Les livres de la rentrée sont (aussi) des accessoires de mode
Le look prof d'histoire. La rentrée fatigue aussi les profs, peut-être même plus que les élèves. Pour se remettre dans le bain du programme scolaire, le prof d'histoire choisira les revenus d'Algérie par Laurent Mauvignier (Des Hommes), dont il a lu la chronique dans Libé, ou l'itinéraire solitaire du résistant polonais Jan Karski, retracé par Yannick Haenel.
Le philosophe engagé. Même quand la rame de métro est au bord de l'implosion, l'engagé ne lâche pas son bouquin, car l'engagé estime qu'à l'heure de Facebook et de la mondialisation, le livre est notre dernier refuge, notre dernier sursaut d'humanité. Il appréciera l'essai fleuve de William Vollmann, Le Livre des violences. Son équivalent féminin préférera peut-être La Faculté des rêves, bio fantasmée de Valerie Solanas, auteure du SCUM manifesto, par Sara Stridsberg.
La féministe. Elle s'identifiera facilement aux femmes de Marie NDiaye. La semaine suivante, au club de lecture, elle échangera Trois Femmes Puissantes contre Ce que je sais de Vera Candida, de Véronique Ovaldé.
L'étudiant à Sciences Po. Pour être étiqueté tout de suite "mec / fille qui connaît l'Amérique d'aujourd'hui", rien de tel que du Joseph O Neill (Netherland), ou Les Enfants de Las Vegas, de Charles Bock. Pour compléter la panoplie, prévoir le badge Obama, abîmé, épinglé sur le sac bandoulière, décoloré.
La lycéenne amoureuse. Les baisers sur le sable et les cœurs brisés en septembre ne sont pas une invention de la mauvaise teen literature. A l'automne, le métro recueille de sincères âmes déchirées. Pour les consoler, le décadent Mes illusions donnent sur la cour de Sacha Sperling fera l'affaire. Si la lycéenne amoureuse a laissé sa moitié sur une plage espagnole, Le Jeu de l'Ange, de Carlos Ruiz Zafon, lui portera le coup fatal. Comme marque-page, elle n'oubliera pas la photo prise le dernier soir, au bout de la jetée.
L'érudit : Il achètera Vengeance du traducteur, de Brice Matthieussent, parce qu'il se souvient que Brice Matthieussent a traduit des grands noms de la littérature anglo-saxonne, ce qui est déjà un signe de haute voltige intellectuelle. Puis, il choisira le roman russe de Thierry Hesse, Démon. Parce que l'érudit n'a pas peur des pavés, et l'érudit s'en fout de ce que pense de lui son voisin d'en face. Commentaires
Pas encore de commentaire
Ajouter un commentaire |
Discussions en cours sur le forum livres :
|