Dantec à tombeau ouvert : Grande Jonction (1ère manche) 380 pages, soit une demie Grande Jonction, et Maurice Dantec a réussi à me faire oublier la majeure partie des critiques qui pesaient sur Cosmos Incorporated, son dernier roman, et Villa Vortex, le précédent. Grand Jonction est un roman tiré à quatre épingles : épique, puissant et, pour le moment, tenu dans les limites de l'intelligible sur le sentier d'excellence de la Sirène Rouge et autres Racines du Mal (l'ambition démesurée en plus). Suite directe de Cosmos Incorporated, une dizaine d'années plus tard, le roman reprend certains des personnages et des territoires découverts il y a un an (Grande Jonction, le Cosmodrome, Junkville, l'hôtel Laïka, Heavy Metal Valley et le shérif Langlois) et fait progresser l'intrigue d'une manière limpide : le "fils" du tueur, de l'Ange et de la Métastructure (fin de Cosmos Inc) a été recueilli, comme on pouvait s'y attendre, par les Chrétiens de HMV, élevé dans le plus grand secret et s'apprête à livrer un duel final contre la "Chose" qui veut anéantir l'Humanité (je vous laisse découvrir par quel moyen). Link de Nova (cet Elu tiré d'un Matrix intelligent) a des pouvoirs spéciaux et s'appuie sur une Wild Bunch composée du shérif lui-même et de deux chasseurs de prime tueurs, cow-boys solitaires, épatants. Grande Jonction est un western futuriste qu'on rêverait de voir adapté par la réincarnation de Walsh ou Ford (John Carpenter). Les descriptions des paysages apocalyptiques de Grande Jonction sont sublimes (Maurice Dantec s'est acheté un manuel de botanique et aligne des centaines de noms de plantes et d'herbes folles) et les clins d'oeil au western appuyés jusqu'à cette séquence archétypale de protection de la diligence (12 000 livres envoyés par le Vatican pour servir la résistance chrétienne) qui tient en haleine sur une quarantaine de pages. Le langue de Dantec s'est allégée depuis l'année dernière même si on persiste à penser qu'un travail éditorial plus poussé permettrait parfois d'éviter les redites et les séquences redondantes. Ce qui gonflait hier (les tirades scolastiques, les références bibliographiques et conceptuelles qui plombaient Villa et Cosmos par le dedans) est ici parfaitement intégré à A ce stade, et sans occulter les limites permanentes de l'écrivain (sa boursouflure passera pour de la maladresse ou du souffle, selon qu'on aime ou qu'on aime pas), Grande Jonction est le demi-roman le plus excitant que j'ai tenu en main depuis quelque temps. Je reviendrai sur le fond à la fin du voyage. Pour en discuter sur le forum dédié. Commentaires
De Mikael, posté le 28.08.06 à 11:14
![]() Pour ma part, j'avais lu il y a quelques années les Racines du mal, suite à un commentaire très élogieux de Moebius (jean Giraud) entendu à la radio. Avec toute la bonne volonté du monde, je n'y ai vu qu'un polar sans style, mal ficelé, souvent invraisemblable, écrit dans un français approximatif et surtout extraordinairement complaisant quant à la violence et à l'horreur gratuite. le discours de néo moraliste chrétien paranoïaque qui a suivi plus récemment m'a définitivement dissuadé de "poursuivre l'aventure" (comme on dit désormais à la télévision). Saurez-vous me convaincre de lui donner une seconde chance, comme vous l'avez déjà fait pour d'autres auteurs ? J'attends vos commentaires circonstanciés. De myosotis, posté le 28.08.06 à 11:43 ![]() Pour le moment (il lui reste 400 pages pour foirer le tout), Grande Jonction est clairement son meilleur livre. Dantec a changé énormément depuis les Racines du Mal : ambition multipliée par mille, brassage de thèmes infiniment plus riches, vision beaucoup plus claire de la société du future (qu'on aime ou qu'on aime pas d'ailleurs, la pensée a mûri). C'était un auteur de polar (je caricature) à la SAS et il passe dans le champ de l'anticipation sociale. Dantec glisse du... journalisme (de guerre) à la prophétie. C'est comme passer de la D2 à la Champion's League. Evidemment il a un tout petit budget (sa langue reste hésitante, il écrit trop vite, ne relit pas assez, est peut-être trop charismatique pour qu'un éditeur ou un ami coupe lorsque c'est nécessaire), mais il a une écriture qui respire à pleins poumons, qui absorbe le Ciel (la foi), la Terre (les territoires de Grande Jonction sont une tuerie topographique). Dantec est lourd mais lyrique, il est bancal mais il a la claudication qui impressionne. Sur Grande Jonction, c'est surtout la précision de sa vision qui épate. Ce n'est pas du William Blake mais on sent la mythologie sub-culturelle (le rock, le western, le sable, le fer rouillé, les technosciences, la religion) parfaitement en place dans sa tête. C'est cette force qui fait la qualité de Grande Jonction. Mon boulot n'est pas de forcer à acheter (il paraît que depuis Cosmos Inc, il n'a jamais autant vendu) mais de forcer à le lire. Parce que, par delà les défauts (et je ne parle pas de son soi-disant racisme dont je me fous), Dantec a des pages sublimes, une histoire sublime et une force rare. Les scènes de violence de Grande Jonction se lisent comme on voit du Peckinpah ou du Mann. C'est ce que j'appelle l'anticipation sociale : du réalisme fécondé par une mythologie d'auteur. De TheEraser, posté le 28.08.06 à 12:33 ![]() Tout à fait d'accord avec toi Myosotis sur ce que tu dis de Grande Jonction. Par contre quand tu affirmes qu'il s'agit là de son meilleur roman je ne suis pas sur de pouvoir te suivre sur cette voie. Un de ses meilleurs, surement, à l'égal des Racines du Mal, mais les deux romans sont tellement différents que je ne pense pas qu'on puisse les comparer qualitativement, même si je pense que l'écriture était quand même plus maitrisée (moins de redondances, de répétitions etc.) dans les Racines. Quand au commentaire de Mikael, je vais m'efforcer d'être méchant tout en évitant d'être le plus dogmatique possible. Les racines du mal est un des plus grands romans des années 90, par son style, les thèmes abordées, les angles choisis. Il n'est pas répétition tout en n'étant pas annonciateur (à regret ? ) d'un nouveau courant de la littérature française qu'il l'eut poussé à se sauver d'elle même et à ne pas tomber et se complaire dans le ridicule dans lequel elle se trouve maintenant (mais cela est une autre histoire). Oui je sais je suis dogmatique, mais ce deuxième roman reste inattaquable, et le fait que tu admettes toi même avoir arrêté d'essayer de lire Dantec à cause de ce qui se passait dans les médias, tout en reprenant les termes qui ont souvent été choisis pour le qualifier ( néo moraliste chrétien paranoïaque), je n'y vois moi qu'une certaine forme de compliment. Je dirais même "tant mieux" sans cela il n'aurait pas pu nous livrer ses derniers romans. Et puis ce n'est pas aux autres de t"inciter à lire Dantec, c'est à toi même de le faire, de trouver assez de ressource pour pouvoir le faire car c'est une littérature exigeante qui est passée par le meilleur comme par le pire. il s'agit d'en établir la différence et ne pas blamer un auteur pour ses égarements. De Mikael, posté le 28.08.06 à 12:41 ![]() En tout cas, vous faites envie... On dit d'un bon auteur qu'il est celui qui inspire, plutôt que celui qui est inspiré... J'ai peur que le lyrisme dont vous pensez être le relais soit en réalité le vôtre. Myosotis, plus fort que Dantec..à voir De Mikael, posté le 28.08.06 à 12:48 ![]() The Eraser : bon, les goûts et les couleurs... Manifestement, nous ne partageons pas les mêmes opinions. Toutefois, mon premier commentaire consistait à m'enquérir de son évolution, lui laissant ainsi la chance de me séduire à l'avenir, après avoir trouvé les racines du mal très faible. Y' a que les imbéciles qui... Quant à l'opinion que j'ai pu me faire de lui, elle est basée sur ses propres déclarations, ses (rares)interventions médiatiques et non sur un quelconque commentaire journalistique. De TheEraser, posté le 28.08.06 à 12:54 ![]() C'est sur, autant se réfugier dans un relativisme de bon aloi....(les gouts et les couleurs dont vous parlez). C'est gentil de laisser à Dantec la chance de pouvoir vous séduire. Il sera surement ravi de l'apprendre. Heureusement qu'il reste des lecteurs comme vous. Que peut-il donc faire pour que vous daignez lire ses romans ou du moins essayer ? Pour ce qui est de votre opinion sur Dantec, désolé, mais ce que vous en dites ressemble fortement à ce que beaucoup de journalistes ont pu en dire. une trop grande proximité d'opinion et de formule m'ont peut être moi même porté à confusion... De Maxence, posté le 28.08.06 à 13:12 ![]() "Dantec s'est acheté un manuel de botanique et aligne des centaines de noms de plantes et d'herbes folles" Une parenthèse botaniste bienvenue, de nombreux écrivains passent sous silence la flore qui nous entoure et étrangement, le fait de bien la connaître ajoute souvent de la crédibilité aux descritpion... On s'en fout généralement, mais quand-même... : ) De myosotis, posté le 28.08.06 à 13:30 ![]() Ouais, c'est réellement curieux cette tocade pour les plantes folles. J'ai cru d'abord que ça allait n'arriver qu'une fois dans le bouquin (une liste de 40 plantes à la file dans une description) et puis ça s'est répété une ou deux autres fois. Ce n'est pas ce que je préfère lire mais c'est amusant. Je ne pense pas qu'il veuille séduire les néo-jardiniers qui hantent les magasins de plantes le dimanche après-midi. Mais sait-on jamais. N'importe quel éditeur lui aurait dit de couper parce que "cela n'apporte rien au récit", pas celui de Dantec visiblement. Je ne suis pas sûr que ce soit bien, ou mal. C'est juste que ça témoigne de son extrême liberté. C'est un luxe aujourd'hui de pouvoir écrire exactement ce qu'on veut (ou presque), et même quand il s'agit de listes de plantes (encore un signe de son syndrome de l'autodidacte - je me documente, je place, je me documente, je digère, je place - je trouve ça classe). Ce débordement de l'écriture par l'homme et de l'homme par l'écriture est aussi une de ses qualités. De Bishop, posté le 28.08.06 à 14:57 ![]() S'il reste 400 pages j'attendrai ton commentaire final myosotis. Car pour avoir lu tout les Dantec je le trouve de plus en plus chiant (enfin sur Comos et ses "interventions" sur le net, Villa Vortex j'ai beaucoup aimé) De Ignatus, posté le 28.08.06 à 21:00 ![]() J'ai fini Grande Jonction et je trouve que ce n'est pas son meilleur roman. Ca fait longtemps que Dantec n'avait pas été aussi "facile" à lire, mais par exemple Villa Vortex me parait bien meilleur bien que moins lisible (moins ambitieux, mais plus réussi) Le principal problème c'est que Grande Jonction est un remix (une synthèse disjonctive dirait-il sans doute) de toutes les idées fixes qui ont émaillé son oeuvre. -Deleuze (à grands coups de "toute machine est coupure" ou de synthèse disjonctive" justement. Tout ça est apparu dans les Racines du Mal) -Les bio-photons de l'ADN (Babylon Babies) -La théologie. Même si Villa Vortex était un roman "gnostique" et que maintenant le gnosticisme, c'est mal. -Le pourvoir du Verbe et de la Narration (depuis Villa Vortex mais surtout Cosmos Incoporated) -La chûte de l'humanité (Cosmos Incoporated voire Villa Vortex) Ensuite le style est vraiment boursoufflée par moment. Les passages du genre: "Cet homme faisait respecté la loi. Cet home était la Loi. C'était l'homme de la loi d'Airain. Et ils allaient bientôt apprendre à connaitre l'homme à la Loi d'Airain". C'est une (petite) caricature mais vous voyez l'idée. On dirait l'accroche du bande annonce d'un vieux film avec Stalone. Les personnages sont aussi souvent lourdement caricaturaux. Par contre, le style est aussi parfois vraiment puissant. Bref son style s'affirme, dans ses défauts aussi bien que dans ses qualités. Mais le plus embétant c'est que Dantec ne sait plus raconter une histoire, ce qui était un de ses points forts. Il n'y a pas d'intrigue car à chaque fois tout est révélé avant que l'intrigue n'ait pu se mettre en place. Ainsi le rôle d'un futur personnage est lourdement appuyé avant même l'appirition du personnage, l'issue d'une bataille est dévoilée avant son début etc...C'est très agaçant. Avec des répétitions incessantes en plus. De toute manière l'histoire est simplissime. Mais ce n'était pas la préoccupation principale de Dantec, son objectif n'est pas là, je pense. Le roman est plus ambitieux que ça. Mais il n'est pas à la hauteur de ses ambitions. Par contre, l'ambiance est vraiment très réussie, l'univers très travaillé, la description vivante du Territoire particulièrement bien menée. Et puis la fin est très belle. Et c'est rare que Dantec sache clore un roman. Bref, des impressions mitigées. Un roman ambitieux mais assez loupé. Néanmoins une belle "mythologie" qui se tisse avec Cosmos Incorporated. Même si il aurait pu tout faire en un seul livre, bien mieux réussit à mon avis... C'est un peu vrac. De Yanko, posté le 29.08.06 à 13:07 ![]() "Pour le moment (il lui reste 400 pages pour foirer le tout), Grande Jonction est clairement son meilleur livre." C'était déjà le problème de Cosmos, de Villa, et de Babylon, non ? Pourquoi Grande Junction serait différent ? -SOUPIR- De Bishop, posté le 29.08.06 à 15:09 ![]() Toujours pas lu mais je me retrouve presque mot pour mot dans ce que dit Iganus donc je suis pas tenté de le lire puisque Cosmos m'a ennuyé par sa Non Histoire. De le dragon cosmique, posté le 01.09.06 à 20:08 ![]() Pas encore lu Grande Jonction mais pour moi, pour l'instant ça reste Babylon Babies le meilleur!!! (qui devrait être adapté par Kassowitz avec, paraît-il, dans le rôle de Toorop,.... Vin Diesel!) C'est peut-être parce que je l'ai lu en novembre 2001 en plein pendant l'intervention américaine en Afghanistan au côté de l'Alliance du Nord de feu Massoud contre les Talibans dans un climat post-11 septembre quasi-apocalyptique et où il était sans cesse question de zones tribales, de seigneurs de guerre, de système clanique et de réseaux en tout genre, de terrorisme international, etc.. (on en est toujours là, bienvenue dans le 21ème siècle!) Hier comme aujourd'hui, Dantec a toujours été un "Fanatique de l'Apocalypse" pour reprendre le titre d'un ouvrage de Norman Cohn (sous-titré Millénaristes révolutionnaires et anarchistes mystiques au Moyen Age) qui, soit dit en passant, avait beaucoup intéressé les Situationnistes!! D'où peut-être son engouement pour l'electropunk, le roman noir, le cyberpunk, Nietzsche, Deleuze, la métaphysique en général, la théorie du chaos, les nihilismes, les logiques et esthétiques crépusculaires, décadentes, la question du Mal, etc. dans un contexte "fin de siècle" où se déployait justement un "imaginaire de la fin" (des méta-récits, des trente glorieuses, des idéologies, de l'homme, de l'histoire, etc..)! Aujourd'hui la "guerre mondiale contre le terrorisme", la théorie du "choc des civilisations" et de "l'axe du mal", les appels au Jihad réactivent un nouveau dualisme manichéen (en grande partie hérité du mazdéisme iranien faut-il le rappeler?), une nouvelle incarnation de la lutte du Bien contre le Mal et donc un nouvel "imaginaire apocalyptique" reposant donc sur une effective "géopolitique du chaos" (Ramonet) ou une "géopolitique de l'apocalypse" (Encel)! Il faut dire qu'on à quand même à faire à des camps (conservateurs!) qui ne demande que ça (messianistes islamistes VS messianistes évangéliques protestants)! Les "délires" de Dantec n'en sont donc pas tant que ça finalement! Seulement voilà la lutte du Bien contre le mal est, entre autre, symbolisée dans l'Apocalypse de Jean par la lutte de l'Archange St Michel - porte-glaive de Dieu, chevalier du Christ, chef de la milice céleste - contre le Dragon, Satan, l'antique serpent! (voir la fontaine St Michel à Paris élevée au 19ème siècle pour symboliser le retour de l'Ordre après les différentes insurrections et autres émeutes de la populace que symbolise le dragon! Pour une mystique de St Michel se rendre au Mt St Michel où il est montré sa domination et par la même occasion celle de l'Homme sur les forces de la Nature, informée et chaotique s'il en est! par ailleurs on notera que l'on retrouve dans un tas de mythologie, plutôt indo-européennes, solaires, cette symbolique où un dieu, un héros doit terrasser un Dragon pour créer le monde, fonder un royaume, une civilisation, etc.) Aujourd'hui Dantec, après sa "révélation" par la lecture de Léon Bloy et sa conversion au catholicisme romain, se veut résolument du côté de l'archange de Lumière, illumination biophotonique à l'appui, alors qu'hier dans Babylon Babies précisément il nous faisait découvrir le chamanisme amérindien (bien païen!), ses hallucinations ... biophotoniques (dans la droite ligne de la contre-culture psychédélique américaine) et et les troublants travaux de l'anthropologue Jeremy Narby sur le Serpent Cosmique, l'ADN et les origines du savoir (voir à ce propos le documentaire de Jan Kounen, dautres mondes!) sortant du coup la figure du Dragon (serpent) de son rôle satanique dans lequel l'a enfermé, entre autre, le judéochristianisme (le Dragon est tout de même originaire d'extrême orient où il est plutôt vénéré!), évitant la diabolisation et ainsi la pensée binaire d'un navrant dualisme manichéen qui est malheureusement aujourd'hui sont lot! Hier encore on découvrait les poètes soufis musulmans c'était toujours mieux que ses diatribes contre l'antéchrist coranique! Apocalypse Now! De le dragon cosmique, posté le 01.09.06 à 20:11 ![]() Sur toutes ces choses et sur d'autres encore: http://contesetlegendesdelaschizosphere.blogspot.com/ De youri Mc Coy, posté le 04.09.06 à 13:44 ![]() Ouhaaaaaaaaaaaa.... Ai finit "Grande Jonction"... Bien plus simple que Villa Vortex et la suite directe de Cosmos Inc. On ne ressort pas indifférent de ce livre! Un techno polar Chrétien...c'est tellement bon! Il y a un réel souffle dans ce livre, autant dans le fond que dans la forme... Non seulement il y a une bonne histoire, mais il y a en plus une morale, une analyse de la société actuelle et non pas d'une société future imaginaire. Non, le combat décrit dans ce livre est déjà présent... Après avoir fini le livre j'était encore complètement dedant pendant quelques heures...à prévoir: du temps libre pour lire les 50 dernières pages en un coup car vous ne pourrez pas vous arreter... De myosotis, posté le 04.09.06 à 14:18 ![]() Mais Youri, je croyais que tu étais mort ? Les Amis sont déjà revenus de l'Anneau ? De lucas, posté le 05.09.06 à 17:02 ![]() Bande de cachottiers. Je n'avais pas vu la fin de la lecture dans les pages livres..... Vous auriez pu prévenir. Ca fait très très envie mais je ne sais pas si j'aurai le courage de lire du Dantec. C'est comme il est dit dans la critique, un écrivain qui fait peur. Je crains de ne pas être à la hauteur. Est-ce que quelqu'un peut me conseiller d'y aller ou pas ? Qu'est-ce que ça vaut si je n'ai jamais lu Dantec ? De Stalker, posté le 11.09.06 à 22:02 ![]() Sur Grande Jonction, cf. lien. Cordialement. De Stalker, posté le 11.09.06 à 22:03 ![]() Merde, voici : http://stalker.hautetfort.com/archive/2006/09/02/grande-jonction-de-maurice-g-dantec.html De David K., posté le 15.09.06 à 01:31 ![]() Bonjour à tous, Je connais nombre d'écrivains qui aimeraient lire de tels commentaires et réflexions d'altitude sur leur dernière oeuvre. Pour ceux qui désirent échanger directement avec l'auteur : Maurice G. Dantec sera présent pour un débat exceptionnel à la FNAC de Marseille le samedi 23 septembre 2006 dès 16 heures avant de décoller pour une tournée en Allemagne. Ce rendez-vous est unique pour 2006. Je vous souhaite à tous et à toutes la bienvenue sur le Territoire de Grande Jonction. Bien à vous tous,
De feeltank, posté le 29.09.06 à 12:35 ![]() Je viens de finir Grande Jonction. Villa Vortex restera mon Dantec fétiche, mais cette dernière livraison est un bon roman au demeurant. Et on verrait presque se dessiner une saga DUNE-esque si l'auteur se décide à nous narrer les aventures de Judith Sevigny et HMV dans l'espace. Mais une question me hante : ON BOUFFE QUOI A GRANDE JONCTION ? La métastructure s'est arrêtée, plus une usine ne marche, or les habitudes alimentaires en 2060 devait à 90% reposer sur l'industrie agroalimentaire et les aliments transformés. Alors quid de la chasse et de la cueillette qui devrait être redevenus les modes de sustentation de base, avec toutes les contraintes que cela induit ... Qu'y a t il donc dans les rayons de Neo Pepsico ? A aucun moment du livre les héros ne satisfont un besoin "humain" : boire, manger, chier, pourquoi pas faire l'amour (un malheureux baiser cryptique) ... Ca me dérange un peu, surtout quand le thème du livre est : sauver l'humanité. Jusqu'a preuve du contraire (et je suis client pour une autre voie) si elle bouffe pas, elle crêve , l'humanité. De toutes façons tu restes le meilleur Maurice . Rock On De ryun, posté le 19.10.06 à 14:58 ![]() Ok. Il me reste 100 pages. Admettez que trouver une analogie entre Duns Scot et Cantor dont les travaux mathématiques ne trouvent à l'heure actuelle encore aucune application en-dehors de son développement propre, c'est qu'il s'est passé quelque chose dans un cerveau, pour une fois. Bien à vous chanceux lecteurs. De Transhumain, posté le 03.11.06 à 15:21 ![]() Bonjour, David Kersan a raison : la discussion ici est fort intéressante. Permettez-moi d'apporter mon grain de sel, avec ma longue critique de Grande Jonction : De myosotis, posté le 03.11.06 à 15:58 ![]() Ta critique est franchement intéressante. Je n'ai pas le même avis contrasté que toi sur le livre qui me paraît toujours aussi réussi que ce que j'en disais ici (http://www.fluctuat.net/3481-La-grande-jonction-Maurice-G-Dantec), il y a quelques mois. D'ailleurs, après 3 mois de rentrée littéraire, je suis toujours à la recherche du bouquin qui me donnera autant de plaisir que Grande Jonction et sans doute pas prêt de le trouver. De Athanase, posté le 03.11.06 à 19:02 ![]() Myosotis, pour votre recherche, essayez ce site là Moi aussi, j'ai adoré Grande Jnction et Villa Vortex. Et j'y vois aussi une possibilité de saga. Dantec a le souffle qu'il faut pour ça De nicolas12, posté le 24.02.07 à 11:59 ![]() Je viens de terminer Grande Junction, et j'en reste ébloui. Je n'avais pas fini "Villa Vortex" et pas lu "Cosmos Inc" par contre j'avais lu ses trois premiers romans "la sirène rouge", "les racines du mal", "babylon babies". Une fois encore il est question de survie. La survie d'un combattant, contre des forces hostiles. Il citait Sun Tzu dans "babylon babies" et Clausewitz, la guerre est un thème majeur chez ce romancier, et dans "grande junction" tout y passe, toutes les techniques, les stratégies de lutte. Son écriture est énergique, son style fait de phrases courtes qui se répétent comme si il mitraillait par sa prose. Les passages que j'ai le plus aimés concernent la musique, il a un amour infini du rock and roll. A un moment Gabriel Link de Nova exorcise grâce à sa guitare un type atteint par l'épidémie. Bon c'est peut-être un poncif que la musique exorcise les démons, mais la théorie que tous les instruments électriques individuent l'énergie électrique en lui donnant une âme (autre poncif?), je trouve ça très juste. Tous les chapitres portent des noms de morceaux de musique. Je ne sais pas si il les écoutait en écrivant ses chapitres. Une idée géniale pour un romancier c'est d'imaginer cette "Chose", cette "Métastructure" comme une entité s'attaquant au langage. Le parallèle avec le Moyen-Age est aussi très fin, période de trouble, où les monastères, les copistes dans les scriptorium, se faisaient transmetteurs et gardiens du savoir antique. Les considérations sur les nominalistes et Dun Scott en particulier me passe un peu au-dessus de la tête. Je suis incapable de juger si ce qu'il raconte est complètement fumeux ou pas. Mais ça me donne envie d'en savoir un peu plus sur la philosophie médiévale. Ce livre, profond, nous pose la question de la nature humaine, de ce qui est intrinsèquement humain en nous, sur le processus d'individuation contre un sytsème machinique qui souhaite tout égaliser, tout indifférencier. En ce qui concerne le bréviaire de plantes paraphrasé dans un herbier, j'y vois une lutte propre à toute entreprise encyclopédique, de sauver en nommant une nature qui est en train de disparaître détruite par la "Métastructure". Je le conseille... De L'éblouie, posté le 28.04.07 à 20:27 ![]() Bonjour à tous, J'ai lu Grande Jonction il y a maintenant plus de six mois, et j'éprouve à présent le besoin de m'y replonger, redécouvrant ainsi à chaque page des subtilités, une foule de détails et un récit que je n'avais pas appréhendé dans toute la complexité... Mais enfin, d'autre ont mieux que moi analysé cette oeuvre, et, ne pouvant les égaler, je les remercie néanmoins avec gratitude pour les éclaircissements qu'ils m'ont apportés! De Frite, posté le 01.05.07 à 09:11 ![]() "Son écriture est énergique, son style fait de phrases courtes qui se répétent comme si il mitraillait par sa prose" C'est ce qui m'a profondément ennuyé chez lui. Je me suis arrêtée à la 300è page car son "style" emphatique et ces phrases à répétition me barbaient. Vu tous les commentaires élogieux que je viens de lire, je n'ai sans doute pas ma place ici -façon de parler- J'aime bien le commentaire de Mx sur cette liste de plantes et la réponse de Myosotis : "Je ne suis pas sûr que ce soit bien, ou mal. C'est juste que ça témoigne de son extrême liberté. C'est un luxe aujourd'hui de pouvoir écrire exactement ce qu'on veut (ou presque), et même quand il s'agit de listes de plantes (encore un signe de son syndrome de l'autodidacte, ce débordement de l'écriture par l'homme et de l'homme par l'écriture est aussi une de ses qualités". Sur le principe je suis d'accord, mais il faut arriver à le digérer. Visiblement ça séduit pas mal de monde. Personnellement, j'aime la sobriété et le style Dantec me soûle !!! Bien à vous... De Frite, posté le 03.05.07 à 11:23 ![]() Finalement, je pose la question à Myosotis : La manière d'écrire de Dantec est-elle bien ou mal ? Je reprends l'exemple d'Ignatus : Cet homme faisait respecté la loi. Cet home était la Loi. C'était l'homme de la loi d'Airain. Et ils allaient bientôt apprendre à connaitre l'homme à la Loi d'Airain. Abreuver le lecteur de phrases grandiloquantes, de répétitions incessantes, de listes de plantes qui prennent deux pages... Toi, en tant qu'écrivain, je t'imagine en admiration devant chaque phrase, l'air de dire : Quel toupet, quel tour de force EXTRAORDINAIRE d'imposer son écriture sans personne pour venir la contester, aucun éditeur pour la censurer !!! "Vous ne pouvez pas écrire ça, c'est indigeste. Soyez plus sobre. Recommencez votre texte..." Mais est-ce que c'est bien. Moi, il me donne le sentiment qu'il se moque du nous, du lecteur. J'ai l'impression que je suis une oie, que tous ces mots, toutes ces phrases superflues -car répéter les mots et les idées est à mon sens inutile- pénétrent mon cerveau à l'aide d'un entonnoire. De Frite, posté le 03.05.07 à 15:20 ![]() ... Mais pourquoi je m'adresse à toi Myo, tu n'es plus là... De Montsé, posté le 05.05.07 à 13:59 ![]() Eh bien... Nous sommes sur la même longeur d'ondes. Rien à rajouter. C'est pas drôle !!! De dure a lire, posté le 30.06.07 à 15:46 ![]() Bonjoure a tous je vien de finir de lire grande jonction il y a 1h a tout casse et me voila sur un site internete histoire de conaitre des point de vu sur ce livre pour ma par c le 5 roman que je lit , g 30 ans et javou avoir u du mal a le lire et g du louper des episode , g acheter cosmos incorporated il y a 2 mois ( g mi 3 moi a lire grande jonction ) pour ma par g trouver sa beau , propre et completement baré ( j adore ca ) c vrai quil ya des passage un peu long mais pour pa pare je trouve sa exelent, je mexplique il va detailler pandan 2 page des plante ou un lieux , et il va expedier une bastont ou un fait inportant en 2 ligne , j ai trouve sa surprenant... je voulais juste dire que c mieux que du maxime chatame ( sa ve pas dire que jaime pas) quel autre roman se raproche dans lecriture a du dandec ? voila c ma question , desole de ne pas avoire de critique inpresionante et aussi de bien redige que les autre salut a tous ps g acheter ce livre au hazard je trouver la couverture jolie ( le hazard fait bien les chose Ajouter un commentaire |
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