Le fait-divers sanglant qui inspira Charles Dickens...
Dickens aurait trouvé dans ce crime sordide survenu dans les bas-fonds londoniens matière à son roman. Miss Gowers a retrouvé des archives appartenant au romancier concernant cette affaire, ainsi que deux lettres écrites respectivement avant et après le meurtre, dans lesquelles Dickens expose d’abord son manque d’imagination concernant ses personnages, puis fait preuve d'un soudain regain d’inspiration dans la seconde lettre. La description du meurtre d’Eliza Grimwood, relaté par la presse de l’époque, comporte de nombreuses similitudes avec celui de la fiction.
Sang pour sang Dickens Dans les deux cas, la victime à demi-dénudée est frappée à mort par son fiancé (bien que l’assassin présumé de la victime réelle ait été acquitté faute de preuves). La scène est si violente – on y voit Bill Sikes s’acharner sur le corps déjà sans vie de sa victime - qu’elle a longtemps été rejetée par la critique qui reprochait à l’écrivain d’avoir cherché à effrayer son lectorat. La controverse tient aussi au fait que ce genre de fiction criminelle plaisait à un large public, comprendre aux classes populaires, friandes de ces histoires pas si éloignées de leur quotidien du quartier de l’East End. Jack l'éventreur y sévira à peu près à la même époque que la publication du roman. Dans son roman, Dickens n'hésite pas à ajouter de nombreux détails sanglants : il transforme la chambre de Nancy en un véritable bain de sang et en asperge même le chien de Sikes au passage. Cette scène de carnage, qui paraît-il comptait parmi les préférées de l'écrivain, est aujourd'hui un morceau d'anthologie. "Le brigand dégagea un de ses bras et saisit son pistolet. La pensée qu'il serait immédiatement découvert s'il faisait feu lui traversa l'esprit malgré l'accès de rage auquel il était en proie. Il frappa deux fois de toutes sa force, avec la crosse du pistolet, la tête de la jeune fille qui touchait presque la sienne. elle chancela et tomba, aveuglée par les flots de sang qui tombait de son front (...) C'était un affreux spectacle. L'assassin gagna la muraille d'un pas chancelant ; puis, mettant sa main sur ses yeux, il se saisit d'un lourd gourdin et acheva sa victime." Commentaires
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