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BD : actualité de la bande-dessinée et du roman graphique.
En images : des trésors de la BD à la Maison RougeAvec l’ouverture récente du Musée de la bd à Angoulême, c’est l’un des événements incontournables de l’été consacrés au 9e art : l’expo Vraoum ! à la Maison Rouge réunit de véritables trésors graphiques, qu’il s’agisse de planches originales (Trondheim, Eisner, Crumb) ou d’œuvres d’artistes inspirés par la bande-dessinée (Basquiat, Warhol, Erro…).
Grands classiques (Tintin, Peanuts) ou superslips, science-fiction ou érotisme, figures hype ou populaires… : l’exposition de la Maison Rouge, orchestrée par David Rosenberg et Pierre Sterckx rend compte de la riche diversité de la bd. La preuve en images, avec le DIAPORAMA DE L'EXPO VRAOUM !, qui relève le pari de réunir Bédé et art contemporain. Vraoum ! Trésors de la bande dessinée et art contemporain A la Maison Rouge jusqu’au 27 septembre 2009.
Lire aussi : Persepolis 2.0 dénonce le régime iranien Gainsbourg par Joann Sfar, après le film, la bd La Genèse de Crumb dans Télérama Toute l'actu des expos sur le blog arts Persepolis 2.0 : une nouvelle version de la bd dénonce le régime iranien![]() « 2.000 personnes ont été arrêtées et sont actuellement en détention » en Iran, a déclaré Karim Lahidji, président de la Ligue iranienne de défense des droits de l'Homme, à l'AFP. Comment en est-on arrivé là ? Une version réactualisée de Persepolis, la célèbre bd de Marjane Satrapi, entreprend de retracer très clairement les événements qui agitent le pays depuis la réélection supposée truquée d'Ahmadinejad.
Nous ne sommes plus en 1979 mais trente ans plus tard, en juin 2009. Ce n'est plus de la chute du Chah qu'il s'agit, mais de la réélection d'Ahmadinejad contre Moussavi. La résistance s'organise désormais sur Twitter. Les images restent mais le texte change. L'histoire est-elle destinée à se répéter inlassablement, les opposants à se taire ? C'est ce que semble dire ce Persepolis 2.0, édité par Payman & Sina, et qui invite tous leurs lecteurs à diffuser leur bd.
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Gainsbourg par Joann Sfar : après le film, la bd (ou presque)
Il faut dire qu'après Persepolis ou Les Beaux gosses les producteurs français doivent penser que les auteurs de BD indépendante sont bankables. De notre côté on constate surtout que la bande dessinée française est un petit microcosme amusant, où ce qui tient lieu "d'alternative" et de "BD d'auteur" dans les librairies fait au box office jeu égal avec le mainstream (le film Largo Winch, par exemple). Sfar, en tout cas, est le premier à qui l'on confie un film qui n'a rien à voir avec son oeuvre BD mais il n'oublie tout de même pas d'où il vient, et pour assurer la promo du film qui devrait sortir l'an prochain, il a demandé à son ami Mathieu Sapin (auteur du Journal de la Jungle et de Supermurge) de tenir un journal en BD du tournage. Les premières pages sont déjà lisibles sur le site du film et le résultat, avec ses traits d'encre noir griffonnés et ses lavis de couleurs approximatifs fait beaucoup penser à... du Sfar. Que le maître ait été trop occupé importe peu, c'est presque du Sfar et c'est sur Sfar, ça devrait suffir aux fans.
Lire aussi : La Genèse de Crumb dans Télérama La Genèse de Crumb dans Télérama : premières impressions Le premier extrait de la Genèse selon Robert Crumb a été publié dans Télérama et on peut enfin se faire un début d'avis sur l'objet de tant de spéculations.
La première chose qu'on apprend, c'est que les quelques pages publiées par Télérama à chaque numéro ne seront que des morceaux choisis : l'album qui paraîtra en octobre (Denoël Graphic) comptera 202 pages et Télérama ne commence même pas au début, avec la création de la Création, mais avec l'un des épisodes les plus vendeurs, celui d'Adam, d'Eve et du fruit défendu.Crumb le précise lui même dans l'une des citations qui émaillent le portrait qui accompagne la BD pour l'occasion, il était parti pour dessiner une version satirique d'Adam et Eve jusqu'à ce qu'il réalise à la lecture de la Genèse que celle ci résistait à la parodie. Trop bizarre, mystérieuse et puissante : Crumb s'est alors embarqué dans ce qu'il désigne comme un simple travail d'illustration. A la lecture des premières pages, c'est bien tout ce qu'il en ressort et on se demande bien où est l'auteur dans cette illustration sans personnalité du Texte.
Puis vient le Serpent, créature semi-humaine dont la séduction et la symbolique deviennent plus qu'évidentes à travers le dessin de Crumb. Puis Dieu se met en colère, ses malédictions sont bizarres et misogynes, ses traits de patriarche Charlton-Hestonesques sont déformés dans une expression mesquine et terrible. Finalement, cette lecture de la bible est toute crumbienne mais bien plus subtile que ce à quoi l'auteur des BD joyeusement misogynes et racistes des 60's nous avait habitué. Lire aussi :
Des auteurs de bd lancent un manifeste en faveur du webcomics![]()
Aujourd'hui 18 juin, un appel vient d'être lancé : des auteurs de bd, réunis autour du site Webcomics, entendent faire découvrir à un maximum de lecteurs la bande-dessinée en ligne.
Plateforme gratuite permettant aux auteurs confirmés ou amateurs de diffuser leurs oeuvres, Webcomics, avec son interface très simple d'utilisation, propose donc de tout : à chacun donc de faire son choix parmi les différents genres : récit, humour, autobiographie... Le Manifeste du 18 juin, lui, n'a qu'une ambition : inviter les lecteurs à profiter de la bd numérique, qui, nous le savons, a l'avantage d'occuper tous ceux qui vivent mal les heures creuses de leur journée au bureau... Voir également sur Fluctuat : Lord of light, le roman qui ne reste qu'un roman Le journal Pilote revient avec un numéro sexy La Bible satirique de Robert Crumb dans Télérama
Lord of Light, le roman qui ne reste qu'un roman![]() "Lord Of Light" c'était, à la base, un excellent roman de science fiction bouddhiste de Roger Zelazny. Aujourd'hui, ça n'est toujours que ça mais ce n'est pas faute d'avoir essayé de l'adapter en film.
A la fin des années 1970 l'écrivain et inventeur Barry Geller arrive à Hollywood bien décidé à réaliser une adaptation cinématographique du roman de Zelazny. Pour ce faire, il embauche le roi des comics, Jack Kirby, qui dessine pour lui des décors complétement fous. Plutôt que de dire "c'est trop, on arrivera jamais à construire ça" comme n'importe quel homme sensé l'aurait fait, Geller s'enthousiasme et suggère à Kirby d'utiliser ses dessins comme la base d'un parc d'attraction dans le Colorado qu'il appellerait Science Fiction Land et qui serait bâti sous un dôme géodésique de plus de 700 mètres de haut. Geller avait tout de même réussi à réunir quelques millions de dollars pour financer tout ça quand son assistant a été arrêté pour avoir détourné ces fonds. L'histoire de Geller s'arrête là, mais pas celle du film puisque le script et les dessins de Kirby seront utilisés plus tards par des agents de la CIA qui délivreront des otages après s'être fait passé pour des producteurs hollywoodiens venus à la recherche d'un lieu où tourner ce film au budget colossal. La réalisatrice Dian Bernard a l'an dernier entrepris de tourner un documentaire plutôt prometteur sur toute cette histoire, et elle en a même montré un peu sur un blog consacré au projet en septembre dernier mais aujourd'hui, c'est le silence radio. Le projet LOL serait donc à nouveau tombé à l'eau ?
Lire aussi : Le journal Pilote de retour pour un numéro sexy Le journal Pilote revient pour un numéro sexy![]() Le magazine de bande-dessinée Pilote, également appelé depuis 2003 « le journal qui s'amuse à revenir » en raison de l'irrégularité de sa parution (3 numéro en 5 ans), change de surnom pour son prochain numéro et devient : « Pilote, le magazine qui va et qui vient »... Non, votre concupiscence ne vous joue pas des tours : la référence est bien sexuelle, puisque ce nouveau numéro - parution le 25 juin - fête les 40 ans de 1969 en jouant la carte de l'érotisme. De nombreux auteurs de bd se sont donc amusés avec le sujet : Alex Varenne (qui a signé la couverture), Moebius, Milo Manara, Blutch, Manu Larcenet, Claire Bretécher, Bastien Vivès, pour n'en citer que quelques-uns... Source : Bodoï La Bible satirique de Robert Crumb dans Télérama
Le New Yorker a récemment révélé les premières pages de la BD qui permettent de se faire une assez bonne idée du bouquin : il s'agit d'une adaptation fidèle du texte original, pleine de citations directes, qui devrait pourtant fournir de quoi se fâcher aux juifs, chrétiens et musulmans. Le dessin de Crumb apporte en effet une dimension satirique féroce au texte original, révélant une vision de Dieu assez semblable aux personnages les plus déjantés de Crumb comme Mr Natural ou Crumb lui même. Le Créateur y apparaît comme un personnage colérique, vindicatif, manipulateur... Robert Crumb aurait découvert dans les premiers épisodes de la Bible un équivalent à son imaginaire bizarre et sombre, de quoi nous faire peur sur les fondements de nos sociétés. Astro Boy contre l'édition française !
Malheureusement, l'aspect primitif des premiers mangas réalisés par un auteur encore très influencé par Walt Disney et les comics strips d'avant guerre, ajouté à une adaptation médiocre, n'aura pas séduit les fans d'Akira et Dragon Ball et après une douzaine de petits volumes, la publication s'arrête, loin encore des trente deux volumes japonais. Ces douze volumes sont aujourd'hui épuisés et pendant quelques années, on en est resté là d'Astro en français.
Il y a quelques mois, c'est Kana qui décide de reprendre le flambeau, peut-être parce que Tezuka est plus à la mode aujourd'hui (l'éditeur Asuka a pu déjà reprendre avec succès Blackjack, une autre oeuvre de Tezuka abandonnée par Glénat), peut-être aussi parce que plus tard dans l'année sortira dans les salles une adaptation américaine en 3D des aventures d'Astro. On était prêts à saluer l'initiative de Kana jusqu'à ce qu'on se rende compte que l'éditeur ne prévoit de publier que cinq gros volumes des aventures d'Astro, frustrant notre désir d'exhaustivité avec une sélection des "meilleures" histoires. Au final, on n'aura pas plus à lire en quantité qu'à l'époque de Glénat mais heureusement, l'adaptation est d'une meilleure qualité.
Reste qu'on ne peut toujours pas lire comment Tezuka a graduellement introduit des thèmes humanistes et politiques dans ce qui n'était qu'un manga d'aventure et de science fiction pour enfant curieusement violent. Bien sûr, une telle lecture demanderait un travail d'édition assez complexe, l'auteur étant plusieurs fois dans sa carrière revenu sur son propre travail pour modifier les origines d'Astro, quand il ne le tuait pas pour en finir avec lui, avant de le ressuciter quelques temps plus tard sous la pression du public, sans grand soucis de cohérence narrative. On peut heureusement espérer qu'à l'avenir un éditeur ressucite une nouvelle fois Astro à la demande du public et nous donne enfin l'édition exhaustive et commenté qu'il mérite. Le diaporama de l'exposition Art SpiegelmanMondialement connu pour sa série Maus, Art Spiegelman n'est pas seulement un graphiste et un conteur de génie, mais également à l'origine de la grande révolution des Comics américains. L'exposition Art Spiegelman présentée à la Galerie Martel (du 5 juin au 11 juillet) cherche à rétablir toute les facettes de cet artiste engagé.
Des illustrations de presse provocatrices aux croquis restés secrets, les oeuvres présentées à la galerie Martel retracent un parcours complexe et exceptionnel. Voici un diaporama consacré à Art Spiegelman. Exposition Art Spiegelman. Galerie Martel, du 5 juin au 11 juillet 2009. Vernissage jeudi 4 juin en présence de l'artiste.17, rue Martel - Paris 10e Plus d'infos sur le site de la galerie Martel Pourquoi les lecteurs de bd préfèrent-ils les cartoons ?![]() C'est une intuition que beaucoup ont depuis longtemps et qu'on attribue généralement à Scott McCloud qui l'a formulée dans L'Art Invisible : le lecteur de bande dessinnée s'identifie plus facilement à un personnage dessiné de façon "cartoonesque" qu'à un personnage dessiné de façon "réaliste".
Des chercheurs australiens ont récemment mis à l'épreuve cette théorie en analysant l'électro-encéphalogramme de cobayes à qui ils donnaient à lire une bédé racontant l'affrontement de deux super héros, chacun étant alternativement dessiné de façon cartoonesque et réaliste. Les électro-encéphalogrammes ont confirmé l'intuition de McCloud : les lecteurs montraient plus d'empathie pour le personnage "cartoonesque".
Comment expliquer ça ? Nombreux sont ceux qui estiment que la simplicité du trait nous permet de "remplir" le personnage avec des détails de notre imagination. Ils présument donc que nous les "remplissons" forcément de détails sympathiques. Cette théorie est insatisfaisante : je n'ai jamais eu l'impression de projeter sur un personnage cartoonesque des traits qui n'y étaient pas. Ces personnages sont généralement plus expressifs et n'ont pas besoin qu'on vienne leur ajouter quelque chose qu'ils n'ont pas déjà. Un cartoon met délibérément l'emphase sur certains traits d'un personnage et laisse finalement moins de place à l'imagination. Le lecteur se reconnaît donc plus dans un ou deux traits de personnalité caricaturés que dans une myriade de détails qu'il ne partage pas forcément.
On peut raisonnablement extrapoler cette expérience et en faire une application plus générale. Et si les lecteurs de prose préféraient eux aussi les personnages simples, cartoonesques ? Un roman psychologique c'est bien, mais un Marc Lévy, ça vend mieux. A vrai dire, et sans être sarcastique, on peut écrire de grands livres avec des personnages très simples. Pour rester dans le monde de la BD, Peanuts en est la parfaite illustration : une poignée d'enfants définis par deux ou trois traits de personnalité qui intéragissent pendant cinquante ans d'une façon tout ausi cartoonesque que celle dont ils sont dessinés, c'est un chef d'oeuvre. Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ?
Sin Titulo : la bd à suspense qu'il faut lire...![]() Nominé en 2007 aux prestigieux Eisner Awards pour The Other Side, une bd traitant de la guerre du Vietnam, le canadien Cameron Stewart a également fait ses preuves en matière de suspense. Depuis juin 2007, il publie sur le site Transmission X un polar, Sin titulo ("sans titre"), qui mérite d'être découvert à l'occasion de sa traduction par Random sur Webcomics. Ça se lit comme on regarde une série : c'est par ici.
Entretien avec les Frère Luna, prodiges de la BD américaine A 28 et 31 ans, les frères Luna sont des prodiges de la bande dessinée US. Révélés par la rafraîchissante saga Ultra, puis par l'incroyable Girls, l'un des comics les plus hypnotiques de ces dix dernières années, Joshua (scénario) et Jonathan (dessin) ont démarré, il y a tout juste un an, une nouvelle série remarquable chez Image : The Sword. En attendant qu'elle paraisse en France, nous avons demandé aux Frères Luna de nous parler de leur style inimitable, de la façon dont ils se jouent des codes superhéroïques, et de Fluctuat : Vous avez une petite trentaine d'années maintenant et vous écrivez depuis 10 ans des albums très matures, très sombres, avec des intrigues super élaborées, à commencer par Ultra. Qu'est-ce qui vous a orienté si tôt vers ces thèmes : la jalousie, la mesquinerie, le sexe ? Joshua : Je ne pense pas qu'il y ait un âge requis pour écrire de bonnes histoires. Il faut considérer un créateur dans sa globalité, pas juste pour son âge, qui ne veut pas dire grand-chose. L'un de nos parents était militaire. On a donc pas mal déménagé de villes en villes, changé de pays, de continent même. En un sens, on a eu une enfance unique, mais je crois surtout qu'on a trouvé de l'intérêt dans ces thèmes parce qu'ils nous concernent tous. Il se trouve juste qu'on aime dessiner et écrire des histoires et que, du coup, on s'est mis à les jeter sur le papier. (...) |