Au fond de l'oeil du chat : le néant L'homme Serge Quadruppani avait fait parler de lui, il y a quelques années, lors d'une polémique assez intense l'accusant de révisionnisme et de soutien voilé aux thèses négationnistes, en même temps que de sympathie pour les amateurs de pédophilie. Rien que ça. Homme d'extrême gauche (animateur du journal Mordicus et fondateur avec Pouy de la série des Poulpes), Quadruppani est de ces anti-anti qui, du coup, sont amenés au nom de la liberté, à prendre des positions qui surprennent leur propre camp. Peu importe en tout cas, puisque ce n'est pas vraiment le débat de ce Au Fond de l'Oeil du Chat, polar efficace, complexe et plutôt séduisant.Le héros du roman est un ingénieur solitaire et sur la paille dont l'ami d'enfance, un homme riche et industrieux, est assassiné le jour où il doit rencontrer pour la 1ère fois son fils âgé d'une vingtaine d'années. Une enquête s'en suit pour savoir ce qui c'est passé, où le voisin et ami est accusé, emballe la commissaire de police, tuée à son tour par la police des polices, travaillant en sous-main pour une loge maçonnique qui a... commandité des sacrifices d'handicapées à la Emile Louis. Parallèlement (et jusqu'au retournement final), on suit la confession d'un tortionnaire de la République, vieillard débonnaire et rassurant qui a trempé dans toutes les combines de la république. Le livre se déroule comme un Poulpe, première époque, plutôt rapidement et facilement : style sans aspérités ni charme particulier, narration directe et quelques bonnes répliques. L'intrigue est plutôt contestable dans ses raccourcis (la commissaire qui couche avec le looser après 2 mots échangés, le rebondissement final totalement artificiel,....), voire carrément mal fichue. En voulant mêler tous les thèmes, Quadruppani fragilise la crédibilité et la portée de l'ensemble mais offre un divertissement de qualité et un casse-tête idéologique de premier choix. Ses coups sont portés principalement (poujadisme?) contre les notables et les politiques "tous pourris". J'ai beau avoir un naturel conspirationniste et un fond actif de gauchisme (près du cerveau droit), la loge maçonnique tortionnaire qui martyrise pour souder ses rangs a du mal à passer. La police parallèle du Ministère de l'Intérieur est évidemment d'actualité, au point que l'auteur adresse, en fin de volume, un rappel au(x) ministre(s) concernant la nature fictive du roman. La plupart des lecteurs qui ne sont pas familiers de ces polars "gauchistes" trouveront ce roman totalement alambiqué, voire carrément nauséabond sur ce qu'il implique : une grande désespérance et le sentiment que chacun est totalement désaisi de sa liberté, et ce même dans un système démocratique. Au fond de l'oeil du chat Serge Quadruppani Metailié Commentaires
De link, posté le 13.09.06 à 16:15
![]() Ca fait pas très envie. J'ai lu les premiers Poulpe et je me souviens rétrospectivement que ce n'était pas du 1er choix, écrit avec les pieds, tendancieux, violent, et totalement naïf question idéologie. Ce Quadrupani me donne la même impression. De Maïa, posté le 14.09.06 à 15:00 ![]() J'ai essayé de lire un bouquin de lui récemment : tombé des mains à la page 5. Vraiment très, très mal écrit. De assad, posté le 31.01.07 à 15:15 ![]() Porno noir Ajouter un commentaire |
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