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L'actualité des parutions chez Albin Michel.

Ni d'Eve, ni de Nothomb

Posté par Myosotis le 23.10.07 à 12:57 | tags : roman, albin michel

Je suis un peu à la traîne sur Amélie Nothomb , voire carrément à la ramasse, je l'avoue, n'ayant lu (il y a une éternité) que l'Hygiène de l'Assassin (pas mal) et Stupeur et Tremblements. C'est d'ailleurs un peu pour ça que je m'y suis remis.
Présenté comme une sorte de suite ou de prolongement naturel de son best-seller japonais (Nothomb qui travaille dans une entreprise nippone, travaille et travaille encore), Ni d'Eve, ni d'Adam promettait de ne pas être trop dur à suivre pour moi qui était resté scotché sur cet univers de salary men dégradés et dégradants. Après 252 pages de lecture en vitesse supersonique (on lit du Nothomb aussi vite que du Lévy, mais pour un plaisir beaucoup plus intense et des raisons différentes), Ni d'Eve, ni d'Adam me semble être un bon livre de comédie, un équivalent littéraire de ces comédies américaines avec Robert De Niro ou Steve Martin en beau-papa, Ben Stiller en fiancé et une next-door-girl en guise de jeune fille à séduire, qui vous donnent le sourire l'espace d'une heure ou deux, jusqu'à vous donner envie de voir (ou de lire) la suite, la resuite et la ratasuite.

L'intrigue de ce roman, dans lequel les dialogues occupent une bonne moitié de l'espace disponible, léger comme une plume et qui se digère assez facilement tant Nothomb est économe de moyens, est réduite à sa plus simple expression, comme dans les bons scénarios de Capra : une fille (Nothomb ou son double) tente de nouer une liaison avec un Japonais qui a la loose. Son soupirant (et vice-versa) s'appelle Rinri et est son élève. La jeune Belge lui donne des cours et tombe peu à peu sous le charme. Le tout est émaillé de scènes auxquelles on s'attend dès que s'amorce la romance et qui sont EXACTEMENT racontées comme on les aurait imaginées : rencontre avec la belle-famille, anti-héroïsme, quelques vacheries, incompréhensions sur les codes amoureux, échec final, quiproquos de boulevard... [...]


Retrouvez l'intégralité de la chronique.
Consultez le dossier Rentrée littéraire.

Ni d'Eve, ni d'Adam
Amélie Nothomb
Albin Michel


Artefact : Dantec pour les Nuls (Première tentative)

Posté par Myosotis le 10.09.07 à 09:02 | tags : roman, albin michel

Le Grand Oracle est de retour, comme chaque année, chaque semestre presque, et il a des choses importantes à nous écrire. En attendant une vraie chronique en marge de la soirée qui se tiendra le 11 septembre à la Maison des Associations et des Solidarités (Paris, 13e), pour célébrer la mise en branle de la Communauté des Babylon Babies, quelques pistes et impressions de lecture pour ceux qui auraient déjà entamé ou fini le mini-monstre.
Mini-monstre, et c'est là une surprise, parce que Artefact (sous-titre Machines à écrire 1.0 - on en parle pas aujourd'hui), malgré sa longueur (566 pages), est un livre qui se dévore en mode "free brain", sans aucune difficulté apparente (avec une petite réserve sur la 2ème séquence), ni aspérités. Peu ou pas d'analyses qui ralentissent le rythme, références zéro et rétropédalage en vocabulaire ultrasimple : Dantec nous offre la quintessence de sa pensée à la mode Albin Michel (et je le dis sans méchanceté). Artefact est composé de 3 séquences, ou mini-romans de 150 à 200 pages, qui formeront, à la dernière minute (à moins que vous ne soyez plus finauds que moi) une trinité ou un Tout (ce qui n'est pas la même chose évidemment, puisque le principe de la Trinité, évoqué dans le livre, est qu'elle est une sorte d'équilibre déséquilibré). Trois mini-romans donc, pour le prix d'un. Le premier peut être interprété comme une variante brillante taillée sur le motif de la Sirène Rouge. On oublie les maladresses stylistiques (l'image "aiguille ou paille qui se perd dans la meule de foin ou le panier" revient une bonne dizaine de fois) qui disparaissent en Mondiovision. Un homme (ou presque), une jeune fille ou enfant, taillent la route pour échapper au monde et rattraper leur destin. Dantec n'invente rien (la fin est un artifice ultrarabâché de SF) mais transcende un schéma (ab)usé en fécondant son duo de sacré et de "mysticisme". Entre La Grande Evasion et StarMan, l'effet est garanti, sublime, émouvant et pétaradant, renforcé évidemment par le grand morceau de bravoure que constitue l'ouverture : la descente du World Trade Center, en quasi mode téléréalité, le matin du désastre. Mieux vaut vous laisser découvrir ça par vous-même.  
La deuxième séquence démarre assez mal (le coup de la chambre blanche dans laquelle un amnésique se réveille sent le déjà-lu) et nous laisse sceptique jusqu'à ce que cette partie prenne tout son sens, au milieu de la séquence 3. Du coup, alors qu'on avait dévalé ça la tête dans le sac, on repart en arrière pour s'apercevoir que le coeur trinitaire du roman est bien là, dans cette écriture répétitive et épurée, simplissime, obscure. La troisième séquence, justement, est sûrement la plus créative, dure et belle comme du Palahniuk ou du Bret Easton Ellis anarchiste. Un tueur (ou un homme tout court) fait alliance avec le diable qui... part en vacances. On est pas chez Bruce Tout-Puissant mais c'est presque aussi drôle. La descente aux enfers sur Terre est terrible, enivrante, hypnotique. Les horreurs s'enchaînent autour d'une sublime démonstration par l'absurde : le Mal est en nous. Le Mal est humain. Leçon de choses. Dantec fait un clin d'oeil aux histoires d'horreur, à ces films de série Z qui nous font frissonner (Hostel, ce genre de trucs), en s'appuyant sur un fond idéologique finalement pas si différent mais plus intelligemment tourné. L'exécution de Sami Naceri est subtile, les autres meurtres se tiennent et l'on grimpe d'une dimension lorsque Dantec tente de venir à bout du monde en organisant un grand téléthon, une Armée des Douze Singes téléréelle, matinée de Star Ac de l'horreur. Quelques... stratagèmes sont moins réussis que d'autres mais la balade with the devil fonctionne impeccablement et nous invite à reprendre un peu de lumière et de grâce au chevet des 2 premières histoires.
Artefact en impose clairement moins que Villa Vortex ou Grande Jonction. Il n'en reste pas moins que l'auteur y donne l'impression d'être redescendu parmi ses anciens amis (les lecteurs moyens, les fans des premiers polars déçus, les lecteurs de bibliothèque et les adolescents boutonneux), qu'il s'est mis à portée du plus grand nombre, sans néanmoins céder sur l'essentiel, ni faire la moindre concession sur la dynamique de sa pensée. Si on ne ressent aucun trouble à dérouler Artefact, c'est sûrement qu'on a fini par rendre les armes et partager, d'une certaine façon, sa vision du monde.

Artefact
Maurice G. Dantec
Albin Michel

Retrouvez les dossiers Rentrée littéraire et Rentrée des Libraires.


Dans l'enfer de Dante(c)

Posté par Easywriter le 13.06.07 à 16:50 | tags : albin michel, science-fiction

Dernier volet de son hallucinant (et halluciné) Théâtre des opérations, American black box de Maurice Dantec programme la désintégration finale d'un occident à bout de souffle, sous les coups d'un Islam pré-totalitaire et unifié.

Plus flippant et convaincant que jamais, Maurice Dantec abuse un peu trop de la macro-idéologie pour affiner son analyse. Il fallait bien deux papiers à Benjamin Berton pour en venir à bout. Il y est parvenu :

Lire sur le mag - l'enfer de Dante(c) partie 1
- Dantec, l'american psycho partie 2

On allait oublier : Bon anniversaire Maurice !!

 


Craig Davidson et Chuck Palahniuk : Fight club!

Posté par Easywriter le 04.10.06 à 12:00 | tags : chuck palahniuk, denoel, festival america, albin michel
Rencontre au sommet dimanche soir avec deux écrivains vivants. De Craig Davidson on ne savait rien ou presque si ce n'est que son livre avait été encensé par Bret Easton Ellis (mouais...). Un goût de rouille et d'os est un recueil de nouvelles mettant en scène une boxeur, un type chargé de récupérer la nuit les biens des surendettés. Des textes trash mais plus profonds que ne le laisse entendre leur auteur. " Je ne me demande pas trop comment vont se construire mes nouvelles ou si je dois aimer ou non mes personnages. Je parle de mes propres obsessions et trouve un personnage pour les incarner. Je ne sais pas si je suis un écrivain talentueux mais je sais aller au bout de mon idée, même si cela doit conduire les gens à jeter mon livre."
Davidson a été très influencé par Chuck Palahniuk et notamment son roman Choke. Palahniuk dont un journaliste trop bavard attendait qu'il parle des obsessions et notamment celle du sexe dont il aurait dit un jour qu'elle était la nouvelle opium du peuple. Bien sûr, l'écrivain américain a refusé la surenchère sulfureuse pour lui préférer un éloge de l'histoire comme source de rédemption " C'est parler du sexe qui est l'opium moderne. moi même je parle plus de sexe que je ne le pratique. A une époque on se racontait des histoires, ils présentaient leurs pêché et transgressions à l'église, à la fin il
s réintégraient la communauté. Aujourdhui ce rôle est assuré par les groupes d'alcooliques anonymes, les hotlines de sexe ou les ateliers d'écriture".
Autre lieu commun à démonter : la violence de la langue de Chuck Palahniuk serait au service d'une satire de la culture populaire. "C'est fau
x. Ce que je fais c'est mettre en avant mes problèmes et mes illusions et je les rassemble avec celles que me confient les autres". Et l'auteur d' A l'estomac de se lancer dans la description d'une scène de brossage de dents où il avait oublié que la brosse qu'il tenait en main n'était pas électrique. "Je ne pouvais plus arrêter ma main". Plus tard il signera ses livres avec un tampon "prison library copy". Une manière de signifier l'exercice de la dédicace est superficiel et que nous habitons tous une prison.
Recueilli au festival America.

Un goût de rouille et d'os
,
Craig Davidson . Albin Michel
A l'estomac,
Chuck Palahniuk . Denoël. Lire notre entretien avec Palahniuk.
A noter que le mensuel Technikart publie une intéressante rencontre entre ces deux auteurs.
Buzz littéraire, sur lequel on ne met toujours pas de visage, était également présent au festival America avec une camera.

Femmes que nous avions négligées (1/3) : Adrienne Miller

Posté par Easywriter le 03.10.06 à 11:00 | tags : festival america, albin michel

C'est qui ? L'ancienne responsable des pages littéraires du masculin Esquire. Elle a 33 ans (et elle est jolie)

Elle écrit quoi ? Fergus, soit une famille bizarre qui vit dans un manoir Tudor. Lowell est un artiste qui a cessé de faire des autoportraits, sa femme Jenny est frustrée de ne pas créer mais moins que Fergus, héros du roman et nabab cinglé qui héberge le couple (et plus si affinités...). Dans sa déprime, il organise de grandes fêtes.

Ca se passe où ?  "Au fin fond de l'Ohio.  Au départ ça se passait au Portugal mais je ne connais pas ce pays, au bout d'un an et demi d'écriture je l'ai resituée dans le Midwest américain où j'ai grandis."

Mais au fond, ça parle de quoi ? «  C'est un roman sur la manipulation de sa propre image, le mensonge, la manière dont on utilise l'art pour réussir à ses propres yeux, se révéler même si on a aucun talent ».

Le plus : Quelques piques savoureuses sur l'art contemporain notamment Cindy Sherman et Gilbert et Georges.

Propos recueillis lors du Festival America.

Fergus
Albin Michel
Demain : Nancy Lee
Jeudi : Olga Grushin


Dantec à tombeau ouvert : Grande Jonction (1ère manche)

Posté par Myosotis le 28.08.06 à 10:27 | tags : roman, rentrée littéraire, albin michel
380 pages, soit une demie Grande Jonction, et Maurice Dantec a réussi à me faire oublier la majeure partie des critiques qui pesaient  sur Cosmos Incorporated, son dernier roman, et Villa Vortex, le précédent. Grand Jonction est un roman tiré à quatre épingles : épique, puissant et, pour le moment, tenu dans les limites de l'intelligible sur le sentier d'excellence de la Sirène Rouge et autres Racines du Mal (l'ambition démesurée en plus).
Suite directe de Cosmos Incorporated, une dizaine d'années plus tard, le roman reprend certains des personnages et des territoires découverts il y a un an (Grande Jonction, le Cosmodrome, Junkville, l'hôtel Laïka, Heavy Metal Valley et le shérif Langlois) et fait progresser l'intrigue d'une manière limpide : le "fils" du tueur, de l'Ange et de la Métastructure (fin de Cosmos Inc) a été recueilli, comme on pouvait s'y attendre, par les Chrétiens de HMV, élevé dans le plus grand secret et s'apprête à livrer un duel final contre la "Chose" qui veut anéantir l'Humanité (je vous laisse découvrir par quel moyen). Link de Nova (cet Elu tiré d'un Matrix intelligent) a des pouvoirs spéciaux et s'appuie sur une Wild Bunch composée du shérif lui-même et de deux chasseurs de prime tueurs, cow-boys solitaires, épatants.

Grande Jonction est un western futuriste qu'on rêverait de voir adapté par la réincarnation de Walsh ou Ford (John Carpenter). Les descriptions des paysages apocalyptiques de Grande Jonction sont sublimes (Maurice Dantec s'est acheté un  manuel de botanique et aligne des centaines de noms de plantes et d'herbes folles) et les clins d'oeil au western appuyés jusqu'à cette séquence archétypale de protection de la diligence (12 000 livres envoyés par le Vatican pour servir la résistance chrétienne) qui tient en haleine sur une quarantaine de pages.  Le langue de Dantec s'est allégée depuis l'année dernière même si on persiste à penser qu'un travail éditorial plus poussé permettrait parfois d'éviter les redites et les séquences redondantes. Ce qui gonflait hier (les tirades scolastiques, les références bibliographiques et conceptuelles qui plombaient Villa et Cosmos par le dedans) est ici parfaitement intégré à la narration, elle-même portée par une vision lumineuse de son propre cours. Dantec a l'air de savoir où il va et c'est rassurant lorsqu'on a encore 400 pages à dérouler. Il passe plus de temps sur la situation politique des années 2060 et cela nous permet d'y voir plus clair dans son monde. Le tour de force est tel qu'il réussit rétrospectivement à nous convaincre que les exposés de Cosmos Incorporated étaient indispensables et tout à fait légitimes.

A ce stade, et sans occulter les limites permanentes de l'écrivain (sa boursouflure passera pour de la maladresse ou du souffle, selon qu'on aime ou qu'on aime pas), Grande Jonction est le demi-roman le plus excitant que j'ai tenu en main depuis quelque temps. Je reviendrai sur le fond à la fin du voyage.


Pour en discuter sur le forum dédié.


Amélie Nothomb: journal d' Hirondelle

Posté par Easywriter le 22.08.06 à 13:30 | tags : extrait, rentrée littéraire, albin michel
Quoi qu'il arrive, la sortie d'un nouveau livre d'Améilie Nothomb est toujours un événement. Sûr de son coup, son éditeur a tiré journal d'Hirondelle  à 220 000 exemplaires ( le précédent acide sulfurique s'était vendu à quelque 170 000 exemplaires). D'après Livres Hebdo, l'ouvrage est déjà très bien placé dans les préventes internet.
Pour ceux que ça intéresse, Amélie Nothomb sera au Virgin Megastore des Champs Elysées demain, mercredi 23, entre 18 H et minuit pour une séance marathon de dédicaces. Début d'un plan media qui sera sûrement équivalent à celui d'une star de la pop et auquel nous participons, certes modestement , par cette notule.
Le livre qui narre les frasques d'un coursier devenu tueur reprend les habituelles obsessions Nothombiennes - goût du malsain, quête impossible d'absolu...-  mais on continue, depuis Hygiène de l'assassin, et malgré de constantes déceptions depuis, à espérer une nouvelle claque de la part de l'excentrique nippo-belge.
Journal d'Hirondelle
Amélie Nothomb
Albin Michel.



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