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L'actualité des écrivains qui vendent beaucoup, beaucoup de livres.
Le mystère Alexandre Jardin : c'est celui qui le dit qui y est (24)Posté par Myosotis le 05.11.09 à 11:50 | tags : roman, élucubration, littérature en vidéo, best-seller
C'est fait : j'ai achevé la lecture de Quinze ans après, l'acte 2 du premier grand bestseller d' Alexandre Jardin, Fanfan. Le livre dont je ferai peut-être (certainement, sûrement même) une chronique prochaine est à la fois fascinant de naïveté et de légéreté (vacuité ?) mais aussi fort intéressant pour qui s'intéresse de près au personnage Alexandre Jardin. Il faut se souvenir que ce type de 44 ans dont on ne fait plus grand cas aujourd'hui était, il y a une petite vingtaine d'années (Le Zèbre date de 1988), un véritable phénomène sociologique dans l'édition française et une sorte de pendant littéraire de Patrick Bruel pour la folie et les passions qu'il déchaînait dans son sillage. Alexandre Jardin au Salon du Livre, c'était comme East 17 chez Jacques Martin ou Barack Obama en train de s'acheter un big mac au fast-food du coin : de la folie, des hélicoptères qui tournent dans le ciel et des groupies qui se crêpent le chignon pour approcher l'artiste. Alexandre Jardin, c'était la locomotive commerciale de Gallimard avant l'arrivée d'Harry "La Poule aux oeufs d'or" Potter, l'ami des mères de tous vos copains quand vous aviez 20 ans, le sex-symbole BCBG romantique, le Byron des adhérents de la CAMIF, le Beigbeder antitrash du début des années 90, le Michel Drucker des clubs de lecture et une sorte de prototype anachronique (et talentueux) de ce que sont devenus les Marc Lévy, Gavalda Musso d'aujourd'hui. Etrangement, et comme André Agassi, Alexandre Jardin passe mal l'an 2000 et comment à épuiser la veine qu'y l'a fait vivre jusqu'ici : celle de l'amour-passion, de la séduction à outrance et du temps différé de la jouissance. Alexandre Jardin oeuvre pour la promotion des lettres et de la lecture (il fait des choses qui paraissent formidables en direction des écoles et des quartiers difficiles) et dynamite son oeuvre par des ouvrages plus personnels et autobiographiques : Le Roman des Jardin fait sensation en 2005 et sème une partie du public jardinesque en route. Comme Agassi, Jardin déclare qu'il n'a jamais aimé écrire ce qu'il écrivait (Agassi détestait le tennis, le saviez-vous). Il n'avoue pas s'être drogué mais se tape, à ce qu'on raconte, des prostituées par wagons à bestiaux : une par soir (confession à demie reprise dans le nouvel ouvrage) et deux les jours de fête.Avec Fanfan 2, Jardin tente son Lunar Park (la fausse biographie truquée est à la mode - Will Self s'y met pour son prochain, comme Beigbeder en raté, etc) et va réconcilier sa part obscure (le fou du cul) et sa part claire (la part commerciale, des coeurs romantiques et des bisounours sexuels) en mélangeant éléments de fiction (le film Fanfan, la vie d'Alexandre Jardin l'écrivain) et sa destinée singulière (l'homme Jardin, son rapport au monde de l'écriture). Si le résultat est un tantinet foireux, Quinze après est une vraie question posée au monde : mais qui est vraiment Alexandre Jardin ? Certains s'en foutent. On peut penser que la réponse à cette question (si quelqu'un la trouve) est fondamentale pour la bonne compréhension des équilibres qui soutiennent le marché du livre français, voire international. Pourquoi aime-t-on Alexandre Jardin en 1988 et plus aujourd'hui ? Pourquoi est-il important puis dépassé ? Pourquoi est-il un meilleur écrivain que Marc Lévy ? Sa dégringolade a-t-elle à voir avec son manque de sincérité ou avec la dévaluation de ses valeurs fleurs bleues ? Pourquoi Jardin est-il le seul type qui continue à s'habiller avec des pulls comme en 1988 ? Par où qu'on le prenne, le mystère Alexandre Jardin reste épais. C'est ce qui est bien. On a retrouvé le vrai Harry Potter
Si le vrai Harry Potter était sorcier, peut-être se vengerait-il des moqueries et des canulars qu'il endure chaque jour. Sans parler de son manque de crédibilité : "Personne ne me croit quand je leur dit comment je m'appelle. La première fois, j'ai même du montrer ma carte d'identité, mon passeport et mon permis de conduire à ma copine !". Ou encore de ses problèmes administratifs : il ne peut pas ouvrir un compte sur Facebook, à cause des "droits d'auteurs". Et pourtant, il était là avant... Lui, Harry Potter en chair et en os, et dont le front est marqué d'une cicatrice, exactement comme le magicien le plus rentable de l'histoire.
Photo : Harry Potter, DR En images : Gavalda en russe, Musso en coréen, Levy en vietnamien...Posté par Céline le 14.10.09 à 15:16 | tags : best-seller
Plus un livre se vend bien, et plus il a de chances de voyager. Ainsi les auteurs français à succès, de Guillaume Musso à Jean-Christophe Grangé, ont-ils eu l'occasion de voir leurs oeuvres traduites dans des langues parfois inattendues. Retrouvez notamment Anna Gavalda en russe ou Marc Levy en vietnamien dans notre diaporama des couvertures de best-sellers français à l'étranger. Les dix meilleures façons de doper les ventes d'un livre Ce n'est un secret pour personne. Mais un coup d'œil sur les meilleures ventes du mois permet d'en avoir la confirmation : ce sont presque toujours les mêmes recettes qui rapportent. Un président, une princesse, un coup de pub inespéré ou une nouvelle tendance : que faut-il faire pour espérer côtoyer les Twilight et les Millenium au box-office des livres ? Voici 10 trucs qui vous permettront, entre autres, de doper les ventes de votre futur chef d'œuvre.1. Gagner un prix littéraire. Gagner un prix reste bien sûr l’un des meilleurs moyens pour se retrouver bien placer en librairie, et attirer ainsi l’œil du lecteur à la recherche d’un truc « connu mais intelligent ». Le label Nobel ou Goncourt certifie aux regards les moins affûtés que tel ou tel livre n’est pas une bouse. Peut-être un peu chiant, peut-être trop de bons sentiments, mais pas une bouse. Un exemple : La dernière Nobel en date, Herta Müller, dont Gallimard annonce déjà la parution du prochain roman, La balançoire du souffle, ainsi que la réédition express d’un de ses livres paru en 1988 : L’homme est un grand faisan sur terre.
2. Susciter un scandale politique. Autant une belle chronique dans la rubrique littéraire du Nouvel inquisiteur avant-gardiste ne risque pas de faire exploser les ventes d’un fils spirituel de Musil, autant le titre d’un bouquin cité dans toutes les colonnes politiques – gratuites ou prestigieuses – saura habilement s’infiltrer dans la tête des lecteurs de façon à les conduire tout droit vers la gondole appropriée de la Fnac la plus proche... JK Rowling privée de médaille pour incitation à la sorcellerie En février dernier, J.K. Rowling s'était vu remettre la légion d'honneur par le président français. Pourquoi la fortunée et bienfaitrice romancière n'a-t-elle jamais reçu l'équivalent américain de cette haute distinction, la presidential medal of freedom ? Parce que l'administration Bush a jugé, à l'époque, que sa série Harry Potter "encourageait la sorcellerie".C'est en tout cas ce que dévoile Matt Latimer, ancienne plume de George Bush, dans les mémoires qu'il vient de publier aux Etats-Unis (édition Crown). Selon le blog américain Think Progress, l'ouvrage de Latimer, Tales of a White House Survivor, révèle plus généralement à quel point l'administration Bush a "politisé" la médaille en question. Et c'est ainsi que l'"étroitesse d'esprit" du "personnel de la Maison Blanche" aurait conduit à refuser à JK Rowling la distinction présidentielle, qui pendant le mandat de Bush a notamment été remise à Tony Blair, Harper Lee, Alan Greenspan, Nelson Mandela ou Charlton Heston... Le livre de Latimer affirme, en outre, que le sénateurTed Kennedy (qui s'était vu décoré par Obama en août), s'était également vu refuser la médaille parce qu'il était « un progressiste ». La version Kindle du nouveau Dan Brown en tête des ventes sur Amazon![]() Paru simultanément mardi dernier en version papier et e-book, le nouveau Dan Brown, The Lost Symbol, domine sans surprise les listes des meilleures ventes. Le site Kindle Nation a cependant relevé que dans la catégorie "Mystery & thrillers" des meilleures ventes, c'est la version Kindle qui tient la première place !
Dans le cas d'un blockbuster comme The Lost Symbol, la version e-book peut facilement faire valoir ses avantages. D'abord, elle coûte moins chère : 9,99 dollars contre 16,17 dollars sur Amazon (prix de vente moyen : 29,99 dollars). Il ne lui faudra ensuite que quelques minutes pour arriver droit dans vos fichiers. Zero délai de livraison, zéro encombrement (la version papier fait plus de 500 pages), zéro cadavre : le format idéal pour un livre, qui, paraît-il, se dévore coupablement comme une barre de chocolat. Uniquement disponible sur Amazon, la version Kindle n'empiètera pas cependant sur le succès du livre papier, qui elle est disponible absolument partout ailleurs sur le web et partout ailleurs tout court. Avant de sortir son prochain livre (dans six ans, table le Telegraph) Dan Brown laissera peut-être le temps au marché du livre électronique de décoller. Le Kindle, en vente depuis 2007, gagne chaque jour en performance et en popularité : son dernier modèle, le DX, peut stocker jusqu'à 3500 ouvrages. Pour la version française du roman, Le Symbole perdu, les lecteurs n'auront pas vraiment le choix. Pour le moment, ce sera les 650 pages de l'édition JC Lattès, pour un peu moins de 23 euros (27 novembre). Sur Flu : Des écrivains anglais inventent le beurre anti-Dan BrownA dix jours de la sortie presque mondiale du nouveau Dan Brown, Le Symbole perdu, des auteurs de polar anglais se sont réunis pour fonder le Curzon Group, qui se donne pour mission de lutter pour le retour du véritable polar britannique. Son combat s'appuie sur cinq principes : Sous-entendu, les Da Vinci Code et autres Anges et démons ne réunissent pas ces critères, ce qui n'empêche pas leur auteur d'exercer un monopole sur la vente de romans policiers. Cet écœurement a donné à ces auteurs l'idée de cette vidéo anti-Dan Brown :
- Une nouvelle leçon de marketing par Dan Brown - Dan Brown: meilleur promoteur touristique de l'année - Notre dossier consacré au Da Vinci Code. Jonathan Littell vs Hans Fallada : David contre Goliath![]() On se souvient du mauvais accueil que la presse anglo-saxonne avait réservé aux Bienveillantes, lors de sa sortie outre Atlantique il y a cinq mois. "Répugnant" pour The New Yorker, "monologue pachydermique" pour le Sunday Times... En dépit de ses 150 000 tirages, The Kindly Ones ne partait pas d'un bon pied aux Etats-Unis.
Et en effet : depuis sa sortie le 1er mars, le roman s'est vendu à 17 000 exemplaires sur le territoire américain. Ce qui laisse un goût amer à son éditeur, HarperCollins, qui avait acquis l'ouvrage pour un million de dollars.
Et pendant ce temps... Tandis que la presse recevait The Kindly Ones à grand bruit, la petite maison d'édition Melville House sortait Every Man Dies Alone, d'Hans Fallada (en français, Seul dans Berlin, chez Gallimard), le même jour que le Littell. Aujourd'hui, la maison prépare son quatrième tirage, et les ventes dépassent les 11 000 exemplaires. Sans parler de best-seller, cette réussite est une surprise pour Melville House, qui craignait que le monstre Littell n'écrase son poulain, que seul le New Yorker avait salué dans un article. Car les deux romans traitent du même thème : deux récits historiques, ayant pour cadre la Seconde guerre mondiale. Réédition d'un ouvrage publié en 1947 par l'écrivain allemand Hans Fallada, Every Man Dies Alone est de facture plus classique que les longues et éprouvantes Bienveillantes : il raconte la vie quotidienne d'un quartier populaire de Berlin, sous l'Allemagne nazie. Difficile d'en conclure que Fallada fait de l'ombre à Littell; mais le succès inattendu de l'un, et l'échec douloureux de l'autre, rappellent juste que rien ne vaut un bon bouche-à-oreille pour vendre un livre. Décidément, Les Bienveillantes restent une exception européenne.
Lire aussi : Jonathan Littell, trop long et trop cher pour les anglo-saxons ? Tristan Ranx, le nouveau Jonathan Littell ? En images : écrivains de père en fils
Source: Blog de Pierre Assouline. Après les zombies, Jane Austen chez les monstres marins...En avril dernier, la parution de Price and Prejudice et Zombies, remix sacrilège du grand classique de Jane Austen, avait fait frémir les uns, marrer les autres. C'est reparti pour un tour avec la sortie imminente de Sense and sensibility and Sea Monsters ("Raison et sentiment et monstres marins").
Avec le jackpot que lui a fait décrocher la version zombie de Jane Austen (650 000 exemplaires vendus aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne), l'éditeur Quirk Book aurait eu tort de se priver. Le roman, que l'on doit cette fois à Ben H Winters, mêlera 60% du texte initial d'Austen à « 40% de chaos tentaculaire » : on y verra notamment les héroïnes Elinor et Marianne Dashwood affronter, dans leur quête amoureuse, homards géants, poulpes démoniaques et autres serpents à deux têtes...Pas une seconde l'éditeur Quirk Book ne doute du succès de son nouveau titre. La preuve : la date choisie pour la publication, le 15 septembre, coïncide exactement avec celle du nouveau livre de Dan Brown, The Lost Symbol (Le Symbole perdu en français, annoncé chez JC Lattès), annoncé comme le plus gros best-seller de la rentrée. Et tandis que Seth Grahame-Smith, l'auteur de Pride and Prejudice and Zombies prépare pour l'éditeur Grand Central une biographie d'Abraham Lincoln en chasseur de vampires, Jason Rekulak, le directeur de Quirk Book, affirme lui avoir déjà établi une liste de classiques et d'éléments qu'il pourrait y intégrer : « pirates, robots, ninjas, singes, etc. » Les puristes vont grincer des dents. Libraires et dentistes peuvent désormais eux aussi travailler main dans la main. Une nouvelle leçon de marketing avec Dan BrownAvis aux écrivains incompris : à l'occasion de la sortie de The Lost Symbol, le nouveau roman de Dan Brown, l'écrivain et et ses éditeurs livrent la recette pour en faire un best-seller assuré.
D'abord, faire monter la sauce. La couverture de The Lost Symbol a été dévoilée en grande pompe il y a quelques jours, soit plus de deux mois avant la sortie anglo-saxonne du roman. Un sceau rouge, le Capitole sous un ciel ensanglanté : comprenez, les héros de The Lost Symbol - le symbologiste Robert Langdon toujours en première ligne - risqueront leur peau pour sauver leur pays d'un terrible danger. ![]()
Ensuite, miser sur les produits dérivés. The Lost Symbol sortira dans sa traduction française fin 2009 (Le Symbole perdu, JC Lattès). D'ici là, Michel Lafon sortira Le symbole perdu décrypté, à ne pas confondre avec Le symbole perdu : l'enquête, chez Robert Laffont. Sans oublier Dan Brown décrypté, au Fleuve noir. Comme au temps du si sulfureux Da Vinci Code, ça sent le scoop.
Et enfin, utiliser les nouveaux réseaux. La page Facebook de Dan Brown sera animée, tout l'été, par des codes et des énigmes que les 50 000 fans de l'auteur pourront s'acharner à résoudre. Sur la page Twitter de The Lost Symbol, on peut déjà participer à quelques jeux : l'administrateur poste des images, à vous de les identifier. Et bien sûr, le site web du livre, qui décompte les minutes et les secondes qui nous séparent de la sortie du roman. Et à part ça, sur le site... rien.
Voir aussi : - Notre dossier consacré au Da Vinci Code. Le tour du monde avec Marc Levy
Levy en avait marre de Londres et Paris. Il ne fait qu'y passer ici (les héros y ont leur base arrière), même si cela nous vaut quelques belles pages sur les Vélib ou les universités anglaises. Le nouveau roman de supermarché est mondial, Levy nous fait voir du pays, quitte à ce qu'il y ait des avions qui décollent avant d'atterrir et qu'on perde la couche d'ozone au milieu. Il voulait voir le monde et passer la vitesse supérieure : le roman d'aventures lui tendait les bras. Pour le reste, la littérature, le suspense, etc, il faudra attendre encore un peu. Marc Levy : fini de se payer sa tête...A force de se payer la tête de Marc Levy, le lobby "Fluctuat aime Marc Levy" a enfin réussi à faire plier l'auteur des bestsellers sentimentaux les plus abyssaux de la décennie : cette fois-ci, c'est sûr, la grande réconciliation s'annonce et prendra corps jeudi (le 25 juin) dans un roman d'AVENTURES, en deux volumes, baptisé Le Premier Jour. Soutenue par d'alléchantes vidéos, la sortie du Premier Jour nous rassure : Marc Levy a enfin pris du champ, de l'ambition et de l'ampleur. L'histoire du Premier Jour (dépêchons, Le huitième jour, il y a Pascal Duquenne qui débarque) nous emmène d'Afrique en Europe, aux basques de 2 personnages qui pourraient bien "tomber en amour" l'un de l'autre (hum...). Il y a des éléphants, des tremblements de terre, des tempêtes, un volcan, des passages secrets, des souterrains, une archéologue, un astrophysicien. La nana veut découvrir le premier homme, lui la première étoile : ils vont faire quête commune en parcourant la planète poursuivis par des espions qui n'acceptent pas facilement la liberté. On dit qu'Indiana Jones a déclaré que "c'est le meilleur roman que j'ai lu depuis au moins 20 ans", qu'Hemingway a envoyé un SMS d'outre-tombe à Levy pour le féliciter, qu'Ushuyaya, le déo des fauves, a préempté les droits pour une adaptation publicitaire... Plus sérieusement, c'est une vraie victoire du grand roman d'aventures d'avoir su rallier à sa cause un mastodonte tel que Marc Levy, qui, à l'exception de ses Enfants de la liberté, ne s'était pas aventuré très loin dans le romanesque. Certes, Levy a toutes les chances de n'être ni Conrad, ni London, mais gageons qu'il saura donner à coups de chromo jungle et d'aventures safari, le goût de lire autre chose que les comédies sentimentales à ses centaines de milliers de lecteurs. Interrogé par TF1 dimanche soir (la consécration en matière d'exposition médiatique), Marc Levy a fait preuve de beaucoup de retenue sur son art, gratifiant le journaliste d'un surprenant constat sur sa soi-disant fortune : "il ne faut pas croire ce que l'on raconte. Le milieu de l'écriture n'enrichit personne. Certes, je vends des livres mais je touche peau de zob sur les poches et sur les grands formats, je prends quoi ? deux euros à tout casser. Je ne suis pas riche..." Bon, allez Marc, 2 euros x 10 x 400 000, ça fait... hum... 8 millions d'euros, hors cession de droits et publication étrangères : on nous aurait menti ? Ce n'est pas encore assez pour aller se taper Paris Hilton en boîte mais cela permet de voir venir. En dehors de cette petite hypocrisie judéo-chrétienne, Marc a été parfait et défendu le roman d'aventures comme l'avenir de la littérature. Cela suffit à notre bonheur. Il faut le voir sur son site jouer avec ces Action Men girafe, petit navion, sur fond de savane au clair de soleil pour le croire : Marc est des nôtres, il a écrit son grand roman comme les autres ! Rendez-vous est pris pour une chronique en bonne et due forme dès qu'on aura réussi à mettre la main (gratuitement) sur le livre. Clin d'oeil à Jeanne qui me demandait dans un mail récent :"Où puis-je me procurer les livres de Marc Lévy ? J'en ai entendu beaucoup de bien..." - Euh... les bouquinistes, Jeanne, essaye les bouquinistes. On ne peut vraiment rien faire pour toi. Lire aussi : Entretien avec Francine Prose, auteur de L'Eté d'après Sous ses allures de best-seller sentimental, L'Eté d'après est un formidable roman sur la perte, l'adolescence et la renaissance ou résilience comme on l'appelle désormais. Francine Prose, qui s'était rappelée à notre souvenir avec Un homme changé l'année dernière, y déploie avec un soin infini et une délicatesse de touche exceptionnelle, des talents d'écriture, analytique et psychologique notamment, à plume mouchetée.L'été d'après s'ouvre comme beaucoup d'excellents livres sur un drame. Aux Etats-Unis, dans un passé récent, deux sœurs issues de la classe moyenne supérieure partent à la baignade dans un de ces lacs américains à l'eau claire et environnés de forêt grasse qu'on a vu et lu partout. Il y a une barque au bord de l'eau, des faons au spectacle et le soleil qui pointe entre les feuillus. L'aînée Margaret, on nous l'a expliqué dans les quinze pages qui précèdent le drame, est une jeune fille en fleur décomplexée et pétillante. Elle chante comme un ange (surtout des vieux titres soul, jazz et aussi du Chet Baker), fume des cigarettes toxiques - toujours un mauvais signe dans les romans US - et « l'a déjà fait » avec son copain Aaron... Lire l'entretien avec Francine Prose et la chronique de L'été d'après sur Fluctuat Les livres pour l'été : découvrez notre sélection et proposez la vôtre !A l'approche de l'été, n'oubliez pas qu'il existe bien une alternative aux gros titres distribués en masse dans les Relay des gares - la saga Twilight, le dernier Musso ou la biographie de Sardou... Tentez le putsch, soit en vous fiant à notre sélection, soit en conseillant vous aussi des lectures pour l'été ! Cette année, Flu vous propose une dizaine de titres qui ont en commun de vous faire découvrir un pays loin des clichés et de toutes les idées reçues. Pour faire le tour du monde en quelques livres, consultez notre galerie de romans pour voyager sans bouger.
Voir aussi : Toutes les lectures d'été Les 5 best-sellers auxquels vous n'échapperez pas cet été 5 best-sellers auxquels vous n'échapperez pas cet étéPosté par Myosotis le 22.05.09 à 19:11 | tags : lectures de plage, élucubration, short-list, best-seller
A l'approche de l'été, les meilleures ventes de livres prennent comme chaque année une tournure particulière, même si cette année, crise oblige, les professionnels de l'édition l'admettent : le français lit moins ou achète moins de bouquins ce qui revient à peu près au même. Décryptage des tendances estivales à venir à travers 5 titres qui cartonnent actuellement en librairie :
Freud, psycho-détective ? Imaginiez-vous Freud, grand prêtre de la psychanalyse, en héros d'un polar new-yorkais ? C'est en tout cas ce que Jed Rubenfeld vous invite à faire, dans son roman L'Interprétation des meurtres : paru en 2006 en Grande-Bretagne où il fut un best-seller, traduit en français en 2007 chez (feu) Panama, celui-ci vient d'être réédité aux éditions Pocket. L'occasion de le redécouvrir.Professeur de droit à Yale, Jed Rubenfeld évoque sous la forme d'un roman policier érudit et désuet (psycho-thriller dirait-on aujourd'hui), les premiers pas de la psychanalyse aux Etats-Unis et, puisqu'il s'agit de ça, des premiers pas de son inventeur sur le continent qui le consacrera plus tard comme un maître à penser et à dormir debout (ou allongé). Lorsque Freud débarque à New York, en 1909, à l'entame du roman, il a les yeux grands ouverts sur la ville et de faux airs de vieux chef de meute. Flanqué de Ferenczi, l'un de ses disciples, et de Jung, son héritier désigné, et cornaqué par le jeune narrateur indigène Younger, Freud effectue son seul et unique séjour aux Etats-Unis pour donner une série de conférences et présenter ses travaux... Un top 40 des romans les plus vendus en Europe
Dans le top 40 des meilleures ventes de sept pays d'Europe (France, Allemagne, Italie, Pays-Bas, Espagne, Suède et Royaume-Uni), pas un seul auteur de langues non européenne (alors que Haruki Murakami ou Orhan Pamuk avait figuré un temps dans le classement), ni même un auteur d'Europe centrale ou de Russie. Sans surprise, on retrouve en tête du classement les Stieg Larsson, Stephenie Meyer (1er), Roberto Saviano (3e) et Ken Follett (5e) - Paulo Coelho n'arrivant, étonnamment, qu'en 31e position.
Seuls deux écrivains de culture non européenne et écrivant en anglais sur des sujets d'actualité internationaux ont conquis un lectorat européen : Khaled Hosseini (Les Cerfs-Volants de Kaboul, 2e) et Aravind Adiga (40e avec Tigre Blanc).
Les chiffres illustrent en fait un phénomène intéressant : le succès d'un livre se joue d'abord un niveau local. Sur les 40 auteurs de la liste, 25 ont d'abord connu la réussite dans leur pays d'origine, avant de pouvoir s'exporter ailleurs. C'est le cas de Larsson bien sûr, mais aussi de Saviano, Barbery (6e), Gavalda (La Consolante, 12e).
Dans ce top 40 des meilleures ventes européennes, signalons aussi : - Les autres auteurs français : Le Clézio (15), Jean-Louis Fournier (Où on va papa ?, 18e), Guillaume Musso (Je reviens te chercher, 26e). - Les indétrônables auteurs de romans policiers : Henning Mankell (11e), Patricia Cornwell, Martina Cole, Mary Higgins Clark... - Le jeune Italien Paolo Giordano (14e), dont le premier roman La Solitude des nombres premiers vient de paraître en français. Livres Hebdo mentionne également Junot Diaz, auteur de La Brève et merveilleuse vie d'Oscar Wao (coup de cœur de Fluctuat), qui ne figure pas dans la liste mais "apparaît comme l'étoile montante des vedettes internationales".
Illustration : détail de l'affiche du film Best Seller d'Isa Noguera, DR. Après Skinny Bitch, Skinny Bastard : mauvaise graisse, mauvaise presse Rory Freedman et Kim Barnouin sont les auteurs de Skinny Bitch, un best-seller dans lequel elles prodiguent des conseils pour garder la ligne. Ces garces (restons polis) de la minceur remettent le couvert et s'attaquent cette fois aux bedaines disgracieuses des hommes en publiant Skinny Bastard.Vendu à plus d'un million d'exemplaires en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, Skinny Bitch peut se lire au choix comme : a) Une apologie du bien-être vantant les bienfaits du végétalisme sur l'organisme et dénonçant les exactions de l'industrie alimentaire b) Un manifeste pro-ana camouflé derrière des propos en apparence écolo c) Une énième publication bas de gamme sur la nutrition. Le livre est déclinable à volonté, de sorte à faire le bonheur des ménagères (Skinny Bitch in the Kitch, 217 000 exemplaires vendus), ou des femmes enceintes (Skinny Bitch: Bun in the Oven, 26 000 exemplaires vendus). Le nouvel opus prévu chez Running Press, Skinny Bastard, s'adresse cette fois à tous les "vrais mecs qui refusent de rester gros et veulent devenir bien roulés". Tout un programme donc... 100 000 copies de l'ouvrage sont déjà prévues pour un premier jet. Pour Skinny Bastard, les activistes de la sveltesse hardcore (pour rappel, la viande, le lait, le café, l'alcool, etc sont strictement interdits) auraient visiblement reconditionné Skinny Bitch en ajoutant une pincée de testostérone et quelques messages pour être en bonne santé, agrémentés de propos encourageants et titillant l'ego des intéressés : "tu ne t'en sors pas si mal, malgré les quelques kilos que tu trimballes en trop... Mais pas de blagues, l'ami : un mec au corps sexy attire tous les regards." Admettons. Manger des fruits et des légumes n'a jamais fait de mal à personne. Mais que dire de la ligne directrice de leur concept : "Skinny Bitch représente notre mode de vie (...) Qu'il s'agisse de shopping alimentaire, de discussions alimentaires, de pensées alimentaires, de rêveries alimentaires, de cuisiner ou de manger la nourriture, nous ne nous en lassons jamais" ou de slogans comme "le sucre c'est le Diable" ou "le soda est un liquide satanique" ? On n' oserait quand même pas les traiter d'obsédées du régime après ça... Les zombies envahissent les librairies
C'est du moins ce que l'on peut déduire si l'on observe l'actualité du genre depuis quelques mois. Outre la parution d'une parodie d'Orgueil et préjugés de Jane Austen en version "zombie" - qui trône déjà, selon le NY Times, en 3e place des meilleures ventes - on peut désormais trouver en librairie un ensemble de titres consacrés aux morts-vivants, notamment : Zombies !, l'essai de Julien Bétan et Raphael Colson paru aux éditions les Moutons électriques, ainsi que le Guide de survie en territoire zombie : (Ce livre peut vous sauver la vie) et World war Z : Une histoire orale de la Guerre des Zombies, tous deux signés Max Brooks (le fils de Mel Brooks) et parus aux éditions Calmann-Levy dans une traduction de Patrick Imbert, passionné de science-fiction, critique et photographe. Sérieusement "documenté" et fortement corrosifs, ces ouvrages peuvent être lus comme des livres de science-fiction jubilatoires et loufoques (ce qu'ils sont), mais aussi comme des recueils dispensant de vrais conseils, ou des témoignages, à l'usage de tout ceux qui souhaiteraient survivre à notre époque majoritairement zombifiée.
Lire aussi : Agatha Christie a-t-elle été victime d'Alzheimer ? La Reine du crime Agatha Christie aurait-elle été trahie par ses écrits ? Une équipe de chercheurs de l'université de Toronto a mené l'enquête sur l'état de santé mental de l'écrivain en s'appuyant sur une analyse littérale de ses romans policiers. Résultat : l'auteur à succès - la seule à rivaliser avec Shakespeare et la Bible en terme de ventes ! - aurait été victime d'une maladie neurodégénérative vers la fin de sa vie.Une mémoire d'éléphant
Rendez-vous avec la mort Quoiqu'il en soit, l'auteur a décidé de faire mourir ses deux personnages fétiches avant que leurs faiblesses ne deviennent trop visibles. Hercule Poirot décède officiellement en août 1975 dans Hercule Poirot quitte la scène. Le détective aura même droit à une nécrologie dans les pages du New-York Times le lendemain ! Quant à Miss Marple, elle résout sa Dernière Enigme en 1976. La romancière la rejoint dans la tombe le 12 janvier 1976. Trente ans après sa mort, les romans d'Agatha Christie se vendent toujours par millions. Le crime paie encore ! Alors sénile ou pas, l'auteur du Crime de l'Orient-Express et de Mort sur le Nil n'est pas près de tomber dans l'oubli... Roberto Saviano accusé de plagiat pour son livre Gomorra Menacé de mort par la mafia napolitaine après le succès de son livre Gomorra, Roberto Saviano n'est pas près de retrouver la paix. Le voilà désormais accusé de plagiat par le journaliste italien Simone Di Meo, nous apprend le quotidien Il Giornale.Ancien collègue de Saviano au Cronache di Napoli, Di Meo estime que l'auteur de Gomorra a plagié des articles publiés dans ce journal avant la sortie du livre : « Tout ce que j'avais raconté confidentiellement (...) a été légèrement transformé, et dans certains cas, transposé intégralement, sans que la source soit cité, pour donner vie à un livre que beaucoup ont salué comme un travail inédit ». Après de vaines tentatives de négociations avec Mondadori, l'éditeur italien de Saviano qui nie toute « appropriation indûe » de l'écrivain, Simone Di Meo porte l'affaire au tribunal et réclame 500 000 euros de dommages et intérêt. Roberto Saviano, lui, se défend en déclarant s'être inspiré de « sources publiques ou d'informations directement recueillies. » Le quotidien Il Giornale, qui relaie l'information, ne prend pas le risque de se prononcer sur l'affaire, dont le procès se déroulera le 7 juillet prochain au tribunal de Naples.
Sources : Il Giornale, ActuaLitté, Courrier International Les best-sellers sur grand écran en 2009 Un film peut-il égaler un livre ? Même si quelques lecteurs sont catégoriques - non, c'est non - les nombreuses adaptations cinématographiques de romans prévues pour 2009 donneront l'occasion de reposer la question. Au programme : du best-seller, des stars, et du best-seller. Voici quelques exemples de couples - écrivain / réalisateur - qui pourraient s'avérer gagnants en 2009.Vikas Swarup / Danny Boyle. Avec Slumdog Milliardaire (14 janvier), Danny Boyle propose une version sur grand écran des Fabuleuses aventures d'un indien malchanceux, premier roman de Vikas Swarup, qui avait fait un carton en Inde. Le film a déjà été salué par le public des festivals. Guillaume Musso / Gilles Bourdos. Première adaptation d'un roman de Guillaume Musso réalisé par Gilles Burdos, Et après (14 janvier) repose, lui, sur un casting imposant : Romain Duris, John Malkovich... Cela sera-t-il suffisant ? Francis Scott Fitzgerald / David Fincher. Le réalisateur de Seven a relevé un défi en adaptant L'étrange histoire de Benjamin Button (4 février), une nouvelle de Francis Scott Fitzgerald réputée inadaptable. Le film, dans lequel Brad Pitt tient l'un des rôles principaux, aura du attendre 14 ans avant de sortir en salle. Anna Gavalda / Zabou Breitman. Deux ans après l'adaptation d'Ensemble, c'est tout, les fans d'Anna Gavalda pourront voir Je l'aimais en film, avec Daniel Auteuil dans l'un des rôles principaux. Sempé & Goscinny / Laurent Tirard. En portant sur grand écran les aventures du Le Petit Nicolas, Laurent Tirard porte une lourde responsabilité. Inventé par Sempé et Goscinny, Le Petit Nicolas est un véritable monument de la littérature jeunesse. Valérie Lemercier et Kad Merad joueront le rôle des parents du garçon dans le film prévu pour septembre. Muriel Barbery / Mona Achache. Annoncée depuis quelques temps déjà, l'adaptation de L'élégance du hérisson sortira le 30 septembre. Avec Josiane Balasko dans le rôle de la concierge, elle comblera ou décevra les très nombreux adeptes du livre. Christian Gailly / Alain Resnais. Toujours du côté cinéma français, Alain Resnais donnera une adaptation de L'incident de Christian Gailly, avec ses comédiens fétiches André Dussollier et Sabine Azéma avec Les Herbes folles (21 octobre).
Passons sur les phénomènes Dan Brown, Harry Potter et Millenium, qu'on retrouvera également sur grand écran en 2009, mais dont on entendra assez parler en temps voulu, pour signaler également : Une histoire de Noël (25 octobre), un film d'animation 3D de Robert Zemeckis (à qui l'on doit la trilogie Retour vers le futur) avec Jim Carrey, tiré du classique Un Chant de Noël de Charles Dickens, ainsi qu'une nouvelle adapatation de Sherlock Holmes, avec Robert Downey Jr et Jude Law dans les rôles des célèbres détectives. Source : Livres Hebdo du 12 décembre 2008 Après Harry Potter, un nouveau J.K. Rowling pour Noël Voilà un cadeau de Noël qui va faire tourner la tête des fans d'Harry Potter : Gallimard jeunesse publie le 4 décembre Les contes de Beedle le barde, le nouveau livre de J.K. Rowling, à l'occasion de sa sortie mondiale. Les Conte de Beedle le Barde avait fait l'objet, l'année dernière, d'une édition spéciale à sept exemplaires, écrite à la main et illustrée par l'auteure elle-même, et dont Amazon avait acquis un exemplaire aux enchères pour deux millions de livres sterling (2,7 millions d'euros). L'ouvrage réunit cinq contes, parmi lesquels Le Conte des trois frères, qui figuraient dans Harry Potter et les reliques de la mort, et quatre inédits. Tiré à 260 000 exemplaires par Gallimard, il devrait faire exploser les ventes de fin d'année, même si les chiffres ne sont pas encore comparables à ceux de la saga Harry Potter, dont les sept tomes s'étaient vendus à 24 millions d'exemplaires en France. Cependant, derrière les gros sous, on trouvera quand même la bonne action : les droits d'auteur seront reversés au Children's High Level Group, une association caritative fondée par J.K. Rowling et la députée européenne Emma Nicholson, et qui vient en aide aux enfants et adolescents abandonnés dans les institutions spécialisées.
A l'occasion de la sortie du livre, Amazon.fr organise jusqu'au 14 décembre un concours permettant de gagner dix livres dédicacés par l'auteure d'une édition collector (en anglais).
Quand aux aventures du jeune sorcier, elles pourront encore occuper une très bonne place sous le sapin. Gallimard jeunesse propose, depuis le mois d'octobre, le septième et dernier Harry Potter en « Folio Junior », un coffret réunissant les sept tomes en format poche, ainsi qu'une édition de luxe des deux premiers tomes. En revanche, le sixième film de la saga, Harry Potter et le Prince de sang mêlé, qui était prévu pour Noël, voit sa sortie repoussé au 15 juillet 2009 : c'est une histoire de vampire, Twilight, adapté d'un roman de Stephenie Meyer, qui est passé avant lui. Dan Brown : meilleur promoteur touristique de l'année Triste vérité : non seulement le livre peut être traité comme une marchandise à part entière (et il tend de plus en plus à être, avec la menace qui pèse sur la loi Lang concernant le prix unique du livre), mais il peut désormais tenir une place de haute importance dans le circuit économique d'un pays. Au fond, ce qui est triste, ce n'est pas le fait que des livres se vendent. Mais de constater quels livres se vendent, et surtout, l'engouement que les plus grosses impostures peuvent parfois susciter.
On se souvient par exemple de la drôle de frénésie que le Da Vinci Code de Dan Brown a soulevé chez ses lecteurs. En fait, ce genre de bouquins à clés, qui mêlent Histoire, religion, sciences et enquête à suspens bénéficient un peu de "l'effet Sudoku". Tout en permettant à ses usagers de se détendre, de se « vider la tête » comme on dit, ils leur donnent l'impression d'avoir soudain accès à des domaines qui leur étaient jusqu'alors fermés : culture, raisonnement logique, initiation à la résolution des codes secrets... Le nombre de lecteurs qui se sont pris au jeu du Da Vinci Code s'est vu gonfler après la sortie de l'adapation ciné de Ron Howard (avec Tom Hanks, Audrey Tautou et Jean Reno, brochette gagnante !). Et parmi eux, beaucoup se sont montrés prêts à pousser très loin leur Passion. Les circuits touristiques Da Vinci Code se sont multipliés. Des hordes d'américains littéralement brownisés se sont rendus en France, en Ecosse, partout où elles pouvaient trouver des indices pour résoudre le mystère du livre, sans peur et sans reproche, bravant la foule du Louvre pour voir la Joconde, déjouant les pièges de méchants curés à l'haleine fétide, et n'hésitant pas à sortir des écus de leur bourse dès que l'enquête - ou leur estomac - le réclamait. Un coup de pouce pour le tourisme, dont d'autres villes aimeraient bénéficier à leur tour.
Les prochains sur la liste sont les Romains. Car devinez où se déroule le premier volume de la trilogie Brown, Anges et démons, qui sera bientôt porté à son tour à l'écran toujours par Ron Howard ? Patrizia Prestipino, directrice aux affaires touristiques de la ville, se réjouit très franchement : « pour nous, c'est de la publicité gratuite. Plus il y aura de films tournés à Rome, mieux ce sera ». D'autant plus que l'intrigue du livre prend place dans les sites prestigieux de la ville : Le Panthéon, la Piazza Navona et la Piazza del Popolo.
Pour l'heure, certaines entreprises ont déjà bénéficié de l'effet Brownie, à l'instar de l'agence de tourisme Dark Rome, qui a vu augmenter sa clientèle depuis qu'elle propose la visite officielle « Anges et démons ». D'autres agences, qui ne propose pas d'activités liées au film, s'exaspèrent d'entendre reprocher à leurs guides que Dan Brown, lui-y-dit-pas-ça dans son livre. « Nous essayons d'expliquer que c'est l'image même de Rome qui risque d'être endommagée », témoigne Paul Bennett, le fondateur de l'agence Context Travel.
Si seulement les livres de Dan Brown ne racontaient pas autant de conneries. Si seulement d'autres livres pouvaient engendrer une telle curiosité, éveiller le goût du voyage et du raisonnement chez tant de lecteurs... Pourquoi aussi, ne pas se lancer dans un Paris-Jérusalem à pied (retour compris), à la découverte du berceau de nos cultures, après une lecture consciencieuse de L'Itinéraire de Chateaubriand ?
Source : "Dan Brown Tourists : next stop, Rome ?", article d'Elisabetta Povoledo, in The New-York Times, 24 juin 2008.
Quelques mots de J.K. Rowling (et d'autres) aux enchères J.K. Rowling semble avoir le pouvoir de transformer en or tout ce qu'elle touche de sa plume. Ainsi en est-il du petit texte qu'elle vient d'écrire (800 mots seulement) et qui sera vendu aux enchères pour une œuvre caritative.Selon le journal The Guardian, l'auteur retrace rapidement dans ce prequel (=un épisode produit après une série, mais dont l'intrigue est chronologiquement antérieure) la jeunesse de James Potter, le père d'Harry Potter, et de Syrius Black, le héros du Prisonnier d'Azkaban. Le texte, rédigé sur le recto-verso d'une carte postale, sera intégré à une série de nouvelles manuscrites intitulée "What's your story ?" et vendue par la chaîne de librairie Waterstone's le 10 juin, au profit de Dyslexia Action et de l'English PEN, qui cherche à promouvoir la littérature comme moyen de compréhension. Le recueil publié sera ensuite disponible dans les librairies au mois d'août. Parmi les auteurs présents dans le recueil, on peut citer aussi Doris Lessing, Margaret Atwood, Sebastian Faulks (auteur du dernier James Bond), Nick Hornby et Irvine Welsh... Mais c'est bien évidemment le nom de J.K. Rowling qui fera monter les enchères. Le directeur exécutif de Waterstone's Gerry Johnson salue la générosité de l'auteure, grâce à laquelle la vente pourrait, selon certains experts, rapporter jusqu'à 5 millions de livres sterling. En décembre 2007, le manuscrit des Contes de Beedle le Barde de Rowling avait été acheté aux enchères par le groupe Amazon.com pour 2,7 millions d'euros.
Après la parution du septième et dernier tome de Harry Potter, J.K. Rowling avait annoncé qu'elle n'écrirait pas de suite, au moins pour les dix ans à venir. Les fans des aventures du jeune sorcier pourraient donc bien se ruer, pour patienter, sur ces 800 mots qui ne composent, rappelle l'écrivain, que "l'ébauche d'un véritable prequel". Sur le site de Waterstone's, on peut déjà réserver le lot de cartes postales-nouvelles "What's your story ?", mais également proposer ses propres textes. Certains d'entre eux sont publiés sur la galerie du site, et les trois meilleurs figureront dans le recueil à paraître. |
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