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L'actualité des parutions chez Albin Michel.
Ni d'Eve, ni de Nothomb
Artefact : Dantec pour les Nuls (Première tentative)
Dans l'enfer de Dante(c)
Plus flippant et convaincant que jamais, Maurice Dantec abuse un peu trop de la macro-idéologie pour affiner son analyse. Il fallait bien deux papiers à Benjamin Berton pour en venir à bout. Il y est parvenu : Lire sur le mag - l'enfer de Dante(c) partie 1 On allait oublier : Bon anniversaire Maurice !!
Craig Davidson et Chuck Palahniuk : Fight club!Posté par Easywriter le 04.10.06 à 12:00 | tags : chuck palahniuk, denoel, festival america, albin michel
Rencontre au sommet dimanche soir avec deux écrivains vivants. De Craig Davidson on ne savait rien ou presque si ce n'est que son livre avait été encensé par Bret Easton Ellis (mouais...). Un goût de rouille et d'os est un recueil de nouvelles mettant en scène une boxeur, un type chargé de récupérer la nuit les biens des surendettés. Des textes trash mais plus profonds que ne le laisse entendre leur auteur. " Je ne me demande pas trop comment vont se construire mes nouvelles ou si je dois aimer ou non mes personnages. Je parle de mes propres obsessions et trouve un personnage pour les incarner. Je ne sais pas si je suis un écrivain talentueux mais je sais aller au bout de mon idée, même si cela doit conduire les gens à jeter mon livre."Davidson a été très influencé par Chuck Palahniuk et notamment son roman Choke. Palahniuk dont un journaliste trop bavard attendait qu'il parle des obsessions et notamment celle du sexe dont il aurait dit un jour qu'elle était la nouvelle opium du peuple. Bien sûr, l'écrivain américain a refusé la surenchère sulfureuse pour lui préférer un éloge de l'histoire comme source de rédemption " C'est parler du sexe qui est l'opium moderne. moi même je parle plus de sexe que je ne le pratique. A une époque on se racontait des histoires, ils présentaient leurs pêché et transgressions à l'église, à la fin il s réintégraient la communauté. Aujourdhui ce rôle est assuré par les groupes d'alcooliques anonymes, les hotlines de sexe ou les ateliers d'écriture". Autre lieu commun à démonter : la violence de la langue de Chuck Palahniuk serait au service d'une satire de la culture populaire. "C'est faux. Ce que je fais c'est mettre en avant mes problèmes et mes illusions et je les rassemble avec celles que me confient les autres". Et l'auteur d' A l'estomac de se lancer dans la description d'une scène de brossage de dents où il avait oublié que la brosse qu'il tenait en main n'était pas électrique. "Je ne pouvais plus arrêter ma main". Plus tard il signera ses livres avec un tampon "prison library copy". Une manière de signifier l'exercice de la dédicace est superficiel et que nous habitons tous une prison. Recueilli au festival America. Un goût de rouille et d'os, Craig Davidson . Albin Michel A l'estomac, Chuck Palahniuk . Denoël. Lire notre entretien avec Palahniuk. A noter que le mensuel Technikart publie une intéressante rencontre entre ces deux auteurs. Buzz littéraire, sur lequel on ne met toujours pas de visage, était également présent au festival America avec une camera. Femmes que nous avions négligées (1/3) : Adrienne Miller
Elle écrit quoi ? Fergus, soit une famille bizarre qui vit dans un manoir Tudor. Lowell est un artiste qui a cessé de faire des autoportraits, sa femme Jenny est frustrée de ne pas créer mais moins que Fergus, héros du roman et nabab cinglé qui héberge le couple (et plus si affinités...). Dans sa déprime, il organise de grandes fêtes. Ca se passe où ? "Au fin fond de l'Ohio. Au départ ça se passait au Portugal mais je ne connais pas ce pays, au bout d'un an et demi d'écriture je l'ai resituée dans le Midwest américain où j'ai grandis." Mais au fond, ça parle de quoi ? « C'est un roman sur la manipulation de sa propre image, le mensonge, la manière dont on utilise l'art pour réussir à ses propres yeux, se révéler même si on a aucun talent ». Le plus : Quelques piques savoureuses sur l'art contemporain notamment Cindy Sherman et Gilbert et Georges. Propos recueillis lors du Festival America. Fergus Dantec à tombeau ouvert : Grande Jonction (1ère manche) 380 pages, soit une demie Grande Jonction, et Maurice Dantec a réussi à me faire oublier la majeure partie des critiques qui pesaient sur Cosmos Incorporated, son dernier roman, et Villa Vortex, le précédent. Grand Jonction est un roman tiré à quatre épingles : épique, puissant et, pour le moment, tenu dans les limites de l'intelligible sur le sentier d'excellence de la Sirène Rouge et autres Racines du Mal (l'ambition démesurée en plus). Suite directe de Cosmos Incorporated, une dizaine d'années plus tard, le roman reprend certains des personnages et des territoires découverts il y a un an (Grande Jonction, le Cosmodrome, Junkville, l'hôtel Laïka, Heavy Metal Valley et le shérif Langlois) et fait progresser l'intrigue d'une manière limpide : le "fils" du tueur, de l'Ange et de la Métastructure (fin de Cosmos Inc) a été recueilli, comme on pouvait s'y attendre, par les Chrétiens de HMV, élevé dans le plus grand secret et s'apprête à livrer un duel final contre la "Chose" qui veut anéantir l'Humanité (je vous laisse découvrir par quel moyen). Link de Nova (cet Elu tiré d'un Matrix intelligent) a des pouvoirs spéciaux et s'appuie sur une Wild Bunch composée du shérif lui-même et de deux chasseurs de prime tueurs, cow-boys solitaires, épatants. Grande Jonction est un western futuriste qu'on rêverait de voir adapté par la réincarnation de Walsh ou Ford (John Carpenter). Les descriptions des paysages apocalyptiques de Grande Jonction sont sublimes (Maurice Dantec s'est acheté un manuel de botanique et aligne des centaines de noms de plantes et d'herbes folles) et les clins d'oeil au western appuyés jusqu'à cette séquence archétypale de protection de la diligence (12 000 livres envoyés par le Vatican pour servir la résistance chrétienne) qui tient en haleine sur une quarantaine de pages. Le langue de Dantec s'est allégée depuis l'année dernière même si on persiste à penser qu'un travail éditorial plus poussé permettrait parfois d'éviter les redites et les séquences redondantes. Ce qui gonflait hier (les tirades scolastiques, les références bibliographiques et conceptuelles qui plombaient Villa et Cosmos par le dedans) est ici parfaitement intégré à A ce stade, et sans occulter les limites permanentes de l'écrivain (sa boursouflure passera pour de la maladresse ou du souffle, selon qu'on aime ou qu'on aime pas), Grande Jonction est le demi-roman le plus excitant que j'ai tenu en main depuis quelque temps. Je reviendrai sur le fond à la fin du voyage. Pour en discuter sur le forum dédié. Amélie Nothomb: journal d' Hirondelle Quoi qu'il arrive, la sortie d'un nouveau livre d'Améilie Nothomb est toujours un événement. Sûr de son coup, son éditeur a tiré journal d'Hirondelle à 220 000 exemplaires ( le précédent acide sulfurique s'était vendu à quelque 170 000 exemplaires). D'après Livres Hebdo, l'ouvrage est déjà très bien placé dans les préventes internet.Pour ceux que ça intéresse, Amélie Nothomb sera au Virgin Megastore des Champs Elysées demain, mercredi 23, entre 18 H et minuit pour une séance marathon de dédicaces. Début d'un plan media qui sera sûrement équivalent à celui d'une star de la pop et auquel nous participons, certes modestement , par cette notule. Le livre qui narre les frasques d'un coursier devenu tueur reprend les habituelles obsessions Nothombiennes - goût du malsain, quête impossible d'absolu...- mais on continue, depuis Hygiène de l'assassin, et malgré de constantes déceptions depuis, à espérer une nouvelle claque de la part de l'excentrique nippo-belge. Journal d'Hirondelle Amélie Nothomb Albin Michel. |
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