Un hommage à Nerval, le vrai fou d'amourLa connais-tu, Dafné, cette ancienne romance, Cette chanson d'amour qui toujours recommence ?... Reconnais-tu le Temple au péristyle immense, Et les citrons amers où s'imprimaient tes dents, Et la grotte, fatale aux hôtes imprudents, Où du dragon vaincu dort l'antique semence ?... Ils reviendront, ces dieux que tu pleures toujours ! Le temps va ramener l'ordre des anciens jours ; La terre a tressailli d'un souffle prophétique... Cependant la sibylle au visage latin Est endormie encore sous l'arc de Constantin - Et rien n'a dérangé le sévère portique
Affilié à la veine romantique, membre du Cénacle, entre Théophile Gautier, Hugo et Pétrus Borel), Gérard de Nerval eut une carrière étrange, entre la poésie et le journalisme, avant de littéralement devenir dingue d'amour. Il tomba en admiration devant une jeune actrice, Jenny Colon, qu'on imagine sexy et ronde à souhait, avant de devenir à moitié fou lorsque celle-ci en épousa un autre. Le poète quitta, à partir de cette époque (la fin des années 1830, début 1840) le monde réel pour souffrir d'hallucinations et de flash métahistoriques (il voyait l'Allemagne, sa mère, des royaumes pro-prusse partout) qui le conduisirent à l'internement. Quelque peu remis de ses émotions, Gérard de Nerval noya sa folie dans des voyages dont il tira des récits incroyables. Le plus célèbre reste son Voyage en Orient, tout simplement l'un des plus beaux récits de voyage de l'époque. De retour en Europe, sa santé mentale ne s'arrangea pas puisqu'il repassa à maintes reprises par la case Asile avant de fêter Noël dignement. Tandis que l'époque préféré exalter la figure plus aventurière et sexy de Rimbaud, un peu plus tard, le vrai fou d'amour, l'Amok du XIXème siècle, c'est sans conteste Gérard de Nerval. Il ne faut pas l'oublier. A l'image de ce Delfica habité, sa poésie est brillante, ultraclassique et savoureusement ravagée par le mélange des époques, des champs de réalité, la fusion des images et des dimensions.
En bonus : lecture de Fantaisie, son plus beau poème peut-être. Mais qui est cette femme qui apparaît à la fenêtre ? 1. la mort 2. son amour perdu ? 3. sa mère 4. Yvonne de Galais ? Gérard de Nerval - Fantaisie Commentaires
De lithium moi non plus, posté le 22.05.09 à 11:10
![]() Merci beaucoup pour cet article qui nous rappelle combien génial était Nerval. Quand j'entends Nerval, je pense immédiatement à "Sylvie", fille du feu ; la splendeur faite littérature française. Je ne me suis jamais totalement remis de sa lecture. Proust aussi je crois. De Mireille, posté le 22.05.09 à 15:11 ![]() Très bel article et surtout 2 magnifiques poèmes. Nerval n'est pas le plus connu de nos poètes français et c'est malheureux. Pourquoi ne pas parler plus de poésie sur ce blog d'ailleurs ??? J'en redemande et je suis sûre que je ne suis pas la seule à aimer _a. De André, posté le 23.05.09 à 22:11 ![]() Yvonne de Galais est un personnage du Grand Meaulnes qui n 'est pas de Nerval mais d'Alain Fournier comme tout le monde le sait. Dommage pour vous. Un beau billet gâché par une grosse ânerie. De dash, posté le 24.05.09 à 10:43 ![]() Humour André... humour... ![]() Ajouter un commentaire |
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