Le meilleur roman français de la rentrée est-il américain ?Posté par Easywriter le 04.09.06 à 13:30 | tags : roman, gallimard, rentrée littéraire, les bienveillantes
On se je me plains ici à longueur de colonnes - et abusivement - du manque d'ambition et de générosité du roman français. Voilà un reproche qu'on fera difficilement à Jonathan Littell, écrivain anglo-saxon et francophone qui balance un pavé de 900 pages à la face des journalistes en pleine rentrée surchargée. L'histoire d'un officier SS dont on suit la vie entre 1941 et 1945, sa lente descente dans la folie, ponctuée par de vaines tentavives de rationalisation de l'horreur qu'il planifie. Les bienveillantes, titre de cette somme , est une épopée construite de manière très classique sur le plan formel, en gros un roman familial et une chronologie précise des événements historiques. Jonathan Littell, auteur de 39 ans, a du se documenter un moment pour réunir autant d'informations et parvenir (partiellement) à ce que celles-ci ne handicapent pas trop la lecture du roman ( que je suis très loin d'avoir fini). Avec ces références hautement culturelles, (Eschyle, la "grande" musique...), ses grandes problématiques - (qu'est-ce qui motive le désir historique de tuer ? Qu'est-ce qui subsiste de l'homme quand la mécanique de l'horreur se met en branle... )- Les Bienveillantes peut convenir aux lecteurs férus de classiques. Mais son rythme et son goût de la provocation séduiront aussi les amateurs de littérature contemporaine. Toute proportion gardée, Littell emprunte la voie d'un certain pavé demesuré tracée par Dostoievsky. Les Bienveillantes de Jonathan Littell, Gallimard 2006. + Discutez des Bienveillantes sur les forums Livres de Flu. Commentaires
De Pierre LEVECQUE, posté le 11.09.06 à 21:40
![]() Les Bienveillantes – le premier monument littéraire du XXI° siècle ? Sur un plan factuel, deux obstacles de base : - on est d’emblée intimidé par le poids de ces plus de 900 pages, tassées, sans paragraphe, imprimées en caractère 6 … - Il faut surnager, au début, dans la houle des …strumfurher et des vocables germaniques, dans la noria de noms ukrainiens ou caucasiens de lieux et d’organisations : ce trait, qui m’a assez gêné au début, participe, pourtant, sans doute, à la patine, au grain photographique du récit, qui prend le poids d’une réalité dense, par-delà la fiction. A noter que l’essentiel des patronymes, des endroits et des épisodes rapportés appartient à l’histoire et à la géographie du réel ( Wikipédia & Google vous seront , à ce niveau, des amis utiles. ) Si l’on surmonte ces deux obstacles et que l’on parvient à la page 125 sans trop d’épuisement, je gage qu’on ne quittera plus le récit jusqu’à sa finale convulsive. Le récit est structuré comme une suite musicale de danses classique : toccata d’exposition, allemandes, courante, gigue et fugue. Dans La suite se compose de longs récits polyphoniques, pour se conclure dans une fugue démoniaque et haletante. Max Aue cache une fracture originelle : enfant mal aimé, entre un père allemand ancien combattant tôt disparu et une mère française remariée, reflet sombre d’une sœur jumelle solaire, faisant office d’idéal féminin incestueux, Max se cherche sans trouver son unité. A la suite d’une scolarité rigoureuse et grise, d’internat en pension austère, Son penchant homosexuel commence à s’affirmer. Il se consacre à un doctorat en droit et, à sa majorité, choisit la nationalité paternelle : il rompt ses derniers liens familiaux et gagne l’Allemagne de Weimar à bout de souffle. Esprit fin, assoiffé d’absolu, en quête d’objet, il est rapidement séduit par la radicalité du national-socialisme et adhère au culte du Volk. Au gré des circonstances, des rencontres et d’un fait-divers homosexuel dont il doit s’amnistier, ses compétences juridiques aidant, il rejoint Benjamin Littell nous emmène presqu’en douceur vers l’un des visages les plus hideux du Mal , à travers l’esprit rationnel , précis , subtil et conscient d’un être qui paraîtra longtemps proche de nous, malgré ses actes et sa dérive intérieure , proche par ses doutes et ses faiblesses , proche par les rares pépites de pureté qu’il héberge encore . Les scènes d’action (massacres, accrochages) alternent avec des longues périodes d’attente, où les officiers se lancent dans des discussions aussi variées qu’imprévisibles. Les références fourmillent, à un corpus éclectique de savants , de philosophes ( Tertullien, Spinoza , Heidegger, … ) , d’écrivains ( Lermontov, Stendal , Maupassant, Maurice Gauchet, …) , de musiciens ( Rameau, Couperin, Monteverdi, Bach , évidemment ) . La route chaotique de l’Est nous conduit de Kiev aux limites du Caucase, de la steppe aux montagnes volcaniques, où se côtoient splendeurs naturelles et culturelles, à peine obscurcies par les horreurs de cette guerre. La course fatale de Max se termine dans la nasse de Stalingrad, dont Littell nous dépeint, avec densité et économie, l’atmosphère inhumaine et glaciale. Héros un peu malgré lui, gravement blessé, Max échappe in extremis à la capture. Au terme d’une lente convalescence nostalgique sur les rives de Dans la capitale d’un Reich déliquescent, Max côtoie un monde interlope où s’agitent, sous la caste de quelques seigneurs nazis, des petits comptables du crime, des nobles prussiens cyniques, des parvenus vulgaires, des veuves séduisantes, des escrocs. De la piscine au bistrot, puis du bar aux abris, sous le feu croissant des avions alliés, le temps paraît suspendu, au bord du vide de la défaite. Dans son rôle bien rôdé d’évaluateur de la chaine de destruction, Max, sur l’injonction de Speer, va s’activer pour adoucir un peu la condition des déportés, du moins ceux qui pourraient représenter un potentiel de travail inestimable dans la guerre totale de Goebbels. Il se heurte aux obsessions purificatrices d’Himmler, aux visées carriéristes d’Eichmann, à l’inertie sadique des bourreaux de terrain. Max s’inscrit à la stricte intersection d’une démence collective titanesque, dont il nous montre bien la multiplicité des ressorts et d’une folie personnelle autodestructrice et immanente, proche du fatum latin, coupable expiatoire d’une faute commune et d’un crime individuel. L’explosion de folie finale, où Max révèle toutes les facettes de son « dasein », dans le climat d’apoptose morbide et violente qui baigne Berlin en août 1945, nous en parait d’autant plus ambigüe. La malédiction du peuple allemand lui répond en écho, comme, à l’opéra, le chœur au soliste. Il en ressort une responsabilité collective, qui échappe à l’addition des culpabilités individuelles. - Le titre « Les Bienveillantes » fait référence au nom d’entités mythologiques primordiales, censées, dans la tragédie grecque, pourchasser sans répit les auteurs d’actes inexpiables – la légende des Atrides et la malédiction d’Oreste, matricide par la volonté des Dieux ( Eschyle ) . Ce roman est un monument littéraire somptueux, impressionnant par son souffle épique, sa densité, sa richesse, ses multiples niveaux de lecture et de références, posant de façon originale les questions de la responsabilité et de la culpabilité, individuelle et collective de l’homme, et auscultant de façon troublante notre parenté au bourreau. Style touchant au naturalisme, avec des échappées dans le baroque et l’onirisme. Lecture qui donne à réfléchir, à s’interroger, à se souvenir et à ressentir, sur les questions essentielles de notre histoire et de notre civilisation. Je me permets de citer, pour conclure, Alain Nicholas , chroniqueur littéraire de l’Humanité : « Jonathan Littell, qui se confronte dès son premier roman à une matière pleine de risques, et au genre difficile du roman historique, se l’approprie avec maestria. Mieux encore, il le tire hors de ses codes, l’ouvre à la modernité sans sacrifier l’efficacité de la narration ni le réalisme de son univers. Le lecteur qui voudra bien accompagner cette démarche verra ses efforts récompensés. » De easywriter, posté le 12.09.06 à 10:06 ![]() Alors? encore plus dur que les 900 pages de littell non? De Pierre LEVECQUE, posté le 12.09.06 à 23:19 ![]() Pas de plaisir sans effort , non ?? En plus concis : A LIRE ABSOLUMENT ... parce qu'il le vaut bien ... De prevalli, posté le 13.09.06 à 14:14 ![]() c'est un excellent papier que celui là. Bon je ne dirais pas que c'est le roman du siécle, peut être celui de l'année. Il souléve des questions déja traitées par Annah Harendt ou Goldhagen. Mais son style et sa froideur qui alterne avec les envolées oniriques ou glauques et étrange font de ce livre un roman impressionnant sans aucun doute. Certaine scéne peuvent faire penser à Kubrick ou Linch. D'autres à Tolstoi ou Grossman. On n'en sort pas indemne.
De myrtille, posté le 13.09.06 à 19:29 ![]() si pour vous un chef d'oeuvre, c'est passer en quelques lignes de la technicité froide d'un officier nazi à ses ennuis digestifs et à ses réflexions sphinctérielles alors pas de doute, courez l'acheter. sI sauter d'une page à l'autre du génocide à l'absence de plaisir anal chez la femme vous excite, vous serez comblé. Si comme moi cela vous donne surtout une formidable envie de vomir, reprenez un vieux Kawabata ou un Murakami et vous retrouverez le plaisir de lire De dash, posté le 14.09.06 à 09:43 ![]() faut pas non plus pousser... c'est peut être pas le livre du siécle, mais ça a l'ENORME avantage de proposer quelque chose. et ce n'est pas monstrueux. du tout. quant à Murakami et Kawabata, , reconnaissons qu'enfouie sous le talent de la poésie et la magie de l'amour des chats, (que j'apprecie, attention) y a quand meme une pesante propension à proposer toujours les mêmes schémas ou univers. De prevalli, posté le 14.09.06 à 16:25 ![]() Il est clair que ce livre est sale. Comme la guerre d'ailleurs. Et alors ? Au contraire. Il faut oser regarder au fond des chiottes mais pas avec de la provocation pure et dure sans aucun fond derriére comme le fait Houellebecq. Ici, on regarde au fond (de nous) et cela nous donne envie de vomir c'est un fait. Mais en même temps, il se dégage le sentiment d'être pris, engagé, sans retour. Et cela est rare dans un livre. Alors oui on passe du genocide, d'envolée extrêmement détaillée de la guerre à des détails d'ennui de corps. Et le soldat dans la neige en russie qui bouffe des patates pourries à longueur de temps, tu crois qu'il pensait à quoi sinon à soulager son bide. Et cela au milieu d'un drame humain comme l'humanité n'en a jamais rencontré. Le quotidien de ce moment là comme le dit l'auteur (4 morts par seconde) survivre et manger. C'est un fait.. il a raison de le dire. L'amour se limite alors aux plus proches, et encore... dans les camps il n'y a plus que toi ... De myrtille, posté le 15.09.06 à 12:35 ![]() J'ai sans doute schématisé. Mais posons nous un instant sur le fond du livre. Les historiens américains ont déjà analysé avec talent le monde des bourreaux nazis sur le front est, leur banale humanité initiale et leur déshumanisation dans un contexte d'ensauvagement. La recherche a été menée remarquablement pour le génocide rwandais. Le fait est dit, il est maintenant objet de Mémoire. Mais ici, on a une tentative mercantile et sale : l'oeuvre vise à toucher ce qui se vend le mieux : l'abject. Et pour ce faire, quoi de mieux que de se livrer à une forme de négationnisme des êtres exécutés en tant qu'"acteurs" premiers du meurtre organisé et de se pencher sur les vomissements du tueur, ses diarrhées, ses nostalgies musicales, l'alternance entre l'assassinat et sa propension frénétique à sodomiser tout ce qui bouge. C'est parce que la chose fut que ce point de vue est abject. Mais il est tellement plus facile de décrire un monstre, de se rouler dans la merdre, le sperme, le vomi et le sang. Puis d'imposer une censure intellectuelle dans les médias : qui rejette et condamne au nom de l'éthique ce bouquin ne peut qu'être un foutu réac. Au fait, j'ai encore à l'esprit "ce grand objet d'acier" qui traverse le ciel japonais au début de "Kafka sur le rivage" et qui ramène tellement plus intensément, à l'horreur d'Hiroshima. La chose n'est pas dite, elle est omniprésente : on a là un écrivain, un vrai. De Ignatus, posté le 15.09.06 à 21:46 ![]() "qui rejette et condamne au nom de l'éthique ce bouquin ne peut qu'être un foutu réac." Non: simplement un idiot. Ca me désole toujours de voir juger une oeuvre d'art sur des critères moraux... Votre post présente quelques autres superbes perles: "Le fait est dit, il est maintenant objet de Mémoire." => On a eu chaud là! D'un peu plus on avait droit au fameux devoir de mémoire. "l'oeuvre vise à toucher ce qui se vend le mieux : l'abject" => Erreur! C'est la baguette qui se vend le mieux, en France. " se livrer à une forme de négationnisme des êtres exécutés" => Il fallait l'oser, détourner le terme négationnisme comme ça! C'est très moche. De maggielover, posté le 22.09.06 à 19:52 ![]() L'obésité dans la littérature : bon sujet pour un article, non ? Y a-t-il des livres obèses ? Des livres qui auraient besoin de faire un peu de sport pour retrouver leur juste poids ? De easyglandeur, posté le 23.09.06 à 10:54 ![]() classe en effet comme idée Qui s'y colle? De Thierry Kron Traube, posté le 03.10.06 à 09:19 ![]() Monsieur Levecque: vous avez un riche vocabulaire et vos phrases sont bien construites, par contre je pense que vous avez été pour "Les Bienveillantes": un bien mauvais liseur! On pourrait descendre à la DCA votre critique, il ne suffit pas de savoir compter pour devenir riche, vous savez lire, écrire, mais dans les deux exercices vous me semblez ne pas savoir être bien "artiste". Have a good day! De pierre Levecque - 48, posté le 03.10.06 à 15:23 ![]() Je suis d'accord : je suis un lecteur de roman occasionnel , pendant mes gardes de réanimation à l'hôpital - je n'ai pas la prétention d'être artiste , juste artisan de soins , ça me suffit ... C'est la 1° x qu'un livre m'impressionne autant : j'ai donc essayé de comprendre le ressort de cette fascination , sur papier : j'ai ensuite remis un peu d'ordre dans ces notes de lecture - et je les ai diffusées pour partager mon sentiment avec d'autres ... J'ai eu tort : heureusement , je n('ai jamais eu de plan de carrière dans l'art , moi ... donc la forme n'est pas dans mon cas le centre du débat - mes impressions et appréciations sur le livre valent par contre autant que les vôtres . Have a perfect day ! De Euh..., posté le 03.10.06 à 15:50 ![]() Pourquoi "48" ? De gumpy, posté le 14.10.06 à 04:47 ![]() Pour M.levecque. Je tiens juste à dire que ce livre m'a donné envie de prolonger sa lecture par ce forum entre autres. Et moi aussi j'ai rarement était aussi impressionné et imprégné d'un livre ,surtout avec un tel sujet... Votre critique me semble aussi "compléte" que peut l'etre celle d'un lecteur. Elle dépeint assez bien ce qui ressort du livre... Bien sur l'on peut ne pas etre d'accord mais il ne suffit pas de sortir une DCA plus fantasmée que réelle pour le montrer... Enfin ce livre fait débat comme le font toutes les grandes oeuvres. De GREG, posté le 19.10.06 à 16:54 ![]() Vous avez vu qu'il était quasiment favori de tous les prix littéraires ? De cracq, posté le 07.11.06 à 12:35 ![]() Alors que nous sommes entrain de discuter sereinement du livre, les atrocités continuent à sévir dans le monde ou se préparent pour un avenir plus ou moins proche. Nous continuons à apprécier le beau paysage, le bon vin, parlons littérature, tout comme Aue... Nous ne sommes pas coupables. Nous vivons normalement et avons la faculté de ne pas s'émouvoir quand "les choses" ne se passent pas devant nos yeux ou arrivent à nos proches; quand ce n'est pas nous qui appuyons sur la gâchette, nous achetons du beurre, une télé, quelques actions, nous ne savons pas trop lesquelles; ce n'est pas notre spécialité. De toute façon, que pouvons nous faire? C'est absolument terrifiant. Au secours!!! De jimmy the hyena, posté le 11.11.06 à 09:05 ![]() Aucun de vous ne comprennent les vrais motives dérrière publication de ce livre De virginie, posté le 16.01.07 à 17:13 ![]() Pour moi un livre inoubliable, j'ai ressenti comme rarement l'envie de lire sans cesse pour suivre les états d'âme de Dr Aue et à la fois la peur de voir les pages se tourner et la lecture s'achever. De Racoon, posté le 26.01.07 à 16:54 ![]() Toutes critiques paraissent pouvoir s'appliquer à un tel monument : l'enthousiasme autant que le rejet. Je pense, quant à moi, avec " Maggie lover ", qu'une cure d'amaigrissement lui aurait fait le plus grand bien. De Racoon, posté le 26.01.07 à 23:50 ![]() Ce livre ne laisse pas indifférent. C'est vrai que l'on se prend, malgré soit, à suivre, haletant, les états d'âme, du Dr.Aue, même si, souvent, ils vous soulèvent le coeur. L'assassinat de Thomas, son seul véritable ami, et qui venait de lui sauver la vie, est révoltant, et incompréhensible, sauf si l'auteur a voulu, pourrait-on dire, mettre la cerise sur le gateau, atteindre le summum de la folie meurtrière. On est surpris de retrouver, au début de l'ouvrage, un criminel calme et serein, qui se prétend avoir été conduit inexorablement à faire ce qu'il a fait. Là, je ne suis pas; ça ne colle pas. De fradu, posté le 05.02.07 à 19:45 ![]() Je ne comprends comment on peut accepter de faire jouissance littéraire de cette horreur. De FORST, posté le 19.04.07 à 11:30 ![]() Ça sent le cadavre ! De Ana, posté le 19.04.07 à 11:44 ![]() Il me semblait avoir déjà lu ce commentaire, exprimé avec hargne peut-être, mais que je trouve pas dénué complètement de bon sens à quelques éléments près... De LAAF, posté le 23.05.07 à 19:27 ![]() Un bouquin que j'ai apprecier, de la a en faire un prix goncourt il y'a seulement quelque metres, on se perd parfois dans des lourdeurs hors scénario, et rien que résumé le perso principal ote tout crédit : un SS nazi homosexuel qui a eu une relation incestueuse avec sa soeur et qui a tué sa mere . . . un bon roman tout de meme. De Sarah, posté le 28.10.07 à 14:40 ![]() Pourquoi avoir divisé ses 7 chapitres en différents noms de danses baroque ? Merci. Ajouter un commentaire |
Discussions en cours sur le forum livres :
|