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Livres d'art, éditions de luxe, photographies, l'actu du livre qui a la classe. Voir aussi notre sélection Beaux-Livres.
En images : le culte maoïste à travers ses objetsMao point levé, vainqueur, paternel. Mao qui proclame, le 1er octobre 1949, la République populaire de Chine. La victoire ou un rêve pour les uns, la déchéance et une hantise pour les autres. Mao bienveillant ou assassin.
Tous deux collectionneurs d'objets chinois, Claude Hudelot et Guy Gallice ont voulu offrir dans Le Mao un aperçu significatif de que furent les années de règne du Grand Timonier, marquées par une propagande vertigineuse faite d'icônes et de slogans prometteurs. Leur ouvrage apporte ainsi, à travers plus de huit cents photos et de nombreuses pages de commentaires, un éclairage important sur le culte de la personnalité maoïste. Découvrez une série d'images extraites du livre, avec notre diaporama Mao dans tous ses états.
Le Mao, Claude Hudelot et Guy Gallice, éditions du Rouergue.
Des morceaux de roche lunaire vendus avec un livre de Norman Mailer![]() Tintin et les témoignages de Buzz Aldrin - nombreux ce mois-ci, qui fêtait le quarantenaire de l'expédition Apollo 11 - y sont sans doute pour beaucoup : la lune, pourtant située à des centaines de milliers de kilomètres de la terre, nous est devenue très familière. Alors en attendant le jour où l'on pourra la visiter, l'éditeur de beaux-livres Taschen propose d'en acquérir quelques échantillons.
C'est avec quelques exemplaires d'un texte de Norman Mailer que ces morceaux de roche lunaire seront vendus, disons-le facilement, à un prix astronomique. A l'époque, l'auteur des Armées de la nuit avait été embauché par le magazine Life pour suivre la mission lunaire, dont il avait tiré un reportage exceptionnel. Moonfire (Bivouac sur la lune en français) est la version revue et augmentée de ce reportage, que Taschen agrémente également de nombreuses photos et d'extraits du manuscrit de Mailer (un aperçu en ligne).
Sur les 1969 exemplaires - tous dédicacés par Buzz Aldrin - de cette luxueuse édition, seuls 12 sont accompagnés d'un « un spécimen unique de météorite lunaire pesant entre 0,4 g et 348 g ». De quoi faire grimper le prix du livre, vendu 1000 dollars sans la précieuse pierre, à des "centaines de milliers de dollars", selon un représentant des éditions Taschen. Le prix d'un diamant, justement.
Sur Fluctuat : tout le business lunaire
Christian Lacroix et Paul Smith créent un objet pour leur écrivain favori Allier la poésie à la performance, le design et la littérature : tel est le projet d'Esther Henwook, qui publie Design & littérature : une liaison inspirée, aux éditions Norma. Partant de l'idée que le paysage intérieur de l'écrivain permet d'apprivoiser son œuvre, la journaliste en design et architecture a posé la question : "Que feriez-vous pour l'écrivain qui a le plus influencé votre vie ?" à cinquante des meilleurs créateurs du moment (designers, architectes, couturiers).En guise de réponse, on obtient une série d'objets - des sièges, des lampes, des bibliothèques ou des bouteilles - transfigurés par l'imaginaire arty de ces artisans des temps modernes. L'univers des écrivains inspirent parfois des œuvres surprenantes, à l'image de l'architecte et designer Claudio Colucci, qui a d'abord songé à créer une voiture amphibie en hommage à Ian Fleming, l'auteur des James Bond. Mais comme celle-ci existait déjà, il a finalement opté pour un canapé de salon en fibre carbone - idéal pour boire du champagne... Le couturier Christian Lacroix a quant à lui réalisé une chaise en fer forgée pour Patrick Modiano. "J'aime ce modèle de mélancolie ; je suis un nostalgique, à son image", affirme-t-il. Paul Smith a travaillé à partir de l'image de son homonyme poète et icône de rock Patti Smith. Le résultat ? Une chaise très dix-neuvième, customisée avec de vieux matériaux. Parmi les 40 designers ayant participé au projet, on signalera notamment : India Mahdavi inspiré par Murakami, Laurent Massaloux par Mark Danielewski et Adolfo Bioy Casares, Christophe Pillet par Bret Easton Ellis, Manuela Zervudachi par Lewis Carroll... Une série d'expositions parisiennes consacrées à ces œuvres à la croisée des chemins permettra d'admirer le résultat. A vous de deviner quelle figure littéraire se cache derrière l'objet. Du 19 au 26 mai 2009, Galerie Avant-scène (Paris 6e) : exposition du siège de Pucci de Rossi conçu en hommage à Cioran, des dessins d’Hubert Le Gall (Jacques Prévert), Franck Evennou (Saint-John Perse), Elizabeth Garouste (Modiano), Jacques Jarrige (Francis Ponge). Du 15 à la fin-septembre 2009, Perimeter (Paris 6e) : exposition du projet de Guillaume Bardet en hommage à Jim Harrison. Du 17 à la fin-septembre 2009, Librairie du Bon Marché (Paris 7e) : exposition de tous les projets. Lire aussi : Les plus étonnantes librairies du monde, en images Geraint Anderson et les autres traders devenus écrivains L'Imagier des gens de Blexbolex est le plus beau livre du monde Le plus beau livre du monde est français, si l'on en croit le jury du Goldene Letter 2009, qui remettra son prix le mois prochain pendant la Foire du livre de Leipzig : c'est en effet L'Imagier des gens de Blexbolex, publié chez Albin Michel Jeunesse, qui a été distingué comme "The best bookdesign from all over the world". Choisi parmi 704 titres en lice, L'Imagier des gens se compose d'une série de portraits de gens représentés en fonction de leur statut ou de leur activité, et non de leur particularité physique. Inspiré par le graphisme des années 50 et 60, l'auteur Blexbolex a également choisi de coupler les portraits, proposant ainsi des associations d'idées. Trois autres éditeurs français ont également été distingués pour l'un de leur beau livre. Galaade pour Israël, les Arabes, la Palestine. Chroniques 1956-2008, de Jean Daniel, et pour Les Laboratoires du temps : Ecrits sur le cinéma et la photographie, d'Alain Fleischer, dont le design est signé Julien Hourcade et Thomas Petitjean ; le Musée d'art moderne et contemporain de Strasbourg, pour le catalogue Art is Arp. Dessins, collages, reliefs, sculptures, poésie, conçu par l'agence SP Millot. Et enfin, La Galerie d'architecture, pour Méthodes de Cédric Libert et L'Atelier d'architecture de Pierre Hebbelinck, conçu par Manuela Dechamps-Otamendi.Céline au Danemark Grand spécialiste de Louis Ferdinand Céline, David Alliot avait déjà, entre autres, publié les enquêtes Céline à Meudon (Ramsay, 2006) puis Céline à Bezons (éditions du Rocher, 2008). Le feuilleton n'est pas fini. En collaboration avec François Marchetti, écrivain expatrié à Copenhague, il a entrepris cette fois d'explorer la période danoise de l'auteur, dans Céline au Danemark, un beau livre qui paraît ce mois-ci aux éditions du Rocher.Pourquoi le docteur Destouches a-t-il choisi de s'exiler, à partir de 1945, dans ce pays qu'il connaît mal et dont il ne parle pas la langue ? Pour échapper à la justice française qui veut sa peau ? Comme l'écrit Claude Duneton, dans sa préface très engagée : « La vérité est que Céline avait une fatwa à la faucille et au marteau ! (...) le Danemark a rendu un service inestimable à la littérature française (...) ». Le travail de David Alliot et François Marchetti a permis de réunir de nombreuses photographies de l'époque (dont quelques-unes sont inédites), montrant l'écrivain dans l'intimité avec sa femme Lucette, ou ses animaux (Bébert le chat) à Korsör ou à Copenhague. Autour de cette iconographie, on trouvera également des éléments biographiques, des documents inédits, ainsi que des témoignages de Danois qui ont fréquenté Céline.
Pendant l'exil, l'écrivain se bat pour ne pas être oublié. Pourtant, avec Lucette - qui donne clandestinement des leçons de danse - ils vivent sous de faux noms : « Courtial pour lui, Jensen pour elle. » Ce ne sera pas suffisant pour les protéger : le soir du 17 décembre 1945, le couple se fait arrêté. Céline en prison, menacé d'extradition, d'un grand danger donc en cette période de libération. Le cours de l'histoire littéraire en aurait-il été changé si le Danemark n'avait pas jugé le dossier trop léger, et refuser cette extradition ? C'est en tout cas le sens de cet ouvrage qui rappelle l'importance de la période danoise, « qui fut sans conteste un calvaire désespérant pour Céline » mais donna aussi « un nouvel élan à son œuvre novatrice ». "Vache de pays, j'y reviendrai quand les harengs auront des plumes." L. F. C
David Alliot et François Marchetti, Céline au Danemark (1945-1951), éditions du Rocher. Le livre des 1001 clownsPosté par Myosotis le 14.02.06 à 00:52 | tags : beau livre
Le récit donné par la presse des (probables) derniers jours de Raymond Devos et de ceux qui vont suivre m'a ramené vers un thème littéraire plus souvent discuté que traité par les écrivains : celui de la tristesse des clowns. Rappelons que Devos, 83 ans, a été frappé par une attaque cérébrale, sans doute très grave, puisqu'une demande de mise sous tutelle a été faite il y a peu le concernant. Une certaine Samantha Lemonnier, âgée de 53 ans, qui prétend être sa compagne depuis 3 ans, s'est vu interdire juridiquement (avec huissier - je ne savais pas que c'était possible) l'accès à l'humoriste, bouclé à la Pitié-Salpêtrière, par son secrétaire artistique Pierre Hénan, lequel affirme que la dame en question connaît à peine l'intéressé. Chacun possède une lettre de la main de Devos affirmant qu'il souhaite ou ne souhaite pas rencontrer cette fameuse Samantha. Histoire de gros sous à venir. Raccourcis
Mark Leyner (illus.) est le plus grand auteur américain contemporain. B.E. Ellis est devenu le pire des auteurs américains contemporains. Le prix du m2 linéaire dans les grands salons du livre français est inaccessible pour les petits éditeurs, donc dehors les blaireaux. Les librairies indépendantes vont bientôt disparaître (comme les disquaires il y a dix ans). La plus grosse vente section "beaux livres" est : La grande aventure de l'Airbus A380 ; tout le monde la tête dans les nuages (Le viaduc de Millau est aussi bien placé). Sachant qu'un "beau livre" peut occasionnellement vraiment cartonner (et qu'il permet à certains après cela de racheter un grand groupe d'édition), je me dis, en tant qu'éditeur (è®e), que je vais peut-être y réfléchir à deux fois. Bon, comme projet de "beau livre" je n'ai qu'un historique des bris de machines, c'est sûr qu'un million d'exemplaires pour ce projet c'est une prévision de vente un peu haute.(illus. Mark Leyner sur Salon.com) Le bar Floréal : photographie militante
Le bar Floréal fête ses vingt ans. Pour l'occasion, l'association de photographes publie un beau livre, aux éditions Créaphis, qui résume vingt ans de production d'images. Mais pas seulement. Le collectif s'est fondé autour d'un concept partagé : la photographie n'est pas une fin en soi, mais une démarche militante, un acte d'empathie, un témoignage. Depuis sa fondation, le bar Floréal a signé un grand nombre de reportages et d'"actions photographiques", collectives ou individuelles, au coin de la rue ou aux quatre coins du monde, qui témoignent toujours d'un projet : "réfléchir, révéler la poésie au coeur de la Cité, inventer un monde". Outre une iconographie très riche, c'est cette démarche qui est rendue sensible et intelligible dans l'ouvrage Le bar Floréal. Photographie. C'est beau, tout simplement.
(illus. photo tirée de l'exposition Nord-Sud, de Bernard Baudin et André Lejarre) Beaux livres en ligneLe journal du grand capital semble lui aussi avoir pris (un peu) le tournant du web et a concocté quelques bons contenus multimédia pour les fêtes. Parmi eux, ce diaporama d'une cinquantaine d'images en forme de sélection beaux-livres, où l'on retiendra notamment L'Art du rock (ou cinquante ans de rock en 1800 affiches) par Paul Grushkin & Dennis King, et Qimby the Mouse du BDiste alternatif américain Chris Ware (2 illus. ci-dessus). Mais pas que... Le Bazar de Payram![]() ![]() - Bazar c'est un livre/objet recélant une série de photographies (soixante), prises dans le bazar de métaux de Damas, en Syrie, par le photographe Payram. - Et cela signifie quoi "livre/objet" ? - Cela signifie que le fond et la forme ont été pensés pour qu'il y ait dialogue entre les deux. - En somme, l'harmonie du contenu et du contenant ? - Exactement. - Donc, le contenu c'est la série de photographies. Mais le contenant ? - Et bien le contenant il est l'oeuvre des Editions In Libris. - Les lilliputiennes Editions In Libris ? - Oui. On dit "lilliputiennes" parce qu'elle est composée de deux holibrii mais ce qu'il faut ajouter c'est que les deux compères, Julien Martial à la Haute-Couture, à savoir la reliure, et Victor Ede pour l'édition, ont un certain talent. - Et concrètement, il se présente comment ce "livre/objet" ? - Concrètement,...Ttt. T'en as de bonnes toi. Quelle idée d'employer ce vocabulaire à propos d'un livre qui invite à la poésie, à l'errance. - Rien que ça. - Oh si ce n'était que cela. Mais, Bazar, avec ses séries proches d'un montage cinéma, donne même à entendre le martèlement des outils frappant le métal. - C'est un portrait en fait ? - Exactement, un portrait du bazar de métaux de Damas. Bazar 500 exemplaires, 60 photographies en offset, sortie en novembre 2005. 75 Euros. Vernissage Exposition photographique de la série Bazar ce mardi à partir de 18h et jusqu'à 22h, chez Picto Bastille, 53 bis rue de la Roquette (Paris 11e). Exposition chez Picto Bastille jusqu'au 15 décembre. Nus blancs, nus noirs : la promesse d'une étreinte Deux ouvrages de Patrice Bouvier (l'homme à la caméra), annotés par Pierre Bourgeade (l'homme à la plume), paraissent cette semaine aux Editions Attitude(s) et dépoussièrent sérieusement le genre du livre d'images pour adultes. Fruit de deux séries de photographies prises à une douzaine d'années d'intervalles, ces Nus blancs et Nus noirs sont autant d'invitations à l'érotisme où les corps tiennent toute leur sensualité de l'originalité d'un cadre, de la qualité d'une lumière, de l'anamorphose d'un vêtement. Apposés à la main, les textes donnent une touche d'onirisme charnel qui évoque de façon tout sauf mièvre la promesse d'une étreinte. Une mise en désir est disponible ici et là, grâce au subtil travail sonore de l'ami Sébastien. Une signature est prévue ce mardi 8 novembre à partir de 18h, à la librairie Le Comptoir des mots (239 rue des Pyrénées, Paris 20e). Et une expo de photos se tient non loin de là, à visiter nocturnement pour éprouver peut-être une "fin de nuit où s'étire / l'Aube que l'on respire / le jour va revenir / et nos mains se tenir". |
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