Marie NDiaye vs Véronique Ovaldé : des femmes puissantesPosté par Céline le 25.08.09 à 10:29 | tags : actu de la rentrée
![]() A priori, le travail littéraire des deux femmes n'appelait pas de comparaison. A en juger pourtant par les romans qu'elles publient chacune pour la rentrée, Marie NDiaye (Trois Femmes Puissantes) et Véronique Ovaldé (Ce que je sais de Vera Candida) ont bien plus de points communs que ne le laissaient supposer leurs titres précédents. Triptyque de femmes. Dans les deux romans, ce sont trois femmes qui appellent le récit. Chez Marie NDiaye, elles s'appellent Norah, Fanta, Khady Demba. Chez Ovaldé, Rose, Violette et Vera Candida. Toutes sont éprises de liberté et d'indépendance (à quelques exceptions près), et ont à fuir fantômes et mauvais souvenirs. Et qui dit histoire de femmes fortes dit-il féministe ? Si Marie NDiaye affirme ne jamais avoir "d'intentions engagées" lorsqu'elle écrit, Véronique Ovaldé, elle, reconnaît volontiers être préoccupée par le "parcours incroyable" de certaines femmes, et penser qu'"il est malgré tout plus difficile, aujourd'hui encore, d'être une femme qu'un homme". Quitter sa terre. Le thème de l'exil habite également les deux romans. Dans Trois femmes puissantes, l'exil est forcé et douloureux le plus souvent. Les héroïnes d'NDiaye quittent le Sénégal, et sont amenées tantôt à le regretter, tantôt à subir une longue marche destructrice vers l'Europe rêvée. La Vera Candida d'Ovaldé, elle, quitte une île tropicale et étouffante - Vatapuna - pour aller éprouver le monde et faire l'apprentissage d'une indépendance plus ou moins épanouie. Près du corps. Pas question pour les deux écrivains de passer sur la souffrance physique de leurs personnages. Les corps sont meurtris, malmenés, abusés, dans un roman comme dans l'autre. Pour Marie NDiaye, c'était là une façon "d'être au plus proche de la réalité". Le rire ou la gravité. L'une, Marie Ndiaye, est davantage dans l'introspection, quand l'autre, Véronique Ovaldé propose une narration au sens le plus classique du terme : "J'avais envie de prendre le lecteur par la main et de lui raconter la grande histoire de toutes ces femmes", explique-t-elle. La première donne à lire quelque chose de grave, et s'est pour cela largement documentée sur la condition des exilés. La seconde n'hésite pas à imprégner son récit de petites touches d'humour, et l'ensemble de ses personnages sort d'ailleurs tout droit de son imaginaire. Mais dans les deux cas, l'écriture, même si elle s'emploie à décrire les angoissantes profondeurs de l'être humain, n'en reste pas moins lumineuse et élégante. Véronique Ovaldé résume bien sa démarche : "J'ai besoin que ce soit la fée Clochette qui vous raconte une histoire de viol". Pour en savoir plus sur ces deux romans : voir notre entretien vidéo avec Marie NDiaye et notre entretien vidéo avec Véronique Ovaldé. Commentaires
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