Les Bienveillantes de Jonathan Littell : coup marketing et alors ?
MAJ : Lire aussi le forum les Bienveillantes. Commentaires
De MEREDITH, posté le 05.10.06 à 18:45
![]() C'est qui qui fait des fautes de nenfant du cp allez des noms!! De Maximilien, posté le 05.10.06 à 19:38 ![]() D'accord avec l'auteur de cet article ! De Ignatus, posté le 05.10.06 à 21:04 ![]() J'ai lu le chiffre de 180000 exemplaires quelque part. Ce qui est marrant effectivement, c'est que très tôt il a été classé au top des ventes amazon et autres magazins en ligne, alors même que les médias en avaient encore très peu parlé. Je n'arrive toujours pas à comprendre comment autant de personnes ont acheté ce livre: il est excellent certes, mais pas forcèment facile, et c'est un énorme pavé. Ce n'est pas un livre pour lecteur dilettante en tout cas. Le critique des Inrocks n'a même pas pu le finir, c'est dire! (je rigole ce devait être un neuneu, c'est normal) De Michel H., posté le 06.10.06 à 00:08 ![]() Ouais je veux des noms! De So Weird, posté le 06.10.06 à 13:20 ![]() Mais qui lui en veut, en fait, à Littell ? Votre article n'est pas très clair sur la question. Au passage, merci à lui : à force de le comparer à Tolstoi, les critiques m'ont donné envie de lire (et pas en diagonale comme autrefois) La guerre et la paix. J'ai passé un grand moment avec Pierre Bezoukhov. Et je me suis dit que je n'allais pas le gâcher en m'embarquant de suite dans Les Bienveillantes (dont la première phrase, largement citée dans la presse, n'est pas excessivement appétissante.) De So Weird, posté le 06.10.06 à 13:21 ![]() J'écris comme un cochon. "Merci à lui" — ce devrait être "Merci à Littell". Sorry. De Mazunte, posté le 06.10.06 à 17:57 ![]() J'en ai lu deux pages et j'ai acquis la certitude que je ne lirai jamais ce livre en entier. Et je trouve plutôt douteux qu'un auteur en 2006 écrive 900 pages en croyant encore au pouvoir de la littérature comme si on était au 19ème siècle. D'un point de vu artistique, je considère cette tentative comme en complet décalage avec son époque et pour tout dire plutôt dépassée. Littel n'est clairement pas un auteur de l'avenir. De Ignatus, posté le 06.10.06 à 21:02 ![]() "Littel n'est clairement pas un auteur de l'avenir." C'est quoi un auteur de l'avenir? Un auteur qui écrit un livre en 30 SMS qu'on peut télécharger un à un chaque mercredi pour 2€ le SMS avec une sonnerie gratuite bonus au bout de 15? De Mazunte, posté le 07.10.06 à 00:47 ![]() Un auteur de l'avenir est une personne qui prend en compte les enjeux actuels de la littérature, qui sait par exemple que le roman est une forme peu adaptée pour dire le monde, et qui doute de la forme romanesque en tant que moyen de retranscrire une réalité. Un roman de l'avenir est un roman qui doute de pouvoir jamais être écrit. Et non, un auteur de l'avenir n'est pas un décérébré qui écrit en SMS, non plus qu'un guignol qui passe à la télévision, ou un entertainer cynique. Et quand je dis auteur de l'avenir, j'entends par là , auteur qui ouvre des portes vers notre présent, et non pas homme de l'actualité. Ce qu'a fait Littel, c'est de surclasser les autres, mais sa proposition n'en est pas pour autant très bonne. Son roman fleuve cherche trop à impressionner. Or je ne suis plus impressionable, je suis sceptique et je ne vois pas qu'il soit possible de faire une autre littérature que criblée de doutes. Son effort est bien trop gigantesque pour notre époque minuscule. De Charlie, posté le 07.10.06 à 07:49 ![]() Et si c'était le seul livre qu'il devait écrire, qu'en diriez-vous? De lil, posté le 07.10.06 à 17:18 ![]() @ Mazunte : tu écris "le roman est une forme peu adaptée pour dire le monde, et qui doute de la forme romanesque en tant que moyen de retranscrire une réalité". Dirais-tu la même chose du dernier Philipp Roth? De Behemoth48, posté le 07.10.06 à 20:57 ![]() A Mazunte : J'envie depuis toujours les grands esprits définitifs ... qui savent tout d'avance et que la Vie ne peut plus surprendre . Emettre un avis si pur , si radical et si ... définitif ... au bout de 2 pages de lecture d'un tel livre - et nous dévoiler , en passant , la trame de la littérature de l'Avenir , à nous , pauvres humains - relève pour moi de la performance conceptuelle pure ... ou de la vanité des cuistres ? De dash, posté le 08.10.06 à 00:20 ![]() à behemoth48: c'est pas exactement ça, que je reprocherais à Mazunte. Le droit de ne pas aimer en 2 pages, ça se pratique. Et ses visions futuristes pleines d'envie, c'est pas mal non plus. A la première bouchée d'un Macbacon, je dis non, c'est nase, et je n'attends pas de tomber, au bout de vingts minutes de mastiquation difficile, sur le cornichon tout au fond du dernier morceau, pour m'en convaincre. Quant à l'avenir, je le vois sans grains de sésame... Je n'ai jamais compris ni leur intérêt esthétique, ni leur apport gustatif. Non, clairement, pour moi, l'avenir sera sans grains de sésame, c'est clair!! Je souhaiterais simplement faire remarquer à Mazunte que le roman exercice ou challenge est toujours intéressant: autant par sa réussite et le défi qu'il représente, que par ses manques évidents de liens avec ce qui justement serait un roman "qui compte vraiment". Ce qui serait minable, c'est qu'un talent pareil se borne à se complaire là dedans... et hélas, c'est ce qui est souvent le cas... De Ignatus, posté le 08.10.06 à 11:21 ![]() ===>"Le droit de ne pas aimer en 2 pages, ça se pratique" Clairement. Mais après je ne suis pas certain que ça autorise à formuler péremptoirement en public un avis définitif. ===>"Quant à l'avenir, je le vois sans grains de sésame... Je n'ai jamais compris ni leur intérêt esthétique, ni leur apport gustatif. Non, clairement, pour moi, l'avenir sera sans grains de sésame, c'est clair!!" Le problème, c'est que l'avenir ne s'intéresse justement pas beaucoup à ton avis sur les grains de sésame. Et qu'il faudrait être un brin mégalo pour penser que ton désamour pour les grains de sésame puisse avoir un quelconque impact sur le futur. De Mazunte, posté le 08.10.06 à 11:25 ![]() Pour continuer sur les comparaisons gustatives, disons alors que Littel c'est de la littérature bourrative, c'est d'ailleurs ce qui a du séduire Gallimard, cet ancien restaurateur qui a perdu ses étoiles et qui court après son prestige. Or moi, j'ai besoin d'une littérature beaucoup plus aérienne et moderne ou alors si je veux du témoignage sur la détresse et la guerre, je lis "Les récits de la Kolyma" de Chalamov. Je suis désolé pour Behemoth d'avoir une visoin de la littérature et d'avoir une opinion, je ne le ferai plus. je vais faire comme les critiques de la télé et n'avoir aucun avis, juste m'enthousiasmer pour rien. Et disons enfin, qu'en tant que lecteur, je ne trouve pas en Littel l'étonnement ni la suprise que j'attend encore de l'art. De alain11, posté le 09.10.06 à 15:26 ![]() Behemoth, c'est le nom du bouquin de Franz Neumann, un autre livre capital sur le même sujet...car le bouquin de Littell est bel et bien capital. Le problème est qu'il ne sera pas possible de le faire entendre à ceux comme Mazunte qui ont décidé que ceci ou cela. Rassurons nous, une fois passé le chocéditorial, nous pourrons en parler sereinement entre ceux qui l'ont lu, parler du texte, comme tous les grands livres celui là cheminera longtemps dans les esprits. De dash, posté le 09.10.06 à 16:24 ![]() faut arreter là... c'est quand même 900 pages, c'est assez bon, parfois très bon, mais très souvent simplement long. c'est un sujet somme toute assez ballisé (entre Merle, Grossman, Greif ou Levi), n'en déplaise aux chouettes transfigurées veillant sur le saint devoir de mémoire et autre babylone yéyé... ce n'est pas la pierre angulaire de la clef de voute sur laquelle toute la littérarure à venir devra s'appuyer sous peine de cassage de gueule. c'est un record, une performance, limite un happening pour faire du bruit, avec du style et une belle petite gueule, certes, mais c'est tout. Point barre. Maitenant, si c'est devenu hype en un mois, de se prendre le crâne dans le métro sur un pavé qui n'intéresse que parce qu'il fait peur aux lecteurs de Gala, c'est autre chose... mais faudrait voir à pas tout mélanger. De DooM, posté le 09.10.06 à 18:50 ![]() à Mazunte. Je crois comprendre ta critique : On n'évalue pas la qualité d'une oeuvre à son nombre de pages. Un livre ne se vend pas au kilo, comme les steaks à McBacon... Les Bienveillantes est un livre épais, érudit et parfois lourd. Mais il est également très moderne et ne peut se réduire à une simple régression vers le roman réaliste du XIXe. Loin s'en faut. Beaucoup louent sa "lourdeur" qui contrasterait agréablement avec la littérature "light" de cette fin de siècle. Mais ce livre est également très moderne par son point de vue amoral et cru. L'homosexualité de Aue, par exemple, n'est pas une perversion explicative de la "monstruosité" du personnage mais un simple détail parmis d'autres. Ni plus ni moins. Cela dit le Roman manque parfois, il est vrai, d'"envolée" et d'originalité en se perdant dans l'érudition et le routinier. Mais cela ne suffit pas du tout à en faire un mauvais livre, à mon avis. Car certains passages sont en revanche, brillants, surtout pour un (presque) premier roman. De Mazunte, posté le 09.10.06 à 20:38 ![]() Je ne suis pas hermétique à ce livre. Je vais d'ailleurs l'emprunter dès que j'en aurais l'occasion pour approfondir mes réflexions. Mais écrire selon moi, c'est avant tout manipuler des formes, inventer des propositions, c'est trouver un style beaucoup plus que raconter une histoire. Or le livre de Littel vaut surtout par ce qu'il raconte, là est sa puissance : dans son sujet, dans sa violence. Or, je suis partisan d'une écriture plus précautionneuse, plus soucieuse de justesse et de précision. Nous n'avons pas assez de mots pour pouvoir les dépenser sans compter. De Jeune demoiselle, posté le 09.10.06 à 21:05 ![]() Recherche un roman de l'avenir, 200-300 pages maxi, avec style léger et réflexion sur lui même + scène de poursuite avec hélicoptère. Si t'as les critères, babe, envois ton ISBN. De alain11, posté le 10.10.06 à 10:15 ![]() à Doom. D'accord avec presque tout. Bien sûr que certains passages sont brillants, avec de vrais bonheurs d'écriture. Quant-à la longueur du bouquin qui semble étonner tant de monde (pourquoi, au fait ?) elle est nécessaire, absolument. La seule chose qui m'ait paru outrancière ou exagérée, c'est la chute mais comme personne n'en parle, je me demande qui l'a vraiment lu jusqu'au bout, ce livre. De maximilien, posté le 11.10.06 à 14:48 ![]() A dash : Ciel !...900 pages, m'enfin c'est affreux, vous vous rendez-pas compte...trop long...si long...il va falloir amputer le temps consacré à l'étude des oeuvres complètes de Sheila...ce serait trop injuste, à la fin, de négliger de tels chefs-d'oeuvre pour cet auteur qui n'a même pas écrit : "mais oui... mais oui l'école est finie". C'est Mazunte qu'a bien raison, il s'en est tenu à deux pages, lui au moins : pas fatigué, na!.. De Voltaire, posté le 11.10.06 à 18:00 ![]() "Il faut être très court, et un peu salé, sans quoi les ministres et madame de Pompadour, les commis et les femmes de chambre, font des papillotes du livre." De Jack, posté le 11.10.06 à 18:51 ![]() Jonathan Litell est un Grand ! Voilà les faits. Toute polémique parait bien dérisoire. Peu importe ceci ou peu importe cela. La République des lettres, pour une fois, accouche d’un géant. BOUM ! Premier roman, 900 pages, écrites serrées, sans respiration. Une densité hors norme, pas de blabla messieurs, ici on analyse l’Occident et ses valeurs broyées, torturées par la grande boucherie du XXe siècle. Attention messieurs ! Nous n’avons que 900 pages, alors pas de temps à perdre, au principal je vous prie. Les Bienveillantes, une érudition abyssale, une style discipliné, esthétique et poétique, un sens de l’analyse clair, argumenté, étincelant. Les SS ? Ce sont vous, ce sont nous. Nous marchons au bord du précipice sans nous en rendre compte. La morale se fend d’un bon coup de hache ! Gare aux prétentieux, ils finiront brûlés vifs, comme les autres ! Une œuvre époustouflante. Putain j’attendais ça ! Bravo ! Bravo ! Bravo ! Chapeau bas ! Rien à dire ! De gumpy, posté le 12.10.06 à 03:05 ![]() Je viens de terminer le livre ,sans quasiment avoir repris ma respiration. De toute évidence certains passages sont un peu longs mais l'auteur avoue lui meme son admiration des romanciers du 19 éme ,et en fait meme un clin d'oeil dans les lectures du Dr Aue dans le livre. Ce la m'a donné envie de me replonger dans de vrais romans justement ,et qu'importe s'ils ne sont pas modernes . On se doute qu'ils n'ont pas été écrits sur une table du café flore en 3 semaines. Pour la fin du livre elle est certes surprenante ,mais je suis d'accord avec alain 11 ,ce n'est pas forcément ce qui m'a le plus ravi.... Bon courage à ceux à qui le pavé fait peur ,accrochez vous cela en vaut la peine De Bernard, posté le 12.10.06 à 09:18 ![]() Je suis en train de lire le bouquin. Difficile de le lâcher. Il y a beaucoup de bonnes choses et l'auteur est vraiment très bien documenté sur la question, y compris les aspects militaires. Je détecte quand même quelques faiblesses. Par exemple la manière dont l'auteur démontre l'inanité des théories nazies en organisant des rencontres fort opportunes entre Aue et des spécialistes (Voss, le commissaire politique soviétique). La manière dont l'auteur s'arrange pour que Aue "passe" par Stalingrad est un peu facile . Le Dr Mandelbord qui tire les ficelles dans l'ombre est peu crédible. Ca fait un peu génie du mal à la James Bond. J'ai aussi un problème avec le personnage de Aue. Il y a quelque chose qui ne vas pas chez lui. Il a un côté artificiel, non-humain, mais je vais attendre de terminer le livre car tout s'éclaircira peut-être. De alain 11, posté le 12.10.06 à 10:38 ![]() a Gumpy : n'est-ce pas, cette chute, la scène dans le bunker, la torsion de nez, il y a quelque chose qui cloche. Avançons trois hypothèses : 1. Aue est arrivé au bout de son sens de la dérision et peut-être de sa folie intime, ceci ajouté aux séquelles de la balle dans la tête à Stalingrad. 2. Littell donne volontairement un coup de gomme sur les tragiques 900 pages et termine par une pirouette "chaplinesque".Cette scène aurait pu en effet être dans le Dictateur de Chaplin. Ou bien il ne peut pas s'en empêcher comme s'il était épouvanté par ce qu'il vient d' écrire. 3.Littell sachant qu'il est inévitable que son héros finisse par rencontrer Hitler, procède par cette scène à un acte militant afin de donner un salutaire coup de pied aux fesses à d'éventuels nostalgiques du régime. L'arme du rire, en somme. Qu'en pensez-vous ? De Skeptique, posté le 12.10.06 à 11:41 ![]() En gros, il suffit de parler du mal pour passer pour un génie... ou un "grand". A vous lire, j'ai l'impression que ce roman n'est qu'un pensum, certes bien documenté, mais convenu. Ca me rappelle Roger Martin Du Gard : de la matière, du travail, une bonne technique qui - elle - tente de sortir du XIX° siècle, mais rien que l'on ne puisse dire ailleurs que dans un roman. De gumpy, posté le 14.10.06 à 04:25 ![]() Pour revenir sur la fin je penche plutot pour la première solution ,à savoir que la fin du régime correspond à celle du délire de Aue. Une espèce de cauchemar éveillé qu'il a vécu et nous avec lui pendant toutes ces pages. Littel essaye aussi à plusieurs reprises de montrer que l'antisémitisme du régime et d'hitler contiennent des raisons et origines obscures (se rappeller sa vision du fuhrer pendant son discours). La réaction de Aue a "peut etre" également à voir avec ces éléments. Pour bernard ,je ne trouve pas que sa "mutation" à stalingrad soit si facile. La mutation à l'est et particulièrement dans les batailles en cours valait comme punition et meme condamnation déguisée ,ce qui est le cas. Pour finir avec leland et son acolyte ,ce sont peut etre en effet les personnages les plus romanesques du livre ,un cote james bond et X files pour etre moderne... De vinz, posté le 22.10.06 à 14:12 ![]() Mauvais premier (dernier certainement) roman. Style neutre au possible. On veut nous faire croire que la littérature française est sauvée par un américain (qui parle français aussi bien que vous et moi). Un truc de journalo, ça ! De mona, posté le 22.10.06 à 18:01 ![]() Ce livre est prodigieux. Non seulement pour le souffle qui l'anime, pour une érudition exceptionnelle, pour un parti-pris de vérité, d'une vérité extrêmement humaine et donc dérangeante. Qui peut lire sans vertige la descente aux enfers d'un homme désespéré, rendu à un état uniquement pulsionnel, lorsqu'il fuit Berlin pour se retrouver dans la maison de sa soeur... Et la fin aussi : métaphore de l'Homme revenu à l'état d'animal dans un zoo éventré par les obus... Même si certains passages paraissent sur le moment interminables, c'est par cette lenteur précisément qu'on tient accroché à ce livre, tôt retenu par une ambiance sombre et déprimante qui reflète exactement l'atmosphère trouble du milieu de la guerre en Allemagne, au moment où la victoire apparaît déjà moins sûre... Contrairement à ce qui a pu être dit, je trouve que le personnage possède une vraie épaisseur psychologique, sans tomber justement sur le stéréotype du nazi, brute inhumaine et sadique étayée par une idéologie fanatique. C'est bien plus subtil que cela ! Bref, j'ai été tout simplement captivée par ce livre. Dans ma trajectoire de lecteur, il y aura eu un avant et un après, sans aucun doute. Certains d'entre vous se sont-ils demandés si Littell avec son visage d'elfe immatériel ne serait pas tombé par hasard sur des archives inédites : journaux de guerre, comptes-rendus égarés, etc. ? Parfois on se représente un auteur par son livre : Ph. Roth se ressemble bien, Irving aussi? plein d'autres exemples... Mais Littell détonne complètement sur la représentation qu'on peut se faire de celui qui écrit un tel livre ! Et puis comment un jeune de 40 ans peut donner un tel sentiment d'authenticité alors qu'il n'a jamais rien connu de tel, ni de près ni de loin ? Soit c'est un immense écrivain, soit......... sur qui a-t-il copié ??? De gumpy, posté le 24.10.06 à 16:53 ![]() Je ne suis pas certain qu'il n'ait jamais rien connu de semblable dans sa vie ,notamment lorsqu'il était dans les balkans... Et oui je pense que c'estr un grand écrivain ,qui a commis un immense livre... De d., posté le 24.10.06 à 17:30 ![]() moi j' dis qu'y est trop long... passera pas au Goncourt. Non Madame! S'appelerait le Gonlong, encore, serait possib'... mais là... pis faut bien qu'ils le lisent les jurés, le foutu liv'! Et comme qu'ils le finiront pas, pa'ce qu'y est trop long, ben voteront pas pou' lui... Jourde, c'est impec. Français, bien de chez nous, 288 pages.. et même qu'il est contemporain à parler de battledress tout l' livre! Hé ouais! De kritik, posté le 26.10.06 à 17:07 ![]() je ne crois pas un seul instant à la théorie de "l'homme banal comme vous" (pas moi) qui par l'effet de Milieu, devient une saloperie de SS Totenkopf. Des millions d'Allemands se sont "couchés" pour survivre en en faisantt "le moins possible" et refusant (sans sanctions!!!) de faire l'innommable. Ceux qui, dans le Gross Reich même, cachèrent des juifs et celui qui donna du pain au"Pianiste" n'ont hélas pas toujours survécu (souvent) au front russe... Décrire l'histoire psychologique d'un tel être n'est qu' un bel exerciice de style sans valeur fondamentale autre. Mais ils n'é"taient pas des "hommes ordinaires" Ou plutôt ils étaient des Hommes tandis qu'une majorité d'êtres dits humains ne sont que des psychotiques ou Etats Limites incohérents prêts à toute perversion.
De kritik, posté le 26.10.06 à 17:11 ![]() la transmission des commentaires semblent avoir des caprices de mise en page?( ou ai-je fais des sottises sur mon clavier?) Le dernier paragraphe sur la personnalité pathologique est Avant la conclusion de deux lignes sur la vaine valeur du style... De gorgouloff, posté le 27.10.06 à 19:31 ![]()
Jonathan Littell ,s'est sérieusement documenté afin de rédiger ses 900 pages . A-t-il compulsé des documents, c'est possible il en existe des tonnes ,dans lesquels il faut savoir faire le tri, il le fait avec un certain brio, les adjuvants qui "font vendre" ,il a osé les réunir,en panachant avec une écriture d'un style qui n'est plus très apprécié . Que les humains empétrés dans une hierarchie dictatoriale ou non , soient capables du pire, c'est démontré depuis bien longtemps, le choix de la saga nazie, était la seule à sa disposition qui soit aussi perfectionnée, aussi diaboliquement calculée,qui s'étale sur plusieurs années,pouvant servir à la fois de support et de fil d'Ariane.De plus les témoins encore de ce monde sont très âgés, et souvent très discrets....Ce roman a été rédigé en français , si j'ose dire,et je l'ose : Ce n'est pas un hasard............
De yann des steppes, posté le 29.10.06 à 09:11 ![]() J ai pour le moment 80 pages de bienveillantes en moi et nulle envie de vomir . De madmax, posté le 31.10.06 à 13:38 ![]() A Alain 11 et Gumpy : je suis d'accord avec vous sur la chute, qui tourne vraiment à l'exagération dans les toutes dernières pages. J'ai eu tout à coup l'impression de changer de livre, de passer à un mélange de polar suranné et de SF, dans lequel le Dr Aue se transforme soudain en super héros vautré dans le Mal, faisant la nique aux gentils et aux opportunistes mais renonçant quand même au Supra Mal... J'ai été déçue car, jusque là, j'avais trouvé l'oeuvre colossale, réaliste, sobre et sombre, avec des personnages fascinants d'ambivalence, qui portent cette humanité qu'on préfère leur renier tant elle est dure à envisager. La fin maladroite a entamé mon enthousiasme car elle "abime" le personnage, qui était si réel, par une inconguité inexpliquée (non pas la mort de Thomas, fait que j'attendais comme une conséquence naturelle de cette lutte pour la survie, mais l'acharnement des policiers et l'arrivée soudaine de Thomas, comme par hasard, au bon endroit, au bon moment...) Quant à Leland et son répugnant associé, ils m'étaient apparus tout à fait plausibles au cours du récit, des industriels tirant quelques ficelles de stratèges pour arriver à leurs fins venales, comme il a dû en exister plus d'un dans le 3ème Reich et comme on en trouve toujours dans les conflits armés... Or, la chute les déquille aussi, les faisant ressembler à deux grotesques maîtres du monde. J'ai cependant passé un moment passionnant, il ne faut pas le nier. Le travail sur ce livre a dû être harassant. Le style est plutôt neutre, hygiénique, ce qui correspond bien au narrateur et à son besoin d'expurger ses moments de bourreau. Je pense que ça va être très difficile pour Littell de passer à autre chose, après un travail d'une telle densité. D'autre part, je ne comprends pas les gens qui se permettent de juger à l'emporte pièce alors qu'ils n'ont lu que deux pages. Qu'on ne rentre pas dans un univers, un style, une problématique, c'est une chose. Je ne suis pas particulièrement pour l'acharnement intellectuel, mais plutôt pour le plaisir et la réflexion sereine. Cela m'arrive souvent de laisser tomber un bouquin très vite, pour de multiples raisons. Cela dit, je m'abstiens alors de critiquer sans fondements, je formule juste en quoi ces deux pages ne m'ont pas engagé à aller plus loin. Si les critiques littéraires fonctionnaient comme ça, sur deux pages à chaque bouquin qu'ils ne "sentent" pas, ils auraient un travail reposant et des idées limitées... De Ben..., posté le 31.10.06 à 15:09 ![]() "Si les critiques littéraires fonctionnaient comme ça, sur deux pages à chaque bouquin qu'ils ne "sentent" pas, ils auraient un travail reposant et des idées limitées..." : justement. Il m'est déjà arrivé, après avoir lu une chronique, de me demander si le "critique" avait effectivement lu le livre dont il prétendait parler. De bob denard, posté le 31.10.06 à 16:28 ![]() certains enfoirés de critiques sont même de droite! et ouais!... brulons-les!!! De BxN, posté le 04.11.06 à 14:12 ![]() Je soupçonne quelques problèmes de transit chez certains lecteurs. Je me réjoui de me retrouver en vos charmantes compagnies au sommet des prochains charniers (si, si, n'en doutez pas, c'est pas un demi siècle de paix dans un espace géographique restreint qui va nous faire perdre le sens des réalités) pour entamer une relecture de ces belles partitions. Bon, amis critiques littéraires, faudra à ce moment faire preuve de concision, on aura pas beaucoup de temps. C'est bon la ouate, mais faut pas oublier de péter. Donc, Mr. Littell, félicitations, quel talent ! Vous avez si bien restituer cette fièvre froide qui dicte chacune de nos actions malgré le soleil aveuglant de l'idéologie. L'esprit critique est un écran de fumée gazeux et ephémère, une réaction chimique orchestrée par la fermentation des excréments. Donc au final (900 pages), peu de doutes, peu de questions et cette impression d'un mirroir éclatant qui laisse l'ombre du lecteur se dessiner distinctement. De Behemoth48, posté le 05.11.06 à 15:55 ![]() belle discussion , in fine ... Mais revenons au présent : Je viens d'essayer de m'attaquer au dernier opus d'Angot - j'ai été incapable de dépasser la page 20 ... Mazunte , ce blocage m'autorise-t'il à juger cette moderne altitude - l'égo-littérature du texto et des cycles menstruels - ? Décidément , je reprends le Littell , pour patienter en attendant la Littérature du III* millénium - vivement Demain De Gilles, posté le 05.01.07 à 00:00 ![]() Sauf que… Quand on parle de "dégat collatéral", je sors mon agenda. Bombardement de l'ambassade de Chine à Belgrade. Dégat collatéral ? Mon œil : objectif principal de l'armée américaine. Chute de Gorbatchev : dégat collatéral de la Guerre du Golfe ? Mon œil : objectif principal de l'administration Bush (père) américaine. Le livre de Jonathan Littell porte le même titre qu'un roman publié en 2002 : dégat collatéral pour l'auteur dudit roman ? Mon œil : objectif principal de l'édition française, faire taire Gilles Carpentier. De Tepoztiti, posté le 12.01.07 à 08:51 ![]() Ai un peu de mal à comprendre les réactions des lecteurs de Litell. Gallimard est un pro, même s'il s'est planté sur les prévisions de vente (normal). Le thème du bouquin attire autant qu'il suscite un rejet a priori (voir les blogs divers au lancement en septembre). En revanche, Litell est un génie: acteurs très vivants et lecture facile, extraordinairement documenté sur le Caucase (il a écrit une thèse sur le sujet?), et on apprend au passage que les juifs ukrainiens avaient déjà été fusillés en masse (tout le monde devait le savoir à l'époque: pourquoi on a focalisé exclusivement sur les chambres à gaz)? Bravo Littell, pour moi, cela dépasse Proust, qui restait au top de mes lectures car, en plus des analyses sociales de Proust, on sait que Littell n'a pas été un SS. De bidoubat, posté le 25.02.07 à 15:53 ![]() Un livre parfois attachant(descriptions de paysages,Stalingrad)mais que de redondances et de pédantisme.N'en déplaise à certains ,pour un premier ouvrage ce n'est pas un coup de maître;le chemin est encore long avant de rejoindre les grands auteurs du 19ième . De FORST, posté le 16.04.07 à 15:46 ![]() Ca sent le cadavre Voici qu'à Paris paraît "Les Bienveillantes", et qu'à Strasbourg paraît "Cher oncle Georges". Voilà les sujets qui apportent maintenant du gain aux maisons d'éditions. Mieux, Gongourt peut s'en orgueillir, comme l'auteur... S'enrichir sur des cadavres dont leurs histoires ne pourront jamais être écrites, et romancer sur leur bourreaux, cela donne la nausée et montre , combien bas, sont tombées les maisons d'éditions et les membres du Jury du Prix Goncourt. Ce genre de livres ne devrait jamais être édité. Il y eut les cadres monstrueux, les collabos, et leurs bourreaux... Il y eut leurs millions de victimes, d'hommes, de femmes, d'enfants et de vieillards, déshonorés, torturés, mutilés, assassinés. Et on se permet de romancer sur les premiers, et d'honorer leurs auteurs. Abjecte commerce de genre littéraire ! Vous feriez mieux d'éditer de la poésie, ou les lettres des victimes et de leurs membres de familles, et de laisser aux historiens d'écrire les vérités et de dévoiler les mensonges. De FORST, posté le 16.04.07 à 15:47 ![]() Ca sent le cadavre Voici qu'à Paris paraît "Les Bienveillantes", et qu'à Strasbourg paraît "Cher oncle Georges". Voilà les sujets qui apportent maintenant du gain aux maisons d'éditions. Mieux, Gongourt peut s'en orgueillir, comme l'auteur... S'enrichir sur des cadavres dont leurs histoires ne pourront jamais être écrites, et romancer sur leur bourreaux, cela donne la nausée et montre , combien bas, sont tombées les maisons d'éditions et les membres du Jury du Prix Goncourt. Ce genre de livres ne devrait jamais être édité. Il y eut les cadres monstrueux, les collabos, et leurs bourreaux... Il y eut leurs millions de victimes, d'hommes, de femmes, d'enfants et de vieillards, déshonorés, torturés, mutilés, assassinés. Et on se permet de romancer sur les premiers, et d'honorer leurs auteurs. Abjecte commerce de genre littéraire ! Vous feriez mieux d'éditer de la poésie, ou les lettres des victimes et de leurs membres de familles, et de laisser aux historiens d'écrire les vérités et de dévoiler les mensonges. De david, posté le 17.09.07 à 00:44 ![]() Mazunte, lisez les Bienveillantes et puis après on en reparle... Certes, je suis sensibles à vos observations interrogatives sur la nécessité de la littérature aujourd'hui, mais si vous ne dites peut-être pas de conneries, vous en faîtes une en parlant de ce que vous ignorez... Pour ma part, j'ai vécu ce livre comme une expérience mentale et physique. J'ai 40 ans, je suis juif d'origine polonaise et ukrainienne et sans prétendre à quoi que ce soit de plus que quiconque sur ce "sujet", l'histoire de ma famille appartient à la douloureuse mémoire. Aussi, Littell ne m'a rien appris de nouveau mais il m'a apporté par la dimension de son oeuvre, par sa précision sur la mécanique finalement mal huilée de la solution finale (ce qui demande une telle longueur de pages), par l'atypisme de son anti-héros qui traverse l'horreur comme acteur et témoin "bien malveillant" de ce qui fut et contaminera le reste de l'histoire des hommes, -Littell donc- m'a apporté un plaisir pur (et je n'ai pas honte de le dire) de lecteur. Il est rare dans nos auteur contemporains qu'une oeuvre nous possède littéralement comme je l'ai été par les Bienveillantes. Je n'ai pas dévoré ce livre, c'est lui qui m'avalé au sein même de ce qu'il avait de plus surprenant et de plus, disons le mot, courageux... Voila un livre sans concession, normal qu'il fasse polémique donc, mais qu'au moins ceux qui prétendent en parler le lise! Quant aux décérébrés qui s'insurgent sur le fait qu'on puisse gagner de l'argent en parlant d'un sujet pareil, je vous plains... Vous n'êtes pas gardien de la morale car la morale est une entité vivante sans cesse en mouvement et je ne pense pas que vous en ayez la plus petite idée... David. Ajouter un commentaire |
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