire, presque jouisseur, qu'il trimballait en interview. L'oeil torve, il tripperait malement sur internet. En reconfigurant son blog, il a foutu en l'air ses poèmes. Il était devenu cinéaste avant d'achever son roman, il se remettrait à écrire comme si c'était une tare ou un hoax.

Cette mystérieuse affaire éditoriale, va bien entendu, éclipser le fond de son mal-être : quelqu'un qui parle comme ça de sa mère sur son blog, on sait qu'il va pas bien, mais on sait pas trop quoi lui dire.

Forum : quel éditeur pour quel Houllebecq ?


La possibilité d'une île, Michel Houellebecq (2005 - Fayard)

L'été sera chaud, l'été Sarko !

Posté par le 04.08.06 à 13:53 | tags : autofiction, best-seller
Sarkozy
 - regarde l'autre cake. semble dire Steve mc Queen à Dustin Hoffman.

Août 1970, on emmenait Papillon d'Henri Charrière à la plage, un best-seller inattendu : le quotidien d'une forte tête dans le bagne de Cayenne. Tiré d'une histoire vraie, un peu réarrangée pour les besoins de l'autofiction, le roman d'Henri Charrière joue sur la sincérité de Papillon, l'homme révolté, le double fictionnel, en rupture avec un système qu'il cherche à fuir. Appuyé par une le système de distribution du livre naissant et efficace, Papillon est vite présent chez le moindre libraire.  Adapté à l'écran en 1973, avec Steve Mc Queen et Dustin Hoffman, le livre se vendra à 17 millions d'exemplaires à travers le monde.

En 2006, les Français auraient choisi Témoignage de Nicolas S. comme compagnon de vacances : déjà quatre réimpressions soit 275 000 tirés selon son éditeur (et vendu à 50 000 selon les manifestants) et une place en tête des ventes de la catégorie Essais de l'Express, dès la semaine de sa sortie. Pari réussi pour XO éditions qui parvient à faire d'un livre politique un succès de librairie. Tiré d'une histoire vraie, un peu réarrangée pour les besoins de l'autofiction, le best seller de Nicolas S. joue sur la sincérité et les espoirs de changement de Nicolas, l'homme de la rupture, le double fictionnel, en révolte avec un système qu'il cherche à contrôler. Appuyé par une politique de distribution rôdée et aggressive, le systême de l'office, le livre se retrouve avant sa sortie présent chez tous les libraires. Malheureusement, Dustin Hoffman aurait décliné le rôle.
                                                                                                              

Papillon, d'Henri Charrière (1969 - Robert Laffont)
Témoignage, de Nicolas Sarkozy (2006, XO éditions)

Coelho, Delerm, Schott :les formes courtes en petite forme

Posté par Myosotis le 14.06.06 à 10:41 | tags : best-seller

On pourrait  croire avec le succès de Delerm et de ses petites scènes de vie, de Coelho et de son livre Comme le fleuve qui coule, succession d'articles, scénettes, portraits en médaillon, ou encore des Miscellanées de Schott, à un retour de la forme courte, de la pensée brève et des portraits en pied dans la littérature moderne. L'exercice a en effet été jadis quelque chose qui rencontrait un large écho avant d'être éclipsé par le triomphe des romanciers. On peut citer pêle-mêle évidemment les Pensées de Pascal, les portraits du Cardinal de Retz, mais également plus proche de nous Les Fusées de Baudelaire, les aphorismes de Walter Benjamin, le penseur d'éclairs, ou encore les fragments du Zibaldone de l'Italien Leopardi. Ainsi la forme courte n'aurait jamais cessé de séduire les lecteurs.
Ce qui change pourtant, et ce n'est pas rien, c'est que si la forme courte a repris du poil de la bête, les best-sellers du genre ne sont plus des recueils de pensées mais des recueils de clichés qui n'ont pas d'autre valeur psycholittéraire que les témoignages de vie chez Delarue ou, il y a quelques années, chez Evelyne Thomas. Nos récits courts sont des "tranches de clichés. En lisant Delerm ou Coelho, on ne fait pas autre chose que d'ingérer des images vie", des "instantanés" qui ne portent sur eux que ce qu'ils ont à dire : une présentation de personnages archétypes dont la seule fonction est de nous ramener à nous-même et à la nostalgie de nos propres expériences.
Ce passage d'une littérature courte de pensées à une littérature brève de clichés (ou brève de comptoirs) est une horreur pour notre époque, qui n'en avait pas vraiment besoin.

 


JK Rowling meilleure que Salman Rushdie

Posté par Easywriter le 08.06.06 à 10:48 | tags : news, best-seller, jk rowling, photo, bush, politique
C'est en substance ce que nous assure le palmarès de Book magazine. Le journal littéraire britannique a sondé ses lecteurs sur une question simple : quel est le meilleur écrivain britannique vivant ?
Le lecteur type de Flu aurait répondu Jonathan Coe (10e), Nick Hornby (8e) Martin Amis (17e), Ishiguro (5e) ou Rushdie (4e). Et bien non, Harry Potter a même devancé Harold Pinter (7e), malgré le prix Nobel que celui-ci a obtenu l'an dernier. Et réunit deux fois plus de suffrages que son suivant Terry Pratchett. Assez logique puisque JK Rowling a vendu pas moins de 300 millions d'exemplaires de sa saga.



Da Vinci Code expliqué à ses lecteurs

Posté par Easywriter le 06.04.06 à 14:34 | tags : extrait, best-seller, dan brown






"La vie éternelle est déjà là, avant d'être parfaitement manifestée dans la demeure de Dieu. Or une caractéristique du Da Vinci Code est l'absence de la grâce, c'est à dire du don de Dieu."


Mais c'est pour ça que c'était nul le Da Vinci Code. Mais non, Bernard Sesboüé, premier théologien à s'exprimer sur le best-seller de Dan Brown, a quelques arguments plus convaincants. On y reviendra bientôt si Dieu nous prête vie jusque là.
Le Da Vinci Code expliqué à ses lecteurs de Bernard Sesboüé, Seuil.

Les meilleurs écrivains d'après le Figaro

Posté par Easywriter le 05.04.06 à 12:28 | tags : best-seller, news
C'est le Figaro Magazine et les critiques de la presse régionale qui le disent : Anna Gavalda et Olivier Adam seraient les meilleurs écrivains de langue française de moins de 40 ans. Volià une catégorisation sociologique intéressante mais qui manque d'audace. On aimerait bien savoir ce que le Figaro pense des écrivains roux de plus de 37 ans domiciliés en région PACA ou des romanciers de moins de 28 ans qui ne portent jamais de baskets. Une prochaine fois peut-être.
Parmi les espoirs, les 22 journalistes littéraires sondés ne craignent pas de mettre en avant avec un courage enviable des inconnus comme Amélie Nothomb . Seuls quelques esprits chagrins noteront la parfaite symétrie avec le tableau récapitulatif des écrivains qui brassent le plus de fric.
Nos hilarants éclaireurs ont quand même jeté un oeil sur Thomas Gunzig (le Douglas Coupland belge) et sur Marie N' Diaye dont ils ont du oublier qu'elle écrit des bons livres depuis maintenant plus de dix ans.
Aux dernières nouvelles, nos pétillants chroniqueurs de la joie de vivre auraient découvert un jeune écrivain totalement ignorée appelée Marie Darrieussecq et qui pourrait être la révélation 2012.

Au top des ventes

Posté par Myosotis le 30.03.06 à 10:34 | tags : news, best-seller, lectures

Ca me prend de temps en temps : je regarde les "charts livres", le top ten des meilleurs ventes de la semaine sur fnac.com, amazon.fr ou alors le top de l'Express, de Libé, et je rêve aux belles choses que je pourrais acheter, aux filles qui me demanderaient mon numéro de Blackberry, à la personne importante que je deviendrais pour et dans le pays, si j'étais le Docteur Cohen et savais comment manger, si j'étais F.O.G et connaissais la tragédie du président, si j'étais Jean-Marc Morandini et savais comment marche la télé et ce qu'il faut ou ne faut pas regarder. J'aurais des couilles en platine comme  Dan Brown si je savais appeler un livre Deception Point (c'est énorme comme titre Deception Point pour un best-seller, tout un programme) ou si comme le docteur Pierre Durkan je ne savais pas maigrir. Il y a des millions de personnes dans ce pays qui ne savent pas maigrir mais c'est le docteur Pierre Durkan qui a écrit le livre qui faut et qui ramasse un gros jackpot massif en leur disant "hé,hé, moi non plus, je sais pas maigrir." Rien que pour ça, pour cette idée, ce genre de types mérite de devenir encore plus riche qu'il n'était avant d'avoir eu cette idée. Ce qui est bien dans les top des meilleures ventes, c'est qu'on peut se demander aussi s'il y a UNE seule personne qui achète l'ensemble du top ten  ou si ce sont plusieurs personnes qui achètent un ou deux livres.  Je crois qu'il faudrait un sacré cran pour s'avaler le top ten dans l'ordre chaque semaine. Même Jean d'Ormesson n'y arriverait pas. C'est un truc à se dégoûter de la lecture, vous pensez pas ? Une bonne solution pour en finir. Ce qui effraie également c'est que de temps en temps, se glissent de bons livres ou de bonnes BD. Ca fout les boules. Comment des gens qui lisent si mal pendant toutes ces semaines peuvent-ils se mettre à lire si bien tout à coup ?  Je ne peux pas croire une seule seconde que le même pays puisse accorder la  pole-position au Docteur Cohen et à Brett Easton Ellis, à douze semaines d'intervalle.

Extraits du top ten de la semaine :  

Savoir manger
Jean-Michel Cohen - Patrick Serog

La tragédie du président
Franz-Olivier Giesbert

Le combat ordinaire, T3
Ce qui est précieux
Larcenet

Les miscellanées de Mr Schott
Ben Schott

Apprendre à vivre
Luc Ferry

Deception point
Dan Brown

Je ne sais pas maigrir
Docteur Pierre Dukan
Le premier sexe
Eric Zemmour


Le joli coup de Mr Schott

Posté par Myosotis le 29.03.06 à 09:27 | tags : livre, best-seller

Les miscellanées de Mr Schott a été l'un des cartons de l'année (et spécialement de la période des fêtes), assurant une bonne part du bénéfice d'Allia, éditeur qu'on ne peut qu'apprécier d'habitude. Si c'est un format poche, les Miscellanées de Mr Schott est un livre cher, mise en page sophistiquée oblige et un livre qui rappelle le principe des Almanachs d'antan. Le bouquin est une succession de listes, de précisions obligatoires, ou dispensables, de collections, de noms, de dates, de couleurs. On y trouverait, selon les critiques, des tas d'informations (les chiffres du nombre Pi, la liste des travaux d'Hercule et autres conneries)tout à fait intéressantes et dont la juxtaposition composerait une oeuvre pleine de sens et de surprises. On peut douter du battage qui a été fait autour de monsieur Ben Schott et de son livre "qui a fait un tabac en Angleterre", dit la publicité, pour la simple raison que ce genre de livres peut se concevoir en une petite heure de surf intensif. C'est le propre souvent d'une navigation que d'être butinage et de nous emmener sur des pages qu'on avait pas prévu de parcourir. Les miscellanées est ainsi un ouvrage concept qui n'a pas vraiment d'autre intérêt que d'être un parfait reflet de la modernité. Livre sans fond mais à la forme-reine, c'est un livre qui donne l'impression au lecteur d'être tout puissant, de réussir une grille de mots croisés, voire de dépasser son prof de sciences. L'ivresse des sots en sort renforcée mais c'est à peu près tout.  Si l'on creuse un peu (pas loin), on apprend que Ben Schott, l'auteur, a une trentaine d'années, sort de Cambridge et a travaillé dans la publicité avant de détester ça et de préférer les joies des lettres "sa vraie nature". Ca ne vous rappelle rien ? Ben a sorti en anglais un Almanach, subtile déclinaison du 1er concept, et supervise les sorties de son livre en toutes les langues possibles et imaginables. Pour un joli coup, c'est un joli coup !
Le site schott-media




Chick Lit pour les filles... débiles ?

Posté par Myosotis le 27.03.06 à 10:33 | tags : roman, best-seller

Les filles avaient déjà : les salaires inférieurs de 20% à ceux des mecs, une propension à se faire violer, défoncer la tête par des types bourrés, des toilettes trop petites et dégueulasses sur les aires d'autoroutes, des obligations sociales intenables (maquillage, épilation), elles ont maintenant leur "littérature pour nous les filles", une sous-merde à mi-chemin entre Bridget Jones, un scénario de Friends et  la collection Harlequin. La "Chick Lit" (littéralement littérature pour les "poulettes", "nanas") est en passe de devenir un élément moteur du marché du livre. Du coup (enfin, pour rester dedans), je me suis farci le Gossip Girl - tome 6 de Cecily Von Ziegesar, l'un des best sellers de ce nouveau genre (je n'ai pas tenté Mecano Girl ou L'accro du shopping à une soeur). Gossip Girl est écrit par une nana dont le plus original est le nom, américaine, de haute extraction. Elle raconte ses aventures de petite fille riche (qui a des petits copains riches et des copines riches à New York), qui vise une entrée dans une chouette université privée pour faire une carrière. Un maître chanteur diffuse des ragots sur le net. Oh, le méchant bonhomme. Et si c'était une fille ? Hein. Les plus enthousiastes diront que la série Chick Lit n'est ni meilleure ni moins bonne que les Chroniques de San Francisco d'Amistead Maupin. Il y a des lesbiennes dans le style et toutes les minorités sont représentées. C'est un peu plus nul encore. Amusant ? On voit mal pourquoi on s'abîmerait les yeux alors qu'on peut voir ça à la télé. Ca pourrait ressembler à Brett Easton Ellis : le côté classes sup, Beverly Hills, vous trouvez pas ? Bien sûr. Si l'on veut positiver autour de la Chick Lit, on peut dire que l'émergence d'une telle littérature pour filles, quand au même moment et sur le même plan les hommes continuent de dévorer l'Equipe, France Foot, et Entrevue, prouve ENCORE UNE FOIS la supériorité ontologique de la femme sur l'homme. CQFD.  


Eric Zemmour ou l'intuition masculine à la noix

Posté par Myosotis le 24.03.06 à 11:52 | tags : média, best-seller

D'aucuns se faisaient la réflexion plus bas qu'on ne parlait pas assez des poches, des livres qui coûtent pas chers et qui sont à la portée de toutes les bourses. Mieux que le Poche et plus économique encore, il y a évidemment le "livre dispensable", c'est-à-dire le livre qui même en format poche (9,50 euros ici), conçu pour bien se vendre, ne mérite pas d'être acheté. C'est le cas de ce premier sexe d'Eric Zemmour, vendu avec une polémique qui ne vaut même pas la une de Marie-Claire. La thèse se résume à peu près à ça : "l'homme fout le camp. Il devient une gonzesse." Il faut pas mal de pages au final à Zemmour pour ne pas se rendre compte que l'idée ne tient pas et n'amuse que les bobos, les bourgeois, les nantis,  Guillaume Durand et quelques journalistes. Dans le pays réel, la thèse ne soutient pas l'examen une demie-seconde. Les femmes continuent de se prendre des jetons (parfois) et de faire la popotte (souvent). Les hommes n'ont même pas un tube de vaseline dans l'armoire de toilettes et c'est l'homme qui porte la culotte (parce qu'il gagne 20% de plus à compétences égales). Je saute à mon tour à pieds joints dans la caricature mais c'est ainsi que je sens la chose lorsque c'est Zemmour qui parle du haut de son arrondissement télé.  Je passe sur la partie la plus aventureuse du livre, celle qui consiste à décrypter l'histoire de ces 30 dernières années, à travers le prisme de son intuition à la noix. Le chômage, les pédés, la sexualité. Si le grotesque tuait, Zemmour n'aurait sans doute pas dépassé l'âge de sa première dent de lait. La chute se fait sur une ode à la virilité, aux poils, aux torses bombés, bourses pleines et aux géants des Carpates.  Sur le même thème (et toujours en Poche), on réédite le livre le plus con du philosophe Emmanuel Kant sur les femmes et les différences entre les sexes. Le prince des idées (et de la morale) s'y montre en dessous de tout pour un condensé d'imbécilités sur les femmes : à la cuisine, attirées par les hommes laids et j'en passe. De loin, son pire livre, d'après ce qu'on raconte. Son excuse : l'ouvrage a été pensé depuis une époque où Zemmour n'était pas encore né et Kant n'était pas un grand connaisseur de la gente féminine.  

 




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