Jean-Marie Laclavetine dissèque la génération soixante-huitarde Editeur depuis 20 ans chez Gallimard, écrivain discret et solide, récompensé pour son amusant Première ligne par le Goncourt des Lycéens, Jean-Marie Laclavetine signe avec Nous voilà le livre le plus pertinent de ces dernières années sur mai 68 et sa postérité sociale.Mieux qu'un essai, moins caricatural que la plupart des écrits « intelligents », revanchards ou nostalgiques sortis récemment, le roman de Laclavetine restitue le début des années 70, les combats idéologiques et l'air du temps dans toute leur complexité et leur folie. Sorte de chronique aventurière du Xxe siècle, déroulée sur quasiment 40 ans, Nous voilà file le destin d'un couple, Paul et Lena, emporté par la tourmente historique, vibrant d'idéalisme et souvent accablé par les désillusions. L'écrivain jongle avec les faits divers (le vol du cercueil du Maréchal Pétain par l'extrême-droite), les événements historiques et des destinées individuelles pour livrer une grande odyssée populaire aussi drôle que foncièrement désespérante. Dans un entretien avec Fluctuat, Jean-Marie Laclavetine revient sur son itinéraire intime, littéraire, politique et professionnel : "J'avais besoin de confronter cette époque, ses discours souvent grandiloquents et fallacieux, ses idéaux discutables, ses combats indiscutables (par exemple celui pour la liberté de l'avortement), avec notre époque, à la lumière notamment de la droitisation progressive d'une frange importante de l'extrême-gauche d'alors. De quelle nature étaient donc en vérité les convictions de ces gens, dans les années 70, si trente-cinq ans plus tard on les retrouvait aux côtés de Bush et de Sarkozy pour une défense de l'Occident chrétien ?" Commentaires
Pas encore de commentaire
Ajouter un commentaire |
Discussions en cours sur le forum livres :
|