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Je, François Villon de Jean Teulé

Posté par Myosotis le 26.05.06 à 10:41 | tags : roman, livre, julliard

J'avais dit que je ferais une semaine française. Et comme je ne peux pas me contenter de dézinguer tout le monde voici assez curieusement le Je, François Villon de Jean Teulé. Ceux qui se souviennent de Jean Teulé sur le plateau de l'Assiette Anglaise, l'émission de Bernard Rapp, ont peut-être une image de ses interventions. Jean Teulé a pas mal écrit depuis et, comme on dit, trace un sillon singulier dans les lettres françaises autour de personnages romantiques (Rimbaud, Verlaine, maintenant Villon), et d'un style assez proche finalement de ce qu'essaie de faire avec un grand succès Peter Ackroyd, dont j'ai déjà parlé à plusieurs reprises.

Ce Je, François Villon raconte de manière romancée et dans un style post-médiéval reconstruit, enrichi de fragments poétiques, la vie de cet homme, sorte de brigand vaguement sadien qui se pique de temps en temps de poésie (à moins qu'il ne soit un écrivain véritable dissimulé sous un masque de boucher). L'intrigue située entre 1431 et 1460 (en très gros) raconte la vie de François, ses ruffianeries et ses aventures avec notamment la bande des Ecorchés. Il finira en taule où il sera, en raison d'une constitution solide, l'un des seuls à ressortir en une seul morceau. Si l'on peut déplorer l'insistance de Teulé à faire de Villon, une sorte d'ancêtre de Sid Vicious (le 1er punk serait Villon ?), le bouquin fonctionne parfaitement et on se croirait à fond dans la France d'il y a cinq siècles. Teulé est tout sauf un réaliste mais ses romans parlent tout de même par allégorie du temps d'aujourd'hui et c'est ce qui le rend supérieur aux stylistes purs, aux Rey & co, dont on a parlé ces derniers jours.

Evidemment, Villon parle un peu comme ça et il faut s'y habituer :
Qu'en réalgar et en arsenic de roche, en orpiment, en salpêtre et chaux vive, qu'en plomb bouillant pour mieux les réduire en morceaux, qu'en suie et poix délayées dans l'eau d'une lessive faite de merde et de pisse de Juive, qu'en lavures de jambes de lépreux, qu'en raclures de pieds et vieilles bottes, qu'en sang d'aspic et drogues venimeuses, qu'en fiel de loups, de renards, de blaireaux, soient frites ces langues ennuyeuses.


Commentaires

De Nico, posté le 26.05.06 à 11:02 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

Très alléchant.

Merci Myo



De verna, posté le 02.06.06 à 00:03 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Je viens de terminer ce livre, vraiment trop bon !

De christian, posté le 26.06.06 à 23:21 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Je viens de l'acheter today, je sens que je vais me regaler :-)

De florence, posté le 17.08.06 à 22:05 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Que dire en ce jour de mauvaise fortune où Bernard Rapp nous quitte. Je tombe par hasard sur votre post alors que je viens de finir la lecture de ce livre extraordinaire.... Curieuse journée...

De Françoise, posté le 08.10.06 à 14:25 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Dur livre ; le pire est toujours à venir ;  je suis  un peu effarée de lire l'entretien de Teulé où il explique que son fils de 13 ans a lu son roman biographique sur Villon - pas étonnant que le jeune homme soit , de l'aveu de son père ,très agité et pas très studieux- Espérons qu'il n'en demeurera pas  traumatisé . .. Pourquoi pas  lui faire connaître au plus vite les essais de G.Bataille et les films de Pasolini ?

De tom, posté le 10.11.06 à 19:35 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Quel et le nom de l'éditeur si vouplais

De richard mullins, posté le 09.07.07 à 06:03 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

This is a book I would run a mile from (I do not read horror books), but  I am reading it in my book club in Brisbane  - we have now been looking at it for 3 months.

 P 277. Une poule geante…L’oiseau coureur de tres grande taille me poursuit.

 

This lets the cat out of the bag.  The writer pretends to be Villon, but it is clear that here, he is imagining things that are not real. This puts a question mark over everything before in the book  Maybe it has all been his imagination.

 

The joke is on the reader, who has been believing everything that was said, or at least has “suspended disbelief”.

 

Reading backwards,

P 269.

He breathes on the petals and the leaves of gold fly over the countryside.

 

(from the previous paragraph, we know they are artificial flowers).

 

Reminds me of Flaubert, la tentation de sainte antoine – a fantastic story.

 

 .

 



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