Manu Larcenet : Attila le Hun Après le troisième tome du combat ordinaire, Manu Larcenet qui ne chôme pas et fait tout pour s'imposer en nouveau pilier de la BD française livre aussitôt le volume 3 de ses aventures rocambolesques. Cette série initiée avec "Une aventure rocambolesque de Sigmund Freud", puis une plus terrifiante aventure de Vincent Van Gogh pendant la Première Guerre Mondiale se poursuit avec une belle histoire d'Attila le Hun. Le style Larcenet est toujours à l'oeuvre, même s'il a laissé cette fois les pinceaux à un autre. Le dessin est ultraléger, mais vif et digeste. Le scénario absurde à souhait fonctionne à plein avec un Attila qui arrive en Beauce et s'aperçoit qu'il n'a plus aucun défi à relever. Comment peut-on être dictateur et s'arrêter de grossir ? Le thème n'est pas un petit thème historique et Larcenet se le prend de plein fouet, comme à son habitude, avec des procédés psychoanalytiques qui ici font leur effet décalé. Si le combat ordinaire avait par bien des aspects un côté agaçant : bien ancré en gauche bien-pensante, bobo à souhait, les aventures rocambolesques sont réellement hilarantes et précieuses pour leur légèreté et leur précision. Sans avoir l'air d'y toucher, Larcenet travaille le sillon et s'impose peu à peu, sans qualités naturelles démesurées, dans ce genre nouveau qu'est la Bande dessinée tous publics à message, mêlant décalage et social.
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