Les Essais de Montaigne traduits du japonais Que faire pour remettre Les Essais de Montaigne au goût du jour ? A cette question, André Lanly et Pascal Hervieu ont trouvé une réponse : le premier propose une version en français moderne, le second une traduction... du japonais. Absurde ?
Ce n'est pas en tout cas l'avis de Michel Onfray, qui signe la préface de la traduction du japonais d'Hervieu (Vivre à propos, éditions Flammarion), et justifie une telle initiative : la langue de Montaigne est « presque morte », et puis « la forme compte moins que le fond ». Fabrice Pliskin, en revanche, exprime l'indignation que lui inspirent de tels arguments dans un article du Nouvel Obs : « Dans ces conditions, plus rien ne s'oppose à la traduction en prose des Fleurs du mal : régularisons ces rimes qui ne riment à rien, ces alexandrins qui ne s'adressent pas toujours au "plus grand nombre", comme dit Onfray. » Il a de son côté l'éminent Jean Starobinsky, critique spécialiste de Montaigne, qui voit dans le projet « une entreprise expérimentale, assez considérable dans l'énormité, et dont le succès semble douteux ». Le texte de Montaigne est défiguré, dénaturé, estime Pliskin. Là où Montaigne abusait de la métaphore, et ne livrait sa pensée qu'au terme de « longues et plaisantes galleries », ses adaptateurs vont droit au but, forgent une unique obsession pour le sens - jetant la forme aux oubliettes - et par là même finissent par le liquider.
Pour se faire une idée des changements qu'impliquent ces nouvelles traductions, on pourra lire sur Bibliobs trois versions du mariage selon Montaigne : la version d'origine, celle d'Hervieu (traduite du japonais), celle d'André Lanly traduite en français moderne.
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Commentaires
De Arnaud, posté le 13.05.09 à 14:27
![]() Le principe pouvait sembler douteux. Dans les faits, il s'agit d'une vraie réussite. Montaigne devient lissible sans dénaturer le fond, ni même (curieusement) la forme. Mais que les pisse-froid se rassurent, leur favori n'est pas pour autant sur le point de se retrouver en tête de gondole chez Leclerc. De mestiri, posté le 07.11.09 à 01:31 ![]() Fabrice Pliskin à tord; J'ai lu la traduction et bien ce n'est pas une trahison. Une langue a parfois besoin d'être dépoussièrée de tournures anciennes pour être audible, compréhensible à un plus grand nombre. Oui, à condition de garder l'original on est en droit d'actualiser certain grand texte.Notez que dans une même langue, Il existe d'innombrable traductions de la Bible et ce n'est qu'enrichissement De mestiri, posté le 07.11.09 à 01:31 ![]() Fabrice Pliskin à tord; J'ai lu la traduction et bien ce n'est pas une trahison. Une langue a parfois besoin d'être dépoussièrée de tournures anciennes pour être audible, compréhensible à un plus grand nombre. Oui, à condition de garder l'original on est en droit d'actualiser certain grand texte.Notez que dans une même langue, Il existe d'innombrable traductions de la Bible et ce n'est qu'enrichissement Ajouter un commentaire |
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