Babar élu frenchy préféré du New Yorker
Le sympathique pachyderme crée par Jean de Brunhoff en 1931 a séduit Adam Gopnik, auteur de l'article paru en septembre dans le New Yorker et intitulé Freeing the Elephants: what Babar brought. Et il n'est pas le seul : une expo à la BNF "Babar, Harry Potter & cie" glorifient ces héros d'enfance d'hier et d'aujourd'hui et Le Morgan library & Museum de New York expose les premiers dessins de l'éléphant par les Brunhoff père et fils (Laurent de Brunhoff, le fils, a repris le pinceau depuis les Etats-unis au lendemain de la guerre). Pour Adam Gopnik, francophile accompli - il a vécu à Paris pendant cinq ans - Babar est une figure faisant partie intégrante de l'inconscient collectif, tant sa lecture dans l'enfance est inoubliable. Au-delà de la virtuosité du dessin de Jean Brunhoff initié à la peinture par l'impressionniste James Tissot, Gopnik loue l'histoire allégorique de l'éléphant. A la question "faut-il brûler Babar?" - comme on a fait le procès en racisme et colonialisme de Tintin - l'auteur répond évidemment non. Bien que l'analyse de l'auteur chilien Ariel Dorfman de Babar au service d'une propagande impérialiste de la France ne manque pas de fond. Les "bons" éléphants civilisés - et habillés - sont renvoyés en mission civilisatrice dans leur terre originelle où l'animal qui résiste, le rhinocéros, reste nu et sera vaincu.
Enfin, Babar a surtout pour objectif d'être drôle. Et le simple fait qu'un éléphant adopte des comportements humains tend à parodier l'absurdité de ces comportements. Comme le nationalisme français et la marche à la guerre sont tournés en ridicule dans Le roi Babar (1933). En fait, Babar, c'est une parodie affectueuse de l'identité française telle qu'elle était et est toujours idéalisée. "A certain idea of France", finalement...
Source: the New Yorker Commentaires
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