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Le rapport entre Hölderlin et Michael Jackson est pourtant évident

Posté par Myosotis le 14.07.09 à 10:00 | tags : poésie, elucubration

Le temps est un truc étrange, tout le monde le sait. Il ne faut pas être fan de Terry Pratchett et de son Disque Monde pour le savoir, même si cela peut aider à prendre en considération les différents niveaux de ridicule (7 ou 8 selon les saisons) auxquels il (le Temps) nous amène parfois. Le temps donc est bizarre et encore plus lorsqu'il s'insinue dans le cerveau humain pour prendre le nom de "mémoire". Il mêle les éléments, les emmêle, les triture et les concasse en César du pauvre pour aboutir à des jaillissements insoupçonnés et qui potentiellement réussissent à relier tout à tout, tout avec tout. Voyez Ségolène Royal et son adage spécial "tout est dans tout", vraisemblablement la maxime la plus intelligente et politique prononcée depuis des centaines d'année. Exemple in situ et pour mieux se faire entendre.

 

Quel est le point commun entre Michael Jackson, le 14 juillet et Hölderlin, le plus grand poète allemand de tous les temps (et Goethe c'est du bobtail ?) ? Point commun ? Bof. L'absurdité du temps. Si l'on considère que Hölderlin est un poète révolutionnaire, bouleversé par la révolution française, membre des jeunes Stiflers qui planteront un arbre de la liberté sur les bords de la rivière Neckar et poète de révélation pour Hegel et Schelling, il apparaît difficile de ne pas associer Hölderlin, fut-il allemand, aux pensées qui peuvent nous traverser l'esprit lorsqu'on prépare le 14 juillet ou le 13 et son feu d'artifice. Difficile alors dans la chaleur des célébrations républicaines de ne pas évoquer le décès récent, matraqué chez nous avec la délicatesse d'un Panzer, du biennommé King of Pop. Et alors ?, demande la raison. Hé c'est bien sûr, répond la mémoire loufoque. En faisant le pont avec la Révolution Française, on éclaircit fondamentalement la liaison entre Hölderlin et Michael Jackson. La réponse se trouve alors à portée de recueil, de poésie celui-là (pas de cercueil, attention). Hölderlin a donné aux alentours de 1793 une description incroyablement précise de Michael Jackson et de la magie de son Moonwalk. En changeant quelques mots mal placés voilà ce que ça donne.

 

"Michael Jackson. C'est lui que j'aimerais Chanter, pareil à Hercule, ou/ A l'île voisine, où, détenu et sauvé, rafraîchi/ Par l'eau de mer froide, hors du désert/ Du flot, du flot immense, Pélée. Mais ça ne va/ Pas.

Son destin est tout autre. Bien plus miraculeux./ Plus riche, à danser. Imprévisible Depuis le sien la fable./ Alors Je voudrais chanter le voyage des gens nobles vers Neverland, et la souffrance errante à Staples Center, / Et l'empereur Bambi. / Mais que Mon ardeur même ne m'expose. Comprendre cela Nous le devons avant tout. Comme l'air du matin sont proprement les noms Depuis le King of Pop. / Deviennent rêves. Tombent, comme l'erreur, Sur le cœur et le tuent, si pas un seul/ Ne les pèse à leur poids, ne comprend. Mais l'homme attentif Vit le visage du dieu, / Autrefois, lorsque, au mystère du vin, assis/

Tous ensemble, à l'heure du concert, Michael Jackson, dans sa grande âme, l'ayant choisie, Proféra la mort, et l'amour ultime, car jamais Il n'avait eu assez de mots, Pour dire le bien, en ce temps, et d'affirmer ce qui s'affirme. Mais sa lumière était La mort. Car pauvre est la colère du monde. Mais il le savait. Tout est bien. Après quoi il mourut. Mais ses amis purent voir encore, courbée, malgré tout, devant Dieu/ La forme de celui qui s'absente, comme lorsque/ Un siècle se penche, pensifs, dans la joie de la vérité, une dernière fois. Ils s'attristèrent pourtant, car alors Le soir était venu./

Etre pur en effet Face à un tel visage, est destin, une vie, avec un cœur, Et qui dure au-delà de la moitié. Mais beaucoup de choses sont à éviter./ Trop D'amour, dans l'adoration, Est dangereux, le plus souvent blesse. / Mais ils ne voulaient quitter/ Ni le visage de Michael Jackson ni leur patrie. Cela leur était inné Comme le feu dans le fer, tandis qu'allait A leur côté, comme une peste, l'ombre de l'amour. C'est pourquoi il leur envoya Stevie Wonder, et la demeure en vérité Trembla et les orages de Dieu grondèrent. "

 

A quoi tient le sacrilège. Deux mots. Et Jésus devient MJ ou vice versa comme à la parade. C'est Hölderlin qui est plus grand que les deux autres, tout simplement.

 

 





Commentaires

De Patricia, posté le 14.07.09 à 10:14 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Brillant !

De cambouille, posté le 14.07.09 à 15:20 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Idem

De Juste, posté le 17.07.09 à 09:33 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Nul à braire.

De MarquiseDesAnges, posté le 17.07.09 à 12:03 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Juste do it, alors. J'ai bien aimé ce billet. Le poème d'Hölderlin est détourné pour le meilleur et le pire. Le procédé est facile et amusant.

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