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Ici on parle des écrivains qui parlent d'eux-mêmes.

Grégoire Bouillier : Jeu, tu, il...

Posté par Céline le 12.03.08 à 10:34 | tags : autofiction, autobiographie
Quatre ans après la parution de L'Invité mystère, son deuxième roman, Gregoire Bouillier revient avec une nouvelle : Cap Canaveral. Celle-ci figure dans le recueil 10 Ans, 10 auteurs, 10 nouvelles de J'ai Lu - qui fête avec cet ouvrage les 10 ans de la collection nouvelle génération - mais paraîtra également dans une version plus achevée chez Allia, qui avait déjà édité ses précédents romans.

Grégoire Bouillier est un auteur qui revendique sa liberté. Qui souhaite créer un espace littéraire nouveau, affranchi de ces conventions qui veulent absolument scinder en deux la littérature, entre autobiographie et fiction. Le modèle incontournable de cette conception de la littérature, c'est assurément Michel Leiris, auteur de L'âge d'homme, et auquel Bouillier fait volontiers référence dans ses textes.

Dans un entretien avec Fluctuat, Grégoire Bouillier nous fait un nouveau rapport sur lui... sur ce qu'il écrit surtout.

On attendait de vos nouvelles depuis quatre ans. Pourquoi une aussi longue absence ?

Gregoire Bouillier : J'étais simplement occupé ailleurs. Faire les choses à mon rythme est une liberté à laquelle je tiens et je me suis arrangé pour n'avoir aucune pression du côté de l'écriture. C'est mon luxe. L'idée de pondre chaque année à la même période un bouquin, comme si le principe créatif s'effaçait au profit d'une logique de production, m'ennuie d'avance. Cela me fait penser aux impôts, qui tombent toujours à la même période.

Lire la suite de l'entretien

 

Fluctuat vous propose de gagner des exemplaires du recueil 10 Ans, 10 auteurs, 10 nouvelles :

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Doc Gynéco et l'autofiction

Posté par Myosotis le 27.11.06 à 11:39 | tags : autofiction, elucubration, shopping, loufoque

La rumeur d'une liaison entre Doc Gynéco et Christine Angot est allée jusqu'à s'inviter en couverture de la presse people. La rencontre se serait produite à Brive lors de la Fête du Livre, où le rappeur et l'écrivain auraient partagé un verre, en compagnie d'autres invités, avant de se lancer dans une série de danses sexy, puis de.... repartir ensemble. Sur l'une des photos publiées dans la presse, on voit, à genoux, le gros Doc en train de pratiquer (c'est net) un cunnilingus par la fermeture éclair du jean du Pape de l'Autofiction.  Depuis, les deux célébrités ne se quitteraient plus, ayant été aperçus ensemble à moultes fêtes de la Belle Société parisienne. Après son Rendez-vous de l'année dernière dont la meilleure critique se trouve ici http//www.chronicart.com/livres/livres_fictions.php3?id=10143, on peut se demander, s'il y a un fond de vérité là-dedans, ce qu'il va advenir de l'autofiction à la française ? Doc est-il un bon coup ? Christine aimera-t-elle enfin au delà de son cercle confessionnel ? Le style Angot inimitable sera-t-il modifié par la fumette ? Quel est l'effet du cannabisme passif sur l'autofiction ? Pourquoi aimer un homme à femmes ? La rumeur, pernicieuse, aurait-elle encore frappé, motivant un Pourquoi Brive (après Pourquoi le Brésil) pas piqué des hannetons. En attendant, on attend le prochain livre de Dame Christine avec une certaine impatience.

 

 


Lorette Nobecourt en grande forme

Posté par Easywriter le 31.08.06 à 11:22 | tags : roman, autofiction, rentrée littéraire
" Si la littérature n'est pas au service de la vie, elle ne m'intéresse pas tellement. Je ne parle pas seulement de l'écriture mais de la lecture. Je lis énormément pour comprendre quand même, deux, trois bricoles sur la vie avant de mourir. Je crois qu'il y a un phénomène de bascule : il y a un état de désespoir qui à un moment donné est tel qu'il bascule dans la joie, et donc forcément le rapport au monde s'en trouve changé et, forcément, le rapport à l'écriture change aussi. C'est dès lors évident que mon travail n'est pas le même".

Comme on a un peu tapé par ricochet sur les Inrocks il y a peu, saluons l'intéressant entretien avec Lorette Nobécourt publié cette semaine par ce magazine. Pour son grand retour, la romancière publie un livre optimiste (si si) qui tranche sévèrement avec la prose révoltée mais presque glauque qui lui valut un succès d'estime il y a une dizaine d'années. Moins dans l'autofiction que dans la fiction désormais, Nobecourt a trouvé un second souffle qui manque à Christine Angot.

Dans le mag : Christine Angot/Lorette Nobecourt , lecture comparée.
En nous la vie des morts, Grasset.

Michel Houellebecq extension du domaine de l'exaspération

Posté par le 23.08.06 à 16:03 | tags : autofiction, michel houellebecq
Le 11 août, le groupe Lagardère, réagissait au premier billet du blog de Michel Houellebecq. Le dir com du groupe a confirmé certains éléments d'une affaire qui s'annonce pas trés claire : l'existence d'un "malentendu", la volonté de conserver Houellebecq dans l'écurie Hachette, le désintérêt du groupe dans le domaine cinématographique, leur soutien à la nouvelle boîte de production qui a hérité du bébé.

Pendant ce temps-là, le blog de Michel s'étoffe et tient fermement au pacte passé dans son billet initial (et dans le titre du blog) : est-ce une entreprise de destruction par l'écrit ? Une reconstruction de la figure égotiste d'un écrivain manipulateur ? Un parcours vers le silence ? Suspense. Déboulant sur le net, dans les salons de la rentrée littéraire, il n'est jamais aussi présent qu'en face de ses absences. En dosant name dropping (Claude Durand, Eric N, Frédéric Beigbeider), désillusions intimes et autre chose, l'auteur parvient à une autofiction flippée et en mouvement. On devine des similarités avec certains incipit de Lovecraft ; ceux où le narrateur entreprend de témoigner sur son existence après avoir irrémédiablement franchi dans sa chair les frontières d'une existence humaine à cause d' un truc intellectuellement horrible et généralement non-euclidien.

J'entreprendrais bien, ici-même, une analyse de texte brillante pour participer enfin au deuxième colloque de recherche organisé à Amsterdam autour de son Monde, mais comme spécifié sur son site, leur "reproduction" est "soumise à autorisation préalable". Comme dans la vraie vie ?

En tout cas, on vous attend sur les forums pour en parler.


Christine Angot donne rendez-vous

Posté par Easywriter le 22.08.06 à 09:21 | tags : autofiction, extrait, flammarion, rentrée littéraire
"- Mais pourquoi je serais partie ? Non j'étais au japonais.
- Je ne sais pas pourquoi tu serais partie. Mais parfois il y a ça dans tes livres, tu t'ennuies, tu es énervée et tu pars.
- Pourquoi j'aurais été énervée ?
- Je ne sais pas. Je ne sais pas pourquoi je me suis dit ça. Je ne sais pas. Comme je t'ai vue passer tout à l'heure et qu'après je ne t'ai plus vue, je me suis demandé.
- Oui je t'ai vu déjeuner, avec...
- Avec ma femme."
Erm. Voilà voilà. Dans Rendez-vous, Christine Angot répond aux sollicitations d'un homme qui lui a fait parvenir une lettre touchante. Toujours cette langue crue qui autrefois nous a réellement bouleversé mais nous gonfle depuis un moment déjà. Rendez-vous sera t-il l'ouvrage de la rédemption ? Christine Angot a t-elle mieux vieilli que Lorette Nobecourt ? Est-ce qu'on en a quelque chose à foutre ?
Toutes les réponses à ces pressantes questions, dans le mag, très vite.
Mise à J : Angot / Nobecourt au feminin singulier
Rendez-vous
Christine Angot
Flammarion

L'été sera chaud, l'été Sarko !

Posté par le 04.08.06 à 13:53 | tags : autofiction, best-seller
Sarkozy
 - regarde l'autre cake. semble dire Steve mc Queen à Dustin Hoffman.

Août 1970, on emmenait Papillon d'Henri Charrière à la plage, un best-seller inattendu : le quotidien d'une forte tête dans le bagne de Cayenne. Tiré d'une histoire vraie, un peu réarrangée pour les besoins de l'autofiction, le roman d'Henri Charrière joue sur la sincérité de Papillon, l'homme révolté, le double fictionnel, en rupture avec un système qu'il cherche à fuir. Appuyé par une le système de distribution du livre naissant et efficace, Papillon est vite présent chez le moindre libraire.  Adapté à l'écran en 1973, avec Steve Mc Queen et Dustin Hoffman, le livre se vendra à 17 millions d'exemplaires à travers le monde.

En 2006, les Français auraient choisi Témoignage de Nicolas S. comme compagnon de vacances : déjà quatre réimpressions soit 275 000 tirés selon son éditeur (et vendu à 50 000 selon les manifestants) et une place en tête des ventes de la catégorie Essais de l'Express, dès la semaine de sa sortie. Pari réussi pour XO éditions qui parvient à faire d'un livre politique un succès de librairie. Tiré d'une histoire vraie, un peu réarrangée pour les besoins de l'autofiction, le best seller de Nicolas S. joue sur la sincérité et les espoirs de changement de Nicolas, l'homme de la rupture, le double fictionnel, en révolte avec un système qu'il cherche à contrôler. Appuyé par une politique de distribution rôdée et aggressive, le systême de l'office, le livre se retrouve avant sa sortie présent chez tous les libraires. Malheureusement, Dustin Hoffman aurait décliné le rôle.
                                                                                                              

Papillon, d'Henri Charrière (1969 - Robert Laffont)
Témoignage, de Nicolas Sarkozy (2006, XO éditions)

Erik Rémès ou la position de l'homo debout

Posté par Myosotis le 26.06.06 à 10:07 | tags : web, livre, autofiction, sexe et littérature, autobiographie

Je n'aimais pas tellement la gay pride lorsque j'habitais Paris car j'étais perturbé, comme beaucoup d'hétéros (?), par la présence dans le métro ou la rue des homos les plus visibles et les plus laids, qu'on ne voyait qu'à cette occasion, ceux qui ont du poil aux pattes et portent des shorts de cuir noir moule-organes. La présence de ces types m'a toujours fait flipper et me méfier de cette manifestation. Cela m'est resté.
Du côté des écrivains gay, après la disparition de Guillaume Dustan, je continue d'accorder pas mal de crédit à Eric Rémès, écrivain et ancien journaliste de 41 ans, qui sans être tout à fait sur la même ligne que Dustan, qui a été son premier éditeur n'en est pas si éloigné. Son écriture est précise et ses positions bien marquées. Rémès a fait parler de lui avec son roman Serial Fucker, accusé de faire l'apologie du bareback, ce qui n'était pas du tout le cas. Dernièrement, Rémès, et il  vaut mieux aller le lire que d'en causer pendant des heures (je ne veux pas dire trop de conneries sur une littérature dont je ne suis pas un spécialiste), a retravaillé son site et l'a enrichi d'extraits (les 2 premiers chapitres) de son prochain roman  Amour Kannibal (!) dont je reproduis ici le 4ème de couverture :

"J’ai commencé par les animaux. Éventrer – étriper – dépecer : je me masturbe toujours en pensant à cet continuité de mouvements, toujours forts excitants. Lorsque arrive la puberté, vers l’âge de douze ans, pervers, un nouvel élément vient s’insinuer dans mon fantasme et l’idée de manger finit par s’ajouter tout naturellement à mon rituel. Pendant des années, j’ai rêvé de consommer de la chair humaine, sans jamais me laisser aller à le faire, sans même oser penser que cela puisse vraiment se produire un jour. C’est très difficile de devenir un homme libre, de se débarrasser de ses peurs et de ses préjugés. Et peut-être même n’est-ce pas totalement souhaitable. Si ce n’est que moi, je l’ai fait".

Journal d'un cannibale.  Erik Rémès. A suivre sur le site de l'auteur.

Serial fucker. Editions Blanche


Ta dissert' sur l'autofiction

Posté par Myosotis le 17.02.06 à 00:30 | tags : autofiction

La phrase du jour retrouvée par hasard ce matin en rangeant des papiers, inscrite sur un post-it et qui semblait venir de nulle part. De qui est-elle ? Mystère mais peu importe. J'aurais bien aimé l'avoir en renfort pour ma dissertation sur le roman français du XXe siècle de 1994.
"Avoir du style, c'est dire je à toutes les personnes."
Ca me semble toujours une bonne charge facile mais valable contre l'autofiction. Un plaidoyer efficace pour la polyphonie et la fiction contre l'autofic'. Pourquoi dire "je" et seulement "je", quand un "il" peut se faire entendre pareil et tellement mieux par tous ? Mais peut-être est-ce que cette phrase ne veut pas du tout parler de ça et que je l'ai mal comprise. Avis aux amateurs et exégètes...
(illus. Christine Angot)


Angry Patriotic Bastard : l'Amérique est ici

Posté par Myosotis le 07.02.06 à 13:04 | tags : web, livre, autofiction
Pas facile de se faire son point de vue américain quand on a jamais mis les pieds ou vécu plusieurs années en Amérique. La dernière campagne électorale et le traitement médiatique régulier de la "chose atlantique" ont depuis longtemps épuisé pour nous le sujet, nous vendant grosso modo deux pays en un : l'un débile, teendéveloppé et pro-Bush ; l'autre mature, subtil, proche de la vieille Europe et libre dans sa tête. A défaut de répondre précisément à la question "Qu'est-ce qu'être américain ?", Angry Patriotic Bastard, site personnel d'un Américain dit "moyen", témoigne qu'au sein-même d'un individu (moyen donc, comme vous et moi), les deux mondes se rejoignent, se fécondent et s'affrontent. Hilarant, souvent pertinent, l'Angry Fucking Bastard est peut-être le reflet le plus juste qui soit du pays : choquant, réactionnaire, incompréhensible de notre point de vue, mêlant racisme, ultranationalisme et un formidable souffle de liberté. AFB est anti-Britney, pro-guerre en Irak, anti-intellectuel primaire, intello lui-même, pro-lobby des armes à feu, pro-avortement, etc. Ses analyses et ses articles sont formulés à la truelle, lancés au bazooka mais toujours fulgurants. Qu'on se le dise, l'Amérique est là et pas ailleurs, entre l'intelligence brutale et la sensibilité exprimée dans Patriotism is My Motor, Testosterone my Fuel, le roman couillu bouillant de Dustin Green, vendu sur le site. Une horreur d'autofiction (à l'américaine, rassurez-vous) qui fait penser à une fusion de Kerouac et de Vollmann, une synthèse populo d'Ellis et de Burroughs. Si vous ne trouvez pas ça bien, osez le dire à l'auteur (illus.).




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