Une certaine histoire du rockPosté par Easywriter le 15.09.06 à 13:00 | tags : photo
![]() Si on le feuillète négligemment, on est d'abord surpris par la sécheresse des clichés. Cadrages parfois négligés, retouches cracras (voir illus.)sous exposition systématique, si l'on s'en tient aux canons ordinaires de l'esthétique , les photos de Muriel Delepont sont moches. Sauf que pour le trentenaire nostalgique - dont nous sommes - l'art pauvre de Delepont devient au fil des pages un bel hommage expressioniste à une certaine vision du rock post-punk, brut et sombre. " J'ai tellement aimé Bauhaus", lui fait dire Philippe Manoeuvre dans la préface à Organic Vision of sound. Gothiques les clichés de Delepont le sont, même quand elle shoote les clowns de The Prodigy dont la puissance noire est révélée ici avec honnêteté . Photographiés (presque) souriants, on les confondrait aisément avec un duo new-wave. Avant, on a vu Blixa Bargel de Einsturzende Neubauten, en contre-plongée sur un pavé défraichi. Muriel Delepont a démarré au début des années 80 en mitraillant Front 242. Plus tard, elle s'installe à Bruxelles et croise les Young Gods, shoote Noir Désir. Le combo bordelais - qui avait livré un live video de haute tenue mais assez rêche à la fin des années 90 - doit se reconnaître dans cette esthétique de la pudeur. Divine Comedy (et oui), Elysian Fields, Iggy Pop, Tom Waits, Perry Farrel, Juliette Grecoo...Muriel Delepont brasse large et fonctionne uniquement au plaisir, témoignant moins d'une époque que d'une posture, comme le dit son éditeur. Dont l'erreur majeure aura été de commander un texte inutile à Patrick Eudeline pour légender les clichés. Illustrations : à gaucheTreponem Pal,à droite Marilyn Mansion. Organic Vision of sound Muriel Delepont Editions Trouble-fête Lire aussi notre petite Histoire du rock sur le mag Musique Commentaires
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