
Qui peut se vanter de connaître la bande dessinée russe ? Très peu diffusée (encore moins de ce côté-ci du continent), et encore émergente, celle-ci fait l'objet d'une exposition à Angoulême durant toute la durée du festival.
Dans le cadre d'un échange avec le Festival Boomfest de Saint-Pétersbourg, des auteurs russes méconnus en France viendront ainsi présenter leur création autour de la thématique "Nés en URSS. Ou comment mettre en images une identité d'aujourd'hui issue d'un monde largement disparu". Exposées au Musée du Papier, les histoires courtes inspirées par cette problématique - créées à l'occasion du festival - reflètent la diversité de la bande dessinée russe. En complément de cet accrochage, les huit auteurs invités travailleront pendant les quatre jours du festival à réaliser, en direct, une fresque commune, sous les yeux du public.
Les artistes présents : Edik Katikhin, Aleksei Nikitin, Vika Lamazko, Polina Petrouchina, Varvara Pomidor, Roma Sokolov, Oleg Tishenkov, Lena Uzhinova.
L'événement figure bien sûr dans la programmation culturelle de l'année France-Russie 2010.
Voir aussi : Angoulême 2010, nos coups de coeur bd
Morceaux choisis :




Si aujourd'hui n'existe pas, dis-moi pourquoi j'existerais... Une talentueuse séoulienne de 27 ans découpe quelques tranches de vies émouvantes dans l'ordinaire sud-coréen : âpre et désenchanté.
Petit prodige du manhwa (BD Coréenne), Ancco a d'abord fait ses armes sur Internet, avant de se faire repérer dès l'âge de 20 ans par un éditeur local en 2003, qui publie Jindol et moi. Après ce journal illustré narrant les mésaventures comiques d'une coréenne et son chien, la jeune Choi Kyung-jin (Ancco est un pseudo) revient avec Aujourd'hui n'existe pas. Dans un noir et blanc dépressif, ce recueil d'histoires courtes en partie autobiographique dépeint quelques instantanés de l'ordinaire sud-coréen. (...)
Aujourd'hui n'existe pas d'Ancco figure dans la sélection officielle du Festival d'Angoulême 2010.
Après avoir rencontré quelques problèmes pour boucler leur budget, les organisateurs du festival d'Angoulême ont pu annoncer, vendredi 4 décembre, la programmation de la 37e édition.
Présidé cette année par Blutch, la manifestation se déroulera du 28 au 31 janvier, et proposera de nombreuses expositions (Blutch, Léonard, Les Tuniques bleues, l'expo Louvre, Dessinateurs d'humour...), ainsi qu'une rencontre avec la bande dessinée russe. Pendant les "24 heures de la bd", le public pourra également découvrir près de 400 auteurs, assister aux "concerts dessinés", aux projections audiovisuelles ou aux animation du manga building.
Dix prix, désormais dénommés les "Fauves d'Angoulême", seront également décernés à l'issue de la manifestation. Ont notamment été retenus dans la sélection : Eightball de Daniel Clowes, La Genèse de Robert Crumb, La Guerre d'Alan (l'intégrale) d'Emmanuel Guibert, L'Homme Bonsaï de Fred Bernard, Kelko le magicien de Carlos Nine, Le petit rien tout neuf avec un ventre jaune de Pascal Rabaté, Une Vie chinoise de Li Kunwu...
La 36e édition du Festival d'Angoulême s'est achevée hier, après avoir récompensé quelques auteurs dont les oeuvres ont été jugées "essentielles" par le jury. Verdict.
Le Grand prix revient à Blutch, pour Le Petit Christian. Pilier des éditions de L'Association, Blutch succèdera donc à Dupuy et Berberian à la présidence de la prochaine édition.
Le prix du meilleur album est revenu au Pinocchio, de Winshluss aux éditions Requins Marteaux.
Les 5 Essentiels de l'année :
Tamara Drewe, de Posy Simmonds, aux éditions Denoël Graphic.
Le Journal d'un ingénu, d'Émile Bravo, aux éditions Dupuis.
Lulu femme nue, d'Étienne Davodeau, aux éditions Futuropolis.
Le petit Christian, Tome 2 de Blutch, à L'Association.
Martha Jane Cannary, de Christian Perrissin et Matthieu Blanchin, aux éditions Futuropolis.
Essentiel SNCF/FNAC : Mon gras et moi, de Gally, aux éditions Diantre.
Les autres prix :
Essentiel Jeunesse : Le Petit Prince, de Joann Sfar, aux éditions Gallimard
Essentiel Patrimoine : Opération mort, de Shigeru Mizuki, aux éditions Cornélius.
Le prix Révélation : Le goût du chlore, de Bastien Vivès aux éditions KSTR.
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Retenu pour la sélection officielle du festival d'Angoulême 2009, l'album Bons, mauvais, grands et petits joueurs, première bédé de l'illustratrice Anne Rouquette, révèle une plume et un coup de crayon aussi originaux que talentueux.
Comme son titre l'indique, l'ouvrage propose, à travers de petites scènes de la vie quotidienne, de subtiles variations sur le thème du jeu. L'idée est très simple, mais bien trouvée, d'autant plus qu'Anne Rouquette l'exploite à merveilles, l'illustrant à travers tous les âges et toutes les époques. Le jeu concerne aussi bien les petits que les grands. Les petits jouent à être grands (le papa et la maman ou... la guerre, sur PC) quand les grands tombent en régression (que peuvent faire les mamies à la maison de retraite à part jouer aux dominos ?). Les Moyen-âgeux jouaient déjà à Colin Maillard, quand les trentenaires modernes préfèrent le Monopoly. Au jeu on doit également ce grand avantage de révéler les caractères de chacun : flambeur, tricheur, imaginatif, de bonne ou de mauvaise foi...
Excellente observatrice, Anne Rouquette croque des tranches de vie, des parties de jeux, enfantins ou libertins, avec audace parfois, toujours avec poésie. Une petite fille fait partouzer ses Barbies (on a tous fait ça, pas vrai ?). Un peu plus loin, la même gamine joue, avec sa sœur, à faire « des expériences » sur les insectes qui les « dégoûtent ». Plus tard encore, elle invente autre chose : « On dirait que les chaussures ce sont des mines et que si tu marches dessus PAF ! t'as plus qu'une jambe ».
Assez simple, et même parfois proche du croquis (c'est en noir et blanc), le dessin d'Anne Rouquette sert parfaitement le thème du jeu, finalement celui du je, et naturellement... existentiel : scènes fugaces, expressions en mouvement, passage de la lumière à l'obscurité. Et faute de pouvoir jouer autant qu'on le voudrait, c'est avec plaisir qu'on plonge quelques instant dans ces histoires si drôles, si justes, et où, au final, on (se) perd rarement.
Anne Rouquette, Bon, Mauvais, grand et petit joueur, éditions Lito, 2008.
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En plus de proposer une expo sur les lieux du festival, ces derniers lui ont également donné un prolongement web assez conséquent sous la forme d'une maison close dans laquelle ils ont invité plusieurs auteurs à s'encanailler : Frantico, Florence Cestac, Lewis Trondheim, Boulet, Killoffer...
Le principe est relativement simple : chacun des auteurs se représente (ils en ont l'habitude, en France personne ne dessine rien mieux que soi même) en tant que client ou prostitué dans cette maison close dont les murs sont fournis par Ruppert et Mulot, et les bédés s'improvisent à trois ou quatre mains à partir de là. L'idée de départ est emballante mais les résultats sont assez plan plan, il faut bien le reconnaitre...

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