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Alex Robinson, Plus niais tu meurs

Posté par 2goldfish le 23.10.09 à 12:52 | tags : bd
Avec De mal en pis, Alex Robinson avait remporté le prix du meilleur premier album à Angoulême. On ne pouvait vraiment rien y redire : le dessin de Robinson, à défaut d'être beau, expressif, inspiré ou techniquement impressionant, est... adéquat. Les histoires qu'il raconte ne sont ni vraiment drôles, ni vraiment touchantes ou intéressantes mais personne n'oserait dire qu'elles ne sont pas compréhensibles. Son plus grand talent, selon ses admirateurs, c'est de créer des personnage qu'on reconnaît et effectivement, on a l'impression de tous les avoir déjà vus dans des sitcoms post Friends. Le tout faisait 600 pages, qu'on pouvait lire dans un train, au toilettes, en regardant des chiffres et des lettres ou en faisant tout un tas d'autres choses non moins intéressantes. Il faut reconnaître que dessiner 600 pages de comics, aussi inconséquentes soient-elles, c'est un sacré boulot, et ce boulot, Robinson l'a fait et c'est peut-être ça que le jury du festival d'Angoulême a tenu à saluer. Aujourd'hui, sa nouvelle bd Plus cool tu meurs ne fait que 128 pages, et encore, elles sont plus petites que celles de l'album précédent. Qu'est-ce qui peut bien justifier leur existence ?

 

Robinson raconte l'histoire d'un quadra nommé Andy qui a recours aux services d'un hypnotiseur dans le but d'arrêter de fumer. Il se retrouve alors projeté dans son corps d'ado dans les années 1980 où, croit-il, sa mission est de refuser la première cigarette qu'il a fumé et ainsi se libérer de son addiction. La véritable raison de son voyage, cependant, c'est de surpasser un traumatisme qu'on ne va pas vous spoiler mais que vous devinerez bien tout seul au bout de vingt pages. Vous avez déjà vu ce scénario dans un téléfilm de Noël Disney ou dans un épisode de Code Quantum mais l'important, ce n'est pas l'originalité de l'idée, c'est la façon dont on la développe. Robinson ne manque aucune des étapes attendues : Andy passe son regard amusé sur les insécurités de l'adolescence et passe outre pour inviter la fille de ses rêve, dire à sa mère et à sa soeur qu'il les aime, etc... il fait à peut près ce que monsieur tout le monde ferait en retournant dans sa peau d'ado, et apprend la morale attendue : quand on est ado, il ne faut pas se laisser avoir par la pression des autres et attendre d'être prêt avant de boire ou de sortir avec les filles. Doc et Difool ne l'auraient pas mieux dit.

 

"Quelle ironie que les vérités les plus profondes ne puissent être exprimées sans tomber dans le cliché" : l'auteur qui ose faire dire une telle chose à un de ses personnages dans la scène finale de son bouquin sait forcément qu'il tend le bâton aux critiques pour se faire battre. Il tente peut-être de se prémunir contre toute attaque. C'est vrai qu'il serait ridicule de chercher plus loin : évidemment, on pourrait questionner sa définition de la profondeur, mais à quoi bon ? S'il y a une morale à cet album et à la carrière de Robinson, c'est sans doute qu'il ne faut pas en attendre trop des gens.

Alex Robinson, Plus cool tu meurs, éditions Rackham, 2009. 





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