Pourquoi je n'arrive pas à écrire dans mes beaux carnets Paperblanks : Atelier de trivialités (11)Posté par Myosotis le 02.10.09 à 18:05 | tags : elucubration
Si l'écrivain de base (il faudrait peut-être faire l'étude sur l'écrivain de droite ou les versaillais) n'utilise pas de carnets type Paperblanks (très très beaux, il faut le rappeler même si on n'écrit pas un publireportage et que tout le monde a envie de posséder) pour travailler c'est tout simplement parce qu'utiliser un carnet aussi classieux pour jeter des idées éparses sur le papier culpabilise énormément. Si les carnets sont trop beaux, on se dit que ce qu'on doit noter dedans doit avoir une certaine tenue, ce qui n'est pas toujours le cas d'une idée qui nous traverse l'esprit et qu'on ne veut pas perdre. Pour donner un exemple particulièrement accablant pour moi, j'ai noté récemment une idée de personnage (un méchant) qu'il me paraissait bien de garder pour plus tard. J'ai donc utilisé une feuille volante de format A4 pliée en deux et rangée dans une pochette cheap pour écrire ceci : "le méchant = il a mal au dos et doit sans cesse faire l'amour pour se soulager. Cette maladie le conduit à des comportements colériques, à des sautes d'humeur et à des phases de déchaînements quasi éjaculatoires. Il a un métier à responsabilité et doit sans cesse s'organiser pour contrôler sa maladie. ex: JFK en pire." Pas brillant ? Je ne sais pas si je serais amené à utiliser ce personnage un jour (possible que oui) mais il aurait sans doute été dommage de griller un Paperblanks pour ça. Idem lorsque j'ai travaillé sur mon dernier roman en date, j'ai quelque peu salopé mon carnet doré (un vert de la collection Splendeur de la soie) pour noter des éléments biographiques sur Alain Delon et m'en suis beaucoup voulu au point d'arracher les pages après-coup pour ne pas souiller le carnet. Plat préféré : andouillette Frites. Date de naissance. Nom des parents. Ce genre de choses.
Si l'on ajoute à ça, au moment de l'écriture elle-même, la loi qui veut qu'un carnet élégant renforce la solennité de l'acte d'écriture et multiplie la peur de la page blanche (ce mouvement de recul qui prend avant le premier mot ou la première phrase), on sait enfin pourquoi les beaux carnets ont vocation à ne servir à rien qu'à faire beau, on sait pourquoi les chefs d'oeuvre ont été écrits sur des carnets à spirales, des tickets de métro ou des rouleaux de printemps (Les 120 journées de Sodome par exemple). Est-ce pour autant qu'on ne doit pas se payer un beau carnet ? Pas sûr. Commentaires
De dash, posté le 02.10.09 à 18:15
![]() marche aussi pour les dessins dans les moleskines :-/ De marie hélène, posté le 02.10.09 à 18:45 ![]() Et on se retrouve comme moi à avoir jeté ses crobards les plus inspirés sur des vieux bouts de feuilles à carreaux seyes piqués dans les cahiers de ses gamins sans compter qu'un bout du dessin croise un bout d'opération tout crapoto ! De Régine Z., posté le 04.10.09 à 23:36 ![]() Je suis assez d'accord avec Myosotis: pour garder des idées, pour mes romans, j'ai toujours un ou deux carnets de moleskine rouges au fond de mon sac....avant de les retranscrire électroniquement. Et pour l'écriture de scénario sur lequel je suis en train de travailler, j'ai même préféré décrire mes personnages dans un gros moleskine noir pour croquis, plutôt que sur mon Mac... J'adore les beaux carnets, je pourrais en acheter des piles, j'en ai quelques-uns d'ailleurs, mais un beau carnet peut être parfois aussi intimidant que certaines tables de restaurants, trop parfaites pour qu'on se laisse simplement aller à goûter aux plaisirs de la table!!! Ajouter un commentaire |
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