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L'actualité des parutions chez Albin Michel.
Bolek publie le livre qui lui a (peut-être) sauvé la vie Il s'appelle Bolek, habite Paris et il est de ces gens "qu'on n'remarque pas", comme chantait Gainsbourg. Il était kiosquier avant de se retrouver condamné à la rue. Dans Je voulais pas crever, paru chez Albin Michel, il raconte son histoire. Un jour de novembre 2005, un car scolaire détruit le kiosque à journaux dans lequel Bolek, de son vrai nom Boleslas Zwolak, vendait illégalement des livres depuis près de quinze ans. Hélas, après cet accident, les autorités sont bien obligées de découvrir le petit commerce illicite de Bolek et prennent alors des mesures pour lui interdire le trottoir qu'il occupait. Et celui "qui ne voulait pas crever", se retrouve pour de bon à la rue. Avec le soutien littéraire de Laurent Boscq, ex-journaliste de Zurban (entre autres), Bolek retrace donc son histoire dans Je voulais pas crever, sous-titré Petit manuel de résistance urbaine. Le camelot y raconte son combat quotidien contre l'administration, son "rôle éducatif pour la jeunesse du quartier", sa jeunesse dans les mines du Nord de la France, son passage en asile psychiatrique et son amour pour la peinture. Un témoignage émouvant et d'autant plus touchant que son auteur nous semble bien proche, avec son amour des lettres et des belles images. Par les temps qui courent, Je voulais pas crever est en quelque sorte une lecture "d'utilité publique". Que ceux qui se disent au service de ce même public en prennent de la graine ! Bolek et Laurent Boscq, Je voulais pas crever. Petit Manuel de résistance urbaine, Albin Michel. Dantec grille la rentrée littéraireMaurice Dantec ne fait pas grand cas de la rentrée littéraire. Son prochain livre avait été un temps pressenti pour une sortie en septembre ou octobre chez Albin Michel (il avait fait l'objet AVANT d'une première annonce.... chez Plon pour le mois de mai, mais il semble qu'Albin Michel ait réussi à retenir son auteur trublion et locomotive du chiffre d'affaires, peu importe). Il s'annonce finalement pour le début d'année prochaine. Le titre (à la Hubert Félix Thiéfaine) est une intrigue à lui tout seul dont la clarté n'est pas renforcée par le magnifique (bien qu'un rien pompeux et hermétique !) teaser sonore mis en ligne récemment : "Comme le fantôme d'un jazzman dans la station Mir en déroute". Le roman-nouvelle fait 240 pages, et relève, selon le site de David Kersan qui assure aussi la préface, du genre cyberpunk. Chose intéressante, il semble que l'ouvrage soit tiré des limbes de notre exilé canadien préféré et écrit quelque part en 1996, soit entre Les Racines du mal et Babylon babies, pour beaucoup les deux meilleurs romans de Dantec. Largement remanié, le texte devrait donc être prometteur. Le teaser sur Wikipedia est aussi alléchant : " Un couple atteint du syndrôme de Schiron Aldiss, un neurovirus génétique qui provoque des symptômes maniaco-dépressifs, décide de fuir le centre dans lequel ils sont enfermés pour aller se réfugier sur une île au bout du monde. Mais ils ignorent leur espérance de vie, et souffrent d'hallucinations de plus en plus fréquentes..." Les perspectives de décollage spatiaux ont toujours été très présents dans l'imaginaire de Dantec mais n'ont finalement jamais été mis à exécution. On s'attend ici à retrouver le charme et la puissance des visions de l'Anôme dans Grande Jonction. Les fans pourront aussi aller au contact de l'auteur en Normandie les 13 et 14 septembre. Organisé par son club de soutien, les "Babylon Babies", ce weekend est consacré à la lecture sous forme de pièce de théâtre d'une partie d'Artefact, d'extraits du nouveau roman et à des échanges avec l'écrivain. Une visite d'un cimetière militaire est également au programme. De quoi oublier la rentrée littéraire en tout cas ou les impressions mitigées laissées par l'adaptation de Babylon Babies en Babylon A.D. (voir le billet). Voir aussi : Craig Davidson : Le goût du sang
En effet, Juste être un homme pose donc cette question toute bête : C'est quoi un homme aujourd'hui ? Est-ce un mastard autoritaire fan de foot ou de rugby agrippé (...)
Craig Davidson - Juste être un homme (Terre d'Amérique/Albin Michel)
Ni d'Eve, ni de Nothomb
Artefact : Dantec pour les Nuls (Première tentative)
Dans l'enfer de Dante(c)
Plus flippant et convaincant que jamais, Maurice Dantec abuse un peu trop de la macro-idéologie pour affiner son analyse. Il fallait bien deux papiers à Benjamin Berton pour en venir à bout. Il y est parvenu : Lire sur le mag - l'enfer de Dante(c) partie 1 On allait oublier : Bon anniversaire Maurice !!
Craig Davidson et Chuck Palahniuk : Fight club!Posté par Easywriter le 04.10.06 à 12:00 | tags : albin michel, chuck palahniuk, denoel, festival america
Rencontre au sommet dimanche soir avec deux écrivains vivants. De Craig Davidson on ne savait rien ou presque si ce n'est que son livre avait été encensé par Bret Easton Ellis (mouais...). Un goût de rouille et d'os est un recueil de nouvelles mettant en scène une boxeur, un type chargé de récupérer la nuit les biens des surendettés. Des textes trash mais plus profonds que ne le laisse entendre leur auteur. " Je ne me demande pas trop comment vont se construire mes nouvelles ou si je dois aimer ou non mes personnages. Je parle de mes propres obsessions et trouve un personnage pour les incarner. Je ne sais pas si je suis un écrivain talentueux mais je sais aller au bout de mon idée, même si cela doit conduire les gens à jeter mon livre."Davidson a été très influencé par Chuck Palahniuk et notamment son roman Choke. Palahniuk dont un journaliste trop bavard attendait qu'il parle des obsessions et notamment celle du sexe dont il aurait dit un jour qu'elle était la nouvelle opium du peuple. Bien sûr, l'écrivain américain a refusé la surenchère sulfureuse pour lui préférer un éloge de l'histoire comme source de rédemption " C'est parler du sexe qui est l'opium moderne. moi même je parle plus de sexe que je ne le pratique. A une époque on se racontait des histoires, ils présentaient leurs pêché et transgressions à l'église, à la fin il s réintégraient la communauté. Aujourdhui ce rôle est assuré par les groupes d'alcooliques anonymes, les hotlines de sexe ou les ateliers d'écriture". Autre lieu commun à démonter : la violence de la langue de Chuck Palahniuk serait au service d'une satire de la culture populaire. "C'est faux. Ce que je fais c'est mettre en avant mes problèmes et mes illusions et je les rassemble avec celles que me confient les autres". Et l'auteur d' A l'estomac de se lancer dans la description d'une scène de brossage de dents où il avait oublié que la brosse qu'il tenait en main n'était pas électrique. "Je ne pouvais plus arrêter ma main". Plus tard il signera ses livres avec un tampon "prison library copy". Une manière de signifier l'exercice de la dédicace est superficiel et que nous habitons tous une prison. Recueilli au festival America. Un goût de rouille et d'os, Craig Davidson . Albin Michel A l'estomac, Chuck Palahniuk. Denoël. Lire notre entretien avec Palahniuk. A noter que le mensuel Technikart publie une intéressante rencontre entre ces deux auteurs. Buzz littéraire, sur lequel on ne met toujours pas de visage, était également présent au festival America avec une camera. Femmes que nous avions négligées (1/3) : Adrienne Miller
Elle écrit quoi ? Fergus, soit une famille bizarre qui vit dans un manoir Tudor. Lowell est un artiste qui a cessé de faire des autoportraits, sa femme Jenny est frustrée de ne pas créer mais moins que Fergus, héros du roman et nabab cinglé qui héberge le couple (et plus si affinités...). Dans sa déprime, il organise de grandes fêtes. Ca se passe où ? "Au fin fond de l'Ohio. Au départ ça se passait au Portugal mais je ne connais pas ce pays, au bout d'un an et demi d'écriture je l'ai resituée dans le Midwest américain où j'ai grandis." Mais au fond, ça parle de quoi ? « C'est un roman sur la manipulation de sa propre image, le mensonge, la manière dont on utilise l'art pour réussir à ses propres yeux, se révéler même si on a aucun talent ». Le plus : Quelques piques savoureuses sur l'art contemporain notamment Cindy Sherman et Gilbert et Georges. Propos recueillis lors du Festival America. Fergus Dantec à tombeau ouvert : Grande Jonction (1ère manche) 380 pages, soit une demie Grande Jonction, et Maurice Dantec a réussi à me faire oublier la majeure partie des critiques qui pesaient sur Cosmos Incorporated, son dernier roman, et Villa Vortex, le précédent. Grand Jonction est un roman tiré à quatre épingles : épique, puissant et, pour le moment, tenu dans les limites de l'intelligible sur le sentier d'excellence de la Sirène Rouge et autres Racines du Mal (l'ambition démesurée en plus). Suite directe de Cosmos Incorporated, une dizaine d'années plus tard, le roman reprend certains des personnages et des territoires découverts il y a un an (Grande Jonction, le Cosmodrome, Junkville, l'hôtel Laïka, Heavy Metal Valley et le shérif Langlois) et fait progresser l'intrigue d'une manière limpide : le "fils" du tueur, de l'Ange et de la Métastructure (fin de Cosmos Inc) a été recueilli, comme on pouvait s'y attendre, par les Chrétiens de HMV, élevé dans le plus grand secret et s'apprête à livrer un duel final contre la "Chose" qui veut anéantir l'Humanité (je vous laisse découvrir par quel moyen). Link de Nova (cet Elu tiré d'un Matrix intelligent) a des pouvoirs spéciaux et s'appuie sur une Wild Bunch composée du shérif lui-même et de deux chasseurs de prime tueurs, cow-boys solitaires, épatants. Grande Jonction est un western futuriste qu'on rêverait de voir adapté par la réincarnation de Walsh ou Ford (John Carpenter). Les descriptions des paysages apocalyptiques de Grande Jonction sont sublimes (Maurice Dantec s'est acheté un manuel de botanique et aligne des centaines de noms de plantes et d'herbes folles) et les clins d'oeil au western appuyés jusqu'à cette séquence archétypale de protection de la diligence (12 000 livres envoyés par le Vatican pour servir la résistance chrétienne) qui tient en haleine sur une quarantaine de pages. Le langue de Dantec s'est allégée depuis l'année dernière même si on persiste à penser qu'un travail éditorial plus poussé permettrait parfois d'éviter les redites et les séquences redondantes. Ce qui gonflait hier (les tirades scolastiques, les références bibliographiques et conceptuelles qui plombaient Villa et Cosmos par le dedans) est ici parfaitement intégré à A ce stade, et sans occulter les limites permanentes de l'écrivain (sa boursouflure passera pour de la maladresse ou du souffle, selon qu'on aime ou qu'on aime pas), Grande Jonction est le demi-roman le plus excitant que j'ai tenu en main depuis quelque temps. Je reviendrai sur le fond à la fin du voyage. Pour en discuter sur le forum dédié. Amélie Nothomb: journal d' Hirondelle Quoi qu'il arrive, la sortie d'un nouveau livre d'Améilie Nothomb est toujours un événement. Sûr de son coup, son éditeur a tiré journal d'Hirondelle à 220 000 exemplaires ( le précédent acide sulfurique s'était vendu à quelque 170 000 exemplaires). D'après Livres Hebdo, l'ouvrage est déjà très bien placé dans les préventes internet.Pour ceux que ça intéresse, Amélie Nothomb sera au Virgin Megastore des Champs Elysées demain, mercredi 23, entre 18 H et minuit pour une séance marathon de dédicaces. Début d'un plan media qui sera sûrement équivalent à celui d'une star de la pop et auquel nous participons, certes modestement , par cette notule. Le livre qui narre les frasques d'un coursier devenu tueur reprend les habituelles obsessions Nothombiennes - goût du malsain, quête impossible d'absolu...- mais on continue, depuis Hygiène de l'assassin, et malgré de constantes déceptions depuis, à espérer une nouvelle claque de la part de l'excentrique nippo-belge. Journal d'Hirondelle Amélie Nothomb Albin Michel. |
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