Après la comparaison des rêves mis en scène dans Inception avec ceux de la réalité (beaucoup moins glamour), une rumeur, tout aussi amusante, circule au sujet du blockbuster. Images à l'appui, celle-ci prétend que Christopher Nolan aurait pu plagier le scénario de son film sur... une histoire de la bande à Picsou.
Publié en 2004, Uncle Scrooge : The Dream of a lifetime n'a pas eu le même écho que le film hollywoodien. Et pourtant, tout y est : Geo Trouvetou a inventé une machine permettant de pénétrer dans les rêves des autres et d'y recueillir des informations. Les méchants Rapetou, qui ont dérobé la machine, entreprennent de rentrer dans la tête de Picsou afin de lui soutirer la combinaison de son fameux coffre.
S'ensuit alors une plongée dans l'univers onirique du canard multimilliardaire, où se mêlent ses souvenirs de jeunesse, ses obsessions quotidiennes, des lieux et des personnages complètement absurdes. Donald est envoyé à la rescousse dans le rêve de son oncle, pour le sauver suivant un plan précis préalablement établi avec Geo... Tout pareil, on vous dit.
Si vous n'y croyez pas ? Examinez les deux images ci-dessous.


Menacée d'expulsion, une famille du Sud des Etats-Unis a découvert un exemplaire du premier comic mettant en scène Superman. Une trouvaille qui pourrait leur rapporter un sacré pactole.
La famille, qui préfère garder l'anonymat, faisait ses cartons en attendant d'être expulsée quand elle est tombée sur Action Comics No 1. Dans ce tout premier numéro du comic book, plusieurs super héros ont fait leur début, dont le plus célèbre d'entre eux, Superman, créé par Jerry Siegel et Joe Shuster. Grâce au natif de Krypton, la maison, qui appartenait à la famille depuis les années 50, est sauvée.
"La banque était sur le point de les expulser", a commenté Vincent Zurzolo, co-propriétaire de ComicConnect.com et Metropolis Comics. "La famille était littéralement en larmes, ils allaient perdre leur maison et étaient dévastés. Ils sont descendus dans leur cave pour chercher des cartons et sont tombés sur huit ou neuf comic books".
En février dernier, un exemplaire d'Action Comics a été vendu un million de dollars. Record battu en mars par une autre copie écoulée 1,5 millions de dollars. L'édition en question devrait cependant partir à un prix inférieur (environ 250 000 dollars, rapporte ABC), sans doute à cause de son état de conservation.
Voir aussi :
Une histoire de la bd en images
Diaporama : les villes dans la bande dessinée
Si vous avez plus de... 20 15 ans, il est peu probable que vous ayez jamais entendu parler de Scott Pilgrim, la BD du canadien Bryan Lee O Malley. Comme sur d'autres points qu'on ne détaillera pas, vous avez tort et vous risquez de passer pour un imbécile et un vieux con si vous ne vous y collez pas d'ici cet automne, date à laquelle est prévue la sortie de l'adaptation hollywoodienne de cette saga remarquable, Scott Pilgrim vs. the World. On espère encore un peu ici que Pilgrim, emmené par le visage mi-ange, mi-geek de son acteur gentillet (Michael Cera), par le look imparable et craquant de sa copine Ramona (le meilleur prénom de nana indé qui existe au monde) réussira à détrôner les inepties de Twilight, chapitre 3 (on l'a vu, alors pas la peine de dire qu'on parle sans savoir) et renverra le moche Edward à ses études d'anatomie.
Scott Pilgrim est un jeune type (23 ans, même s'il en paraît 12) qui est à la fois dans le coup et en dehors. Sorte de fantasme entre un ado traditionnel (low-tec, il n'a pas d'iphone, ne tchatte pas, n'a pas les symptômes du jeune moderne) et un hyper-boy (il joue de la guitare, fait du rock et aime les jeux vidéo), Scott Pilgrim a pour principales activités de vivre une vie normale et d'imposer à celle-ci (mentalement, s'entend) des caractères de jeu vidéo. Ainsi, quand il ne joue pas de la guitare ou ne fait pas des trucs inintéressants, sa principale passion est de dérouiller les 7 méchants ex-copains de sa nana (Ramona, donc) dans des duels ninja-manga invraisemblables, et comme si on enquillait d'une traite les 8 ou 9 plateaux d'un jeu vidéo. Dit comme cela, je sens que le scepticisme monte mais il faut prendre Scott Pilgrim pour ce qu'il est : à la fois un formidable divertissement générationnel, une sorte de soap comics tout à fait moral et recommandable (parents, n'hésitez pas) et une sorte de leçon de vie susceptible de réconcilier les anciennes et les nouvelles générations.
Comme de bien entendu, les éditions françaises sont là à point nommé et c'est donc la ligne Milady des Editions Bragelonne qui s'y colle avec la sortie en format manga (donc pas cher) des premiers tomes de la saga. La quatrième de couv pourrait paraître gnangnan (elle l'est comme la série) mais vous ne serez pas trompés sur la marchandise :"La vie de Scott Pilgrim est géniale. Il a vingt-trois ans, il joue dans un groupe de rock, il est « entre deux boulots », et il sort avec une mignonne petite lycéenne. Tout est fabuleux jusqu’au moment où une livreuse en rollers nommée Ramona Flowers, sérieusement atomique et dangereusement trendy, commence à traverser ses rêves et à le croiser à des fêtes. Mais le chemin qui mène à Mlle Flowers n’est pas couvert de pétales de roses. Ses sept ex-petits amis maléfiques barrent la route du véritable bonheur de Scott. Pourra-t-il vaincre les méchants et gagner le cœur de cette fille sans chambouler intégralement sa précieuse petite vie ?"
Si on m'avait dit que je recommanderais ce genre de livre il y a... 10 ans, je me serais pendu avec mes marque-ta-page. Pour ceux qui trouvent Scott un peu trop falot, il y a toujours moyen de se refaire avec Kick-Ass. Si la BD est beaucoup plus violente, on peut rapprocher les deux pour leur forme de moralisme caché.

Harvey Pekar, auteur culte de bande dessinée auquel on devait notamment American Splendor, est mort lundi 12 juillet à l'âge de 70 ans. Il souffrait d'un cancer de la prostate et d'hypertension.
Comme son ami Robert Crumb, il avait secoué les comics américains, et contribué à fonder les bases d'une bande dessinée indépendante, qualifiée à ses débuts d'underground.
C'est en 1976 qu'il avait commencé à publier, en auto-édition, les premiers épisodes d'American Splendor, relatant en partie son quotidien en tant qu'employé dans un hôpital. Contrairement à ce que son titre ironique indique, American Splendor raconte la médiocrité, la lose au quotidien d'un personnage, double de Pekar, collectionneur de disques de jazz, bougon et hypocondriaque, qui traverse avec lucidité une époque marquée par la guerre du Vietnam.
Le travail empreint d'humour d'Harvey Pekar lui vaut d'être reconnu, puis admiré, par de grands noms de la BD, avec lesquels il collaborera : Robert Crumb, Gerry Shamray, Greg Budgett, Kevin Brown Gilbert Hernandez, Eddie Campbell, Hilary Barta ou Chris Weston ont successivement illustré les histoires d'American Splendor, dont nous avions chroniqué quelques épisodes :
"La moindre occasion, le plus petit tracas ou souci est source d'angoisse pour Pekar. Il croit que le monde entier en a après lui, que personne ne l'aime, qu'il n'arrivera jamais à accomplir les tâches les plus insignifiantes, et enfin qu'il perdra tous ses lecteurs dans les deux prochains mois et sera jeté à la rue. Ces angoisses hors de proportions font bien sûr de la moindre petite réussite un événement glorieux, un moment de bonheur... vite effacé par les nouvelles angoisses qui vont avec : peur que ça ne dure pas, peur de ne pas être reconnu, peur d'être insignifiant et mesquin."
L'année dernière, les éditions ça et là ont commencé à publier une anthologie des comics d'American Splendor qui ont rendu Pekar célèbre, et dont la traduction manquait encore en France (lire un extrait). Les éditions Cornélius viennent également de publier Harv'n Bob, une histoire illustrée par Robert Crumb. Il est temps de se replonger dans l'oeuvre d'un auteur de talent qui à force de se représenter comme un type détestable, a révélé son humanité et a gagné la sympathie - et la compréhension - de nombreux fans.
En 2003, American Splendor a été porté à l'écran par Shari Springer Berman et Robert Pulcini, avec Paul Giamatti dans le rôle de Pekar.
Lire aussi :
Graphic Novel, le dossier
Photo © NANA PRODUCTIONS/SIPA
Ni bande dessinée ni roman, Unearthing est le dernier projet de Moore, qui allie lecture et musique et paraît ce mois-ci sous forme de coffret (Lex Records). Des extraits ont déjà circulé : on peut y entendre Alan Moore lire un récit adapté d'un essai biographique sur Steve Moore, autre grand nom des comics avec lequel il a collaboré, pendant que Crook&Flail - duo composé d'Andrew Broder et de Doseone - l'accompagne avec une musique plutôt occulte, voire carrément flippante.
Pitchfork signale que d'autres musiciens ont collaboré au projet (Mike Patton de Faith No More, Stuart Braithwaite de Mogwai, Justin Broadrick de Jesu, Zach Hill de Hella). Outre un cd, un vinyl, et le livret des textes lus par Moore, le coffret dans sa version Deluxe contient également un EP d'instrumentaux, un fac-similé de manuscrit et des photographies faites par Mitch Jenkins. L'ensemble devrait plaire aux adeptes du gourou Moore. Oui, ceux-là mêmes qui ont déjà ou iront de ce pas réserver leur place pour assister à la performance en direct live.

Si vous avez eu l'occasion de traîner sur les blogs bd, à la recherche de strips marrants, voire à la limite du mauvais goût (dans le genre d'Ultimex), alors vous êtes peut-être déjà tombé sur La Bande pas dessinée de Navo qui, comme son nom l'indique, est une bd... sans images.
Loin de verser dans la théorie, comme a pu le faire par exemple un Jochen Gerner, Navo explique très simplement son "pas-concept" : il voulait créer un blog de bd, seulement il ne savait pas dessiner (faut-il le croire ?). Alors, pourquoi s'encombrer d'images ? Les strips de Navo se composent uniquement de bulles, et racontent efficacement des petites scènes qui font rire d'un rire très limite.
Voici quelques exemples, pour vous faire une idée : sachez que ce ne sont pas là les pires, Navo précisant lui-même dans un de ses épisodes que ses lecteurs aiment particulièrement qu'il se moque "des nains et des petits animaux morts". Blagues sur les nazis, blagues de cul, blagues sur son propre travail, blagues sur les Noirs, la guerre, les maladies, etc : inutile de demander à Navo s'il pense qu'on peut rire de tout (de toute façon, il vous enverrait chier). Allez plutôt consulter quelques strips au hasard sur son blog.



En tout cas, le pas-concept de la bande pas dessinée, lancée il y a maintenant 3 ans, a plu à Vraoum (label de l'éditeur Warum) qui en a édité un recueil, paru il y a quelques jours. Le catalogue de la maison propose d'ailleurs pas mal d'auteurs dans la même veine.
Lire aussi :
Ultimex, l'amour du mauvais goût
Le Fils d'Hitler : c'est drôle et ça la fout mal
Blaise, la bd qui nous fait rire de nous mêmes
Diaporama : les obsessions de Robert Crumb
Ils ont : des boutons sur la gueule, des hormones qui travaillent, des tendances suicidaires ou des rêves plein la tête.
Tantôt losers, tantôt rois du monde, les ados sont un sujet en or que la littérature, le cinéma, et d’autres arts ont largement su exploiter, qu’il s’agisse de poser un regard tendre sur cet âge particulier, voire déterminant, ou d’en reproduire la complexité.
De Daniel Clowes à Riad Sattouf, la bande-dessinée de ces dernières années (et notamment le roman graphique qui lorgne souvent vers l’autobiographie) a donné de nombreuses représentations – parfois emblématiques – de l’adolescence. Retrouvez-en quelques-unes dans notre diaporama consacré aux ados dans la bande dessinée.
Sur Flu :
Graphic Novel, le dossier
Petite histoire de la bd en images
Diaporama : les villes dans la bande dessinée
Logicomix retrace la quête des fondements logiques des mathématiques par tout un tas de logiciens ayant vécu entre la fin du XIXème et la première moitié du XXème siècle. C'est l'histoire de Ludwig Wittgenstein, Kurt Godel, Gottlob Frege... et d'autres philosophes morts avant qu'on ne soit nés.
La prouesse des auteurs de Logicomix, c'est de faire de cette quête un sujet plus passionnant (et au moins aussi compréhensible) que toutes les quêtes heroic-fantasy du monde.
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