Le cadeau littéraire de Chavez à Obama![]() Les livres et la diplomatie peuvent faire bon ménage. Au lendemain de la très remarquée poignée de main entre le président vénézuélien Hugo Chavez et Barack Obama lors du sommet des Amériques à Trinité-et-Tobago, c'est un livre culte des cercles de la gauche latino-américaine - Les veines ouvertes de l'Amérique Latine : 5 siècles de Pillage du Continent - qui a servi à rapprocher (très) symboliquement les deux puissances politiques. Cadeau d'Hugo Chavez à Obama, cet ouvrage anti-impérialiste de l'écrivain urugayen Eduardo Galeano écrit au début des années 1970 n'a bien sûr pas été choisi au hasard : il traite du pillage des ressources latino-américaines par les puissances étrangères. Anti-américaniste, Galeano n'hésite pas à comparer les méthodes des grandes puissances politiques (Etats-Unis, France, Chine, Grande-Bretagne et Russie) à celles d'un dompteur d'ours dans un article paru dans Le Monde Diplomatique. « Pour faire danser les ours dans les cirques, le dompteur les dresse : au rythme de la musique, il leur frappe la croupe à l'aide d'un bâton hérissé de pointes. S'ils dansent correctement, le dompteur cesse de les battre et leur donne de la nourriture. Sinon, la torture continue, et, la nuit tombée, les ours retournent dans leurs cages le ventre vide », écrit-il. Dans la même veine, l'ouvrage offert porte les stigmates d'un pays vidé de son sang par un capitalisme sauvage et de l'anti-américanisme radical de l'auteur.
Le livre de Galeano a surtout été à l'origine d'un incroyable buzz littéraire. En à peine quelques heures, le livre s'est propulsé de la 734e place au top des ventes sur Amazon ! Obama, grand lecteur et prescripteur, lui-même écrivain, a déclaré à propos de ce cadeau (instructif ?) : « J'ai cru que c'était un livre de Chavez en personne. J'étais sur le point de lui donner l'un des miens »... Photo : Evan Vucci/AP/SIPA Commentaires
De cortazar, posté le 20.04.09 à 16:42
![]() Quelque soit le message codé de Hugo à Barack, le chef d'Etat a bon goût. Eduardo Galeano est dans la veine des écrivains latino-américains qui savent mélanger discours historico-social avec prose de talent, histoire avec un grand H et anecdotes en tout genre. C'est bien évidemment un livre engagé qui défend une certaine vision de l'histoire, mais si jamais Barack (qui n'avait pas l'aire de connaître le livre) en tire une nouvelle interprétation de l'histoire de son continent, les pays d'Amérique du sud ne s'en portera pas plus mal! Barack Obama, lui, devrait peut-être offrir un bon classique de Marc Aurèle à son homologue vénézuélien... Ajouter un commentaire |
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