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Autobiographie : tout savoir sur la vie des gens, racontée par eux-mêmes.
Geraint Anderson (et les autres) : quand les traders prennent la plume Quelques mois après la sortie du Das kapital de Viken Berberian (voir l'entretien sur Fluctuat), plusieurs titres récemment publiés s'attachent à décrire un monde des affaires avide, malhonnête, décadent jusqu'à la caricature. Après la chick lit, la biz lit ?En janvier dernier, on avait donc déjà eu droit à Das Kapital (Gallmeister), roman prophétique révélant les coulisses de la Bourse américaine, mais aussi à Un trader ne meurt jamais, de Marc Fiorentino (Robert Laffont) - là le titre est assez éloquent. La tendance très business des parutions se poursuit : avec Geraint Anderson notamment, ce financier repenti découvert sur Arte (Tracks) il y a quelques temps déjà, et dont le livre City Boy - Confessions explosives d'un trader repenti, vient de paraître en France aux éditions Balland. Avant de publier ce livre et de quitter son job, Anderson balançait déjà pas mal sur le monde de la finance, via des chroniques qu'il publiait sous le nom de CityBoy dans un journal gratuit (The London Paper). Cocaïne, débauche, zéro scrupule : l'ex-analyste financier nous décrit les traders comme on aime les imaginer depuis American Psycho, et comme, visiblement, il sont pour de vrai... Dans le même genre, on trouvera également aux éditions Max Milo Le Loup de Wall Street, ou l'autobiographie de Jordan Belfort, un requin de la finance au parcours si trépidant que Scorsese en fera l'un de ses prochains films. Belfort est un magnat de la bourse, doué pour l'escroquerie, qui est allé si loin qu'il a fini arrêté par le FBI. Au rayon français, le témoignage de Kerviel n'étant pas encore prêt, on pourra signaler les Confessions d'un banquier pourri, livrées par "un ancien dirigeant d'une grande banque française" qui se cache derrière le pseudo "Crésus". Ce dernier promet de tout nous dire sur le krach de septembre 2008, sur la faillite de la banque Lehman, sur le système abject des établissements bancaires... Bien noter que tous ces ouvrages sont présentés comme de véritables témoignages. De l'argent (plein d'argent), du scandale (gros scandales) : on sait que dans le monde des affaires, la pure (triste) réalité dépasse la fiction. Phase 7 : la bédé, c'est ingrat !![]()
Créer une bande dessinée est le travail le plus ingrat qu'il soit. Ou pas loin. C'est l'impression que laisse la lecture de nombreuses BD autobiographiques. Les enfants chinois qui travaillent avec un fusil dans le dos à la confection des produits qui nous rendent heureux tous les jours auraient peut-être quelque chose à redire, mais le dessinateur de bédé a assurément besoin de beaucoup d'abnegation, d'énergie et simplement de temps, en tout cas bien plus que ses amis peintres, romanciers ou cinéastes (sans même parler de ces gros flemmards de photographes). Phase 7 d'Alec Longstreth est donc encore une de ces bédés qui retrace l'histoire de son auteur avec la bédé, de comment il est tombé dedans parce qu'à l'école il était le geek de service, et de comment il a canalisé ses tendances obsessionelles dans la production de petits dessins dans de petites cases qui s'enchaînent par centaines, par milliers. Ce qui vraiment lui permet de se distinguer, c'est que jamais Longstreth ne se plaint. Il est dur à la tâche, motivé comme personne et il se dégage de ses dessins une fraîcheur et un enthousiasme qui change du misérabilisme d'un Joe Matt ou d'un Chris Ware. Et tout ce travail paye : les premières pages de Phase 7, tirées des premiers minicomics de l'auteur, sont d'un amateurisme que tout le travail du monde ne pourrait masquer mais petit à petit, l'application de l'auteur porte ses fruits et le trait se fait plus assuré, plus juste, les personnages moins raides et la mise en scène beaucoup moins laborieuse... L'ironie dans tout ça, c'est que si Alec Longstreth travaille beaucoup, beaucoup sur son graphic novel "Basewood" depuis déjà plusieurs années, il n'a encore accompli qu'un tiers de sa tâche, et personne n'a jamais lu de lui que ces mini-comics moins ambitieux qui parlent principalement de ses ambitions, et de tout le travail qu'il met dans ce graphic novel que, s'il devait mourir demain, personne ne verra peut-être jamais. Quel travail ingrat !
Lire aussi : Ruppert et Mulot font leur bordel sur le web et à Angoulême Que reste-t-il de L'Association en 2009?
Le jour où Ballard est mort
Ballard ne compte pas ici et assez peu ailleurs qu'en Angleterre où il est possible que même le grand public en ait déjà entendu parler une fois ou deux. Le jour où Ballard est mort, je serai simplement paumé et en train de vivre une nouvelle expérience : la première mort d'un écrivain dont je me considère le contemporain, et même s'il est né en 1930, et dont j'aurai pu guetter la sortie des livres en temps réel, dont j'aurai lu et vu l'évolution à quelques mois de distance, celle qui sépare l'écriture de la publication. Je n'aurai jamais connu ça avant : la disparition d'un maître (quel sale mot), d'un seigneur des lettres, d'un prince de la fiction, d'un pape de l'anticipation. Je n'irai pas aux funérailles (trop loin, trop cher), je n'honorerai pas sa mémoire. Je ne le connais pas. Je n'enverrai pas un carton à sa famille. Je ne connais pas son adresse. Le jour où Ballard est mort, je serai seul avec ses héritiers pour lire le futur. Il le faisait pour nous avec souvent un temps (deux temps, trois temps) d'avance et mieux que tout ce que nous pourrions faire par la suite.
Le jour où Ballard est mort, il y aura un trou dans le ciel et le présent tombera dedans. Je publierai, si je suis encore ici, un post blanc (ce que je n'ai jamais fait) sans un mot, sans titre et tout le monde (enfin, ceux qui seront encore là et s'en souviendront) saura que c'est de cela dont il s'agit. Les autres penseront à un bug informatique, ce qui reviendra au même. Des boussoles seront déposées sur le sol en signe de respect. Elles n'indiqueront plus le Nord, pendant un quart de millionième de seconde, elles n'indiqueront plus le Nord, cela ne se remarquera pas tant le laps de temps sera bref, elles indiqueront le ciel, le soleil, n'importe quel astre idiot auquel instantanément et dans un de ces réflexes primitifs dont il nous avait appris l'expérience, nous, les hommes modernes associons le départ de quelqu'un qu'on aime. Le jour où Ballard est mort, je serai seul avec les enfants. Peu de gens savent que Ballard a perdu sa femme très tôt et a élevé seul ses trois enfants, parmi les livres et les meubles. L'histoire ne dit pas s'il bénéficiait des services d'une nounou à domicile, s'il avait une femme de ménage qui, de temps à autre, pouvait le surprendre en train de travailler. Personne ne lui a jamais posé cette question. Si le jour où Ballard est mort ne s'écrit pas correctement ("le jour où Ballard sera mort", commande la Grammaire), c'est parce que ce jour est proche. The Miracles of Life, son dernier livre sorti il y a quelques mois en Angleterre, est l'une des plus belles autobiogaphies d'écrivain vivant qui soit. Il n'y a pas un mot de trop. Vers la fin, Ballard parle de la maladie qui va l'emporter : un cancer de la prostate qui épargne... la prostate mais s'est déjà emparé des os. Ballard est soigné par un médecin qui ne ressemble pas du tout aux médecins de ses livres (et heureusement), ce qui lui a permis de tenir jusqu'ici et de boucler ce retour sur sa vie. Les Miracles risquent d'être son dernier livre. Le jour où Ballard est mort aurait déjà pu se conjuguer au passé, si la science n'était venue à la rescousse. Elle lui devait bien ça après toutes ces années de bons et loyaux services. Le jour où Ballard est mort, le monde ne frissonne pas. Il ne fait ni plus chaud, ni plus froid. Il ne pleut que si des gouttes argentées venues des nuages deviennent plus lourdes que l'air. Le jour où Ballard est mort, rien ne change. Peut-être est-ce qu'il y a juste un peu moins de vent, moins de souffle. Certains le ressentiront. La plupart ne remarqueront rien. Le jour où Ballard est mort est un autre jour. Le jour où Ballard est mort, nous non. Regarde toujours la vie du mauvais côté
C’est une chose de lire les histoires de Jimmy Corrigan ou Quimby The Mouse et voir Ware peindre des personnages parfaitement pitoyables, c’en est une autre de retrouver le même misérabilisme dans son autoportrait. C’est que les carnets de dessins de Ware sont bourrés de croquis pas toujours intéressants visiblement réalisé surtout quand il n’avait vraiment rien d’autre à faire, d’où une multitude de portraits d’inconnus attendant à l’aéroport, d’amis vus de dos en train de conduire et de paysages urbains probablement observés depuis un arrêt de bus.
Pour en savoir plus sur le Graphic Novel, lisez le dossier spécial sur Flu
The Acme Novelty Library Date Book Vol. 2 1995-2002 Oog & Blik Aharon Appelfeld : l'école de la sérénitéParmi les écrivains israéliens invités au salon du livre, il y aurait comme une distinction à faire entre la Nouvelle et l'Ancienne génération. Les p'tits jeunes, ce sont des Etgar Keret, Orly Castel-Bloom, Zeruya Shalev, dont le travail n'est pas de prendre nécessairement pour thème central l'histoire conflictuelle de leur peuple. Aharon Appelfeld, lui, relève assurément de la tradition des anciens. D'ailleurs, il fait partie de ces vétérans dont le port du béret impose le respect. Dans un entretien paru sur Bibliobs, il reconnaît aimer ces jeunes écrivains, mais venir d'"une autre perspective".Dans la plupart de ses romans, Appelfeld s'inspire de sa propre expérience pour évoquer la réalité quotidienne de la population juive avant et pendant la Seconde Guerre mondiale. Attention : il faut détromper ceux qui, à lire ce rapide résumé, s'attendraient à un récit accablant de désespoir. L'univers dans lequel Appelfeld fait évoluer Hugo sait être lumineux, émouvant, et n'a pas pour objectif de faire justice de la barbarie des hommes. "Parmi nous les survivants, les écrivains, Aharon Appelfeld a su trouver un ton unique, irréversible fait de tendresse et de retenue." Primo Levi Aharon Appelfeld sera donc présent au salon du livre du 14 au 19 mars (gagnez des places avec Fluctuat !), et assistera à plusieurs conférences et séances de décidace (infos Salon du livre).
Grégoire Bouillier : Jeu, tu, il... Quatre ans après la parution de L'Invité mystère, son deuxième roman, Grégoire Bouillier revient avec une nouvelle : Cap Canaveral. Celle-ci figure dans le recueil 10 Ans, 10 auteurs, 10 nouvelles de J'ai Lu - qui fête avec cet ouvrage les 10 ans de la collection nouvelle génération - mais paraîtra également dans une version plus achevée chez Allia, qui avait déjà édité ses précédents romans.Grégoire Bouillier est un auteur qui revendique sa liberté. Qui souhaite créer un espace littéraire nouveau, affranchi de ces conventions qui veulent absolument scinder en deux la littérature, entre autobiographie et fiction. Le modèle incontournable de cette conception de la littérature, c'est assurément Michel Leiris, auteur de L'âge d'homme, et auquel Bouillier fait volontiers référence dans ses textes. Dans un entretien avec Fluctuat, Grégoire Bouillier nous fait un nouveau rapport sur lui... sur ce qu'il écrit surtout. Gregoire Bouillier : J'étais simplement occupé ailleurs. Faire les choses à mon rythme est une liberté à laquelle je tiens et je me suis arrangé pour n'avoir aucune pression du côté de l'écriture. C'est mon luxe. L'idée de pondre chaque année à la même période un bouquin, comme si le principe créatif s'effaçait au profit d'une logique de production, m'ennuie d'avance. Cela me fait penser aux impôts, qui tombent toujours à la même période.
Fluctuat vous propose de gagner des exemplaires du recueil 10 Ans, 10 auteurs, 10 nouvelles : Accéder au concours Nouvelle génération
Philippe Marcadé : French ConnectionPosté par Céline le 26.02.08 à 12:01 | tags : autobiographie
Si vous entendez parler d'un petit français, débarqué à New York en pleine effervescence punk, et qui au hasard des rencontres se met à fréquenter les NY Dolls, les Ramones, Blondie, Nancy Spungen et autres noms mythiques de l'époque, qu'en pensez-vous ? Et si l'on ajoute que ce même français est devenu le chanteur des Senders, un groupe qui aurait cartonné longtemps sur les scènes de l'Underground new-yorkais, vous y croyez ?Pas vraiment le choix, parce que c'est là l'histoire de Philippe Marcadé, alias Flipper, et que Flipper a des preuves. Des photos, des disques. Et surtout, des souvenirs trop captivants pour avoir été montés de toutes pièces. Le voilà qui nous raconte, sur un ton presque ingénu, ce soir où il a fumé sans le savoir un joint avec Bob Marley dans sa loge. Et les fois où Madonna lui faisait de l'œil en le croisant... Scali American Splendor : de vieux jours comme les autres The Quitter d' Harvey Pekar, paru dans la collection Vertigo il y a quelques mois, nous avait laissé un peu perplexe quand à l'opportunité de sa publication... Un jour comme les autres, c'est déjà un peu plus ça. L'album regroupe en fait quatre comic books "American Splendor" écrit par Harvey Pekar en 2006. Il ne s'agit donc toujours pas des American Splendor vintage qui font que Pekar est célèbre et qui manque toujours cruellement au lecteur francophone mais ça y ressemble pas mal. Plutôt que le trompeur graphic novel initiatique The Quitter, cet album nous donne à lire l'essence même du talent de Pekar. Il s'y met en scène débouchant ses toilettes, attendant un avion ou pestant contre ses éditeurs. Chacune de ces courtes anecdotes est dessinée par un auteur différent et, si pas mal de types pondent des dessins plutôt anecdotiques, il faut bien le reconnaitre, il y a aussi un paquet de beaux noms : Gilbert Hernandez, Eddie Campbell, Hilary Barta, Chris Weston... American Splendor : Un jour comme les autres Vertigo/Panini Graffiti Kitchen : Eddie Campbell vieillit
L'oeil d'Eddie Campbell
![]() Alec, c'est l'alter ego d'Eddie Campbell dont il raconte la vie depuis vingt-cinq ans, et La Bande Du King Canute, c'est le nom du premier graphic novel de la série, criminellement ignorée par les édteurs français jusqu'ici. De Campbell en français on ne connaissait "que" les dessins de From Hell, une reconstituion minutieuse de la Londres victorienne et, pour faire court et injuste, une analyse holistique des conséquence du meurtre sur la société et l'histoire. On ne pourrait pas trouver plus différent de From Hell qu'Alec, qui se contente de taper dans la veine surexploitée du quotidien de l'auteur qui ne mène même pas une vie d'artiste.
Ce qui séparera toujours le génie du simple érudit, c'est que les deux ne voient pas le même monde. Les dessins de Campbell révèlent un oeil très sélectif, ne s'attardant sur aucun détail inutile et empruntant des raccourcis parfois étonnant pour révéler un essentiel qui aurait sans doute échappé à tout autre. A ce titre, son écriture est l'équivalent parfait de son dessin : le monde tel que Campbell le voit forme un tout unique, du genre qui vous fait tout observer d'un oeil nouveau. Alec, La Bande Du King Canute Eddie Campbell Cà et Là
Pascal Girard: BD ininflammables
Heureusement, il arrive de temps en temps des BD comme celles de Pascal Girard, dont "Dans Un Cruchon" et "Nicolas" qui viennent toutes les deux de paraître et qui attaquent petits et grands sujets avec le même regard bon enfant.
Pascal Girard "Dans un Cruchon" et "Nicolas" Mécanique Générale Pourquoi j'ai lu Pierre
Tout ça ne justifie cependant pas un "prix du public". Cette popularité inhabituelle pour une oeuvre qui sort du domaine des Titeuf et autres Thorgal tient sans nul doute à son sujet. Que ce soit Maus ("j'ai survécu à l'holocauste"), Persépolis ("j'ai du fuir mon pays") et dans une certaines mesure Fun Home ("Je suis lesbienne et mon père s'est suicidé parce que lui aussi"), toutes les BD "différentes" qui parviennent à attirer un large public (qui souvent ne lit pas de BD par ailleurs) traitent d'un sujet important, du genre qui justifierait bien un épisode de "Ca se discute - jour après jour". Sans vous gâcher le suspense, Pourquoi j'ai tué Pierre commence avec un enfant qui se lie d'amitié avec un prêtre. Malheureusement, au delà de sa simple qualité de témoignage, l'album ne va nulle part. Il ne tire ni réfléxion, ni poésie de ce matériau brut. Il ne produit aucun sens et relève plus du groupe de parole que de la littérature. Bien sûr, si c'est tout ce que l'on attend d'un livre, il n'y a aucun mal à ça, et la popularité de celui ci n'est sans doute pas usurpée. Si vous voulez un peu plus de vos BD, il y a tout le reste de l'impeccable palmarès d'Angoulême, à commencer par NonNonBâ. Comment j'ai fui Lignes de fuite![]() Dans le cas de Lignes de Fuites, roman graphique américain en noir et blanc plus ou moins autobiographique, j'ai commencé par la simple existence du bouquin. Il faut vraiment avoir eu une vie assez extraordinaire pour justifier cent cinquante nouvelle pages de BD narcissique comme il en est déjà trop parues. OK, le décor (Maui) change un peu, mais pour le reste, c'est encore l'histoire d'un gentil garçon qui quitte l'innocence et le lycée en même temps. On a : un copain mouillé dans des combines louches et qui n'a pas aussi bon fond qu'on croit ; une fille qui s'est laissée toucher un peu, mais qui reste un mystère ; un père qui se saigne aux quatre veines et qu'on déçoit ; deux trois choix stylistiques convenus (nombreuses vues subjectives, beaucoup de plans rapprochés, des digressions sur la faune et la flore locale ...) : "tu dessine bien, je t'accorde ça, mais tu aurais pu te contenter d'écrire "cliché" sur chaque page, mon pote, on aurait compris. "Mais ça c'est vraiment passé comme ça ! " me répond l'auteur implorant (je me rend la tâche trop facile, vraiment). Laisse moi t'apprendre un truc sur la littérature, gamin : ça n'est pas parce que c'est vrai que c'est bon ou que c'est juste. Si ta vie ressemble à un épisode d'Hartley Coeurs à Vifs, ce n'est pas au lecteur d'en faire les frais. As-tu songé à faire intervenir des ninjas ou des pirates à un moment ? Si j'avais un peu plus de conscience professionnelle, le fait de n'avoir trouvé aucune preuve de la nature biographique de l'oeuvre devrait me pousser à trouver un angle d'attaque différent, c'est déja bien embêtant. En plus Lignes De Fuites a été très bien reçu outre-atlantique et a gagné un Harvey Award, notamment. Je passe peut-être à côté de quelque chose. Je suis peut-être en train de ruiner ma crédibilité. Le pire cependant, c'est peut-être de se sentir coupable après avoir démoli un auteur en public. En particulier quand c'est pour Flu, ou le public dépasse largement le cercle de mes amis, et quand l'auteur a l'air d'un bon gars. Je vous assure que ça me travaille. J'essaie même de me donner le mauvais rôle dans mes billets pour compenser. On fait un métier difficile, ma bonne dame. Erik Rémès ou la position de l'homo deboutPosté par Myosotis le 26.06.06 à 10:07 | tags : autobiographie, autofiction, livre, sexe et littérature, web
"J’ai commencé par les animaux. Éventrer – étriper – dépecer : je me masturbe toujours en pensant à cet continuité de mouvements, toujours forts excitants. Lorsque arrive la puberté, vers l’âge de douze ans, pervers, un nouvel élément vient s’insinuer dans mon fantasme et l’idée de manger finit par s’ajouter tout naturellement à mon rituel. Pendant des années, j’ai rêvé de consommer de la chair humaine, sans jamais me laisser aller à le faire, sans même oser penser que cela puisse vraiment se produire un jour. C’est très difficile de devenir un homme libre, de se débarrasser de ses peurs et de ses préjugés. Et peut-être même n’est-ce pas totalement souhaitable. Si ce n’est que moi, je l’ai fait". Journal d'un cannibale. Erik Rémès. A suivre sur le site de l'auteur.
Serial fucker. Editions Blanche Gore VidalPosté par Easywriter le 19.06.06 à 11:51 | tags : autobiographie
![]() Contempteur de la faux-culterie américaine et du moralisme liberticide qui la nourrit, Vidal excelle aussi dans la putasserie jubilatoire, la phrase assassine et bien sentie. Dans l'abondant name-dropping que constitue Palimpsestes, il taille des portraits parfois expédiés en quelques lignes . A propos de Truman Capote, Vidal indique - après avoir contesté la plupart de ses vantardises sexuelles- que c'est le mensonge absolu qui est " la vraie forme d'expression artistique, limitée, mais, paradoxalement authentique. de Capote(...)Contempler le visage de Capote alors qu'il ajoutait détail après détail, c'était comme observer le processus brut de la création dans toute sa folie furieuse." Vidal est parfois une hyène mais sa liberté totale d'écrivain et de penseur, doublée de la virtuosité de son style, devrait faire de Palimpsestes la meilleure lecture de votre été. Palimpsestes, de Gore Vidal. Les Editions Galaade publient également Julien et Kalki. Tolkien par Tolkien "Tout ce dont je me souviens à propos de la naissance de Bilbo le Hobbit est que je corrigeais des copies du School Certificate (...). Sur une page blanche, j'ai griffonné : "Dans un trou vivait un Hobbit". Sans savoir pourquoi, aujourd'hui encore" (lettre à W.H. Auden). Soixante ans de correspondances de J.R.R. Tolkien avec ses éditeurs, sa femme, ses enfants, ses amis, ont été rassemblées dans un ouvrage, pour le plus grand bonheur des plus grands fans de ce créateur de génie. Génèse et architecture du Seigneur des Anneaux, dont l'écriture lui aura pris seize ans, sont racontées simultanément au fil de ses récits épistolaires. Un genre d'autobiographie, écrite au jour le jour. L'histoire d'une oeuvre commentée par son propre créateur. Un petit cadeau fait à tous les lecteurs (et spectateurs) de la trilogie mythique.J.R.R. Tolkien Lettres Traduites de l'anglais par Vincent Ferré et Delphine Martin Christian Bourgois Editeur, 2005 Têtes à tarte Sorti récemment chez Flammarion, un récit des jouissifs attentats pâtissiers de Noël Godin (alias Le Gloupier, alias l'entarteur belge). Entartons, entartons les pompeux cornichons !, c'est le titre de son dernier bouquin, mais c'est aussi, ça ne vous aura pas échappé, un bel alexandrin. Alexandrin qu'il déclamait en spéciale dédicace à chacune de ses victimes. En l'occurrence, "les pompeux cornichons", c'était pour notre BHL national, sa victime préférée ; il n'avait pas tellement apprécié. Rien que pour le plaisir, rappelons qu'il n'avait pas loupé Sarko, Chevènement, Bill Gates, Douste-Blazy, Godard, PPDA, Pascal Sevran...Les dessous de sa croisade anarcho-humoristique contre quelques "grands" de ce monde donc, histoire de leur réapprendre un peu l'humilité, et de les faire déguster. |
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