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l'actualité des parutions chez Actes Sud.
Un nouveau roman de Paul Auster en janvier 2009 La sortie en France du dernier roman de Paul Auster, prévue pour le 7 janvier, sera une belle façon d'inaugurer une nouvelle année... littéraire. Attendu par de nombreux fans, Seul dans le Noir (Actes Sud) renoue avec les thèmes de prédilection l'écrivain New Yorkais, comme la solitude, la quête identitaire et artistique, ou encore le processus de création romanesque.
Critique littéraire à la retraite, le héros August Bill est contraint à l'immobilité suite à un accident de voiture. La nuit, pour lutter contre ses angoisses, il se raconte l'histoire d'un monde parallèle, où ni le 11 septembre ni la guerre en Irak n'auraient eu lieu, mais où les Etats-Unis seraient, en revanche, en proie à une terrible guerre civile. Fiction dans la fiction - c'est là l'une des spécialités d'Auster - le monde imaginaire d'August Bill conduit à interroger le rapport entre l'individu et l'Histoire, entre le temps réel et le temps de la fiction. Deux itinéraires se croisent alors dans le roman : celui d'une conscience américaine en plein désarroi, et celui, non moins tortueux, de l'invention romanesque.
Inutile de préciser que l'on attend beaucoup de Paul Auster, qui, depuis près de vingt ans, fait un carton mondial avec chacun de ses romans. Le mois de janvier sera d'ailleurs l'occasion de mettre à l'honneur cet écrivain majeur : parallèlement à Seul dans le noir sortira, le 9 janvier, le DVD de Paul Auster Confidential, un documentaire réalisé par Guy Seligmann et Gérard de Cortanze (Arte Editions). Celui-ci propose la seule interview accordée par Paul Auster à New York. Entre Brooklyn, Central Park ou le Shea Stadium, l'écrivain se confie sur sa vie - son enfance, le base-ball, ses voyages - et son œuvre, indissociable de celle-ci.
Lire la chronique de Seul dans le noir sur Fluctuat Le polar suédois : gros chiffres, grand froid En important la trilogie Millénium du suédois Stieg Larsson, le directeur de la collection "Actes Noires" d'Actes Sud, Marc de Gouvernain, a eu plus qu'une bonne intuition : il a décroché le jackpot. Les aventures explosives des héros Mikael Blomkvist et Lisbeth Salander ont conquis les lecteurs français, au point d'exploser aussi tous les records de vente : selon Actes Sud, 1 150 000 d'exemplaires ont été écoulés, sans compter les 2 000 à 3 000 exemplaires de chaque tome qui se vendent encore chaque jour.En Suède, un conflit oppose la famille de l'auteur et sa compagne de toujours, qui possèderait 200 pages inédites de Millénium. C'est dire quelle valeur a pris le texte de Larsson.
Après un tel succès, l'hypothèse n'est pas difficile à formuler. Le polar suédois semble être un bon filon, pas question de le laisser filer. Les traducteurs d'Actes Sud (Marc de Gouvernain et Lena Grumbach) se sont donc remis au travail, dans le but de faire découvrir cette fois l'œuvre de Camilla Läckberg, jeune auteure de polars qui talonne Stieg Larsson dans les listes de meilleures ventes en Suède. Paru le 5 mai, La Princesse des glaces semble avoir tous les atouts pour succéder à Millénium. Même format : couverture rouge et noir, titre et dessin intrigants, gros pavé pour bonne prise en main. Une héroïne attachante, un décor naturellement glacé et propice aux crimes inexpliqués : La Princesse des glaces conte le parcours d'Erica Falck, biographe de trente-cinq ans installée dans un port de pêche de la côte ouest de la Suède, qui devient enquêtrice malgré elle après avoir découvert le corps de son amie d'enfance dans une baignoire. De l'amour : tout comme l'ambiguïté des personnages de Millénium apportait du piment à leurs aventures, une pointe de romantisme vient échauffer l'enquête d'Erica Falck. Elle découvre l'amour dans les bras de l'inspecteur Patrik Hedström...
Depuis sa sortie, La Princesse des glaces se positionne plutôt bien dans les ventes. Après un premier tirage à 15 000 exemplaires, une réimpression est en cours selon l'éditeur. La collection "Actes Noirs" ne serait-elle pas en train d'impulser une véritable mode scandinave du polar dans l'édition française ? Marc de Gouvernain, qui pour avoir traduit tous les ouvrages suédois qu'il a publié, les connaît de long en large, a son explication : "Là où le polar scandinave est bon, c'est qu'on a des auteurs qui écrivent de vrais romans. Pas des exercices de style ou du délire personnel, mais de vrais romans. De gros romans, sur le modèle anglo-saxon avec souvent 600 pages mais sans les psychopathes style Hannibal Lecter. Ce sont des intrigues au plus près de nos préoccupations avec des personnages communs et du coup, le lecteur français se reconnaît dans ces univers". Suffit-elle ?
Kafka pour les nuls
Kafka Le Magicien, ou l'ultime voyage initiatique
Rezvani refuse, si ce n'est sur cet excellent extrait, de céder complètement au jeu de l'absurde et de l'extraordinaire. Son Magicien, installé brillamment dans une forteresse mystérieuse du Tibet, pâtit finalement de ce surcroît de raison pour retenir ses personnages dans un dialogue intelligent sur la magie, ses moyens et ses conséquences. Lire la chronique complète de Le Magicien, ou l'ultime voyage initiatique Mon père ce magicien L'illustration est ce qu'on appelle un coup bas qui ne fait pas justice à un ouvrage qui, à défaut, d'être tout à fait convaincant mérite qu'on salue ses ambitions. Dans ce magicien, Rezvani s'imagine en fils d'un magicien cultissime, vénéré par l'ensemble de la profession. Après avoir refusé plusieurs invitations similaires, le fils de la légende accepte finalement de participer en observateur à un Congrès magique annuel se déroulant dans une forteresse inexpugnable dans l'Himalaya. Il embarque ainsi dans une aile volante ultrarapide, créée par son père et mue par des forces inexpliquées, pour rejoindre un Tibet enclavé, en forme de lieu-clos pour l'exploration des âmes et des vies. Au milieu des magiciens, répartis en castes selon leur mérite, le fils devient le centre d'attention de tous. Il confesse, il résiste à l'hagiographie qu'on lui sert de son paternel et joue le rôle du sceptique et du rationnaliste face aux exploits supposés des uns et des autres : téléportation, lévitation, hypnose,... Chez Rezvani, la magie est plus discutée que montrée. La subtilité du livre, bâti à 80% sur des des dialogues, tient en cette volonté du fils de résister à la figure envahissante du père, véhiculée par les magiciens, homme et femmes (quelques personnages de sorcières très réussis), en mettant en cause la réalité de ses pouvoirs. L'interrogation porte ainsi sur la réalité du merveilleux dans son rapport à la science ou la raison, sur la valeur de la croyance et sur la manière dont se structurent les messages outre-réels. La clique des prestidigitateurs est hilarante, peinte comme un congrès de VRP scientifiques, dans ce décor entouré par les montagnes, cernées par des douves profondes et emplies de sangsues géantes.Sur ce canevas parfait, ce qu'on reprochera (à tort) au livre c'est finalement d'être trop corseté par sa forme (le discours) et ses intentions (le double projet étude du lien filial/ exposé sur la magie), au détriment de sa fantaisie. On eut aimé, sans tomber dans un livre de Christopher Moore (encore que), que Rezvani lâche la bride à ses magiciens et leur fasse peut-être faire en direct les miracles dont ils se targuent. Du coup, le livre manque de spectaculaire. A l'inverse d'un Baron de Münchausen, dont l'exposé est tellement clair et brillant qu'on finit par croire à ses trucs, les magiciens de Rezvani apparaissent, par la faute de l'auteur, en demie-teinte et manquant de consistance. Si c'est bien l'un des propos du livre, il aurait pu être atteint, compte tenu de l'excellente mise en place et des moyens immenses de Rezvani, avec une plus grande efficacité. Le Magicien, comme le père du héros, se lit avec un grand plaisir, suggère l'immense bouquin qu'il aurait pu être mais manque de percussion fantastique.Adage maison : en littérature comme ailleurs, à trop raffiner, on diminue ses effets.Le Magicien, ou l'ultime voyage initiatique Serge Rezvani Actes Sud
Atomic Park
Atomic Park de Jean-philippe Desbordes. Actes Sud.
Stieg Larsson : les hommes qui n'aimaient pas les femmes " Au milieu du mois de janvier, Mikael Blomkvist donna pour mission à son avocat d'essayer de savoir quand il était censé purger ses trois mois de prison. Il tenait à se débarasser de la corvée au plus vite. Aller en prison se révéla être plus facile que ce qu'il avait imaginé. Au bout d'une semaine de palabres, il fut décidé que Mikael se présenterait le 17 mars à la centrale de Rulläker près d'Osterdund, un établissement pénitentaire souple pour des condamnations légères. L'avocat de Mikael l'informa en outre que la peine serait très vraisemblablement écourtée.- Tant mieux, fit Mikael sans grand enthousiasme". Comme on le voit dans cet extrait, Mikael Blomkvist tient la grande forme. Ce journaliste qui vient de perdre un procès en diffamation est chargé par un industriel d'une bien déroutante enquête : depuis quarante ans, celui-ci reçoit une fleur séchée à la date anniversaire de la disparition de sa fille adoptive. Héros presque brisé dans la pure tradition du polar scandinave, Blomkvist est épaulé par une fouineuse en délicatesse avec l'appareil social entier. Stieg Larsson livre avec "les hommes qui n'aimaient pas les femmes" le premier volet de la trilogie Millenium dont il remit le manuscrit à son éditeur peu de temps avant de mourir. Les hommes qui n'aimaient pas les femmes. Stieg Larsson. Actes-Sud. Collection Actes Noirs. Le polar scandinave à la loupe. A lire dans le mag de Flu. Tim Parks : Rapides "Nous avons inventé Wally pour le remettre au pagayeur ayant fait preuve de négligence, lequel doit protéger Wally pendant toute une journée. C'est cet esprit de protection, cette obligation d'être attentif qui, au fond, nous protège tous. Cela ,nous rappelle qu'il faut veiller les uns sur les autres. Je suis certain que ceux d'entre vous qui ont descendu le haut Aurino, aujourd'hui, en auront compris l'importance. Pourtant, nous avons tous été incroyablement négligents et insouciants, puisque personne n'a compris que l'un d'entre nous, même si ce n'était pas un membre à part entière de notre groupe, en tout cas une personne proche de nous, se sentait mal, extrêmement mal. Au point de tenter de se tuer."On le savait depuis Délivrance qu'il ne fallait jamais, jamais, faire de canoë. Bon, c'est vrai que là il s'agit de kayak. N'empêche : dans Rapides, Tim Parks raconte un stage de descente où les rochers ne sont pas la menace la plus flippante. Une chronique dans le mag, bientôt, écrite sans gilet de sauvetage. Désert Américain
Mark Costello, maître du jeu romanesque
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