Le poème "people" fait son retour dans le New Yorker
Roger Angell, entré au New Yorker en 1956, reprend la plume pour se soumettre à ce petit exercice annuel savoureux auquel il a officié entre pendant plus de 20 ans jusqu'à sa suppression en 1998. Le poème de voeux "people", inventé par Frank Sullivan en 1932, était une véritable institution, attendue par les lecteurs du New Yorker comme l'un de ces marqueurs immanquables de l'entrée dans la période des fêtes de fin d'année. Mais après 1998, Angell est sec et laisse tomber le poème, si difficile à renouveler année après année. Mais heureusement, certaines traditions ne se font pas oublier si facilement et l'année 2008 fournit au vieil auteur foison d'inspiration et l'institution fait son comeback.
"Carla Bruni, comment ça va?"
Alors qui trouve-t-on cité dans ce bijou en vers d'associations parfois grinçantes de près de 70 personnalités? Cocorico : une seule française et pas n'importe laquelle. Carla Bruni, notre first lady herself qui a marqué les esprits lors de son petit tour de promo dans la grosse pomme pendant que son président de mari sauvait le monde au G20. Viennent ensuite en vrac des politiques : "welcome pres.elect Obama", le congressman de l'Ohio, Dennis J. Kucinich, double candidat malheureux à la primaire démocrate dans une rime pauvre avec "spinach". Angell avoue avoir eu besoin de l'aide de ses jeunes collègues, plus au fait de la pop culture. Aussi trouve-ton les inévitables Paris Hilton (accolée à Colin Powell, tout de même !), Miley Cyrus, Beyonce, J.K. Rowling, les Pussycat Dolls, autant de people un peu cheap, de "filles de" (Suri Cruise, Bristol Palin, Chelsea Clinton) mis au même niveau que les nouvelles stars de la crise (Fannie Mae, Freddie Mac entre autres), les sportifs qui ont marqué 2008, année olympique (Michael Phelps, Usain Bolt) ou des écrivains, cinéastes ou universitaires dits "sérieux" (l'auteure Susan Choi, la première présidente de Harvard, Drew Gilpin Faust ou l'architecte Zaha Hadid). Le tout assaisonné de jeux de mots et de blagues bienvenues sur la crise. Un peu de légèreté et d'ironie dont les américains (et le monde entier) ont bien besoin en ces temps déprimants. Commentaires
Pas encore de commentaire
Ajouter un commentaire |
Discussions en cours sur le forum livres :
|