Mexico City Blues : Kerouac en choeur Si vous en avez assez de la rentrée littéraire, des essais, bons et mauvais romans, jeter un oeil à ce Mexico City Blues de Kerouac, réédité dans la collection Poésie du Seuil, ne vous fera pas de mal. Publié en 1959 mais écrit, si je ne me trompe pas, au fil de l'eau entre 1950 et 1958, cet ensemble de plus de deux cents "chorus" est finalement à compter dans ce que Kerouac a fait de meilleur et du plus simple.Mexico City Blues est non seulement l'un des meilleurs titres d'ouvrages jamais rencontré mais également un recueil où la poésie prend partout le pas sur la raison. Les mots sont secs, les vers brefs et débarrassés de (presque) toute tentative de faire sens. Ce qui compte pour Kerouac, c'est de faire claquer les mots comme un fouet par la fenêtre de sa voiture, de faire claquer les décors, les images-concept et la réalité, dans des séquences qui ressemblent au final plus à des clips, à des jeux d'association stroboscopiques, qu'à des poèmes classiques. L'effet produit par la langue de Kerouac est semblable à ce que l'on ressent lorsqu'on regarde le bord du chemin depuis le TGV lancé à pleine allure : l'idée d'une énergie en marche dans un monde immobile, l'idée de traverser la réalité comme une balle de fusil, l'idée que le premier qui s'arrête est mort. Le premier refrain reproduit ici en VO illustre bien cette idée : on peut n'y rien comprendre et savoir que tout est dit. Les spécialistes considèrent ce travail comme directement inspiré par les impros jazz BeBop. Extrait :Butte Magic of Ignorance/ Butte Magic/ Is the same as no-Butte/All one light/Old Rough Roads/One High Iron/Mainway/Denver is the same/"The guy I was with his uncle was/the governor of Wyoming"/"Course he paid me back"/Ten Days/Two Weeks/Stock and Joint/"Was an old crook anyway"/The same voice on the same ship/The Supreme Vehicle/S.S. Excaligur/Maynard/Mainline/Mountain/Merudvhaga/Mersion of Missy Mexico City Blues Commentaires
De sylvain, posté le 23.09.06 à 19:13
![]() Kerouac, ça se saurait s'il avait écrit des poèmes qui valent la peine. A part sur la route, ce type a jamais rien fait de bon. Alors arrêtez de vous la jouer en faisant semblant d'aimer. L'exemple que vous donnez est bon : c'est n'importe quoi. Des mots juxtaposés qui ne disent à peu près rien et n'inspirent que l'indifférence. Qu'est-ce que ça exprime ? qu'est-ce que ça veut illustrer ? Rien, c'est le vide du drogué, de l'homo et de l'alcoolique qui essaie de faire de l'art avec rien. Affligeant. De MAUD ., posté le 07.07.07 à 21:11 ![]() La personne qui a posté le commentaire précédant, est, pour moi, un intolérant. On ne peut pas dire que tel ou tel oeuvre est à chier, tout simplement parce que les goûts et les couleurs ne se discutent pas ! La poésie est un art, et il ne suffit pas de mettre de beau mot dans de belles phrases toutes faites. Beaucoup des réflexions qu'il s'est faites ont pour moi une certaine logique, il faut arriver à voir au delà des mots, c'est ca l'esprit poétique. De charlotte, posté le 04.03.08 à 20:44 ![]() Non je ne pense pas qu'il soit intolérant je pense juste qu'il n'a aucune culture.cet homme est le fondateur d'un mouvement qui a marqué le monde ..."le vide du drogué" face à un vide de culture je pense que ça se vaut non?ce ne sont pas simplement des phrases ou des mots posés les uns à côté des autres il n'y a pas de règles ...je pense que sylvain est atteint de frigidité artistique tout simplement.mais un jour il aura le déclic il lui suffit peut-être de murir un peu et d'arrêter lévy ou musso... De Sylvain (un autre), posté le 05.03.08 à 14:27 ![]() > "On ne peut pas dire que tel ou tel oeuvre est à chier, tout simplement parce que les goûts et les couleurs ne se discutent pas !" Dangereuse assertion qui revient à tout mettre sur le même plan et nous condamne au silence, à un consensus davantage synonyme de repli sur soi, d'isolement intellectuel et esthétique, que de partage. Au contraire : parlons des goûts et des couleurs, tapons-nous dessus ! On aura au moins échangé des idées, des impressions, nos visions sur ce qui est bon/beau ou ne l'est pas, selon nous, chacun de nous, et nous aurons peut-être, incidemment, provisoirement, appris quelque chose, appris à voir les choses autrement. Par ailleurs, on peut reconnaître l'excellence ou les qualités d'une oeuvre sans pour autant l'apprécier : il faudrait également discuter de la notion de goût (jugement ou émotion?). Ajouter un commentaire |
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